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La souffrance de quitter Israël

-> "Je suis choqué par votre conseil de quitter Israël pour la diaspora afin d'obtenir un poste rabbinique.
En vérité, si quelqu'un m'offrait tous les "trésors secrets du monde" (Baba Métsia 49a) en échange d'un seul instant où je pourrais respirer l'air sacré de la terre d'Israël ; ou, à l'inverse, si quelqu'un m'offrait tout l'argent et tout l'or du monde en échange d'un seul instant où je pourrais respirer l'air impur de la diaspora, je mépriserais les deux (paraphrase de Shir HaShirim 8,7).

La seule exception serait s'il y avait un grand besoin pour le bien d'une certaine sainteté communautaire.
Dans une telle situation, les saints spirituels nous ont promis que lorsque nous quittons Israël pour la diaspora afin d'y retourner, comme le commande la Torah, alors l'air d'Israël suit une telle personne qui est profondément attachée à la sainteté de la terre.
De plus, il est compris d'un point de vue spirituel que l'endroit où se trouve cette personne dans la diaspora contient une petite dimension de la sainteté d'Israël.

D'un autre côté, j'ai été choqué lorsque j'ai lu ce conseil, surtout venant d'un homme aussi éminent que vous. En effet, quitter notre lieu de vie (Israël) et notre foyer pour aller dans la diaspora revient à "adorer une idole" (guémara Kétouvot 110b)."
[rav Avraham Kook - Igrot haRaaya 2, p.154 - lettre au Ridvaz, rabbi Yaakov David Wilovsky - le 28 mars 1913 ]

Lorsqu'un véritable tsadik vit et s'enracine dans la terre d'Israël, il perd le type d'amour qu'il avait pour la terre d'Israël lorsqu'il vivait dans la diaspora.
A la place de cet ancien amour, un nouvel amour émotionnel et intellectuel se développe : il sent que son lieu de naissance ne peut être que la terre d'Israël.
[rav Avraham Kook - Kévatsim Yad Kadcho 2, Pinkas 5:149 ]

+ Israël – Ne réfléchissez pas trop :

+ Israël - Ne réfléchissez pas trop :

-> Un jour, un touriste juif de la diaspora est venu voir le rav Kook pour lui demander conseil sur la possibilité de vivre en Israël. Tout au long de la conversation, le touriste a fait différents calculs sous tous les angles pour déterminer s'il valait la peine de vivre en terre d'Israël.
Le rav Kook lui dit : "Avant que le peuple juif n'entre en terre d'Israël, il tua Si'hon, le roi de 'Hechbon » ('Houkat 21,24).
Cela nous enseigne qu'une personne doit venir en terre d'Israël sans " 'hechbon", qui signifie littéralement "calculs".
[rav Avraham Kook - Shiv'hé haRaaya - p.270 ]

[certes on doit faire une alya intelligente pour qu'elle réussisse (hichtadlout oblige), mais on ne doit pas faire trop de calculs (plus que vraiment nécessaires).
L'alya est un acte d'amour de notre âme pour retrouver pleinement Hachem (qui y est beaucoup plus présent), et y faire à chaque seconde Sa volonté de la Torah d'y résider. ]

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-> Un jour, quelqu'un a dit au rav Kook : "Si D. le veut, nous ferons l'Aliya vers la terre d'Israël".
Le rav Kook a répondu : "D. le veut certainement. L'essentiel est que vous le vouliez (sincèrement)".
[rav Avraham Kook - Shiv'hé haRaaya - p.270 ]

Faire son aliya = réparer la faute des explorateurs

+ Faire son aliya = réparer la faute des explorateurs :

-> "Un petit groupe en terre d'Israël est plus précieux qu'un grand Sanhédrin en dehors d'Israël" (Yérouchalmi Nédarim 6,8).
La racine de l'exil et de la négativité qui en résulte dans le monde est que nous ne proclamons pas la valeur et la sagesse de la terre d'Israël.
En effet, nous n'avons pas réparé la faute des explorateurs qui ont parlé négativement de la terre. Pour y remédier, nous devons faire le contraire : proclamer au monde entier la gloire et la beauté de la terre, sa sainteté et son honneur.
Espérons qu'après toutes nos louanges, nous ayons peut-être réussi à exprimer ne serait-ce qu'un dix-millième de l'incroyable beauté de la terre, de la lumière glorieuse de sa Torah, de l'illumination [spirituelle] élevée de sa sagesse et de l'esprit saint qui palpite à l'intérieur de la terre.

Il existe certes de nombreux niveaux en matière de sainteté (kédoucha) et de 'hol.
"Chacun est consumé par la proximité de son ami" (Baba Batra 75b). Néanmoins, il existe en Terre d'Israël une lumière et un bonheur sacrés qui n'existent véritablement nulle part ailleurs en diaspora. [Hachem y est infiniment plus présent! ]
Cela est particulièrement vrai pour les érudits de la Torah qui recherchent activement Hachem. Même dans ma petitesse, je sais que ce principe est vrai pour moi.
[rav Avraham Kook - Igrot haRaaya 1, p.102 - Lettre au rabbin Dr Moché Seidel le 1er janvier 1905 ]

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+ Aliya pour chaque individu ou pour toute une communauté :

-> Le rav Kook a un jour fait la distinction suivante. Si un individu vient vous demander s'il doit faire son Aliya et vivre en Israël, vous devez lui répondre en fonction de sa situation personnelle.
Cependant, toute personne qui dissuade toute une communauté de vivre en terre d'Israël est considérée comme l'un des "explorateurs" qui parlent négativement de la terre d'Israël.
[rav Avraham Kook - Shiv'hé haRaaya - p.271 ]

-> "Heureux celui qui mérite, au cours de sa vie, d’établir sa résidence en Terre Sainte".
[Zohar III,72b]

-> "Il n’y a de [véritable] joie que dans le fait d’habiter en terre d’Israël."
[Ohr ha'Haïm hakadoch - Ki Tavo 26,1]

-> "Ce n’est qu’en terre d’Israël que la joie peut être complète"
[rav Elimélé'h de Lizensk]

-> "Lorsque vous habiterez la Terre (d'Israël), vous vivez une vraie vie, comme la vie au Ciel."
[Haktav véHakala - Ekev 11,21 ]

[ une vie au Ciel est une union avec Hachem au plus haut niveau. Vivre une vie avec ce type de connexion avec le divin imprègne l’individu du plus grand sens et de la plus grande joie. Et selon la tradition juive, dans ce monde, cet attachement avec le divin ne peut être vécue dans son sens le plus authentique que lorsqu’on vit en terre d’Israël.
Plus on est proche d'Hachem (le divin) plus on est vraiment joyeux, ce qui est le cas en Israël. ]

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-> "C'est parce que (ékev) vous écouterez ces lois, que vous les respecterez et les mettrez en pratique, qu'Hachem vous garantira l'alliance et la bonté qu'il a jurées à vos Patriarches" (Ekev 7,12-13)

Rachi commente l’utilisation du mot "ekev" (talon) et enseigne que le verset signifie : "Si vous écoutez les mitsvot mineures qu’une personne piétine de son talon [et qui sont souvent considérées comme d’une importance secondaire], alors le Seigneur tiendra Sa promesse envers vous."

