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Le rétablissement du Sanhédrin

-> La plus haute cour de justice de la terre d’Israël à l’époque du Temple s’appelait le Grand Sanhédrin. Elle était composée de 71 grands érudits de la Torah à la moralité irréprochable.
Tant que le Grand Sanhédrin était en fonction, tous les juifs servaient Hachem de la même manière. En cas de confusion ou de désaccord, le Sanhédrin était l’arbitre ultime, et ses décisions étaient universellement acceptées.
Avant la venue du machia'h, le prophète Eliyahou reviendra et rétablira le Sanhédrin. La première tâche du Sanhédrin sera de résoudre toutes les questions relatives à la loi et à la pratique juives.
[rav Yonathan Eibshitz - Yaarot Dvach 1,1 ]

Talmidé ‘Hakhamim = des bâtisseurs

-> La guémara (Shabbat 114a) demande : pourquoi les Talmidé 'Hakhamim (érudits dans la Torah) sont-ils appelés "bâtisseurs"?
La guémara répond que c'est parce qu'ils participent à la construction du monde.

Le Zéra Shimshon (parachat Pékoudé) pose la question qui s’impose. Les Talmidé 'Hakhamim ne construisent rien. Si l’intention de la guémara est de dire que, d’un point de vue spirituel, ils permettent au monde de fonctionner grâce au mérite de leur étude de la Torah, la guémara aurait dû dire qu’ils soutiennent et fortifient spirituellement l’existence physique du monde? Cela aurait été une description plus claire de ce que font les Talmidé 'Hakhamim?

Le Zéra Shimshon explique la guémara d’une manière étonnante.
La guémara (Méguila 29a) dit que lorsque le machia'h viendra, tous les lieux d’étude de la Torah et de prière seront transférés en terre d'Israël.
Ainsi, chaque endroit où un Talmid 'Hakham s’est assis et a étudié sera ajouté à l’infrastructure de la terre d'Israël. Par conséquent, la guémara ne fait pas seulement référence aux 'Hakhamim en tant que bâtisseurs au sens spirituel, mais aussi au sens physique, matériel.

Exiger le Temple

+ Exiger le Temple :

-> Trois fois par jour, nous récitons la Amida, nous demandons à Hachem de reconstruire Jérusalem : "vélirouchalayim ire''ha béra'hamim tachouv vétichkon béto'ha kaasser dibarta" (et à Jérusalem, Ta ville, puisses-Tu revenir dans Ta miséricorde, et puisses-Tu y reposer, comme Tu l'as dit).

Cela ne doit pas être considéré comme une simple demande, mais plutôt comme une exigence qu'Hachem tienne Sa promesse et reconstruise Jérusalem : "comme Tu l'as promis!" (kaacher dibarta). Nous disons à Hachem que nous voulons qu'Il tienne Sa promesse de reconstruire et de restaurer Tzion.

Rabbi 'Haïm Kanievsky cite un Yalkout Shimoni (Shmouël II remez 165) étonnant.
Ce midrach enseigne que la raison pour laquelle de nombreux soldats sont morts à l'époque du roi David est qu'ils n'ont pas exigé la construction du Temple.
Ces soldats, ajoute le midrach, n'avaient jamais vu le Temple (qui ne sera construit qu'après la mort du roi David), mais ils ont été blâmés pour ne pas avoir exigé sa construction, et ils l'ont payé de leur vie.

=> Nous devons tirer les leçons de ce récit et prendre la résolution d'exiger de tout cœur qu'Hachem reconstruise immédiatement le Temple.

"En ces jours-là ... les Bné Israël gémissait sous le poids du travail et criait, et leurs cris parvinrent à D., du sein de l'esclavage" (Chémot 2,23).

-> Le Ramban (Bo 12,40) écrit : "L'exil (en Egypte) aurait dû durer plus longtemps, mais ils ont crié et prié à maintes reprises."

=> Cela a été valable pour les juifs en Egypte qui étaient au 49e niveau d'impureté. Ainsi, la prière de tout juif permet de rapprocher la guéoula!

Guéoula & les 2 retours en terre d’Israël

+ Guéoula & les 2 retours en terre d'Israël :

-> "Hachem, ton D., ramènera tes captifs (véchav Hachem) et aura pitié de toi, et Il reviendra (véchav) et te rassemblera de toutes les nations où Hachem ton D. t'aura dispersé. Si tes dispersés se trouvent aux extrémités des cieux, de là Hachem ton D. te rassemblera et de là Il te prendra. Et Hachem ton D. te ramènera dans la Terre [d'Israël] de tes Patriarches" (Nitsavim 30,3-5).

