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"[Yaakov] la reconnut et dit : La tunique de mon fils! Une bête sauvage l'a dévoré! Yossef a sûrement été déchiqueté (tarof toraf Yossef) " (Vayéchev 37,33)

En exprimant sa peur que Yossef ait été tué, Yaakov emploie : "tarof toraf", qui littéralement signifie : "déchiré déchiré".
Pourquoi emploie-t-il cette expression redondante?

-> Le Nétsiv répond que c'est comme si Yaakov disait : Cela aurait été déjà suffisamment tragique qu'il ait été tué par un homme ... mais comment se peut-il qu'il ait été tué par un animal, une créature qui n'a pas de libre arbitre?

Puisque cela serait un drame encore plus grand, Yaakov exprime son chagrin sur cette double circonstance (il est tué, et en plus par un animal), par l'emploi d'une expression redondante.

-> La guémara (Sanhédrin 38b) et le Zohar, enseignent qu'une bête sauvage ne peut pas prendre le dessus sur un homme, sauf si cette personne lui apparaît comme un animal.

Yaakov pensait que Yossef était un tsadik.
Comment se peut-il alors qu'il ait été comme un animal aux yeux de la bête sauvage?

Etant profondément troublé, il a employé le mot : "déchiré" par 2 fois.

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+ "Une bête sauvage féroce ('haya raa) l'a dévoré"

=> Y a-t-il une bête sauvage qui est féroce et une bête sauvage qui n'est pas sauvage?

-> Le Séfer Birkat Eliyahou explique que Its'hak avait été ligoté sur l'autel (lors de la Akédat) et avait donné sa vie pour la sanctification du Nom de D., mais un bélier avait été offert à sa place et cela avait été considéré comme si lui-même avait été brûlé.
Or le feu du Ciel qui était descendu sur l'autel avait la forme d'un lion, c'était donc une "bête sauvage non féroce".

=> C'est de cela que Yaakov se désolait en disant : "Une bête sauvage féroce l'a dévoré", comme quelqu'un qui se plaint : Si seulement c'était une bête bénéfique qui l'avait dévoré, c'est-à-dire un feu dévorant venu du Ciel sous la forme d'un lion, et non une bête féroce corporelle, qui est comparée à une "bête sauvage féroce".

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+ "Yaakov déchira ses vêtements [de douleur], et il mit un cilice sur ses reins, et il porta longtemps le deuil de son fils" (Vayéchev 37,34)

-> Yaakov porta le deuil de Yossef durant 22 ans.
Yossef avait 17 ans quand il fut vendu (v.37,12), et 30 lorsqu'il parut devant Pharaon (v.41,46) => soit 13 ans.
Puis vinrent les 7 années d'abondance, ce qui donne 20 ans.
Enfin, Yaakov émigra en Egypte après 2 ans de famine (v.45,6), et on obtient donc un total de 22 années écoulées.

Yaakov a subi ces 22 années de chagrin pour avoir négligé d'honorer ses propres parents pendant 22 ans.
Il avait séjourné 20 ans chez Lavan, 18 mois à Souccot, et 6 mois à Béthel, soit 22 ans en tout.
[les 14 années durant lesquelles il demeura à la yéchiva ne sont pas prises en compte car l'étude de la Torah prime sur les obligations filiales].

=> C'est pourquoi Yaakov dit à Lavan : "J'ai passé, moi, 22 années dans ta maison" (Vayétsé 31,41). Ces 22 ans furent pour moi comptées contre moi [à l'inverse de celles à la yéchiva]. Ces années vont me coûter très chères, elles m'ont empêché d'accomplir le commandement d'honorer mes parents."

De plus, Yaakov subit également ce châtiment pour la peine causée à Its'hak lorsqu'il s'attribua la bénédiction d'Essav, puisque la Torah souligne que "Its'hak fut saisi d'un frayeur extrême" (Toldot 27,33).
Or, Hachem exige des tsadikim la perfection.
Its'hak fut victime de la ruse de Yaakov grâce aux peaux de chèvres dont celui-ci s'était recouvert les bras. De la même façon, Yaakov devait lui aussi être abusé au moyen d'un chevreau ; ses fils tuèrent un chevreau, tempèrent le vêtement de Yossef dans le sang de celui-ci, et dirent qu'une bête sauvage avait dévoré leur frère (v.37,31).
Le châtiment est toujours en rapport avec le crime commis.
[Méam Loez - Vayéchev 37,34]

[selon le Maharam Shif (sur guémara Guittin 57b), c'est uniquement lorsque le sang d'un chevreau et du sang humain sont regardés ensemble qu'on peut voir la différence entre eux. Lorsqu'ils sont vus séparément, ils se ressemblent beaucoup.]

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+ "Tous ses fils et toutes ses filles se mirent en devoir de le consoler ; mais il refusa toute consolation et dit : "Non! Je rejoindrai, en pleurant, mon fils dans la tombe!" Et son père continua de le pleurer." (Vayéchev 37,35)

-> L'expression "son père" se réfère au père de Yaakov : Its'hak.
Lorsque Its'hak était en présence de son fils, il prenait le deuil avec lui, par respect pour ses sentiments.
Mais une fois seul, il abandonnait ce faux-semblant. En effet, Its'hak savait que Yossef était bel et bien vivant, mais il refusait de le révéler à Yaakov.
Il se disait : "Si D. lui-même ne souhaite pas le lui dévoiler par la voie prophétique, pourquoi le devrai-je?"