Le rabbi de Kotzk s’interroge sur ce que Rachi appelle les commandements (mitsvot) qu’une personne "piétine de son talon". Il enseigne (Parera'ot laTorah - vol.5,63) :
"Quelle mitsva une personne piétine-t-elle littéralement avec ses talons pour l’accomplir?
Il ne peut s’agir que de la mitsva de vivre en terre d’Israël.
Marcher sur le sol de la Terre Sainte et y résider est une mitsva ordonnée par la Torah. Cependant, de nombreux juifs considèrent cela comme une mitsva mineure qui peut être ignorée.
C’est pourquoi la Torah dit : si vous observez la mitsva que l’on accomplit avec son talon, marcher sur le sol de la terre d’Israël, alors Hachem tiendra Sa promesse de vous faire du bien (matériellement et spirituellement)."

Quelques avantages de vivre en Israël

+ Quelques avantages de vivre en Israël :

-> "Trois personnes ont droit à une part dans le monde à Venir", et la première sur la liste est "celle qui réside en terre d’Israël". [guémara Pessa'him 113]

-> Le Yalkout Shimoni (2:956) reprend cette même idée en s’appuyant sur un enseignement du roi Salomon :
"Mieux vaut un morceau de pain sec et la tranquillité qu’une maison pleine de festins et de querelles" (Michlé 17,1).
Mieux vaut un morceau de pain sec et la tranquillité : Rabbi Yo'hanan dit : "Cela fait référence à la terre d’Israël, car même si une personne ne mange que du pain sec et du sel chaque jour tout en habitant en terre d’Israël, elle est assurée d’une part dans le monde à Venir."

-> Ibn Ezra explique que la récompense pour le fait de résider en Israël est la raison pour laquelle la Torah enseigne que Yaakov a acheté une propriété dès son retour en terre d’Israël : "La Torah mentionne cela pour démontrer que la terre d’Israël possède de grandes qualités, et celui qui y a une part est considéré comme s’il avait une part dans le monde à Venir."

-> Le midrach (Béréchit raba 76,2) enseigne : "Quiconque réside en terre d’Israël, la terre elle-même expie pour lui" (Sifré - Haazinou).
En effet, selon le midrach, Yaakov craignait qu’Esav ne le batte au combat parce qu’Essav vivait en Israël : "Toutes ces années, Essav a résidé en terre d’Israël. Peut-être vient-il à ma rencontre fort de sa vie en terre d’Israël."
[même quelqu'un qui se comporte très mal comme Essav, a un mérite énorme uniquement du fait d'être en Israël. A plus forte raison pour nous! ]

-> Selon le Rambam (Hilkhot Méla'him 5,10-12) :
"Les fautes de quiconque vit en Terre d’Israël sont pardonnés ... Même si l’on parcourt quatre amot en terre d’Israël, on est assuré du monde à Venir ...
Une personne devrait vivre en terre d’Israël, même dans une ville où la majorité est idolâtre, et ne pas vivre hors de la terre d’Israël, même dans une ville où la majorité est juive."

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-> Le midrach (Sifrei - Réé) rapporte le récit suivant :
"Rabbi Elazar ben Shamoua et Rabbi Yo'hanan Hasandlar se rendaient à Nétsivim (en dehors d’Israël) chez Rabbi Yéhouda ben Betéra pour étudier la Torah avec lui.
Ils arrivèrent à Sidon et se souvinrent de la terre d’Israël. Leurs yeux se remplirent de larmes qui se mirent à couler à flots ; ils déchirèrent leurs vêtements et récitèrent ce verset : "Vous en prendrez possession et vous y habiterez, et vous observerez soigneusement toutes les lois".
Ils retournèrent chez eux et dirent : "Vivre en terre d’Israël équivaut au poids combiné de toutes les mitsvot de la Torah."

[on parle de géants de la Torah qui quittaient Israël pour l'étudier. Lorsqu'ils se souvinrent de la grandeur de vivre en Israël ils en sont venus à être remplis de larmes qui coulent à flots, à déchirer leurs vêtements.
Ils avaient une vision de la réalité spirituelle du monde, et leur comportement nous inscrit sur l'importance que devrait avoir Israël à nos yeux. ]

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-> La guémara (Taanit 10a) enseigne qu’en terre d’Israël, la bénédiction "jaillit directement d'Hachem".
Plus précisément, on nous enseigne que "la terre d’Israël est arrosée par Hachem Lui-même, et qu’Il arrose le reste du monde par l’intermédiaire d’un émissaire (chaque terre ayant son ange tutélaire)."

-> Ce lien direct entre Hachem et la terre d’Israël explique l’enseignement du Zohar (III,276a) selon lequel "Hachem n’est appelé "Roi" qu’en terre d’Israël".
Selon le Ram'hal (Déré'h Hachem - part.2,chap.4:8) : "ce n’est qu’en Israël qu'on peut servir d'Hachem d'une façon pure, sans aucune barrière."

-> Ce lien avec Hachem sans barrières apporte de nombreux bienfaits spirituels.
Le rabbi Elimélé'h de Lizensk explique qu’en Israël, "il est possible de se sanctifier avec une grande sainteté, ce qui est impossible en terre étrangère".

Le midrach (Béréchit raba 6) enseigne qu' "il n’y a pas de Torah comme la Torah de la terre d’Israël et il n’y a pas de sagesse comme la sagesse de la terre d’Israël".
Le midrach (Esther raba - chap.1) rapporte qu’ "il y a dix portions de Torah dans le monde : neuf en terre d’Israël et une dans le reste du monde".