-> Le Messé'h 'Hokhma explique :
[La raison pour laquelle le mot "véchav" (וְשָׁב) est mentionné 2 fois est que] Hachem d'abord ramènera et aura pitié des juifs qui sont en captivité, ceux qui aspirent à la terre d'Israël et veulent fuir de 'houtz LaAretz comme [on veut fuir] une prison. [malheureusement ils doivent pour le moment rester dans la terre en dehors d'Israël, s'y sentant comme en captivité, tellement ils aspirent à vivre en Israël. ]

[La deuxième partie du verset], "et Il vous rassemblera de toutes les nations" fait référence aux juifs qui ont trouvé de la satisfaction dans des terres étrangères ('houtz laAretz), ceux qui ont perdu tout désir pour la Terre d'Israël. Hachem les rassemblera également, et Il les ramènera après [le premier groupe].

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=> Le point important ici est qu'avec la venue du machia'h, il y aura deux étapes dans le rassemblement des exilés : d'abord, Hachem délivrera les juifs qui vivent dans des terres qui leur semblent hostiles (car ils aspirent tellement à Israël!).
C'est uniquement pour ces juifs que le verset indique : "Hachem aura pitié de toi" (véri'hamta), comme indiquant que leur retour se fera dans de belles conditions (puisqu'ils voulaient sincèrement y être mais ne le pouvaient malheureusement pas, alors Hachem considère cette aspiration sincère comme s'ils avaient vécu en Israël).

Ensuite, Hachem ramènera chez eux les juifs qui vivent dans des terres qui leur semblent confortables (ils ont perdu tout désir ardent pour la Terre Sainte, préférant, trouvant des qualités à une autre terre).
Non seulement ces juifs ne bénéficient pas de la pitié, de la miséricorde d'Hachem, ils auront perdu la mitsva de la Torah de chaque instant de vivre en Israël, mais en plus ils auront une sorte de honte d'avoir comme trompée la terre d'Israël (où Hachem est si présent), une honte de retourner les derniers se réunir en terre d'Israël avec leurs frères juifs qui y seront déjà.

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-> D'après le rav David Daniel Cohen :

Il est écrit dans le Téhilim (147,2-3) : "boné Yérouchalayim Hachem, nid'hé Israël yé'haness, arofé lisvouré lev".
On a :
- "boné Yérouchalayim Hachem" = Hachem construit Jérusalem => arrivée du machia'h et reconstruction totale du Temple suite à sa descente du Ciel ;
- "nid'hé Israël yé'haness" = ceux qui sont repoussés (nid'hé), c'est-à-dire ceux qui ne sont pas en terre d'Israël, "yé'haness = Il va les rassembler en Israël ;
-> "arofé lisvouré lev" = [et ensuite il y aura la résurrection des morts qui] va guérir les cœurs brisés (lisvouré lev).

[ En compilant l'explication afférente du Zohar et du midrach, il en découle 3 phases en terre d'Israël : d'abord un moment de réjouissance avec le dévoilement du machia'h et une nouvelle réalité spirituelle (comme la construction du 3e Temple!), ensuite seulement il y aura la venue des juifs qui n'étaient pas en Israël (ou comme on va le voir ceux qui étaient en dehors mais qui désiraient sincèrement y vivre, sans malheureusement pouvoir le faire pour le moment), et enfin il y aura la résurrection des morts. (le temps entre chacune des étapes peut potentiellement être long!)]

On a ainsi :
- ceux qui avaient réellement très envie de venir vivre en Israël (avant la venue du machia'h), mais n'en avaient pas les moyens/possibilités, alors Hachem va les ramener tout de suite, sans aucune souffrance à devoir attendre (leur permettant de revenir immédiatement en Israël et de participer à cet phase de dévoilement du machia'h jusqu'à la reconstruction du Temple).
[de même que tu voulais quitter la prison du 'houts laAretz, de même à l'arrivée de la guéoula on t'en libère. ]

- les autres, à l'image de ceux qui étaient bien en Egypte (comme les 80% du peuple morts pendant la plaie de l'obscurité), ils vont voir à distance les choses de la guéoula se faire, sans pouvoir y participer vraiment.
[de même que tu accordais tant d'importance à ta terre de diaspora (snobant la terre d'Israël), alors une fois la Vérité dévoilée on te laissera avec ce qui avait le plus de valeur à tes yeux. ]
Ils pourront rester en diaspora un bon moment, en pleurant sur pourquoi ils n'avaient pas compris auparavant qu'il valait la peine à tout prix de revenir en Israël avant qu'il ne soit trop tard (avant que la guéoula n'arrive, ce qui peut être le cas à chaque instant).

