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"Avant de prier pour être capable d'absorber les mots de la Torah, une personne doit prier pour que les délices de ce monde ne pénètrent pas dans ses entrailles"
[Tana déBé Eliyahou rabba 21]

Michael est le grand prêtre du Ciel, et ses offrandes sont les âmes du peuple juif avec leurs mitsvot et leurs bonnes actions ...

Lorsqu'une personne quitte ce monde pour rejoindre sa dernière demeure, elle présente devant Hachem la Torah et les mitsvot qu'elle a accumulées dans ce monde.
[rabbi Yaakov Abou'hatséra - Pitou'hé 'Hotam - Lé'h Lé'ha 16,5-6]

La sainteté de l'âme humaine, plus que toute autre chose, est ce qui aide l'homme à servir Hachem.
[...]

Chaque mitsva qu'une personne accomplit crée un ange défenseur qui élimine la klipa extérieure (force d'impureté, du mal).
... A mesure qu'un homme accumule des mitsvot, l'âme s'attache à lui, et par sa sainteté, elle provoque le retrait et la chute de la klipa.
[rabbi Yaakov Abou'hatséra - Pitou'hé 'Hotam - Noa'h 10,21 ]

"Il n'y a pas de meilleur moyen d'échapper à la faute [que notre yétser ara nous pousse à faire] que d'accomplir les mitsvot. En accomplissant les mitsvot, une personne est protégée par l'ombre de la sainteté et le parfum du Gan Eden entre dans sa vie, ne laissant aucune place à la mauvaise inclination (yétser ara)."
[rav 'Haïm de Volozhim - Roua'h 'Haïm]

La souffrance

+ La souffrance :

-> Puisque la souffrance éveille une personne à faire téchouva, le mauvais penchant tente de la tromper en lui faisant croire que la souffrance n'est qu'un simple hasard et qu'elle n'a pas été décrétée par D.
Le Rambam (Hilkhot Taniot 1:3) affirme que si une personne pense que ses problèmes lui sont arrivés naturellement, refusant de considérer qu'ils lui sont arrivés en raison de ses lacunes spirituelles, elle risque d'être confrontée à d'autres problèmes.
En fait, nos Sages (Avoda Zara 55a) écrivent que la souffrance est l'exemple parfait de la providence divine : elle arrive un jour précis, à une heure précise, par l'intermédiaire d'une personne précise et d'une manière spécifique.

De même, rabbi Yaakov Its'hak de Balondov souligne qu'une personne est encline à penser que la souffrance subie par un groupe est un hasard pour chaque individu, mais cela aussi est une erreur, car rien n'est dû au hasard.
Et rabbi Its'hak de Vork de dire qu'une personne doit reconnaître que même les difficultés qui lui parviennent par l'intermédiaire d'une autre personne sont orchestrées [avec précision] par Hachem.

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-> Nos Sages (guémara Arakhin 16b) enseigne que même si une personne met la main dans sa poche pour en sortir 3 pièces et ne se retrouve qu'avec 2 pièces dans la main, ou si elle voulait une boisson chaude et qu'elle n'était que tiède, tout cela est envoyé par Hachem.
Ainsi, même le plus petit inconfort ou la plus petite difficulté sont le fruit d'un dessein.

C'est pourquoi les tsadikim ont demandé aux gens de dire : "Vois mes souffrances et mon labeur et pardonne toutes mes fautes" (Téhilim 25,18), même pour la plus petite contrariété.
Et rabbi Aharon Roth recommande que lorsqu'une personne est confrontée à des difficultés, elle dise : "Je crois que cette souffrance m'est arrivée à cause de mes péchés et je l'accepte avec amour".

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-> Nos Sages (Mékhilta, Chémot 19,9) écrivent qu'une personne qui accepte les difficultés avec joie en est récompensée.

-> Avant le décès du rabbi de Keresteer, le médecin savait qu'il souffrait beaucoup, même s'il ne donnait aucune indication. Le médecin lui demanda s'il souffrait et le Rebbe répondit : "Je ne souffre pas, mais j'ai très mal".
Lorsque rabbi Elimélé'h de Lizensk a été opéré de l'estomac, il a ri de la satisfaction d'avoir subi une telle douleur.
Une histoire similaire est racontée à propos de Its'hak de Kalov. Son médecin n'en croyait pas ses yeux et lui demanda comment il était possible qu'il soit dans un tel état de joie à un moment aussi difficile. Le rabbi de Kalov répondit qu'une personne ne doit pas remettre en question ou contester les actions d'Hachem et que la douleur qu'il avait subie était en fait un cadeau abondant qu'il méritait de recevoir.

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-> C'est une mitsva d'aimer Hachem quelle que soit la façon dont Il nous traite, même s'il nous prend notre âme. Et nos Sages expriment que nous devons nous réjouir davantage dans nos difficultés que dans nos bons moments (Sifri, Dévarim 32 ; Mékhilta, Chémot 20,20). C'est à ce niveau élevé que vivaient les 'hassidim et les tsadikim.