-> La guémara (Baba Batra 158b) décrit comment rabbi Zéra a même modifié une règle de
loi juive lorsqu’il est venu en Israël, car "l’air de la terre d’Israël rend sage".

-> Non seulement on comprend la Torah plus clairement en terre d’Israël, mais la tradition juive enseigne également que c’est précisément en étudiant la Torah en Israël que l’on peut se rapprocher d'Hachem : "Rabbi Yossi bar 'Halafta dit à son fils, Rabbi Yichmaël : "Veux-tu voir la Présence divine dans ce monde? Étudie la Torah en Terre d’Israël." [midrach Téhilim 105]

-> Ce niveau de connexion avec Hachem et la révélation de la Torah qui est si unique en terre d’Israël permet aux juifs d’atteindre les plus hauts sommets spirituels.
Comme l’enseigne le Maharal (Déré'h 'Haïm 5,9) : "Les Patriarches ont atteint leur immensité (spirituelle) précisément grâce à la Terre, car sans la Terre, les Patriarches n’auraient jamais atteint les sommets de la sainteté. "
[selon le principe que ce qui est arrivé à nos Patriarches est un signe pour leur descendance, si nous voulons exploiter au maximum nos capacités spirituelles selon implique de vivre en Israël (ou si cela n'est actuellement pas possible, de le désirer fortement). A défaut du lieu Israël, il nous est impossible de fleurir spirituellement comme on le pourrait. On restera toujours un version réduite de ce qu'on pourrait être, avec une implication négative sur notre éternité et notre descendance, que D. préserve. ]

-> Hachem n’est apparu à nos ancêtres qu’en terre d’Israël.
Le Kli Yakar ('Hayé Sarah 23,3) explique : "Il me semble qu'Hachem a empêché Its'hak de se rendre en dehors d'Israël parce que la présence d'Hachem n’y est pas révélée.
Ainsi, Hachem n’aurait pas pu lui accorder la prophétie et lui parler là-bas, si nécessaire."

-> Dans un séfer Torah, la lettre alef (א) à la fin du mot "vayikra" (וַיִּקְרָא - Hachem appelle Moché) est écrite en petit par rapport aux autres lettres. Pourquoi cela?
Le Zohar (Tossafot haZohar 1) enseigne que c'est parce que cet "appel" était imparfait. Pourquoi donc?
Car il eut lieu dans le Tabernacle et en terre étrangère. Or, la perfection ne peut se trouver qu’en terre d’Israël.

-> Le Ohr ha'Haïm hakadoch (Tsav 6,4) enseigne que lorsque la Torah décrit un "lieu pur" (makom tahor - Tsav 6,4), elle fait référence à la terre d'Israël.

-> La bénédiction involontaire que Bil'am a donné au peuple juif démontre l’élévation spirituelle que procure la terre d’Israël.
Bil'am dit : "Ma tovou ohalé'ha, Yaakov, michkénoté'ha, Israël" (que tes tentes sont belles, ô Yaakov, tes demeures, ô Israël - Balak 24,5).
Le Malbim explique qu’un "ohel" est une tente temporaire, tandis qu’un "michkan" est une demeure permanente. Dans le désert, le peuple juif vivait sous des tentes, mais lorsque Bil'am les bénit, ils étaient prêts à entrer en terre d’Israël et à s’installer dans des demeures permanentes.
Bil'am déclara : "Que tes tentes sont belles, ô Yaakov", en référence aux tentes du désert. Mais il ajouta ensuite : "tes demeures, ô Israël", en référence à l’intention de la nation juive de s’installer dans des maisons permanentes en terre d’Israël.
Le Malbim ajoute que le nom "Israël" est plus grand (spirituellement) que le nom "Yaakov".
[Hachem a changé le nom de Yaakov en Israël lorsqu'il a atteint un niveau spirituel bien supérieur. (voir Vayichla'h 32,29)]

Bil'am a utilisé ces termes délibérément dans sa prophétie, enseignant que lorsque les Israélites entreraient dans la Terre, ils s’élèveraient alors vers des sommets spirituels bien plus élevés, dignes d’être appelés par le nom de Israël.
[on ne se rend pas compte à quel point le fait de vivre en Israël peut être un décapsuler de sublimes potentialités spirituelles internes, dont en diaspora on passeraient à côté durant notre vie. ]

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-> Selon le Zohar, les Yom Tov des 3 fêtes (Souccot, Pessa'h et Shavouot) sont doublés en dehors d'Israël car pour que les flux divins relatifs à ces fêtes nous parviennent, la terre d'Israël nous permet de les absorber en un seul jour, ce qui n'est pas le cas en dehors.

[cela n'est qu'une illustration de ce qui se passe à chaque instant : grâce au fait d'être en terre d'Israël nous avons les capacités de pouvoir absorber davantage de spiritualité.
Etre en dehors d'Israël c'est être une version bridée de nous même, c'est ne pas avoir un récipient capable de recevoir tout ce que Hachem aimerait nous donner.
Imaginons la douleur d'Hachem de nous voir rester en dehors d'Israël, alors qu'Il aimerait tellement nous faire grandir spirituellement pour que l'on soit encore plus proche de Lui dans l'éternité de notre monde à Venir.
Hachem nous dit : "Je t'aime! Viens en Israël, que grâce à cela Je puisse de rapprocher encore plus de Moi!" ]

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-> "Il est impossible pour la nation juive d’atteindre sa perfection ailleurs qu’en dehors de la terre choisie [d'Israël]."
[Abarbanel - Yéchayahou 5]

-> Le Kli Yakar explique que lorsque la Torah qualifie Israël de "bonne terre" (Rachi - Chéla'h Lé'ha 13,2 - ani amarti lahém chéhi tova), elle fait référence à la bonté spirituelle, car l’atmosphère de la terre elle-même "aide une personne à atteindre le vrai bien".

-> Dans la 2e bénédiction du Birkat Hamazon, nous remercions Hachem de nous avons donné cette Terre, et une des nombreuses louanges dites est qu'elle est : "ré'hava" (vaste). Cela est étonnant car c'est une des terres (pays) les plus petites au monde.
Le rav Zev Leff explique que la terre d’Israël est le lieu le plus propice à la croissance spirituelle, où nous pouvons nous connecter avec Hachem au plus haut niveau.
Ainsi, elle est "vaste" dans le sens où elle nous offre le plus grand éventail d’opportunités spirituelles.

