Pâtisserie spirituelle depuis 5771 - b'h
 

"Le niveau de proximité d'une personne avec Hachem dans le monde à Venir est déterminé par la quantité de kédoucha (sainteté) que son âme a pu absorber en réalisant les mitsvot dans ce monde."

['Hafets 'Haïm - Torah Ohr - chap.7]

<--->

-> Le Méam Loez (Kédochim 19,2 - "Soyez saints") enseigne :
Bien que notre corps soit fait de chair et de sang, chaque fois que qu'il accomplit un commandement, il atteint un degré de sainteté plus élevé.

Dans la 3e partie du Shéma nous disons : "afin que vous vous souveniez de tous Mes commandements, que vous les accomplissiez et que vous soyez saints pour votre D." (Bamidbar 15,40) = l'observance des mitsvot permet d'atteindre la sainteté.

C'est la raison pour laquelle notre corps renferme 248 membres qui correspondent aux 248 commandements positifs de la Torah.
Les commandements permettent à chaque membre de gagner en sainteté.

Avant d'accomplir certains préceptes, nous récitons une bénédiction qui commence par : "qui nous a sanctifiés par Ses commandements" (acher kidéchanou bémitsvotav).
Nous louons Hachem de rendre notre corps saint grâce à Ses commandements (mitsvot).

Chaque commandement créé un vêtement de lumière dont l'âme se revêtira au monde futur.

[...]

Lorsqu'un homme faute, un esprit impur s'attache à lui. Une marque spirituelle apparaît sur son visage.
Voyant cette marque, les anges le maudissent et s'exclament : "Écartez-vous de cet homme qui a enfreint les commandements de la Torah! Malheur à lui et malheur à son âme! Il n'a pas de part en le D. d'Israël ni de part au monde futur s'il ne se repent pas".
En effet, tant que l'homme ne s'amende pas, ce signe spirituel ne quitte pas son visage.

<--------------->

-> Quiconque commet une faute ajoute un œil au Satan.
La Torah recommande de ne pas pécher pour ne pas accroître le nombre de yeux du Satan.
En réalité, le Satan est aveugle. C'est pourquoi il est appelé Samael (סמאל), nom dont les lettres forment le mot : "lassouma", qui veut dire "à l'aveugle".

Le Satan a aussi le rôle d'ange de la mort. A la mort d'un homme, cet ange aux multiples yeux apparaît et dit à l'agonisant : "Souviens-toi de telle faute que tu as commise! Tu crois peut-être qu'aucun œil ne l'a vue, mais voici l’œil créé par ta faute!"
Ensuite, il couvre les yeux de sa victime et prend son âme.
[Méam Loez - Kédochim 19,26]

"L'homme doit savoir que pour chaque mitsva qu'il fait en ce monde, une semence spirituelle est créée, d'où fleurira sa part dans le monde à venir, ce qui sera extrêmement plaisant à son âme."

[Za’hor léMyriam – chap.22 ]

Nos Sages disent : "dans l'avenir, Hachem montrera aux tsadikim le Guéhinam et les places qui y sont libres, et leur dira : ces places libres étaient préparées pour vous, mais vous avez fait de bonnes actions et vous avez mérité le gan Eden.

Hachem fera la même chose pour les réchaïm, il leur montrera le gan Eden et les places qui y sont libres, et leur dira : ces places libres étaient préparées pour vous, mais vous avez fait de mauvaises actions et vous avez hérité du Guéhinam."
[midrach Téhilim 6]

=> C'est cela le pire des enfers. Lorsque dans le monde de Vérité, nous réaliserons à quel point notre place éternelle aurait pu être largement meilleure, si nous avions su dominer nos instincts, notre yétser ara, durant les quelques années de notre vie physique.
Il nous sera renvoyé au visage cette magnifique place qui aurait pu être nôtre, si seulement nous avions fait le nécessaire pour pouvoir l'occuper.

=> "Ah, si seulement j'avais écouté Hachem. Ah, si seulement j'avais ..." : cela constituera la pire des punitions, la pire des hontes!

"A chaque fois que nous célébrons un Yom Tov, la même influence propre à cette fête nous affecte d’une manière identique à celle présente à l’origine, où moment où le miracle s’est produit."

[le Kédouchat Lévi – Kédouchat Pourim]

<--->

-> Le temps (ainsi que l'espace) est une création matérielle. Il est comparable à un tuyau par lequel Hachem véhicule différents flux spirituels, propres à la période dans laquelle nous nous trouvons, et qui permettent à nos âmes de s'élever si nous savons comment en profiter.
A chaque jour correspond une influence spécifique.

Les fêtes de l'année juive ne doivent donc pas être considérées comme de simples commémorations historiques ; en réalité les événements du passé ne sont que des indicateurs de la nature du jour dans lequel nous nous trouvons et révèlent quel genre de potentiel spirituel il renferme.
Ainsi, bien qu'elles fassent référence au passé, l'essentiel des fêtes juives est donc le moment présent ; l'objectif est que nous arrivions à saisir les différentes possibilités qu'Hachem nous offre lors de chaque époque spécifique.
Ceci nous permettra de parfaire notre âme, nos traits de caractère et de nous rapprocher de D., et ce de façon différente à chaque fête.

[d'après le rav Friedlander - au nom du Ram'hal]

Prendre conscience de sa grandeur – Quelques pensées de nos Sages (2e partie)

+ Prendre conscience de sa grandeur - Quelques pensées de nos Sages (2e partie) :

-> "Chaque personne est obligée d'être consciente qu'elle a une valeur énorme.
Cela ne fait pas allusion à une estime de soi illusoire, qui est basée sur un sentiment d'arrogance de se sentir meilleur que les autres, mais à une réelle estime de soi qui est totalement incroyable de par son immensité.

Chaque personne est obligée de se dire : "Le monde n'a été créé que pour moi" (guémara Sanhédrin 37a).
Rachi de commenter : "J'ai l'importance du monde entier".

Chaque personne est un phénomène unique, un événement qui n'a jamais eu lieu avant et qui n'aura plus jamais lieu ensuite.
Tu es un mélange unique de traits de caractère et de personnalité.
Tu es unique dans ta constellation familiale, né à un moment spécifique de l'histoire, et dans un environnement spécifique.

Cette unicité te donne une énorme importance, car il n'y a que toi qui peut accomplir les missions uniques de ta vie."

[Rav Wolbe - Alé Chour]

<------------------------------------------------------>

+ "D. créa l’homme à son image ; c’est à l’image de D. qu’il le créa." (Béréchit 1,27)

-> La guémara (Yérouchalmi Nédarim 9,4) nous enseigne :
"Rabbi Akiva a dit : "Le verset : "Aime ton prochain comme toi-même" (Vayikra – Kédochim 19,18) est un grand principe de la Torah".
Ben Azaï a dit : "Le verset : "Lorsque D. créa l’être humain, il le fit à sa propre ressemblance" (Béréchit 5,1) est un principe encore plus grand"."

=> Comment comprendre l'affirmation de Ben Azaï?

Toute personne n’est qu’une parmi des milliards d’êtres humain, et la terre n’ai même pas un grain de sable dans l’univers.
Dans l’histoire du monde, que vaut la durée de notre vie.
Nous sommes constitués d’os, de muscles, de sang, …
Qu’est-ce qui fait que l’on doit à un homme plus de considération qu’à un animal ou un insecte?

Le fait que l’homme a été créé à l’image de D., va le transformer d’un état de "sans importance", "insignifiant" à celui de "sans comparaison", car même s’il semble minuscule, il est le summum, l’aboutissement de toute la Création.

=> Ainsi, c’est ce que Ben Azaï nous apprend lorsqu’il nous dit que le fait que l’homme a été créé à l’image de D. est un principe plus important que "tu aimeras ton prochain comme toi-même".
Etant créé à l’image de D., il doit être respecté en conséquent.

[Ne pas avoir confiance en soi, c'est ne pas avoir confiance en Hachem! ]

<------------------------------------------------------>

-> Plutôt que de rechercher des titres de grandeur, il faut chercher à utiliser son potentiel interne au maximum.
Le Rachab disait : "Un homme doit méditer à ce qu'il peut être, à ce qu'il doit être, et à ce qu'il est effectivement".

-> Une personne qui ne fait pas dépendre sa grandeur de son âme divine, va facilement fuir le bonheur, car il y a toujours quelque chose qui nous manquera, qui pourrait être meilleur.

On peut citer l'exemple du roi de Babylone Névou’hadnétsar, qui au lieu de se focaliser et de profiter de sa grande puissance, va constamment se sentir embarrassé par le fait d'être petit et gros (midrach Tan'houma).
En se répétant que son corps n'était pas impressionnant, il se cachait tous les aspects positifs de sa vie.

[Avoir de l'estime de soi, c'est avoir la certitude que je suis au top, car c'est Hachem qui m'a fait! ]

<------------------------------------------------------>

+ Prendre conscience de sa grandeur, ce n'est pas de l'arrogance :

-> La Torah nous demande de réaliser à quel point nous sommes élevés, et ce n'est qu'alors que l'humilité peut avoir de la valeur.
Ne pas avoir conscience de cela, n'est pas une qualité, mais un défaut majeur.
['Hovot haLévavot 6,2]

-> Moché Rabbénou, dont D. atteste lui-même qu'il est l'homme le plus humble, avait conscience de sa grandeur qui était équivalente aux 600 000 hommes de sa génération (la dor déa : la génération de la connaissance).
Cette conscience impliquait que ses actions devaient au moins être égales à celles des 600 000 autres juifs.

