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Yossef chez Potiphar

+++ Yossef chez Potiphar : 

+ "Yossef fut emmené en Egypte. Potiphar, officier de Pharaon, chef des gardes, égyptien, l'acheta aux Ichmaélites" (Vayéchev 29,1)

-> Potiphar, homosexuel, était séduit par la beauté de Yossef, et il voulut assouvir ses désirs avec celui-ci. La Providence Divine ne lui permit pas de réaliser ce projet, et ne lui ôta pas la vie pour ne pas que sa fille adoptive (Asnath), que Yossef allait par la suite épouser, ne soit orpheline.
[Méam Loez]

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+ "Hachem fut avec Yossef" (Vayéchev 29,2)

-> La Présence Divine demeurait constamment auprès de Yossef, le protégeant ainsi du péché, bien qu'étant entouré de personnes immorales [dans la maison de son maître].
[Méam Loez]

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+ "Son maître vit que D. était avec lui" (v.29,3)

-> Rachi : [Hachem était avec Yossef] parce que celui-ci prononçait constamment le nom de D.

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-> "Hachem bénit la maison de l'Egyptien [Potiphar] à cause de Yossef, et la bénédiction Divine s'étendit sur tous ses biens" (v.39,5)

-> Chaque fois que Yossef touchait à une marchandise, celle-ci était bénie ... Potiphar apportait ses marchandises chez lui uniquement pour que Yossef les touche.
[...]

Lorsque Yossef servait Potiphar personnellement, il accédait à ses désirs immédiatement. Si Potiphar donnait à Yossef une coupe de vin et lui demandait de l'eau, Yossef pouvait transformer le vin en eau instantanément.
Il possédait la faculté de transformer toute chose.

Voyant cela, Potiphar confia à Yossef toutes les clés de sa vaste demeure, sans jamais vérifier ses agissements. Tout ce qu'entreprenait Yossef réussissait parfaitement.
[Méam Loez]

[de plus, selon le Yéfé Toar (sur midrach Béréchit rabba 86,5), Hachem va révéler Sa présence à Potiphar en lui permettant de voir une nuée étincelante au-dessus de la tête de Yossef.]

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+ "Sinon du pain qu'il mangeait. Or Yossef était beau de taille et beau de visage" (v.39,6)

-> Yossef, à la différence des autres esclaves qui volaient des biens de leur maître, ne prenait que le pain qu'il mangeait, ce qui lui revenait de droit.

De plus, Yossef [ne mangeait que du pain, et il] ne souillait pas sa bouche en consommant des aliments interdits.
C'est pourquoi la Torah dit que : "Yossef était beau de taille et beau de visage" = le texte souligne que bien qu'il ne mangea que du pain, ni sa santé ni sa stature et ni sa beauté n'en furent altérées.
[Méam Loez]

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+ "Il arriva, après ces faits, que la femme de son maître jeta les yeux sur Yossef" (v.39,7)

-> Rachi (v.39,6) rapporte que lorsque Yossef s'est vu maître, il s'est mis à se soigner les cheveux, et alors Hachem a dit : "Ton père est en deuil, et toi tu te soignes les cheveux! Je vais lancer un "ours" à tes trousses !"

-> Yossef ouvrit la porte à la tentation en se souciant de son apparence. Même si son intention n'était pas futile (étant maître, responsable des biens de Potiphar, il se devait d'avoir une apparence irréprochable!), mais cependant il aurait dû éprouver quelque retenue, sachant que son père portait son deuil.

Selon le Zohar, Hachem fit en sorte que la femme de Potiphar porte son regard sur lui afin qu'il souffre et expie son péché.

Selon une autre opinion, il ne s'agissait pas d'une punition. Hachem désirait que Potiphar chasse Yossef, car un tsadik tel que lui ne devait pas demeurer plus longtemps dans une maison aussi immorale.
[...]

Pour un jeune homme, contrôler ses désirs représente une immense épreuve. La frustration que Yossef endura lui causa plus d'angoisse que celle ressentie par Its'hak lié sur l'autel.
[...]

Afin d'attirer son attention, la femme de Potiphar changeait constamment de tenue : le matin, le midi et le soir, elle revêtait à chaque fois une nouvelle robe [attirante].

Elle concentrait tous ses efforts pour le captiver, le harcelant, au point d'en devenir malade, et à devoir s'aliter.
Ses amies égyptiennes lui rendirent visite et lui demandèrent : "Que te manque-t-il pour être ainsi malade et déprimée?"
Elle répondit : "Vous voulez voir. Laissez-moi vous montrer quelque chose."

Elle ordonna alors à ses servantes d'apporter à chacune des femmes un cédrat (étrog) et un couteau d'argent pour l'éplucher.
Elle demanda à ses amies : "Pelez les cédrats (étrogs)".
Tandis que celles-ci s'exécutaient, elle appela Yossef.
Fixant du regard son beau visage, elles s’extasièrent à tel point qu'elles se mirent à peler leurs doigts en même temps que les fruits. Le sang coulait de leurs mains, mais elles ne sentaient rien.

Elle dit : "A présent vous comprenez ... Son indifférence m'a rendue complètement malade".

Dès cet instant, Yossef devint célèbre pour sa beauté.
Chaque jour des dames de l'aristocratie venaient le voir, parées de leurs plus beaux atours. Certaines allaient jusqu'à entrer furtivement pour se présenter nues devant lui. Yossef se contentait de détourner les yeux et refusait de les regarder.
[Méam Loez]

-> Selon nos Sages, dix mesures de beauté sont descendues sur terre, et Yossef en a pris neuf.
[Yalkout Maayan Ganim - sur le midrach Béréchit rabba 87,1]

-> Le nom de la femme de Potipar est : Zélikha.

-> Le Zohar (Vayéchev 189) compare l'épouse de Potiphar au yétser ara, qui lui aussi revient continuellement à la charge pour nous séduire (ex: changeant plusieurs fois d'habits attirants pour nous faire fauter!).

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+ "Mais il arriva, à une des ces occasions, comme il [Yossef] était venu dans la maison pour faire sa besogne, et qu'aucun des gens de la maison ne s'y trouvait" (39,11)

-> Cela se produisit juste un an après que la femme de Potiphar avait tenté de séduire Yossef pour la 1ere fois. [Ibn Ezra]

Il était venu à la maison pour vérifier les comptes et examiner les registres. Aucun des serviteurs n'était alors présent.
Bien sûr, un ministre important comme Potiphar possédait de nombreux domestiques. Nul d'entre eux ne se trouvait là, car c'était un jour de fête en Egypte.
Le Nil était en crue et submergeait ses rives, irriguant les terres égyptiennes.
A cette occasion, tous les égyptiens s'étaient rendus au bord du fleuve pour offrir des sacrifices à leurs divinités.
Yossef fut le seul à ne pas prendre part à ces festivités.

La femme de Potiphar déclara qu'elle était malade, usant de ce prétexte pour rester seule avec Yossef.
Elle se dit : "Aurais-je une telle occasion? Aujourd'hui je serai seule avec lui, la maison sera toute à nous".

