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L’unité peut supprimer nos souffrances

+++ L'unité peut supprimer nos souffrances :

"Rassemblez-vous et je vous dirai ce qui vous arrivera à la fin des jours" (Vayé'hi 49,1)

-> Le Imré Noam explique ce verset en citant le verset : "Leurs dents sont comme des lances et des flèches, et leur langue est comme une épée tranchante. Sois élevé au-dessus des cieux, Hachem" (Téhilim 57,5-6).
Nos Sages (midrach Téhilim 7) affirment que le roi David a dit à Hachem : "Puisqu'il y a parmi eux des gens qui provoquent des querelles et qui parlent du lachon ara, retire Ta Chékhina du milieu d'eux."
Nous voyons par là que la discorde et le lachon ara font que la Chékhina quitte la nation juive, tandis que l'unité fait que la Chékhina demeure parmi nous.
Lorsque la Chékhina est parmi nous, nous sommes appelés "Knesset Israël" (l'assemblée d'Israël), car Hachem n'est avec nous que lorsque nous formons une assemblée unifiée.

Le verset déclare : "Dans toutes leurs souffrances (à chaque juif), Il (Hachem) souffre avec eux, et l'ange de Sa présence les a sauvés. Il les a rachetés par Son amour et par Sa pitié" (Yéchayahou 63,9).
La façon dont ce verset est écrit est différente de la façon dont il est lu. Il est écrit "lo tsar", avec un alef (לא צָר - il ne souffre pas avec eux), mais il est lu "lo tsar", avec un vav (לוֹ צָר - il souffre avec eux).
Ainsi, le verset semble dire à la fois qu'Hachem ne souffre pas avec une personne lorsqu'elle souffre et qu'Hachem souffre avec la personne qui souffre.

Les premiers commentateurs expliquent cela par la parabole d'une mère dont le fils unique a commis un crime et a été condamné par le roi à recevoir de nombreux coups de fouet. La mère se rendit auprès du roi et se plaignit : "Il est vrai que mon fils a commis un crime et qu'il mérite une punition, mais je n'ai rien fait de mal. Pourquoi mériterais-je d'être punie? Si vous fouettez mon fils, je souffrirai encore plus que lui. Il n'est donc pas juste de lui faire subir cela!"
Le roi accepta ses paroles et pardonna à son fils la punition qu'il méritait vraiment.
De même, le verset dit qu'Hachem ressent la douleur de du peuple juif. C'est pourquoi Il fait en sorte qu'ils n'aient "aucune douleur", car la Chékhina ne mérite pas de souffrir à cause de leurs fautes.

Cela n'est vrai que dans les moments où le peuple juif est uni. Dans ces moments-là, la Chékhina est avec nous et toute douleur que nous ressentons est ressentie par la Présence Divine (Chékhina).
En revanche, en période de division et de conflit, la Chékhina n'est pas avec nous et ne ressent pas notre douleur, notre souffrance, ce qui nous expose au risque d'être sévèrement punis pour nos fautes.

Cela explique pourquoi Yaakov a demandé à ses fils de se rassembler. Il leur disait d'être unis, et s'ils le faisaient, il serait en mesure de leur raconter tout ce qui se passerait jusqu'à "la fin des jours", ce qui est une référence à la Chékhina éternelle.
Il disait ainsi que s'ils avaient de l'unité entre eux, la Chékhina serait toujours avec eux et supprimerait toute douleur et toute souffrance parmi eux. [au point de mettre un terme à l'exil ("arrivera la fin des jours"), avec la venue du machia'h]

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=> ainsi, plus les juifs font en sorte d'être unis, plus Hachem retire des souffrances, malheurs, qui devaient nous arriver.
L'impact de notre unité est si puissant que cela peut déclencher immédiatement (hayom!) la guéoula.

Torah & Hachem souffre beaucoup plus que nous de nos propres souffrances

+ Torah & Hachem souffre beaucoup plus que nous de nos propres souffrances :

-> Parfois, une personne peut avoir l'impression que son existence ne sert à rien. Sa vie est une souffrance. Sa journée consiste à gérer sa douleur. Son observance des mitsvot s'en trouve gravement compromise.
À la fin de sa journée, la seule chose qu'elle a l'impression d'avoir accomplie, c'est d'avoir réussi à passer le cap de la journée. Au bout d'un certain temps, inévitablement, la perception que l'on a de soi-même peut devenir très négative.
On peut avoir l'impression d'exister pour rien, de ne rien accomplir et de ne rien apporter au monde.
Comment une telle personne est-elle censée réagir face à de tels sentiments?

