Pâtisserie spirituelle depuis 5771 - b'h
 

+ Le 'Hida (Midbar Kedaimot, maaré'het youd, 23) nous dit que lorsqu'une femme s'apprête à devenir enceinte, [l'ange] Gavriel prend cette goutte. Hachem dit ensuite à une certaine âme qu'elle doit entrer dans la goutte. Elle est alors envoyée dans un lieu de stockage d'images où selon son désir elle choisit son apparence [qu'elle aura dans ce monde physique]. C'est-à-dire qu'elle choisit de devenir un être grand ou petit, complet ou handicapé, faible ou fort, beau ou laid ...
Ainsi, personne ne peut se plaindre à Hachem puisque c'est ce qu'on a choisi.

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-> Le Zohar affirme qu'avant qu'une âme ne descende dans ce monde, elle réside sous le Trône de Gloire d'Hachem. Juste avant de descendre ici, avant d'entrer dans la porte de départ [vers ce monde], on lui montre tous les événements de la vie qu'elle va vivre, y compris tous les aspects de l'âme qui ont besoin d'être rectifiés.
Chaque âme choisit ses parents, ses frères et sœurs, ses amis, ses voisins, son conjoint, ses enfants et tous ceux qu'elle rencontrera au cours de sa vie. Elle choisit également le chemin qu'elle devra suivre dans la vie pour parvenir à la rectification.
Toutes les personnes avec lesquelles elle partage sa vie ont été choisies dans ce but. L'âme est absolument certaine que c'est le meilleur plan possible pour elle et elle n'en doute pas.
Aucune âme ne descend avant d'avoir signé son approbation qui a à voir avec sa vie dans ce monde, y compris les personnes qui feront partie de cette vie.

-> Le rav Yéhochoua Alt ajoute :
Au moment de notre naissance, Hachem fait en sorte que chacun d'entre nous oublie ce contrat de vie que notre âme a signé. De ce fait, nous sommes en mesure de fonctionner avec une totale liberté de choix, et l'âme peut commencer son voyage unique alors qu'elle est enfermée dans un corps physique.
Bien que nous ne nous en souvenions plus, le simple fait d'être conscient que c'est le cas peut créer un profond changement dans notre perspective sur nous-mêmes et sur ceux qui nous entourent.

Bien que nous puissions nous plaindre de notre situation, la vérité est que [dans le monde de Vérité] c'est ce que nous voulions (ce qu'il y a de mieux pour nous) et non la situation des autres.
Comme le dit la guémara (Baba Métsia 38a) : "adam rotsé békav shélo" (le sens littéral est qu'on préfère un kav de sa propre plutôt que 9 de celle de son ami). Cela inclut la famille dans laquelle nous avons été élevés, nos traits de caractère naturels (positifs et négatifs), nos talents, nos forces et nos faiblesses.
Notre situation est parfaite pour nous car elle contient tout ce dont nous avons besoin pour notre voyage dans ce monde.
[combien il est alors dommage dans ce monde d'obscurité de se plaindre, d'atteindre constamment d'avoir certaines choses (extérieures à nous) avant d'être heureux, avant d'agir pour exploiter au mieux notre vie (ex: si seulement j'avais alors je ...).]

-> Rabbénou Bé'hayé (Ki Tétsé) nous dit que tous les êtres vivants ont été créés selon leurs propres désirs. [d'après la vision du monde de Vérité, et non celle faussée de notre monde. ]

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-> "Moché sortit tous les bâtons de devant Hachem et les exposa devant les Bné Israël : ils les regardèrent, et reprirent chaque homme son bâton" (Kora'h 17,24)

-> On peut avoir tendance à penser que l'herbe semble plus verte chez autrui, et on peut alors en venir à souffrir, à se refuser d'être heureux en appréciant ce que l'on a déjà.
Le Rachach enseigne que si chacun posait sur une place publique un sac empli de toutes ses richesses, ses misères et ses épreuves, et qu’il avait ensuite la possibilité de choisir le sac qu’il voudrait, alors chacun reprendrait finalement le sac qu’il venait de poser.

Selon le rabbi Bounim de Pschisha, on retrouve cette idée dans le verset ci-dessus, où finalement chacun repris son bâton personnel, et réalisa pleinement que son lot dans la vie est ce qu'il y a de meilleur pour lui.