-> Le rav Eliyahou Dessler, originaire d’Angleterre lorsqu'il fit son alyah au début du 20e siècle et devint le chef spirituel de la yéchiva de Ponevezh :
"Lorsque je viens en Terre Sainte, je sens clairement qu’ici mon cœur est plus facilement ému à l’étude du moussar. De plus, on ressent ici l’aide du Ciel dans l’étude de la Torah ...
A notre époque, nous voyons de nos propres yeux comment les jeunes qui étudient la Torah s’épanouissent en terre d’Israël. Ils progressent dans leurs études, ils parviennent à acquérir la connaissance de l’ensemble du Talmud, et ils accomplissent bien plus que ce que d’autres accomplissent dans leur éducation à la Torah dans d’autres terres".
[Mikhtav méEliyahou - vol.3,194]

-> La tradition juive enseigne qu'Hachem a créé la terre d’Israël avec des qualités spécifiques afin qu’elle puisse servir de siège à la spiritualité et à la sainteté.
Dans le cadre de ses dernières volontés et de son testament, où il décrit la destinée du peuple juif, Moché Rabbénou dit : "pour vous y faire entrer, pour vous donner leur terre en héritage" (Vaét'hanan 4,38).
Le Sforno commente : "Pour vous donner leur terre, qui est la terre de Dieu, préparée (depuis la Création du monde) pour l’atteinte de la perfection voulue (par Hachem)."

-> Le Malbim (Toldot 28,3-4) enseigne que "hériter de la Terre est une condition préalable pour qu'Hachem fasse descendre sa présence sur le peuple juif, car la terre d’Israël est prédisposée à la sainteté et à l’inspiration divine. "

-> Hachem désigne la terre d’Israël comme "le lieu que J’ai préparé" (él amakom achèr a'hinoti - Michpatim 23,20).
Le rav Samson Raphael Hirsch explique : "Les caractéristiques du sol de la terre d’Israël, ainsi que le climat et les propriétés physiques qui ont été accordés à cette terre, sont tous en accord avec la mission que la vie de la nation (juive), basée sur l’esprit de Dieu et Sa Torah, est censée développer."
Rachi sur "que J'ai préparé" = que j’ai aménagé pour vous le donner, tel est le sens littéral. Quant à l’interprétation midrachique, elle est la suivante : "que J'ai préparé" = c’est l’endroit connu pour accueillir Ma présence.

[si dans notre vie l'essentiel est de vivre avec le plus de proximité et de présence d'Hachem, alors c'est en Israël que cela se passe.
De plus, Hachem nous dit : "si vous voulez être avec Moi alors c'est essentiellement en terre d'Israël que Je suis". N'est-ce pas insultant envers Hachem, si on Lui fait comprendre qu'on est bien diaspora sans Lui, que notre vie est pas si mal, qu'on a plus important et mieux à faire que Lui.
Certes on ne peut pas tous aller actuellement en Israël (ou bien faire une alyah positive spirituellement), néanmoins on doit tous désirer et aimer Israël (Hachem Je t'aime, et Je veux être le plus proche de Toi, donc forcément en Israël! ). ]

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+ Israël = le lieu où accomplir les mitsvot :

-> Outre le lien étroit avec Hachem que l’on ne peut ressentir qu’en terre d’Israël, c'est aussi la terre qui a été désignée pour l’accomplissement des mitsvot.
Moché Rabbénou l’affirme clairement à plusieurs reprises dans son testament au peuple juif, dans le Livre de Dévarim :
- "Voici, je vous ai enseigné les lois et les ordonnances, comme le Seigneur mon D. me l’a ordonné, afin que vous les mettiez en pratique au milieu de la Terre dont vous allez prendre possession" (Vaét'hanan 4,5).
- "Et Hachem m’a ordonné en ce temps-là de vous enseigner des lois et des ordonnances, afin que vous les mettiez en pratique dans la Terre dont vous allez prendre possession" (Vaét'hanan 4,14).
- "Voici donc le commandement, les lois et les ordonnances qu'Hachem, votre D., m’a ordonné de vous enseigner, afin que vous les mettiez en pratique dans le pays dont vous allez prendre possession" (Vaét'hanan 6,1)
- Hachem lui-même utilise cette même terminologie : "Mais quant à toi, tiens-toi ici près de Moi, et Je te dirai tous les commandements, les lois et les ordonnances que tu leur enseigneras, afin qu’ils les mettent en pratique dans la Terre que Je leur donne pour qu’ils en prennent possession" (Vaét'hanan 5,27).

-> "L'essentiel de la perfection et de l’accomplissement de la Torah se trouvent en terre d’Israël."
[le Mabit - Beit Elokim - shaar haYessod - chap.32]

-> Le Torah Témima (Réé 12,29) développe cette idée :
"Et même ces mitsvot qui dépendent du corps ont été données principalement pour être observées en terre d'Israël ; tel est leur but ultime ...
La raison pour laquelle nous les observons en Diaspora est uniquement pour qu’elles ne soient pas oubliées lorsque les juifs retourneront sur la terre."

-> Cette idée s’appuie sur le midrach (Sifré - Ekev 7&11) cité par Rachi (Ekev 11,18), qui dit sans détour : "Même si je vous exile de la Terre vers la Diaspora, distinguez-vous par les mitsvot afin qu’elles ne vous soient pas étrangères lorsque vous reviendrez."

-> Cette déclaration étonnante enseigne qu’il n’y a aucune raison intrinsèque d’observer la Torah et les mitsvot en dehors de la terre d’Israël, et que les juifs ne le font que pour s’assurer de savoir comment les accomplir lorsqu’ils seront en Israël.
La Torah Témima affirme que ce concept sert d’explication à l’enseignement selon lequel la mitsva de vivre en terre d’Israël a un poids équivalent à toutes les autres mitsvot réunies.
Il dit : "Il s’ensuit donc que la mitsva de résider en terre d’Israël est égale à toutes les autres, car elle est le fondation et la base de l’accomplissement de toutes les mitsvot."

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+ Chaque mitsva faite en Israël vaut plus qu'en diaspora :

-> Puisque la terre d’Israël est la terre spécifiquement désignée pour l’accomplissement des mitsvot, le Nétsiv de Volozhin (Ki Tétsé 23,21) enseigne : "la récompense des mitsvot et de toutes les lois de la Torah est plus grande en terre d’Israël."

