Pâtisserie spirituelle depuis 5771 - b'h
 

"Toutes les mauvaises plaies de l'Egypte que tu as connues, Il ne les placera pas sur toi, et les donnera à tous tes ennemies" (Ekev 7,15)

=> Comment les juifs ont-ils pu vraiment connaître les plaies d'Egypte, puisque seuls les Égyptiens en ont été frappés?
De plus, pourquoi pour les juifs, le verset utilise : "placera" (yéchiman), alors que pour les égyptiens, c'est le terme : "donnera" (ounétanam)?

-> Le Séfer Péninim Yékarim répond en se basant sur l'enseignement de nos Sages selon lequel à chaque fois qu'une plaie s'abattait sur les égyptiens, il y en avait un petit peu chez les juifs pendant un moment, pour qu'ils sachent ce que souffraient les égyptiens.
Ainsi cela permet de comprendre la Torah : "que tu as connues", puisque les juifs avaient connu un peu des plaies d'Egypte.

Cela explique également le changement d'expression utilisée. En effet, les Tossefot écrivent (guémara Ména'hot 40a) que lorsque le terme : "donner" est employé, il s'agit d'une certaine quantité qu'on donne, alors qu'avec le mot : "placer", il s'agit même de la moindre chose.
=> C'est pourquoi la Torah a dit que toutes les mauvaises plaies de l'Egypte que tu as un peu connues, "Il ne les placera pas sur toi" = même un tout petit peu, mais sur tes ennemis Il les "donnera" = en bonne quantité.

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-> "Hachem enlèvera de toi toute maladie" (Ekev 7,15)

Rachi explique que "toute maladie", cela fait référence au mauvais œil.
Mais comment comprendre cette interprétation?

En fait, le verset au complet dit : "Hachem enlèvera de toi toute maladie et tous les fléaux de l'Egypte, Il ne les placera pas en toi".
Or on peut s'interroger. Pourquoi concernant les fléaux, il est dit qu'Il ne te les placera pas, alors que pour les maladies, il est dit qu'Il les enlèvera de toi, sous-entendu qu'Il te les placera pour ensuite les enlever de toi?

C'est pour répondre à cette question que les Sages disent que ces maladies font référence au mauvais œil (ayin ara), qui vient du fait de la jalousie d'autrui. Or Hachem, qui souhaite maintenir le libre arbitre auprès des hommes, les laisse être jaloux s'ils le choisissent et ne les empêche pas de l'être. De ce fait, les maux causés par le mauvais œil viendront naturellement sur les personnes jalousées et Hachem aura donc besoin de les enlever de
toi.
C'est pourquoi, le verset ne dit pas qu'Hachem "ne les placera pas en toi", car pour cela, il faudrait empêcher les hommes d'être jaloux, ce qu'Hachem ne fait pas, pour ne pas altérer le libre arbitre. Ainsi, le choix de l'expression "Hachem enlèvera de toi" plutôt que "ne te les placera pas", suggère donc que ces maladies évoquent le mauvais oeil, dépendant du libre arbitre.
[Arougat Habossem]

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-> b'h, également sur la notion de jalousie & ayin ara : http://todahm.com/2018/12/09/jalousie-et-mauvais-oeil

"Les fautes que vous avez commises, le Veau d'or, je l'ai pris et je l'ai brûlé dans le feu" (Ekev 9,21)

-> Comment est-il possible de prendre une faute, qui n'est pas quelque chose de tangible, et de la brûler dans le feu?
En ce sens, le verset n'aurait-il pas plutôt dû être : "J'ai pris le Veau d'or que vous aviez fait, et je l'ai brûlé dans le feu"?

Le Or ha'Haïm haKadoch donne la réponse suivante :
On sait qu'à chaque mitsva que fait l'homme, il se créé un ange saint. Et de chaque faute, il se créé un ange destructeur.
Quand l'homme se repent de ses fautes, il doit aussi effacer [par sa téchouva] l'ange destructeur qu'il a créé en commettant la faute.