Selon une autre opinion, ce jour était un Shabbath.
Yossef enfermé dans sa chambre, se remémorait les enseignements de la Torah prodigués par son père.
C'est pourquoi la Torah dit qu'il était rentré à la maison pour "faire sa besogne".
Pour un homme tel que Yossef, seule l'étude de la sainte Torah et le respect de ses mitsvot représentait son véritable travail.

["aucun des gens de la maison ne s'y trouvait" = Yossef se dit que s'il fautait il quitterait la race humaine, devenant semblable à un animal qui suit ses pulsions, sans se soucier de leurs conséquences. Ainsi, en réfléchissant à l'idée qu'il n'y avait personne (lui y compris puisque devenant alors un animal), cela a affaiblit et fait partir son désir.
(l'idée également est que parfois nous ne devons pas lutter avec notre yétser ara, qui est alors trop fort en nous. Nous devons nous attacher à la volonté de D., et faire le mort, comme s'il n'y avait personne)]

Yaakov songea intensément au visage de son père, comme s'il se tenait à la fenêtre, lui disant : "Yossef! Yossef! Les noms de mes fils sont destinés à être gravés sur le pectoral que le grand-prête portera sur la poitrine. Veux-tu que pour un moment de plaisir ton nom en soit effacé?"

[d'une certaine façon à la fin de notre vie, nous aurons tous pour l'éternité un pectoral avec inscrit dessus les bonnes actions et les péchés que nous avons fait dans ce monde. Que préférons-nous : une frustration, un effort éphémère ou bien une honte éternelle?]

"Aucun des gens de la maison ne s'y trouvait" = cependant, un autre homme était là, à savoir Yaakov.
[...]

A cause des ruses de cette femme, la passion de Yossef atteignit son paroxysme. Il enfonça ses 10 orteils dans le sol, et au même moment 10 gouttes de semence s'échappèrent de son corps s'écoulant entre ses 10 ongles. Ainsi, il parvint à surmonter son désir.
[...]

Selon une opinion, lorsque Yossef vit qu'elle essayait de le séduire, il réalisa un double de lui-même sous la forme d'un golem.
Il comptait laisser cet androïde dormir avec la femme de Potiphar, se débarrassant ainsi d'elle.
Sarah avait agi de même avec Pharaon, et Esther eut recours à ce subterfuge avec A'hachvéroch.

Cependant, la femme de Potiphar, elle, connaissait suffisamment la magie pour déjouer cette supercherie.
C'est pourquoi la Torah dit : "Elle le saisit par son vêtement" (v.39,12). En hébreu, le mot "béguéd" désigne un vêtement, dont la racine "bagad" signifie : "tromper".
Ainsi, elle "saisit" la tromperie de Yossef, et comprit par quel moyen il tentait de l'abuser.

[selon un autre avis, elle répandit un blanc d’œuf sur son lit, et s'élança dehors pour crier ce que Yossef avait tenté de lui faire.
Elle persuada également plusieurs femmes de témoigner que Yossef avait déjà tenté de les séduire.]
[...]

"[Yossef] était venu dans la maison pour faire sa besogne" = telle fut la grandeur de Yossef. On pourrait penser qu'il était si élevé qu'il n'a éprouvé aucun désir, mais la Torah nous dit qu'il était fort et en bonne santé. Son désir était si fort qu'il faillit pécher, mais malgré cela il parvint à dominer ses pulsions, il surmonta ce feu intérieur.

=> Les désirs sont naturels chez l'homme, sa grandeur, [c'est de les surmonter par crainte de D.]

[comme nous avons pu le voir précédemment : "La frustration que Yossef endura lui causa davantage d'angoisse que celle ressentie par Its'hak lié sur l'autel."
Nous pouvons gagner une énorme récompense en agissant (mitsva assé), mais également en évitant d'agir (mitsva lo taassé)!]
[Méam Loez]

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-> Selon certains, la tunique de Yossef évoque le yétser ara : lorsqu'on est tenté de commettre une faute, on doit se débarrasser du mauvais penchant et prendre la fuite.
[Chla haKadoch]

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+ "Le maître de Yossef le fit saisir, on l’enferma dans la Rotonde, endroit ou étaient détenus les prisonniers du roi" (v.39,20)

Après réflexion, Potiphar réalisa que sa femme mentait certainement.

- il savait Yossef digne de confiance, surtout que celui-ci craignait D., ayant le nom d'Hachem constamment à la bouche.

- plusieurs hommes de médecine lui dirent que la tâche sur le drap n'était que du blanc d’œuf et non de la semence.

- selon certains, Potiphar s'apprêtait réellement à tuer Yossef, sa fille Asnat vint lui jurer que ce dernier était totalement innocent, lui racontant la vérité (elle avait tout vu, étant cachée dans un buisson dans un coin de la cour). C'est pourquoi, elle méritera d'épouser Yossef quelques années plus tard.

- selon d'autres commentateurs, c'est la femme de Potiphar qui demanda de l'épargner, pensant que par gratitude Yossef céderait par la suite à ses désirs.

- Le Séfer haYachar rapporte que Yossef se faisant fouetter par Potiphar supplia Hachem de l'aider.
D. eut alors pitié de Yossef, et un nouveau-né de 12 mois d'un esclave se mit à parler miraculeusement.
D'une voix adulte, il réprimanda Potiphar : "Que t'a fait cet homme pour que tu veuilles le fouetter? Tout ceci n'est que mensonge". L'enfant lui révéla ensuite la réalité.

Yossef fut envoyé en prison afin de sauver les apparences, car tout le monde parlait de cette affaire, et sans punition on aurait parlé de Potiphar, comme du mari d'une prostituée.
[Méam Loez]

"Plusieurs marchands de Midiyan vinrent à passer, qui tirèrent et firent remonter Yossef du puits, puis le vendirent aux Ichmélites pour 20 pièces d'argent. Ceux-ci emmenèrent Yossef en Egypte" (Vayéchev 37,28)

-> Chacun des 10 frères reçut 2 dinars, avec cette somme chacun s'acheta des chaussures.

[Le rabbi Yossef Deutsch affirme que cette somme de 20 dinars d'argent équivaut à 75 dollars actuels.]

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=> Pourquoi un jeune homme de 17 ans beau et fort n'a-t-il pas été vendu plus cher?

-> Alors qu'il se trouvait dans la fosse pleine de serpents, il fut si terrifié qu'il tomba malade, ses traits se tirèrent et son visage pâlit.
Il était si faible que la somme reçue par les frères était plus que suffisante.
[Sifté Cohen]

-> Même s'ils avaient un bon motif pour vendre Yossef, les frères n'étaient toujours pas certains d'avoir raison. Ils utilisèrent donc l'argent pour se procurer des chaussures, car on ne fait pas de bénédiction sur des chaussures neuves.
Ils ne firent aucune acquisition [qui eut demandé une bénédiction, car il est interdit d'en prononcer sur toute chose que l'on obtient par une faute]
[...]

Evidemment, ces événements étaient dirigés par la Providence Divine. Sinon, comment comprendre que des tsadikim tels que les fils de Yaakov aient pu haïr Yossef pour quelque chose d'aussi futile qu'un vêtement.
En effet, était-ce la faute de Yossef si Yaakov l'aimait plus? ...