-> Le 'Hafetz 'Haïm (cité par le rav Tsvi Yéhouda Kook dans léNétivot Israël) donne une estimation précise de cette différence et affirme que "la valeur d’une mitsva accomplie par un juif en terre d’Israël, comme le port des téfilines, est 20 fois supérieure à celle de la même mitsva accomplie hors de cette terre."
[c’est peut-être pour cette raison que le 'Hafets 'Haïm a déployé des efforts herculéens pour s’installer en Israël à la fin de sa vie. Seule la maladie qui a frappé son épouse l’en a empêché. Car chaque mitsva est ce qui constituera la beauté de notre monde éternel après notre mort, et en Israël on multiplie tout par 20 fois, en y ajoutant l'influence positive de la Terre et à chaque seconde la mitsva d'y résider qui équivaut à toutes les 613 mitsvot réunies! Vivre en Israël est un investissement pour notre richesse spirituelle éternelle!]

Il est à noter que même le Rabbi de Satmar, connu pour sa position contre le sionisme et l’État d’Israël, enseignait que "toutes les prières et tous les commandements accomplis en Terre d’Israël ont une importance double, puisque l’on se trouve dans le lieu saint." [Vayoel Moché - maamar Yichouv Erets Israël 133a]

=> Pour toute personne qui accorde de l'importance aux mitsvot, à la préparation de son monde éternel après sa mort, le fait de vivre en Israël ne peut pas nous laisser indifférent.

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+ L'impact de consommer des fruits d'Israël :

-> Un autre avantage de vivre en terre d’Israël réside dans la sainteté contenue dans les aspects matériels de la terre.
Le rav Avraham Azoulaï ('Hessed léAvraham - nahar 21, en haAretz) enseigne : "Les fruits de la terre d’Israël proviennent de la sainteté".
Il poursuit en expliquant que "c’est pourquoi la manne existait dans le désert et non en terre d’Israël" (après les 40 ans dans le désert, la manne s'est arrêtée avec l'entrée en Israël). En effet, il n’y avait pas besoin de la nourriture de la manne, qui venait directement d'Hachem, en terre d’Israël, car les fruits que produit la terre d’Israël sont imprégnés de cette même sainteté.
[la manne est la nourriture des anges, elle renforce notre sainteté interne! ]

-> Le rav Elimélé'h Fischman (Léchem Abirim al haTorah) utilise ce concept pour répondre à une question dans la paracha Mikets. Après que Yaakov eut exprimé toutes ses craintes concernant le retour de ses fils en Égypte, il finit par céder, mais leur ordonne d’apporter des fruits "des branches du pays" au souverain égyptien (Mikets 43,13).
Pourquoi Yaakov pensait-il que certains fruits pourraient avoir une influence positive sur ce dirigeant brutal (à la tête de l'Egypte, alors capitale de l'impureté) qui vivait dans un pays épargné par la famine et regorgeant de fruits?
Le rav Fischman répond que Yaakov avait précisé que les récoltes devaient provenir de la terre d’Israël. Yaakov croyait que la sainteté latente en tout ce qui pousse en Israël pourrait inciter le souverain égyptien à traiter ses fils avec bienveillance.
Cela illustre la puissance spirituelle des fruits d’Israël. [si pour Yaakov cela pouvait impacter même un racha non juif, alors à plus forte raison nous-même! ]

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+ Même planter en Israël est une belle mitsva :

-> Le midrach (Vayikra raba 25,3) sur le verset "Tu suivras Hachem ton D." (Réé 13,5) pose la question suivante : "Est-il possible pour un être de chair et de sang de suivre le Saint, béni soit-Il?
Au contraire, au commencement de la création, Hachem s’est livré à la plantation, comme il est écrit : "Hachem planta un jardin d'Eden" (Béréchit 2,8).
De même, lorsque tu entreras dans la Terre (d'Israël), occupe-toi d’abord de planter, comme il est écrit : "Quand tu seras entré dans le pays, tu planteras".
Ainsi, nous voyons que lorsque nous plantons spécifiquement en terre d’Israël, nous nous élevons pour reflétant (ce qu'a fait) Hachem."

-> Un autre avantage de vivre en terre d’Israël peut être tiré de l’introduction de la Torah aux lois de la orlah (s’abstenir de manger le fruit d’un arbre pendant ses trois premières années) : "Et lorsque tu seras entré dans la Terre (d'Israël), et que tu auras planté toutes sortes d’arbres pour la nourriture" (Kédochim 19,23).
Le Ohr ha'Haïm hakadoch commente que ce verset enseigne deux mitsvot en plus des lois de la orlah. Il enseigne également la mitsva de vivre en terre d’Israël, et une mitsva supplémentaire consistant à planter des arbres fruitiers afin d'embellir la Terre.
En Israël, l’acte banal de planter est élevé au rang de mitsva.

-> Le 'Hatam Sofer (sur Soucca 36a) convient que planter en terre d’Israël est un accomplissement de la mitsva de s’établir sur la Terre.
Il compare la plantation en Israël à la mitsva des téfilin, et enseigne qu’une personne en Israël ne peut pas dire : "Je ne récolterai pas mon blé parce que j’étudie la Torah". Les deux sont des mitsvot de la Torah, et il faut trouver un moyen de les accomplir toutes les deux.
Le 'Hatam Sofer suggère même que d’autres métiers, en dehors de l’agriculture, peuvent constituer un accomplissement de cette mitsva s’ils contribuent au bien-être social en terre d’Israël.

[d'une certaine façon, de même qu'on va faire une belle synagogue et en prendre soin car c'est un lieu de présence forte d'Hachem, de même on doit prendre soin et embellir toute la terre d'Israël car c'est un lieu où Hachem est présent d'une façon beaucoup plus importante qu'en dehors.
Etre en Israël, c'est être dans une autre réalité spirituelle qu'en diaspora. ]

La terre d’Israël

+ La terre d'Israël :

-> Beaucoup de ceux qui étudient la Michna connaissent le commentaire de rabbi Ovadia de Berténora, connu sous le nom du Barténoura. Il fut l’une des personnalités les plus célèbres et les plus importantes du monde de la Torah en Italie au 15e siècle. Rabbi Ovadia a déployé des efforts herculéens pour s’installer en terre d'Israël à une époque où nombre de ceux qui tentaient le voyage depuis l’Italie et la Sicile se noyaient en Méditerranée.
Il lui fallut 3 années d’efforts, ponctuées de nombreux revers, mais en 1488, le rabbin Ovadia arriva en Terre d’Israël et s’y installa.