=> Ainsi automatique, lorsque les juifs ont fauté avec le Veau d'or, il s'est également créé un ange destructeur. Et lui aussi, témoigne Moché devant le peuple juif : "Je l'ai pris et je l'ai brûlé au feu".

[nous ne devons pas prendre le fait de fauter à la légère, car à chaque fois nous générons un nouvelle ange Accusateur/Destructeur, qui va alors venir nous nuire.
C'est en ce sens que nous disons qu'une mitsva entraîne une autre mitsva = en faisant une mitsva je créé un ange saint Défenseur, qui va venir m'aider dans le futur à accomplir de nouvelles mitsva.
Et cela est inversement vrai en cas de faute ...]

"Afin de t'éprouver par l'adversité, pour connaître le fond de ton cœur" (Ekev 8,2)

-> Quel rapport y a-t-il entre ce qui est dit dans ce verset et le verset qui le suit : "Il t'a fait souffrir et endurer la faim, puis Il t'a nourri avec la manne"?

Le Séfer Kéhilat Moché donne une explication d'après la michna dans Pirké Avot (6,4) : "Telle est la voie de la Torah, mange du pain trempé dans le sel, bois de l'eau en quantité mesurée, dors sur la terre et vis une vie de peine".

Or, comme on le sait, on pouvait ressentir dans la manne le goût des mets les plus délicieux (il suffisait de le penser pour l'avoir!).
L'épreuve résidait donc dans : "Afin de t'éprouver par l'adversité" = pour voir si les juifs se contenteront de goûter dans la manne uniquement le goût du pain trempé dans le sel, afin de pouvoir mériter la Torah (en accord avec le Pirké Avot 6,4).

Ainsi qu'il est dit : "pour connaître le fond de ton cœur" = pour voir quelle sera ton intention au moment où tu mangeras la manne : est-ce que tu te concentreras sur les bonnes choses de ce monde, ou uniquement sur du pain trempé dans du sel.

[certes la matérialité est nécessaire pour évoluer spirituellement dans la vie, mais son excès vient créer une séparation, un éloignement avec Hachem.]

"Car l'homme ne vit pas que de pain" (Ekev 8,3)

-> L'âme ne vit pas de matérialité, or nous constatons que si l'homme mange, il vit et l'âme continue à exister, et s'il ne mange pas il meurt.
=> Comment l'âme vit-elle d'une nourriture matérielle alors que cela ne la nourrit pas?

L'âme se nourrit de spiritualité, et elle est nourrie par la bénédiction sur la nourriture.
C'est ce qui est écrit : "l'homme ne vit pas que de pain, mais de tout ce qui sort de la bouche de Hachem" = grâce à la spiritualité qui en découle toute âme vit.

[le Ari zal]

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-> La nourriture, comme toutes les matières physiques, contient des étincelles de sainteté. Lorsque vous mangez, ce sont ces étincelles de sainteté qui s'élèvent du domaine physique pour éveiller l'âme.
En d'autre terme, en mangeant, vous libérez l'énergie spirituelle contenue dans les étincelles de sainteté qui résident dans l'aliment, comme l'explique le Ari zal.

[rabbi 'Haïm Halberstam de Tsanz - Divré 'Haïm]

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+ "Tu ne mangeras pas l'âme avec la chair" (Réé 12,23)

-> Le rav 'Haïm Vital écrit au nom du Ari Zal, que l'essentiel de la compréhension de l'homme en ce qui concerne l'esprit saint dépend de son intention et de l'attention qu'il porte à toutes les bénédictions sur la nourriture, parce que grâce à elles, il annule les forces impures qui s'attachent aux aliments matériels ainsi qu'à celui qui les consomme.

Grâce aux bénédictions quand elles sont dites avec concentration, les forces impures sont écartées et celui qui les prononce purifie sa matière et devient apte à recevoir la sainteté.
Le Ari Zal a beaucoup insisté sur ce point.