En principe, on ne doit pas prendre de position extrême. Quelle que soit la tragédie qui advienne, il faut faire preuve de patience. Dans cette optique, le comportement de Yaakov échappe à notre compréhension.
[...]

Yaakov demeura plongé dans un profond deuil jusqu'à ce que Yossef fut sorti de prison et occupa un rang très important en Egypte. Dès ce moment, son deuil s'allégea, car une intuition prophétique lui apporta une lueur d'espoir au sujet de son fils disparu. Il ignorait de quelle manière cela se concrétiserait, mais il savait seulement que tout se terminerait bien.
[Méam Loez - Vayéchev 37,35]

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-> Le Sifté Cohen explique que certes Its'hak savait par inspiration Divine que Yossef était vivant, mais Hachem a décidé de tenir Yaakov dans l'ignorance pour permettre à la trame des événements qui aboutiront à sa descente en Egypte de se mettre en place.

[d'une certaine façon, c'est une miséricorde Divine à l'égard de Yaakov, car normalement pour que le décret d'exil et de servitude se réalise, c'est chargé de chaînes et avec un collier d'esclave que Yaakov aurait dû être conduit en Egypte. Finalement, seul Yossef subira ce sort, tandis que Yaakov descendra en exil couvert d'honneurs, pour retrouver son fils devenu vice-roi d'Egypte.]

-> Its'hak, sachant qu'il était vivant, faisait mine de pleurer Yossef en présence de Yaakov, mais les larmes qu'il verse sont sincères car il sait qu'il ne reverra plus jamais son petit-fils.
Le midrach (Téhilim 15) rapporte que Binyamin savait également par prophétie que son frère est en vie, mais il respect le serment ('hérem) des frères de ne rien révéler ce qui a été fait à Yossef.

-> Pour Yaakov, la perte de Yossef, c'était une tragédie d'autant plus grande que la disparition d'une des tribus empêcherait la création du peuple d'Israël.

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-> "Tous ses fils et toutes ses filles se mirent en devoir de le consoler"

=> Que vient nous apprendre l'utilisation de : "tous ... toutes"? On on aurait pu avoir simplement : "ses fils et ses filles se mirent en devoir de le consoler".

Rabbi Shalom Its'hak Lévitan explique qu'il est dit dans la guémara (Moéd Katan 27b) : "Celui qui souffre trop pour son mort, risque de pleurer pour un autre mort".
C'est pourquoi les tribus, quand ils ont vu que leur père Yaakov pleurait trop son fils et n'acceptait aucune consolation, se sont toutes rassemblées : les fils, les filles et les petits-enfants, y compris les bébés, sans aucune exception, et ils lui ont dit :
"Notre père, selon ce qu'on dit les Sages, que "celui qui souffre trop pour son mort risque de pleurer pour un autre mort", il semblerait qu'un membre de la famille risque de manquer. Tu as donc de là un preuve absolue que Yossef est encore vivant, sinon comme tu l'as trop pleuré, ainsi qu'il est écrit : "il pleura sur son fils de nombreux jours", quelqu'un d'autre de nos frères aurait dû mourir, or nous avons vu que personne d'entre nous en maque, et ce doit être pour toi la consolation de savoir qu'il est vivant."

=> C'est pourquoi le verset dit 2 fois : "tous ... toutes" = pour nous enseigner que tous les fils et toutes les filles sont venus, il ne manquait pas une seule personne, pour le consoler par le fait que s'ils se trouvaient devant lui, cela prouvait que Yossef était vivant.

"Il [Yossef] ne l'écoutait pas pour reposer près d'elle, pour être avec elle" (Vayéchev 39,10)

-> "Elle a tenté de le séduire par tous les moyens possibles : par des paroles, en changeant continuellement de toilette, en le menaçant de le faire jeter en prison, de l'humilier et de le rendre aveugle, et en faisant miroiter à ses yeux la perspective de recevoir d'énormes sommes d'argent"
[guémara Yoma 35b]

-> Rachi rapporte la guémara (Sotah 3b), où elle souhaitait qu'il s'allonge près d'elle, même sans avoir de rapports.

Elle essayait de l'attirer en lui faisant comprendre : viens au plus proche de moi, comme cela tu acquerras plus de mérites pour le fait de m'avoir résisté.

-> La guémara (Avoda Zara 5a) explique :
- "pour reposer près d'elle" : comme faisant référence à ce monde. Yossef ne voulait pas fauter avec elle.
- "pour être avec elle" : cela fait allusion au monde à venir.

Yossef avait compris que fauter avec la femme de Potiphar dans ce monde entraînerait le fait d'être avec elle dans le monde à venir.

-> Dans cette même guémara (Avoda Zara 5a), il est également écrit :
"Lorsqu'une personne réalise une mitsva dans ce monde, la mitsva le précède et va devant lui dans le monde à venir.

Chaque faute qu'une personne commet va l'envelopper et l'accompagner au jour du jugement.
Selon Rabbi Eliézer, une faute nous devient liée comme peut l'être un chien."