[imaginons la souffrance de voir à distance les juifs en Israël dans la joie en train de vivre pleinement la guéoula (avec le dévoilement du divin, du machia'h, du 3e Temple, ...), pendant qu'on attendra (trop longtemps) la 2e vague de retour en Israël (celle pour ceux qui ne voulaient pas vraiment vivre en Israël).
Non seulement on sera honteux de ne pas y être (car cela témoigne de notre manque de respect pour l'importance de la Terre dans le judaïsme, lui préférant une autre terre, lui préférant notre position sociale, notre travail, nos biens/confort, ...), on sera triste de ne pas pouvoir participer à ce moment unique, mais surtout on sera peiné de causer un 'hilloul Hachem et une souffrance à Hachem (tous ces enfants n'étant pas là!), car par notre comportement la guéoula n'est pas encore parfaite, puisque tous les juifs ne sont pas méritants pour être réunis avec papa Hachem en Israël. ]

Guéoula & se renforcer lorsque les épreuves s’intensifient

+ Guéoula & se renforcer lorsque les épreuves s'intensifient :

-> Le Rav Aharon Roth (Shomer Emunim 78b) écrit :
"Renforcez vos cœurs et prenez courage, car il y aura encore beaucoup de défis à relever, en particulier après le son du grand shofar, jusqu'à l'arrivée du rédempteur final, qui est le machia'h, fils de David.
Avant son arrivée, le machia'h, fils de Yossef, se lèvera, mais la rédemption (guéoula) ne sera pas complète tant que le machia'h, fils de David, n'aura pas fait son apparition et ne se sera pas révélé."

-> Nous retrouvons cela dans la rédemption d'Egypte. La lumière de la rédemption a commencé à briller avec l'apparition de Moché Rabbénou qui a transmis le message de Hachem : "Je me suis souvenu de vous et de ce qui vous a été fait en Egypte" (Chémot 3,16).
Néanmoins, après son apparition, les difficultés ont augmenté, mais pas pour longtemps. On sait que la rédemption finale (guéoula) sera comme la première rédemption et suivra un schéma similaire. Cette idée se trouve dans le midrach rabba (Chir Hachirim 2:9:3) : "Mon bien-aimé est comme un cerf = Tout comme un cerf qui est vu, puis se cache, est vu, puis se cache ... Ainsi, le rédempteur final leur apparaîtra, puis se cachera ... Quiconque croit en lui et le suit vivra. Quiconque ne croit pas en lui et suit les nations du monde, finira par être tué."

-> L'une des raisons pour lesquelles Hachem apporte la rédemption de cette manière, c'est-à-dire qu'après l'apparition initiale du rédempteur (machia'h), les troubles s'intensifient, est de tester le peuple juif et de voir s'il reste ferme dans sa croyance même si la rédemption complète n'est pas aussi rapide qu'il l'espérait.
Une autre raison est d'éliminer tout espoir de salut provenant d'une autre source, afin que le peuple juif ne compte que sur Hachem et sur personne d'autre.
En Egypte, après que Moché se soit approché du Pharaon, les choses empirent considérablement. Moché se plaint à Hachem (Chémot 5,22-23) : "Pourquoi as-Tu apporté le malheur à cette nation? Pourquoi m'as-Tu envoyé? Depuis que je suis venu voir le Pharaon pour parler en Ton nom, la situation de cette nation a empiré et Tu n'as pas sauvé Ton peuple". Hachem répondit : "Maintenant, tu verras ce que je vais faire au Pharaon, car il les laissera partir à force, ..."
Le rav Shimshon Raphael Hirsch explique que c'est ce que Hachem voulait dire. La raison pour laquelle la situation s'est détériorée au point d'atteindre l'impuissance et le désespoir est afin qu'ils réalisent désormais que rien ne peut être accompli par l'effort humain et qu'il était inutile de faire appel au Pharaon. [on ne peut compter qu'à 100% sur Hachem, en ayant aucun plan B. ]