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-> D'une manière plus générale, on peut citer les paroles du Méor Enayim (Vayéra) :
"La principale importance des mitsvot est le fait qu'elles ont été données par D. Lui-même.
Elles sont, par conséquent, le seul moyen à travers lequel nous pouvons approcher le Créateur et pour cette raison, nous tirons une nourriture spirituelle en les pratiquant.
Si nous observons les mitsvot avec l'intention d'atteindre la proximité avec D., nos mitsvot acquièrent une vie et une âme. Sinon, elles restent des rituels vides, des corps dénués d'esprit.

[chaque mitsva nous nourrit spirituellement, et la joie, l'intention que nous y ressentons va y donner tout le goût]

"A ce moment-là, Hachem a distingué la tribu de Lévi pour porter l'Arche d'Alliance de Hachem ... C'est pourquoi Lévi n'a pas eu de part et d'héritage avec ses frères : c'est Dieu qui est son héritage, ainsi que Hachem, ton D., le lui a déclaré" (Ekev 10,8-9)

-> La séparation de la tribu de Lévi n'a pas été simplement une récompense, mais une conséquence de la situation qui s'était créée.
En effet, si un peuple entier qui avait vu la sortie d'Egypte et le passage de la Mer Rouge, et ensuite avait reçu la Torah au mont Sinaï, était capable malgré tout de se tromper en fabriquant le Veau d'Or, cela signifiait que pour préserver la Vérité initiale, il fallait une tribu qui se consacre entièrement à l'étude de la Torah, et qui soit le fidèle gardien de la Vérité telle qu'elle est, sans aucun embellissement.

En effet, la fabrication du Veau d'Or ne provenait pas d'une volonté de se révolter ni de remplacer le service de D. par une idolâtrie. C'était un résultat d'une erreur sur la façon de servir D.
Le Beit haLévi explique longuement comment ceux qui ont fabriqué le Veau d'Or pensaient atteindre de cette façon un but identique à celui de la fabrication du Sanctuaire (michkan).
Ils ont vu dans le Veau d'Or un moyen de se rapprocher de Hachem.

Et c'est justement parce qu'il risque de se produire une erreur tellement considérable, qu'il est impossible de ne pas tenir compte pour l'avenir de cela.
En effet, qui peut garantir que ne se reproduiront pas d'autres erreurs dans l'avenir, si la Torah est remise aux mains de tous?

La seule chose qui peut éviter le développement de phénomènes semblables, d'une nouvelle Torah et de nouvelles mitsvot, est l'existence de : "la tribu de Lévi", une tribu séparée pour porter l'Arche d'alliance.
Ici, entre les tentes du camp des lévi'im, le Séfer Torah restera tel qu'il a été donné au Sinaï.

[nous avons tendance à se dire : il faut mettre nos mitsvot à jour avec la modernité ; il est évident qu'il faudrait changer ceci car cela ne pourrait être que positif pour notre pratique des mitsvot, et d'ailleurs je suis sûr que même Hachem en est d'accord ; ...
Progressivement la Torah n'est plus celle de Hachem (la Vérité Unique), mais elle devient celle du dieu que nous nous sommes créés, afin de cautionner nos désirs.]

-> Il est écrit dans Yé'hézel : "Et les Cohanim de la tribu de Lévi, enfants de Tsadok, qui ont préservé Mon Sanctuaire de l'erreur des Bné Israël, ce sont eux qui s'approcheront de Moi pour Me servir et se tenir devant Moi ... dit Hachem" (Yé'hezkel 44,12).

[de même de nos jours, nous devons restés fidèles aux avis des autorités rabbiniques, reconnues par tous, pour assurer notre fidélité à la réelle Volonté de Hachem. ]

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-> Hachem a mis à part la tribu de Lévi pour porter le Aron (l'Arche), et elle n'a pas eu le droit à un territoire en Israël à l'image des autres tribus. Cela a obligé les Lévi'im à se disperser dans tout le pays.
=> Quel est le lien entre porter le Aron et ne pas avoir de terre à eux?