Le Maharcha explique qu'une entité spirituelle est créée lorsque l'on réalise un mitsva ou une avéra.
L'accomplissement d'une mitsva va créer un défenseur pour son auteur, tandis que l'accomplissement d'une avéra (faute) va créer un accusateur pour son auteur.

Lorsque l'on raccompagne quelqu'un d'important, on est devant lui.
Lorsque l'on escorte un malfrat, on est derrière lui, pour parer à toute éventualité de fuite.

De même, l'ange créé par une mitsva va nous "précéder et aller devant" son auteur, annonçant l'arrivée d'un homme juste.
Tandis que l'ange créé par une avéra "va envelopper et accompagner" son auteur, l'amenant à son destin en enfer.

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-> A ce sujet, le Yéchouot Yaakov rapporte un passage de la prière de Arvit : "retire le Satan de devant nous et de derrière nous" (véasser Satan miléfanénou ouméa'harénou).

Une explication est que l'attaque du yétser ara peut venir de tous les côtés.

Mais, il apporte également une autre explication :
- "de devant nous" = avant la faute, le Satan essaie de nous tenter et de nous leurrer par des plaisirs matériels. Il se met devant nous et cherche à vendre sa marchandise.

Marchant devant, il se fait passer à nos yeux pour quelqu'un escortant une personne importante (nous), au point que l'on en oublie d'être fidèle à Hachem.
[je suis quelqu'un de tellement grand, que Hachem et sa volonté en deviennent inexistant!]

- "de derrière nous" = après que nous ayons fauté, ce même Satan va nous pousser et nous guider vers un destin épouvantable.

En général après une faute, le yétser ara cherche à nous faire culpabiliser (je suis vraiment un moins que rien!), à envelopper en nous de la tristesse, ce qui a le pouvoir de nous entraîner au plus bas.

Marchant derrière, il se fait passer comme accompagnant un bandit (nous), cherchant à entretenir cette phase de déprime destructrice suite à nos regrets.
[de toute façon je suis quelqu'un de tellement mauvais, que c'est normal si je fais de actes mauvais! Pourquoi faire de bons actes, vu comment je suis un racha!]

-> Le rav David Abehssera donne une autre explication de ce passage :
- "de devant nous" = il s'agit des mitsvot positives, ce que nous devons faire. Notre yétser ara se tient devant nous et fait tout pour nous empêcher de l'accomplir, en anesthésiant nos envies d'avancer spirituellement.
- "de derrière nous" = il s'agit des mitsvot négatives, ce devant quoi nous devons fuir/reculer. Notre yétser ara se tient derrière nous, nous barrant la route et nous poussant à avancer vers la faute.

-> Rabbi Nissim Yaguen (Nétivé Or) enseigne :
- "de devant nous" = le yétser ara essaye de bloquer notre route lorsque nous voulons faire une mitsva ... Il essaye de mettre des embûches sur notre chemin, de nous montrer combien est dure à réaliser cette bonne action que nous désirons faire, et nous dissuader de mettre en application nos bonnes intentions.
Ce Satan là : nous demandons à Hachem de le retirer.
- "de derrière nous" = ici le rôle du yétser ara est de nous pousser à fauter, d'aider, d'assister, ainsi il réussit à nous leurrer facilement et à nous conduire dans la proximité des péchés ...
Pour être également sauvé du yétser ara, une aide divine particulière est nécessaire, c'est pour cela que nous prions qu'Hachem retire le Satan de derrière nous.

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-> "Écarte-toi du mal et fais le bien" (Tehilim 34,15).
Au-delà de la compréhension littérale, le Beth Avraham nous éclaire de la façon suivante :
Quand on souhaite faire de bonnes choses, le mauvais penchant se présente avec les montagnes de fautes que l'on a commises, non pas pour qu’on s’en repente, mais plutôt pour nous décourager de réaliser la bonne action.
Ainsi, "écarte-toi du mal" : ne considère pas le mal que tu as commis (si cela n'est pas constructif) ; "et fais le bien" : comme si tu n’avais jamais fauté.

["de derrière nous" : le yétser ara peut également tenir des propos opposés : "Quel tsadik tu es! Combien de belles actions/mitsvot tu as pu faire! Tu mérites bien de te laisser un peu aller, juste un peu, comme cela après tu auras encore plus de forces pour les mitsvot."
Il ne peut pas nous faire fauter directement, alors il cherche à ce que l'on fasse moins, petit à petit, jusqu'à tomber (à l'image d'une minuscule mite qui va à force de persévérance faire s'écrouler un imposant bâtiment!).]

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Ainsi, Yaakov avait conscience que s'il fautait, ce ne serait pas l'histoire d'un moment, car il serait alors lié avec elle par la faute, dans le monde à venir.

=> Avant tout acte demandons-nous : "Qu'est-ce que je gagne? Qu'est-ce que je perds?", car c'est vraiment dommage de devoir se retrouver à payer un prix très très élevé pour une consommation aussi éphémère.

Dans le monde à venir, est-ce que nous voulons être entouré d'anges qui crient nos bonnes actions dans ce monde, ou bien, voulons-nous être enveloppé par des anges qui hurlent toutes nos fautes?