-> Rabbi Salanter, qui est à l'origine du mouvement du moussar, avait aussi conscience de sa grandeur.
Il disait : "Je sais que j’ai la capacité de 1 000 personnes, donc j’ai l’obligation d’agir comme 1 000 personnes."

-> Rabbi El'hanan Wasserman rapporte sur son maître le 'Hafets 'Haïm : "Bien qu'il était rempli d'humilité, néanmoins, il disait fréquemment qu'en ce qui le concerne, il avait la responsabilité pour le bien-être spirituel de toute la génération"

Il ne faut pas se mentir à soi-même en se dévalorisant sous couvert d'être humble, car en réalité c'est notre yécher ara qui désire que nous minimisons nos efforts (par paresse), en fuyant nos responsabilités.
=> Plus nous avons conscience des capacités dont Hachem nous a dotées, plus nous sommes responsables de devoir les utiliser pleinement

Imaginez si Moché rabbénou, le 'Hafets 'Haïm, ... n'avaient pas voulu prendre conscience de leur grandeur (sous couvert d'humilité), et se seraient dit : "Pour qui je me prends à accomplir autant de belles actions? Quel orgueilleux, je suis! Plutôt rester un bon juif dans la moyenne!!"
Quelle perte! Quel manque de respect pour Hachem qui nous dote d'aussi belles capacités!!

<---->

Il n'y a pas d'humilité, sans conscience de sa grandeur.
L'estime de soi est la cartographie de mes capacités, qui sont les outils que D. m'a confié pour accomplir mon rôle sur terre.

Sans un inventaire complet de ces outils, nous ne pouvons pas tous les utiliser afin de faire de notre vie la plus belles des réalisations, qui nous suivra ensuite pour l'éternité dans le monde à Venir.
Quels regrets, et quelle honte nous risquons d'avoir pour avoir négligé notre propre valeur!

La vraie humilité, c'est être un gadol de soi-même (je réalise au maximum mes potentialités), et avoir conscience que cela est grâce aux dons permanents de Hachem (qui peut tout nous reprendre à chaque instant).
Avoir une vision où l'on n'est rien, où l'on n'a pas de valeur, c'est développer un orgueil de n'être rien, au même titre que certains ont un orgueil d'être tout.

<---------->

-> La conscience de sa valeur n'est pas contradictoire avec l'obligation d'être humble.
Quelqu'un qui pense mal de lui-même parce qu'il n'est pas conscient de ses forces, n'est pas un humble, mais un fou!

L'humilité est le fait de savoir au plus profond de soi, qu'absolument toute chose que l'on a, ne nous appartient pas. C'est plutôt un cadeau de D., qui déverse sa bonté sur nous.
Le plus une personne ressent que ce qu'elle a est un cadeau, le plus elle a d'humilité
[Rabbi Leib 'Hassman]

[Ainsi, l'humilité passe par une 1ere étape : être conscient de sa grandeur, et ensuite l'utiliser et l'attribuer à D.]

-> L'orgueil est positif lorsqu'il nous permet de reconnaître tous les trésors que Hachem a mis en nous, et qui n'attendent qu'à être exploiter.
L'orgueil devient négatif lorsqu'une personne demande aux autres de l'honorer.
[Rabbi Avraham Wolf]

-> Rabbi Sim'ha Zissel disait qu'il est faux pour un riche de se sentir supérieur aux autres grâce à sa richesse, et pour un pauvre de se sentir inférieur en raison de son manque d'argent.
Les 2 (richesse et pauvreté) sont des circonstances qui fournissent des tests, et ne sont pas le reflet de la valeur d'une personne.

[D. nous confie avec précision les outils adaptés à notre mission sur terre. S'ils sont plus importants qu'autrui ce n'est pas une source d'orgueil, mais de responsabilité à les utiliser pleinement.]

<------------------------------------------------------>

+ Une mauvaise utilisation de l'humilité est une faute :

-> Bien que l'humilité est un comportement essentiel, une personne qui n'est pas consciente de sa grandeur peut violer la Torah toute entière à cause d'une humilité mal placée.
[Rabbi Yérou'ham Lévovitz]

[Une personne qui ne sait pas dire non, ne saura pas dire non à son yétser ara.
Penser que l'humilité c'est avoir le moins d'estime de soi possible, c'est donner les clés de soi-même au yétser ara.]

-> Même l'humilité, la reine des traites de caractère, peut se transformer en un mauvais trait de caractère.
Si l'on est trop soumis, on prend le risque d'être influencé par de mauvaises personnes à faire le mal.
[Rav Dessler - Mikhtav méEliyahou]

[l'estime de soi est la muraille nous protégeant de mauvaises influences extérieures.
A l'inverse, si l'humilité nous conduit à nous voir comme un nul, un rien, alors nous n'avons pas de gêne à fréquenter ou à faire des choses nulles.]

<--->

-> "Chaque personne doit toujours 2 morceaux de papier dans sa poche.
Sur l’un, il inscrira : "Je ne suis que poussière et cendre."
Sur l’autre : "Le monde n’a été créé que pour moi."
Une personne doit avoir l'intelligence de lire chaque papier au bon moment."

[Rabbi Bounam de Psiskhé]

<--->

-> Malheur à une personne qui n'a pas conscience de ses fautes, car elle ne sait pas quoi corriger.
Mais doublement malheur à une personne qui n'est pas consciente de ses qualités, car il lui manque les outils nécessaires pour se corriger.
[rav Yérou'ham Lévovitz]

<------------------------------------------------------>

-> Le Ben Ich 'Haï enseigne qu'en terme de matérialité, on doit regarder les personnes qui ont moins que nous, et en terme de spiritualité, ceux qui ont plus que nous.

Selon la Torah, la jalousie se doit uniquement d'être constructive : ce que je vois en autrui doit m'inciter à grandir spirituellement.
A l'inverse, envier ce qui est extérieur à ma personne, ne va faire que générer des frustrations, de la haine.

Certaines personnes ont le besoin d'être la meilleure dans tous les domaines, sinon c'est un échec.
A l'image d'Haman, dont tout le royaume se prosternait devant lui, à l'exception d'une seule personne : Mordé'haï.
On est tous meilleurs dans certains domaines plutôt que d'autres. On est tous uniques.

C'est pour cela que l'on doit se comparer uniquement à nous-même : est-ce que je suis une bonne personne dans la réalité, par rapport aux potentialités que Hachem me donne?

Il ne faut pas être trop dur ou trop gentil avec nous-même : juste ce qu'il faut pour être constructif dans la joie!!

Ainsi, de la même façon que l'on doit se taper sur les doigts lorsque l'on agit pas comme on devrait, on doit savoir aussi se faire des compliments à soi-même, faire la fête, lorsque l'on réussit des objectifs (même petits!) que l'on s'est fixé.

En effet, c'est la capitalisation positive sur le passé qui nous donnera des forces pour accomplir la suite, selon le schéma : j'ai des objectifs -> je les réalise -> je suis très fier et content d'avoir réussi => j'ai la force pour de nouveaux objectifs et réalisations -> ...

<------------------------------------------------------>

+ Ne laissons pas nos erreurs nous voler notre estime de soi :

-> Si tu as fait une faute, il ne faut pas s'en sentir découragé et en perdre le sentiment que l'on est quelqu'un d'important, car il n'y a pas de plus grand danger.

Mais plutôt, après une transgression, renforce-toi et élève-toi au-dessus de cette faute.
Garde ton esprit focalisé sur ton grand potentiel, et peu importe le mal que tu as pu faire par le passé, tu as toujours la possibilité de t'élever.
[Rabbi Nathan Tsvi Finkel ]

-> Un élève de Rabbi Na'houm Zev Ziv s'est trompé dans la prononciation d'un mot au cours d'une répétition de la amida.
Une personne lui a immédiatement fait une remarque, et suite à cela il a perdu ses moyens et était très nerveux de s'être trompé.
Après la prière, Rabbi Na'houm lui a dit : "Comment peux-tu être aussi arrogant? Penses-tu être parfait au point de ne jamais faire d'erreur?"

[parfois, même de façon inconsciente, on se gâche la vie, car on a fait une erreur banale, que l'on va grandir à nos yeux au point qu'elle devient presque l'erreur de notre vie!

=> Il est important d'avoir conscience que notre valeur intrinsèque, n'est pas remise en question à chaque échec de la vie.
Le fait de tomber signifie uniquement que l'on avance, que l'on essaie des choses, et au contraire c'est positif! ]

<--->

-> Certaines personnes ont peur d'agir, en raison des éventuelles erreurs qu'elles risquent de commettre.
Elles renoncent à avoir un niveau supérieur, préférant ne pas se tromper.

Toute personne a l'obligation de se développer au maximum de ses capacités.
[Même] La personne la plus simple a en elle les potentialités pour la grandeur, pour peu qu'elle exploite ce qui a en elle.
[Rabbi Yossef Leib Bloch - Shiouré Daat]

[le yétser ara cherche en permanence à nous faire oublier nos immenses potentialités, pour ne pas que nous les exploitions en bien.
Utilisons ce que Hachem nous donne, et nous verrons à quel point il y avait des trésors en nous!]

