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"Lorsqu'il n'y a pas de jalousie ou de haine entre nous, alors nous n'avons rien à craindre de nos ennemis."

[Rabbi Aharon Roth (l'auteur du Chomer Emounim) - Choul'han haTahor]

La Torah Orale s'appelle : "Torah chébéal pé" = la Torah de la bouche.
Cela signifie également : la Torah de celui qui domine sa bouche (en ne laissant pas de lachon ara en sortir).
Puisqu'il garde le souffle de ses entrailles, alors il mérite de comprendre la Torah Orale qui est transmise de bouche à bouche, de souffle à souffle.

[Sfat Emet]

Le 'Hafets 'Haïm disait qu'il était incapable de dire le moindre lachon ara parce qu'il s'imaginait toujours debout devant la cour céleste d'Hachem tandis qu'ils écrivaient chaque mot qu'il prononçait.

Rabbi Israël Salanter a dit à ses disciples qu'il savait que le 'Hafets 'Haïm serait le prochain dirigeant spirituel de la génération parce que tous les autres croyaient en Hachem, mais que le 'Hafets 'Haïm voyait Hachem.

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-> Selon le Rema, au début de son commentaire dans le Choul'han Aroukh (Ora'h 'Haïm), l'un des principes fondamentaux du judaïsme est d'être constamment conscient que "chiviti Hachem lénegdi tamid" (Hachem est toujours devant moi - Téhilim 16,8), car : "la façon dont on s'assoit, agit et conduit ses affaires lorsqu'on est seul n'est pas la même que lorsqu'on se tient devant un grand roi".
Le plus grand facteur de motivation pour grandir dans le service d'Hachem est d'imaginer et de sentir qu'Hachem Lui-même l'observe à chaque instant et attend simplement qu'il se conforme à Ses commandements pour pouvoir le combler de Son infinie bonté.

Un exemple de quelqu'un qui a vécu avec une telle conscience est le Yessod véChorech haAvoda, qui a écrit dans son testament (chapitre 22) que si son nez coulait, il s'arrêtait immédiatement pour l'essuyer, même s'il était au milieu de quelque chose de très important, parce que "il n'est pas respectueux de se présenter devant le Créateur avec un nez sale".

La jalousie : Savoir se satisfaire de ce que l’on a

+ La jalousie : Savoir se satisfaire de ce que l’on a :

-> "Le fait d'être satisfait de ce que l'on a matériellement est la fondation de toute la Torah."
[Gaon de Vilna - Even Chléma 3,4]

-> "Nous devons avoir une confiance sincère dans le fait que Hachem accorde à chacun ce dont il a besoin en fonction des racines de son âme, et selon ce qu'il est venu réaliser dans ce monde.
C'est le plus haut niveau, celui de l'Attribut de : "yech li kol" (je possède tout).
C'est ce que [Hachem dit à Avraham] : "Soit entier" (véhéyé tamim) = manquant de rien.
[Rabbi Aharon kotler - Michnat rav Aharon]

-> "D. avait béni Avraham en toutes choses" (‘Hayé Sarah 24,1)
Le Imré Moché commente : il l'a béni du trait de caractère de savoir se satisfaire avec ce que l'on a, ce qui entraîne le sentiment d'être béni "en toutes choses".

-> "Le tsadik vivra par sa émouna" (Habakouk 2,4)
"Le tsadik mange pour apaiser sa faim (le strict nécessaire) ; mais le ventre des réchaïm n'en a jamais assez." (Michlé 13,25)

Le Gaon de Vilna commente : La émouna et le fait d'être content de son sort (histapkout) sont liés, car ils constituent les 2 principaux conduits pour posséder tous les traits de caractère positifs.

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-> Quoiqu'une personne puisse manquer, Hachem ne souhaite pas lui donner, et ce que Hachem ne donne pas, il n'existe aucun moyen de l'avoir.
[Ibn Ezra - Chémot 20,14]

-> "Je n'ai jamais eu besoin de quelque chose avant de l'avoir, car tant que je ne l'avais pas, j'étais sûr de ne pas en avoir besoin (sinon Hachem me l'aurait donné!)."
[Rabbi Yé'hiel de Zlotchov]

-> Quand est-ce qu'une personne sait qu'elle a besoin de quelque chose?
Lorsque Hachem la lui fournit.
[Rabbi Shlomke Zhviller]

-> Nous récitons tous les matins : "chéassa li kol tsorki" (Qu a fourni tous mes besoins).
En effet, absolument tout ce que je peux avoir besoin pour réaliser ma mission dans ce monde, tout ce dont j'ai besoin pour acquérir ma part dans la Torah, tout cela Hachem me l'a octroyé.
[rav Chlomo Wolbe - Alé Chour]

-> "Que ton cœur n'envie pas le sort des pécheurs, mais s'attache constamment à la crainte de Hachem" (Michlé 23,17)

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+ "Un des principaux outils avec lequel Hachem juge le monde est le : mesure pour mesure.
Lorsqu'une personne est poussée à acquérir autant que possible du monde matériel, Hachem va également lui demander de nombreuses mitsvot.

D'un autre coté, une personne qui va toujours se satisfaire du minimum, on ne lui demandera pas d'amasser une quantité importante de mitsvot.
Ce trait de caractère sera bénéfique pour lui dans ce monde et va également le défendre dans le monde à venir."

[le Ben Ich 'Haï]

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-> "Si tu convoites quelque chose qui appartient à ton prochain, sa belle voiture par exemple, et que tes yeux sortent de leur orbite, songe que tu dois prendre aussi, en même temps, tout son "paquet" : ses malheurs, ses difficultés, ses épreuves, "tout ce qui est à ton prochain!"
Es-tu prêt à cela?"
[un des Admorim]

-> Selon le Maharal, l'harmonie spirituelle nécessite 3 choses : être en paix avec Hachem, avec son prochain, et avec soi-même.

La jalousie nous empêche de reconnaître les bénédictions qu'Hachem nous a déjà octroyé, ce qui nous convainc qu'Il n'est pas autant impliqué pour nous que pour les autres, qu'Il n'agit pas au mieux à notre égard, qu'il y a de l'injustice.
Nous ne sommes alors pas en paix avec Hachem, et également avec autrui, car nous surestimons ce que les autres ont, tandis que nous dévalorisons ce que D. nous a déjà généreusement accordé.
[une même chose peut être incroyable chez autrui, et banal, normal chez nous!]

[Nous avons tous un package global unique : avec des choses en plus (qualités, ressources, ...) et d'autres en moins (défauts, ...) par rapport à autrui. Ils constituent les outils nécessaires pour réaliser la mission de notre vie, sur laquelle nous aurons des comptes à rendre.
Refuser de se satisfaire de notre situation, c'est ne pas accepter le rôle que Hachem nous a donné dans la vie.
Nous ne sommes pas à notre place, ni en paix avec nous-même : je mérite mieux, si j'avais ... alors je ..., c'est pas là que je veux être/faire, ...

Il faut avoir l'humilité d'accepter que nous dépendons totalement de D., et avoir la lucidité, la responsabilité d'être à notre place, sous peine de ne jamais parvenir à une harmonie spirituelle.]

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-> Une personne qui est satisfaite d'elle-même, ne désirera pas ce qui appartient à d'autres.
[Rambam ; Barténoura]

-> Une personne qui n'est pas satisfaite de son sort dans la vie, deviendra jalouse des possessions d'autrui.
[Abarbanel - Pirké Avot 4,21]

-> Une personne contente de son sort, non seulement ne lorgne pas le bien d'autrui, mais elle se réjouira dans leur bien.
[Yaavéts]

[c'est la notion d'avoir un bon œil. Je suis plein, heureux de mon sort car c'est Hachem qui s'en charge.
Ayant tout ce qu'il faut en interne, je peux me réjouir du bien chez autrui, sans avoir un regard de jalousie!]

[La jalousie commence lorsqu'il y a un sentiment de manque en moi, que contrairement à autrui Hachem nous a un peu oublié.
Plutôt que de chercher son bonheur chez l'autre, nous devons revenir vers nous même et renforcer notre émouna. Ce qu'il nous manque se trouve déjà en nous!]

Si chaque animal reçoit sa nourriture en son temps, si chaque goutte de pluie à son trajet personnalisé (cf. guémara Baba Batra 16a), ... comment peut-on nous (les enfants du Hachem, but ultime de la Création), se sentir manquer de quelque chose

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-> "A chacun sa place" (Pirké avot 4;2)
Si chacun possède une place, alors pourquoi se plaint-on sans cesse que l’on n’a pas de place?

Parce que chacun convoite une autre place que la sienne.
[Rabbi Avraham Yaakov de Sadigora]

-> Lorsqu'une personne est jalouse des talents, des traits de caractère ou des possessions d'autrui, elle agit comme un enfant immature.
Elle désire ardemment la douceur que possède autrui, sans s'arrêter pour considérer que ce qui est profitable à une personne, peut être dangereux chez une autre.
[Rabbi Meisels - Si'hot baAvodat Hachem]

-> Les gens ressentent de la jalousie uniquement parce qu'ils pensent qu'ils ont exactement les mêmes besoins que les autres.
[Rav Ezriel Tauber]

[Hachem nous offre en cadeau ce qu'il y a de mieux pour nous, mais plutôt que de Le remercier, nous préférons faire confiance à notre intellect limité (car humain et non divin) et nous plaindre qu'autrui a reçu mieux que nous!]

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-> Dans le monde à venir, D. organisera une danse pour les justes. Ils vont former un cercle et Hachem sera au centre, chacun Le désignera avec le doigt.
[guémara Taanit 31a]

Le Maharal (tel que cité par le rav Dessler) explique que l'idée du cercle est que chaque membre est à égal distance du centre : Hachem.
De plus, chacun y est constamment en mouvement, arrivant à ce qui était auparavant la place d'un autre.

Selon le Maharal, cela fait allusion que dans le monde à venir :
-> 1°/ chaque personne sera proche de Hachem en fonction de l'utilisation des ses capacités personnelles.
Ainsi, quelqu'un qui avait peu de capacités, mais qui a utilisé au maximum ses capacités limitées, sera au même niveau que celui qui avait des facultés très élevées, et qui les a exploitées autant que possible.