-> En 1211, un groupe de 300 rabbins venus de France et d’Angleterre émigra en Israël. Ils s’y installèrent sans aucun soutien financier et sans aucune perspective de gagner leur vie en Terre Sainte.
La plupart d’entre eux furent assassinés par les croisés, qui arrivèrent sur place à peine 8 ans plus tard. Les rares survivants furent autorisés à vivre dans la ville d’Acre.
Les Mamelouks conquirent Acre en 1291 et massacrèrent toute sa population juive, y compris les femmes et les enfants, de nombreux hommes étant tués alors qu’ils se trouvaient à la synagogue.

-> Le peuple juif prospéra en Babylonie pendant la période amoraïque (entre l'an 200 et 500).
Il disposait de grands séminaires rabbiniques, de centres d’étude de la Torah et de communautés florissantes, et vivait à l’abri de l’insécurité et du chaos qui régnaient en terre d’Israël.
Malgré cela, un grand nombre de rabbins éminents s'installèrent en Terre Sainte.
Parmi eux figuraient Rabbi 'Hanina ben 'Hama (Yérouchalmi Péa 7:4,20a), Eliezer ben Pedat ('Houlin 111b), Rabbi Zakaï (Yérouchalmi Shabbath 7:1), Rabbi 'Hiya bar Yossef ('Houlin 54a), Rav Kahana (Yérouchalmi Shabbath 7:1,9a), Rabbi Abba (Kétoubot 112a), Rabbi Avina (Yérouchalmi Shévi'it 4:2,35a), Rabbi Ochaïa et son frère 'Hanania (Sanhédrin 14a), Rabbi Assi (Moed Katan 25a), Rabbi Zéra (Kétoubot 112a), Rabbin 'Hiya bar Abba (Shabbath 105b), Rabbi 'Helbo (Yébamot 64b ; Yérouchalmi Taanit 2:1,65a), 18 Rabbi Yirmiyahou (Kétoubot 75a), Rabbi Samuel bar Its'hak (Yérouchalmi Béra'hot 3:5,6d), Rabbi Simlaï (Yérouchalmi Pessa'him 5:3,32a), Rav Houna bar Rav Avin (Yérouchalmi Roch Hachana 2:2,59a), et Rabbi 'Hagaï (Moed Katan 25a).

=> On parle de géants spirituels qui avaient une vision de la réalité des choses parfaite.
Ils ont préféré quitter leur confort, leur honneur et leur sécurité, pour faire un voyage très long et risqué, arrivant dans un pays chaotique.
Mais leur amour et leur vision de l'incroyable vie spirituelle en terre d'Israël, les a pousser à tout quitter en diaspora.
Qui sommes-nous pour se penser plus intelligent qu'eux en se persuadant que la diaspora n'est pas si mal, pas si différente qu'Israël. Car si nous avions conscience de la Vérité nous mourrions de désir de pouvoir y vivre.
(même si l'on voit de beaux paysages en exil, c'est à l'image d'une belle fraise qui n'a aucun goût, à la différence d'Israël où son intériorité est sublime! )

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-> La paracha de Vayétsé qui décrit le séjour de Yaakov en exil, est écrite d’une seule traite dans le rouleau de la Torah.
Le Sfat Emet explique ce que cela nous enseigne : que Yaakov n’a jamais cessé de penser à la terre d'Israël et à son désir d’y retourner vivre pendant toute la durée de son exil.

-> Ses actions nous donnent un aperçu des émotions de Yaakov au moment de quitter la terre d’Israël.
La Torah (Vayétsé 28,18) décrit que Yaakov verse de l’huile sur l’autel qu’il érige pour Hachem.
Lorsqu’il revient en Israël, la Torah (Vayichla'h 35,14) rapporte qu’il verse à la fois une libation de vin et de l’huile sur l’autel.
Pourquoi s’abstient-il de verser du vin sur l’autel lorsqu’il quitte Israël?

Le Oznaïm laTorah répond que les libations de vin proviennent d’un sentiment de joie, comme le dit le verset : "mon vin, qui réjouit D. et l’homme" (Shoftim 9,13).
Lorsque Yaakov quitta la terre d’Israël pour se rendre en Diaspora, il ne pouvait pas ressentir de joie, et c’est pourquoi il ne versa pas de vin sur l’autel.
Cependant, lorsque Yaakov revint en Terre d’Israël, il était comblé de joie et put ainsi offrir une libation de vin. En effet, la Torah introduit le commandement concernant les libations de vin par les mots "Lorsque tu entreras dans le pays de ta demeure, que Je te donne" (Chéla'h Lé'ha 15,2), et Rabbi Yichmaël stipule que le peuple juif n’offrait pas de libations de vin dans le désert (Kidouchin 37a ; Zéva'him 117a).

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-> Hachem dit : "La terre d’Israël m'est plus précieuse (bien-aimée) que tout".
[midrach Bamidbar raba 23,7]

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-> Les juifs ont été critiqués pour ne pas avoir pris plus sérieusement ce cadeau d'Hachem, lui préférant d'autres terres.

"Et Israël habita dans le pays d’Égypte, dans le pays de Gosen ; et ils y acquirent des biens, et ils furent féconds, et se multiplièrent à l’extrême" (Vayigach 47,27).
Le Kli Yakar commente :
"Ce verset est une condamnation des Bné Israël, car Hachem avait décrété à Abraham que ses enfants seraient étrangers dans un pays étranger, mais ils désiraient être des résidents durables et des propriétaires fonciers dans un pays qui n’était pas le leur.
Et ils s’y installèrent de manière si permanente qu’ils ne voulurent pas quitter l’Égypte jusqu’à ce qu'Hachem soit contraint de les en faire sortir d’une main puissante, et ceux qui ne voulaient pas partir moururent pendant les trois jours de ténèbres."

=> Comment peut-on mépriser ce qui est précieux aux yeux d'Hachem!
[voir : Terre d'Israël & pourquoi 80% des juifs sont morts en Egypte : https://todahm.com/2026/02/04/terre-disrael-pourquoi-80-des-juifs-sont-morts-en-egypte ]

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-> Le lien entre le peuple juif et la vie en Israël est si important que le midrach (Béréchit raba 39,8) enseigne : "Il vaut mieux habiter dans les déserts de la terre d’Israël que dans les palais de la Diaspora".

