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L’essentiel de nos jours : renforcer notre émouna

+ L'essentiel de nos jours : renforcer notre émouna

-> Un jour le Béer Mayim 'Haïm se conditionna pour élever son âme dans les mondes supérieurs la nuit de Shabbath.
Lorsqu'il s'y trouva, il put voir de nombreuses âmes qui avaient déjà séjourné dans ce monde et pour lesquelles il avait été décrété qu'elles redescendent à nouveau ici-bas.
Elles se lamentaient amèrement en arguant qu'elles souffraient déjà terriblement de chaque défaut qui leur avait été occasionné par des fautes commises durant leur existence dans le monde.
Pourquoi donc prendre de nouveaux risques en revenant ici-bas?

Les anges célestes leur répondirent alors que de nos jours, il était plus facile de vivre dans ce monde et de le traverser sans dommage.
En effet, le moindre acte avait une importance extraordinaire dans le Ciel et on n'était pas autant sévère que dans les générations précédentes.

Néanmoins, il existe un domaine dans lequel l'homme est tenu de se renforcer aujourd'hui c'est : la émouna dans le Créateur.
Il doit en particulier bannir de son cœur et de sa bouche les expressions : "si j'avais agi autrement, il ne serait pas arrivé ce qui est arrivé" (par ex: une perte d'argent).
Ce genre de pensées revient à renier la religion juive, car en réalité nulle créature n'est en mesure de faire quoi que ce soit contre la volonté d'Hachem.

[Si le Béér Mayim 'Haïm (1760-1816) a pu dire cela il y a plus de 200 années, on peut espérer que de nos jours :
- chacun de nos actes a un impact encore bien plus qu'extraordinaire ;
- et si malheureusement nous en venons à fauter, Hachem nous jugera avec encore bien moins de sévérité.
=> Par contre, Hachem attend toujours beaucoup de nous dans le domaine de la émouna, et nous devons sans cesse travailler à la renforcer.]

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-> Le Arizal disait : Un seul soupir du fond du cœur, à notre époque (sur les fautes que l'on a commises), est encore plus précieux et plus apprécié par Hachem que de nombreux jeûnes et mortifications des générations passées. Cela est dû à l'ampleur du voilement de la sainteté, dans nos générations.

Le Yichma'h Israël dit que si le Arizal a dit cela à son époque, il y a environ 450 ans, combien plus cela est vrai à notre époque.
[surtout qu'il vivait à Sfat dans une atmosphère de très grande sainteté]

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-> Le rabbi Yaakov Galinski dit :
"Je tiens de la bouche du machguia'h de Lomze (dans les années d'avant la Shoa) que tout ce qui incombe à l'homme d'agir selon les moyens naturels à sa disposition (hichtadlout) concerne uniquement l'avenir.
En effet, il doit s'efforcer de mettre en place tous ces moyens (ex: faire les efforts nécessaires, prendre conseil) de la manière la plus efficace afin que tout se déroule le mieux possible.
En revanche, celui qui se met à réfléchir sur le passé en termes de "si j'avais agi de telles manières, j'aurais évité tel malheur ou tel dommage", revient à renier complétement la religion juive.
Au contraire, il doit être convaincu que tout ce qui lui est arrivé est décrété [avec une précision extrême] par le Créateur.
L'homme ne peut aller contre la Volonté Divine."

Tous les bons traits de caractère (midot) proviennent de la émouna.
[Séfer haYachar]

[par exemple, celui qui a de la émouna n'est pas jaloux d'autrui, car il sait que tout chacun reçoit précisément la part qui lui est destinée.]

Nous sommes précieux aux yeux d’Hachem

+ Nous sommes précieux aux yeux d'Hachem :

-> "Vous êtes les enfants de Hachem votre D., ne vous tailladez pas le corps en l’honneur d’un mort" (Réé 14,1)

Le Ohr ha'Haïm compare cela à un roi puissant régnant sur de très nombreux territoires.
Ce roi a beaucoup d'amis, de conseillers, de serviteurs, énormément de richesse, d'honneur et tous les plaisirs de ce monde, mais au moment où il pense à ses enfants alors cela touche le plus profond de son âme.
Bien qu'il doive penser à des milliers de choses, tout cela ne vaut rien en comparaison de son dévouement et de son amour pour ses enfants.
Hachem dit que nous sommes Ses enfants. Cela signifie que bien que le monde Lui appartient, qu'Il a une infinité d'anges, ... Son cœur est avec Ses enfants, les juifs.
Il n'y a rien de plus important pour Hachem que nous.