<----------->

-> "La tristesse qui suit la faute est pire que la faute elle-même.
Davantage qu’il n’espère t’amener à fauter, le yétser ara guette ce sentiment de tristesse que tu ressentiras après la faute."
[le ‘Hozé de Lublin]

-> Un rabbin a un jour fauté pendant le jour de Kippour en arrachant par mégarde un poil de sa barbe.
Il a alors dit tout sourire au yétser ara : "Tu m’as eu une fois par la faute, tu ne m’auras pas une 2e fois par la culpabilisation, par la tristesse, car pour la faute, il suffit que je fasse une téchouva sincère pour m’en débarrasser."

<--->

-> Le verset dit : "Écarte-toi du mal et fais le bien" = Car quand un homme veut faire le bien, le mauvais penchant vient lui présenter toutes les fautes et tout le mal qu'il a commis pour le décourager de faire des bonnes actions.
Aussi, le conseil est : "Écarte-toi du mal" et n'y prête aucune attention, comme
si tu n'avais commis aucune faute. Grâce à cela, "Fais le bien". Cela t'encouragera à faire le bien.
[Beit Avraham]

<------------------------------------------------------>

+ Education des enfants & Estime de soi :

-> "La façon d'éduquer les plus jeunes, est de les élever en soulignant la grandeur qui peut devenir leur, s'il utilise leur potentiel."
[Rav Yé'hezkel Levenstein]

[L'objectif principal d'un enseignant est de transmettre de la confiance en soi et de l'estime à ses élèves, en montrant qu'en utilisant ses dons uniques, il peut devenir un grand personnage de l'histoire juive.

Plus généralement, nous avons tous tendance à être plus bavard lorsqu'il faut critiquer, faire des reproches à autrui, mais on considère comme normal la situation inverse.
Or, un des plus grands actes de bonté, est le fait de trouver ce qu'il y a de positif en l'autre, et de l'en féliciter, car cela va lui redonner de la vie, en lui insufflant un flux d'optimiste, d'estime de soi.
(Si untel dit que je suis quelqu'un de bien, c'est que c'est surement vrai. Je dois donc agir en conséquent.)

La vie est la mort sont au pouvoir de la langue.
Mes quelques mots à mon prochain, vont en faire une personne nouvelle, regonflée à bloc pour réussir sa vie!]

Lorsqu'une personne atteint l'état de "néant" (ayin) et s'attache ainsi à D., la source de la vie, elle est imprégnée de la vitalité divine.
[ en nous vidant de notre égo, nous nous ouvrons à la vitalité divine. Cette vitalité est la source ultime du bonheur, puisque le bonheur n'est que l'exubérance que nous ressentons d'être en vie. Ainsi, paradoxalement, plus nous sommes concentrés sur D. et moins nous sommes concentrés sur nous-mêmes, plus nous sommes joyeux. ]

À travers la personne, la vitalité divine atteint ce monde, et cette vitalité divine élève alors la conscience du monde jusqu'à D., le Maître de tout, de sorte que tout s'attache à D.
[ ainsi, plus nous nous rapprochons du "néant" (de notre égo, au profit) de la conscience divine totale, plus nous répandons la conscience divine sur tous ceux avec qui nous sommes en contact. ]

L'humilité engendrée par la réflexion sur la grandeur d'Hachem [ex: comme lorsqu'on se prosterne avec kavana devant Hachem dans notre prière], permet de comprendre sa propre bassesse et d'atteindre la conscience du "néant" (ayin). Grâce à cette dynamique, tous les jugements Divins sévères sont "adoucis", c'est-à-dire transformés en faveur Divine.

[rabbi Lévi Its'hak de Berditchev - Kédouchat Lévi - Vayéra 21,6]

Quelques avantages des mitsvot

+ Quelques avantages des mitsvot (Introduction du Méam Loez (tome n°17) - Dévarim) :

1°/ Celui qui réalise les mitsvot fait résider la Présence Divine (ché'hina) sur terre.
La bénédiction régnera sur toutes choses, et ceci réjouira le monde entier.
Même les réchaïm seront bénis par le mérite des tsadikim qui observent les mitsvot.

En Haut, il existe un lieu particulier où résident des anges armés qui protègent Israël des nations du monde. Lorsque les non-juifs promulguent de mauvais décrets contre le peuple juif, ces anges les punissent.
Ils protègent Israël par le mérite de son empressement à accomplir les mitsvot.

Si les juifs sont négligents dans l'observance des mitsvot, D. nous en préserve, d'autres anges sont prêts à voler à l'aide des nations du monde lorsqu'elles émettent des décrets préjudiciables contre Israël.
Ils brisent le pouvoir du mazal d'Israël afin que les nations puissent les vaincre. Ils détruisent également la force des anges qui veulent faire du bien à Israël.
La Présence Divine quitte alors le peuple juif et la terre est maudite de toutes les façons possibles.
Une force de destruction règne alors dans ce monde et cause de graves dommages. Alors, l'univers ne connaît plus de joie.

<--->

2°/ Même lorsque D. émet un mauvais décret, le tsadik est capable de l'annuler grâce aux mitsvot qu'il accomplit.

3°/ Aucune mauvaise nouvelle n'est annoncé d'en-Haut, car il est écrit : "Celui qui observe les mitsvot ne connaîtra pas de mal" (Kohélét 8,5).
En d'autres termes, celui qui accomplit les misvot et attend avec impatience le moment de les réaliser ne connaîtra rien de mal.
D'en-Haut, il ne lui sera annoncé que de bonnes nouvelles.

<--->

4°/ L'homme qui observe les mitsvot aura une longue vie.

Il ressemble à un homme qui se noie et auquel un ami lance une corde.
"Saisis cette corde et ne crains rien!" lui crie-t-il. Celui qui accomplit les mitsvot ressemble à un homme qui s'accroche à une corde. Il n'a pas à craindre la mort.

Il est écrit : "Vous qui êtes attachés à Hachem votre D., vous êtes tous vivants aujourd'hui" (Dévarim 4,4).
Si vous êtes attachés à Hachem votre D. et que vous observez Ses mitsvot, vous vivrez longtemps.
[...]
D. aime tant les juifs qu'Il les entoure de bonnes actions. Partout où nous allons, nous trouvons des mitsvot à accomplir.

<--->

5°/ Si un juif observe une mitsva dans un but désintéressé et sans motifs ultérieurs, la Présence Divine se reflète sur son visage et les gens acceptent ses paroles.

De plus, quiconque le regarde est empli de crainte. Même les animaux le craindront et ne s'approcheront pas de lui.
Lorsque Daniel a été jeté dans la fosse aux lions, les bêtes ne se sont pas approchés de lui pour lui nuire.

Cependant, si un homme est plongé dans la faute, l'image Divine disparaît de son visage. Comme la Présence Divine l'a quitté, personne ne le craint.
Lorsqu'il fait des remontrances, ses paroles ne sont pas écoutées.
Même les bêtes sauvages ne le craignent pas : à leur yeux, il est semblable à un animal et elles pourraient le tuer et le dévorer comme l'un des leurs.

<--->

6°/ Le mérite des mitsvot protège l'homme de tout mal.

Même si un décret néfaste a été émis contre lui en Haut, une mitsva qu'il a accompli peut le soutenir, sur le moment et dans le futur.
Les mitsvot sont donc comparables à un bouclier : comme un bouclier protège l'home des flèches pendant le combat, les mitsvot qu'un homme a accomplis le protègent des malheurs décrétés en Haut.

Cette personne ressemble à un arbre possédant peu de branches mais de nombreuses racines.
Si touts les vents du monde soufflent, ils n'arriveront pas à l'arracher car les racines qui plongent dans les profondeurs du sol sont très solides.
De même, l'homme qui observe les mitsvot n'a pas à craindre les [mauvais] décrets célestes.
[...]

En plus de cela, D. ne le laissera pas en venir à la faute.

Imaginons une personne qui avance dans un lieu obscur et qui redoute de se blesser sur des épines et des ronces.
Si elle tient une lampe, elle peut marcher sans crainte là où elle désire.
Les mitsvot ressemblent à une lampe, comme il est écrit : "La mitsva est une lampe et la Torah est lumière" (Michlé 6,13).
Les mitsvot illuminent la voie de l'homme afin qu'il n'en vienne pas à fauter.
[...]

L'homme qui accomplit les mitsvot à la perfection, par amour et non par crainte de la punition, mais simplement parce que D. les a ordonnées et qu'il ne faut pas désobéir à Ses ordres, possède une valeur très grande. Le mérite des mitsvot le protégera pendant 2 000 générations, car il est écrit : "[D.] accomplit des actes de bonté pendant 2 000 générations pour ceux qui L'aiment et qui accomplissement Ses mitsvot" (Dévarim 7,9).

Cependant, pour ceux qui accomplissent les mitsvot par crainte [d'être punis], D. n'agit avec bonté que pendant 1 000 générations.

<--->

7°/ L'homme qui observe les mitsvot est si cher à D. qu'Il dit de lui : "Le monde entier n'a été créé que pour cet homme".

Le seul but de la Création était de créer un homme juste qui observe les mitsvot ... Les anges eux-mêmes n'ont été créés que pour prodiguer le bien à cet homme. Par conséquent, les hommes justes sont plus importants que les anges.