Le midrach commente ensuite que les paroles du roi David (dans le Téhilim 84,11 - "je préfère me tenir au seuil de la maison de mon D., plutôt que de séjourner dans les tentes de l’impiété") par ces mots : "Même si je possède des palais et des châteaux en dehors de la Terre d’Israël et que je n’ai qu’une petite hutte en terre d’Israël, je préfère tout de même vivre dans [cette hutte]".

-> Le conflit entre le confort de la diaspora et la vie en Israël peut sembler être un problème contemporain, mais il est loin d’être nouveau ; ce dilemme était déjà bien établi à l’époque d'Ezra.
La guémara (Sanhédrin 98b) enseigne que lorsque Ezra revint en terre d'Israël et reconstruisit le Temple, la rédemption (guéoula) et le Temple auraient dû être éternels, "mais une faute a empêché cela".

Le Maharcha explique que cette "faute" était "que les juifs ne sont pas tous retournés en terre d’Israël" (Yoma 9b).
Rachi précise que "les juifs qui se sentaient à l’aise en exil ne se sont pas installés en terre d’Israël avec Ezra". (Kidouchin 69b)

Ezra rapporte que seuls 42 360 juifs ont choisi de retourner en Israël. (Ezra 2,64-65)
Le midrach (Shir haShirim raba 8,9) l’enseigne très clairement : "Si Israël (les juifs) était remonté de Babylone comme un mur, le Second Temple n’aurait pas été détruit."
Le Kouzari (2,24) enseigne de même que "la Providence divine était prête à se manifester comme au commencement si tous les juifs avaient accepté de bon gré de revenir (en Israël). Mais seule une minorité est revenue. La majorité est restée en Babylonie."

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-> L’importance de l’incapacité des juifs à reconnaître que la terre d'Israël est leur seule véritable patrie, est illustrée par le récit suivant (Yoma 9b) : "Rech Lakich nageait dans le Jourdain. Rabba bar Bar-'Hana vint et lui tendit la main. Rech Lakich dit : "Par Hachem, je te méprise"."
Rachi explique, en se basant sur la suite du récit, que Rech Lakich déclara qu’il méprisait "tous les habitants de Babylonie qui ne montèrent pas (en Israël) au temps d’Ezra, empêchant ainsi la Présence divine de revenir et de reposer sur le Second Temple."

-> La guémara Yébamot 86b ; Kétoubot 26a ; Sotah 47b) enseigne qu'Ezra était tellement bouleversé par l’incapacité du peuple juif à répondre favorablement au fait qu'Hachem leur accorder le cadeau de la terre d'Israël en tant que patrie, qu'Il les a puni.

Lorsqu’Ezra constata que les Cohanim avaient répondu à son appel à retourner en Israël, mais pas les Lévi'im, il décréta que la dîme ma'aser richon, qui était destinée aux Lévi'im, serait désormais versée aux Cohanim.

-> Par crainte que quiconque ne pense que le monde spirituel fort dont jouissaient les juifs en Babylonie aurait pu constituer une justification légitime pour ne pas s’installer en terre d'Israël, la guémara (Kétoubot 110a) est très claire : "Il faut toujours vivre en terre d’Israël, même dans une ville où la majorité des habitants sont idolâtres, et non en dehors de la terre d’Israël, même dans une ville où la majorité est juive. Car tous ceux qui vivent en terre d’Israël ressemblent à celui qui a un D., et tous ceux qui vivent hors de la terre d’Israël ressemblent à celui qui n’a pas de D."

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-> Les juifs qui revinrent en Israël à l’époque d’Ezra n’étaient en réalité pas très attachés à l’observance des mitsvot. Comme le montre clairement le livre d’Ezra, ils faisaient des mariages mixtes, n’observaient pas le Shabbat et commettaient de nombreuses autres transgressions (graves).
Pourtant, le midrach (Béréchit raba 71,3) rapporte que "leurs actes sont louables", car ils ont fait l’effort de vivre en Israël.

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+ Aspirer à vivre en Israël :

-> Même si une personne ne peut, pour l’instant, vivre en Israël, le désir de vivre sur la terre qu'Hachem nous a donnée doit rester fort.
Le rav Yonathan Eibshitz (Yaarot Dvach 14) écrit :
"Quelle grande mitsva que de désirer aller [vivre] en terre d’Israël.
Le Shné Lou'hot Habrit et le séfer Yéré'im enseignent qu’une personne doit constamment garder dans son cœur le désir et l’amour de la Terre d’Israël, comme il est écrit : "Et tes yeux et ton cœur seront là tous les jours" (basé sur Méla'him I 9,3).
Même si une personne possède tout ce qu’elle désire, elle doit toujours se rappeler qu’il lui manque quelque chose, car elle n’est pas en terre d’Israël ... Elle doit en être attristé, car ce qui compte le plus lui manque."
[une personne peut avoir tout ce qu'elle désire, comme : une richesse matérielle folle, une érudition spirituelle importante, cependant en réalité il lui manque l'essentiel d'une vie juive : le fait de vivre en Israël. Le problème est qu'on ne se rend pas compte de que la terre d'Israël peut nous apporter (dont dans notre vie éternelle à Venir), de ce ce qu'on perd à ne y être, qu'on se dit que c'est pas si grave, qu'on est pas mal là en diaspora en vivant une vie plutôt juive. ]

-> Rabbi Na'hman de Breslev a fait une prière (rapporté dans le Léket Téfilot al Erets Israël) qui reflète le désir ardent ressenti par tous les juifs
"S’il te plaît, Dieu, Toi le Miséricordieux plein de miséricorde, Toi le Bienveillant plein de bienveillance ... accorde-moi avec compassion et bonté, et comme un don gratuit, que je mérite bientôt de venir en Terre d’Israël, en Terre Sainte, la terre dont nos ancêtres ont hérité, la terre où tous les véritables tsaddikim, de toute leur âme, ont souhaité et désiré être.
Ils ont réparé ce qu’ils devaient réparer, ils ont fait ce qu’ils devaient faire, et ils ont mérité ce qu’ils ont mérité, tout cela grâce au mérite de la Terre d’Israël, qui est le centre de la sainteté du monde entier ...
Hachem, purifie-moi dans Ta grande compassion afin que je mérite moi aussi de surmonter tous les obstacles qui m’empêchent de me rendre en terre d’Israël… et de venir rapidement en Terre Sainte."