=> Il existe une différence apparente dans ce monde, qui n'existera plus dans le monde à venir, où toutes ces personnes formeront un cercle à égale distance de Hachem.
[certes dans ce monde (éphémère) nous pouvons apparaître comme moins bien garnis que d'autres, mais dans le monde futur (éternel) nous serons tous logés à la même enseigne en fonction de notre travail unique dans ce monde.]

-> 2°/ En plus de notre récompense pour nos efforts dans le service de D., il y aura également une récompense pour notre participation dans l'harmonie globale du peuple juif, qui a été possible lorsque chacun accepte le rôle unique qui lui a été attribué sans regarder avec jalousie les capacités des autres.

=> Dans le monde à venir, chacun dansera en mouvement, arrivant en permanence à ce qui était auparavant la place d'un autre, car en ayant réalisé son rôle dans ce monde sans vouloir être à la place d'un autre, il a permis que chacun soit à sa bonne place dans l'entité juive globale.

[pour qu'une danse en rond fonctionne, il faut que chacun des membres joue le jeux, en étant à tout moment à sa place. Si quelqu'un veut aller plus vite, dans une autre direction,... cela dysfonctionne.]

Chacun en restant à sa place permet que la symphonie de D. fonctionne au mieux, créant ainsi un kidouch Hachem.

Il existe dans ce monde une apparente disparité (ex: il y a plein d'êtres humains avec des ressources différentes), mais la réalité éclatera au grand jour dans le monde futur : nous sommes tous des membres d'une entité juive globale, tous unis par ce doigt désignant Hachem.

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+ Les Sages de la maison d'étude de rabbi Yanaï apprennent du verset (Dévarim 1,1) : "Di Zahav" que Moché s'est "dressé" contre Hachem. Selon eux, Moché a dit à Hachem : "Maître du monde, c'est à cause de l'argent et de l'or (zahav) que Tu as donné à profusion aux enfants d'Israël, jusqu'à ce qu'ils disent : "daï" (די - c'est assez!) qu'ils ont fait le veau (d'or)."
[Hachem a accepté ces arguments de Moché affirmant que le Ciel était essentiellement responsable du veau d'or par cause de l'excès de richesses accordées]
[guémara Béra'hot 32a]

-> Hachem a gratifié les juifs de tant d'argent et d'or à la sortie d'Egypte qu'ils ont dit : "ça suffit! c'est assez!" (daï). En effet, ils ont emmené dans le désert la richesse "empruntée" aux égyptiens avant leur départ d'Egypte, ainsi que l'énorme butin récupéré sur le bord de la mer après l'engloutissement de tous les égyptiens. [Maharcha]

-> Un homme est en général insatisfait de sa part et désire toujours plus d'argent, car il lui semble toujours avoir des manques.
En effet, nos Sages enseignent : "Un homme ne quittera ce monde qu'avec la moitié de ses désirs dans sa main" (midrach Kohélét rabba 1,13).
Celui qui possède 100 en désirera 200 ; s'il obtient 200, il en désirera 400 ...

=> Comment alors les juifs ont-ils pu dire : "c'est suffisant!" (daï) à la quantité d'argent et d'or qu'ils possédaient (alors que par nature un homme n'est jamais satisfait par ce qu'il a)?

Nous pouvons répondre que la convoitise d'argent et l'insatisfaction permanente de notre situation économique ont pour origine la souillure (zouama) que le serpent (symbole du yétser ara) a communiqué à 'Hava et à ses descendants.
Or, il est dit dans la guémara (Shabbath 146a) que lorsqu'Israël s'est tenu au mont Sinaï, avant le don de la Torah, cette souillure a cessé (puisqu'Israël a retrouvé le niveau d'Adam et 'Hava avant leur faute) et n'est revenue qu'après la faute du veau d'or.

C'est pour cela qu'avant le don de la Torah, ils ont pu dire : "ça suffit (daï) [aux richesses]".
[rav Wasserman - Kovets Biour Aggadot 8,6]

=> On voit de là, à quel point dans sa nature, un homme n'est pas satisfait de ce qu'il a, désirant toujours plus.
Un juif doit travailler son caractère, au point d'en arriver à toujours se satisfaire de ce qu'il a. [tendre vers cet état d'avant la faute de Adam et 'Hava!]

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-> "Car Tu viens en aide à un peuple pauvre et Tu rabaisses les yeux hautains" (Téhilim 18,28)

Selon le rav Moché Feinstein, lorsqu'un homme envie les biens matériels du prochain, c'est une preuve qu'il est mécontent de son sort ; il ressent ainsi une certaine frustration et se sent pauvre et malheureux.
Si au contraire, une personne est satisfaite de la part que Hachem lui a accordée, la pauvreté cesserait d'être ressentie comme une disgrâce.
C'est pourquoi, le roi David dit dans ce verset qu'Hachem rabaissera les yeux envieux pour venir en aide au "peuple" qui se sent pauvre : en élimant l'envie, on l'élimine la "pauvreté" imaginaire.

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La jalousie des talents d'autrui conduit à la dépression :
-> On peut parfois sombrer dans le désespoir en entendant parler d'un grand talent dont on est dépourvu. On peut commencer à se considérer comme rien ...
La dépression commence à obscurcir l'éclat de l'âme. En fait, toute l'identité spirituelle d'une personne devient sombre lorsqu'elle se compare à une autre personne qui possède des talents qu'elle n'a pas.
Il faut donc se renforcer soi-même et ne pas être jaloux de la portion .... de quelqu'un d'autre. Il faut apprendre à être vraiment heureux avec sa propre part.
[rav Avraham Kook - Shmoné Kévatsim 2:330]

La colère : c’est s’autodétruire

+ La colère : c'est détruire notre "moi" le plus intime :

-> La colère est pour le yétser ara, ce qu'est une brèche dans un mur pour un voleur.
[Séfer haMéchalim 76]

-> La colère rend l'homme impur de l'intérieur et de l'extérieur : elle éradique son âme, au point qu'il ne lui reste pas même un ligament dans la sainteté.
[midrach Pin'has]

-> Une personne qui se met en colère déracine et détruit tout ce qui est saint en elle.
Quoiqu'elle ait pu atteindre [en spiritualité], la colère le détruira.
[Rav 'Haïm Vital - Chaaré Kédoucha - Roua'h haKadech 3]

-> Qui ne protège pas son âme de la colère supprime la Sainteté suprême et instaure à la place les forces du mal (sitra a'hra).
Assurément, un individu en colère se rebelle contre Hachem (qui est en lui) ... il Le met en pièces sous l'effet de sa colère et y fait régner un "dieu étranger".
[Zohar - Tétsavé 182a]

-> La colère a pour effet d'éveiller le grand Accusateur : Essav, c'est-à-dire Edom, à partir duquel s'anime en chaîne [des multitudes] d'Accusateurs qui oppriment et dominent celui qui se met en colère.
Son image divine l'abandonne et il perd son visage d'homme.
[Rabbi Na'hman de Breslev - Likoutei Etsot p.47]

-> Une personne en colère déracine et détruit tout ce qui est saint en elle, et la passion enflamme le corps.
Elle perd son âme la plus élevée et sainte, qui est alors remplacée par les forces de l'impureté ...
Son âme (néfech) lui est arrachée et remplacée par un dieu étranger.
[Zohar 2:182]

-> En ce qui concerne la colère, mon maître [le Arizal] était extrêmement prudent, plus que pour toute autre faute, car aucune autre faute n'impacte de la sorte l'âme d'une personne.
En effet, lorsqu'une personne se met en colère, l'âme qui est en elle la quitte, et est remplacée par une âme provenant du côté impur ('hits'onim).
[Rav Haïm Vital - rapporté dans le Naguid ouMétsavé - Chaar haYi'houdim]

-> Selon le rav Haïm Vital :
"Mon maître [le Arizal] faisait très attention à la colère, plus qu’à toutes les autres fautes, même quand il se mettait en colère pour une mitsva.
Et quand j’enseignais à mon frère, qu’il ne savait pas aussi bien que je l’aurais voulu et que je me mettais en colère contre lui, même dans ce cas mon maître me le reprochait beaucoup.
Toutes les autres fautes produisent un défaut dans un seul membre [du corps], mais la colère porte atteinte à toute l’âme et la rend impure."

-> "Dans la colère, tu te déchires toi-même" (Iyov 18,4)
Lorsqu'une personne est en colère, elle déchire en morceaux sa sainte âme et la détruit.
Et puisqu'il ne peut pas y avoir de vide, alors l'espace laissé libre est pris par "le côté obscur".
Le Maor vaCémech (paracha Tazria) conclut : "Lorsque les forces de vie d'une personne partent, un esprit d'impureté y entre [à la place]".

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-> Rabbénou Yona note que dans la colère, il y a la rage qui est une tendance animale, faisant perdre toute raison, et causant des dégâts qu'on n'aurait jamais imaginés à tête reposée.

C'est ainsi que le Ram'hal (Messilat Yécharim chap.11) enseigne :
"Celui qui est en colère pourrait détruire le monde entier si il le pouvait.
Il est hors de contrôle comme une bête sauvage, et prêt à commettre toutes les fautes du monde si sa colère le mènerait à cela, car il est totalement dominé par sa colère.

Le Séfer haMéchalim dit : "la colère est à l'intelligence, ce qu'est un nuage au soleil".

Une personne a beau être rayonnante de sagesse, la colère va tout recouvrir, ne laissant s'exprimer que sa partie/face sombre, sa folie.
Un tout petit peu de colère suffit à faire perdre la clarté de jugement, d'une quantité considérable de sagesse!

-> "le sot donne libre cours à sa folie" (Michlé 13,16)

-> "Tout celui qui se met en colère ... développe sa sottise"
[Rav Yirmiya de Difti - guémara Nédarim 22b]

-> "La colère est à demeure au sein des fous" (Kohélet 7,9)

-> Le Ram'hal ajoute également : "derrière toute expression de colère se cache le désir inconscient de tuer quiconque contredit notre volonté."

-> Le Sifté 'Haïm enseigne qu'en se mettant en colère, on donne le contrôle de soi-même à notre mauvais penchant, qui en profite alors pour exploiter librement nos mauvaises tendances.

