Shabbath haGadol …

+ Pourquoi appelle-t-on le shabbath précédant Péssa’h : Shabbath haGadol?

1°/ Lorsque les 1ers nés égyptiens ont demandé aux juifs, ce qu’ils comptaient faire avec l’agneau, les juifs leurs ont répondu qu’ils préparaient un sacrifice à D., et que D. va tuer les 1ers nés égyptiens.
En entendu cela, les 1ers nés sont allés voir leurs parents et Pharaon afin qu’ils libèrent les juifs.
A l’écoute de leur refus, les 1ers nés ont déclaré la guerre à leurs parents et en ont tué beaucoup, comme il est écrit dans les Téhilim (136;10) : « Lui qui frappe l’Égypte PAR ses 1ers nés » (lémaké mitsrayim biv’horéhem).D. a fait que les 1ers nés égyptiens se battent contre les égyptiens, au nom des juifs.

En raison du grand miracle (néss gadol), qui a eu lieu ce jour de Shabbath, le Shabbath précédant Péssa’h est appelé : Shabbath haGdol.

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2°/ Les égyptiens ont été horrifiés, à la vue du traitement que leurs esclaves juifs, ont fait subir aux agneaux, qui étaient leurs idoles adorées/vénérées.
Ils ont alors demandé : « Que comptez-vous faire des agneaux? »
Les juifs n’ont pas essayé de fuir la question, et ont répondu fièrement : « Nous avons un D., qui nous a demandé de les lui égorger, comme offrande. »

La principale différence entre un jeune (immature – katan) et un adulte (gadol), est que le jeune est plus souvent timide, et a tendance à cacher/dissimuler la vérité avec des excuses.

Durant le shabbath précédant la sortie d’Égypte, les juifs se sont comportés comme des adultes matures (comme des gédolim), en proclamant sans hésitation leur appartenance à D.
En raison du fait, qu’ils ont agit comme des gédolim, on appel ce shabbath, le Shabbath haGadol.

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3°/ La 1ere mitsva/obligation que les juifs ont reçu avant de quitter l’Égypte était de préparer un sacrifice de Péssa’h avec l’agneau (ainsi que d’autres détails afin de célébrer la fête).

Guémara Kiddouchin 31a = « Une personne qui agit en ayant l’obligation est plus grande, que celle qui agit sans en avoir l’obligation. » (Gadol amétsouvé véoché mimi chééno métsouvé véoché)

Ce Shabbath haGadol met en avant toute la grandeur (gadol) d’agir en étant dans l’obligation de le faire.
[Faire les mitsvot de D.,parce qu’on doit le faire, et non uniquement parce qu’on le veut, donne beaucoup plus de valeur!!)
[Bné Yissa’har]

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4°/ Le sacrifice de Péssa’h renvoie à l’importance de la mitsva d’aimer son prochain comme soi-même = « Tu aimeras ton prochain comme toi-même » (Vayikra 19;18 – véaavta léréa’ha kamo’ha).

En effet, ce sacrifice est un moyen permettant aux personnes de se retrouver ensemble : les familles, les voisins, … comme la Torah le dit : « Il prendra pour lui et son voisin proche de sa maison … » (Chémot 12;4).
De plus, durant Péssa’h, il y a une mitsva de donner plus que d’habitude aux nécessiteux, afin que tout le monde puisse célébrer convenablement la fête.

Le Talmud de Jérusalem (Nédarim 9;4) commente la mitsva d’aimer son prochain comme soi-même en disant = « Rabbi Akiva a dit : c’est une grande règle de la Torah. » (zé’ou klal gadol baTorah).

Ainsi, l’appellation de Shabbath haGadol renvoie à l’importance d’aimer son prochain comme soi-même.
[klal gadol de la Torah …]

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5°/ Les juifs ont été libérés en 2448 après la création du monde.

Ils ont eu leur 1er goût de liberté et de fierté d’être juif, au cours du shabbath, précédant la sortie d’Égypte.
Les mots : « Shabbath haGadol » (שבת הגדול) renvoient à ce fait :
– le shin (ש) = renvoie au Shabbath ;
– le bét (ב) = renvoie au chiffre 2 000
– le taf (ת) = renvoie à la valeur de cette lettre = 400 ;
– le mot « haGadol » (הגדול) = a une valeur numérique de 48.
== le tout fait : Shabbath 2448 (comme l’année de la sortie d’Égypte!).