Le midrach (Eikha rabba- Pesichata 24) raconte que lorsque Hachem a détruit le Temple, il s'est mis à pleurer (voir aussi Béra'hot 59a).
L'ange Matat a supplié Hachem d'arrêter de pleurer, disant qu'il était honteux pour le Roi de pleurer devant ses serviteurs.
Matat proposa alors de pleurer pour Hachem, car cela serait moins déshonorant.
Hachem répondit qu'il voulait pleurer, et que si Matat ne le lui permettait pas, Il se cacherait dans un endroit où Matat ne pourrait pas entrer et continuerait à pleurer seul.

Quelle est la profondeur de ce midrach? Quelle honte y a-t-il à ce qu'Hachem pleure, et que signifie le fait que Matat ait proposé de pleurer pour lui et qu'Hachem se soit caché?

Hachem ressent la douleur de chaque juif. Lorsqu'un juif souffre, Hachem souffre avec lui et ressent sa douleur, littéralement.
Si cela est vrai, comment se fait-il que la souffrance d'un juif demeure? On pourrait imaginer que si quelque chose blessait le roi, il le détruirait (Hachem peut tout faire!). Comment notre douleur peut-elle continuer à nous blesser si elle blesse également le Roi?

L'idée est qu'Hachem ne se contente pas de souffrir avec nous, mais qu'Il souffre plus que nous.
Quelle que soit l'intensité de notre souffrance, nous sommes limités, et donc notre douleur l'est aussi.
Hachem est infini et, par conséquent, Sa souffrance est également infinie.
Nos capacités limitées ne nous permettent pas de comprendre l'étendue de la douleur d'Hachem lorsque nous souffrons. Chaque fois qu'un juif souffre, Hachem souffre infiniment puisque Sa douleur, comme Lui, est sans limite.

Cela étant, Sa douleur est tout simplement trop grande pour ce monde fini.
Hachem pleure, mais ses larmes ne peuvent entrer. Il pleure, mais Son cri infini n'a aucun effet sur ce monde fini.
C'est ce que l'ange Matat a exclamé comme étant honteux. Comment le Roi peut-il pleurer de douleur et pourtant Sa souffrance continue? Il est honteux que le Créateur du monde soit blessé, et continue d'être blessé, par le monde même qu'Il a créé.

Matat a proposé de pleurer à la place d'Hachem. Le travail d'un ange est de faciliter l'entrée de l'influence infinie d'Hachem dans ce monde fini. Matat a proposé de le faire et d'éradiquer ainsi la source de la souffrance d'Hachem.

Mais Hachem n'a pas voulu cela. Si Matat avait pleuré pour Hachem, les larmes d'Hachem auraient effectivement pénétré dans le monde et détruit la source de la douleur.
Mais il n'était pas temps de mettre fin à la souffrance du peuple juif. Hachem était prêt à souffrir, infiniment, pour notre bien.
Hachem dit à Matat qu'il se cacherait dans une chambre intérieure où personne ne pourrait le voir, et qu'il pleurerait dans la solitude. De cette façon, ses pleurs ne seraient pas honteux.

Et aujourd'hui, Hachem réside dans cette chambre intérieure, pleurant sur le Temple détruit et sur la douleur de chaque juif.
Cependant, nos Sages (Shabbath 88a) révèlent qu'Hachem n'est pas seul dans sa chambre intérieure. La Torah est appelée " 'hemdaé génouza", un trésor caché. Où est-il caché?
Dans la chambre intérieure d'Hachem. Hachem est isolé avec la Torah dans sa chambre intérieure, pleurant seul.