[Durant notre colère, c'est comme donner les clés de son être au yétser ara, et lui dire : "Fais ce que tu veux avec!" Bien évidemment, au final ce sera à nous d'en régler la note, au combien salée! ]

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-> Une personne a beau avoir de très nombreuses mitsvot importantes à son crédit, mais elles sont toutes perdues lorsqu'une âme impure vient remplacer l'âme sainte qui est à l'origine de ces bonnes actions.
Ce processus se reproduit à chaque fois qu'une personne se met en colère.
Et le pire, est que les suppléments d'âmes de tsadikim reçus, lorsque nous avons réalisé une mitsva avec un grand dévouement, sont également perdus.
[Réchit 'Hokhma - Chaar Roua'h haKodech 7]

-> L'ensemble des fautes ne portent atteinte qu'à un seul membre, à l'exception de la colère qui porte atteinte à l'âme toute entière, en la bouleversant intégralement.
En effet, lorsqu'il se met en colère, l'homme voit son âme sainte l'abandonner pour être remplacée par une essence émanent de son écorce [matérielle].
[...]
L'homme colérique ne réussit rien aussi longtemps qu'il détient cette tendance, même s'il est un véritable tsadik dans toutes ses voies. Car par sa colère, un tel individu détruit tout ce qu'il a édifié. Il chasse son âme pure ...
[...]
Tous les efforts qu'un homme aura fournis pour atteindre la sainteté s'évanouissent dès lors qu'il se met en colère, comme si tout ce qu'il a entrepris n'était d'aucune utilité ...

Toutes les fautes (à l'exception de la colère) ne font que porter une atteinte que la téchouva est à même d'effacer, tandis que la colère déchire et supprime notre âme, ce qui entraîne que son préjudice requiert de nombreuses réparations, afin de restaurer sa sainte âme qui lui avait été arrachée.

C'est pour cela qu'on doit être très vigilant à ne pas se mettre en colère, et ce même pour une mitsva."

[Rabbi 'Haïm Vittal - Chaaré Kédoucha - Roua'h haKadech]

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-> Une âme qui a été détruite est tellement difficile à récupérer.
Une personne colérique est constamment en train de détruire ce qu'elle construit, et entraîne le fait que son âme (néchama) la quitte encore et encore.
[Réchit 'Hokhma]

-> Qu'est-ce qui peut être pire que d'être obligé de recommencer de nouveau à partir de zéro, pour récupérer toutes nos mitsvot perdues [par notre colère], a de maintes et maintes reprises?!
La seule façon d'éviter de constamment régresser est de contrôle sa colère.
[le 'Hida - Moreh BeEtzba]

-> Nous nous donnons tellement de mal à être un réceptacle pour la présence divine.
Comment peut-on activement s'engager dans des actions qui entraînent l'exact contraire?
[Rabbi David de Lida]

[d'une certaine façon, ce que l'on pense gagner grâce à notre colère, sera toujours infiniment trop cher payé, par rapporte à ce que nous allons y perdre!

Le Steïpler rapporte que la plaie des grenouilles est appelée au singulier : tséfardéa (Chémot 8,2). Pourquoi cela?
En réalité au début, une seule grenouille est venue, mais à chaque fois qu'un égyptien frappait une grenouille, celle-ci se divisait en 2, entraînant un gain de la colère chez cet égyptien qui continuait à frapper.
L'idée est que la colère aveugle toute logique la plus évidente, et nous conduit à agir de telle façon à aggraver notre situation, en étant prêt à tout perdre!

Notre égo : Plutôt mourir, tout perdre, que de ne pas avoir le dernier mot! => Est-ce que cela en vaut vraiment la peine?]

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-> "Une personne colérique n'acquiert rien dans sa main, si ce n'est sa colère" [guémara Kidouchin 40b]

Rachi commente : il ne gagne rien, mais ne fait que se détruire.

Le Méor Enayim commente : Chaque nuit [après s'être endormi], lorsque l'âme monte en Haut, la Main [Divine] écrit toutes les fautes que cette personne a pu faire durant sa journée.
Cependant, si elle s'est mise en colère pendant ce jour, alors uniquement cette faute est écrite, et rien d'autre n'a besoin alors d'être noté.
En effet, tout est inclut dans la colère, car la colère est ce qui précède et annonce toutes les autres fautes.

C'est pourquoi, la guémara dit qu'elle : "n'acquiert rien dans sa main, si ce n'est sa colère", car cela est tout ce qui sera finalement mis par écrit. C'est l'unique faute pour laquelle Sa Main [Divine] y appose une signature.

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-> Lorsqu'on se met en colère, des anges du mal vont collecter nos remarques et les apporter en-Haut.
Ils disent alors : "Ceci est l'offrande qu'Un-tel nous a offerte!"

Les voix Célestes puissent des cris dans tous les cieux : "Malheur à un-tel, qui a servi des dieux étrangers! Malheur à la personne qui s'est égarée! Bénie est la personne qui arrive à se maîtriser!"
[Zohar Tétsavé 182:1 - rapporté par le 'Hida]

-> Lorsqu'un homme jette un objet sous le feu de sa colère, tous ces préposés du côté du mal s'en emparent.
Ils le hissent et le rapprochent vers ce côté, puis ils s'écrient : "Voici l'offrande d'un tel!"
Cet appel se répand dans tous les firmaments, et l'on proclame : "Malheur à un tel, qui sous l'effet de la colère, a suivi une divinité étrangère et a servi un autre dieu!" [...]

Heureux l'homme qui prend garde ... qui ne chute pas par sa colère dans le gouffre profond dont il ne peut plus remonter.
[Zohar - Pékoudé 263,2]

La jalousie : c’est se détruire !

+ La jalousie : c’est se détruire!

-> Là où il y a de la jalousie, il y a de la souffrance.
Là où il n'y a pas de haine, il y a de la réussite et une longue vie.
[Rav 'Haïm Palaggi - Moéd Kol 'Haï]

-> "Quand un homme aspire à la table [c'est-à-dire aux biens et aux revenus] d'un autre homme, le monde s'obscurcit pour lui"
[Rav - guémara Beitsa 32b]
[notre bonheur dépend de la façon dont nous voyons le monde. Etre jaloux, c'est le voir en plus noir!]

-> "La jalousie, la concupiscence et les honneurs excluent l'homme du monde"
[Pirké Avot 4,21 - Rabbi El'azar haKappar]

Le rav Leib 'Hassman dit que l'on peut perdre à la fois :
- ce monde-ci, en ne profitant pas de la vie que Hachem nous a accordé (en souhaitant toujours ce qu'autrui a, plutôt que de profiter de ce que l'on a déjà!) ;
- et à la fois le monde à venir, puisque perdant son temps et son énergie à rechercher ce que nous n'avons pas, plutôt que de travailler à constituer son patrimoine éternel.

-> Au sujet de la soif des honneurs, le Ram'hal (Messilat Yécharim chap.11) écrit : "C'est ce désir qui opprime le cœur de l'homme, plus que toute ambition et aspiration. Si cette soif ne l'habitait pas, l'homme se suffirait de manger ce qu'il trouverait, de se vêtir de quelques étoffes qui cacheraient sa nudité et de dormir sous un toit qui le protégerait des dangers.
Sa subsistance lui serait venue aisément et il n'aurait éprouvé nul besoin de s'évertuer à s'enrichir.
Mais c'est parce qu'il refuse de se voir inférieur à ses amis qu'il choisit de s'empêtrer de tous ces maux dont il ne voit jamais la fin".

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-> Comme pour les autres fautes, une personne jalouse va être punie mesure pour mesure.
On va l'amener au paradis (gan Eden) pour y observer les tsadikim se réjouissant de la lumière de Hachem, et puis on va l'amener en enfer (Guéhinam) pour subir sa punition.
Ainsi, sa souffrance est aggravée par sa jalousie pour les tsadikim, qui profitent eux de leur récompense.
[le Magen Avot - sur Pirké Avot 4,21]

-> Chaque faute affaiblit une partie correspondante du corps humain.
Lorsqu'une personne écoute des paroles interdites, une impureté s'établit dans ses oreilles ; lorsqu'elle refuse d'aider son prochain, une impureté va se fixer sur ses mains ; ...
Cependant, le pire scénario possible est la faute permettant à l'impureté de s'établir sur le cœur, et cette faute est : la jalousie et la haine qui en résulte.
En effet, un cœur ainsi souillé a un impact négatif sur l'ensemble des autres organes et membres d'une personne.
['Hafets 'Haïm - Ahavat Israël]

-> "Il vaut mieux 100 morts plutôt qu'une seule occasion d'être jaloux. "

[midrach Tan'houma Vaét'hanan - Paroles de Moché rabbénou une fois que Yéhochoua a été nommé responsable du peuple juif à sa place, et qu'il n'a pas entendu ce que Hachem a pu dire à Yéhochoua dans le michkan]

Le Alshich haKadoch (Michlé 27,4) dit que Moché a pu face à face aux anges les plus destructeurs, mais il n'a pas pu se débarrasser de la jalousie.

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-> Lorsqu'une personne est dépourvue de jalousie, cela apporte la guérison au corps et à l'âme.
[Kad haKéma'h]

-> "La jalousie est la carie des os" (Michlé 14,30)

-> "Tout celui dont la jalousie ronge le cœur voit ses os se putréfier"
[guémara Shabbath 152b]

-> Si quelqu'un n'est pas jaloux, ses os ne pourriront pas (il reste entier).
[guémara Shabbath 156b]

Le Ibn Ezra (Béréchit 18,27) note que le mot : étsem ("atsamot" au pluriel) signifie : "os", et également : "l'essence" d'une personne.
Une personne jalouse refuse sa propre essence, en voulant copier les autres (je désire ce qu'autrui a, et non ce que j'ai!), sa punition est donc que ses os vont se décomposer.

Le Ibn Ezra enseigne que les os constituent l'essentiel du corps humain. Ainsi, lorsqu'un homme éprouve de la jalousie envers autrui, c'est-à-dire qu'il ne réussit pas à exploiter son potentiel envers autrui et se contente d'imiter ses semblables, son identité ne lui survivra pas et ses os se décomposeront après sa mort : "la jalousie est la crie des os".