Source (b »h) : traduction & adaptation personnelle d’un commentaire de Rabbi Moshe Bogomilsky

-> Le Méam Loez (Bo 12,10) écrit en ce sens :
Moché avait obtenu de Pharaon un jour de congé hebdomadaire pour les juifs, et avait fait en sorte que ce jour fût le Shabbath.
Cependant, tant que les juifs étaient esclaves, ils ne pouvaient réellement se détendre le Shababth : dès le lendemain ils allaient reprendre leurs travaux forcés.
Bien qu’ils fussent exemptés de tout travail depuis le début des 10 plaies, ils n’étaient pas encore des hommes libres, mais avec l’approche de leur libération, les juifs purent réellement, pour la 1ere fois, goûter au Shabbath

Le jour du Shabbath représente plus qu’un simple jour de repos. C’est un jour de renouveau spirituel.
Néanmoins, tant que les juifs étaient asservis, ils ne pouvaient attribuer au Shabbath une signification autre que celle d’un simple jour de repos.
[Shabbath haGadol = c’est à partir de ce Shabbath que les juifs ont véritablement pu apprécier ce jour énorme de chez énorme (gadol de chez gadol!).]

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6°/ Selon le rav ‘Haïm Kanievsky, c’est le mérite du Shabbath (que nos ancêtres ont observé en Egypte – cf. midrach Chémot rabba 1,28), qui a protégé le peuple juif des égyptiens.
Pour souligner cela, nous marquons le miracle à Shabbath.

7°/ Deux raisons sont données pour expliquer le sens du Shabbath.
Dans les 1eres Tables de la loi, il est dit que le Shabbath vient rappeler la Création du monde. Et dans les secondes, il est dit que le Shabbath vient rappeler la sortie d’Egypte.
Ainsi, au départ, avant la sortie d’Egypte, le Shabbath n’avait que la 1ere raison : rappeler la création. Mais, le Shabbath de la semaine de la libération, qui a introduit la sortie d’Egypte, où les Juifs furent sur le point de sortir, la 2e raison apparut : rappeler la sortie d’Egypte qu’on était en train de vivre.
=> Ce Shabbath est donc devenu un Shabbath plus grand, car dès lors, il fut agrandi par cette 2e raison de rappeler la sortie d’Egypte, qui n’était pas encore à propos jusqu’à lors.
[Sfat Emet]

Ainsi, le Shabbath haGadol est le 1er Shabbath à partir duquel, nous avons gagné une 2e raison de témoignage (Création & sortie Egypte) pour le fêter, comme il est écrit : « Tu te souviendras que tu étais esclave dans le pays d’Egypte et que Hachem ton D. t’en a fait sortir d’une main puissante et d’un bras étendu ; c’est pourquoi Hachem ton D. t’a ordonné de faire le jour du Shabbath. » (Vaét’hanan 5,15)

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-> Les Richonim (Aboudraham, ‘Hizkouni) écrivent que ce Shabbath (précédant la sortie d’Egypte) était le 1er réalisé par les juifs en tant que peuple au service de Hachem.
Les Tossafot disent que de même qu’un enfant qui a 13 ans, qui commence à réaliser les mitsvot est appelé : « gadol », de même ce Shabbath où le peuple juif est devenu « gadol », est dénommé : Shabbath Gadol.

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8°/ Le ‘Hatam Sofer dit que la période estivale est un moment plein de dangers spirituels, où des tragédies peuvent se passer.
[Shabbath haGadol précède Pessa’h, et le Shabbath Shouva précède Yom Kippour. Ces 2 moments permettent de nous influencer pour une moitié d’année : la partie hivernale et la partie estivale.]

Un tsadik qui ne faute pas est considéré comme un « gadol » (un grand), et quelqu’un qui faute et se repent comme : un « guibor » (un fort), qui a conquis sont yétser ara (cf. qui est fort? -> Pirké Avot 4,1).
=> Le Shabbath qui éveille les gens à éviter de fauter (l’été approchant) est appelé Shabbath haGadol, et celui où l’on incite à faire téchouva sur nos fautes s’appelle : Shabbath Shouva.

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9°/ Bien que les juifs observassent le Shabbath, ils ne le faisaient pas pour observer un commandement Divin, mais simplement parce que ce jour de repos leur convenait.
En effet, puisque de nombreux juifs pratiquaient la religion égyptienne, observer le Shabbath avait-il la moindre signification religieuse?
Cependant, en ce Shabbath où ils acquirent l’agneau Pessa’h (le 10 Nissan), les juifs durent renoncer totalement à leur foi en les religions égyptiennes.
Leur observance du Shabbath devint alors un acte d’obéissance à Hachem.
=> Puisque ce Shabbath était le 1er que les juifs observèrent à l’égard de Hachem, il était digne qu’il fût commémoré [pour les générations à venir].
[Magen Avraham]

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