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-> Selon nos Sages, c'est en sachant que tout se passe selon la volonté d'Hachem que nous transformons l'amertume en douceur.
Ce qui empêche généralement les gens de vivre cette réalité, c'est un manque de croyance ou une affirmation subtile d'arrogance.
Rabbi Ména'hem Mendel de Kotzk explique qu'un 'hassid sait qu'il n'est rien et que c'est pour cette raison qu'il accepte tout avec joie. Il pense également qu'une personne qui n'accepte pas les défis avec amour est toujours ancrée dans la matérialité.

-> Hachem a créé le monde afin d'offrir Sa bonté. Sur cette base, un tsadik a déclaré que si une personne a l'impression qu'Hachem ne lui a pas donné de bonté, ce n'est pas un hasard et il y a une bonne raison à cela.
De même, le 'Hatam Sofer raconte qu'il a demandé à un vieil homme de sa communauté sur quelle base spirituelle il méritait de vivre une longue vie. L'homme répondit : "Les gens demandent à Hachem pourquoi les choses leur arrivent, et comme Hachem est miséricordieux, Il les ramène à Lui pour répondre à leurs questions (provoquant leur mort). Mais moi, je ne demande pas".

"Il n'y a pas de perte pire, que la perte de temps"

[Midrach Shmouel - Avot 5,23]
én avéda kaavédat azman

-> Un homme s'inquiète de perdre son argent, mais pas de perdre ses jours, qui eux ne reviendront jamais.
[Ibn Ezra]

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-> Juste avant de mourir le 'Hatam Sofer a affirmé sur lui-même : "Aussi longtemps que j'étais dans ce monde, je n'ai pas perdu une seule seconde!"
[Shné Bo'er baEich - p.113]

[le 'Hatam Sofer appréciait tellement le cadeau Divin de pouvoir vivre à chaque seconde, qu'il avait comme priorité de ne jamais le perdre!]

Mourir d’amour pour D.

+ Mourir d'amour pour D.

-> "Le messirout Néfech n'est pas uniquement le fait de renoncer à sa vie (physique) pour D.

Néfech fait référence ici à : ratson (tes désirs, tes envies), comme dans le verset : "im yéch ét nafché'hèm" (Si tel est votre désir - Dévarim 23,8).

Cela signifie que toute action qui implique le sacrifice d'une chose que nous désirons (même minime), afin d'obéir à la volonté de D. est du messirout néfech"

[Rav Yaakov Galinsky]

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Au moment où je crève d'envie de faire quelque chose, je n'existe que pour cette chose.
Lorsque je décide, malgré tout, d'accomplir la volonté de D., c'est comme si je me meurt pour Lui-rester fidèle.

Il est facile de chanter en public : "Hachem je t'aime", mais lorsque je suis tout seul (face à D.), est-ce que je suis capable d'appliquer cette belle théorie?

=> Ainsi, n'oublions pas que chaque action (faire/ne pas faire), au-delà d'être pour notre bien, est une occasion de prouver véritablement ma fidélité, mon amour et ma crainte envers D.

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-> Rav Pappa a dit à Abayé :
"Comment se fait-il que des miracles ont été réalisés en faveur des générations passées, tandis que pour nous, les miracles ne sont pas accomplis ...
[Abayé] de répondre : "Les générations passées sacrifiaient leur vie afin de de sanctifier le nom [d'Hachem], tandis que nous ne sacrifions pas nos vies pour sanctifier le nom [d'Hachem]."

[guémara Béra'hot 20a]

La grandeur des générations passées réside dans leur capacité à s'annuler, à se "tuer", afin d'agir selon la volonté de D., proclamant par là sa grandeur sur soi-même et sur le monde entier.

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La guémara (Baba métsia 86b) dit que pour s'être aussi bien occupé de ses 3 invités, D. a récompensé Avraham en prenant soin de ses descendants pendant 40 ans dans le désert :
-> pour avoir servi de la nourriture = la manne ;
-> pour avoir fourni de l'eau = le puits de Myriam ;
-> pour être resté avec eux pendant qu'ils mangeaient = les nuées de gloire qui entouraient le peuple, assurant la protection et la bienveillance divine.

Le baYam Déréch s'interroge sur l'importance de la récompense au regard d'une action qu'Avraham a dû faire à de très nombreuses reprises (il excellait dans la bonté et l'hospitalité), et en plus envers des anges qui n'ont pas besoin de manger et boire.

Il répond que la valeur de la mitsva provient des efforts accomplis pour la réaliser.
Avraham a alors 99 ans, c'est son 3e jour après la circoncision (le plus douloureux, et à l'époque, il n'y avait pas d’anesthésie!), et le midrach nous dit que c'était le jour le plus chaud de toute l'histoire (sans air conditionné!).

=> Avraham avait toutes les excuses pour ne pas les accueillir, mais il ne s'est pas écouté et il a fait des efforts surhumains pour le faire.

=> La messirout néfech, ce moment sublime qui met au grand jour notre amour, notre attachement à D., en tuant momentanément un "moi-je (pas envie/envie)" plus ou moins important.