-> Le 'Hafets 'Haïm (Torah Ohr 14) écrit :
"Le verset (Yéchayahou 9,1) dit : "Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu une grande lumière! Ce n'est pas le cours normal de la nature où, avant l'aube, la lumière initiale du jour commence à se répandre jusqu'à ce que la lumière du jour soit complète. La rédemption d'Hachem ne suit pas ce modèle. Le dernier jour des tribulations, il n'y aura même pas une lueur de lumière. Au contraire, l'obscurité de la nuit s'intensifiera et, dans la noirceur, une grande lumière apparaîtra soudainement ...
Les nombreuses difficultés ne doivent pas nous amener à penser que la rédemption (guéoula) est encore loin de nous, car nous ne voyons pas la lueur de la lumière du salut. Le prophète nous dit ici que nous devons anticiper encore plus la rédemption, car dans les profondeurs de l'obscurité de la nuit, une grande lumière s'allumera pour nous ... Et soudain, le maître que vous attendez viendra dans son palais ...

Nous avons vu ce processus en Egypte, qui a marqué le début de la révélation de la gloire du royaume d'Hachem dans le monde. Là-bas, avant le moment réel de la rédemption, il n'y avait même pas une lueur de lumière. Au contraire, l'obscurité de l'exil s'est intensifiée et tous ont été réduits en esclavage avec des briques et du mortier ... [le libérateur (Moché) n'ont seulement n'a pas réussi à convaincre Pharaon de nous libérer, mais en plus les conditions d'esclavage sont devenues encore bien plus difficiles. Même la lueur d'espoir qu'un libérateur pourrait nous en sortir de là pouvait s'éteindre, nous laissant potentiellement que dans l'obscurité totale ... ]
Il en allait de même pour la spiritualité et la sainteté du peuple juif. Les forces de l'impureté les dominaient et les contrôlaient ...
Mais soudain, au milieu de l'assaut des ténèbres, le Roi suprême, Hachem, s'est révélé à eux et les a délivrés, les faisant passer des ténèbres à la grande lumière.
Il en sera de même pour la rédemption finale."

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[ainsi au niveau personnel comme collectif, lorsque le monde nous semble très obscur, c'est qu'une délivrance est très proche! ]

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-> Par exemple, dans le Yalkout Shimoni (Yéchayahou 60,499), nous trouvons un avis que les dernières douleurs de l'enfantement avant la rédemption viendront de Perse :
"L'année où le roi, le machia'h, apparaîtra, tous les rois des nations du monde se battront les uns contre les autres. Le roi de Perse combattra le roi d'Arabie. Le roi d'Arabie ira à Aram pour demander conseil. Le roi de Perse détruira alors le monde entier et toutes les nations seront consternées, paniqueront et tomberont face contre terre. Elles seront assaillies par des douleurs semblables à celles de l'accouchement.
Le peuple juif sera dans un état de consternation et de panique, disant : "Où devons-nous aller, où devons-nous aller?"
Il [Hachem] leur dira : "Mes enfants, n'ayez pas peur. Tout ce que j'ai fait, c'était pour vous. Pourquoi avez-vous peur? Ne craignez rien, car le temps de votre guéoula est arrivé!
La guéoula finale n'est pas comme la première rédemption. La première rédemption a été suivie de souffrances et d'asservissement, mais après la rédemption (guéoula) finale, il n'y aura plus ni souffrances ni asservissement."

-> Il est important de tempérer cette prophétie, avec l'avis du géant le rabbi de Berditchev : https://todahm.com/2024/10/06/aucune-mauvaise-prophetie-sur-la-venue-du-machiah-ne-doit-obligatoirement-se-realiser

-> voir également l'idée que : notre comportement transforme un mauvais décret en un bon : https://todahm.com/2026/02/04/sortie-degypte-notre-comportement-transforme-un-mauvais-decret-en-un-bon/

Fixer une date pour la venue du machia’h?

+ Fixer une date pour la venue du machia'h? :

"Yaakov appela alors ses fils et leur dit : "Rassemblez-vous et je vous dirai ce qui vous arrivera à la fin des temps" (Vayé'hi 49,13-14).

