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La téchouva des jours suivant Roch Hachana à Yom Kippour (inclus) est une téchouva des fautes qui ont été commises, tandis que celle de Roch Hachana consiste à regarder dans son âme, comme l'écrit le Rambam : "Réveillez-vous ceux qui sont endormis ... regardez dans vos âmes, abandonnez vos mauvaises voies et vos mauvaises pensées et améliorez vos chemins" (Hilkhot Téchouva 3,4).

Toute l'année, l'homme s'affaire à ce qui a trait à sa vie matérielle, toutes ses pensées en sont accaparées et il oublie le but de son existence : s'attacher à Hachem et s'en délecter.
C'est ce que nous rappelle le Shofar (sonnait 101 fois à Roch Hachana) : vivez une vie spirituelle et libérez-vous du monde matériel!

Nous ne mentionnons pas nos fautes à Roch Hachana, contrairement aux autres jours des 10 jours de téchouva (se terminant à Kippour), car le simple souvenir de son Créateur donne à l'homme la capacité de s'améliorer et d'abandonner ses mauvaises actions : il pourra alors parer et couronner son âme de toutes les bonnes vertus.

[rav Moché Chmouël Shapira]

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-> Roch Hachana est un jour de soumission et de crainte de Hachem, où l'homme s'enfuit vers Lui.
L'homme doit d'abord et avant tout, prendre conscience du grand danger dans lequel il se trouve.
Alors, il aura confiance en Hachem et se réfugiera en Lui.
[Rambam - sur michnayot Roch Hachana 32b]

[ainsi, ce n'est qu'après avoir ressenti la crainte du jour du jugement que les juifs peuvent avoir confiance en Hachem, et selon les mot du midrach (Dévarim rabba 2,15) : "les juifs qui vont passer en jugement à Roch Hachana s'habillent de blanc, se coupent les ongles, mangent, boivent et se réjouissent parce qu'ils savent que Hachem va faire un miracle et les juger favorablement".
=> Plus on développe notre crainte de la grandeur de D. et du jugement, plus nous pouvons appréhender la grandeur de la miséricorde et des bontés qu'Il peut nous octroyer!]

Celui qui se relâche, voir délaisse la mitsva de téchouva pendant ces 10 jours de téchouva (entre Roch Hachana et Kippour), n'a pas de part dans le D. d'Israël, car il se détourne d'Hachem qui lui tend les bras pendant cette période (plus qu'à aucun autre moment).

[Méïri]

Les jours qui s'écoulent entre Roch 'Hodech Elloul et Hochana rabba sont redoutables et sacrés, des jours de pardon et d'expiation qui influenceront toute l'année à venir : celui qui évite de fauter durant cette période sera assuré de vaincre son mauvais penchant durant toute l'année, et inversement.

En effet, ces jours sont comparables au cœur et au cerveau humain : s'ils présentent des troubles, cela rend tout le corps malade, tandis qu s'ils sont sains, le corps entier sera en bonne santé.

[Ben Ich 'Haï - Adéret Eliyahou - Lé'h Lé'ha]

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-> Bien que le repentir soit accepté à tout moment le mois d'Elloul y est particulièrement propice en raison de la Miséricorde Divine exceptionnelle qui s'y exerce.
[Séfer haTodaa]

Pendant les jours redoutables (yamim noraïm : Roch Hachana et Kippour), une femme qui doit rester à la maison pour s'occuper de ses enfants, n'a pas besoin de l'atmosphère spéciale et sainte de la synagogue pour que ses prières soient efficaces.
En effet, elles ont leur propre canal individuel qui va élever leurs prières devant le Trône Divin.
Quelques mots de leur prière peut accomplir autant qu'une communauté entière pendant plusieurs heures de prières.

[rabbi Eliyahou Lopian
- d'après une tradition qu'il a reçu - rapporté par le rav Elimélé'h Biderman (Roch Hachana)]

Les 10 jours de Repentance (entre Roch Hachana et Kippour) sont un "marché vendeur" pour la téchouva.

En effet, pendant ces jours, toute téchouva, peu importe sa qualité, est acceptée par Hachem.
Mais nous devons être sûr d'avoir de la "marchandise" à vendre! [nous devons faire le 1er pas en examinant nos actions et en faisant téchouva]

[rabbi Its’hak de Vorka]

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-> Il y a tellement de personnes qui font de bonnes choses dans ce monde, qui sont impliquées dans des actes de bonté (ex: aidant les pauvres, la veuve et l'orphelin, ...).