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-> "Bien-aimé est le peuple d’Israël pour être appelé "enfants de D." ; c’est un surcroît d’amour que de leur avoir fait savoir qu’ils sont les enfants de D., car il est dit : Vous êtes les enfants de Hachem votre D." (Pirké Avot 3,14)

=> Que signifie l'emploi de : "un surcroît d’amour ('hiba yétéra - חִבָּה יְתֵרָה) de leur avoir fait savoir qu’ils sont les enfants de D."?

Le rav Elimélé'h Biderman répond qu'en se basant sur le principe que l'on ne dit pas toutes les louanges d'une personne en face d'elle, si Hachem nous a dit que nous sommes Ses enfants, c'est forcément qu'une louange partielle.
La réelle étendue de Sa louange à notre égard ne nous a jamais été dit.
La michna emploie "un surcroît d’amour" pour nous signifier qu'en réalité l'amour d'Hachem à notre égard est beaucoup plus important que peut l'être l'amour d'un parent pour ses enfants.

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-> "Il n'aperçoit point d'iniquité en Yaakov, il ne voit point de mal en Israël : Hachem, son D., est avec lui, et l'amitié d'un roi le protège" (Balak 23,21)

Rachi commente que pour chaque juif :
- "Il n'aperçoit point" = "Hachem ne scrute pas trop minutieusement les iniquités (fautes) qui peuvent apparaître en Yaakov lorsqu’ils transgressent Ses commandements, ni n’approfondit leurs fautes et infractions à Sa loi" ;
- "Hachem, son D., est avec lui" = Hachem est avec lui Même s’ils Le mettent en colère et se révoltent contre Lui, Il ne les quitte pas ;
- "l'amitié d'un roi le protège" = l'amour du Roi est toujours avec eux.

=> Il en résulte que chaque juif a la chance qu'avoir Hachem qui reste toujours avec lui, qui l'aime toujours, et qui ne regarde pas de trop près ses fautes.
Nous devons dédier un temps régulier où nous pensons à quel point nous sommes si aimés, si spéciaux, si saints, aux yeux d'Hachem. Cela nous remplit le cœur de joie, et alors toutes nos actions sont réalisées d'une manière toute différence.
Papa Hachem nous aime infiniment, le problème c'est que nous ne renforçons pas assez notre conscience de cette réalité qui peut changer la façon d'aborder notre vie.

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-> "Quel est le peuple aussi grand dont le D. est proche de lui comme notre D." (Vaét'hanan 4,7)

Sur ce verset, dans le midrach (rabba 2), rabbi Tan'houma rapporte les paroles de non-juifs idolâtres à un juif : "Partout où tu vas, ton D. est avec toi. En effet, n'est-il pas écrit [dans votre Torah] : "dont le D. est proche de lui"?"

[où qu'il puisse être, tout juif est en permanence accompagné par Hachem]

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-> "Toutes les âmes du peuple d'Israël proviennent du Trône de gloire de Hachem dont une partie de Sa lumière réside à l'intérieur de ces dernières, comme il est écrit : "Car la part de Hachem est Son peuple" (Haazinou 32,9)."
[Zohar - Michpatim 94]

"Et ses mains furent confiance (vayéhi yadav émouna), jusqu’à ce que vînt le soleil" (Béchala'h 17,12)

-> Le Divré Shmouël enseigne :
Quelqu'un qui a une véritable émouna, sa émouna devient littéralement comme ses mains.
De même qu'une personne peut faire des choses avec ses mains, de même nous pouvons accomplir des choses grâce à notre émouna ...
C'est le sens de ce verset qui compare la émouna à des mains (yadav émouna).
Car on peut se servir de notre émouna, de la même façon qu'un médecin ou un artisan va utiliser ses mains ...

Dans ce verset, les mots qui suivent : "jusqu’à ce que vînt le soleil" = signifient que jusqu'à l'arrivée du machia'h chaque juif a la puissance de réaliser des miracles simplement grâce à sa émouna.

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-> "Ses mains furent confiance" (yadav émouna)
N'est-ce pas que la émouna se situe dans la tête? Pourquoi le verset mentionne-t-il les mains?