Dans notre quotidien, il ne manque pas d'occasions (petites ou grandes) de vivre ces moments, où l'on s'annule afin que D. règne, triomphe, et soit sanctifié.
(ex: j'ai envie de dormir mais je me lève pour faire ma prière, ...).

Ces moments secrets où l'on se sacrifie afin de faire la volonté de D., construisent, bâtissent des liens d'amour nous liant toujours plus proche avec Hachem.

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+ "Bien que nous sommes des êtres humains, nous Te suivrons aveuglément comme les animaux"

[midrach Vayikra rabba 27]

Cette capacité à abandonner notre maîtrise sur notre vie, en la confiant à D., implique de devoir tuer à chaque instant notre égo, afin de permettre l'expression d'un nouveau moi, encore plus élevé, car divin.

On ne doit pas agir comme des robots, car dans ce cadre imposé, nous devons sans cesse faire face au yétser ara, et nous avons la possibilité de mettre des sentiments dans notre avodat Hachem (joie, zéle, ...).

Choisir ses difficultés

+ Choisir ses difficultés...

-> "Il n'existe aucun homme qui n'ai pas vécu des souffrances, bien heureux celui dont ses souffrances viennent au travers de son étude de la Torah"
[midrach Béréchit Rabba 92,1]

-> "Tous les êtres humains ont été créés pour peiner, bien heureux sont ceux qui peuvent peiner dans la Torah"
[guémara Sanhedrin 99b]

-> "Toute personne est destinée à vivre des difficultés dans ce monde.
Il vaut mieux que ses difficultés résident dans le fait qu'il soit dur d'étudier la Torah pendant des heures ou dans de prier pendant une longue durée, plutôt que de vivre des souffrances physiques.
[...]
Et le plus important est que les difficultés qu'une personne va vivre durant une longue étude de Torah ou prière, vont au final être remplacées par un plaisir spirituel intense et un sentiment de satisfaction qu'aucun plaisir physique ne peut égaler"

[Rabbi Moché Wolfson]

"Le salaire est en proportion de la peine" (Pirké Avot 5,23)

-> "Il est préférable pour un individu d'acquérir une chose par de la souffrance (des difficultés), que 100 choses qu'il reçoit sans peiner pour cela"
[Avot déRabbi Nathan 3,6]

Le 'Hafets 'Haïm a créé un Kollel Kodchim à Radin, dont les membres apprenaient à fond les lois concernant le service dans le Temple.
Un des membres de ce Kollel n'était pas rapide à comprendre les concepts et avançait lentement.

Après 1 heure d'étude, il voulait abandonner.
Totalement frustré, il dit : "Regardez, celui qui est assis à côté de moi a déjà étudié 4 pages, tandis que j'en suis toujours à la 1ere page!"

Le 'Hafets 'Haïm lui a répondu : "Qu'est-ce que tu es chanceux!
C'est incroyable tout ce que tu as fait!
En une heure, tu as étudié 101 pages!!
[...]
Ton ami en est à la 4e page, car il peut apprendre plus rapidement que toi, tandis que tu trouves cela difficile.
[...]
Une chose acquise avec difficulté, souffrance est meilleure que 100 acquises facilement.
Il est peut être à la 4e page (daf hé), mais tu en es à la 101e page (daf kouf bét)!!"

=> Quelle claque! Que les apparences sont trompeuses!!

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-> "D. rémunère chaque homme selon ses actes" (Téhilim 62,13)

Si l'on a des facilités, il ne faut pas se laisser aller en disant : "C'est bon! Je suis le meilleur, et de loin! Je peux me permettre de ralentir ..."
Si l'on a des difficultés, il ne faut pas abandonner en disant : "C'est pas fait pour moi! Laissons la Torah à ceux dont D. en a donner les moyens!"

Nous devons tous étudier la Torah, et faire de notre mieux en fonction de nos capacités.
Une personne peut nous sembler brillante, mais qui sait, si par nos efforts, on n'est pas en réalité très loin devant elle, en terme d'étude de Torah.

"Lorsque vous ouvrez la bouche, faites très attention à votre langue. Tout comme vous surveillez l'or, l'argent et les pierres précieuses dans un coffre-fort à double serrure dans votre chambre, vous devez surveiller vos paroles.
Si quelqu'un fait cela, il fera beaucoup pour être capable de prier avec kavana. La raison principale pour laquelle les gens ne peuvent pas avoir de kavana est à cause des mots inutiles qu'ils ont instillés dans leurs cœurs.
Et le silence est également une grande "barrière" à garder dans yirat chamayim parce qu'il est impossible de craindre d'Hachem si l'on a un cœur rempli de mots vides.
Cela est d'autant plus vrai si l'on prononce beaucoup de paroles inutiles avant la prière. Celui qui agit ainsi se fait du tort à lui-même. Lorsqu'il fera la prière, il aura dans la tête beaucoup de pensées frivoles qui l'empêcheront de se concentrer".

[séfer Or'hot Tsadikim - chaar Hachtika ]