Pâtisserie spirituelle depuis 5771 - b'h
 

+ A quel point une personne peut s'élever à Yom Kippour, avec même la plus légère amélioration dans sa téchouva?

Il est impossible de décrire ce que même le plus petit changement [positif] peut accomplir, combien de souffrances cela va nous épargner dans le monde à venir.
Et le moment de s'y préparer est pendant le mois d'Elloul.
[rav Israël Salanter (Ohr Israël - lettre 14)]

Durant les 10 jours de téchouva (entre Roch Hachana et Yom Kippour), nous disons à Hachem dans nos prières, à 44 reprises : "Notre Père, notre Roi".
D'abord notre Père et ensuite notre Roi. Afin qu'au Jour du jugement, il nous juge en véritable Père, avec compassion et en fermant les yeux sur notre conduite.
[Rav Avraham Yits'hak Kook]

Si un homme ressent qu'il n'est rien, aucune accusation, aucun démon ne peut le juger ni n'avoir d'emprise sur lui.
Si on vient l'accuser, Hachem dit : "Que voulez-vous de lui, il n'est rien, peut-on juger rien".
C'est seulement lorsque l'individu ressent qu'il vaut quelque chose qu'on le juge.
[rabbi Nissim Yaguen - Nétivé Or]

<--->

[d'où l'importance de proclamer la royauté d'Hachem (comme à Roch Hachana), surtout en nous-même! ]

Bien que notre conduite laisse à désirer, nous pouvons susciter les bontés de D. en étant bons et généreux envers nos prochains.
[Méam Loez - Eikha 3,22]

+ A Roch Hachana et à Yom Kippour, nous disons : "A celui qui contrôle Sa colère dans le jugement" (לכובש כעסו בדין).

Le Imré 'Haïm dit que ces mots font allusion au fait que celui qui contrôle sa colère a la possibilité de se tenir en jugement devant Hachem.
Il peut demander que Hachem ne se mette pas en colère contre lui, de même que lui ne s'est pas mis en colère contre autrui.

+ A Kippour, à la fin de la Néïla, nous disons : "ata noten yad lapoch'im" (Tu donnes une main aux fauteurs).
Le rav Yissa'har Frand commente : Hachem est là, prêt à nous tirer vers Lui, mais nous devons tendre notre main pour saisir Sa main.

<--->

-> Alors que le monde entier est géré par le cadre temporel (la Torah s'ouvre avec un point dans le temps : "au commencement" - béréchit), la téchouva plane au-dessus du temps.
Alors que le temps est constamment en mouvement vers l'avant, la téchouva va à l'encontre de cela.
C'est une raison pour laquelle nos Sages (guémara Pessa'him 54a) affirment que la téchouva est une des 7 choses qui a été créée avant la Création du monde.
En effet, la téchouva ne peut pas avoir de place dans le cadre temporel de ce monde tel que nous le connaissons.

Yom Kippour est la source de la téchouva.
Notre capacité à se repentir pendant toute l'année réside dans le pouvoir de Yom Kippour ...
Hachem a pris une période de temps limitée : le 10e jour du mois de Tichri, et lui a donné le pouvoir de travailler à l'encontre du cadre temporel, duquel il fait partie ...
[rav Avigdor Nebenzahl]

Toutes les accusations des anges Accusateurs au tribunal céleste peuvent être annulées par nos prières de Yom Kippour.
[rabbi Lévi Its'hak de Berditchev - Kédouchat Lévi - Emor 23,32 ]

<--->

-> Yom Kippour est unique en ce sens que l'on est obligé de prier 5 fois, ce qui correspond aux cinq niveaux de l'âme : néfech, roua'h, néchama, 'haya et yé'hida (Likouté Torah - fin paracha Pin'has).
Bien que la 5e prière, la Né'ila, conclue Yom Kippour, la journée entière est connue comme "une journée de 5 prières", indiquant qu'il y a un thème constant tout au long de la journée, et c'est cette cohérence qui apporte l'expiation.
[rabbi Moyshé Silk]