Même s'il les avait calomniés en rapportant à Yaakov des médisances sur leur compte, cela n'aurait pas dû constituer un motif valable pour le vendre à des marchands de bas étage. Il aurait suffit d'en parler à leur père en lui demandant de réprimander Yossef et de lui ordonner de ne plus recommencer.
Yossef aurait certainement écouté son père.

=> Nous voyons que cet épisode fut entièrement conduit par la Providence Divine. D'autant plus que les frères regrettèrent leur comportement.
[Méam Loez - Vayéchev 37,28]

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-> C'est parce que Yossef, qui était un premier-né, a été acheté pour un prix aussi bas que le rachat des premiers-nés, plus tard, sera également fixé au prix très bas de 5 Shékels.
[rabbi Yossef Deutsch]

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-> Yossef a été vendu pour des chaussures, pour montrer qu'eux [les frères] portaient des chaussures et étaient des hommes libres, alors que lui serait esclave, contrairement à son rêve où il se voyait en train de régner alors qu'eux seraient ses serviteurs.

"Quelle utilité y a-t-il à tuer notre frère et à recouvrir son sang" (Vayéchev 37,26)

-> Au départ, quand Yossef s'approcha de ses frères, Yéhouda aussi était prêt à le tuer. Ainsi, qu'est-ce qui lui a fait changer d'avis (au point de dire le verset ci-dessus)?

C'est qu'au moment de tuer Yossef, les frères dirent : "Maintenant, venons le tuer et jetons-le dans un puits et disons : ''une bête sauvage l'a dévoré''."

Lorsque Yéhouda entendit que les frères voulaient cacher ce meurtre et faire croire qu'il a été tué par un animal, à ce moment il changea d'avis et décida de ne plus le tuer.
En effet, Yéhouda n'était d'accord de tuer Yossef que si les frères sont prêts à assumer cet acte. Mais, s'ils veulent cacher sa mort et ne sont pas prêts à assumer leur acte, alors cela prouve que cela n'est pas une bonne chose.

=> "Quelle utilité y a-t-il à tuer notre frère et à recouvrir son sang" = Quand quelqu'un veut dissimuler et masquer une certaine action qu'il souhaite faire parce qu'il n'est pas prêt à l'assumer, cela prouve que cette action est problématique, et il faut réfléchir à nouveau s'il convient vraiment de la faire.

[rabbi Ména'hem Mendel de Kotsk)

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-> Selon nos Sages, il y a un décret faisant qu'un mort est oublié du cœur au bout de 11 mois.

De cet enseignement, rabbi Chimon haCohen de Tunis (Maasé 'Hochev) explique ce que Yéhouda a dit à ses frères :
"Si nous tuons Yossef, alors au bout de 12 mois il sera déjà oublié du cœur de Yaakov notre père, donc la Présence Divine reposera sur lui et lui révélera que c'est nous qui l'avons tué de nos propres mains, alors il sera en colère, nous en voudra et voudra nous punir.
Mais si nous ne le tuons pas, Yaakov sera triste et ne se consolera pas tant qu'il sera sur terre, donc la Présence Divine ne reposera pas sur lui et il ne saura pas que c'est nous qui l'avons fait disparaître."

=> C'est ce qu'a dit Yéhouda à ses frères : "Quelles utilité y-a-t-il à tuer notre frère et à recouvrir son sang? Vendons-le aux Yichmaélim et que nos mains ne soient pas sur lui."

"Voici les engendrements de Yaakov, Yossef" (élé toldot Yaakov, Yossef - Vayéchev 37,2)

-> A partir des lettres de : "Yaakov" (יעקב), on engendre le mot : "Yossef" (יוסף).

En effet :
- le youd (י) s'écrit pleinement : יוד, et il reste les lettres : "vav dalét" (וד), qui font ensembles : 10 (soit : י) ;
- de même pour le ayin (ע) qui s'écrit : עין, et dont il reste : ין, qui font : 60 (soit : ס - samé'h) ;
- de même pour le kouf (ק) qui s'écrit : קוף, et il reste : ופ, qui sont les 2 dernières lettres nécessaires pour former : "Yossef" (יוסף).

[d'après rabbi Yéhouda Moyal]

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-> Le Zohar (Vayichla'h 176b) dit : "Yaakov et Yossef étaient comme une seule entité".

-> "Voici les descendants de Yaakov, Yossef"
Le midrach (Béréchit rabba 84,5) commente : "Bien que Yaakov ait eu d'autres fils, tous sont nés pour le mérite de Yossef, et pour lui permettre de remplir son rôle de chef spirituel du klal Israël".

Le rav David Hofstedter (Darach David) dit que c'était peut-être l'erreur qu'ont commis les frères de Yossef : ils ont constaté que Yossef possédait les extraordinaires qualités de Yaakov mais n'ont pas compris qu'il avait été désigné pour lui succéder au plan spirituel. Ils n'ont pas pressenti l'avenir auquel était destiné leur frère, comme l'avait fait leur père.

-> "Yaakov a transmis à Yossef toute la Torah apprise auprès de Chem et Ever" (midrach Béréchit rabba 84,8).
Le rav Yaakov Kamenitsky explique que comme Chem et Ever avaient vécu à l'époque du Déluge et de la Tour de Bavél parmi des réchaïm et incroyants, ils étaient particulièrement désignés pour transmettre à Yaakov des directives sur la façon de s'élever au plan spirituel en dépit de l'environnement pernicieux auquel il allait être exposé.
C'est ce même enseignement que Yaakov a ensuite transmis à Yossef, son héritier spirituel parce que celui-ci devrait un jour sortir à son tour dans le monde et l'affronter. [c'est à grâce à cela qu'il a pu survivre en Egypte, foyer de la débauche, de la sorcellerie, ...]

Héritier spirituel de Yaakov, Yossef a dû assimiler tous les enseignements qui avaient formé le caractère de son père et lui avaient permis d'acquérir sa stature.
Nos Sages (guémara Sota 36b) disent que Yossef était digne d'être le père des 12 Tribus tout comme son père l'avait été.
[ A la fin, Yossef a dirigé les les maisons de ses frères en Egypte, en leur fournissant de quoi vivre comme s'il était leur père]

-> Se fondant sur cette affirmation, le Ohr ha'Haïm haKadoch démontre que Yossef était au niveau spirituel des Patriarches, égal à Avraham, Its'hak et Yaakov (Vayé'hi 48,6).

Par ailleurs, le Ohr ha'Haïm haKadoch explique comment la désignation des 2 fils de Yossef pour faire partie des 12 Tribus prouve que Yossef était au même niveau spirituel que son père.

Celui qui mérite d'éviter toute sa vie de faire honte à autrui, Hachem le délivrera de tout malheur, et il engendra des enfants droits.
C'est ce qui est arrivé à Tamar : par le mérite d'avoir pris le risque d'être livrée au feu pour ne pas faire honte à Yéhouda, elle a engendré des rois et des prophètes.
[Ménorat haMaor]

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-> Qu'est-ce qui est un meurtre qui ne se voit pas et dont le châtiment est très grand, dont la faute est légère et grave?