"Tu peux reconnaître la vraie nature d’une personne par 3 choses :
-> sa boisson [à quel point son esprit est sous contrôle lorsqu’il boit - Rachi] ;
-> sa poche [son intégrité dans le commerce - Rachi] ;
-> et sa colère [qu’il n’est pas extrêmement exigeant, et qu’il n’est pas contrarié par des choses qui énervent la plupart des gens - Rachi.] "
[guémara Erouvin 65b]

-> Rabbi 'Haïm Kreisworth explique cela différemment :
"sa boisson" (kosso) = se réfère au moment où l'on boit du vin, est-ce qu'on boit lorsqu'il s'agit d'une sim'ha et d'un événement à célébrer ou simplement pour faire la fête avec des amis et ainsi de suite. Un autre indicateur est la quantité de vin consommée.
"sa poche" (kisso) = à quoi consacre-t-il son argent? Est-ce qu'il le donne aux pauvres, aux synagogues/lieux d'études et à d'autres œuvres de charité ou pour construire une belle maison et acheter des gadgets fantaisistes?
"sa colère" (kaasso) = Qu'est-ce qui le perturbe? Certains sont attristés par la profanation du Shabbath, le lachon ara et d'autres choses semblables, tandis que d'autres sont contrariés parce que leur honneur a été bafoué ou d'autres choses insignifiantes (ex: l'équipe de foot a perdu).

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-> b'h, d'autres explications sur cette guémara : https://todahm.com/2015/08/10/3532-2

Aspirer à la venue du machia’h

+ Aspirer à la venue du machia'h :

-> Dans la Amida, nous disons : "ét tséma'h David ... ki lichouaté'ha kivinou kol hayom" (la descendance de David que Tu fasses rapidement prospérer, et que Tu rehausses sa fierté par Ton salut, car nous espérons Ton salut).
=> Nos Sages (comme le Béer Moché - Vayé'hi) font remarquer : on comprend la nécessité de demander la guéoula rapidement, mais que vient apporter le fait que nous l'espérons?
En ce sens, les mots "ki lichouaté'ha kivinou kol hayom" (car nous espérons Ton salut) semblent supplémentaires. Quelle différence cela peut-il faire si nous attendons impatiemment le salut/Délivrance?

Notre anticipation de la rédemption et du salut rapproche la venue du machia'h.
En substance, cette bénédiction de la Amida dit : "même si nous n'avons pas assez de mérites pour que le machia'h vienne, faisons en sorte qu'il arrive rapidement par le mérite du fait que nous sommes dans un état d'anticipation constante".
La même idée est exprimée dans la kédoucha (achkénaze) de Cha'harit de Shabbath, où nous disons : "de Ta place, notre Roi, tu apparaîtras et règneras sur nous, car nous t'attendons" (mimkom'ha malkénou sofia vétimlo'h alénou ki mé'hakim ana'hnou la'h).
[Nétivot Shalom - koutres ha'harouga alékha - tsipita léyéchouva]

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-> Le Nétivot Shalom y fait également remarquer que pendant la Shoa, le peuple juif a souffert des 'hévlé machia'h, les douleurs d'enfantement du machia'h, et cela d'une façon pleine dans tous ses détails.
Puisque nous avons déjà souffert les douleurs du machia'h, il n'y a aucun doute que chaque jour est maintenant le moment de sa venue.
Après les douleurs de l'enfantement, la naissance est imminente. Dans le passé, lorsque quelqu'un disait : "Je m'attends à ce qu'il [machia'h] vienne tous les jours", il y avait toujours une question : ne devons-nous pas d'abord souffrir les 'hévlé machia'h?
Cependant, dans notre génération, cette question n'existe pas. La communauté juive a déjà payé la grande dette des 'hévlé machia'h et elle attend avec impatience l'arrivée imminente de machia'h.

De ce point de vue, un juif de notre génération doit se sentir : "je m'attends à ce qu'il vienne tous les jours", comme si "il se tenait derrière notre mur" (Chir haChirim 2,9).
Hachem attend que les juifs anticipent le salut, car notre foi et notre anticipation lui donneront les moyens d'agir.