Le Yissa Béra'ha de Modzitz explique que cela signifie que nous devons avoir de la émouna, et malgré cela faire la hichtadlout avec nos mains.

Si en Egypte les 4/5e des juifs sont morts pendant la plaie de l'obscurité, pourquoi le 1/5e restant a-t-il été sauvé?
En effet, même ce 1/5e était ancré dans le 49e niveau d'impureté (sur un total de 50!). Quel a été leur mérite?

Le Chem miChmouël répond : c'est parce qu'ils désiraient être bons, et cela a suffit pour leur faire mériter des miracles.

[ => Il en découle que nous devons jamais désespérer de nous-même.
On parle de émouna en Hachem, mais il faut également avoir une émouna en soi-même (nous avons une partie Divine en nous)!

Le Zohar (vol.2 p.116-117) affirme : "la délivrance d'Egypte est l'origine de toutes les délivrances".
Nos ancêtres en Egypte étaient au plus bas spirituellement (49e niveau d'impureté sur 50), et c'est uniquement ceux qui ont gardés une aspiration à vouloir être meilleurs qui ont été sauvés (soit 1/5e des juifs), et Hachem les aimait tellement qu'Il les a choisit parmi tous les peuples et Il s'est marié avec eux lors du don de la Torah.

Ainsi, le fait de toujours garder espoir de s'améliorer, de devenir plus proche d'Hachem, est notre bouée de sauvetage qui nous permettra lors de la Délivrance finale de vivre d'énormes miracles, et de pouvoir de nouveau s'unir avec Hachem, mais cette fois si pour l'éternité.]

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-> "Une personne ne fait pas de bien, ni ne fait pas de mal.
Même les pensées de téchouva [proviennent d'Hachem] ... alors si c'est ainsi qu'est-ce que les gens font?
La répond est : la volonté (ratson) et le désir et l'effort.
Et lorsqu'on désire faire le bien, alors on atteindra tout".
[Sfat Emet]

-> Rabbi Na'hman de Breslev enseigne : "Même une personne qui est née avec une âme faible peut atteindre les plus hauts niveaux. Tout dépend d'à quel point elle désire et d'à quel point elle essaie d'y parvenir."

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-> Rabbi Ezriel Tauber fait remarque que notre période précédant la venue du machia'h est appelée : 'hévlé machia'h (חבלי משיח), qui vient du mot : 'hévél (une corde - חבל).
En effet, juste avant l'arrivée du machia'h, Hachem va "secouer le monde", à l'image d'une corde (symbolisant la émouna, notre liaison à D.), et uniquement ceux qui y resteront attachés mériteront d'être sauvés.

[Comme on a pu le voir cela implique également d'avoir de la émouna pour soi-même.
Une personne qui désespère d'elle-même [ne cherchant pas à s'améliorer spirituellement] risque de ne pas être sauvée lors de la venue du machia'h! (que D. nous en préserve)]

Hachem accepte les prières de tout le monde

+ Hachem accepte les prières de tout le monde :

"Hachem dit à Moché : Demain, de bon matin, présente-toi devant Pharaon" (Vaéra 8,16)

-> Le midrach (Chémot rabba 11,1) explique que Hachem dit à Moché : "Va tout d'abord vers Pharaon [tôt le matin], avant qu'il ne sorte pour prier", car une fois que Pharaon aura prié pour être sauvé, la plaie ne pourra pas venir.

Le rav Elimélé'h Biderman commente que nous pouvons apprendre de là notre pouvoir de prière, et que personne ne doit prétendre qu'il est quelqu'un de trop simple ou bien qu'il a commis trop de fautes pour que Hachem écoute ses prières.
En effet, Pharaon a réduit en esclavage des milliers de milliers de juifs, il tué des enfants juifs chaque jour pour se baigner dans leur sang, ...
Or, bien qu'il soit un terrible racha, néanmoins Hachem aurait écouté ses prières et retenu les plaies de venir s'abattre sur les égyptiens.

=> Nous pouvons donc être certains que nos prières sont acceptées par notre papa Hachem.