C'est la honte : celui qui fait honte à autrui en public ou le fait souffrir devant quelqu'un si bien qu'il a honte, c'est comme s'il le tuait. En effet, il accepterait [plutôt] la mort pour qu'on ne lui fasse pas honte.
[Séfer 'Hassidim - 54]

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-> b'h, divré Torah - Vayéchev à ce sujet : https://todahm.com/2018/12/09/7722

"Ce fut comme ce jour-ci, Yossef vint pour faire son travail et il n’y avait aucun homme de la maison" (Vayéchev 39,11)

-> Selon Rachi :
- ce jour-ci : Lorsqu’il arriva un jour particulier, un jour de fête païenne où ils allaient tous adorer leurs idoles, elle s’est dit : "Aucun jour n’est plus propice que celui-ci pour me rapprocher de Yossef". Elle a prétexté qu’elle était malade pour ne pas y aller.
- faire son travail : Rav et Chmouel sont en désaccord. L'un dit : pour faire son travail, au sens littéral. Quant à l'autre, il enseigne : pour satisfaire ses "besoins" [c’est-à-dire : pour avoir des rapports avec elle]. Mais l’image de son père lui est apparue.

-> L'Admour de Riminov enseigne que nous trouvons une allusion à cela dans les mots : "il n'y avait personne" (vé'en ich - וְאֵין אִישׁ - v.39,11), dont les lettres forment les initiales des mots : "Védémout Aviv Yaakov Nira El Yossef Cham" ("Et le visage de son père Yaakov a apparu à Yossef là-bas).

=> Pourquoi est-ce que c’est précisément le visage de son père qui lui est apparu pour le sauver?

-> Le Yalkout Réouvéni explique que la valeur numérique de Yossef (יוסף) est de 156, alors que celle de Yaakov (יעקב) est de 182, c’est-à-dire 26 de plus.
Lorsque Yossef devait surmonter cette épreuve avec la femme de Potiphar, Hachem lui accorda Son aide. Or, le Nom de Hachem a justement la valeur numérique de 26.
Ainsi, Yossef (156) aidé par Hachem (26), parvint à la valeur numérique de Yaakov (182). C’est cela que signifie qu’il vit l’image de son père.
[Il est dit plus haut : "D. était avec Yossef" (verset 2) = le nom de D. (Havaya - יהוה) était avec Yossef. Si l’on ajoute la valeur numérique du nom Havaya [26] הויה à celle de Yossef 156 ,יוסף nous obtenons celle de Yaakov 182 יעקב .
A présent, lorsque Yossef a dominé son penchant grâce au nom Divin Havaya qu’il gardait toujours à l’esprit (chiviti Hachem lénegdi tamid), il a vu "l’image" de son père, car en ajoutant la valeur numérique du nom Havaya à celle de Yossef, on obtient celle de Yaakov. ]

-> Le Ohr ha'Haïm apprend de là que lorsqu’un homme est en proie à son mauvais penchant qui le hante par des pensées de faute, il est bon qu’il se représente mentalement l’image de son père, cela l’aidera pour vaincre son penchant, à l’instar de Yossef.

-> Le Pardess Yossef enseigne :
En Egypte, Yaakov n’avait rien changé à son costume juif traditionnel et ne s’habillait pas selon la mode de son époque. Le style de Yossef était différent: il cherchait à cacher son intégrité intérieure en s’embellissant extérieurement, comme le dit Rachi : "Il s’arrangeait les cheveux et les yeux afin de paraître beau" (Vayéchev 37,2).
La femme de Potifar trouva donc un chemin vers lui car elle pensait, d’après sa conduite extérieure, qu’il ne refuserait pas ses avances. Le Zohar explique sur le verset : "Elle l’attrapa par son vêtement" (verset 12), qu’elle ne pouvait l’attraper qu’à cause de son "aspect extérieur", à cause de ses beaux vêtements à la mode.
En voyant jusqu’où le menait sa conduite, Yossef se rendit compte que la voie de son père était meilleure car elle ne conduisait pas à des épreuves et éloignait le mauvais penchant.
"L’image de son père lui est apparue" = à présent, l’aspect physique ("l’image") de son père, c’est-à-dire sa voie juive traditionnelle dans l’habillement et la conduite, plut à Yossef.

-> Selon le Mayana chel Torah :
Ces paroles de Rachi sont évoquées par allusion dans le verset : "Il s’enfuit et sortit au-dehors" (vayétsé a'houtsa - וַיֵּצֵא הַחוּצָה).
Les lettres du mot Vayétsé (וַיֵּצֵא) forment les initiales de l’expression : וירא יוסף צורת אביו (vayéra Yossef tsourat aviv - Yossef vit l’apparence de son père). C’est la raison pour laquelle il s’enfuit.
Pour quelle raison Yossef fut-il mis dans une épreuve semblable?
Etant donné qu’il allait devenir vice-roi d’Egypte, un pays plongé dans l’impureté et l’immoralité, il était nécessaire de le tester afin qu’il surmonte l’épreuve et devienne un Juste que l’impureté d’Egypte ne pourra contaminer. Ainsi pourra-t-il devenir gouverneur

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-> Nos Sages (guémara Baba Batra 58a) enseignent que le visage de Yaakov ressemblait à celui d’Adam.
La raison est que Yaakov termina quasiment le processus de réparation du péché d’Adam, lequel processus qui avait été engagé par Avraham et Its’hak, et qui sera achevé prochainement par le machia'h.
Conscient de la chose, lorsqu’il vit le visage de son père Yaakov, Yossef se rappela que la vocation d’un juif est de réparer la faute du premier homme. A ce titre, nos fautes individuelles ne regardent pas que nous, auquel cas elles pourraient trouver des justifications atténuantes : elles affectent en fait l’équilibre spirituel de la Création entière.
Lorsque nous affrontons la tentation, il peut être commode de nous convaincre que personne n’en saura rien, que la chose peut se justifier par les circonstances, qu’y succomber n’est que revers temporaire dont nous pouvons nous repentir plus tard, et ainsi de suite.
=> C’est pourquoi qu’en de telles circonstances, nous devons également "visionner notre père Yaakov", c’est-à-dire nous souvenir que nos actes ne demeurent pas des actes individuels accomplis en des lieux et des moments isolés.
Nos actes possèdent des implications cosmiques; ils peuvent servir ou desservir le monde entier.
[d'après le Collel de Sarcelles]

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-> Rabbi Tsadok haCohen se base sur un enseignement de nos Sages qui dit que la femme de Potiphar avait une bonne intention, puisqu'elle vit dans les astres qu’elle devait avoir un enfant avec Yossef. Pour elle, il relevait d’une nécessité d’ordre spirituelle d’avoir un enfant avec lui.

Yossef également avait vu la même chose que la femme de Potiphar, par une vision éclairée, et c’est en cela que l’épreuve était difficile. Yossef ne savait pas quoi faire.

D'un côté, cela paraissait comme une grave faute d’adultère. D'autre part, cela était peut-être la volonté Divine, qui souhaitait exceptionnellement, cette union. Yossef résidait dans un doute infernal et ne savait pas quoi faire, la Vérité lui étant occultée.

Quand il faillit céder, c’est-à-dire qu’il allait trancher qu’il devait avoir cette union, le visage de son père lui apparut. En effet, son père Yaakov incarne la Vérité, comme il est dit : "Tu donne la Vérité à Yaakov" (titèn émet léYaakov - Mi'ha 7,20).