-> Nos Sages, cité ici par Rachi, expliquent que Yaakov voulait révéler à ses fils le keitz, la date de la fin de l'exil, lorsque le machia'h viendra et que le monde sera rempli de la connaissance des voies d'Hachem. Cependant, la Chékhina le quitta, et il comprit que cette information ne devait pas être divulguée.

-> La guémara (Sanhédrin 97b) nous dit : "Rabbi Shmouel bar Na'hmani a dit au nom de Rabbi Yonatan : Que ceux qui calculent la fin des temps soient maudits (tipa'h atsman ché mé'hapéché kitsin)".

Cette sévère mise en garde contre toute tentative de déterminer la date de l'arrivée du machia'h semble aller à l'encontre de la pratique de nombreux grands hommes de notre nation, notamment des dirigeants spirituels tels que Rav Saadia Gaon, le Rambam et le Ohr Ha'haim, qui ont tous consigné les dates qu'ils estimaient être le keitz.

Le rav 'Haïm Kanievsky explique que le problème lié à la révélation du keitz est double :
Premièrement, suggérer un keitz situé dans un avenir lointain risque de faire désespérer les gens en la guéoula. C'est pour cette raison que les dates suggérées par tous nos guédolim étaient relativement proches (pour donner espoir).
Deuxièmement, le problème inverse se pose. Si un dirigeant suggère une date et que cette date passe sans que le machia'h n'arrive, cela peut également provoquer le découragement et des pensées hérétiques selon lesquelles la guéoula n'aura jamais lieu (puisque déjà passée).

Cependant, le rav Kanievsky explique nous savons qu'il existe plusieurs kitzin possibles. Le prophète Yéchayahou nous dit (60,22), parlant au nom d'Hachem : "ani Hachem béita a'hichéna" (en son temps, Je hâterai [l'approche de la guéoula]".
Cela semble être une contradiction dans les termes : la guéoula arrivera-t-elle en son temps, ou Hachem la hâtera-t-il ?
Rachi explique qu'il n'y a pas qu'un seul moment possible pour l'arrivée du machia'h : Si le peuple juif est méritant, s'il mérite que les souffrances de son exil prennent rapidement fin, alors Hachem accélérera son retour à la grâce. Ce n'est que s'il ne mérite pas d'être délivré qu'il devra attendre le moment final fixé, lorsque Hachem a promis à nos ancêtres qu'Il nous délivrerait, quelles que soient nos actions.
[le machia'h peut venir plus rapidement par nos mérites (c'est "a'hichéna"), ou bien provoqué par la date limite fixée par Hachem (c'est "béita"). ]

Le keitz qui ne peut être calculé, explique le rav Kanievsky, est celui de "béita". Cette date peut être lointaine, et elle est définitive et absolue. Si une date est proposée comme étant la fin de l'exil, et que cette date passe sans que la guéoula annoncée n'arrive, les masses risquent de perdre espoir et de penser que Hachem nous a abandonnés à notre sort, que D. préserve.

Cependant, le keitz des "a'hichéna" n'est pas une date unique.
Chaque génération a des moments propices à la guéoula (et parfois cela peut être extrêmement propice), si elle s'avère en être digne. Ce moment est nécessairement proche, mais il n'est pas définitif. Il s'agit seulement d'une période pendant laquelle la guéoula peut survenir de manière, si nous remplissons les conditions nécessaires.

Le passage de ce keitz est donc une source de tristesse, car il montre que nous ne nous comportons pas correctement (en fonction de ce que Hachem attend de nous), mais il n'engendre en aucun cas le désespoir, car la guéoula brille toujours à la fin de l'interminable obscurité de notre exil (ce n'est que partie remise).
Ce keitz de "a'hichéna" est celui que nos dirigeants spirituels ont souvent indiqué, apportant l'espoir, mais jamais la désolation.