Pourquoi alors ne prennent-ils pas soin de ceux qui ont le plus besoin de leur attention, de ceux envers lesquels ils ont le plus de responsabilité?
Pourquoi ne font-ils pas téchouva et ne prennent-ils pas soin de leur âme?
['Hida]

[la téchouva étant le chemin de retour vers notre Source Divine, vers Hachem. On comprend pourquoi le yétser ara n'a aucune envie de cela, et préfère nous maintenir occupés à l'extérieur et pas en nous-même.]

"Si Yom Kippour représente le monde à venir (olam aba), alors la veille de Yom Kippour représente ce monde-ci (olam azé).

Notre besoin désespéré de manger la veille de Kippour démontre que nous devons consommer autant de Torah et de mitsvot que nous le pouvons dans ce monde-ci, car dans le monde à venir cela ne nous sera plus possible (de même que nous ne pouvons plus manger ni boire, une fois que Kippour a démarré)."

[rabbi Zev Leff]

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+ Kippour & Shema Israël :

-> Durant toute l'année, nous récitons le 2e verset du Shéma à voix basse. Pourquoi cela?

C'est parce que lorsque Moché est monté au Ciel pour recevoir la Torah, il a entendu les anges dire ce verset, et par respect pour leur sainteté, il ne l'a pas prononcé à haute voix.

Cependant, à Yom Kippour, nous disons ces mêmes mots à voix haute, afin de signifier qu'en ce jour nous sommes semblables aux anges. [Lévouch 619,2]
Mais alors, pourquoi agissons-nous ainsi le 1er soir, alors que nous venons de remplir notre estomac et notre corps de matérialité en mangeant bien plus que d'habitude (selon certains, la quantité de 2 journées en une!).
Pourquoi ne pas le faire le soir après Kippour, journée où nous avons agit à l'image des anges.

Rabbénou Elazar Abou'hatseira (Divré Elazar) répond que nous apprenons une importante leçon de vie de cette pratique : un juif doit toujours regarder vers l'avant, et non pas vers l'arrière.

A Kol Nidré (entrée de Kippour), chaque juif DESIRE être un ange, c'est son objectif ultime.
Cependant la nuit suivante, il ambitionne d'être lui-même, un être terrestre.
=> Le point principal n'est pas où nous sommes, mais vers où nous nous dirigeons.

[nous devons appliquer cette leçon de Kippour durant tout le restant de l'année En effet, peu importe le niveau que l'on a atteint par rapport à notre entourage, ce qui compte c'est d'avoir le maximum d'ambition spirituelle, et d'avancer de notre mieux vers cet objectif élevé! ]

"Yom Kippour ne commence qu'après Yom Kippour"

[nos maîtres du moussar]

[si l'on se contente de se repentir, ce n'est pas une téchouva pleinement sérieuse, jusqu'à ce que vienne le lendemain de Yom Kippour et qu'on commence à mettre en pratique ce que l'on a pris sur soi.]

Le Cohen Gadol après Kippour

+ Le Cohen Gadol après Kippour :

-> A la sortie de Yom Kippour, le Cohen Gadol ne parvenait pas chez lui avant 'hatsot (le minuit juif), et ce en raison des très nombreuses personnes voulant lui embrasser ses mains avant de rentrer à la maison.

[imaginez le Cohen Gadol qui réalise toute la journée dans le Temple un service très dense, où le moindre faux pas peut lui être mortel (au point où il était accroché à une corde, pour que l'on puisse récupérer son corps en cas de décès!).
Or, en se basant sur les horaires de cette année, cela implique que pendant une durée d'environ 5h30 après la fin de Kippour, des juifs se succédaient non-stop pour lui embrasser ses mains.
Et ce n'est qu'ensuite qu'il était libre de rentrer chez lui!]

[le Yaavets (Siddour Yaavets - Seder Avoda béMikdach) rapportant le témoignage d'un romain]

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-> Le Yaavets rapporte également que le lendemain de Kippour, le Cohen Gadol faisait un grand repas et il y invitait ses amis et proches.
C'était une journée de fête pour lui, car il a pu sortir en paix du Saint des saints.

Manger et boire la veille de Yom Kippour

+ Manger et boire la veille de Yom Kippour est plus important que jeûner à Yom Kippour.

La raison est qu'il est plus facile de jeûner léchem chamayim (uniquement parce Hachem nous l'a demandé, sans autre motivation), que de manger léchem chamayim.
De même, il est plus facile de servir Hachem lorsque nous ne sommes pas prisonnier de la matérialité (ce qui est le cas à Yom Kippour), que lorsque cela n'est pas le cas.