Ce monde est éphémère, mais ses conséquences sont éternelles ...

NB: La téchouva sincère par amour a le pouvoir de transformer un accusateur (derrière nous) en défendeur (devant nous), dans le cas où nous n'avons pas fauté en sachant que nous pourrions ensuite y faire téchouva.

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"Ce fut, quand elle (la femme de Potiphar) lui parlait (à Yossef) jour après jour, et qu’il ne l’écoutait pas" (Vayéchev 39,10)

Nos Sages disent que la femme de Potiphar pensait que c’était une volonté Divine qu’elle ait un enfant de Yossef, d’après ce qu’elle voyait dans les astres. Mais en fait, même Yossef avait un doute et pensait qu’elle avait peut-être raison, ce qui lui rendait l’épreuve bien plus dure.
Seulement, quand Yossef vit son insistance ("jour après jour"), il comprit que ce n’était pas une bonne chose et qu’au contraire, cet acte émane du mauvais penchant.
En effet, l’habitude du bon penchant est de dire une fois ou deux à l’homme de faire une mitsva, puis il le laisse le suivre ou non. Mais, quand on voit que dans un sujet, on ressent au fond de soi une insistance incessante, alors on peut en conclure que cela provient du mauvais penchant, qui ne cesse de pousser l’homme à la faute, jusqu’à ce qu’il cède, D. Préserve.
=> Ainsi, quand on sent une grande insistance, souvent il ne faut pas suivre ce chemin.
[le 'Hidouché haRim]

"Yaakov demeura (vayéchev Yaakov) dans le pays des pérégrinations de son père, dans le pays de Canaan" (Vayéchev 37,1)

-> Il y a 112 versets dans la paracha Vayéchev.

-> Le Rokéa'h commente que cela correspond aux 112 mots du Téhilim 92, qui commence par :"Mizmor chir léyom haShabbath".

Quel est le lien entre les 2?

Le rav Mattitiahou Salomon explique que le lien entre la paracha et ce Téhilim se trouve dans les erreurs incompréhensibles contenues dans la paracha.
Par exemple, comment Yaakov peut-il témoigner du favoritisme à l'un de ses enfants (37,4)? Pourquoi a-t-il envoyé Yossef retrouver ses frères alors qu'il savait qu'ils le haïssaient (37,13)? Et comment le tsadik Yéhouda a-t-il pu avoir une rencontre avec une prostituée (38,16)?

La réponse est que c'est le déploiement du plan divin.

Ces éléments surprenants vont être le commencement de la Brit ben haBétarim, où Hachem apparut à Avraham et lui dévoila que sa descendance serait esclave quelques années plus tard en Egypte, mais qu'elle en sortirait avec plein de richesses et habiterait ensuite en terre d'Israël.

Dans ce Téhilim, on y trouve entre autre : "Car tu me combles de joie, ô Hachem, par tes hauts faits; je veux célébrer les œuvres de tes mains. Qu’elles sont grandes tes œuvres, ô Hachem, infiniment profondes tes pensées! L’homme dépourvu de sens ne peut savoir, le sot ne peut s’en rendre compte."

=> Ce qui se passe dans notre vie peut nous sembler surprenant, mais il fait savoir que cela fait partie du plan divin, et qu'il ne nous sert à rien de se plaindre sur le moment, car dans le monde de vérité nous dirons forcément : "Qu’elles sont grandes tes œuvres, ô Hachem, infiniment profondes tes pensées!

"Yaakov demeura dans le pays des pérégrinations de son père, dans le pays de Canaan. Voici l'histoire de la descendance de Yaakov. Yossef ..." (Vayéchev 37,1-2)

-> Lorsque Adam HaRishon a transgressé le commandement d'Hachem et a mangé du fruit de l’Arbre de la Connaissance, cela équivalait à commettre de l’idolâtrie, un meurtre et des relations illicites.
Des années plus tard, Avraham, Its'hak et Yaakov ont réparé le mal causé par Adam HaRishon.
Avraham a réparé le péché d’idolâtrie lorsqu’il a été jeté dans la fournaise à Our Kasdim.
Its'hak a réparé le péché de meurtre lorsqu’il a été offert en sacrifice sur l’autel, et Yaakov a réparé le péché de relations illicites.
Cependant, nous ne voyons pas que Yaakov ait effectué cette réparation en public, comme ce fut le cas pour Avraham et Its'hak : Avraham a été jeté dans la fournaise pour s’être opposé à l’idolâtrie, et Its'hak a tendu son cou sur l’autel pour l’honneur d'Hachem.
Mais en ce qui concerne Yaakov, on ne trouve nulle part qu’il ait été confronté à une telle épreuve publique concernant des relations illicites.

Cependant, le Zohar (Vol.I, 100a) dit que Yaakov et Yossef sont considérés comme un seul et même corps : Yaakov est évoqué dans le corps et Yossef est évoqué dans la brit.
Ainsi, lorsque Yossef fut tenté par des relations illicites et résista à une épreuve extrêmement difficile, cela est considéré comme si Yaakov avait rectifié cette faute.
[rabbi Yaakov Abou'hatséra - Pitou'hé 'Hotam - Vayéchev 37,1-2 ]

Tous ses fils et toutes ses filles essayèrent de le consoler, mais il refusa d'être consolé et dit : "Car je descendrai dans la tombe en pleurant mon fils." Et son père (Its'hak) pleura sur lui. (Vayéchev 37,35)

-> Rachi commente : "Yaakov ne pouvait pas être consolé de la perte de Yosef, car on ne peut pas être consolé d'une personne vivante que l'on croit morte".