<--->

8°/ Chaque fois qu'un homme accomplit une mitsva, un ange est créé.
Cet ange prend sa défense et dit : "J'appartiens à cet homme qui m'a créé en observant tel et tel mitsva".
Hachem garde cet ange en face de Lui et le regarde afin de faire du bien à l'homme.
[...]
Cependant, le contraire est vrai aussi. Chaque fois qu'un homme commet une faute, un mauvais ange est créé.
Il se présente devant D. et dit : "J'appartiens à tel homme. J'ai été créé par telle faute qu'il a commise".
D. tient cet ange et le regarde afin de se souvenir de cet homme et de le détuire.
[d'où l'importance de rapidement faire téchouva sur nos fautes]

<--->

9°/ Il faut savoir qu'avant de venir dans ce monde-ci, l'âme se trouve, certes au Gan Eden, mais elle ne peut ni voir ni goûter l'éclat de la Présence Divine qui est extrêmement intense.

Cependant, après être descendue en ce monde, chaque bonne action que l'homme a accomplie devient un vêtement pour son âme.
Grâce à cet habit, l'âme est capable de percevoir l'éclat de la Présence Divine.
Si un homme contemplait le soleil, il deviendrait aveugle, mais s'il le regarde en protégeant ses yeux d'un tissu, cela lui devient possible.
[ainsi, nous devons aborder chaque mitsva comme une opportunité de pouvoir davantage percevoir Hachem dans l'éternité du monde à venir.]

<---------->

-> b'h,lire également : https://todahm.com/2020/07/20/14162/

"Devant l'infinité de D., le saint le plus élevé et l'homme simple le plus bas sont égaux"

[rabbi Ména'hem Mendel de Vitebsk]

<--->

-> Nous savons tous que D. a créé le monde ex nihilo, à partir du néant.
Nous disons qu'Il a créé quelque chose à partir de rien (yéch méAyin).

Un tsadik fait exactement le contraire. Il transforme quelque chose en rien (ayin miyéch).
Il asservit tous les attributs à D., comme l'a fait le roi David lorsqu'il disait : "A Toi Hachem appartiennent la grandeur, la puissance, la gloire, l'autorité et la majesté" (Divré haYamin I 29,11).
Le tsadik les retourne à leur racine où elles sont absorbées et dissoutes.

[rabbi Ména'hem Mendel de Vitebsk - Pri Haarets - Béréchit]

[plutôt que d'abreuver son égo (en ramenant tout à nous), il faut reconnaître la véritable origine première de toute chose!]

<--->

-> Le rabbi Aharon de Karlin (Birkat Aharon) écrit de même :
"Hachem a créé le monde de matière à partir de rien.
Un tsadik créé le rien à partir de la matière ; il purifie [alors] le monde physique, pour le transformer en spiritualité."

Notre relation avec la matérialité (1ere partie)

+ Notre relation avec la matérialité (1ere partie) :

-> "La raison pour laquelle les gens sont à la recherche de plaisirs, est pour dissiper la tristesse résultante de l'obscurité de notre matérialité brute"
[Rav Aharon Kotler - Intro - Michnat Rav Aharon]

[on est toujours à la recherche de ce que nous n'avons pas, pour combler le vide qui est en nous parce que nous ne nourrissons pas notre âme de sa spiritualité vitale à son épanouissement.]

Le rav Akiva Eiger déclarait : "La joie de plonger dans la Torah de Hachem : c'est la joie ultime qu'on peut atteindre dans ce monde!"

-> Le culte de l'argent, comme le culte des idoles, provient d'un manque de confiance en Hachem.
Le plus il est déraciné, le plus le monde rayonne de la bénédiction de Hachem.
[Rabbi Na'hman de Breslev]

-> Nous ne pouvons pas vraiment aimer l'argent, car l'argent ne peut pas nous aimer en retour.
Il vient et va d'une poche à l'autre.
Les gens convoitent simplement l'argent, et c'est pour cela qu'ils ne sont jamais satisfaits.
[Rabbi Meïr d’Apt]

-> Rav Yé'hezkel Levenstein dit : "Je n'ai jamais été attaché aux préoccupations matérielles, et quelle belle vie j'ai pu mener dans ce monde!"
Il explique que si l'on veut atteindre de hauts niveaux spirituels, on doit maîtriser le trait de se satisfaire de son sort avec peu.

-> Selon le Ramban (paracha Kédochim), un épicurien est "un racha dans les paramètres de la Torah"
[certes on respect la loi juive, mais pas son état d'esprit latent!
Dans le matériel, tout ce qui ne permet pas une amélioration de notre service de Hachem ne doit pas être recherché!]

<--->

-> "Hachem veut que nous profitions des plaisirs du monde physique. Mais c'est une erreur de faire du matérialisme une fin en soi."
[rav Noa'h Weinberg]

-> "En t’écartant de ce dont tu n’as pas besoin, tu parviendras à obtenir ce dont tu as vraiment besoin."
[Rabbi Chlomo Ibn Gabirol]

-> Les excès de plaisirs matériels totalement débridés ont pour conséquence de renforcer notre yétser ara, et de lui permettre de contrôler une personne, la rendant esclave.
[Rabbénou Yona - Chaaré Avoda]
Chaque personne doit se connaître avec sincérité, et savoir ce qui est considéré comme vraiment nécessaire à ses yeux.

-> Lorsque l'homme suit les désirs de son cœur, la matière domine son intellect et aveugle sa raison, or un aveugle est considéré comme un homme mort.
[Méam Loez - Nitsavim 30,6]

-> Combien est agréable ce monde si nous n’y sommes pas soumis, et combien il est difficile sinon.
[Rabbi Barou’h de Mezhibuzh]

-> Certes nous devons répondre à nos besoins physiques, puisque sinon il serait impossible de vivre. Cependant, nous n’avons pas besoin de sans cesse en parler.
[l’Alter de Novardok]

-> "En fonction de ses possessions matérielles, les hommes se glorifient et pensent être importants. Ils ont fait de leur estomac un dieu, de leur habit une Torah, et de l'amélioration de leur maison une moralité."
['Hovot haLévavot]

-> Rabbi 'Haïm de Volozhin fait remarquer qu'une personne qui possède une petite fortune, va ressentir que ses opinions sont importantes, et va parler avec une confiance absolue.
Il faut que Hachem (qui a donné, et qui peut tout reprendre) soit toujours devant nous (cf. Téhilim 16,8), et non pas notre richesse, car sinon on en vient à être ébloui par notre réussite, oubliant notre totale dépendance à D. et érigeant notre "égo" en dieu (j'ai fait, j'ai réussi, je suis, ...).

-> Le désir pour la richesse emprisonne une personne pour la vie et l'enchaîne avec une faim jamais satisfaite pour elle.
Cela va lui retirer toute sa moralité et ses obligations religieuses.
[...]
Le plus d’efforts une personne mettra pour reconnaître l’insignifiance de la matérialité, le plus facile il lui sera de purifier ses pensées.
[le Ramh’al - Rabbi Moché ‘Haïm Luzzato]

-> La richesse peut être extrêmement dangereuse.
En effet, trop d'attaches avec ce monde peut mener à l'hérésie, que D. nous en préserve.
[Rav Yé'hezkel Levenstein]

<--->

-> Plus on persévère dans la Torah et les mitsvot, plus on les aime.
Mais plus on persiste dans les plaisirs matériels, plus on les trouve (la Torah et les mitsvot) répugnantes.
[Ben Ich 'Haï - (בן איש חיל ד - זכור תרל"ב)]

<--->

-> Lorsqu'une personne satisfait continuellement ses désirs, elle renforce son yétser ara.
Lorsqu'elle exerce une maîtrise de soi, son yétser ara diminue.
[Séfer ha'Hinoukh]

<--->

-> Lorsqu'un homme aime quelque chose ou quelqu'un et le désire fortement, il y pense tout le temps.
Il se lève alors avec en tête, son amour et son désir, et il se couche également avec la même idée qu'il aimerait atteindre.
Celui qui se comporte ainsi avec la matérialité, la désire et y pense tout le temps, en espérant s'en délecter, a annulé la mitsva d'aimer Hachem.
Celui qui agit ainsi avec Hachem Lui-même a accompli la mitsva."
[Séfer ha'Hinoukh - concernant la mitsva : "d'aimer Hachem"]

<--->

-> Le Baal Chem Tov a affirmé qu’il peut arriver que quelqu’un étudie la Torah et accomplisse les mitsvot sans pour autant ressentir de crainte de D. ni d’élévation dans le service Divin. Il l’attribue au fait qu’en se levant le matin, la personne en question place ses besoins et ses désirs avant la volonté de D.
En commençant sa journée dans la matérialité, elle perd la capacité de se vêtir d’un habit spirituel qui est la crainte Divine intérieure.