[ainsi toutes les conditions pour la venue du machia'h sont remplies, il est juste derrière le rideau, et il ne manque plus que notre aspiration sincère à sa venue ... ]

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-> Il est dit que le machia'h naît le jour du 9 Av (Pessikta Esther Rabbati 11).
Selon le Maharal, cela signifie qu'il est créé à partir de nos désirs, de nos larmes et d'autres choses semblables [qui témoignent de notre souhait qu'il soit là au plus vite].

[d'une certaine, le 9 Av est un jour où l'on n'étudie pas la Torah, et où l'on peut se dédier à 100% à prendre conscience de la perte énorme de ne pas avoir de Temple, et ensuite à désirer au plus vite sa reconstruction et donc la venue du machia'h.
En ce sens, ce jour deviendra dans le futur un jour de fête car étant celui qui a permis le plus l'expression de notre désir sincère de la guéoula, il a permis par ce mérite qu'elle arrive.
Mais pourquoi se limiter au 9 Av, autant aspirer de coeur à sa venue tous les jours! ]

La crainte d’Hachem ne s’acquiert que par nos efforts personnels

+++ Kora'h = la crainte d'Hachem ne s'acquiert que par nos efforts personnels :

"Et Kora’h fils de Itshar fils de Kéhat fils de Lévi prit" (Kora'h 16,1)

Rachi commente : "Il n’est pas mentionné "fils de Yaakov", car celui-ci sollicita la miséricorde Divine afin que son nom ne soit pas mêlé à la dispute, comme il est dit : "Dans leur assemblée, ne mêle pas mon honneur" (Vayé'hi 49,6).

=> Pourquoi aurait-on pensé mêler son nom (Yaakov) à la dispute? On aurait dû se contenter de dire : "Et Kora’h prit", sans mentionner le moins du monde son ascendance.

-> Le Ora'h lé'Haïm de Zeltchov explique :
selon la guémara (Baba Métsia 85a) : "Tout Talmid ‘Hakham (érudit en Torah) dont le fils et le petit-fils sont eux-mêmes des Talmidé ‘Hakhamim, la Torah établit sa résidence (dans cette famille)".

Le Ora'h lé'Haïm explique que cela concerne uniquement la Torah mais pas la crainte du Ciel, car celle-ci ne "s’établit" jamais définitivement dans une famille, puisqu’elle dépend du libre-arbitre de chacun (cela ne contredit pas le fait que si une personne accomplit des efforts personnels dans ce sens, le mérite de ses pères lui vienne en aide).

=> Dès lors, on comprend pourquoi la Torah énumère l’ascendance de Kora’h. Elle veut nous enseigner que, même doté d’une généalogie aussi illustre (fils de Itshar fils de Kéhat fils de Lévi), cela ne lui garantit pas la crainte du Ciel.
Car celui qui veut s’écarter de leur voie en a l’entière liberté, et cette crainte ne s’acquiert que par l’effort personnel.

Tout ce que l’on a et ce que l’on est, provient d’Hachem

+++ Tout ce que l'on a et ce que l'on est, provient d'Hachem :

"Kora’h fils de Kéhat fils de Lévi (se) prit (à part)" (Kora'h 16,1)

-> Le Divré Israël explique que l’expression "il prit", exprimant le détachement de Kora’h du peuple pour s’opposer à Moché, suggère également l’erreur qui entraîna ce dernier à accomplir une telle démarche : il pensa en effet que l’homme est en mesure de s’approprier (il prit) le pouvoir, sans comprendre que celui-ci appartient à Hachem et que c’est Lui qui nomme les dirigeants du peuple selon Sa volonté.

Le Divré Israël dit que c'est le sens de la guémara (Taanit 25a) qui enseigne : "Du Ciel, on lui donne, mais lui, ne prend rien" = du Ciel, on donne à l’homme ce qui est prévu pour lui, mais lui n’est pas en mesure de prendre ce qui ne lui a pas été octroyé, qu’il s’agisse d’un bien matériel ou d’un honneur quel qu’il soit.
En revanche, il recevra tout ce qui lui revient, en temps et en heure, car personne ne peut lui ravir ce qui est à lui, et Hachem accomplira largement ce qu’il a prévu pour chacun.