La Torah est le moyen d'accéder aux larmes d'Hachem et de les canaliser dans notre monde fini. Plus nous nous efforçons d'observer la Torah, plus nous créons un pont, un canal, entre Sa chambre intérieure et notre monde, à travers lequel Ses larmes peuvent couler.
Le monde fini ne peut supporter Sa douleur et Ses larmes infinies. Comme le goutte-à-goutte d'un tube intraveineux, les larmes d'Hachem pénètrent dans ce monde par le canal, que nous créons et débarrassent le monde de la source de Sa souffrance, notre souffrance, puisqu'Il a mal parce que nous avons mal.

Celui qui s'efforce d'observer la Torah débarrasse le monde de la souffrance, et chaque tentative affecte le monde.
Même si quelqu'un n'a rien accompli d'autre dans sa journée, s'il a essayé d'avoir de la émouna, de faire des prières, d'être agréable aux autres, d'étudier la Torah (et d'accomplir les mitsvot), ... Il ne s'agit pas d'une existence inutile.

L'essentiel est d'essayer, d'essayer encore et de continuer à essayer. Plus on essaie de se rapprocher de la Torah, plus le canal de la chambre d'Hachem s'élargit, et plus la douleur dans ce monde s'atténue.

La guémara (Taanit 15a) dit que la coutume lors d'un jour de jeûne, était de sortir le Aron haKodech, l'Arche dans laquelle les rouleaux de la Torah sont conservés, de la synagogue dans la rue et de prier près de lui.
Le Zohar (vol.3,71a) écrit qu'en cas de calamité, ils allaient encore plus loin et sortaient la Torah de l'Aron pour prier à côté d'elle. La raison en est qu'en temps de calamité, la Torah est la clé de notre salut, de notre délivrance.
La Torah est avec Hachem dans Sa chambre cachée, et à travers la Torah, les larmes d'Hachem sont canalisées, et le monde souffre moins.

Apprendre à considérer ses tentatives de croissance comme des éléments constitutifs d'un monde meilleur peut aider à changer la perspective de l'existence, qui n'est plus inutile, mais profondément significative et pleine de sens.
Alors que la journée peut être remplie de souffrance et qu'il faut y faire face, les tentatives d'évoluer malgré cela changent littéralement le monde d'une manière très réelle, peut-être d'une manière que peu d'autres personnes peuvent faire. En effet, une telle vie est tout sauf inutile.

[rav Kalonymos Kalman Shapira - le rabbi de Piaseczno - Aish Kodech - Michpatim (Shékalim) 5702 (1942) ]

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-> Il peut être difficile de comprendre comment, d'une part, Hachem ressent et connaît la souffrance de chaque juif, mais d'autre part, Il souffre infiniment lorsqu'un juif souffre. S'Il souffre infiniment, Il ne ressent pas vraiment ce que nous ressentons, Il souffre infiniment alors que nous souffrons finiment.
Néanmoins, Il ressent notre douleur et sait exactement ce que nous traversons, malgré le fait que notre douleur soit finie. Comprendre comment cela fonctionne, c'est comme essayer de saisir n'importe quel détail d'Hachem et de l'infini, c'est totalement hors de portée.

-> Le rabbi de Piaseczno dit : "Lorsqu'un homme (juif) souffre, que dit la Chékhinah? Malheur à ma tête. Malheur à mon bras ... (guémara 'Haguiga 15b). Et dans les livres saints, il est dit que bien plus qu'un juif(ve) ne souffre, Hachem souffre, pour ainsi dire, de la souffrance que cette personne endure.
Et peut-être [la raison pour laquelle Il souffre plus est] que puisqu'Il est infini ... par conséquent, Sa souffrancedue aux problèmes d'Israël est également infinie".

-> L'ange Matat, est une forme abrégée de son vrai nom, conformément à l'instruction du Arizal (chaar Hamitsvot - Chemot 11b) de ne pas se référer aux anges par leur nom complet, à l'exception de ceux dont les noms sont également des noms de personnes (voir Kav HaYachar 56).
Les anges sont les êtres qui permettent à l'influence infinie d'Hachem de pénétrer et d'affecter ce monde fini (voir Ram'hal - Adir Bamarom).
C'est exactement ce que Matat propose de faire.

-> Selon le rabbi de Piaseczno : "Puisque Sa douleur [à Hachem], pour ainsi dire, est infinie et plus grande que le monde, elle est par conséquent incapable d'entrer dans le monde [fini], et le monde n'en est pas ébranlé [c'est-à-dire Sa douleur]."