Et c’est en voyant son père que la Vérité sur cette affaire put s’éclaircir : il comprit qu’en réalité cette union était une faute. En effet, comme l’expliquent nos Sages, la volonté Divine n’était non pas que Yossef s’unisse à la femme de Potiphar, mais plutôt à sa fille Osnat, qui s’est effectivement mariée avec Yossef plus tard (Mikets 41,45).

=> Telle était la Vérité des choses, et c’est en voyant l’image de son père incarnant la Vérité, que Yossef put être sauvé.

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-> Rabbi Méïr de Prémichlan explique que le terme "lui est apparu" ne signifie pas qu’il vit avec ses yeux le visage de son père, mais signifie que l’image de son père lui parut bonne.

Rachi commente (v.39,6) : "Yossef s'est mis ... à se soigner les cheveux. Hachem a alors dit : "Ton père est en deuil [te pensant mort], et toi tu te soignes les cheveux! Je vais te lancer un "ours" à tes trousses!" Et aussitôt (verset suivant v.7) : "Il arriva après ces faits que la femme de Potiphar jeta les yeux sur Yossef. Elle lui dit : "Viens reposer près de moi" "

C’est que Yossef pensait qu’il faut cacher sa profondeur de sainteté par une extériorité "profane".
Pour lui, il ne faut pas montrer sa spiritualité, il faut plutôt la dissimuler.
En revanche Yaakov pensait que l’homme doit même montrer sa sainteté. Il ne faut pas la cacher.

=> Yossef remarqua que sa positon lui entraîna l’épreuve avec la femme de Potiphar. En effet, quand elle le vit élégant, bien coiffé et bien vêtu, elle s’intéressa à lui. C'est ainsi que la Torah dit qu’"elle l’attrapa par son vêtement" (v.32,12), c’est-à-dire par son extériorité.
C’est parce qu’il revêtait une apparence profane qu’elle voulait "l’attraper".

==> Ainsi, à ce moment critique, Yossef vit que l’image de son père, qui tenait qu’il fallait montrer même en apparence sa profondeur, était bonne, car elle lui aurait évité cette lourde épreuve avec la femme de Potiphar.

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-> Le rabbi de Loubavitch rapporte un enseignement de nos Sages qui disent que la beauté de Yaakov était comparable à la beauté de Adam, le premier homme. Cela signifie que par ses actions, Yaakov finit de réparer, à son échelle personnelle, la faute originelle d’Adam.

Lorsque Yossef vit son père, il se rappela de la grandeur de son père qui répara la faute originelle. C’est ce qui le sauva, car il ne voulait pas, par sa transgression, porter atteinte à la réparation de cette faute.

En voyant la réparation, il se garda de la faute, pour ne pas porter atteinte au travail extraordinaire de son père.
Ainsi lorsqu’un homme voit l’ampleur du désastre causé par une faute, cela peut lui donner la force de surmonter l’épreuve.

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-> Le Bné Yissa'har explique que Yossef pensait qu’avant le don de la Torah, les juifs avaient un statut de Ben Noa’h (fils de Noa’h, tels que les non-juifs) et non d’Israël (juifs).
Or un Ben Noa’h ne doit pas se laisser tuer pour ne pas commettre l’adultère, contrairement à un Israël.
Ainsi, Yossef comprit qu’à force de refuser de s’unir à la femme de Potiphar, il prenait un risque pour sa vie, puisqu'étant la femme du 1er ministre de l’Egypte, elle pouvait attenter à sa vie si Yossef se refuse à elle.

C’est pour cela que Yossef décida de lui céder, car en tant que Ben Noa’h, il n’a pas le droit de mettre sa vie en péril, même s’il doit pour cela commettre l’adultère.
Et c’est là que Yossef vit le visage de son père Yaakov, qui lui, pensait que les juifs avaient un statut d’Israël même avant le don de la Torah.

=> En voyant son père, Yossef décida de lui donner raison, à savoir qu’il avait un statut d’Israël et non de Ben Noa’h, et en tant que tel, il doit être prêt à se laisser tuer plutôt que de transgresser l’adultère. C’est ainsi qu’il résista et ne fauta pas, malgré le danger.

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-> "Mais il arriva, comme en ce jour, il était venu dans la maison pour faire sa besogne et qu’aucun des gens de la maison ne s’y trouvait" (Vayéchev 39,11).
La guémara (Sota 36b) enseigne : "A ce moment, l’image de son père lui est apparue à la fenêtre".

=> Pourquoi l’image de Yaakov est apparue à Yossef (afin de l’aider à vaincre son yétser ara) précisément dans une fenêtre et non à l’intérieur de la maison?

-> La guémara (Bérakhot 34b) enseigne : "Un homme ne doit prier que dans une maison pourvue de fenêtre, comme il est dit : 'II avait, dans sa chambre supérieure, des fenêtres ouvertes dans la direction de Jérusalem’ (Daniel 6,11)".
Le Léket Imrei Kodech [Vayéchev 194a] explique que nous comprenons de là que Yossef choisit, lorsqu’il priait dans la maison de son maître, une fenêtre unique, dirigée vers Jérusalem, vers le Temple, vers le Saint des Saints (comme le stipule la Halakha [Choul’han Aroukh Orakh ‘Haïm 90,4]).
C’est ainsi que l’image de son père lui est apparue dans la fenêtre même où il priait constamment.

-> Le Imré Noam nous révèle que l’épreuve de Yossef eut lieu le 8e jour de ‘Hanoucca.
C'est pourquoi, explique-t-il, pouvons-nous y voir un certain nombre d’allusions dans notre verset : "Il était venu dans la maison (HaBayita - הַבַּיְתָה) pour faire (Laassot - לַעֲשוׂתֹ) sa besogne (Melakhto - מְלַאכְתּוֹ)" :
- Le mot Bayit (maison - בית) a la valeur numérique [412] de Notser ‘Hessed (נצר חסד - il conserve sa faveur) = le huitième des 13 attributs de la Miséricorde divine, qui fait allusion au 8e jour de ‘Hanoucca.
- Le mot Laassot (pour faire - לַעֲשוׂתֹ) a la valeur numérique [808] de Chémène Zayit (Huile d’olive - שמן זית) [avec le kollel + 1].
- Le mot Mélakhto (sa besogne - מְלַאכְתּוֹ) a la valeur numérique [497] de Zot ‘Hanoucca (C’est ‘Hanoucca [זאת חנוכה] = l’appellation du 8e jour de ‘Hanouka).

Au vu de ce commentaire, le verset : "Il était venu dans la maison pour faire sa besogne" se comprend ainsi : "Yossef est venu pour allumer les 8 Lumières du 8e jour de ‘Hanouka". Ainsi, par le mérite de l’accomplissement de l’allumage des Lumières de ‘Hanouka, il a mérité d’être protégé et de ne pas trébucher, comme précisé : "Celui qui exécute Son ordre n’éprouvera rien de fâcheux" (Kohélet 8,5).