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-> Toutes les disputes et les dissensions entre les hommes prennent leur source dans un manque de émouna et de confiance en D.
[ rabbi Israël de Rouzhin ]

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-> Le rabbi Shlomke de Zhvil enseigne :
Un juif qui vit avec émouna ne vexe jamais personne et ne se vexe jamais de personne, que ce soit dans le domaine matériel ou spirituel. Car il sait pertinemment que personne ne peut toucher à ce qui est réservé à autrui, ne fût-ce que d’un cheveu (guémara Yoma 38b), et personne n’est en mesure de donner quoi que ce soit à quiconque ou de le lui prendre si Hachem ne l’a pas décrété.
Dès lors, pourquoi ferait-il du mal à autrui (en représailles du préjudice qu’il lui aurait porté), alors que ce dernier ne lui a rien fait? De même, pourquoi lui en voudrait-il s’il ne lui a rien fait?
Car tout ce que l’autre lui "fait" n’est que le fruit de la parole Divine.

Celui qui agit de la sorte acquiert le bonheur ici-bas et pour le monde à venir.
Qu’on l’insulte ou, au contraire, qu’on le bénisse, qu’on lui nuise ou qu’on lui fasse faire un profit, qu’on lui prodigue un bien ou qu’on le lui ravisse, qu’on le loue ou qu’on le dénigre, le croyant véritable sait parfaitement que rien n’est le fait d’autrui.

Coutume de casser le verre à un mariage

+ Coutume de casser le verre à un mariage :

-> Il n’existe aucune personne qui n’ait pas de raison de remercier Hachem.
Face à cela, l’homme a tendance en général à s’imaginer qu’il lui manque quelque chose et à regarder la moitié vide du verre.
Le sage ('hakham - חכם) considérera toujours la moitié pleine, et se réjouira de son sort, tandis que l’idiot aura toujours la moitié vide devant les yeux. Par conséquent, il ne cessera de se plaindre et d’être amer.
Le חכם est celui qui voit le 'hatsi koss malé (חצי כוס מלאה - la moitié pleine du verre), est celui qui, en toute circonstance, réfléchit aux bontés d’Hachem.

Certains commentateurs expliquent d’après cela l’allusion contenue dans la coutume du verre brisé par le marié sous la 'houppa : c’est comme si on venait le guider au début de sa nouvelle vie en lui suggérant de briser le verre vide et de cesser ainsi de regarder ‘le verre à moitié vide’ et ce qu’il lui manque.
On lui dit : "A partir d’aujourd’hui, place devant tes yeux un verre plein de bénédictions du Ciel. Ainsi, la joie, l’allégresse et la paix seront ton lot quotidien!"
[d'après le rav Elimélé'h Biderman]

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-> b'h, d'autres explications sur le fait de briser le verre à un mariage : https://todahm.com/2014/04/01/1257-2

+ En hébreu, quand une personne demande : "Comment allez-vous?", la réponse est "[ani] bé-seder" (tout est en ordre).
On peut remarquer que le mot "bé-seder" qui veut dire littéralement "en ordre", peut être interprété comme signifiant : "Tout ce qui se passe dans ma vie est en ordre et fait partie d’un plan directeur (ordonné par Hachem)."
[rav Yéhochoua Alt]

Quelques bénéfices de la joie

+++ Quelques bénéfices de la joie :

+ La joie nous protège du yétser ara :

-> "Et si, près de lui, un homme meurt subitement et par surprise, et qu’il se rend ainsi impur pendant son naziréat ... Le Cohen en offrira un, en sacrifice expiatoire, et un, en holocauste" (Nasso 6,9-11)

=> A priori, ce verset nécessite d’être expliqué : quelle est la faute de ce Nazir [pour devoir apporter un sacrifice expiatoire ('hatat)]?
Le fait d’avoir été rendu impur de manière complètement involontaire lui serait-il imputé comme une faute?

-> Le Kli Yakar répond à ce sujet :
"Il nécessite une expiation pour s’être mortifié et pour avoir servi Hachem dans l’affliction et non dans la joie, car la joie traduit la perfection de celui qui agit, comme il est dit : "Vois, si toutefois j’ai été dans le sentier de la tristesse" (Téhilim 139,24).
Car s’il avait été joyeux d’être Nazir, il aurait veillé scrupuleusement à tout risque d’impureté.
Mais comme il n’y prit pas suffisamment garde, cela révèle l’inverse, et à cause de cela, le yétser ara trouva une brèche lui permettant de mettre en œuvre tout ce qu’il avait prémédité d’accomplir."