Si les 1eres Tables de la Loi n'auraient pas été brisées, alors tout juif se souviendrait toujours de sa Torah. [guémara Erouvin 54a]
=> Il n'aurait pas été nécessaire à la tribu de Lévi de guider le peuple dans la Torah.

La tribu de Lévi était responsable de porter l'Arche qui contenait les débris des premières Tables de la Loi, qui est la cause du fait que nous oublions la Torah que nous étudions.
De même, qu'elle portait un tel symbole, elle va devoir être dispersée dans tout le pays d'Israël afin de pouvoir guider les juifs dans la Torah (vital en raison de notre faculté à oublier).
Ainsi, porter le Aron et le fait de ne pas avoir de part en Israël, sont bien liés.

[le Arougat haBosem]

"La colère de Hachem s'élèvera contre vous et Il arrêtera le Ciel et il n'y aura pas de pluie" (Ekev 11,17)

-> Un juif vint un jour trouver rabbi Its'hak de Warki pour lui demander une bénédiction parce que sa subsistance avait diminué. Le rav lui répondit ce qu'il lui répondit.
Quand le juif s'en alla, le rabbi dit que le juif ne lui avait raconté que la fin et non le début de son histoire.
De quoi s'agit-il?

Il est écrit dans la guémara (Kidouchin 82b) que rabbi Chimon ben Elazar a dit : "De ma vie je n'ai vu un cerf qui fait sécher des figues, un lion qui pratique le métier de porteur ou un renard commerçant, et malgré tout ils se nourrissent honorablement.
Donc l'homme, la couronne de la Création, devrait évidemment se nourrir honorablement et sans difficulté!
Mais ses mauvaises actions réduisent sa subsistance."

=> Ainsi, cet homme est venu me dire : "Ma subsistance a été réduite", pourquoi oublie-t-il : "j'ai commis de mauvaises actions"?

C'est le sens de : "la colère de Hachem s'élèvera contre vous" => lorsque quelque chose ne va pas dans notre existence, il faut examiner ses actions, se remettre en question.

[nous avons tous tendance à agir comme cet homme : plutôt que de se remettre en question, nous sommes persuadés que c'est Hachem qui "s'acharne" sur nous sans que cela soit de notre faute! ]

"Vous les enseignerez à vos fils pour qu'ils en parlent quand tu es installé dans ta main et quand tu es en voyage, quand tu te couches et quand tu te lèves" (Ekev 11,19)

-> Apparemment, le verset ne s'exprime pas avec précision. En effet, puisque c'est de vos fils qu'il est question, il aurait fallu dire : "Vous les enseignerez à vos fils pour qu'ils ne parlent quand ils sont installés dans leur maison ..."

Le 'Hatam Sofer dit que ce verset vient nous enseigner un grand principe éducatif, selon lequel avant que le père n'ordonne à ses fils d'étudier la Torah à tout instant, il doit d'abord se conduire comme cela lui-même, et leur servir d'exemple en personne.

C'est pourquoi le verset dit à juste titre :
- "vous les enseignerez à vos fils" = si vous voulez éduquer vos fils à l'étude de la Torah, alors ...
- "quand tu es installé dans ta maison et quand tu es en voyage" = que les parents commencent par le faire eux-même, et alors les enfants apprendront d'eux et en feront autant.

[la meilleure manière de transmettre, et souvent en étant un modèle!
Plutôt que d'exiger de nos enfants ce que nous aurions aimé être (ou bien ce qui nous fera bien voir par rapport à notre environnement), tâchons d'abord de nous l'imposer à nous-même.
En effet, notre joie de le faire constitue la meilleure transmission!]