[d'après le Malbim]

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-> "Tout celui qui mange et boit la veille de Yom Kippour, est considéré comme s'il avait jeûné la veille de Yom Kippour et le jour de Kippour"
[guémara Béra'hot 8b]

[d'après certains, nous devons manger en ce jour la quantité de 2 journées normales!]

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-> Nous faisons un repas la veille de Yom Kippour pour célébrer les 2e Tables de la Loi que les juifs ont reçu le jour de Kippour.
Puisque nous ne pouvons pas manger à Yom Kippour, nous mangeons un repas la veille de Kippour.

Les juifs ont reçu les 2e Tables de la Loi (lou'hot), car ils ont fait une téchouva totale.
Afin d'accomplir une téchouva complète, nous devons être testé dans la même situation dans laquelle nous avons fauté à l'origine, et se retenir de fauter.
Au don des 1eres Lou'hot, les juifs ont fait le Veau d'or la journée qui a précédée celle où Moché est descendu du mont Sinaï.
Au don des 2e Lou'hot, le Satan a essayé de nouveau de faire fauter les juifs, avant que Moché ne descende du Sinaï avec les 2e Lou'hot.
A ce moment, les juifs ont triomphé sur le Satan (yétser ara), et ils n'ont pas fauté.
Ainsi, le repas de la veille de Yom Kippour célèbre le jour où les juifs sont parvenus à réaliser un téchouva parfaite.
[Sfat Emet]

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-> Hachem a demandé aux juifs de jeûner à Yom Kippour car Il désire qu'ils soient pardonnés de toutes leurs fautes.
Afin d'obtenir le pardon pour toutes nos fautes, nous devons tout d'abord éliminer la racine qui les a entraînée.
Toute faute prend racine dans le fait que Adam a mangé de l'arbre de la Connaissance.
Adam a été envahi du désir de manger de l'arbre interdit. Ainsi, afin de rectifier cette faute, nous ne mangeons pas ni ne buvons rien, pour déraciner le désir de se nourrir lorsque cela s'oppose avec la volonté de Hachem.
La veille de Yom Kippour, nous avons l'obligation de manger. Il ne s'agit pas de manger pour notre plaisir personnel, mais plutôt nous mangeons car c'est un ordre de D.
[Pri Tsadik]

[ainsi nous obtenons l'expiation de la racine de nos fautes, en mangeant et en ne mangeant, selon la volonté de D.]

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-> La guémara (Béra'hot 17a) enseigne que lorsque l'on jeûne avec amour et crainte de Hachem, alors cela donne de la nourriture à notre corps et à notre âme.

La veille de Kippour est la connexion entre manger et jeûner.
La veille de Kippour est censée être un "repas" qui est dans le domaine du jeûne.
["Tout celui qui mange et boit la veille de Yom Kippour, est considéré comme s'il avait jeûné la veille de Yom Kippour et le jour de Kippour" (guémara Béra'hot 8b)]

Ainsi, lorsque nous mangeons comme il le faut la veille de Kippour (non pas pour notre plaisir égoïste, mais uniquement parce que telle est la volonté de D., 100% pour la mitsva de manger la veille de Kippour), alors nous connectons toute notre nourriture de l'année entière à un niveau de jeûne le jour de Yom Kippour.
[Divré 'Haïm]

-> Le Chem miChmouel enseigne à ce sujet :
Il est connu qu'en mangeant avec la bonne intention la veille de Yom Kippour, nous pouvons réparer tout ce que nous avons pu manger durant l'année entière.
De même, prier comme il le faut à Yom Kippour permet de réparer toutes nos prières de l'année entière.

[En connectant ces 2 jours (la veille de Kippour, et Kippour), nous avons la possibilité de lier ce jour saint avec les autres jours de l'année, et d'alors les élever à la fois matériellement (ex: nourriture, boisson) et spirituellement (ex: prière).]

"[A Kippour,] nous devons ressentir de la joie pour le pardon de Hachem.
Plus nous avons conscience [de la quantité réelle de nos fautes et donc] de notre expiation, le plus nous aurons de joie"

[rav Yé'hezkel Levenstein - Ohr Yé'hezkel]

[plus nous réalisons à quel point nous nous sommes salis par nos trop nombreuses fautes, plus nous apprécions l'infinie miséricorde de Hachem à notre égard!
Et en partant de ce constat : la moindre des choses est d'agir, de notre mieux, en faisant Sa volonté pendant l'année à venir ...]

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-> La leçon de la téchouva est que rien n'est au-delà de la force de Hachem.
Même les fautes peuvent être transformées en mérites!
[rabbi Na'hman de Breslev - Si'hot haRan]