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-> Le Zéra Kodech enseigne :
Un juif ne doit jamais perdre espoir. Il ne doit jamais se dire que : "... je suis incapable de prier avec des pensées pures, et ... que mes prières ne peuvent pas aller jusqu'à Hachem"
Car même lorsqu'une personne est à un niveau très très bas, et qu'elle est incapable de prier comme il le faudrait, néanmoins ... Hachem voit qu'elle aspire à prier convenablement, et cette aspiration est précieuse pour Hachem ...

C'est comme cela que nous avons été délivrés d'Egypte.
[même si nous étions au 49e niveau d'impureté sur 50, que nous n'avions pas les forces de prier à cause de l'esclavage très dur, néanmoins, Hachem a vu que nous aspirions à sa compassion pour prier, pour être proche de Lui. Ce cri du cœur a été la forme de prière qui nous a permis de sortir d'Egypte.
Il en est de même pour chacun d'entre nous qui peut obtenir sa libération de sa situation personnelle, et ce même s'il est descendu dans les bassesses de ce monde.]

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b'h, on peut également rapporter :
-> Hachem dit : "Je suis miséricordieux et J’écoute les demandes de chaque personne, même si elle n’est pas méritante".
[Ramban – Michpatim 22,26]

-> Le Séfer ha’Hinoukh (533) écrit :
"Le Créateur désire donner des bontés aux gens … ainsi, Il leur a appris le moyen par lequel ils peuvent recevoir toutes formes de bontés.
Ce moyen consiste à prier à Hachem, car Il a les capacités, et Il répond aux prières de tous ceux qui l’appellent avec sincérité [qu’ils soient méritants ou pas]."

[par exemple : nos Sages enseignent qu’un voleur qui demande de tout cœur à Hachem de l’aider à réussir son cambriolage, et bien Hachem va l’aider!
En effet, c’est une loi de la nature : si nous prions à Hachem de tout notre cœur, alors forcément nous avons de forte probabilité de l’obtenir!]

==> Nous devons donc tous prier sans modération, pour que Hachem nous comble sans modération de cadeaux gratuits (indépendamment de nos mérites, juste par amour pour nous!).

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-> b'h, voir également : https://todahm.com/2022/04/20/hachem-entend-la-priere-de-chacun

Une heure d'étude de Torah est plus précieuse à Hachem que 1 000 jeûnes ...
Je recommande que tu révises ce que tu as déjà étudié, car les gens ne désirent [pas vraiment] revenir [sur ce qui n'est plus tout nouveau à leurs yeux].
Une telle étude est désintéressée (lichma), et cela expiera vos fautes comme une souffrance.
[le Stéïpler - dans une lettre]

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-> Pourquoi jeûnes-tu?
Il y a une façon encore plus grande de se purifier : il s'agit de l'étude d'une daf de guémara avec Tossefot.
[rabbi Moché Mordé'haï de Lelov]

-> "D. a fait les hommes pour être droits ; ce sont eux qui ont recours à de nombreux calculs/roueries" (Kohélet 7,29)
Comment une personne peut-elle redresser son esprit?
Avec un daf de guémara.
[rabbi Shlomo de Karlin]

"La peur d’un homme lui met des obstacles, mais celui qui a confiance en Hachem en sera victorieux" (Michlé 29,25)

-> Rabbénou Yona explique :
"La peur qu’un homme ressent est une faute dans son âme. C’est pourquoi elle lui met des obstacles et lui place des ennemis ; car il ne convient pas pour celui qui a vraiment confiance en Hachem qu’il se mette à craindre les hommes ou les obstacles matériels.

"Celui qui a confiance en Hachem en sera victorieux" = c’est-à-dire victorieux de son épreuve. Et ce par le mérite de son bita'hon et même s’il avait été décrété à son sujet de la souffrance, Hachem l’en sauvera.

Celui qui a peur de l’homme et dont la peur remplit son cœur, est en fait en train d’oublier Hachem et de faire sortir de son cœur la confiance qu’il avait en Hachem.
C’est ce que le roi David dit : "Hachem est avec moi, je n’aurai pas peur, que me fera un homme" ? Ou bien : "Si Tu mets contre moi une armée (im ta'hané alaï), ô Hachem, je n’aurai pas peur ; en cela j’ai confiance (bézote ani botéa’h)" ; ...