-> En ce sens, le rabbi de Piaseczno dit également :
"[Si les larmes d'Hachem entraient dans le monde,] le monde entendrait Ses cris et exploserait. L'étincelle de Sa douleur pénétrerait dans le monde et Ses ennemis seraient consumés.
... [on voit que malgré la souffrance d'Hachem sur notre grande souffrance dans l'exil actuel, le monde continue d'exister.] La raison en est que Sa douleur infinie est trop grande pour entrer dans ce monde fini. C'est pourquoi l'ange dit : "Je pleurerai pour Toi, et Tu n'auras plus besoin de pleurer" (l'ange serait le conduit pour canaliser les larmes d'Hachem dans ce monde fini, détruisant la douleur, la souffrance, qui cause Ses larmes, la douleur que nous traversons,] à ce moment-là, Hachem n'aurait plus besoin de pleurer."

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-> La guémara (Shabbath 88a) ne dit pas que la Torah est cachée dans la chambre intérieure d'Hachem, mais seulement qu'elle est une 'hemda génouza, un trésor caché.
Le rabbi de Piaseczno fait référence à ce qu'il a écrit dans la paracha précédente (dans son livre Aich Kodech - Yitro 5702), où il déduit l'emplacement de la Torah du fait que la guémara l'appelle un "trésor caché" plutôt que de dire qu'elle est cachée dans un beit guéniza, une "cachette".
La différence est que quelque chose appelé 'hemda guénouza est essentiellement caché, au-delà de ce monde par sa nature même, et non pas rangé dans un beit guéniza, qui ne fait que le dissimuler à l'œil.
Le midrach dit ici que l'endroit où Hachem "va" parce qu'Il est infini et au-delà de ce monde, essentiellement, c'est dans Sa chambre intérieure. Par conséquent, c'est là que doit se trouver la Torah, puisqu'elle est également cachée.

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-> "gam ki élé'h bégué tsalmavét" =même si je marche dans la vallée de l'ombre de la mort,
"lo ira ra = je n'ai pas peur du mal qui est ici.
Il y a cependant une chose qui est tout simplement trop difficile à supporter : "ki ata imadi" = que Toi, Hachem, Tu es avec moi dans cette déchéance, dans ma douleur, et que Tu es lié à moi dans ce exil humiliant ...
Que la Chékhina doive souffrir d'une telle indignité et d'une telle bassesse (par ma faute).
[rabbi Israël de Rouzhin - sur le Téhilim 23 ]

[à un niveau individuel comme collectif, notre principal souffrance vient du fait que nous entraînons Hachem à en souffrir également.
(de même lorsque nous fautons nous causons de la peine à Hachem qui voit les dégâts dans tous les mondes et les réparations nécessaires (en éloignement dans le monde à Venir et en souffrance par exemple, sauf téchouva). A l'inverse, lorsque nous faisons Sa volonté, nous Lui générons de la joie et de la fierté. ]

"Il M'appellera et Je lui répondrai ; Je suis avec lui dans la détresse, Je le secourrai et Je l'honorerai" (Téhilim 91,5).

-> Le rabbi de Kobrin commente en 2 temps ce verset :
Si quelqu'un pense qu'Hachem est loin et qu'il doit l'appeler, il se contentera de lui répondre.
Mais si l'on croit qu'Hachem est là avec nous dans notre détresse, souffrance, alors Il nous sauvera et nous honorera, et nous récompensera grandement.

Nous avons des épreuves sur mesure

+ Nous avons des épreuves sur mesure :

"Il a mis fin à l'obscurité" (Iyov 28,3).

-> Le midrach (Béréchit rabba 89,1) déclare : "Hachem a établi un temps pour le monde en fonction du nombre d'années qu'il passera dans l'obscurité" :

-> Le séfer Likouté Yéhouda cite une explication de ces mots au nom de son grand-père, le 'Hidouché haRim.
Hachem n'envoie jamais à une personne une épreuve qu'elle ne peut pas réussir. Il ne présente jamais un défi à une personne s'il est au-delà de sa capacité à le surmonter. C'est pourquoi les plus grands sont soumis à des épreuves plus difficiles.