En effet, il existe un décret céleste selon lequel une personne décédée sera oubliée du cœur. Cependant, ce décret ne s'applique pas à une personne que l'on croit morte mais qui est en fait vivante.
Malgré son incapacité à être consolé, Yaakov n'a pas conclu que Yossef était réellement vivant. En effet, il n'existe pas de durée fixe pour l'oubli d'un défunt dans le cœur.
Tout le monde ne vit pas son deuil de la même manière. Certains ne se consolent pas facilement et restent dans le deuil pendant une longue période. Yaakov pensait qu'il faisait partie de ceux qui ne se consolent pas facilement et, par conséquent, son chagrin interminable ne lui prouvait pas que Yossef était toujours en vie.

Le fait de ne pas être facilement consolé découle du trait de caractère négatif qu'est l'obstination. Seules les personnes obstinées refusent d'accepter un décret d'Hachem avec amour et ne sont pas facilement consolées de la mort d'un parent.
Nos Sages qualifient Yaakov de "le meilleur" (de bé'hir) des Patriarches, et il n'avait certainement pas ce trait de caractère négatif.
Si Yossef était effectivement mort, Yaakov aurait accepté le décret d'Hachem avec joie, à l'instar des grands hommes de notre nation. Cependant, dans son humilité, Yaakov ne s'est pas considéré comme une personne juste (tsadik), et il a cru que c'était son obstination qui ne lui permettait pas d'être réconforté (alors qu'en fait, c'était parce que Yossef était encore en vie).

Une autre raison plausible pour laquelle Yaakov n'a pas conclu que Yossef était vivant (en vertu de son incapacité à être consolé) est qu'il était conscient, grâce au roua'h hakodech (inspiration Divine), qu'il ne connaîtrait pas le Guéhinam si tous ses enfants restaient en vie de son vivant.
Les 12 fils de Yaakov correspondaient aux 12 mois de l'année, et il avait la garantie que si aucun d'entre eux ne le précédait, il serait épargné des 12 mois du Guéhinam, qui est la peine maximale pour une personne racha (guémara Shabbath 33b). [en ce sens, on prend le deuil pendant une année, car même un racha au bout d'un an, est libéré de sa purification de ses fautes au Guéhinam. ]
Par conséquent, la mort perçue de Yossef était doublement dévastatrice pour Yaakov : il avait perdu à la fois son fils et cette garantie. Yaakov attribua donc son incapacité à trouver du réconfort à cette perte et non à la mort réelle.
C'est pourquoi il pensait qu'il ne pouvait pas être réconforté. Ce n'était certainement pas le cas, car Yossef était bel et bien vivant, et Yaakov ne sera finalement pas du tout puni dans le Guéhinam.
[d'après le Maharal - Gour Aryé]

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-> En résumé :
Si Yaakov n'a pu être consolé de la mort de son fils Yossef, c'est parce que ce dernier était encore en vie. Cependant, Yaakov n'a pas tiré la conclusion que Yossef était toujours en vie, car il pensait que son trait de caractère négatif d'obstination ne lui permettait pas d'être consolé.
Ou encore, Yaakov pensait qu'il ne pouvait pas être consolé parce qu'il craignait que la mort de Yossef n'annonce son futur châtiment dans le Guéhinam.

Les allégations de Yossef

+++ Les allégations de Yossef :

"Voici les descendants de Yaakov : Yossef avait 17 ans ; il était avec ses frères qui gardaient les troupeaux, et il était jeune avec les fils de Bilha et de Zilpa, femmes de son père ; et Yossef apporta à leur père une mauvaise nouvelle à leur sujet" (Vayéchev 37,2)

-> Rachi commente que Yossef a rapporté tout ce qu'il a vu de négatif chez ses frères, les fils de Léa.
Il a rapporté que ses frères mangeaient des membres d'un animal vivant (du éver min ha'haï), qu'ils rabaissaient les fils des servantes en les appelant esclaves, et qu'ils étaient suspects dans l'interdiction des relations interdites (arayot).

-> Le Maharal nous enseigne :
Yossef a été puni pour ces 3 accusations.
Pour avoir prétendu qu'ils avaient mangé du éver min ha'haï, ses frères l'ont vendu comme esclave et ont ensuite abattu une chèvre (Vayéchev 37,31). Cependant, ils n'ont pas mangé de ses membres alors qu'elle était encore en vie.
[il ne s'agit pas d'une punition au sens classique du terme. Cependant, le but d'une punition est de démontrer que le fauteur a commis une erreur. Le fait que les frères n'aient pas mangé du éver min ha'haï montre à Yossef que ses accusations étaient sans fondement. ]

Pour avoir dit qu'ils traitaient leurs frères d'esclaves, Yossef lui-même a été vendu comme esclave. (Téhilim 105,17)
Pour les avoir accusés d'avoir eu un comportement licencieux, il a été séduit par la femme de son maître, comme le dit la Torah : " La femme de son maître leva les yeux" (Vayéchev 39,7).