<--->

-> Lorsque vous donnez votre cœur à Hachem, votre avodat Hachem devient l'essence première de votre vie, avec tous les autres sujets qui deviennent secondaires par rapport à cette ambition.
[Mé haChiloa'h - Béréchit]

[nous devons faire en sorte que Hachem soit Un (é'had) à nos yeux, et pour cela nous devons Lui donner tout notre coeur (sans en même temps avoir pleins d'autres sujets matériels qui viennent détourner, amoindrir, notre lien avec Lui [notre coeur étant aussi pris par des choses attirantes de ce monde,]). ]

<--->

+ Par respect pour Hahem :

-> "Comment puis-je vivre confortablement tandis que la présence divine et en exil, et que la Maison de Hachem n'est pas reconstruite ?"
[rav Yossef 'Haïm Sonnenfeld]

-> Dans la maison du 'Hafets 'Haïm, on s'asseyait sur des bancs, et il disait à ce sujet : "Tellement de personnes peuvent s'asseoir sur un banc qui a 2 pieds, pourquoi alors une seule personne devrait s'asseoir avec 4 pieds?
La Chaise de Hachem est incomplète, pendant notre époque d'exil!"

-> Le rav Yéhochoua Leib Diskin vivant dans un 2 pièces très simples, montrant par la fenêtre le mont du Temple désolé, il disait : "Un serviteur n'a pas besoin de demander davantage que son maître (Hachem). "

<------------------>

+ Le Pidiyon haBen :

-> Lors du rachat d'un 1er né (pidiyon haben), le Cohen demande au père : "Qu'est-ce que tu préfères : ton enfant ou bien les 5 sélaïm [pièces]?"

=> Quel père va répondre en public devant tous ses proches : je préfères quelques pièces à mon fils?

En réalité, selon le rav de Poniovitch, l'idée est de faire réfléchir le père sur ses priorités dans la vie.
Est-ce qu'il va préférer "sacrifier" son fils pour amasser le plus d'argent possible (se donnant bonne conscience en lui achetant des cadeaux)?
Ou bien va-t-il fixer comme priorité l'épanouissement de son enfant selon ce qu'il est (et non ce que le père aimerait qu'il soit!), le guidant sur le bon chemin et le comblant d'amour?

[un exemple de reformulation de cette question peut être : est-ce que tu préfères donner de l'écoute/de l'affection à ton enfant ou bien être sur ton téléphone, ordinateur?]

-> Le désir pour l'argent est plus important que toute autre attirance matérielle, puisque c'est la seule qui est insatiable.
Il y a une limite à ce qu'une personne peut manger, et au nombre de fois où l'on peut commettre un faute terrible, mais il n'y a pas de limite concernant la quantité d'argent que nous pouvons accumuler.
La quête de richesse peut devenir la plus grande des obsessions, et trop souvent, les enfants sont le prix à payer à cette course vers la richesse.
[rav Tsadok haCohen de Lublin]

<------------------>

+ Adam - L'essence d'un juif :

-> Le Ach Pri Tévoua rapporte qu'en hébreu, les termes caractérisant un être humain (une personne) ont tous un singulier et un pluriel.
Ainsi, on a :
-> Ich (איש) qui est singulier ; et anachim (אנשים) qui est pluriel ;
-> guéver (גבר) qui est le singulier ; et guévarim (גברים) qui en est le pluriel.
-> Seul le mot: Adam (אדם) n’existe qu’au singulier.

Nos Sages (guémara Yébamot 61a) nous enseignent que c’est seulement le peuple juif qui est appelé : adam (אדם), car ce n’est que parmi le peuple juif qu’il existe un sentiment intrinsèque d’unité, qui conduit au fait que toutes les individualités de la nation se fusionnent en une seule, unifiée.

-> Le Chla haKadoch (paracha Béréchit) fait remarquer que le 1er homme s’appelle : Adam (אדם). [allusion plus généralement au juif, comme on vient de le voir b'h]
Habituellement, on explique ce nom, comme lié à : "adama" (la terre – אדמה), puisqu’il a été créé à partir de la terre. [matérialité]
Cependant, ce mot est également lié au mot : "Je serai l’égal du Très-Haut" (adamé lééli’on – אֶדַּמֶּה, לְעֶלְיוֹן – Yéchayahou 14,14), qui décrit le désir de l’homme d’être similaire à Hachem. [spiritualité]

=> Ainsi, un être humain juif a le choix entre soit être similaire à la poussière de la terre, ou bien s’il se travaille il peut ressembler à D.

-> Le terme : "Adam" (אדם), désigne le juif accompli.
Il est la fusion du de
- la lettre "aléph" (א), symbole du 1, l'aspect Divin de l'homme ;
- et du mot "dam" (sang - דם), allusion au côté corporel et physique de l'homme.
Par conséquent, Adam (renvoyant au juif) est une personne dont le "aleph", qui représente les aspirations spirituelles, précède et domine son : "dam", ses bas instincts [naturels et matériels].

Cela implique également que nous devons respecter notre prochain juif en zoomant sur son élément "aléph", l'étincelle Divine en lui, tout en dézoomant ses aspects corporels : ses défaillance et faiblesses de la chair [propres au fait d'être humain].
[en ayant un regard plus spirituel que matériel, nous en arrivons à aimer pleinement notre prochain! A vouloir le meilleur pour nous même, en restant focalisés sur le Véritable objectif de notre vie!]
[d'après le Tiférét Chlomo (rabbi Chlomo Rabinowitz de Radomsk)]

-> 45 est la valeur numérique du mot Adam (homme – אדם) et également du mot : "ma" (Quoi? Que suis-je? - מה) :
[En ayant toujours ces questionnements en tête, nous n'en venons pas à oublier Hachem, noyés dans la matérialité et notre train-train quotidien.
Notre vie a une finalité, nous devrons rendre compte à D. de chacune des capacités, occasions, ... que nous avions en notre possession!]

-> Une "personne" [juif] se dit en hébreu : Adam (אדם).
Si l’on écrit pleinement chacune des lettres de ce mot, on a :
-> le א = aléph = אלף ;
-> le ד = dalét = דלת ;
-> le מ = mém = מם
Lorsque l’on garde de ces lettres uniquement celles qui ne sont pas présentes dans le mot Adam (אדם), on peut former le mot : mitpalel (מתפלל), mot qui caractérise une personne qui prie.
[issu d’un dvar Torah du rav Daniel Abdelhak]

=> Ainsi, l’homme, dans son essence, dans son intériorité, a été créé pour prier, se tourner vers D.

[la matérialité n'est qu'un moyen au service de l'essentiel. En effet, le plus important n'est pas d'obtenir l'objet de notre prière, mais plutôt le rapprochement avec D. qui en résulte, puisqu'ayant mis en Lui tous nos espoirs!]

<--->

-> Qui est appelé "Adam"? Seul Israël est appelé Adam et non les nations du monde. (guémara Yébamot 61a)
Rabbi 'Haïm Vital ajoute : car les Bné Israël ont leurs racines implantées dans le Nom Divin : יוד הא ואו הא, dont la guématria est aussi celle du nom Adam : אדם, soit 45.

<--->

-> "Alors que l'homme est désigné généralement pas un de ces 4 noms : ich, énoch, guéver, et haAdam, qui incluent : les juifs et les non-juifs, le nom Adam désigne exclusivement l'homme juif, d'après le verset : "Vous, Mes enfants, vous êtes désignés Adam" (Yé'hezkel 34,31)."
[Tossefot - guémara Yébamot 61a]

-> Le Maharal (Nétsa'h Israël - chap.10) enseigne :
"A la Création du monde, Adam a été créé en dernier, après toutes les autres créatures minérales, végétales et animales.
Adam vint donc parfaire la Création et devint ainsi la créature essentielle de l'existence dans le monde, jusqu'à la sortie d'Egypte.
A ce moment, la naissance du peuple juif devint la dernière création de Hachem et devint alors, au sein de l'humanité, le peuple essentiel dans le monde (am ségoula), puisqu'aucune nation n'a été créé après ce peuple.
Même les grandes nations, mentionnées avant la sortie d'Egypte telle que Amon, Moav et Essav ont précédé la Nation d'Israël. Cela justifie la dénomination Adam réservée aux Bné Israël."

[du fait de sa stature plus élevée, le peuple juif ne peut pas avoir la même relation avec la matérialité que les autres nations environnantes. Alors que chez eux la matérialité peut constituer une fin en soi, pour les juifs elle n'est qu'un moyen à disposition afin de rendre réel une finalité bien plus élevée.]

<--->

-> Lorsqu'un esclave se fait percer l'oreille (matérialisant le désir du serviteur de servir pour toujours son maître), il est amené devant la porte ou le montant de la porte où l'on lui perce l'oreille.
Nos Sages (Kidouchin 22b ; Rachi Michpatim 21,6) demande en quoi la "délét" (la porte) et la mézouza (le montant de la porte) sont différents des autres choses de la maison? Pourquoi sont-ils utilisés au cours de ce processus?

Hachem a déclaré que la porte et le montant de la porte étaient des témoins lorsque [au moment de la plaie des premiers-nés] Il est passé sur le linteau et les montants des maisons juives en Egypte, et qu'Il a dit "ki li bné Israël avadim avadé hém" (Béhar 25,44 - ils sont Mes serviteurs et non des serviteurs de serviteurs).
Pourtant, ce juif s'est trouvé un autre maître (que Hachem). C'est pourquoi qu'il se fasse donc percer l'oreille devant ces objets (porte et mézouza).

-> La guémara (Yébamot 61a) enseigne que nous sommes appelés adam par opposition aux non-juifs, comme il est dit : "adam atèm" (Yé'hezkiel 34,31).