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-> Selon nos Sages, c'est une mitsva de vivre en Israël. [à chaque instant (même quand on dort!) en résidant en Israël on fait une mitsva qui vaut comme les 613 mitsvot réunies, et en plus selon le 'Hafets 'Haïm chaque mitsva qu'on peut faire en Israël a 20 fois plus de valeur qu'en dehors.
On se rend compte que vivre en Israël va nous construire un monde à Venir et un attachement avec Hachem qu'on aurait pas eu en dehors! ]

Le 'Hatam Sofer va même jusqu’à dire qu’ignorer la mitsva de vivre en Terre d’Israël "revient à dire :"Je ne mettrai pas les tefillin"."
[ 'Hidouché 'Hatam Sofer - Soucca 36a ]
[Hachem nous donne un moyen de se lier à Lui, un moyen grâce auquel Il pourra nous combler de bénédictions, mais nous on a mieux à faire que ça! ]

-> Le Shlah Hakadoch (Amoud haShalom - dernier paragraphe de Soucca) critique ceux qui en diaspora font des demeures permanentes qui sont au-delà de nos besoins fondamentaux. Il dit que "cette construction ressemble à quelqu’un qui a divorcé dans son esprit avec la rédemption".

Le 'Hatam Sofer (sur Yoré Déa 138) va encore plus loin, en avertissant que "celui qui construit inutilement une grande maison en pierre en Diaspora afin d’avoir plus d’espace et qui, par conséquent, désespère de la venue de la rédemption (guéoula), cette construction est un danger et non quelque chose qui le protégera".

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-> Vivre en terre d’Israël est une mitsva si importante pour le peuple juif que nous assouplissons une interdiction du Shabbat afin de faciliter l’accomplissement de ce commandement.

Le guémara (Baba Kama 80b) enseigne :
"Lorsqu’une personne achète une maison en terre d’Israël, on peut rédiger l’acte de vente même le Shabbat. Peut-on réellement le rédiger pendant Shabbat?
Non, mais on peut demander à un non-juif de le rédiger. Et même si le fait de demander à un non-juif d’accomplir un travail interdit le Shabbat est en soi une interdiction rabbinique, les rabbins n’ont pas appliqué ces décrets lorsque l’établissement en terre d’Israël était en jeu."

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-> Puisque la terre d'Israël est une terre qu'Hachem a donnée à chaque juif, la présence d’un seul juif sur cette terre revêt une puissance extraordinaire.
Le 'Hatam Sofer (sur Ora'h 'Haïm 203) statue que même si Hillel et ses collègues ont sanctifié tous les mois et toutes les années jusqu’à la venue du machia'h (en y fixant les dates de Roch 'Hodech, et donc des fêtes juives), le calendrier ne s’applique que si au moins un juif vit en Israël.
Si un seul juif vit en Israël, alors Hillel a calculé et sanctifié les mois et les années pour ce seul juif, et la sainteté rayonne de là vers tout Israël.
Cependant, si la présence juive en terre d’Israël venait à cesser d’exister de nos jours (à D. ne plaise), cette sanctification deviendrait nulle et non avenue, et la plupart des mitsvot disparaîtraient.

Terre d’Israël & bénédiction d’avoir des enfants

"Il n'y aura aucune femme qui fera une fausse couche ou qui sera stérile dans ta terre. Je comblerai le nombre de tes jours" (Michpatim 23,26)

-> Il s'agit en fait d'une bénédiction d'Hachem d'avoir des enfants et de ne pas faire de fausses couches, qui change le destin (mazal d'une personne). Cependant, le verset écrit clairement que cette bénédiction ne s'applique que "bé'artsékha" (dans ta terre), en terre d'Israël.

Le grand mérite de vivre en terre d'Israël change le destin (mazal) spécifiquement à cet égard. La raison en est que celui qui vit en terre d'Israël le fait pour se connecter à la Chékhina (voir Kétoubot 110b) et avoir des enfants fait venir la Chékhina, la présence divine d'Hachem, dans ce monde (voir Yébamot 64a), mesure pour mesure, il mérite d'avoir des enfants.
[Zéra Shimshon - sur Michpatim 23,25-26]

"Il se leva et mesura la Terre" ('Habakouk 3,6) = Hachem mesura toutes les terres du monde et ne trouva aucune terre digne d'être donnée au peuple juif autre que la terre d'Israël.
[guémara Yalkout Chimoni, ibid. ]

=> aucune terre au monde ne peut permettre d'exprimer notre magnifique potentialité juive interne, si ce n'est la terre d'Israël.
En 'houts la'Arets, on peut y être confortable, agréable, mais on ne sera jamais pleinement nous-même.

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-> Hachem dit à Moché : "La Terre m'est bien-aimée et Israël m'est bien-aimé. J'amènerai [le peuple d'Israël], qui m'est bien-aimé, dans la Terre qui m'est bien-aimée" (midrach Bamidbar rabba 23,7).

Israël démultiplie l’impact de nos mitsvot

-> La terre d’Israël a toujours occupé une place centrale dans la vie du juif.
Le Talmud enseigne que lorsque nous prions, nous devons nous concentrer pour que nos prières atteignent le ciel en passant par la terre d’Israël.
De même, lorsque nous accomplissons l'une des mitsvot, nous devons imaginer que nous l’accomplissons en nous tenant sur la terre sainte d’Israël.
[rav Yonathan Eibshitz - dans son Tiféret Yéhonatan]

-> A un niveau supérieur, tout en réalisant la mitsva, il faut espérer mériter de vivre réellement en Israël et d’y accomplir la mitsva.
[rav Yonathan Eibshitz - dans son Yaarot Dvach]

=> Le rav Eibshitz a vécu au 18e siècle, et nous enseigne que pour donner davantage de puissance à nos mitsvot, on doit s'imaginer les réaliser en terre d'Israël.
De nos jours où nous avons la possibilité de vivre en Israël, cela doit nous pousser à y résider afin que notre service d'Hachem s'élève beaucoup plus, par la force et le mérite de la terre sainte!

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-> Les mitsvot n'ont été donnés que pour être accomplis en terre d'Israël.
Car l'essence de tous les préceptes est qu'ils soient accomplies dans le pays d'Hachem.
[Ramban - A'haré Mot 18,25]

-> b'h, voir à ce sujet : https://todahm.com/2017/11/04/43588