-> Une fois, le ‘Hozé de Lublin était allé réjouir un jeune marié le jour de ses noces.
L’un des convives l’aborda alors et lui demanda : "Est-ce bien une priorité que de réjouir un ‘hatan? Pourtant, il est déjà joyeux puisque le bonheur lui a souri. Ne vaut-il pas mieux aller réjouir les gens démoralisés et ceux qui sont dans l’affliction?

Le 'Hozé de Lublin lui répondit : "Vois-tu, nos Sages enseignent que "toutes les fautes d’un ‘hatan sont pardonnées" (Yérouchalmi Bikourim 3,3). Dès lors, il est plus que probable qu’en ces instants, ce dernier craigne énormément de retourner à sa situation antérieure.
C’est pourquoi il est nécessaire de lui rappeler que grâce à cette vertu qu’est la joie, il méritera de continuer dans la même voie. Car la joie constitue une muraille fortifiée empêchant de fauter."

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+ La joie nous préserve des difficultés :

-> Le "Saraf" de Magalintsa enseigne :
Le Créateur désire que les juifs soient dans la joie. Si l’homme manque de joie, que fait Hachem?
Il lui envoie des épreuves et des souffrances, et les lui enlève ensuite ; le mieux-être qui s’ensuit est alors une raison en soi de le réjouir.

C’est ce que le roi David exprime dans le Téhilim (32,7) :
- "ata sétèr li" (אַתָּה סֵתֶר לִי) = "Maître du monde, sois mon abri et protège-moi" ;
- de tout "mitsar" (מצר) = de toute adversité : "Tu n’as pas besoin de m’infliger des épreuves et des souffrances et de me les enlever ensuite pour que je sois dans la joie"
- car "roné falét téssovévéni" (תסובבני פלט רני) = "je réside constamment dans la joie".

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+ La joie amène la guéoula :

-> "Pour ne pas avoir servi Hachem ton D. dans la joie" (Ki Tavo 28,47)

Le Sfat Emet (Ki Tavo - 5643) commente :
"On peut apprendre de là, a fortiori dans le bien, que lorsque les Bné Israël servent, même en exil, Hachem dans la joie, alors qu’ils sont démunis de tout, que c’est précisément de cela que germera la délivrance.
C’est pourquoi cette raison de l’exil a été dévoilée dans la Torah, afin que nous puissions la corriger en nous conduisant à l’inverse, à savoir en nous efforçant de servir Hachem dans la joie même au milieu des épreuves."

Une nouvelle Torah (suite à la venue du machia’h)

+ Une nouvelle Torah (suite à la venue du machia'h) :

Au sujet du dévoilement de la Torah dans les temps futurs (révélation qui viendra parachever le don de la Torah), il est écrit : "Ecoutez-Moi, vous qui êtes Mon Peuple, prêtez-Moi l’oreille, vous qui formez Ma Nation! Car l’enseignement (Torah) sortira de Moi, et J’établirai Ma Justice pour éclairer les Nations" (Yéchayahou 51,4).
=> Quel est le sens de cet "enseignement" (תוֹרָה - Torah) des temps messianiques?

On peut citer :
-> Selon le midrach (Vayikra rabba 13,3) : "Une nouvelle Torah (תורה חדשה - Torah ‘Hadacha) sortira de Moi, [c’est-à-dire] une compréhension nouvelle de la Torah sortira de Moi"

-> Selon le midrach (Yalkout Chimoni 429) : "Dans les Temps futurs, D. siégera et expliquera la Torah nouvelle qui sera donnée à travers le machia’h".
[Il enseignera au peuple juif les secrets de la Torah et éclairera les yeux des Peuples pour les amener à suivre les chemins de D. - voir Métsoudat David sur le verset de Yéchayahou).

Concernant cette nouvelle révélation dans la Torah, il y a 2 approches :
1°/ il y aura la révélation du sens profond des Commandements (mitsvot) et des secrets de la Torah qui nous sont totalement inaccessibles à l’heure actuelle ;
2°/ il y aura un changement des Lois de la Torah (la halakha).
Ceci est notamment illustré dans le passage du midrach (Vayikra rabba 13,3) évoquant le festin des temps messianiques lors duquel seront consommés le Léviathan et le Chor HaBar (respectivement, un poisson et un buffle aux dimensions et à la force fabuleuses). Il y est en effet mentionné que le Chor HaBar sera égorgé par la nageoire du Léviathan, et bien qu’une telle mise à mort ne constitue pas aujourd’hui un abattage valable rituellement, l’animal sera néanmoins cachère, car dit le midrach : "Une nouvelle Torah sortira de Moi".