En effet, le rav Its'hak Goldwasser (Yitspon laYécharim Touchiya) enseigne que la jalousie est synonyme de perte d'identité. En effet, tant qu'un homme a conscience de sa spécificité et du rôle exclusif qu'il doit jouer ici-bas (il est à sa juste place, s'occupant de son rôle unique dans l'Histoire du peuple juif), ressentant que "le monde a été créé pour lui" (selon l'expression de nos Sages dans les Pirké Avot), il n'y a en lui pas de place pour la jalousie.
C'est seulement lorsqu'il se considère comme noyé dans la masse qu'il commence à se comparer aux autres, à se mésestimer et à jalouser.

Par ailleurs, le rav Réouven Mélamed fait remarquer que le pire est que souvent nous ne ressentons pas le besoin d'une chose avant que quelqu'un d'autre l'acquiert. Ce qui fait que notre "moi" est dépendant des autres.

[Il est ironique de constater que seuls ceux qui se voient comme complets, comme ayant tout ce qu'il faut dans ce monde, auront leur corps qui restera complet pour l'éternité.]

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-> "L'envie fait pourrir les os" (ourkav atsamot kin'a - Michlé 14,30)
Le Rav Wolbe (voir Alei Chour - vol.1) explique ainsi ce verset :
Les os (atsamot) représentent la force intérieure de l'homme (atsma), ses talents et ses capacités.
Un homme jaloux des autres laisse son potentiel se perdre. Au lieu de cultiver ses propres talents et ses forces, il est préoccupé par l'effort futile de ressembler aux autres.
La jalousie est destructrice notamment parce qu'elle empêche l'homme de devenir ce qu'il est capable de devenir, et qu'il a été créé pour devenir, ce qui gâche ses "os", sa force et son potentiel.

Effectivement, le dernier des 10 Commandements (Yitro 20,14), est l'interdiction de "lo ta'hmod", ne convoite pas, qui interdit de désirer ce que possède autrui. Elle conclut les 10 Commandements parce que, dans un sens, elle comprend tous les autres. Si un homme est rongé par la jalousie, il est incapable de développer ses traits de caractère et d'accomplir la volonté d'Hachem selon son potentiel.

-> Nos Sages enseignent : "Qui est riche? Celui qui est satisfait de son lot" (Pirké Avot 4,1).
D'autre part, nos Sages (midrach rabba Kohélet 1,34) enseignent que par nature : "celui qui a cent désire deux cents". Comment peut-on donc atteindre le sentiment d'être satisfait de son lot?

Le rav 'Haïm de Volozhin (Roua'h 'Haïm) explique : lorsqu'un homme devient brusquement fortuné, il est délirant d'enthousiasme. Cependant, après un moment, il s'habitue à sa richesse et son enthousiasme diminue progressivement. Plus le temps passe, moins il se considère riche et plus il désire avoir davantage.
Mais l'enthousiasme de quelqu'un qui comprend que chaque sou qu'il gagne vient d'Hachem et qu'il peut lui être repris à tout moment, ne faiblit jamais.
Chaque moment qu'Hachem lui permet de garder sa richesse est une raison de se réjouir. Cet homme est si heureux et reconnaissant de ce qu'il a qu'il ne désire jamais davantage. Il est vraiment riche!

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-> "Quiconque convoite ce qui ne lui appartient pas n'obtiendra pas ce qu'il désire et se verra privé de ce qu'il possède"
[guémara Sota 9a-b]

b'h, explications à ce sujet : https://todahm.com/2020/07/22/14458

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+ Illustrations de : "La jalousie est la carie des os" :

-> Après la mort de Yaakov, lorsque ses frères lui ont demandé pardon pour ce qu'ils ont pu lui faire, Yossef a pleuré (Vayé'hi 50,17).
Rabbi 'Haïm Berlin (fils aîné du Nétsiv) explique qu'il a pleuré car il ne pouvait pas leur prouver qu'il ne ressentait aucune jalousie, ni rancune.
En effet, ce n'est qu'après sa mort, en voyant que ses os sont restés intacts que cela a pu être prouvé pour sûr.

-> Rabbi Its'hak Zilberstein (Alénou léChabéa'h - Pin'has) rapporte le cas d'une femme juive qui a été enterrée dans un cimetière chrétien.
Lorsqu'elle a été transférée dans un cimetière juif, il s'est avéré que son corps n'avait aucune trace de décomposition.
En faisant des recherches sur sa vie, on a trouvé qu'elle a perdu connaissance à l'âge de 17 ans, et ce durant 70 ans, jusqu'à sa mort.
Le rav 'Haïm Kanievsky a expliqué que si son corps est demeuré intact, c'est que du fait de son état végétatif, elle n'a pas été jalouse d'autrui.

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-> b'h, voir aussi que : "notre jalousie détruit le Temple" : https://todahm.com/2021/05/23/notre-jalousie-detruit-le-temple

[être jaloux c'est à chaque instant détruire son Temple intérieur, mais également le Temple collectif que nous attendons tous si impatiemment. Or, ces lieux permettent à Hachem de résider au plus proche et au plus fortement de nous, et ce pour nous combler de Son amour et de Ses bénédictions. La jalousie cause ainsi des dégâts énormes!]

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-> Celui qui se venge par jalousie, détruira sa maison.
[rabbi Na'hman de Breslev - Séfer haMidot - Maison (bayit)]

La jalousie (Introduction)

+ La jalousie - Introduction - Quelques paroles de nos Sages :

-> La jalousie fait perdre plus à une personne que tout autre mauvais trait de caractère.
[Nétivot Olam]

-> Examine toutes les histoires du Tana'h et tu y verras que tous les échecs peuvent être attribués à la jalousie, à l'envie, et aux honneurs.
[Rabbi Leib ‘Hassman - Ohr Yahel]

-> La jalousie est sans aucun doute le mauvais trait de caractère le plus efficace pour être retiré de ce monde.
[Rabbi 'Haim Chmoulevitz - Si'hot Moussar - Bamidbar 5731]

-> La jalousie n'est pas seulement un mauvais trait de caractère, c'est une maladie grave et dangereuse.
[le Roch - Or'hot 'Haïm]

-> L'essence de la jalousie est un désir profond d'être quelqu'un d'autre, et dans sa forme extrême c'est une annulation complète de soi-même.
[Rav Wolbe - Alé Chour]

[ainsi, lorsque nous ne sommes plus au commande de nous-même par jalousie, alors le yétser ara devient libre de faire ce qu’il souhaite !]

-> Au bout du compte, toutes les fautes peuvent être attribuées à la convoitise.
[Gaon de Vilna - Even Chléma - chap.3]

Par exemple, rabbi Tsadok haCohen (Pri Tsadik) affirme : "Le lachon hara et la calomnie proviennent de la jalousie et de la colère."

[en effet, puisque je n'ai pas ce qui selon moi doit me revenir de droit, alors au nom de cette injustice tout m'est permis! ]

-> La jalousie nous fait transgresser de nombreuses mitsvot sans que l'on s'en rende compte : "Ne hais pas" ; "Ne te venge pas" ; "Aime ton prochain comme toi même", ... [par exemple : à chaque fois que nous y pensons!]
La personne cible de notre jalousie, va inévitablement également nous haïr.
[Rav Méïr Margoliot]

L’importance de ne pas répondre aux disputes

+ L'importance de ne pas répondre aux disputes :

-> "Qui sont ceux que D. aime et qui rayonneront de l’éclat du soleil de midi?
Ce sont ceux qui, lorsqu’ils se voient réprimandés, ne répondent pas."
[guémara Guittin 36b]

-> "Le monde ne se maintient que grâce à celui qui garde la bouche fermée (bolem) lors d'une dispute, comme il est écrit : "Il suspend la terre sur le néant (bélima)" (Iyov 26,7)"
[Rabbi Ilaï - guémara 'Houlin 89a]

-> "A quiconque laisse passer les insultes qu'on lui adresse, D. passe toutes ses fautes.
[...]
A qui pardonne-t-Il la faute?
A celui qui laisse passer le péché qu'on lui fait."
[Rava - guémara Roch Hachana 17a]

Rachi explique : "l'Attribut de justice n'est pas pointilleux à son égard, mais laisse passer [ses fautes]".
Hachem va alors se comporter à notre égard avec plein de bonté.

Le rav Shach affirme que durant toute sa vie, il n'a vu personne qui n'a pas été pointilleuse avec autrui, et qui au final en a été perdante.
Hachem voit tout ce que l'on fait, et lorsque nous cédons, nous gagnons beaucoup beaucoup plus que ce que nous croyons perdre.

-> "Même si quelqu'un a commis de nombreuses fautes, s'il reste silencieux lorsque des disputes surgissent, il va mériter que Hachem réduise également au silence les lèvres de ses anges accusateurs."
[le 'Hafets 'Haïm - 'Hovot haChmira 6]

-> Par un jour de jeûne décrété pour faire tomber la pluie, Rabbi Eliézer, était l'officiant.
Il récita 24 bénédictions mais ne fut pas exaucé.

Lorsque Rabbi Akiva devint officiant après lui, et qu'il dit : "Notre père, notre Roi, nous n'avons pas d'autre roi que Toi. Notre père, notre Roi, en Ton Nom ait pitié de nous!", la pluie se mit immédiatement à tomber.

Les sages murmurèrent que Rabbi Akiva était donc plus grand que Rabbi Eliézer.
C'est alors qu'une Voix Céleste proclama : "Ce n'est pas parce que l'un est plus grand que l'autre, mais parce que l'un passe sur les insultes qu'on lui fait et que l'autre ne passe pas sur les insultes qu'on lui fait".
[guémara Taanit 25b]

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-> Le Pélé Yoets (Eré'h Bizayon) écrit, sur la base de nos Sages et de versets du Tana'h, que si quelqu'un nous fait honte, nous ne devrions pas avoir la moindre colère contre lui ou tenter de nous venger. Nous devrions plutôt remercier Hachem, qui a envoyé cette personne spécifiquement pour nous embarrasser afin de nous purifier de nos péchés.
Nous devons apprécier le fait que Hachem nous a donné une forme simple de kappara (expiation) qui n'implique pas la perte d'argent ou de santé.