Ne faiblis pas ton cœur, ne le laisse pas s’attendrir lors de la souffrance ou de l’épreuve car l’espoir en Hachem est troublé par ta peur et même si la souffrance est proche, Hachem ne manque pas de moyens de te libérer et de te sauver ; comme il est écrit dans Tehilim : "beaucoup de délivrance et de rachat Hachem possède" (arbé imo fédoute).
La bonté d’Hachem est grande et sa compassion est infinie et lorsqu’il verra à quel point tu souffres et que tu es dans la difficulté : n’aura-t-il pas pitié de toi? Et devant ta soumission et ton humiliation ne va-t-il pas te sauver?
Si seulement tu espères en Lui, tu te souviens de Lui et tu fais sortir la peur de ton cœur pour y placer à sa place la confiance."

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-> b'h, voir commentaire de rabbénou Bé'hayé à ce sujet : https://todahm.com/2017/04/26/5204-2
-> également sur ce sujet : https://todahm.com/2020/03/31/13093-2

"Servez Hachem dans la joie, venez devant Lui en chantant" (Téhilim 100,2)

=> Pourquoi cela?

-> Le rav Chimchon Pinkous répond :
Car celui qui n'est pas joyeux pendant la prière montre par là qu'il ne sait pas devant qui il se trouve.
En effet, celui qui est devant Hachem (en face à face comme lors de chaque Amida), et qui n'est pas joyeux n'est certainement pas conscient de l'infinie bonté de son Créateur, de l'infini amour qu'Il porte à toutes Ses créatures et en particulier au peuple juif, et de l'infini pouvoir de chaque mot de prière et de chaque chant.

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=> La guémara (Béra’hot 32a ; Avoda Zara 7b) enseigne qu’avant de faire une demande à Hachem, il faut d’abord Le louer, Le remercier.
C'est pourquoi par exemple la Amida commence par 3 bénédictions de chants et de louanges, et seulement ensuite nous faisons nos demandes à D.
Pourquoi chanter et louer Hachem est-il indispensable pour être quitte de sa Amida ou de son obligation de prier?

-> Le rav Pinkous (Chéarim baTéfila) répond :
Un service on peut le demander à tout le monde : de l'argent à un riche, un soin à un médecin, ...
La prière s'appelle Avoda : un service Divin, car pendant celle-ci le serviteur s'annule devant le Maître.
Il faut donc préalablement exprimer sa conscience du Divin, du Maître devant qui l'on se tient, de notre annulation devant Lui, et seulement par la suite nous pourrons exprimer toutes nos demandes qui viendront renforcer le fait que nous ne dépendons que de Lui.

"Pharaon parla à Moché et à Aharon afin qu'ils ordonnent aux Bné Israël et à Pharaon, roi d'Egypte" (Vaéra 6,13)

-> Rachi explique : "Il leur ordonna de s'adresser à lui (Pharaon) avec respect".

-> Le 'Hatam Sofer commente :
"Il semble que Hachem voulait les mettre en garde (Moché et Aharon), afin qu'ils ne fassent pas un affront à Pharaon qui aurait permis à ses fautes d'être expiées, ce qui aurait compromis l'accomplissement des plaies qu'il méritait."

La rav Elimélé'h Biderman enseigne :
On peut déduire des paroles du 'Hatam Sofer que si Pharaon, qui était responsable de l'asservissement de 600 000 juifs, leur faisant subir des souffrances incommensurables, et qui méritait de fait d'être châtié comme il se doit, aurait pu être exempté de toutes les plaies grâce à un léger manque de respect à son égard, combien bien plus peut-il en être nous concernant.

En effet, il est certain que même le plus misérable des juifs est loin d'être aussi racha que Pharaon.
Il est dès lors, certain que même un tel homme peut être sûr que les affronts, les humiliations, qu'il subit le dispensent des très nombreuses épreuves qu'il aurait dû traverser.

C'est d'ailleurs pour cela que la guémara (Baba Batra 9a) enseigne au sujet de la tsédaka que celui incite les autres à donner a plus de mérite que celui qui donne
Le Yaavets en explique la raison du fait qu'il s'astreint davantage parce qu'il subit les affronts de ceux qui lui donnent.

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-> "Ce sont Aharon et Moché ... ce sont eux qui parlèrent à Pharaon, le roi d'Egypte, pour faire sortir les Bné Israël d'Egypte. Ce sont Moché et Aharon." (Vaéra 6,26-28)

Rachi explique : "dans certains endroits, on fait passer Aharon avant Moché et dans d'autres, on fait passer Moché avant Aharon pour te dire qu'ils se valent."