Le terme : adam (אדם) est l'acronyme de : ozèn (oreille), délét (porte) et mézouza. En effet, cela indique indique que nous sommes des serviteurs d'Hachem (à l'image du serviteur qui se faisait percer l'oreille (ozen) devant la porte (délét) ou le montant de la porte (mézouza) - cf. Michpatim 21,6).
[ainsi, à la différence d'un non-juif, un juif doit constamment se rappeler qu'il a la chance d'être le serviteur du Roi des rois (Hachem), en plus d'en être son fils adoré. (avinou, malkénou)]

Le simple fait de pratiquer la Torah et les mitsvot ne signifie pas nécessairement que quelqu'un s'attache à Hachem. Pensons-nous consciemment à Hachem tout au long de la journée?
Le Rambam (Hilkhot Béra'hot 1,3) écrit que les Sages ont institué les bénédictions : "pour se souvenir constamment d'Hachem".
[la Mezouza sur la porte symbolise la conscience active de la présence de D., comme l’affirme le Rambam dans son Michné Thora : "On se doit d’être attentif [au propos de la] mézouza, car c’est une obligation qui incombe en permanence à tout un chacun : à chaque fois que l’on entrera et que l’on sortira [de chez soi], on rencontrera l’unité d'Hachem et on se souviendra de son amour pour Lui ; on se réveillera de son sommeil et de son quotidien dans les vanités du temps, et l’on prendra conscience que rien d’autre que la connaissance du Créateur du Monde ne dure éternellement."
La mézouza est fixée à la porte qui est le passage à travers lequel on entre dans son domicile et à travers lequel on le quitte. Symboliquement, on prend avec soi les enseignements divins qu’elle contient partout où l’on se rend. Notre Torah n’est pas vouée à être reléguée aux étagères d’une bibliothèque ou seulement aux lieux d’étude ou encore au statut de simple exercice intellectuel. Elle est à tout moment un facteur de notre vie et toutes nos actions sont guidées par la conscience que "Hachem notre D. est Un" (Dévarim 6,4), comme il est écrit dans la mézouza. ]

Cette leçon peut être tirée du : ozen, delet, et de la mezuza, car c'est grâce à eux que nous pouvons nous rapprocher d'Hachem. [cette conscience que notre Maître n'est pas notre égo, mais Hachem. Et la joie et fierté d'être dans la Vérité, d'avoir l'honneur de Le servir (conséquences éternelles), alors que les non-juifs font des choses futiles/éphémères. ]
C'est ainsi que le Ben Ich 'Haï (Ben Yéhoyada - Kidouchin 22b) interprète : "ézéhou 'hakham ha'lomèd mikol adam" = celui qui apprend d'adam (אדם) [référence à : ozen, délet, mézouza], est une personne sage.

<------------------------->

-> Le Maharal enseigne (Nétsiv Issourine - chap.3) :
"L’homme a un profil avant et profil arrière, on peut le voir de face et on peut le voir de dos, à la différence de beaucoup d’autres créatures.
En effet, cela fait allusion au fait qu’Hachem a ancré dans l’homme deux mondes : tout à fait opposés l’un à l’autre.
La lumière du visage et de la face de l’homme fait allusion au monde futur qui est ancré en lui.
Le côté froid obscur et matériel de ce monde-ci est incarné par le dos de l’homme et par sa nuque.
L’homme n’est pas vraiment reconnaissable de dos, de même qu’il n’est pas différenciable par son aspect corporel.
C’est dans son aspect spirituel qu’il se différencie des autres, qu’il est libre, infini, unique et cela est incarné par son visage qui se dit panim et fait allusion au pnim (intériorité) de l’homme."

[Lorsque l’homme suit les conseils de son yétser ara sur terre et qu’il s’assujettit aux désirs de ce monde-ci, autant que les non-juifs et que les animaux le font, il s’attache en réalité à une partie extrêmement superficielle de son être qui dans notre métaphore pourrait être appelé son dos.
Le racha s’occupe tellement de cette partie obscure et matérielle de son être qu’il peut en arriver à en oublier complètement l’existence même de son visage (panim) qui est la métaphore de son pnim (intériorité).]

Notre relation avec la matérialité (2e partie)

+ Notre relation avec la matérialité (2e partie) :

-> Ne gâchez pas votre énergie à courir après le luxe, il vaut mieux l'utiliser pour profiter de ce que l'on a déjà.
[Rambam - Iguéret haMoussar]

<--->

-> "Le manque et l'insatisfaction chez l'homme sont proportionnels à [son] attrait pour le matériel"
[Maharal - Nétivot Olam]

<--->

-> "Telle est la voie qui mène à la Torah : de pain et de sel tu te nourriras, de l’eau avec mesure tu boiras, sur le sol tu dormiras, une existence de peine tu vivras, et dans [l’étude de] la Torah tu te dépenseras.
Si tu agis ainsi, tu es heureux et tu t’es acquis le bonheur.
Tu es heureux : dans ce monde-ci ; tu t’es acquis le bonheur : dans le Monde Futur."
[Pirké Avot 6,4]

=> On peut comprendre que l'on aura une récompense dans le monde à venir, mais en quoi cela nous garantit une vie heureuse dans ce monde?

-> Le Sfat Emet répond qu'il s'agit d'une personne qui est contente quoiqu'elle puisse avoir (même le minima), sans avoir de demande particulière.
[ce que j'ai réellement besoin, c'est ce que Hachem a déjà mis en ma possession.]

-> Le Ramban explique qu'on ne garantit pas à une personne qui craint Hachem d'avoir tout le bien du monde, mais ce sentiment de manquer de rien.
Une telle personne est satisfaite de son sort, du coup il ne lui manque rien!

A l'inverse, chez quelqu'un d'autre, qui ne place pas sa émouna en D., il sera toujours dans une situation de manque, et d'une certaine façon même si il a énormément de richesses, il sera beaucoup plus pauvre que l'autre, puisque lui manquant tellement!

[ => avec la émouna, on apprécie ce que l'on a (puisque fait sur mesure par Hachem), tandis que sinon, on apprécie ce que l'on n'a pas, entraînant une tristesse à l'évocation de ce que l'on a (quoiqu'il puisse avoir, il pensera : il me manque tellement!)!]

<--->

-> "Pourquoi est-ce que les fêtes à Bavél étaient tellement joyeuse?
Car ses habitants étaient pauvres"
[guémara Shabbath 145b]

Le ‘Hatam Sofer explique que c’est également parce que les riches ont tellement de soucis, d’inquiétudes, comme il est écrit : "l’abondance de biens entraîne l’abondance de soucis" (Pirké Avot 2,7).
Pour cette raison, il est plus dur pour les riches d’être joyeux au moment des fêtes.

<--->

-> La guémara ('Haguiga 9b) dit que la pauvreté (caractérisée par des manques) sied bien à Israël, car dans cet état, leur cœur est brisé et ils ne comptent que sur Hachem pour combler leurs manques, s'attachant ainsi davantage à Lui.
[drachot rabbi Iben Cho'im]

-> "Toute année qui commence dans la pauvreté [de l’égo] finira dans la richesse"
[guémara Roch Hachana 16b]

Rabbi Leib ‘Hassman (Ohr Yahel) enseigne que le principe de base de notre conduite à Roch Hachana, dans notre prière et nos supplications, est que nous devons exceller dans le métier de mendiants, et plus un homme s’humiliera, plus il sera digne de louanges, comme nos Sages l’on dit : "Plus l’homme s’abaisse, plus son esprit est grand" (guémara Roch Hachana 26b).

Les Tossefot explique : Si les enfants d’Israël se sentent véritablement pauvres en début d’année, leur cœur est alors brisé, et depuis le Ciel, on aura pitié d’eux pour les sortir de cet état de pauvreté et les "enrichir".

-> "Lorsqu’un juif reconnaît que son seul espoir réside en D., qu’il s’en remet uniquement à Lui, alors cette dépendance vis-à-vis de son Créateur lui donne le mérite que ses requêtes soient agréées."
[Rav Chlomo Levinstein]

-> Le Ben Ich 'Haï fait remarquer : "D’où (méayin – מאין) viendra mon aide?" (Téhilim 121,1).
Mon aide viendra de : אין (ayin – rien). [מ : signifiant : de]
=> Si je me considère comme rien (à l'image d'un mendiant qui a besoin même du minimum vital!), si je reconnais mon manque de valeur, c’est de là que viendra mon aide de Hachem.

<--->

-> "Il est très facile au pauvre de s'en remettre à Hachem. A qui d'autre voudriez-vous qu'il se confie?
Mais qu'il est difficile au riche d'avoir confiance en Hachem. Toute sa fortune est là qui lui cire : 'Fie-toi à moi' "
[rabbi Moché Leib de Sassov]

-> Le défaut du pauvre? Il s'imagine que la richesse va le sortir de sa détresse!
[rabbi Ber de Radochitz]

<--->

-> Si les riches n'ont pas honte de leur richesse, pourquoi les pauvres auraient-ils honte de leur pauvreté?
[rabbi Naftali de Ropshitz]

<--->

-> Rabbi Nissim Yaguen (Nétivé Or) enseigne :
"Lorsque nous voulons convaincre un enfant de bien étudier ou de faire ses devoirs, on lui promet une récompense : une friandise.
Chaque homme sensé sait bien que la friandise n'est pas un but en soi, mais le moyen d'encourager l'enfant à s'investir dans ses études. Lorsque l'enfant pense à la récompense promise, il étudie avec joie et fait facilement face aux difficultés.