À cet égard, le verset dit : "Il a mis fin à l'obscurité". Les défis auxquels une personne est confrontée sont comparés à l'obscurité. Ils empêchent une personne de voir le chemin qu'elle devrait emprunter.
Le midrach explique qu'Hachem impose des limites à l'obscurité et qu'Il ne mettra jamais une personne à l'épreuve d'une manière qui soit trop difficile pour elle.
Les plus grands sont soumis à des tests plus importants et les plus petits à des tests plus modestes (chacun adapté à ses capacités, son niveau), mais chaque test a ses limites et personne n'est mis à l'épreuve d'une manière qui soit trop difficile pour lui.

Les défis sont comparés à l'obscurité, en ce sens qu'il n'y a de l'obscurité que la nuit. Le matin venu, la lumière jaillit. De même, les épreuves provoquent une obscurité temporaire, mais à la fin, elles amènent une personne à une grande lumière.

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-> Le Steïpler ('Hayé Olam - vol.2,chap.13) écrit :
"Il faut savoir que les souffrances ne sont pas envoyés à une personne "plus ou moins" [de façon approximative], comme quelqu'un qui verse une grande quantité [qui ne prend pas soin d'être précis], mais plutôt avec une extrême précision ...
Selon la guémara (Avoda Zara 53a) : ... une maladie (souffrance) est établie avec un serment de l'heure précise où elle partira, ne restant pas un instant de plus.
Et dans la guémara ('Houlin 7b), il est dit : "On ne se cogne pas le doigt à moins que cela n'ait été décrété d'en haut".
Nous voyons ici que chaque détail des souffrances provient d'un décret spécifique de la Cour céleste."

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+ Chacun a son propre fardeau :

-> Le séfer Likouté Yéhouda (sur Mikets 42,35) écrit qu'il a entendu son grand-père, le Imré Emet, au nom du rav Bounim de Peshischa, dire que chaque juif a son propre "paquet" ('fardeau'). Chacun a son propre lot de défis et de difficultés qu'il traverse dans la vie de ce monde.
A l'avenir (dans le monde de Vérité), tous les "paquets" seront mélangés et chacun aura le choix de prendre celui qu'il veut, et chaque individu choisira son propre paquet (comme étant le meilleur, le plus approprié! ).
Chacun se rendra compte que les défis qu'il a relevés ont été plus faciles pour lui que pour n'importe qui d'autre.

-> C'est ce que disent les livres de moussar : une personne ne doit jamais penser que les choses seraient meilleures pour elle si les circonstances étaient différentes. Au contraire, chaque détail de la vie d'une personne est parfait pour elle.
Tout est parfaitement comme il se doit. [même si on était à la place de D., on ne pourrait pas faire mieux! ]
De même qu'une personne ne devrait pas dire qu'elle verrait mieux si elle avait 3 yeux, car il est évident que le fait d'avoir 2 yeux est la volonté d'Hachem, de même, une personne ne devrait pas penser que les défis de quelqu'un d'autre seraient meilleurs pour elle que ceux qu'elle a, car ce qu'Hachem lui a donné est clairement ce qu'il y a de mieux pour elle.

La plus grande souffrance = le regret éternel de n’avoir pas suffisamment vécu spirituellement

+ La plus grande souffrance = le regret éternel de n'avoir pas suffisamment vécu spirituellement :

-> Le Gaon de Vilna enseigne que si une personne vivante ressentait ne serait-ce qu'une once du regret éprouvé par une personne dont l'âme l'a déjà quittée, elle ne pourrait pas vivre, en raison de l'immense douleur.
En effet, à ce stade, l'âme de la personne a déjà échappé au royaume de l'illusion, du mensonge (qu'est ce monde, libre arbitre oblige). Elle est maintenant capable de voir la Vérité ultime, et ce qui est finalement bon et doux.
[ La personne] commence donc à se déchirer le cœur dans l'agonie : "Pourquoi ai-je gaspillé les jours de ma vie, j'aurais pu devenir plus raffiné, acquérir des mitsvot et de bonnes actions! Au lieu de cela, j'ai gaspillé ma vie dans la vanité et le vide, abandonnant la Source d'eau vive. Malheur à moi! Malheur à mon âme!"