=> Cela est étonnant car la Torah affirme explicitement : "Il ne se leva pas d'autre Prophète comme Moché", et qu'Hachem dit à Aharon lui-même : "Il n'en est pas de même comme Moché mon serviteur"? Comment dès lors peut-on dire qu'ils se valaient?

Le Ktav Sofer répond ainsi :
Certes, Moché était plus grand que son frère Aharon. Néanmoins, au moment où ils se tinrent tous deux devant Pharaon, Aharon s'éleva au même niveau que Moché.
Il le mérita grâce à ce que la Torah témoigne à son sujet : "Il (Aharon) te verra (toi, Moché) et il sera joyeux dans son cœur."
Ce qui signifie qu'Aharon n'éprouva aucune jalousie envers son frère bien que celui-ci fût plus jeune que lui.
De plus, il l'accompagna pour être son porte-parole devant Pharaon avec tout ce que cela avait d'humiliant pour lui, puisque Pharaon les connaissait et savait qui était l'aîné des deux.
Et du fait qu'Aharon sacrifia alors de sa propre personne, il mérita ainsi d'être élevé à ce moment au même niveau que Moché. Car la valeur de celui qui brise ses tendances naturelles en faveur d'autrui ne cesse ensuite d'augmenter sans limite."

[de plus Aharon se focalisait sur une joie totale de voir la réussite de son frère, plutôt que de se morfondre négativement (c'est moi l'aîné! c'est moi qui m'occupait des juifs en Egypte avant le retour de Moché, il me prend ma place! ...).]

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-> Le rabbi Ména'hem de Prémichlan organisa un jour un repas en guise de reconnaissance.
Lorsqu'on lui en demanda la raison sachant qu'il n'avait bénéficié d'aucun miracle particulier, ni d'aucune guérison.
Il expliqua selon un enseignement familial qu'une humiliation et un affront ont le pouvoir de se substituer à une maladie grave d'une personne possédant des mérites (personnels ou de ses ancêtres).

Il raconta : "Aujourd'hui quelqu'un m'a humilié d'une manière terrible ce qui m'a touché jusqu'au plus profond de mon âme.
Il s'avère dès lors, que grâce à cela, j'ai été épargné des affres de la maladie.
Je suis donc tenu de rendre grâce par ce festin au même titre que l'aurait fait un malade qui aurait guéri, et bien plus encore que lui. Car je n'ai pas seulement été guéri, mais j'ai été épargné de tomber malade."
[imaginez de combien d'inquiétudes et de souffrances cela m'a dispensé pendant peut-être des mois. J'aurai dû voir des médecins, ... Ne dois-je pas faire un repas de remerciement à D.]

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-> Le 'Hafets 'Haïm dit que si quelqu'un savait d'avance qu'il allait être humilié plus tard dans la journée, il devrait aller au mikvé le matin, comme préparation pour ce moment si spécial où il se ferai humilié, et où cette honte aura pour conséquence de le purifier énormément.

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-> Rabbi Avraham haLévi dit qu'il a appris l'humilité à partir de la terre.
Il est impossible de faire un ustensile en terre cuite avec de la terre brute.
Il faut d'abord broyer la terre, et le plus elle sera broyée, écrasée, le mieux cela sera.
Il en est de même avec un individu : le plus de déshonneur et d'humiliation il reçoit, le mieux c'est pour lui.
[Réchit 'Hokhma - Chaar haAnava 3,39]

-> A la fin de la Amida, nous disons : "vénafchi kéafar tiyé" (que mon âme soit comme la terre).
Cette grande humilité est atteinte lorsqu'après avoir été humilié, qu'on nous a fait honte, nous ne répondons pas.

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-> "Le meilleur des médecins est digne du guéhinam" (tov chébérofim léGuéhinam - guémara Kidouchin 82a)

Le rav Elimélé'h Biderman explique :
Lorsque quelqu'un humilie et fait honte à son prochain, alors c'est le meilleur des médecins, car il sauve son prochain de maladies, de souffrances futures tellement plus graves, douloureuses.
Néanmoins, il ira au guéhinam, car il a fait honte à autrui, même si cela était nécessaire et dans un but de le guérir.
En ce sens, nous devenons tous le meilleur médecin lorsque nous humilions autrui, et pour cela on va au guéhinam.