Kippour & faute d’Adam

Il nous est demandé de manger la veille de Yom Kippour pour expier la faute d’Adam et de 'Hava. Ils ont fauté en mangeant le fruit défendu dans le gan Eden.
Si nous ne consommions aucune nourriture, comment saurions-nous que, si l’occasion de manger se présentait, nous ne serions pas tentés de manger des aliments interdits?
C’est pourquoi il nous est demandé de manger la veille du jour le plus saint de l’année et de démontrer que, même si nous mangeons, nous ne consommons que des aliments casher, annulant ainsi la faute d’Adam et de 'Hava.
[rav Yonathan Eibshitz - 'Hidouché Rabbi Yéhonatan ]

Les jours suivants Yom Kippour

+ Les jours suivants Yom Kippour :

1°/ Entre Yom Kippour et Souccot :

-> "On ne doit pas réciter les Ta'hanounim ... de Kippour à Souccot". (Choul'han Aroukh - Ora'h 'Haïm 624,5)

Le Magan Avraham ajoute qu'on n'a pas le droit de jeûner pendant ces jours, et il explique : "Ce sont des jours joyeux, car à l'époque du roi Shlomo, l'inauguration du Temple a eu lieu pendant ces jours là".

-> Pendant les jours entre Yom Kippour et Souccot, nous sommes toujours propres de toute faute, car l'expiation de Yom Kippour s'étend sur les 4 jours qui le suivent, notamment parce que les juifs préparent joyeusement le Yom Tov de Souccot.
[Chla haKadoch (Souccat - Torah Ohr - 2)]

<--->

-> La guémara (Yoma 20a) enseigne que le Satan n'a pas la permission d'accuser à Yom Kippour.
Comment sait-on cela?

La guématria de : "haSatan" (le Satan - השטן) est de 364, ce qui implique que le Satan peut accuser les juifs pendant 364 jours de l'année [solaire], mais durant un jour (le 365e jour), il reste silencieux . Ce jour est Yom Kippour.

Le Yaarot Dvach (2,10) demande : la guématria de : haSatan (השטן) est de 364, mais la guématria de : Satan (שטן) est de 359.
Il semble que le Satan n'a la permission de parler [pour accuser les juifs] que pendant 359 jours de l'année solaire, ce qui laisse 6 jours par an où il reste silencieux.

Le Yaarot Dvach répond qu'en effet d'une certaine façon, il y a 6 jours chaque année où le Satan doit rester silencieux et ne peut pas accuser. Il s'agit des jours allant de Yom Kippour jusqu'après le 1er jour de Souccot.
Cela nous indique le caractère unique de ces jours.

<--->

-> Dans le Téhilim (60,8), il est écrit : "Elokim dibér békodcho ééloza, a'haléka ché'hem véémek Souccot amadèr" ("Hachem a annoncé dans Son Sanctuaire : "J'exulterai, je veux diviser Sé'hem et mesurer la vallée de Souccot").

Le rabbi Yissa'har Dov de Belz explique ce verset ainsi :
- "Hachem a annoncé dans Son Sanctuaire" (Elokim dibér békodcho) = Hachem dit que ...

- "ééloza" (אֶעְלֹזָה) = ... Je me réjouirai (אֶעְלֹזָ - ה) avec les 5 jours d'expiation, qui sont le jour de Kippour et les 4 jours suivants.
Hachem dit qu'Il se réjouit en ces jours en raison de Son amour pour les juifs, qui sont nettoyés de leurs fautes.

- "a'haléka" (אֲחַלְּקָה) = peut se lire : אֲחַלְּקָ - ה = ce qui implique que ces 5 jours sont séparés de tous les autres jours de l'année.

- "ché'hem" (שְׁכֶם) = ce mot a une guématria de 360.
Il y a 365 jours dans une année solaire. Ainsi, Hachem dit : אֲחַלְּקָ - ה שְׁכֶם = Je séparerai 5 jours de שְׁכֶם, des 360 autres jours de l'année.

=> Comment peut-on sanctifier les 360 autres jours de l'année?
La mitsva de la Soucca permet d'y parvenir.
En effet, la mitsva de la Soucca projette de la sainteté sur chacun des jours de l'année.

La guémara dit que la Soucca peut avoir jusqu'à 20 amot de haut, soit 120 téfa'him.
[Pour être cashère,] un Soucca a bessoin d'au moins 3 murs.
On arrive à un total de 360 téfa'him (120 téfa'him * 3 murs).
=> Cela indique que les mitsva de la Soucca sanctifie les autres 360 jours de l'année.