Dans ce ce sens, nous devons nous rappeler que les plaisirs de ce monde, ne sont en quelque sorte qu'une friandise pour nous encourager à accomplir et acquérir des mérites éternels.
Tous les plaisirs et les profits n'ont été conçus qu'en tant que moyens pour servir Hachem, mais en aucun cas, ils n'ont de réelle valeur.
La valeur de tous les profits de ce monde, n'atteint pas un millionième du plus petit profit du monde futur.

[...]

En réalité, la chose qui nous pousse à toujours vouloir plus, dans la spiritualité comme dans la matérialité, a été enfouie en nous par Hachem, pour notre bien.
Hachem a fait l'homme avec une nature à aspirer à toujours plus, pour que toute sa vie, il ambitionne d'atteindre des niveaux supérieurs, plus élevés, qu'il ne se suffise jamais de ce qu'il a obtenu, qu'il aspire sans cesse à une plus grande perfection.

En ce qui nous concerne, que faisons-nous? Cette tendance, qui a été créée pour nous permettre d'acquérir une vie spirituelle, nous aider à gravir les échelons de la spiritualité, nous nous en servons pour "progresser" dans ce monde matériel.
Nous ne nous suffisons pas de ce que nous possédons, nous désirons toujours plus ...
Si nous avons une villa, nous en voulons deux. Si nous avons une voiture datant d'un an, nous en voulons une neuve. Si nous voyons un bel habit sur un autre, nous le jalousons et voulons le même, et ainsi de suite ...

Si nous voulons réellement être heureux, nous devons consacrer l'énergie de notre ambition, uniquement à un but spirituel. Nous mériterons dans ce cas de remplir notre tâche ici-bas et d'obtenir une merveilleuse existence éternelle.
[...]

Nos Sages disent : "Celui qui prend sur soi le joug de la Torah, se verra préservé du joug de la royauté et du joug de ce monde" (Pirké Avot 3,5).
Leur intention est de nous dire que l'homme est né pour devenir esclave, mais esclave de qui?
L'homme choisit lui-même : moins il sera l'esclave d'Hachem, plus il sera l'esclave des autres.

Le choix est simple ..."

[moins on est esclave de la spiritualité, plus on sera esclave de la matérialité. Et inversement!]

<--->

-> Rabbi Yéhouda haNassi dit : "Quiconque accepte les jouissances de ce monde-ci, on le privera des jouissances du monde futur ; et quiconque n’accepte pas les jouissances de ce monde-ci, on lui accordera les jouissances du monde futur."
[Avot déRabbi Nathan – chap.25]
[chacun définira, en toute honnêteté, sa limite caractérisant une jouissance non vitale, non nécessaire (nous sommes humains et non des anges!)]

-> Se lancer dans des poursuites superflues, c'est le signe le plus évident d'un attachement excessif au monde matériel.
[rav Shraga Mendelowitz]

-> Selon rav Israël Salanter acheter quelque chose de non nécessaire est détestable.
[car signifiant que nous accordons trop d'importance au matériel!]

-> Habitues ton âme au minimum, car sinon, il [ton corps avec ses désirs] va t'exiger le maximum.
[Tséma'h Tsédek]

["Celui qui a 100, veut 200, ..." = Plus on a, plus on veut davantage!
Quoiqu'on puisse avoir, plutôt que d'en profiter, on a déjà la tête sur la prochaine chose à devoir posséder!
Plutôt que de vivre sa réalité, dans la Torah/Hachem, on est sans cesse dans l'imaginaire, esclaves de nos désirs matériels superflus.]

-> Le Séfer ha'Hinoukh (mitsva 387) explique que la mitsva de ne pas aller après notre cœur et nos yeux, fait référence à tous nos désirs pour la nourriture, l'argent, ...

-> A Novardok, le propriétaire d'un nouveau vêtement, le donnait à quelqu'un d'autre pour qu'il le porte pour la 1ere fois.
C'était une façon de diminuer l'attachement aux choses matérielles.
En ce sens, d'une manière plus générale, les étudiants y avaient l'habitude de se prêter des vêtement ou autres objets, dans l'espoir de retirer leur dépendance à ces choses.

[lorsque l'on témoigne de l'excitation pour de la matérialité, on affaiblit notre attachement à la spiritualité.
Par exemple, en faisant de la nourriture et de la boisson le principal, nous renforçons en nous l'idée qu'il n'y a pas d'autre monde que l'actuel (alors profitons à fond!), ne percevant pas le besoin de se préparer au monde à venir.
Il faut manger pour avoir les forces nécessaires à notre santé et à nos réalisations spirituelles, et non par pure gloutonnerie.]

-> Lorsque l'on fait de la Torah notre priorité, et qu'on limite son business, on en vient rapidement à réaliser que beaucoup de nos "nécessités" sont purement du luxe, et que nos vrais besoins sont rapidement pourvus.
[Pélé Yoets]

-> Quand est-ce qu'une personne sait qu'elle a besoin de quelque chose?
Lorsque Hachem la lui fournit.
[Rabbi Shlomke Zhviller]

-> Une fois, on a demandé à rabbi Moché Feinstein s'il fumait, et il a répondu : "Je ne me rappelle pas avoir mis quelque chose dans ma bouche uniquement pour le plaisir".
Son fils Réouven, rapporte qu'il ne s'appuyait pas sur le dossier de sa chaise lorsqu'il étudiait la Torah, toujours en avant, pencher avec ferveur sur le livre devant lui.
Il n'a jamais dormi plus que le minimum nécessaire pour maintenir sa santé.

<--->

-> Lorsqu'un tsadik prie, il est certainement attaché à Hachem avec des pensées pures, claires et saintes.
Cependant, lorsqu'il mange, il tremble à l'idée que cet acte matériel/physique puisse le rabaisser et rompre sa connexion avec la sainteté.

Ainsi, lorsqu'il mange un tsadik lutte bien davantage pour se sanctifier et se lier à Hachem avec un grand attachement spirituel.
Il en découle qu'un tsadik est plus saint lorsqu'il mange que lorsqu'il prie
Pour la majorité des gens, c'est le contraire ; ils se sanctifient par leur prière davantage que lorsqu'il mange.
[Noam Elimélé'h - Kora'h]

-> "Ne vous adonnez pas trop librement à un repas que vous appréciez" [guémara Guitin 70a]
Le Divré Emet (Réé) dit que nous devons manger en l'honneur de Hachem (pour la mitsva, pour prendre des forces pour mieux Le servir, ...), et si nous apprécions trop fortement la nourriture, alors cela signifie que nous n'en mangeons plus de manière désintéressée.
Il faut alors savoir se retenir et casser son désir, jusqu'à ce que l'on ressente que nous pouvons manger avec les bonnes intentions, et alors nous pouvons retourner à notre repas.
[Hachem ne nous interdit pas de prendre de bons repas, mais même dans un acte matériel, l'essence doit rester spirituelle, et l'animalité en nous ne doit pas prendre le dessus.]

<--->

-> La Torah (et la sagesse) ne peuvent s'accomplir qu'en "écrasant" sa matérialité, comme on "broie" les olives pour en faire de l'huile.
[Ben Ich 'Haï - guémara Kidouchin 49b]

<--->

-> Le Maharal de Prague (Nétsa'h Israël - chap.7) enseigne :
"La matérialité du corps et la spiritualité de la Torah sont totalement antinomiques. La Torah ne peut s'acquérir que par quelqu'un qui annule complètement ses désirs corporels et domine parfaitement son mauvais penchant.
S'il en est ainsi, comment peut-on accomplir la Torah dans un univers de matérialité?
La Torah ne peut s'accomplir que chez celui qui est prêt à se tuer pour elle."

-> D'après cet enseignement, nous pouvons comprendre la question posée par Alexandre le Grand aux Sages d'Israël : "Que doit faire un homme pour vivre? Les Sages répondent qu'il doit se tuer lui-même. Alexandre le Grand demande alors : que doit faire un homme pour mourir? Il doit se laisser vivre". (guémara Tamid 32a)

A présent, expliquons les paroles énigmatiques de cet échange : lorsque les Sages répondent à la première question d'Alexandre le Grand en disant que l'homme doit "se tuer lui-même" cela signifie qu'il doit tuer son égocentrisme qui le pousse à poursuivre les futilités de ce monde et à assouvir ses envies primaires.
Il ne peut pas accéder à une vie authentique, comme cela est rapporté dans la Michna : "La jalousie, l'envie et les honneurs sortent l'homme du monde" (Pirké Avot 4,21).
A la seconde question d'Alexandre le Grand, qui demandait comment un homme doit-il faire pour mourir, les Sages répondent : "Il doit se laisser vivre" = c'est-à-dire se laisser emporter par ses désirs et ses pulsions. Il ne pourra jamais se connecter à ce qu'il vit ou tirer un quelconque profit authentique dans sa vie et sera considéré comme mort.
[Tsor ha'Haïm - 'Houkat]

-> Rabbi Yéhouda Hanassi dressa ses 10 doigts vers le ciel et déclara avant de mourir : Maître de l'univers, il est établi devant Toi que je n'ai pas tiré profit dans ce monde-ci même de mon petit doigt. (guémara Kétoubot 104a)
Tossefot explique que l'homme doit prier pour que la Torah pénètre intégralement son corps afin de pouvoir le dominer.