Nous pouvons maintenant comprendre la raison pour laquelle l’image de son père lui est apparue à la fenêtre, selon un enseignement de la guémara (Shabbath 21b) : "Nos Sages enseignent : La Mitsva de la Lumière de ‘Hanoucca est de la poser au seuil de sa maison à l’extérieur. S’il habite en étage, il la disposera à la fenêtre attenante au domaine public".
Aussi, nous semble-t-il évident que Yossef, dans la maison de son maître, en Egypte, n’ait point allumé les Lumières de ‘Hanoucca à l’extérieur mais bien dans sa chambre, devant la fenêtre située face à Jérusalem.
[on peut noter que le mot 'halon (fenêtre - חלון) se décompose en נ״ח ל״ו ל״ו נרות חנוכה (soit : 36 Lumières de ‘Hanoucca (le 1er jour : 1 ; le 2e : 2 ; 3 ... 8 = 36]).

Tout ceci se conjugue admirablement avec ce qu’écrit le Mégalé Amoukot (Vaét’hanan 252) : "‘Antiochus’ (אנטיכוס) et 'Mélekh Yavan' (Roi de Grèce - מלך יון) ont la même valeur numérique [156] que Yossef (יוסף)" : la Lumière du tsaddik étant l’antithèse de l’obscurité des Grecs.
En effet, explique le Zéra Kodech, les Grecs ont décrété l’abolition de la circoncision (mila) ainsi qu’un droit de cuissage sur les vierges d’Israël avant leur mariage (les deux allant de pair), tout ceci afin d’accroître "l’écorce du Mal" de la débauche. Or Yossef, de par l’Attribut qu’il incarne : Yessod (Fondement), est intrinsèquement lié à la mistva de la Mila. Aussi, pouvait-il s’opposer à la débauche incitée par la femme de Potiphar, grâce à l’intervention de son père.
Ainsi, le dernier jour de ‘Hanoucca, lorsque Yossef allumait les Lumières, le visage de son père lui est apparu à la fenêtre, afin de projeter sur lui la sainteté du 8e jour de ‘Hanoucca, correspondant au 8e jour de la Mila, Commandement ayant la faculté d’affaiblir le penchant du désir.

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-> "Il vint dans la maison pour faire son travail" (Vayéchev 39,11)

-> Le Likouté Halakhot enseigne :
C'est à cette occasion qu'il dut surmonter l'épreuve avec la femme de Potifar qui tenta de le faire fauter.
On peut dire que c'est à cela que la Torah se réfère quand elle dit que Yossef est venu ''faire son travail''. En effet, tout le travail et la mission de l'homme dans ce monde est de combattre son penchant et de surmonter les épreuves.
Ainsi, quand Yossef vint dans la maison et se confronta aux tentations du penchant avec la femme de Potifar et surmonta cette épreuve, c'est cela que la Torah fait référence en disant qu'il est venu "pour faire son travail", à savoir le véritable travail du juif qui est de maîtriser le mauvais penchant.

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-> Rabbi Yé'hiel Mamouch rapporta une fois les paroles du midrach (Béréchit rabba 87,10) : "La femme de Potifar menaça Yossef en lui disant : "Je te couperai les vivres si tu ne m'obéis pas!""
De même, dit-il, chacun doit faire face au cours de son existence à ce genre d'épreuve, à savoir que son yétser ara tente de le séduire ou de lui faire peur à l’aide de toutes sortes d'arguments fallacieux.
Et lorsqu'il parvient à la surmonter, l'homme s'aperçoit alors que tout cela n'est que vaine chimère.

"Yéhouda dit à ses frères : Quels avantages si nous tuons notre frère et dissimulons son sang? Allons, vendons-le aux Ismaélites"(Vayéchev 37,26-27)

-> La guémara (Shabbath 10b) nous enseigne que le traitement de faveur que Yossef à reçu de son père Yaakov, a entraîné que ses frères deviennent jaloux de lui, ce qui les a mené à le vendre comme esclave, causant finalement la descente des juifs en Egypte et le fait qu'ils y deviennent esclaves.

-> Selon Rabbénou Bé'hayé, bien que Hachem avait déjà promis à Avraham que ses descendants seront des esclaves dans une terre étrangère, c'est uniquement au moment de la vente de Yossef qu'il a été fixé les modalités : le lieu et à quel point sera difficile l'esclavage, comme punition pour la haine des frères envers Yossef.

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-> Rachi (Vaéra 6,16) : "La durée de la vie de Lévi fut de 137 ans" commente : L’esclavage d’Egypte n’a pas commencé aussi longtemps qu’est resté en vie l’un des chefs de tribus ... or, Lévi a survécu à tous ses frères.

Le Gour Aryé (Chémot 13,6) explique ce calcul de la façon suivante : Yaakov avait 84 ans lorsqu'il s'est marié à Léa (Rachi Vayétsé 29,21), et 2 années plus tard elle a donné naissance à Lévi, Yaakov ayant 86 ans (le Séder Olam écrit que chacun de ses enfants est né au 7e mois).

Selon la Torah (Vayigach 47,9), Yaakov est descendu en Egypte à l'âge de 130 ans, faisant que Lévi avait alors 44 ans.
=> Puisque Lévi est mort à 137 ans, il a vécu 93 années en Egypte.

Rachi (Bo 12,40) écrit que les juifs sont restés 210 ans en Egypte, ce qui permet d'affirmer que la durée de l'esclavage égyptien, qui a débuté à la mort de Lévi, est de : 117 années (210-93).

=> Pourquoi ont-ils été puni particulièrement par 117 ans d'esclavage pour la faute d'avoir vendu Yossef?

-> Rabbi Méïr Yé’hiel haLévi (l’Ostrovtzer Rebbe) apporte la réponse suivante :
Il n'y avait que 9 des 11 frères qui ont participé à la faute de le vendre en tant qu'esclave, puisque Binyamin et Réouven n'étaient pas présent au moment de la vente.

Yossef avait 17 ans lorsqu'il a été vendu (Vayéchev 37,2), et il avait 30 ans lorsqu'il a été libéré de la prison et nommé vice-roi d'Egypte (Mikets 41,46), ce qui fait que la décision de ses frères a entraîné qu'il soit emprisonné pendant 13 ans.

Lorsque l'on multiplie ce chiffre par les 9 frères qui l'ont vendu, on arrive à : 117, qui est la durée exacte du difficile esclavage en Egypte, que leurs descendants ont dû faire en punition pour leur action.

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-> "Quel intérêt de tuer notre frère et cacher son sang?" (Vayéchev 37,26)

=> On peut s'interroger. Au départ, Yehouda également était d'accord de tuer Yossef, pourquoi par la suite, ce dernier changea-t-il d'avis et proposa de le sortir du puits où il risquait de mourir et le vendre aux Yichmaëlim?

-> Le rabbi Mendel de Kotsk explique qu'évidemment, quand au départ les frères voulaient tuer Yossef, il ne s'agissait pas de verser un sang innocent. Comme nous l'enseignent nos Maîtres, Yossef qui rapportait du mal de ses frères à leur père et se prenait aussi pour leur roi (à travers ses rêves) avait un comportement tellement répréhensible pour ses frères qu'ils constituèrent un tribunal, le jugèrent et le condamnèrent à mort après un jugement objectif et bien réfléchi.
Pour eux, Yossef méritait la peine capital et ce n'était pas qu'une simple jalousie ou haine qui motivèrent leur décision de le mettre à mort. Seulement, s'il en est ainsi, ils doivent assumer leur acte jusqu'au bout et prendre sur eux toute la responsabilité de ce meurtre. S'ils pensent vraiment agir comme il se doit et ne rien avoir à se reprocher, ils doivent être prêts à aller jusqu'au bout et ne rien craindre, même pas la réaction de leur père. Car si vraiment c'est la loi et la justice véritable qui impose de le tuer, quand ils expliqueront le tout à Yaakov, l'homme de vérité par excellence, il comprendra et rien de fâcheux ne devrait leur arriver, puisque c'est cela que la loi impose.