Le Pélé Yoets poursuit en disant que lorsqu'une personne a honte, c'est un grand honneur qui lui a été accordé par Hachem dans son grand amour. Pour que la honte atteigne son but, la personne doit l'accepter avec amour et être heureuse que cela se soit produit.
La guémara (Guittin 36b) fait l'éloge d'une personne qui a cette réaction appropriée lorsqu'elle a honte.
De plus, outre la kappara fournit, cela ouvre également la porte à de futures bénédictions célestes.

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-> La guémara (Shabbath 88b) dit que si une personne a honte ou bien est insultée, et qu'elle est capable de s'abstenir de s'en prendre à celui qui lui fait honte, et qu'elle est en fait heureuse de penser à l'expiation qu'Hachem vient de lui fournir, elle est appelée une personne qui aime Hachem. A l'avenir elle méritera que son visage rayonne de sainteté aussi brillant que le soleil.
Le Or'hot Tsadikim (Chaar haBoucha) écrit que cette récompense est mesure pour mesure : son visage a perdu sa couleur quand il a été tout honteux et il l'a accepté, alors Hachem restaurera cette couleur avec un éclat plus brillant que le soleil.
Une telle personne est appelé quelqu'un qui aime Hachem parce qu'il a restauré son penchant naturel pour honorer Hachem en faisant Sa volonté et en acceptant l'humiliation.
C'est un acte d'émouna complète, croyant que Hachem est derrière l'épisode tout entier et que c'est pour le meilleur.

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-> "Une personne qui témoigne de la miséricorde, reçoit de la miséricorde du Ciel"
[guémara Shabbath 151]

-> Notre conduite sur terre déclenche une réponse identique d'En-Haut.
Si on agit avec bonté sur terre, alors on provoque la bonté d'En-Haut, et la journée est couronnée de bienveillance (divine).
Si on se comporte avec miséricorde sur terre, alors la miséricorde [Divine] se réveille sur ce jour, et l'on est couronné de miséricorde (divine).

De plus, les mérites que l'on a pour avoir stimulé la bonté devant Hachem, vont nous servir en cas de besoin.
[Zohar - Emor]

-> Rav Houna était une fois gravement malade, et lorsque rav Papa l'a vu dans cet état de faiblesse extrême, il était certain qu'il était sur le point de mourir, et il a ainsi demandé à ses proches de préparer son linceul.

Par la suite, Rav Houna a totalement récupéré, et rav Papa avait très honte de son avis hâtif.

Rav Houna lui dit alors : "N'en sois pas désolé, tu avais raison. En effet, la mort avait était décrétée sur moi, mais Hachem a décidé que puisque je ne suis pas exigeant avec les autres et que je n'insiste pas pour faire valoir mes droits, alors du Ciel ils n'ont pas été exigeants avec mes fautes.
Par ce mérite, il m'a été accordé de pouvoir continuer à vivre!"
[guémara Roch Hachana 17]

[Comment pouvons-nous préférer avec le dernier mot, au prix d'avoir comme conséquence de vivre moins longtemps, d'être jugé avec plus de rigueur?
Cela fait très cher payé!]

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-> Rav Abba était assis à l'entrée de la ville de Lod, et il a vu un homme se reposant sous l'avancée d'une montagne.
Alors que ce dernier était en train de dormir, une partie d'un arbre s'est cassée et a écrasé un serpent vénéneux qui était sur le point de le mordre.
L'homme s'est réveillé, et dès qu'il a quitté l'endroit, le rebord d'où il était s'est écroulé en bas de la montagne.

Rav Abba a courut après cet homme, et lui a demandé de raconter les actions qu'il avait pu commettre pour être méritant de 2 miracles successifs.
L'homme a dit : "Durant toute ma vie j'ai toujours pardonné facilement à tout celui qui a pu me blesser. Je n'ai jamais eu de rancune envers une personne qui m'a fait du mal. En fait, j'ai toujours essayé de voir en quoi je pouvais l'aider."

Lorsque Rav Abba a entendu cela, il a déclaré : "Les actes de ce juif sont encore plus grande que le saint Yossef.
En effet, les frères de Yossef lui ont amené beaucoup de souffrances, et il avait quand même de la compassion pour eux.
Cet homme est indulgent avec tout le monde [pas uniquement ses frères] ; c'est pourquoi il est méritant d'avoir un miracle après l'autre."
[Zohar - Mikets]

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-> "Lorsqu'une personne est insultée [et ne répond pas], elle gagne le mérite de milliers de souffrances."
[Rav Moché Leib de Sassov]

-> "Heureux celui qui entend des paroles humiliantes et s'est habitué à garder le silence ... il gagne d'être épargné de 100 malheurs [qu'il aurait subi s'il s'était querellé]"
[guémara Sanhédrin 7a]

-> Il faut accepter avec amour la peine résultant d'une insulte et d'une humiliation, puisque cela nous sert d'expiation à nos fautes.
[Chla haKadoch - Chaar haRatson]
[plutôt que se croire rabaissé, il faut plutôt avoir conscience d'être nettoyé spirituellement!]

Le Chla haKadoch (massé'hét Yoma - Déré'h 'Haïm - 44) écrit : "Une dispute retire 100 parnassa" (ma'hlokét a'hat do'hé méa parnassot).
- Les gens étaient étonnés de voir à quel point une personne faisait tout pour éviter les disputes. Il leur a expliqué : "Combien d'efforts est-on prêt à déployer pour obtenir notre parnassa (subsistance) [n'est-il pas logique d'en faire au moins pareil pour ne pas la perdre à cause de disputes]?"
- Le frère du Imré Emet faisait remarquer que la 1ere chose à faire lorsque l'on a des difficultés de parnassa, c'est de ne pas se prendre la tête, de ne pas se disputer, car cela va nous retirer "100 parnassot".  [vu la situation, on peut vraiment pas se permettre ce luxe si coûteux! 🙂 ]

-> Le Or'hot Tsadikim (Chaar haAnava) dit que selon nos Sages lorsqu'une personne est humiliée (et ne répond pas), c'est un moment propice pour qu'elle prie.
Une explication est qu'elle a fait concrètement preuve d'une grande humilité, en acceptant pour Hachem de s'écraser devant les attaques d'autrui. Or, D. fait reposer Sa présence sur une personne humble, et Il répond immédiatement à ses prières.

-> Le meilleur trait de caractère consiste à "s'habituer" à ne pas s'affliger des affronts, au point de n'en ressentir aucune peine.
[Ben Ich 'Haï - Ben Yéhoyada - Sanhédrin 7a]

-> Si un homme humilie son prochain par ses accusations mensongères et que celui-ci garde le silence, [le Ciel] fait passer les mérites de l'offenseur au crédit de l'offensé et met les faute de l'offensé sur le compte de l'offenseur.
[Réchit 'Hokhma]

-> Combien est sot celui qui part en croisade contre ceux qui l'humilient!
Il devrait les remercier de lui avoir accordés de la vie et de l'avoir sauvés de la mort.
[Damések Eliézer]

[Lorsque nous acceptons qu'autrui n'est qu'un bâton tenu par Hachem, il devient plus facile de le supporter.
Il va de soit que l'autre personne devra rendre des comptes au Maître du monde.]

-> Un jour le rabbi Mena'hem Mendel de Prémichlan a convié tous ses proches à fêter l'humiliation publique qu'il avait pu recevoir en ce jour.

Il a expliqué : Lorsqu'une personne est humiliée, on lui offre un moyen simple de purifier les conséquences de ses fautes, ce qui fait que l'on doit être doublement heureux : d'être tout propre spirituellement, et de s'être vu proposé un des moyens de nettoyage le plus facile.

-> De même, un jour rabbi Yé'hezkel Levenstein est rentré particulièrement joyeux chez lui. A sa famille qui s'interrogeait sur la raison d'une joie si extrême, il a répondu : "Je viens juste de me faire humilier!"

-> Le rav 'Haïm Vital écrit que si nous savions à quel point le fait de subir une honte est en réalité positif pour nous, nous rechercherions à avoir honte.

Le Ramak écrit que Hachem, dans Son infinie bonté, nous permet d'être nettoyés de nos fautes dans ce monde, afin de ne pas subir de punition dans le monde à Venir.
[ainsi, une moment de honte est certes désagréable, mais c'est une affaire en or que nous offre autrui, car cela nous dispense d'une quantité importante de souffrances dans ce monde et surtout dans celui à Venir! Comment ne pas en être joyeux!!]

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-> "Lorsqu'on m'insulte ou que l'on m'offense en publique, je visualise en face de moi une balance. D'un côté il y a mes fautes, et d'un autre côté les difficultés et les insultes.
Je regarde, et je remarque que mes fautes pèsent plus lourd. Je reste alors silencieux et accepte ce qui m'arrive comme étant de la justice Divine [me permettant au final de diminuer le poids de mes fautes, faisant que ma balance penche moins en ma défaveur!]."
[Séfer 'Harédim]

-> Si on vous insulte ou embarrasse, appréciez ce moment [sans y répondre].
En effet, c'est un remède pour l'âme qui ne peut pas être acheté, quelqu'en soit le prix.
Soyez reconnaissant envers cette personne qui vous dispute, car il n'existe pas de traitement plus efficace pour expier nos fautes.
[Rav Heiman - Otzar haPisgamim]

-> La souffrance la plus efficace est celle de se faire humilier [sans qu'on y réponde] : cela pénètre le cœur et nettoie de toutes les fautes.
[Réchit 'Hokhma]

Un jour près avoir étudié ces paroles, le 'Hafets 'Haïm s'est mis à pleurer : "Je n'ai jamais mérité qu'une personne me fasse honte ou m'humilie, au contraire, où que j'aille les gens m'honorent."

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-> Lorsque nous sommes insultés par une personne qui est malade mentalement, nous comprenons qu'il n'y a pas de raison de s'énerver ou de se venger (elle est pas bien dans sa tête).
A nos yeux, la situation ne doit pas être différente, lorsqu'une personne dans sa folie/égarement en vient à nous insulter, humilier.
[elle a perdu la tête, elle n'est pas elle-même, ne pense plus vraiment ce qu'elle dit, ... on verra cela plus tard lorsque son esprit lui sera revenu!]