<--->

-> "Depuis que le Temple a été détruit, Hachem n'a dans Son monde que 4 coudées de halakha" (guémara Béra'hot 8a)

=> Que signifie "4 coudées"?

Le Maharal nous explique que le minimum vital dans ce monde est de 4 coudées (environ 2 mètres).
Car la guémara (dans Baba Batra) nous dit que si 2 voisins ont un terrain de 7 coudées au carré, on ne peut pas le partager en leur donnant à chacun 3 coudées et demie. Ce n'est possible que s'ils ont 8 coudées, on pourra alors partager en 2 en attribuant à chacun 4 coudées.

Le Maharal dit ainsi : un homme désirant être attaché à Hachem ne doit prendre de ce monde que le strict minimum. S'il prend un peu plus que ce qui lui est nécessaire, c'est sur le compte de son attachement à Hachem.

<--->

+ L'étude de la Torah = ce qui compte c'est l'effort investi!

-> "Quiconque aime la richesse et les plaisirs ne peut pas étudier la Torah Orale, car celle-ci exige que l’on se donne beaucoup de peine, que l’on se prive de sommeil et que l’on sacrifie son corps pour elle"
[midrach Tan’houma – paracha Noa’h]

-> Le midrach (Tan'houma - Parachat Noa'h, sec. 3) demande :
"Que signifie '[la Torah] ne se trouve pas dans la terre des vivants' (Ivov 28,13)? Peut-elle se trouver dans la terre des morts?
Cela veut dire que la Torah Orale ne se trouve pas chez celui qui recherche les plaisirs terrestres, [la satisfaction de ses] désirs, l'honneur et le prestige dans ce monde.
Elle se trouve seulement chez l'homme qui 'se tue' pour elle, comme il est écrit (Bamidbar 19,14) : 'Voici la Torah : un homme qui meurt dans une tente'.
Voici la voie de la Torah : mange du pain trempé dans le sel, bois de l'eau modérément, dors à même le sol, mène une vie de souffrance, et peine dans l'étude de la Torah."

-> Moché dit à Israël : "Combien ai-je souffert pour la Torah! Combien ai-je peiné et combien me suis-je acharné pour l’acquérir … J’ai dû passer au milieu des anges et des Séraphins, dont un seul d’entre eux pourraient brûler le monde entier … Je suis allé parmi les créatures célestes, j’ai donné mon âme et mon sang pour la Torah !
De même que je l’ai apprise dans la souffrance, vous aussi, étudiez-la dans la souffrance"
[midrach Yalkout Chimoni - chap.942]

-> "Les paroles de Torah ne se maintiennent que chez les hommes qui se sacrifient pour elle." [guémara Shababth 83b]
Le Maharcha (dans la guémara Guittin 57) précise que "se sacrifier" pour la Torah signifie : "donner la mort à son corps, en le privant de toute jouissance superflue."

-> "La Torah que j’ai étudiée dans la frustration (af), c’est elle qui s’est maintenue"
[le roi Salomon – midrach Kohélét rabba – chap.2 : "même (af) ma sagesse se maintint"]

-> "Chez qui trouve-t-on la Torah?
Chez celui qui laisse son visage se noircir pour elle [par l’exténuement], autant que le corbeau est noir "
[guémara Erouvin 21b]

-> "La Torah n’est pas au Ciel" (Dévarim chap.30) : mais si elle y était, tu aurais dû y grimper pour la retrouver, et si elle était au-delà des océans, tu aurais dû les franchir pour l’obtenir."
[guémara Erouvin 55a]

-> "L’homme peine pour comprendre [jusqu’à la limite de sa compréhension], et la Torah œuvre pour lui [révéler ses secrets]."
[guémara Sanhédrin 99b]

-> Les Tossafot (guémara Kétoubot 104a) écrivent : "Avant que l’homme prie pour que la Torah pénètre en lui, qu’il prie d’abord pour que les plaisirs matériels n’envahissent pas son corps."
En effet, un intérêt trop important envers les plaisirs matériels empêche la réussite de nos recherches spirituelles.

<--->

-> Le Kédouchat Tsion (rabbi de Bobov) disait que pour l'étude de la Torah, les femmes auront une récompense supérieure à celle de leur mari, car elles font des sacrifices pour leur permettre d'étudier, tout en se privant de ressentir la joie de l'étude de la Torah lichma.

D'ailleurs le rav 'Haïm Chmoulévitch conseillait de dire chaque jour à sa femme avant de quitter la maison combien nous la remercions et combien nous lui demandons pardon pour tout le temps passé loin d'elle [puisqu'étant en train d'étudier la Torah].

<--->

-> "Celui qui est rassasié fait fi des rayons de miel, mais pour celui qui a faim, tout ce qui est amer semble doux" (michlé 27,7)
Le Gaon de Vilna explique que si un homme cède à tous ses désirs, il ne ressentira aucune attirance pour l’étude de la Torah.
S’il abstient de ces satisfactions, toutes les difficultés de l’étude continue de la Torah lui seront favorables et agréables, car il goûtera la douceur de la sagesse enfouie dans la Torah.

-> "Sans farine [de quoi se nourrir], point de Torah ; sans Torah, point de farine" (Pirké Avot 3,17)
Le Knesset Israël commente : S'il n'y a pas de satisfaction avec les nécessités de base, symbolisées par la farine, et qu'une personne recherche le luxe, alors elle ne méritera pas de véritables accomplissements dans la Torah.

-> Dans la guémara (Sanhédrin 111a), on trouve l’anecdote suivante : Rav vit que rav Kahana se frottait la tête [Rachi : et il se détendait pendant qu’il étudiait la Torah ].
Lorsqu’il se présenta devant Rav, ce dernier lui dit : "Elle est introuvable au pays des vivants" (Iyov 28) = on ne trouvera pas la Torah chez ceux qui se préoccupent de leur bien-être en l’étudiant."

<--->

-> Hachem a placé la nourriture de l’âme et la sainteté dans la bouche, qui est le lieu de la nourriture du corps et de sa force, afin que l’homme s’en inspire pour que la tâche sainte, qui se déroule en cet endroit, soit accomplie au moins aussi bien que la tâche profane.
Puisqu’avec la bouche on accomplit le travail du corps avec plaisir et beaucoup d’empressement, de tout son corps, qu’on accomplisse de la même manière la tâche sainte, qui est l’étude de la Torah, et se trouve également dans la bouche, ainsi que l’ont dit nos Sages : "Elle est la vie pour ceux qui la font sortir de leur bouche".

Si les deux tâches ne sont pas exécutées de la même façon, il n’aura rien à répondre au moment du jugement.
C’est pourquoi l’homme doit se sanctifier par l’étude de la Torah avec joie et enthousiasme, par la force de la matérialité qui se trouve dans la même bouche, qu’elles soient au moins comparables.
[Ben Ich 'Haï]

<----------------------------------->

-> Le Rav Wolbe écrivit une fois une de ses lettres alors qu'il voyageait en avion de la Suisse à la France :
"La durée du trajet que j'entreprends est d'environ une demi-heure car je voyage par les airs. Le même trajet par la terre ferme prendrait à peu près 8 heures, même en train (et en voiture encore bien plus).
La raison en est que, malgré les performances du chemin de fer, celui-ci demeure encore tributaire du relief du terrain sur lequel il doit avancer, les montagnes et les plaines, les descentes et les montées.
Il en est de même du travail de l'homme : tant qu'il est encore lié au matérialisme, son chemin pour parvenir à des degrés spirituels est beaucoup plus long. Plus il s'efforcera de s’en détacher, plus il raccourcira ce chemin et atteindra facilement ce qui lui demande de fastidieux efforts tout au long de l'année."

<---------------->

-> Rabbenou Bé’hayé ('Hovot haLévavot - prichout chap.2) au sujet des effets de l'étude :
"l'intention de la Torah est que l'esprit dirige tous les penchants et désirs de l'âme et tous les plaisirs du corps ; et que l'esprit soit plus fort qu'eux.
Il est très connu que le renforcement des désirs (taavot) contre l'esprit est la racine de toutes les fautes et la raison de toutes les dégénérescences. Je sais que le Peuple ne s'est rapproché de la matière qu'après s'être éloigné de l'étude de la Torah".

-> "Celui qui demande le désir (taava) se sépare (nifrad)" (Michlé 18,1).
Le Gaon de Vilna explique : le roi Shlomo vient enseigner que seul celui qui se sépare de la Torah réclame la taava, car la Torah casse les taavot. Quand l'homme s'éloigne de la Torah alors les taavote le poursuivent et il les poursuit également.

<------------->

-> "Ni de ton manger tu en tireras un profit" (Béhar 25,37) = c'est-à-dire la Torah nous met en garde que même le manger qui t'est permis, il faut en consommer mesurément, car si l'homme se laisse entrainer par son palais, il dépasse les limites de ce qui est bien, et par cela la lumière de son âme s'obscurcit.
Lorsque l'un se relève l'autre redescend = c'est-à-dire, que lorsque l'homme augmente les plaisirs matériels il diminue en lui les désirs spirituels.

[Ohr ha'Haïm haKadoch - Béhar 25,37]