Mais quand par la suite, Yehouda entendit que les frères se préparaient à dire à leur père qu'une bête féroce a tué Yossef, et qu'ils allaient cacher le fait qu'en vérité c'est eux qui l'ont tué, alors Yehouda en déduisit qu'ils ne sont pas prêts à assumer leur acte jusqu'au bout. C'est que forcément, ils ne sont pas eux-mêmes sûrs et certains de l'authenticité de leur jugement et craignait que Yaakov y trouve une faille.
Dès qu'il perçut cela, Yehouda se rétracta et déclara qu'ils ne peuvent plus le laisser mourir. Il convient donc uniquement de l'éloigner d'eux pour ne plus qu'ils récidivent ses mauvais comportements envers eux. Aussi, il décida qu'il fallait le vendre.

=> La leçon pour nous est que si on cherche à cacher ou a enrobé une certaine action que l'on trouve devoir faire et qu'on revendique qu'il faille la faire, c'est peut-être qu'au fond, on ne la trouve pas complètement valable et qu'on ne puisse pas l'assumer jusqu'au bout. Cela doit donc nous faire réfléchir s'il convient quand même de la réaliser malgré tout, ou bien s'il est préférable de se rétracter, du fait de ce doute et de cette difficulté à assumer.

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-> Juste après que la vente a été faite : "Réouven revint vers ses frères et il dit : "Le garçon (Yossef) n'est plus là!" (ayéléd énéou - הַיֶּלֶד אֵינֶנּוּ) " (Vayéchev 37,30)

Le rabbi Ronen Sharabany commente que la guématria du mot : "énénou" (n'est plus là - אֵינֶנּוּ) est de 117, puisque Réouven faisait allusion à ses frères qu'en conséquence de leur action d'avoir fait disparaître Yossef, leurs descendants seront alors punis par 117 années d'esclavage.

"Le maître de Yossef le prit et le mit en prison" (Vayéchev 39,20)

=> Après la grande épreuve que Yossef a surmonté (avec la femme de Potiphar), est-ce sa récompense de rester pendant 12 années en prison?

-> Rabbi Yéhouda Tsadka explique que comme le moment n'était pas encore venu pour Yossef de régner, il y avait un risque, s'il restait dans la maison que la femme Potiphar ne revienne à la charge, ou bien d'autres, et alors il devrait lutter continuellement contre ses instincts et se trouver sans cesse dans une situation d'épreuve.

C'est pourquoi la sagesse Divine a décrété que pour la protection spirituelle de Yossef, seul la prison était bonne.
Mais pour qu'il ne soit pas trop malheureux : "Hachem était avec Yossef et penchait à la générosité envers lui" = Yossef sentait que Hachem était avec lui, et il ne s'est pas trouvé malheureux en prison

"Yaakov n'a jamais cru que Yossef a été tué par un animal sauvage ; il pensait que Yossef avait perdu sa tête en devenant un animal sauvage!

En effet, Yaakov a raisonné que si Yossef était mort, il lui serait apparu en rêve. Mais puisqu'il ne l'a pas fait, cela signifiait forcément qu'il avait perdu sa tête, qu'il était devenu fou et qu'il vivait parmi les animaux.
Le sang sur sa tunique provenait probablement de l'attaque d'un prédateur malade qui l'aurait mordu, ce qui a entraîné qu'il en soit également contaminé."

['Hatam Sofer - Torat Moché]

"Le puits était vide, il n'y avait pas d'eau dedans" (Vayéchev 37,24)

-> De façon assez surprenante, la guémara (Sabbath 22a) fait suivre les 2 sujets suivants :
"Rabbi Tan'houm enseigne que si les lumières de 'Hanoucca sont au-dessus de 20 amot, cela n'est pas valable.
[Rachi explique : car un passant ne pourra pas la voir, et il n'y aura alors pas de publication du miracle]

Rabbi Tan'houm demande : Quelle est la signification du verset : "le puits était vide, il n'y avait pas d'eau dedans"?
Il n'y avait pas d'eau dans le puits, mais il y avait des serpents et des scorpions."

=> Quel est le lien entre ces 2 affirmations?

Le Gaon de Vilna donne la réponse suivante.

Les lumières de 'Hanoucca doivent être placées au maximum à 20 amot (environ 9,6 mètres) de hauteur afin que les passants puissent les observer.

"Ils le jetèrent (vayachli'hou) dans le puits" (37,24)
Le Tossafot Yom Tov (Tamid 1,4) dit que le mot "vayachli'hou" fait référence à une chose qui est jetée à au moins 20 amot de haut, ce qui permet d'affirmer que le puits avait une hauteur de plus de 9,60 mètres (20 amot).

Pour cette même raison, les frères de Yossef n'ont pas pu savoir qu'il y avait des serpents et des scorpions dans le puits, car ne pouvant pas regarder jusqu'au fond.

=> La juxtaposition des 2 sujets vient nous avertir qu'une compréhension du sujet des lumières invalides de 'Hanoucca, est nécessaire pour comprendre le comportement des frères de Yossef.

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-> La guémara (Soucca 2a) enseigne :
Une Soucca qui fait plus de 20 amot de hauteur n'est pas valable.
Rava affirme qu'on apprend cela du verset : "afin que vos générations sachent que [c'est] dans des Souccot [que] J'ai fait résider les enfants d'Israël lorsque Je les ai fait sortir du pays d'Egypte." (Emor 23,43).

Jusqu'à 20 amot, on a conscience d'être assis dans une Soucca [puisque sans effort nous voyons son toit qui nous rappelle la mitsva]
Au-dessus de 20 amot, on n'a plus conscience d'être assis dans une Soucca, car nos yeux ne peuvent plus voir involontairement le toit en raison de sa hauteur.

-> Le Maharam Schick dit qu'il existe une énorme différence entre savoir et regarder.
Dans ce monde matériel, on a beau "savoir" quelque chose, cela ne deviendra une certitude dans notre esprit qu'à partir du moment où on la voit.
C'est ainsi, que nous devons regarder le toit de la Soucca pour être certain de résider dans une Soucca

-> Il est écrit : "ils tirèrent Yossef et [le] remontèrent du puits, et ils vendirent Yossef" (37,28)

=> Comment les frères de Yossef ont-ils pu le vendre alors qu'il venait juste de survivre miraculeusement au puits?

La réponse est qu'ils n'étaient pas certain à 100% que Yossef ait été sauvé de serpents et de scorpions, puisque le puits faisait plus de 20 amot de hauteur, ils ne pouvaient pas les voir.
Ainsi, ils "savaient" qu'un puits dans le désert à de très fortes probabilités d'être rempli de bêtes vénéneuses, mais puisqu'ils ne les "voyaient" pas, ils n'ont pas pris pleinement conscience de ce fait.