Le principe fondamental de tous les principes fondamentaux [du judaïsme] est la foi en la venue du machia'h.
[ 'Hafets 'Haïm al HaTorah - Noa'h 8,22 ]

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-> Le Ram'hal (Messillat Yécharim - chap.19) écrit que si quelqu'un se demande ce que ses maigres prières pour le machia'h pourraient bien accomplir, il doit savoir que Hachem aime nos prières pour le machia'h même si le moment propice à son arrivée n'est pas encore venu.
Allant plus loin, le Nétivot Shalom cite le Beit Avraham qui dit que le désir ardent de quelque chose est en réalité plus grand que la chose elle-même!
[d'une certaine façon, notre aspiration, notre désir, en la guéoula est plus grande que la guéoula! ]

Venir vivre en Israël = sonner le plus beau shofar du machia’h

+ Venir vivre en Israël = sonner le plus beau shofar du machia'h :

-> A Roch Hachana 1933, le rav Avraham haCohen Kook (Maamaré HaRéiya - vol.1 p.268) a fait le discours suivant dans la synagogue de la 'Hourva à Jérusalem :

"Ce jour-là, un grand shofar retentira, et ceux qui se sont perdus au pays d'Assyrie et ceux qui ont été rejetés au pays d'Égypte viendront se prosterner devant le Seigneur, sur la montagne sainte à Jérusalem" (Yéchayahou 27,13).

"Notre D. et D. de nos pères, sonnez le grand shofar pour notre liberté" (Moussaf pour Roch Hachana - Shofarot).
Le prophète a prophétisé au sujet d'un grand shofar de la rédemption (guéoula), et nous prions spécifiquement pour que le grand shofar retentisse ; car il existe différents niveaux de shofar de rédemption : Il y a un grand shofar, un shofar ordinaire de taille moyenne et un petit shofar.

Le shofar du machia'h est comparé au shofar ordinaire, c'est-à-dire le shofar de Roch Hachana. La loi juive détermine trois niveaux [de cacherout] en ce qui concerne le shofar de Roch Hachana :
1°/ la manière la plus appropriée d'accomplir la mitsva est d'utiliser une corne de bélier (Shoulchan Aroukh - Orakh Chayim 686:1).
2°/ à posteriori (bédi avad), tous les shofars sont casher (ibid.).
3°/ un shofar provenant d'un animal non casher ou d'un animal appartenant à un non-juif qui était vénéré comme un dieu est invalide (passoul). Cependant, si quelqu'un souffle dans un tel shofar, il s'acquitte de son obligation [à posteriori]. De plus, il est permis de souffler dans n'importe quel shofar si l'on ne peut pas se procurer un shofar casher, à condition de ne pas réciter de bénédiction dessus (voir Michna Béroura, ibid.).

Ces catégories halachiques mentionnées en rapport avec le shofar de Roch Hachana correspondent à différents niveaux du shofar de la rédemption (guéoula).

Qu'est-ce que le shofar de la rédemption exactement?
Lorsque nous parlons du "shofar du machia'h", nous faisons référence à un réveil et à une impulsion qui provoquent la renaissance et la rédemption du peuple juif. Ce réveil est la tékia (son du shofar) qui rassemble ceux qui sont perdus et mis à l'écart, les amenant à la Montagne Sainte à Jérusalem.

A différents moments de l'histoire juive, il y a eu un réveil et un désir [de rédemption] qui trouvaient leur origine dans la sainteté. Même aujourd'hui, il existe des groupes et des individus parmi le peuple juif qui ont un tel désir.
[Ce réveil sacré] repose sur une forte croyance en Hachem et en Sa Torah, [sur une compréhension] de la sainteté d'Israël et de sa mission, et sur le désir d'accomplir la volonté de D., qui est la rédemption complète d'Israël.
C'est là le grand et excellent shofar, le désir d'une nation d'être délivrée en raison de sa noble aspiration à accomplir sa grande mission, ce qui ne peut se faire lorsqu'elle [la nation] est exilée et opprimée.
[nous avons beaucoup de désirs de sainteté et nous comprenons qu'ils ne peuvent se matérialiser uniquement en étant en terre d'Israël. Ainsi, ce désir de sainteté est comme un shofar qui nous réveille à aller en Israël, mettant de côté toute considération de notre égo qui nous endort dans le confort, l'habitude de notre nation natale. ]

Cependant, parfois, ce désir sacré se détériore. Il n'y a pas beaucoup d'enthousiasme pour les idées nobles et sacrées. Néanmoins, la nature humaine saine, qui trouve également son origine dans la sainteté, existe toujours (au moins).
Cette nature humaine saine crée au sein de la nation un désir simple et naturel de devenir souveraine sur son territoire, de se lever et d'être libre, de mener une vie simple et libre, comme toutes les autres nations. Ce désir naturel, qui découle de sentiments patriotiques normaux, est le shofar ordinaire, de taille moyenne, que l'on trouve partout.
Celui-ci est également un shofar casher ; et même si le premier type est préférable, "à posteriori, tous les shofars sont casher".