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-> Le 'Hafets 'Haïm (Shem Olam - Vol.2, chap.12) écrit que lorsqu'une personne ramène son âme dans les royaumes supérieurs et voit comment les anges accomplissent leur avoda avec tant de joie et de bonheur, elle sera prête à renoncer à tout son monde à Venir (olam aba) pour avoir la chance d'accomplir une seule mitsva de plus.

Dans toutes nos souffrances, Hachem souffre avec nous

+ Dans toutes nos souffrances, Hachem souffre avec nous :

"Tous ses fils et toutes ses filles se levèrent pour le consoler mais il refusa de se consoler ... et son père le pleura" (Vayéchev 37,35)

-> Rachi dit que Its'hak a pleuré parce que son fils, Yaakov, souffrait. Mais il ne pleura pas Yossef, car il savait qu'il était encore en vie.

Le séfer Divré Israël explique que c'est également le sens du verset : "bé'hol tsarotam lo tsar" (Yéchayahou 63,9). Le mot "lo" dans le pasuk s'écrit avec un "aleph" (לא).
Le sens est donc : "Dans toutes leurs souffrances, Il (Hachem) n'a pas souffert". Cependant, il est lu avec "vav" (לוֹ), ce qui donnerait la traduction suivante : "Dans toutes leurs souffrances, Il (Hachem) a souffert". Le Divré Israël explique que les deux affirmations sont vraies.

Tout ce que fait Hachem est pour le bien. Par conséquent, lorsque le peuple juif se lamente, Il (Hachem) ne se lamente pas avec nous, car Il sait qu'il n'y a pas de raison de se lamenter.
Néanmoins, lorsque nous souffrons, Il prend part à notre souffrance. Nous souffrons parce que les événements semblent douloureux et mauvais à nos yeux et parce que nous ne pouvons pas voir la bonté qui est cachée à l'intérieur. Hachem n'a aucune raison de ressentir cette souffrance, mais Il souffre parce qu'Il voit que nous souffrons.

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[ceci illustre l'amour, l'attachement d'Hachem pour chaque juif.  (Hachem n'est pas bien parce que moi juif(ve) simple, voir très loin de la religion, je ne suis pas bien! )
Cela nous responsabilise à essayer de ne pas faire durer nos souffrances à outrance, à éviter de faire souffrir autrui, ... car en parallèle nous affectons aussi Hachem! (or nous devons L'aimer, alors comment lui imposer de la douleur) ]

La grandeur de remercier Hachem même dans nos difficultés

+ La grandeur de remercier Hachem même dans nos difficultés :

"Tu as dit : "Je te ferai assurément du bien"" (véata amarta étev étiv ima'h - Vayichla'h 32,13)

-> Le rav Yé'hezkel de Kouzmir explique ce verset en disant que si une personne qui traverse une période difficile se plaint de sa situation et dit qu'elle est mauvaise, Hachem répond : "Tu penses que c'est mauvais? Je vais te montrer quelque chose qui est vraiment mauvais!"
Il lui envoie alors une souffrance encore plus grande.

Tant que la personne continue à se plaindre, Hachem lui enverra une douleur et une souffrance encore plus grandes.
En revanche, si la personne renforce sa émouna et accepte que tout ce qu'Hachem lui envoie est pour son bien et est en fait bon, Hachem répond en disant : "Tu penses que c'est bon? Je vais te montrer quelque chose d'encore mieux!"
Il couvrira alors la personne de bonté et de compassion.
Plus l'individu loue Hachem et le remercie pour la bonté, plus Il enverra de bonté.

En conséquence, le verset dit que lorsqu'une personne dit "étev" = si elle dit que ce qu'Hachem lui a donné est bon, alors Hachem dit "étiv ima'h" = Je ferai encore plus de bien pour toi.

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-> Lorsque nous prions Hachem et que nous Lui exprimons notre reconnaissance, nous ouvrons les portes pour recevoir Sa bonté, cela aide à l'acceptation de nos prières
Le Baal haTourim (Vaét'hanan) voit une allusion à ce concept dans le verset : "Vaét'hanan el Hachem ba'ét hahi" (et il pria à Hachem à ce moment-là - Vaét'hanan 3,23).
Le mot "Vaét'hanan" a la même guématria que le mot "shira" (un chant). Cela indique que Moché a chanté une 'shira' à Hachem, Le louant, afin que ses prières soient acceptés.