Il en résulte que lorsque Yaakov est sorti vivant du puits, à leurs yeux ce n'était pas un si grand miracle que cela, et ils n'en ont pas déduit que c'était un tsadik.
Il n'y avait alors aucune raison solide s'opposant à le vendre.

Il en est de même à 'Hanoucca, où il est nécessaire d'avoir les lumières situées à une hauteur de moins de 20 amot, pour que cette vision permette une prise de conscience ferme du grand miracle qui a eu lieu pour le peuple juif.

La vision est ce qui nous permet d'internaliser et de vraiment s'approprier une notion, pour peu que nous ayons la volonté personnel d'en absorber le message latent.
Le rav Moché Feinstein dit que l'on peut très bien regarder les bougies de 'Hanoucca, sans se focaliser sur le message qu'elles nous transmettent (ex: l'idée que Hachem est derrière chaque chose de ce monde, pas uniquement les miracles grandioses, ...).

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+ "Son maître vit que Hachem était avec lui et que tout ce qu'il faisait, Hachem le faisait réussir dans sa main" (Vayéchev 39,3)

-> Le Zohar explique : Même si Yossef avait une certaine chose dans sa main, et que son maître voulait une autre chose, Hachem faisait changer ce qui était dans la main de Yossef pour qu'il devienne exactement ce que son maître demandait.
C'est ce que son maître a vu : que Hachem était avec Yossef dans tout ce qu'il faisait.

=> Pourquoi est-ce que Hachem a -t-il réalisé des miracles aussi visibles?

Selon le Adéret Eliyahou, c'est parce qu'il n'y a pas de comparaison entre "savoir" qu'une chose se passe et la "regarder".
C'est pourquoi Hachem faisait changer les objets dans sa main à chaque instant en fonction de la demande de son maître. Cela avait pour objectif de faire bénéficier Yossef d'un bisous divin du plus haut niveau : c'est-à-dire "voir" les miracles/bontés que D. lui faisait, plutôt que d'uniquement le savoir (en théorie).

[le fameux : je ne crois que je que je vois, témoigne de la force de la vision!]

-> Le Pné Yéhochoua dit qu'il en est de même à 'Hanoucca, où Hachem a fait un miracle clairement VISIBLE afin de nous faire prendre conscience au plus haut niveau possible de l'énorme amour qu'Il a pour nous.

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"Et voici qu'une caravane d'Ichmaélites arrivait de Guilad, et leurs chameaux transportaient des aromates, du baume et du lotus, qu'ils allaient faire descendre en Egypte." (Vayéchev 37,25)

-> Rachi commente : Les arabes ne transportent, d’habitude, que du naphte et du pétrole, dont les relents sont nauséabonds. Mais il s’est agi ici de parfums, afin que Yossef ne soit pas incommodé par de mauvaises odeurs.
[il a pu voir que ses habits sont restés propres, qu'il sentait bon, ... comme une bulle agréable dans un univers de marchands de pétrole : d'ordinaires sûrement grossiers, sales et sentant mauvais!]

=> Hachem a fait en sorte que Yossef puisse voir, sentir, ... des choses agréables.
Cela a permis d'accroître le pouvoir de sa consolation, de sa prise de conscience que Hachem était avec lui, à un niveau beaucoup plus élevé que d'intellectualiser sa émouna

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-> Ces signes, nous pouvons peut-être les considérer comme petits si nous les comparons à la gravité de sa situation, mais malgré tout cela a suffi à Yossef pour ressentir l'affection de Hachem envers lui, et par conséquent, il n'y a pas de plus grande joie que cela.
Regarder un point de lumière au milieu de l'obscurité, c'est cela le secret.

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-> Dans une situation aussi misérable que celle-ci, où il allait être vendu et exilé de sa maison paternelle à tout jamais, dans l’ignorance de son sort tant spirituel que matériel, cela faisait-il une différence si l’odeur qui se dégageait du chargement était bonne ou mauvaise?

Le Saba de Kelm donne la réponse suivante :
Hachem n'impose pas à un homme une épreuve ne serait-ce qu’un peu plus difficile que celle qui a été décrétée à son encontre.
Et puisqu'en dehors de sa vente comme esclave, il n'avait pas été décrété qu'il sente des mauvaises odeurs, le Ciel fit en sorte que les arabes transportent des parfums contrairement à leur habitude.

=> Si l'on garde à l'esprit ce principe, nous pouvons transformer entièrement notre existence car nous saurons que la moindre peine que nous endurons est pesée avec précision et que nous n'endurons jamais la moindre épreuve en plus de ce qui a été décrété sur nous [par Hachem] pour notre plus grand bien.

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+ Autre explication de ce lien entre les 2 idées de la guémara ('Hanoukia et le puits) :

-> "Yossef rapportait des paroles médisantes sur eux, à leur père" (Vayéchev 37,2)

Le rav Nevenzahl explique que c'est pour cette raison qu'il y avait spécifiquement des serpents dans le puits, puisque c'est le serpent qui a parlé du lachon ara à propos de Hachem à 'Hava.
Ainsi, à un certain niveau Yossef aurait dû être puni par le biais des serpents pour avoir été impliqué dans la même faute que lui.
Pourquoi alors a-t-il été sauvé?

Rav Nevenzahl explique que Yossef avait un mérite particulier : chaque fois qu'il en avait l'occasion, il parlait de l'implication de Hachem dans le monde, d'à quel point Il gouverne la naturalité du monde et tous les événements.
Nous retrouvons cette attitude à plusieurs reprises dans la Torah, comme par exemple :
- "son maître (Potiphar) vit que Hachem était avec lui" (Vayéchev 39,3) ;
Rachi explique : "Le nom de Hachem sortait fréquemment de sa bouche".
- Yossef leur dit [à l'échanson et au panetier] : Les interprétations ne sont-elles pas à D.?" (Vayéchev 40,8) ;
Le Radak de commenter : "Racontez-moi votre rêve, peut-être que D. me donnera-t-Il la sagesse nécessaire pour le comprendre".
- "Yossef dit à Pharaon : C'est au-dessus de moi ; c'est D. Qui répondra du bien-être de Pharaon" (Vayéchev 41,16).
Rachi de dire : "La sagesse n’est pas de moi, mais "c’est D. (Elokim) qui donnera une réponse". Il mettra dans ma bouche la réponse qui "donnera la paix à Pharaon"."

=>Yossef ne révélait pas les miracles évidents, mais plutôt ceux qui sont dissimulés, et dont l'homme peut facilement voler la vedette à Hachem.
Yossef non seulement était certain que c'est D. qui contrôle toute la nature, mais il enseignait cette idée à d'autres.

Le rav Nevenzahl dit que cela peut expliquer le lien entres les 2 notions abordées dans la guémara ci-dessus.
Une bougie de la 'hanoukia allumée à une hauteur supérieure de 20 amot n'est pas valable, car elle est trop haute pour rendre convenablement public du miracle.
Juste ensuite, la guémara parle du puits dans lequel Yossef a été jeté, et dont il a pu être sauvé des serpents par son attitude de toujours publier autour de lui les miracles cachés de la nature, la totale implication de Hachem dans le monde.
=> Ainsi, de même qu'on ne pouvait pas voir Yossef a une profondeur de plus de 20 amot, de même on ne peut pas partager le miracle au-dessus d'une telle hauteur.