=> Pourquoi Yossef a-t-il été puni pour avoir dénoncé leur comportement répréhensible?
Après tout, l'interdiction de calomnier quelqu'un ne s'applique que lorsque cela n'est pas fait dans un but constructif. Il est permis (et c'est même une mitsva) de signaler un comportement immoral à une figure d'autorité comme Yaakov afin qu'il puisse les réprimander et les aider à changer leurs habitudes.
[bien qu'un témoignage en bonne et due forme dans un tribunal juif nécessite 2 témoins, le témoignage d'un seul témoin est suffisant pour la réprimande si cette personne bénéficie de la confiance implicite de la figure d'autorité.]

La réponse se trouve une étape avant le rapport. Yossef n'a pas été témoin de la transgression de ces actes interdits par ses frères, et en effet, les saints géniteurs de la nation juive étaient innocents de ses allégations. En fait, Yossef a seulement été témoin d'un comportement qui a fait naître le soupçon qu'ils ne s'étaient pas suffisamment éloignés de ces graves interdictions.
Yossef a été appelé "Yossef haTsadik", Yossef le juste, en raison de son niveau élevé. Il s'est éloigné du moindre comportement interdit. Parce qu'il était si scrupuleux, il trouvait déconcertant que ses frères soient moins vigilants dans leur prise de distance.
Néanmoins, parce qu'il n'avait pas été témoin d'actes interdits, il était interdit à Yossef de faire part de ses soupçons à son père.

=> Si Yossef n'a pas vu ses frères commettre de véritables actes interdits, qu'a-t-il rapporté à Yaakov?
Yossef signale que ses frères autorisent leurs esclaves à cuisiner pour eux, ce que Yossef considère comme interdit car on ne peut pas faire confiance aux esclaves pour éviter de cuisiner éver min ha'haï (guémara Guittin 67b).
Yossef rapporte également que ses frères, les fils de Léa, refusent de s'associer avec leurs frères de Bilha et de Zilpa. Yossef, dans sa grande droiture, considérait que cela revenait à les traiter d'esclaves.
Enfin, Yossef rapporta que ses frères ne détournaient pas suffisamment leur regard en présence de femmes, ce qui les entachait à ses yeux d'une trace de l'interdiction des relations interdites, car cela crée une ouverture pour le mauvais penchant.

Bien que la Torah ne précise pas les allégations de Yossef, nos Sages les déduisent des mots "dibatam ra'a" (rapports de mauvaise conduite) dans ce verset. Le mot "ra'a" désigne ces 3 allégations, car la Torah associe ce terme à 3 attributs négatifs : "yétser hara" (mauvais penchant), "ayin hara" (mauvais œil) et "lev hara" (mauvais cœur).
Le "yétser hara" pousse une personne vers des relations interdites, car il la séduit pour qu'elle suive ses désirs physiques au détriment de son intellect.
Le "ayin hara" est la source de l'envie, qui pousse une personne à se valoriser aux dépens d'une autre.
Le "lev hara" est la racine de tout comportement insensible, qui pousse une personne à agir avec cruauté envers les créatures d'Hachem, comme lorsqu'elle consomme les membres d'un animal qui ont été séparés lorsque l'animal était encore en vie.

Ces comportements conduisent une personne hors de ce monde, comme le déclare Rabbi Yéhochoua : "Le Ayin hara, le yétser hara et la haine insensée conduisent une personne hors de ce monde" (Pirké Avot 2,11). [la haine insensée est un des aspects du lev hara]
Cependant, comme les frères étaient innocents de ces allégations, Yossef a été puni pour les avoir accusés, comme nous le disent nos Sages : "Celui qui soupçonne l'innocent subira un préjudice physique."

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-> En résumé :
Yossef a calomnié ses frères, les accusant de s'être engagés dans des comportements interdits. Il n'a pas prétendu qu'ils avaient commis des transgressions réelles, mais plutôt qu'ils ne s'étaient pas suffisamment éloignés d'elles.
Yossef était très strict sur ces questions et ne pouvait tolérer la moindre trace de ces interdictions chez ses frères.

"Et comment puis-je commettre un si grand méfait, et pécher envers D.?" (Vayéchev 39,9)

=> Yossef abandonne la femme de Potiphar, qui l'incite à fauter et s'enfuit.

Nos Sages (guémara Sota 13) de commenter :
"C'est grâce à ce mérite qu'il est dit à Yossef : "Il s'enfuit et s'élança dehors" ; grâce à ce mérite, Israël vit que la mer rouge se scindait en 2, lors de leur sortie d'Egypte.
Comme il est dit : "la mer vit et s'enfuit". Que vit la mer?
Elle vit les ossements de Yossef qui passaient avec le peuple d'Israël.

La mer refusait de se scinder, elle demandait d'accomplir la volonté de son Créateur selon la nature de sa création et, non pas de changer son essence.
Mais lorsque la mer vit les ossements de Yossef, elle dit : "Comment, lui, Yossef, a su résister à l'épreuve hors nature, moi aussi, je domine ma propre nature "en fuyant" (en me scindant) devant les enfants d'Israël."