D'ailleurs, cela est en allusion dans les 3 mots suivants du verset de Téhilim (ci-dessus) : "véémek Souccot amadèr" = les mesures de la Soucca projettent de la sainteté sur le restant de l'année, afin que l'année toute entière soit sainte.

<--->

+ L'étude de Torah entre Yom Kippour et Souccot :

-> La guémara (Shabbath 119b) parle de la qualité de l'étude de Torah des enfants.
Elle affirme : "Le monde existe par le mérite de la Torah des enfants.
Rav Papa demande à Abayé : "Qu'en est-il de ma Torah, et de ta Torah?"
Abbayé répond :"La voix [d'un enfant] qui n'a pas de fauté est incomparable à la voix de quelqu'un qui a fauté [et qui s'est donc souillé par la faute]"."

=> Les enfants sont considérés comme n'ayant jamais fauté, et ainsi leur Torah est si précieuse, pure, que cela soutient l'existence du monde entier.

Le rav de Kozheglov (Séfer Erets Tsvi) écrit que pendant les 4 jours entre Yom Kippour et Souccot, les adultes sont également propres de toute faute (grâce au nettoyage de Kippour!), et ainsi leur Torah a également le potentiel de soutenir le monde.
De plus, un adulte a une obligation d'étudier la Torah, ce qui n'est pas le cas chez un enfant.
Or, nos Sages (guémara Kidouchin 31a-b) disent que celui qui fait une bonne action parce qu’il en a reçu l'ordre, recevra une récompense plus grande que s’il la faisait sans ordre.

=> Il en découle que pendant ces jours (entre Kippour et Souccot), lorsqu'un adulte étudie la Torah elle a non seulement la qualité exceptionnelle de l'étude des enfants, mais en plus elle a la valeur de celles des adultes.

[on peut noter que dans cette même guémara, rabbi Yéhouda haNassi dit : "On ne doit pas interrompre (l'étude de Torah) des enfants, même afin de construire le Temple".]

<--->

-> b'h, également à ce sujet : https://todahm.com/2017/10/17/de-kippour-a-souccot

<--->

2°/ Entre Kippour et Hochana Rabba :

-> "Recherchez Hachem pendant qu’Il se trouve. Appelez-Le tant qu’il est proche" (Yéchayahou 55,6).

La guémara (Roch Hachana 18a) enseigne que : "Il s'agit des 10 jours entre Roch Hachana et Yom Kippour". (élou assara yamim chébén Roch Hachana léyom haKippourim)

Pendant les 10 jours entre Roch Hachana et Kippour, Hachem est proche de nous, et prêt à [facilement] accepter notre téchouva.

Le Chla haKadoch (Souccat - Torah Ohr - 70) demande : Il y a seulement 7 jours entre Roch Hachana et Yom Kippour. Pourquoi la guémara dit-elle littéralement qu'il y a 10 jours?
[en effet, les 10 jours de téchouva incluent : 2 jours de Roch Hachana et 1 jour de Kippour, laissant 7 jour entre!]

Le Chla haKadoch répond que lorsque la guémara dit : "10 jours entre Roch Hachana et Kippour", cela fait également allusion aux 10 jours entre Yom Kippour (le 10 tichri) et Hochana Rabba (le 21 Tichri).

[cela peut s'expliquer par le fait qu'il est fait référence à Yom Kippour en tant que Roch Hachana (Yé'hezkel 40,1 : "à Roch Hachana le 10 du mois" - Kippour tombe le 10 tichri).
De son côté, Hochana Rabba est appelée Yom Kippour, car le verdict final de Kippour n'est scellé qu'à Hochana Rabba.]

=> Le moment principal pour faire téchouva est durant les 10 jours de téchouva, cependant : "Recherchez Hachem pendant qu’Il se trouve" fait également allusion aux 10 jours entre Yom Kippour et Hochana Rabba, qui sont également des moments idéals pour la téchouva et la pureté des juifs.