-> Le Beit Aharon de Karlin (dans son séfer sur Pessa'h) utilise cette idée pour expliquer le midrach (Yalkout - remez 233) qui dit qu'après qu'Hachem ait demandé à Moché pourquoi il criait vers lui (Béchala'h 14,15), Moshé a répondu, "Que devrais-je faire d'autre?". Hachem lui dit alors : "Tu dois chanter pour Moi et louer Celui qui est royal!".

Cela signifie que lorsqu'une personne a besoin de quelque chose de la part d'Hachem, comme une réfoua (guérison) ou un succès dans les affaires, il est naturel pour elle de réciter des Téhilim. Pendant que l'on récite les Téhilim, on a à l'esprit de demander à Hachem ce dont on a besoin.
Cependant, le roi David dit : "C'est par la louange que j'appelle Hachem et je serai sauvé de mes ennemis" (Téhilim 18,4).
Le Ibn Ezra explique que lorsqu'il a eu besoin de l'aide d'Hachem pour être sauvé de ses ennemis, il ne Lui a rien demandé. Il a simplement loué Hachem et s'est connecté à Lui, et de cette façon, il a été sauvé de ses ennemis sans même l'avoir demandé.

C'est pourquoi Hachem a dit à Moché de ne rien Lui demander. Il lui dit plutôt de simplement chanter pour Lui et de Le louer. De cette façon, il se connectera à Lui et recevra tout ce dont il a besoin.

=> C'est le meilleur conseil que l'on puisse donner à une personne qui a besoin d'une délivrance à un problème. Elle ne doit pas penser à elle-même et se concentrer uniquement sur la prière pour obtenir ce dont elle a besoin. Elle doit plutôt imiter le roi David et se concentrer sur la louange et le remerciement à Hachem. Après avoir créé cette connexion, sa délivrance (yéchoua) arrivera.

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+ Remercier Hachem conduit à des miracles supplémentaires :

-> Louer et remercier Hachem n'accordera pas seulement à la personne la yéchoua dont elle a besoin, cela lui permettra également de recevoir d'autres bénédictions et de connaître le succès à l'avenir.
Le 'Hida (séfer Yossef Téhilot) explique le verset : "Chantez à Hachem, bénissez Son nom, annoncez Son salut jour après jour" (Téhilim 96,2), en disant que lorsque l'on chante à Hachem et que l'on bénit Son nom pour les miracles qu'Il a accomplis pour nous, on est assuré de pouvoir "annoncer Son salut", car il recevra des miracles supplémentaires qui seront un motif de louange à Hachem dans le futur.

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+ Hachem nous aide à Le louer :

-> Le siddour haChlah explique le pasouk de Tehillim qui dit "ouvre grand ta bouche et Il la remplira" (Téhilim 81,11) comme signifiant que l'on devrait ouvrir sa bouche et dire de nombreuses louanges à Hachem. Il ne faut pas penser que l'on n'est pas digne de le faire ou que l'on ne sait pas comment le faire correctement, car Hachem promet qu'Il "remplira nos bouches" avec les mots appropriés à prononcer.
Hachem nous aidera à Le louer. Il nous enseignera comment le glorifier correctement.
Lorsque l'on fait l'effort de prier pour Hachem, Il nous donne les mots pour Le louer correctement, comme le disent nos Sages (guémara Yoma 38b) : "Lorsque quelqu'un vient se purifier, il reçoit l'aide Divine".

+ Lorsque des problèmes surviennent [dans notre vie] et qu'il n'y a pas de solution possible dans le cours de la nature, il existe une porte de délivrance surnaturelle, qui peut être ouverte grâce au mérite d'une émouna sincère en Hachem et en Ses serviteurs, les tsadikim.
[...]