Et durant toutes ces années pendant lesquelles Israël vivait dans le désert, le cercueil de Yossef et l'arche sainte (le texte en hébreu utilise le même mot "arone" pour désigner : cercueil et arche) marchaient côte à côte, et ceux qui passaient devant eux, s'interrogeaient : "Quelle est la qualité de ces 2 "aronot"?

On répondait : l'un est celui d'un mort et l'autre, celui de la présence divine.
Et depuis quand un mort accompagne-t-il la présence divine?
On répondit : "Celui-là a accompli tout ce qui est écrit dans celui-là". "

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+ Le saviez-vous?

-> Selon 'Hida (se basant sur le Séfer haYachar), lorsque sa femme a accusé Yossef d'avoir tenté de la séduire, Potiphar est devenu fou de rage et a décidé de le tuer.

Hachem a alors réalisé un miracle : un enfant dans son lit de bébé a commencé à parler, et a révélé qu'en réalité c'était la femme de Potiphar qui a essayé de séduire Yossef.

Potiphar et son foyer ont été témoins de ce grand miracle, et ont pris conscience de la réalité.
Ils ont alors laissé Yossef en vie, mais afin de préserver leur honneur, ils l'ont condamné à de l'emprisonnement.

-> L'épouse de Potiphar s'appelait : Zoulékha.
[Séfer haYachar - Vayéchev]

La quantité de hichtadlout à faire

+ La quantité de hichtadlout à faire :

"Si seulement tu pouvais me garder en mémoire ... je t'en prie, de bienveillance envers moi et me mentionner à Pharaon, et tu me feras sortir de ce bâtiment" (Vayéchev 40,14)

-> Le midrach (Béréchit rabba 89,3) déclare : c'est ainsi qu'il est dit : "Loué soit l'homme qui a fait d'Hachem sa confiance" (Téhilim 40,5). Il s'agit de Yossef.
"Et il ne s'est pas tourné vers l'orgueilleux" Parce qu'il a demandé au maître échanson de se souvenir de lui à deux reprises, deux ans ont été ajoutés à sa peine".

-> Le rav de Shinova (séfer Divré Yé'hezkel) note que ce midrach semble se contredire. Il donne d'abord à Yosef l'exemple d'un homme qui a placé sa confiance en Hachem et a accompli le verset des Téhilim, puis il dit qu'il a été puni de deux années de prison supplémentaires pour avoir placé sa confiance dans le ministre de la boisson.

Le rav de Shinova explique que Yossef était à un niveau si élevé qu'il aurait dû faire confiance à Hachem pour l'aider sans faire de hichtadlout par lui-même.
Cependant, parce qu'il était extrêmement humble, il ne pensait pas être à ce niveau. Il pensa qu'il devait faire des efforts et demanda donc au maître échanson de parler en son nom à Pharaon.

Le midrach dit que Yossef avait un grand bita'hon. Il avait une confiance totale en Hachem et n'avait pas besoin de faire de hichtadlout pour mériter Son aide. Il n'aurait pas dû penser qu'il devait demander au maître échanson de se souvenir de lui.
C'est pour cette raison qu'il a été considéré comme inapproprié pour un homme de son niveau exalté de faire cela, et il a été puni pour cela de deux années supplémentaires d'emprisonnement.

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-> Le rabbi de Tchortkov demande : comment pouvait-on dire que Yossef était un homme qui ne faisait confiance qu'à Hachem, s'il s'en remettait aussi au maître échanson?

Le rabbi répondit qu'il avait entendu dire par un certain gadol qu'il y a 2 types de personnes qui font confiance à Hachem. Certaines personnes ont du bita'hon, mais il n'est pas authentique à 100 %. C'est le cas, par exemple, d'un homme qui n'a aucun moyen de subvenir à ses besoins ou de payer le mariage de son enfant. Cette personne compte sur Hachem pour l'aider parce qu'elle n'a pas d'autre choix. Il n'a personne d'autre vers qui se tourner, alors il se tourne vers Hachem et dit qu'il a le bita'hon qu'Hachem l'aidera.
Cependant, a poursuivi le rabbi, si quelqu'un a un autre endroit où placer sa confiance, mais qu'il s'en remet quand même uniquement à Hachem, c'est un bita'hon qui est authentique à 100 %.

Cela explique le midrach : lorsque Yossef croupissait en prison, il n'avait aucun moyen naturel d'être sauvé. Il n'avait d'autre choix que de s'en remettre à Hachem. Comme l'explique le rabbin de Tchortkov, ce n'est pas la forme la plus élevée de bita'hon.
Yossef décida de demander au ministre (maître échanson) de parler en son nom à Pharaon afin de créer un autre endroit où il pourrait placer sa confiance.
Maintenant qu'il avait quelqu'un d'autre sur qui il pouvait compter, mais qu'il n'avait toujours confiance qu'en Hachem, il a atteint un niveau de bita'hon authentique.
C'est pourquoi il est décrit comme un homme qui avait un véritable bita'hon en Hachem.