Le lendemain de Yom Kippour

+ Le lendemain de Yom Kippour :

-> Les Séfarim appellent le lendemain de Kippour : "Sim'hat Cohen" (la joie du Cohen). En effet, comme l'explique le Yaavets, le lendemain de Kippour le Cohen Gadol faisait un grand repas et il y invitait ses amis et proches. C’était une journée de fête pour lui, car il a pu sortir en paix du Saint des saints.

De leur côté les Ashkénazim dénomment ce jour : "Got Noumen" (le Nom d'Hachem).
=> Pourquoi cela?

-> Le Baal Chem Tov dit qu'en ce jour (lendemain de Kippour), nous commençons à dire de nouveau dans la Amida : "aKél haKadoch" (le D. Saint - האל הקדוש), tandis que pendant les 10 jours de téchouva nous disions : "amélé'h aKadoch".
[kél est un Nom Divin lié à la bonté ('hessed)]

C'est pourquoi, ce jour est appelé : "le nom d'Hachem", comme un rappel que nous revenons à la formulation habituelle avec le Nom Divin, dans cette 3e bénédiction de la Amida.

-> Le rabbi Yissa'har Dov de Belz enseigne qu'à Yom Kippour, toute la nation juive entend le Cohen Gadol dire le Chem haMéforach (le Nom Divin Havaya tel qu'il est écrit), et ils tombent sur leur face et disent : "barou'h chem kévod mal'houto léolam vaéd".
[de nos jours, il s'agit des moments dans le moussaf où nous nous étalons face contre terre à l'énumération de ces mots]

La guémara (Yérouchalmi Yoma 3,7) rapporte qu'immédiatement après Yom Kippour, tout le monde oubliait comment on prononce ce Nom Divin, puisque la bonne prononciation du Nom de Hachem doit rester un secret, connu uniquement de personnes choisies (cf. guémara Kidouchin 71a).
Le matin qui suit Yom Kippour, tout le monde se demandait l'un l'autre : "Est-ce que tu te rappelles comment le Cohen Gadol a prononcé le Nom d'Hachem?"
On luttait pour s'en rappeler, mais personne n'arrivait à s'en souvenir.
=> Puisque les gens parlait tant du Nom d'Hachem, le jour qui suit Yom Kippour est appelé : "Got Numen".

-> Le rabbi Moché Mordé'haï de Lelov dit : Après Yom Kippour, chaque juif est nettoyé de ses fautes. Ainsi, tous les juifs sont sur le même niveau.

La lettre "youd" représente un juif (yudden), ainsi la pluralité est symbolisée par 2 youd, qui sont en ce jour au même niveau, l'un à côté de l'autre, et cela forme le nom de Hachem (יי).
C'est pour cette raison que le jour qui suit Yom Kippour est appelé : "Got Numen".

Le rabbi de Lelov fait remarquer que dans la Torah
- lorsque 2 points sont au même niveau, l'un à côté de l'autre, alors ils forment le Nom Divin, allusion au fait que Hachem réside parmi les juifs lorsqu'il sont en paix.
- lorsque 2 points sont l'un sur l'autre, qu'un point pense être supérieur à l'autre, alors c'est un "sof passouk" (une séparation en 2 versets). C'est une allusion au fait que lorsqu'un juif a des sentiments d'orgueil, de supériorité par rapport à autrui, alors il y a un point (une séparation), signe que Hachem s'en va et ne réside pas parmi nous.
[Est-ce que notre dispute vaut le fait de faire partir Hachem, la source des bénédictions, de parmi nous?]

Par exemple, nos Sages (guémara Sota 17a) enseignent : "Lorsqu’un homme et une femme vivent en paix, ils méritent que la Présence Divine réside parmi eux".
Dès qu'il y a un conflit entre eux, alors Hachem s'en va.

Le Baal Chem Tov fait remarquer que le mot Etrog (אתרוג) est l’acronyme de : אַל תְּבוֹאֵנִי רֶגֶל גַּאֲוָה (Que le pied de l’orgueil ne m’atteigne point - Téhilim 36,12).
Or, Hachem dit : "Moi et lui [celui qui est arrogant] ne peuvent pas résider dans le même monde" (guémara Sotah 5a).
=> Ainsi, nous voulons être humbles afin que Hachem soit toujours présent parmi tous les juifs, nous comblant du meilleur!