Cependant, il existe également une troisième catégorie de shofar du machia'h, qui correspond également au shofar de Roch Hachana. Il s'agit d'un petit shofar invalide, utilisé sous la contrainte, lorsqu'il n'y a pas de shofar casher à disposition. Si l'enthousiasme sacré, avec son désir noble de rédemption qui en découle, a expiré, et si les sentiments nationalistes humains normaux, le désir de vivre honorablement en tant que nation, ont également expiré, [c'est-à-dire] s'il est impossible de souffler dans un shofar casher pour notre rédemption, nos ennemis viennent et soufflent [le shofar] de la rédemption dans nos oreilles.
Ils nous forcent à entendre le son du shofar. Ils crient et font du bruit dans nos oreilles, nous refusant le repos dans la diaspora.
Le shofar d'un animal impur devient le shofar du machia'h. Amalek, Petliura, Hitler, ... nous réveillent à la rédemption.
Celui qui n'a pas écouté le son du premier shofar, et celui qui n'a pas voulu écouter le son du deuxième shofar ordinaire non plus, parce que ses oreilles étaient fermées, écouteront le son du shofar impur et invalide. Il l'écoutera contre son gré.

Néanmoins, même lui s'acquitte de son obligation. Même [ce type de] nationalisme, celui du bâton, de la persécution des juifs, contient une forme de rédemption.
Cependant, on ne doit pas réciter de bénédiction sur ce type de shofar, [comme le dit la Michna] : "On ne récite pas de bénédiction sur tout ce qui est une sorte de malédiction" (Béra'hot 6:4).

Nous prions pour que Hachem, ne nous oblige pas à écouter le shofar invalide et impur. Nous ne désirons pas non plus le shofar ordinaire, de taille moyenne, presque profane. Nous prions : "Sonnez le grand shofar pour notre liberté", un shofar qui vient du plus profond de la sainteté de l'âme juive, de notre Saint des Saints. Alors, la rédemption (guéoula) sera totale.

Le ‘Amen Yéhé chémé raba’ amène la guéoula

Yaakov voulait révéler à ses fils le moment où le machia'h viendrait, et la Chékhina le quitta. Cela l'amena à croire qu'il y avait peut-être un défaut subtil caché parmi ses fils. Ils affirmèrent qu'ils étaient tous pleinement soumis à Hachem en récitant ensemble le Shéma et en acceptant à l'unisson le joug du Royaume céleste.
Yaakov répondit joyeusement : "Yéhé chémé raba". En leur répondant ainsi, il leur révéla que la rédemption (guéoula) viendrait rapidement grâce au mérite de "Yéhé Chémé raba".
Lorsque le peuple juif dit "Yéhé chémé raba", nous demandons que le Grand Nom d'Hachem remplisse rapidement le monde ; cela apporte du réconfort à la Chékhina qui est en exil.
Cela ouvre également la voie à la révélation de la Chékhina parmi nous, en purifiant tous les mondes qui ont été corrompus par nos fautes.
De plus, cela prépare le terrain pour que nous puissions recevoir la lumière intense de la venue du machia'h.
[Shomer Emounim - maamar Pit'hou Chéarim]

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[ainsi, plus nous répondons avec force 'Amen Yéhé chémé raba', plus nous avons d'impact pour provoquer la venue du machia'h. ]

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-> Rabbi Yéhochoua ben Lévi dit : "Quiconque répond "Amen yéhé chémé raba" de toutes ses forces, le (mauvais) jugement prononcé contre lui sera annulé.
[guémara Shabbath 119b]

-> Tossafot (Shabbath 119b) précise que lorsque les juifs se rendent à la synagogue et disent "yéhé chémé raba" à haute voix, cela annule tout décret difficile.
Le Zohar (Tikouné Zohar 4b) ajoute à la guémara que dire Amen yéhé chémé raba de toutes ses forces annule un jugement sévère, même un jugement (décrété) pour 70 ans.

-> Le Gaon de Vilna (Tikouné Zohar 4b) dit que les 70 ans font référence aux 'hévlé machia'h (douleur de l'enfantement) qui précèdent l'arrivée du machia'h et qui dureront 70 ans. Ainsi, celui qui dit Amen yehei Shmei rabba de toutes ses forces sera sauvé de 'hevlé machia'h.