Dans la mesure où notre émouna est sincère et exempte de tout doute, nous mériteront de voir les événements se transformer en bien dans un renversement miraculeux.
[rabbi David Abou'hatséra]

La prière sauve de la souffrance

+ La prière sauve de la souffrance :

-> Le 'Hafets 'Haïm (séfer Zé'hor léMyriam - likouté Amarim - chap.10) écrit :
"Tout le monde sait qu'il est interdit de remettre en question les voies d'Hachem, car il est certain qu'Il est correct et que Ses voies sont justes et droites. Néanmoins, il est permis de présenter ses revendications à Hachem lorsqu'on est confronté à une difficulté ou à une épreuve.
Au contraire, nous constatons qu'Hachem Lui-même veut que nous lui soumettions nos revendications, comme il est dit : 'Et ne Lui donnez pas de repos, jusqu'à ce qu'Il établisse' (Yéchayahou 62,7).

Nous voyons à notre époque que lorsqu'un pays souffre de décrets gouvernementaux, il est accepté d'organiser des réunions et des comités, et d'envoyer des représentants au gouvernement pour demander que les décrets soient annulés. Ils ne se reposent pas tant que les ministres n'ont pas écouté leurs plaintes.
Mes frères, il devrait en être ainsi pour nous aussi. Chaque jour, nous sommes confrontés à de nouvelles souffrances et à de nouvelles douleurs. Il nous incombe certainement d'implorer la miséricorde d'Hachem et de ne pas nous taire jusqu'à ce qu'Il nous envoie Son aide.
Il nous entendra certainement et acceptera nos paroles, comme nous le voyons à de nombreuses reprises dans la Torah, où Hachem a aidé ceux qui ont prié pour Lui.
Hachem veut entendre notre voix et nous encourage à crier vers Lui et à susciter Sa miséricorde chaque fois que nous sommes troublés.

C'est ce qui ressort du midrach (Chémot rabbah 38,4) qui dit :
" 'Prends avec toi des paroles (dévarim) et retourne à Hachem' (Hochéa 14,3). Autrefois, nous utilisions les karbonot (sacrifices) pour l'expiation. Nous n'avons plus de karbonot, mais Hachem dit qu'il désire nos paroles. Cela signifie qu'il veut nos paroles de Torah. Mais nous répondons que nous ne savons pas comment étudier.
Il dit alors : "Pleurez et priez devant Moi. N'ai-je pas racheté vos ancêtres par la prière, comme il est dit : 'Et les Bné Israël gémissaient à cause du travail et ils criaient' (Chémot 2,23) ... Je ne demande pas de sacrifices. Tout ce que je demande, ce sont des mots (de prière) ..."

Et il est dit dans le midrach Tan'houma (Vayishlach 9) :
"Hachem ne veut nuire à aucune création. Il nous demande seulement de prier pour Lui et cela sera accepté. Même si une personne n'est pas digne d'être exaucée et d'avoir de la bonté sur elle, si elle Me prie et m'implore, je serai bon pour elle".

La souffrance dans ce monde

+++ La souffrance dans ce monde :

"Its'hak devint vieux, et ses yeux s'obscurcirent" (Toldot 27,1)

-> Nos Sages (midrach Béréchit rabba 45,9) disent que Its'hak savait à quel point l'Attribut d'Hachem de jugement strict peut être effrayant, impitoyable, pour une personne après sa mort. C'est pourquoi il a demandé à souffrir dans ce monde afin de trouver l'expiation.
La réponse d'Hachem fut la suivante : "Tu demandes une bonne chose. Je vais commencer à mettre cela en œuvre [avec toi]". Et Il le fit en le rendant aveugle ("ses yeux s'obscurcirent").

-> Le Yalkout Chimoni (remez 942) déclare également : "Chaque fois qu'Hachem vous inflige une souffrance, vous devez vous souvenir du bien que cela vous apportera dans le monde à Venir."

-> Selon le 'Hafets 'Haïm : lorsqu'une personne souffre dans ce monde, c'est très difficile. On souhaite ne pas avoir à souffrir. Mais une fois qu'une personne se rend dans le monde à Venir (olam aba) et qu'elle voit combien elle bénéficie des souffrances qu'elle a endurées dans ce monde et qu'elle voit comment elle est récompensée pour chaque miette de douleur qu'elle a ressentie, elle souhaitera avoir souffert davantage dans ce monde (olam azé).

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[ pour une souffrance d'une même intensité, l'impact est énormément plus élevé dans ce monde que dans celui à Venir. ]