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-> Si tu es traité d'âne, c'est-à-dire que tu es "insulté", et que tu acceptes ce reproche ou cette critique sans te disputer avec celui qui t'a offensé et si tu ne te prends pas pour un homme important, alors Hachem t'aidera à combler et réparer tes manques, tes défauts ('hissronot).
[Maharal - 'Hidouché Agadot - Baba Kama 92a]

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Tout juif qui entend l'humiliation qui lui est adressée et ne répond pas, se transforme en personne capable d'opérer des miracles.
[rav Yaakov Israël Pozen]

-> Le roi David écrit : "Ceux qui sont assis aux portes déblatèrent contre moi, les buveurs de liqueurs fortes me chansonnent. Toutefois, ma prière s’élève vers toi, Hachem, au moment propice ; ô D., dans ta bonté infinie, exauce-moi, en m’accordant ton aide fidèle" (Téhilim 69,13-14).
Le Malbim commente que le roi David dit que le moment où il entend qu'on se moque de lui est le moment propice pour prier et être exaucé.

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-> "Commencer une querelle, c'est ouvrir une digue. Avant que la dispute s'anime retire-toi" (Michlé 17,14)

Nos Sages (guémara Sanhédrin 7a) donnent les 2 explications suivantes :
1°/ si l'on ne rebouche pas rapidement le petit trou d'où coule de l'eau, il s'agrandit jusqu'à ce qu'on ne puisse plus le boucher ;

2°/ Celui qui commence une dispute sera confronté à une avalanche de 100 mauvais décrets.
[Rachi explique que le mot en hébreu du verset "madone" fait allusion aux mots : "méa diné" = 100 décrets]
La guémara rapporte l'histoire d'un homme qui disait : "Celui qui a l'habitude d'entendre et de se taire méritera de faire taire 100 mauvais décrets qui planent sur lui".
Rachi explique : "Heureux soit celui qui s'habitue à se taire lorsqu'on l'humilie ; il est ainsi sauvé de 100 malheurs qui pesaient sur lui".

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+ "Lorsque quelqu'un pourrait se révolter contre son prochain qui lui a causé un préjudice et se tait [alors], Celui qui se trouve dans le buisson [Hachem] le jugera"
[rav A'ha de Bé'Hozaa - guémara Guittin 7a]

Hachem qui était installé dans le buisson ardent lorsqu'Il s'est dévoilé à Moché, jugera cet homme pour le délivrer immédiatement de celui qui lui a fait du mal.
=> Pourquoi spécifier qu'Hachem "Qui est installé dans le buisson" fera le jugement?

-> Le Yétev Lev répond :
Lorsque Moché a découvert ce buisson, il est écrit : "Il remarqua que le buisson était en feu et cependant il ne se consumait point" (Chémot 3,2).
Il s'en étonna : "Comment est-il possible que quelqu'un me brûle et que je ne sois pas brûlé?"
La réponse est que celui qui semble me brûler n'est pas le véritable auteur. Il y a quelqu'un au-dessus de lui qui brûle.
L'ange d'Hachem, qui apparaît dans le buisson, veut donc apprendre à Moché ce principe : le feu ne brûle pas, c'est Hachem qui lui ordonne de brûler!

=> On tire de là une leçon importante : même si quelqu'un t'a blessé, et que tu pourrais trouver légitime de te venger, sache que c'est Hachem qui a décidé que tu serais blessé! Alors, qu'as-tu à t'en prendre à ton ami? Ce n'est pas la bonne adresse.
Celui qui a l'intelligence de se taire à ce moment-là, montre qu'il a compris le message du buisson.

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-> "Moché se leva et partit voir Datan et Aviram" (Kora'h 16,25)

=> Pourquoi la Torah dit-elle : "Moché se leva"? Si c'était pour nous dire qu'il était assis préalablement, en quoi cette information nous est-elle utile?

-> Le Ohr ha'Haïm haKadoch répond :
Il est écrit : "Avant la défaite, le racha est élevé" (Michlé 16,18) ; "Avant les honneurs, se trouve la modestie" (Michlé 18,12), et nos Sages (midrach Chémot rabba 45) ont enseigné : "Mon humiliation m'a valu l'élévation".
C'est ce que dit donc notre verset : "Moché se leva" = c'est une élévation pour lui que d'aller lui-même parler à Datan et Aviram, des hommes mauvais qui lui ont fait honte et refusaient de se présenter devant lui. Il s'est rabaissé en les visitant lui-même.
- "Avant la défaite, le racha est élevé" se rapporte donc à Datan et Aviram qui sont honorés de la visite de Moché en personne, juste avant la punition.
- Et "avant les honneurs se trouve la modestie" se rapporte à Moché qui se rabaisse en se déplaçant chez eux, juste qu'Hachem ne prenne sa défense.

=> La Torah atteste donc que ce qui semblait être, à première vue, une humiliation pour Moché (ils lui ont fait honte verbalement en public), était en fait une ascension pour lui, une grandeur : "Moché se leva".

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-> Le Rambam, dans une lettre qu’il adressa à son fils, écrit les mots suivants :
"Ne rendez pas vos âmes abominables avec la dispute qui détruit le corps, l’âme et les biens. J’ai vu des enfants mourir, des familles décimées, des villes chanceler, des communautés disséminées, des gens pieux disparaître, des hommes de foi se perdre, et de nobles personnes frappées, à cause des querelles.
Les prophètes prophétisèrent, les sages firent preuve de sagesse, et ils ne cessèrent de conter les méfaits de la dispute, sans jamais parvenir au terme du récit.
C’est pourquoi haïssez-la et fuyez-la, écartez-vous de tous ceux qui la chérissent, qui la recherchent et qui l’aiment, de crainte d’être emporté dans leur fautes."

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-> Quand l'homme est confronté à une querelle et à une dispute, et qu'il se tait, sans se soucier du conflit et des mépris dont il est l'objet, en écoutant son outrage sans répliquer, une telle attitude constitue l'essentiel de son repentir et de sa réparation à l'égard de toutes ses fautes ; il agit vraiment avec sagesse, mérite l'honneur de D., ainsi qu'une bonne plece dans le monde à venir, et il parviendra à s'inclure dans l'aspect de l'homme qui siège sur le trône, de qui émane le jugement pour tous les habitants du monde.
[rabbi Na'hman de Breslev - Likouté Moharan - Torah 6]

-> Grâce au fait que l'homme entend son outrage et ne répond pas, en agissant ainsi par amour, et non dans le but d'énerver son prochain davantage par le silence, il repousse de la sorte toutes les écorces impures afin qu'elles ne s'agrippent pas à la sainteté.
[rabbi Na'hman de Breslev - Likouté Moharan - Torah 82]

-> Celui qui retient ses paroles [parle avec retenue], personne ne pourra le vaincre.
[rabbi Na'hman de Breslev - Séfer haMidot - mériva]

-> A cause de la colère, des accusateurs et des ennemis s'éveillent contre l'homme, et s'opposent à lui.
[rabbi Na'hman de Breslev - Likouté Moharan - Torah 57,6]

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-> A cause des querelles, survient la pauvreté, et on n'a pas le mérite de trouver de remède ; mais grâce à la paix, viennent la guérison et le gagne-pain.
[rabbi Na'hman de Breslev - Likouté Moharan - Torah 277]

-> C'est au cœur de la querelle que se tiend le Satan.
[rabbi Na'hman de Breslev - Séfer haMidot - mériva]

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-> b'h, l'exemple de Elyassaf appelé "ami de D." : https://todahm.com/2021/05/23/31793

"Celui qui fait fauter autrui est pire que celui qui le tue"

[midrach Bamidbar rabba 21]

Jalousie et mauvais œil (ayin ara)

+ Jalousie et mauvais œil (ayin ara) :

-> A la vue d'un cimetière de 100 tombes, Rav a déclaré que 99 de ces personnes sont mortes à cause du mauvais œil (ayin ara), tandis qu'une seule est morte de cause naturelle.
[guémara Baba Métsia 107b]

Le rav Shalom Messas explique que cela ne signifie pas que les gens meurent car d'autres jettent un mauvais œil sur eux.
Le sens véritable de ce passage est que ces personnes sont mortes car elles ont regardé d'un mauvais œil autrui.
Un feu interne de jalousie pour les possessions et les succès des autres a brûlé en eux, et cela a conduit à leur mort prématurée.

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-> b'h, également lié à cela : https://todahm.com/2020/07/22/14458

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-> Le Shomer Emounim enseigne que la meilleure protection contre le ayin ara est d'agir modestement, en étant réellement préoccupé par le sentiment des autres.
Cela implique qu'il faut minimiser nos capacités, tout en développant celles des autres.

-> Lorsque le roi Shaül a vu que son énorme armure s'est miraculeusement ajustée pour prendre parfaitement la taille de David, il a présumé que David sera son successeur (Chmouël I 17,38).

Selon le midrach (Vayikra rabba 21,8), David voyant le visage de Shaül pâlir, il a immédiatement déclaré qu'il ne pouvait pas supporter une charge si lourde et il a retiré l'armure.
En effet, David ne voulait pas prendre le risque d'être la cause de la jalousie du roi Shaül.

=> On voit de là l'importance d'être vigilant à éviter de faire des choses pouvant entraîner de la jalousie chez autrui.

-> Rabbi Yéhochoua dit : "Le mauvais œil [c'est-à-dire le regard envieux et nuisible portée par celui qui ne se contente pas de ce qu'il a], le mauvais penchant et la haine des êtres vivants expulsent l'homme du monde." [Pirké Avot 2,11]

-> Un homme riche est autorisé à mentir à propos de sa richesse, s'il craint un ayin ara ou bien s'il ne souhaite pas éveiller de la jalousie.
[rav Eliyashiv]

-> La fille du rav Eliyashiv, femme du rav Its'hak Zilberstein, ne marchait jamais à l'extérieur avec son mari, afin d'éviter indirectement de générer de la souffrance et de la jalousie chez ceux qui n'avaient pas la chance d'avoir un conjoint.