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-> Lorsqu'une personne nous dérange, nous insulte, ... il ne faut pas se mettre en colère.
Nous devons reconnaître l'origine d'où tout vient (un décret Divin).
Certes nous devons nous protéger de mauvaises personnes, environnements, ... mais nous devons savoir que personne ne peut nous nuire sans que Hachem lui en donne la permission, et qu'une fois que nous avons subi une humiliation en l'acceptant nous gagnons énormément.

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-> "Quiconque fait honte à son prochain en présence de tiers n’a pas de part au monde à venir."
[guémara Baba Métsia 59a]

=> Pour un sentiment d'égo très bref, nous risquons d'en venir à perdre notre éternité.
Bien que la téchouva existe, cela témoigne d'à quel point "l'autre c'est du feu", dans le sens où à chaque moment on peur risquer beaucoup de dégâts, de se brûler avec le guéhinam si on en vient à l'humilier.
Est-on prêt à payer pour l'éternité le prix d'avoir pris le dessus l'espace d'un court instant sur notre prochain?
Humilier autrui : bien qu'amusant sur le moment, celui qui en souffrira le plus au final, c'est nous!

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-> Si quelque honte vient à saisir un homme, qu'il s'attende à une délivrance.
[rabbi Na'hman de Breslev - Séfer haMidot - Honte (boucha)]

-> Si un homme t'insulte et te fait honte, bien qu'il ne soit pas ton ennemi, tolère et supporte cette honte, car ce sera du Ciel [qu'on a voulu] qu'il t'insulte.
Et, par cette humiliation, tu seras dissimulé et soustrait aux yeux du Satan, qui te hait et s'élève constamment contre toi, te poursuivant de ses accusations.
Ainsi, grâce à cette honte que tu supportes, provenant de quelqu'un qui ne te hait pas, ton ennemi le Satan ne se dressera pas contre toi.

[Séfer haMidot - Honte (boucha)]

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-> Parfois, grâce au rabaissement qu'un homme s'impose ou que d'autre lui infligent, on annulera un décret de mort qui pesait sur lui.
[rabbi Na'hman de Breslev - Séfer haMidot - anava]

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-> La honte surgira, si tu te réjouis du malheur d'autrui.
[Séfer haMidot - Honte (boucha)]

-> Il vaudra mieux négliger une étude de Torah, plutôt que de faire honte à un juif.
[Séfer haMidot - Honte (boucha)]

-> Si quelque honte vient saisir un homme, ce sera de toute évidence parce qu'il n'a pas confiance en D.
[Séfer haMidot - Honte (boucha)]

-> Grâce à la confiance qu'un individu éprouve envers D., nulle honte ne viendra le saisir.
[Séfer haMidot - Honte (boucha)]

-> Lorsqu'on t'humilie, donne la charité (tsédaka).
[Séfer haMidot - Honte (boucha)]

-> Si une honte te saisit, ce ne sera que pour t'amener au repentir sur les fautes que tu négliges de réparer [littéralement : que tu foules du talon].
[Séfer haMidot - Honte (boucha)]

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-> [Depuis la destruction du Temple,] toutes les portes du Ciel ont été verrouillées, exceptées de celles [recevant les plaintes] contre un préjudice par la parole.
[Séfer haMidot - Honte (boucha)]

-> Tout châtiment céleste sera exécuté par un émissaire, hormis pour un préjudice par la parole [péché que D. punit Lui-même] ; et le rideau céleste ne se refermera pas devant le coupable [car D. l'observe sans cesse, jusqu'à sa punition].
[Séfer haMidot - Honte (boucha)]

-> Il est préférable pour l'homme de se jeter dans une fournaise ardente, plutôt que d'humilier son prochain en public.
[Séfer haMidot - Honte (boucha)]

-> Celui qui humilie son prochain publiquement, sera considéré comme un assassin, il descendra en enfer et n'en remontera pas.
[Séfer haMidot - Honte (boucha)]

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b'h, également :
-> faire honte à autrui : https://todahm.com/2014/05/18/faire-honte-a-autrui
-> L'importance de ne pas répondre aux disputes : https://todahm.com/2018/12/25/limportance-de-ne-pas-repondre-aux-disputes