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=> On peut se demander quelle est la différence profonde entre "la nouvelle Torah" que révélera le machia'h et les "nouveaux enseignements" ('hidouchim - חדושים) que les Sages révèlent dans chaque génération avant l’ère messianique (dans la mesure où il s’agit dans les deux cas de révélation de ce qui est déjà présent de façon voilée dans la Torah donnée au mont Sinaï)?

La différence entre ces 2 catégories d’enseignements réside dans leur degré de dissimulation au sein de la Torah avant leur révélation. Celui de la "nouvelle Torah" qu'enseignera le machia’h est sans aucune commune mesure avec celui des 'hidouchim de "l’élève initié" (talmid vatik - תלמיד ותיק) [au point que nos Sages enseignent : "La Torah que l’on étudie aujourd’hui est du vent [hével - הבל] comparée à la Torah du machia’h" - midrach Kohélet rabba 11].
En effet, ces derniers peuvent être élucidés et révélés par l’élève érudit, alors que la "nouvelle Torah" ne peut pas se révéler dans l’intellect humain.
Mais, dans la mesure où il faudra bien que ces sujets soient captés par l’esprit humain, car la Torah "n’est pas dans les Cieux" et a vocation à être intégrée intellectuellement, alors après que le machia’h en ait reçu la révélation de façon prophétique, il comprendra ces "‘hidouchim" dans sa grande sagesse et les enseignera de façon intelligible à tout le peuple, dont tous les membres seront alors "de grands sages qui appréhenderont l’esprit de leur Créateur". [Rambam - fin des Hilkhot Méla'him].

Comme l’enseigne le Rambam (Hilkhot téchouva 9,2), le machia’h sera en effet, d’une part, un grand prophète (comparable à Moché) pour pouvoir recevoir la révélation de la nouvelle Torah, chose impossible par l’entremise de l’intellect, et d’autre part, un grand sage (plus grand que Salomon), ce qui lui permettra de comprendre ce qu’il aura reçu prophétiquement, puis de l’enseigner à tout le Peuple. [Likouté Si’hot]

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-> Chaque génération amène au grand jour de nouveaux commentaires/explications de Torah, mais il y a également une notion de : diminution de la Torah suite à la destruction du Temple : https://todahm.com/2022/09/20/diminution-de-la-torah-suite-a-la-destruction-du-temple
[au-delà de ce qu'on a vu précédemment, avec la venue du machia'h et la reconstruction du Temple, la Torah pourra pleinement briller, et c'est pour cela que l'on s'endeuille et aspire ardemment à la guéoula. ]

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-> Hachem et la Torah ne font qu'un (Zohar 3:73a).
Lors de la Délivrance à Venir (guéoula), Hachem accomplira d'innombrables miracles et merveilles, et notre capacité à comprendre D. augmentera. Par conséquent, notre compréhension de la Torah augmentera également.
C'est la signification du verset : "De nouvelles instructions [Torah] sortiront de Moi" (Torah 'hadacha méiti tétsé - Yéchayahou 51,4).
[ le midrach (Vayikra rabba 13,3) interprète cela comme signifiant qu'une nouvelle profondeur de compréhension de la Torah nous sera révélée dans le futur. ]

Il en sera donc de même à l'avenir que lors de la sortie d'Egypte. Au début, Hachem nous délivrera en réalisant des merveilles et des miracles ; par la suite, après avoir été témoins de ces merveilles et de ces miracles, nous serons en mesure de comprendre les niveaux nouvellement révélés de la Torah.

Tel est donc le sens du verset "Je serai ce que je serai" (Chémot 3,14).
[ dans le contexte actuel, ces mots signifient : "Dans l'avenir, la profondeur de la relation du peuple juif avec Moi en tant que son D., résultant de la profondeur de sa compréhension de la Torah, augmentera proportionnellement à sa compréhension de Moi basée sur les miracles que Je ferai, tout comme à la sortie d'Egypte, la profondeur de sa relation avec Moi, résultant de la profondeur de sa compréhension de la Torah, a été déterminée par sa compréhension de Moi basée sur les miracles que J'ai accomplis à l'époque." ]
[rabbi Lévi Its'hak de Berditchev - Kédouchat Lévi - Pessa'h ]