-> La guémara (Baba Batra 2b) nous conseille de "ne pas nous tenir devant le champ de notre voisin lorsque le champ est fleuri".
En effet, il y a un risque de jalousie, de générer des dégâts suite à un ayin ara (plus ou moins conscient).

-> En pleine famine, Yaakov envoya ses fils prendre des provisions de blé en Egypte (Mikets 42,1).
Rachi commente : "Pourquoi donnez-vous l’impression aux descendants de Yichmaël et de Essav que vous êtes rassasiés?
A ce moment-là il leur restait encore du blé. A mon avis, le sens simple est le suivant : Pourquoi faudrait-il que tout le monde vous regarde avec étonnement du fait que vous ne recherchez pas de nourriture aussi longtemps que vos réserves ne sont pas épuisées?"

Le midrach dit également : "N'entrez pas tous en [Egypte] par la même porte à cause du mauvais œil [car un homme béni de 10 fils tels que vous risque d'être un objet d'envie]."

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-> Le rav Eliyahou Dessler (cité dans le Sia’h ‘Haïm I,237) explique que lorsque Hachem a décidé et décrété initialement qu’une personne avait le droit à quelque chose, Il trouvait qu’elle était méritante pour bénéficier d’un certain avantage personnel.

Cependant, si cette personne va s’en servir de façon ostentatoire, cela risque d’entraîner de la souffrance et de la jalousie chez d’autres (pourquoi elle a et pas moi!).
Hachem doit alors refaire les comptes. En effet, certes elle mérite d’avoir ce plaisir pour elle-même, mais il faut maintenant également considérer que cela va entraîner de la souffrance chez autrui par le fait de l’avoir publiquement exhibé.

Après le nouveau verdict : soit elle est encore méritante pour avoir ce bien, soit Hachem va considérer qu’elle ne mérite plus d’avoir ce profit à cause des conséquences que cela va avoir sur son environnement.

=> Quelque soit notre situation (celui qui jalouse ou bien celui qui est jalousé), une telle attitude ne fait que causer des dégâts et des malheurs.
C'est du perdant - perdant pour tout le monde!

[Le fait de ne pas jalouser, au-delà d'être une preuve de notre émouna, au-delà d'être très bénéfique pour nous, c'est une expression de notre amour pour autrui, puisqu'ainsi on n'attire pas sur lui les foudres du ayin ara]

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-> Selon le 'Hazon Ich, l'homme par sa simple pensée peut avoir une influence dans le monde.
[Pense bien et tout ira bien => ainsi lorsqu'on a un mauvais oeil sur nous ou autrui, on peut malheureusement l'influencer à distance négativement (et inversement).]

-> Rabbénou Yona dit que lorsque l'on envie ce qui appartient à autrui, il y a une sorte d'air qui va sortir de cette pensée, et elle a le pouvoir de détruire ce sur quoi j'ai pu jalouser, ainsi que nous-même.
[ainsi, si par exemple on aurait dû recevoir cette chose, on ne la recevra pas]

-> Selon le rav Dessler, le ayin ara remet en cause la notion de arévim, de l'unité du peuple juif.
[pourquoi lui il a et pas moi, cela implique que lui est distinct de moi => que je développe une division entre les juifs. Or, l'unité est notre force et une source énorme de bénédictions (même si l'on est pas méritant).
Par le ayin ara je divise, et donc j'empêche des bonnes choses de nous arriver, et je permets de mauvaises de nous parvenir.
Cela est à l'image d'un père qui se réjouit de voir ses enfants unis, et alors il leur donne tout ce qu'ils veulent. Mais s'il y a une division, alors le père prend ses distances, il est triste et n'a plus le cœur à leur donner des choses, ... ]

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-> b'h, des réflexions importantes sur la notion de Ayin ara : https://todahm.com/2016/01/22/35876

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-> Pharaon dit à Yaakov : "Combien sont les jours des années de ta vie?"
Yaakov dit à Pharaon : "Les jours des années de mes pérégrinations sont 130 ans. Peu nombreux et mauvais ont été les jours des années de ma vie" (Vayigach 47,8-9)

Selon le Daat Zékénim, parce que Yaakov a fait allusion à ses années en mal, Hachem l’a puni et il est mort à 147 ans, soit 33 années en moins que son père.

Le rav Moché Sternbuch (Taam véDaat) explique que probablement Yaakov avait peur que Pharaon devienne jaloux de sa longue vie, et mette sur lui son mauvais œil (ayin ara). C’est pour cela qu’il a dit : "peu nombreux et mauvais ont été les jours des années de ma vie".

Le rav Sternbuch ajoute : "Nous voyons de là que nous ne devons jamais nous vanter à propos de notre famille, de notre richesse, … et éviter ainsi le mauvais œil, qui vient sur nous par le biais de la jalousie."

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-> Afin de se préserver du mauvais œil, la guémara (Béra'hot 55b) nous conseille de placer notre pouce droit sur le pouce gauche et de dire : "Je suis de la descendance de Yossef qui ne craint pas le mauvais œil" (ana mi zara déYossef kaatina délo chalta bé éna bicha).

Certains disent que Yossef a bénéficié de ce pouvoir de sa mère Ra'hel qui a parfaitement surmonté sa tendance à la jalousie, et qui a ainsi transmis ce mérite à sa descendance.

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-> "Hachem enlèvera de toi toute maladie et tous les fléaux de l'Egypte, Il ne les placera pas en toi" (Ekev 7,15)

=> Pourquoi concernant les fléaux, il est dit qu'Il ne te les placera pas, alors que pour les maladies, il est dit qu'Il les enlèvera de toi, sous-entendu qu'Il te les placera pour ensuite les enlever de toi?

C'est pour répondre à cette question que les Sages disent que ces maladies font référence au mauvais œil (ayin ara), qui vient du fait de la jalousie d'autrui. Or Hachem, qui souhaite maintenir le libre arbitre auprès des hommes, les laisse être jaloux s'ils le choisissent et ne les empêche pas de l'être. De ce fait, les maux causés par le mauvais œil viendront naturellement sur les personnes jalousées et Hachem aura donc besoin de les enlever de
toi.
C'est pourquoi, le verset ne dit pas qu'Hachem "ne les placera pas en toi", car pour cela, il faudrait empêcher les hommes d'être jaloux, ce qu'Hachem ne fait pas, pour ne pas altérer le libre arbitre.
Ainsi, le choix de l'expression "Hachem enlèvera de toi" plutôt que "ne te les placera pas", suggère donc que ces maladies évoquent le mauvais œil, dépendant du libre arbitre.
[Arougat Habossem]

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-> "La bénédiction réside dans ce qui est caché de l'œil" [guémara Ta’anit 8b]

-> La guémara (Béra'hot 55b) enseigne également :
"De la même façon que les poissons de la mer sont recouverts par l'eau et que le mauvais œil n'a pas d'emprise sur eux, le mauvais œil n'a pas d'emprise sur la descendance de Yossef.
Et s’il a peur de son propre mauvais œil, qu'il regarde le côté de sa narine gauche."

-> La descendance de Yossef est comparée aux poissons, qui sont mis à l'écart, immergés dans l'eau. [guémara Béra'hot 20a]
Puisque leur habitat se trouve à l'abri des regards, ils sont bénis.

-> Il est écrit dans la suite de cette guémara (Béra'hot 20a) : "un œil qui refuse de se délecter de ce qui n'est pas à lui, le mauvais œil n'a aucune emprise sur lui".
Le rav Eliyahou Dessler enseigne : dans une certaine mesure l'homme qui provoque la jalousie d'autrui, il est jugé en fonction de la stricte justice.
En effet, on sait parfaitement que celui qui ne vit absolument pas pour lui-même et dont toute la vie se passe à donner plutôt qu'à prendre ne suscite pas la jalousie ...
Il y a 2 choses qui caractérisent les poissons : ils sont cachés aux yeux, et ils vivent dans leur univers sans compétition avec les êtres qui vivent sur la terre.
Cela nous enseigne que celui qui vit en étant caché des yeux, et dont les aspirations sont différentes de celles de la vie de la rue, ne suscite aucune jalousie.

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-> Le midrach Tan’houma rapporte que les 1eres Tables de la Loi ont été données au mont Sinaï à toute la nation avec les tonnerres, les éclairs et de la fumée.
En conséquence du fait qu’elles ont été transmises avec une publicité énorme (la Création entière s’est arrêtée face à ce moment historique), cela a entraîné qu’elles ont été impactées par le "mauvais œil" (ayin ara), et elles ne pouvaient pas perdurer éternellement (la bénédiction réside dans ce qui est caché!).

=> Selon ce midrach, Moché a brisé ces lou’hot d’une manière ostensible, comme pour réduire en morceau le ayin ara présent.
[Par contre, les 2e Tables furent données plus discrètement et restèrent entières.]

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-> Avraham était très prudent. Après qu'Its'hak fût resté en vie à la suite de sa ligature sur l'autel, Avraham l'amena la nuit à la yéchiva de Chèm. Il ne voulait pas même qu'Ichmaël et Eliézer le regardent par peur du mauvais œil.
[midrach Béréchit rabba - Vayéra]

-> Le Daat Zékénim enseigne qu'après la Akéda Avraham a fait partir Its'hak, en cachette pendant la nuit, afin de le protéger du mauvais œil (ayin ara). [le ayin ara pouvant résider dans tout ce qui sort nettement de l'ordinaire]
Il fait remarquer que suite au sauvetage miraculeux de la fournaise de 'Hanania, Michaël et Azaria, il n'est plus fait aucune mention d'eux. Une opinion de la guémara (Sanhédrin 93a) est qu'ils sont morts à cause du mauvais œil.
[ils étaient au milieu des flammes et en sont sortis indemnes. Tout le monde les regardait avec étonnement tout le temps, et cela les a impacté négativement.]

-> D'un autre côté, il est écrit : "Chantez en son honneur, célébrez-le, entretenez-vous de toutes ses merveilles" (Téhilim 105,2).
=> Alors faut-il partager les miracles d'Hachem ou bien risque-t-on le ayin ara?
Le rav Zilberstein explique qu'un miracle dévoilé qui ne peut être expliqué par des moyens naturels est quelque chose qui doit être caché aux autres. Cependant, la plupart des miracles que les gens vivent peuvent être expliqués d'une manière naturelle, et ainsi ils doivent absolument être rendus public.