La confiance de Yossef

Le rabbi de Berditchev (Kédouchat Lévi) écrit que lorsque la Torah dit [à propos de Yosef] "et il est resté là en prison" (Vayéchev 39,20), c’est pour enseigner que Yossef n’a pas cherché à échapper à sa situation, car il avait été décrété par Hachem qu’il devait s’y trouver.
Cela est comparable au midrach (Shir HaShirim raba 1,1), qui commente le verset : "Vois un homme assidu dans son travail" (Michlé 22,29) en disant qu’il fait référence à Yossef, le louant d’avoir servi Potiphar de manière appropriée, méritant ainsi sa liberté.
Cela nécessite une explication : est-ce là un fait louable pour Yossef ? [N’est-ce pas simplement une question d’intégrité élémentaire?]
Le Sfat Emet (cité dans Sifté Tsadik) explique que la raison pour laquelle Yossef a pu servir Potiphar comme il se doit est simplement qu’il avait confiance que tout ce qui lui arrivait était la volonté d'Hachem, et qu’il acceptait les défis avec amour. S’il n’avait pas accepté la réalité et s’il avait cherché des moyens d’échapper à sa situation, il aurait immédiatement désespéré et aurait été incapable d’accomplir son travail fidèlement.
[Mi'hchat Chemen - paracha Vayéchev - p.223 ]

"Voici l'histoire de la descendance de Yaakov : Yaakov, âgé de 17 ans, était berger avec ses frères [auprès] du menu bétail (aya roé ét é'hav batson)" (Vayéchev 37,2)

-> Le mot "berger" (roé - רֹעֶה) implique "d'unir, de joindre ou de relier", comme dans les mots "fraternité" et "amitié" (réout).

Un berger est appelé "roé" parce qu'il rassemble le troupeau en un seul endroit, de peur qu'il ne se disperse.
C'est ainsi que Yossef a réuni ses frères, c'est-à-dire tout Israël et les étincelles de la Présence divine.
Il les a tous élevés et réparés grâce aux saintes unifications mystiques qu'il a réalisées. Il le fit avec le "troupeau" (tson), ce qui implique des Unifications.
[Dégel Ma'hané Efraïm - Vayéchev ]

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-> Le concept d'unifications mystiques (yi'houdim) est l'un des enseignements centraux du Baal Shem Tov et opère à plusieurs niveaux.
Le niveau de base est la reconnaissance de la présence du Créateur dans tous les aspects de la création, qu'ils soient physiques, émotionnels, conceptuels et même spirituels.
C'est ainsi que le Baal Shem Tov (Tsivat haRivach p.3b) déclare :
"Quoi que vous voyiez, souvenez-vous d'Hachem. Si vous ressentez de l'amour, souvenez-vous de l'amour de Dieu. Si vous éprouvez de la crainte, rappelez-vous la crainte d'Hachem.
Même lorsque vous allez aux toilettes, pensez à vous-même : je retire le mauvais du bon, de sorte que le bon reste au service d'Hachem. C'est le sens de l'unification".

À un niveau plus profond, cela signifie la recombinaison mystique des lettres de la création, en particulier dans la prière et l'étude de la Torah, qui peut produire une révélation de l'unité divine dans le monde.
Dans le verset ci-dessus, le Baal Shem Tov dit que Yossef, qui représente le tsadik, est capable de voir la divinité dans chaque juif et, par ce biais, d'élever tout Israël vers le Père céleste.
Par ailleurs, Yossef pourrait voir les lettres hébraïques qui constituent toute la réalité et les combiner selon des schémas qui révèleraient la présence divine dans la création.

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-> Les 3 lettres du mot "tson" (צֹּאן - troupeau) peuvent être divisées en tsadik et alef , dont la valeur numérique est 91, et noun.
Le nombre 91 est également la valeur numérique de 2 des noms sacrés de D. réunis : le Tétragramme (יהוה de valeur : 26), et le nom Adonaï (אדני de valeur : 65). L'union de ces noms représente l'intégration complète du spirituel et du physique, depuis les premières émanations d'Hachem jusqu'à mal'hout (Royauté), le monde dans lequel nous vivons.

La lettre noun représente généralement le monde de la Bina, qui correspond à la révélation du monde à Venir, et est la séfira par laquelle la bénédiction divine s'écoule dans le monde.

Tout cela est évoqué dans le mot "tson" (צֹּאן), l'union des deux noms d'Hachem, qui conduit à un flux ultérieur de bénédiction dans le monde.

Ainsi, rav Yaakov Yosef de Polnoye écrit, au nom du Baal Shem Tov : "Un être humain dans ce monde est composé de matière et de forme (c'est-à-dire le matériel et le spirituel), et à travers lui, le monde inférieur et le monde supérieur sont réunis, et une union est créée entre les deux noms יהוה et אדני, qui ont la valeur numérique de 91, à partir du monde tson.
Tandis que l'effluve qui se déverse de là est l'expansion du noun.

Il est également possible que le Baal Shem Tov utilise le terme "tson" pour représenter cette idée, parce qu'un troupeau est un groupe d'animaux qui sont réunis et qui véhiculent l'idée d'union.
De plus, le mot tson (צֹּאן) vient du mot hébreu "tsé", qui signifie "sortir", et représente l'idée de ce qui émane d'une source.