La base de la bénédiction et de la réussite = savoir que tout provient d’Hachem

+ La base de la bénédiction et de la réussite = savoir que tout provient d’Hachem :

-> "Parle à Aharon et à ses fils en leur disant : "Voici comment vous bénirez les Bné Israël, en leur disant : Hachem te bénira et te protégera ; Hachem t’éclairera de Sa face et te fera grâce ; Hachem tournera Sa face vers toi et te donnera la paix". " (Nasso 6,23-26)

=> Quelle est l'utilité de cette mitsva de "Birkat Cohanim", car en fin de compte, c’est Hachem qui bénit le peuple. En quoi la bénédiction des Cohanim ajoute-t-elle quelque chose?
Hachem aurait-il besoin qu’on L’aide à bénir les Bné Israël?

-> Le Akédat Its'hak (chaar 74) répond :
"C’est qu’en fait, la réussite d’un homme et le bien qui lui est imparti dépendent essentiellement de sa vision des choses et de sa conviction dans le fait que tous les bienfaits, les réussites matérielles ou spirituelles proviennent de la même source : Hachem (à savoir que tout provient d’Hachem qui est la source de tout et qui dirige le monde à Sa guise).
Rien n’est le fruit du hasard, ni celui de sa propre force et de ses capacités, et rien ne tombe sous l’influence de telle étoile ou constellation."

C’est la raison pour laquelle nos Sages instituèrent des bénédictions sur les jouissances matérielles et les autres sortes de bénédictions, bien qu’Hachem n’ait, en réalité, nul besoin des bénédictions de Ses créatures. Elles sont là pour guider les gens vers la réussite spirituelle, qui serait impossible sans cela.
Ils établirent, dans ce but, la nécessité de mentionner le Nom d’Hachem pour chaque bienfait dont nous bénéficions, afin que nous nous rappelions son origine Divine."

-> La guémara (Béra'hot 7a) enseigne que Rabbi Ichmaël Ben Elicha (qui était Cohen Gadol) pénétra un jour dans le Saint des Saints afin de brûler les Kétorètes (les encens). Et il vit alors Hachem assis sur un Trône très élevé, qui lui dit : "Ichmaël, mon fils, bénis- Moi!"
Rabbi Ichmaël lui dit : "Que Ta volonté soit que la miséricorde retienne Ta colère, que Ta miséricorde surpasse tous Tes autres attributs, que Tu te conduises avec Tes enfants selon l’attribut de miséricorde, et que Tu les juges avec indulgence."
Et Hachem acquiesça.
Et la guémara de conclure : "Cela afin de nous apprendre à ne pas déprécier la bénédiction d’une personne ordinaire [puisqu’Hachem Lui- même demanda qu'Ichmaël le bénisse]".

-> Ainsi, le Akédat Its'hak dit que nous ne devons pas déprécier les bénédictions que nous prononçons en l’honneur d’Hachem sous prétexte qu’elles proviennent d’un homme et que Lui n’en a aucun besoin. Car en réalité, celles-ci sont d’une grande utilité puisque, grâce à elles, l’homme reconnaît l’existence d’Hachem, accepte le joug de Sa royauté et mérite ainsi que se déverse l’abondance d’En-Haut et la bonté Divine nécessaire à la pérennité de la nation juive.

D’après cela, on peut expliquer la "raison" de la Mitsva de Birkat Cohanim et sa signification.
En bénissant les Bné Israël par les formules Hachem te bénira et te protégera ; Hachem t’éclairera de Sa face et te fera grâce ; Hachem tournera Sa face vers toi et te donnera la paix, les Cohanim leur inculquent ainsi que toutes les bénédictions n’émanent que d’Hachem, et que tous les bienfaits que nous recevons ne découlent que de Lui.
Et cette reconnaissance constitue en elle-même la source de toute bénédiction, car lorsque l’homme prend clairement conscience que la réussite de toutes ses entreprises n’est que le fait du Ciel, Hachem déverse sur lui tous les bienfaits.
L’homme vit alors littéralement grâce à sa émouna et jouit grâce à elle de tous les bienfaits.

[ainsi : réciter une bénédiction (avec intention) = renforcer notre émouna = grâce à cela on mérite de recevoir les bénédictions/bontés d'Hachem. ]