Faire connaître un miracle est une grande avodat Hachem. Le Zohar haKadoch (Bo - p.40b) écrit qu'il incombe aux gens de parler des merveilles d'Hachem. Quand ils le font, les anges au Ciel se rassemblent pour écouter ses louanges et ils louent Hachem, et par conséquent le nom d'Hachem devient glorifié.
[ainsi, sous couvert de peur de ayin ara, on ne doit pas passer à côté d'une occasion de grandir le Nom Divin]

-> C'est également ce qui se produisit pour la Chounamite, la femme qui se plaignit du créancier venu emmener ses fils comme esclaves (Méla'him II 4,1).
Elicha pria pour elle et une cruche déborda d'huile au point qu'elle put remplir de nombreux récipients.
A ce moment-là, Elicha lui recommanda de fermer la porte pour que le mauvais œil n'ait pas de prise sur elle et que la bénédiction puisse s'accomplir.
Il lui dit : "Tu viendras et fermeras la porte derrière toi et derrière ton fils" (Méla'him II 4,4).
[Kli Yakar]

-> Il est interdit de se tenir auprès du champ d'un fermier lorsque son blé est mûr. [guémara Baba Métsia 107a]
En effet, le simple fait de regarder son champ peut causer un grand dommage, même si on ne le regarde pas avec un mauvais œil. Un simple regard peut s'avérer plus néfaste que le poison.
Abarbanel écrit : Le regard a le pouvoir de causer du mal, il existe un serpent appelé : eff'é, dont le regard peut réellement tuer une personne.

-> Selon le midrach (Yalkout Réouvéni Katane), si Yossef n'avait pas raconté ses rêves à ses frères, ils se seraient réalisés immédiatement.
Du fait qu'il les a divulgués, il a été touché par le mauvais œil et il fallut 22 ans pour que ses rêves se concrétisent.

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-> Selon Rachi (Béaaloté'ha 12,1), la femme de Moché (Tsipora) était belle intérieurement par sa conduite, et extérieurement par sa beauté physique, et c'est pour cela qu'elle était surnommée négativement : "Kouchit" (noire) afin que le "mauvais œil" (ayin ara) n'ait pas prise sur elle.
[d'ailleurs, le mot "kouchit" (à la peau sombre) a la même valeur numérique que l'expression : "yéfat maré" (de belle apparence).]

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-> La Torah (Ki Tissa 30,12) dit que lors du recensement, chaque homme devrait donner une expiation pour son âme.
Hachem a ordonné qu'ils ne soient pas comptés individuellement.
En effet, toute chose dénombrée risque d'être affectée par le mauvais oeil (ayin ara). Par conséquent, si les juifs avaient été comptés individuellement, ils auraient couru le risque d'être frappés d'épidémie.
Après que le roi David ait compté les juifs par tête, ils furent victimes d'une épidémie au cours de laquelle 70 000 personnes moururent (Chmouël II 24) ...
[...]

["La bénédiction réside dans ce qui est caché de l’œil" (guémara Ta’anit 8b)]
[En ordonnant de ne pas compter les juifs individuellement,] Hachem ne voulait pas que le mauvais œil ait la moindre prise sur eux, et Il désirait qu'ils soient bénis.
[Méam Loez - Ki Tissa 30,12]

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-> "Moché dénombra sur l'ordre de Hachem (al pi Hachem = littéralement : par la bouche de Hachem)" (Bamidbar 3,16)
Selon un avis, seules les 11 tribus étaient comptées en donnant un demi Shékel, tandis que pour celle de Lévi, Moché se tint à l'entrée de chaque tente, et la voix de la Présence Divine émanait de l'intérieur et lui disait le nombre d'enfants présents (les Lévi'im étant comptés dès l'âge de 1 mois, à l'inverse des autres tribus : à partir de 20 ans).

Chaque tribu donnait un demi Shékel [en passant devant Moché] afin de ne pas être atteint par le mauvais œil. En effet, lorsque les gens sont dénombrés, ils sont observés et le mauvais œil peut leur nuire.
Le moyen d'éviter cela est que chacun donne une pièce, et que l'on compte les pièces plutôt que les hommes.
Les Lévi'im ne furent pas regardés pendant le recensement : Hachem Lui-même annonça leur nombre dans chaque tente. Ils n'eurent donc pas à donner un demi Shékel pour remédier au dommage causé par le mauvais œil.
[Méam Loez - Ki Tissa 30,13]

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-> Le ayin ara (l’œil malveillant) d'autrui accuse les biens de toute personne qui a commis une faute (même légère) sur le plan financier, surtout lorsqu'il s'agit d'un sage en Torah.
[Ben Ich 'Haï - guémara Béra'hot 5b
(où les 400 tonneaux de vin (עין רע a une valeur de 400) de rav Houna ont tourné au vinaigre).]

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-> Rabbi Yéhochoua ben 'Hanina répondit à la fille de l'empereur romain : "[certes il existe des gens qui sont beaux et savants en Torah mais] s'ils étaient laids, ils auraient été encore plus sages!". [guémara Nédarim 50b]

-> Le Ben Ich 'Haï (Ben Yehoyada Nédarim 50b) cite 2 raisons pour lesquelles la Torah se maintient mieux chez un homme laid :
- c'est parce que ce talmid 'hakham, malgré sa laideur, est honoré pour sa sagesse et les gens viennent lui embrasser la main.
Ainsi, chez l'homme laid, la magnificence de la Torah est davantage reconnaissable.
- Lorsque le talmid 'hakham est laid, l’œil malveillant ou envieux (le ayin ara) n'a pas de prise sur lui et il conserve son capital de Torah. Par contre, s'il est beau et sage, le ayin ara peut avoir prise sur lui et son capital de sagesse peut diminuer.

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-> "Avraham se leva le matin, il prit le pain et l'outre d'eau et les donna à Hagar, sur son épaule, ainsi que l'enfant" (Vayéra 21,14)

Rachi comment : L’enfant aussi, il l’a placé sur l’épaule de Hagar, parce que Sarah lui avait jeté le mauvais œil, de sorte qu’il avait attrapé une fièvre et ne pouvait plus marcher.

=> Pourquoi ne pas dire plutôt que s'il ne pouvait pas marcher c'est qu'il était malade?
En fait, nos Sages disent qu'avant Yaakov, la maladie n'existait pas, c'est Yaacov qui a prié pour qu'elle apparaisse.
Ainsi, Yichmaël ne pouvait pas être malade. En revanche, depuis toujours, le mauvais œil pouvait causer des dommages. C'est pourquoi, Rachi était forcé d'expliquer que Yichmaël était affaibli du fait du mauvais œil.
On voit de là l'unité de la Torah. Une information concernant Yichmaël ne peut être expliquée que conformément à une autre information concernant Yaakov.
[Rav Wolbe]

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+ Jalousie - Avec les non-juifs :

-> Selon la guémara (Taanit 10b), les juifs doivent éviter de faire étalage de leurs richesses et de leur succès devant leur voisinage qui est envieux, et souvent antisémite.

-> Le Kli Yakar(sur Dévarim 2,3) enseigne que la Torah demande aux juifs de faire profile bas dans leur exil et de ne pas faire étalage de leurs richesses, afin d'éviter de susciter la jalousie des non-juifs.
Le Kli Yakar continue en critiquant les juifs de sa génération qui vivent au-delà de leurs moyens, revêtant des habits luxueux et habitant dans des maisons somptueuses, encourageant par là même leurs voisins non-juifs à être contre eux.

-> Le Pélé Yoets (Galout) écrit :
"Il convient pour nous [les juifs] d'éviter de vivre d'une manière ostentatoire [comme par exemple] : dans la façon dont nous nous habillons, dans la magnificence des maisons dans lesquelles nous vivons, dans la manière spectaculaire/luxueuse avec laquelle nous faisons nos sim'ha (fêtes).
Même si quelqu'un est excessivement riche, il ne doit pas le montrer aux autres, car cela suscite la jalousie des nations.
Mais plutôt, les hommes et les femmes doivent vivre leur vie modestement, et leur maison doit avoir l'apparence d'une cabane dans un vignoble."

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-> Le Bné Yissa'har (Réguel Yéchara) enseigne : "Celui qui est dominé par le mauvais œil, que D. nous en préserve, doit regarder ses tsitsit."

-> Le 'Hida (Dvach Léfi) écrit au nom du Arizal : "Les tsitsit protègent du mauvais œil et des forces de touma (impureté)."

-> La source de ces enseignements se trouve dans le Zohar (Chéla'h Lé'ha 163b) : "L'homme qui se vêtit d'un tsitsit. le mauvais penchant n'a pas la capacité de lui nuire avec le mauvais œil."

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-> "Le mérite de réciter la Kriyat Shéma le matin et le soir nous sauve de l'ayin ara".
[rav 'Haïm Palagi - séfer Néfech 'Haïm ]

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-> Si une personne se considère comme un talon (la partie la plus base du corps humain), comme humble, alors le yétser ara ne pourra exercer contre elle aucune force afin de l'empêcher d'accomplir tous les commandements de Hachem.
[le 'Hida – Dvach Léfi - Ekev 7,12]

-> Le mauvais œil (ayin ara) n'a pas d'impact sur une personne qui garde ses yeux.
[Zohar - Tikounim 28a]

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-> Rabbi 'Hiya dit : "Ne mange pas le pain de celui qui a un mauvais oeil (ayin ara) et ne désire pas le goûter" (Zohar Chémot 3a).

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-> b'h, voir également : https://todahm.com/2020/03/23/12738

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-> l'enseignement du rabbi de Berditchev : Susciter les bénédictions, et non le ayin ara : https://todahm.com/2024/05/28/susciter-les-benedictions-et-non-le-ayin-ara
=> Lorsque nous nous concentrons sur la dimension Divine des choses (objet comme personne), nous suscitons des bénédictions sur elles, plutôt que le mauvais œil (ayin ara).