"Ce sera une récompense de ce que vous écouterez ces décrets, que vous les observerez et les accomplirez" (Ekev 7,12)

-> Pour le midrach : "ékev", qui signifie "talon", fait allusion aux commandements dont on a tendance à négliger l'importance et qu'on risque donc de "fouler du talon".
La Torah souligne que si nous prenons également soin de les accomplir, nous pouvons être certains que D. nous récompensera en maintenant avec nous "Son alliance et Sa bonté".
[Rachi]

-> Pourquoi cela?
Lorsqu'une personne utilise toutes ses forces afin d'accomplir les moindres détails de la Torah, y compris ce qui semble totalement secondaire, il démontre par cela que chaque opportunité de réaliser les mots de Hachem est précieux pour lui.
Le Maître du monde répond à cette personne en lui donnant les moyens de continuer à accomplir Sa volonté sans problème financier.
[le Imré Shéfer]

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-> On a vu que selon Rachi, la Torah parle ici des mitsvot que l'on foule aux talons (akev).
Selon nos maîtres du moussar, on peut interpréter ainsi ce verset : "ékev" (en conséquence - עֵקֶב) est composé des mêmes lettres que "kéva" (régulier - קבע).
Ainsi, nous devons faire de la Torah quelque chose de fixe (kéva), d'essentiel, et non quelque chose que l'on foule aux pieds ou qui serait secondaire.

-> "Ce sera une récompense de ce que vous écouterez" (véaya ékév im tichmé'oun - וְהָיָה עֵקֶב תִּשְׁמְעוּן).
Les initiales de ces mots forment : "ito" (son moment - עתו), et les dernières lettres (hé - bét - noun) de ces mots ont une valeur numérique de : 57, qui est identique à celle de : "zan" (nourrit).

Le mot : "ito" se référence au fait de fixer des moments (itim) à l'étude de la Torah, et le mot : "zan", fait référence à la nourriture (mazon), à la subsistance.
En d'autres termes, l'essentiel de notre "nourriture" doit être de fixer des moments d'étude.
Tout comme nous ne sautons jamais de repas fixes et nous nous soucions d'alimenter notre corps chaque jour, nous ne renoncerons jamais aux moments que nous avons consacrés à la Torah et ne passerons pas une journée sans étudier.

[de même que la nourriture physique nous permet d'exister dans ce monde éphémère, de même la nourriture spirituelle nous permettra d'exister dans le monde futur éternel.
Si (ékév) tu veux évoluer dans le monde futur, alors tu dois y avoir des talons (akev), c'est-à-dire fixer dans ce monde des moments réguliers (kéva) pour étudier la Torah.

La Torah doit être quelque chose de stable (kéva), et non secondaire (ékev) ou accessoire.
A l'image des talons qui soutiennent tout notre corps, la Torah doit soutenir tous nos mouvements, nos décisions!]

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-> "Le péché de mes talons m'enveloppe" (Téhilim 49,6)

La guémara (Avoda Zara 18a) commente : "Les péchés que l'homme piétine du talon dans ce monde-ci, l'envelopperont au jour du Jugement [celui après notre mort et également celui annuel de Roch Hachana]".

-> Le rav Ezra Altshuler dit que si l'on porte atteinte à un seul commandement de la Torah, alors cela peut se répercuter sur l'ensemble des autres.

Certaines coutume ou mitsvot peuvent nous sembler dénuées de fondement et malgré tout, si on leur porte atteinte, on risque d'ébranler tout l'édifice de la Torah.
[à l'image du talon, qui est tout en bas du corps, mais sans lui, il nous est impossible de poser le pieds par terre, d'évoluer/avancer.]

De plus, nous ne savons pas la récompense pour chacune des mitsvot.
Il se peut que ce soit une mitsva en apparence négligeable qui va par sa valeur faire toute la différence, et nous permettre de gagner notre monde futur.

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-> Si une personne se considère comme un talon (la partie la plus base du corps humain), comme humble, alors le yétser ara ne pourra exercer contre elle aucune force afin de l'empêcher d'accomplir tous les commandements de Hachem.
[le 'Hida – Dvach Léfi]

-> La Torah utilise ici le terme "Ekev" (עקב), pour dire "parce que". Or ce terme, qui signifie aussi "le talon", fait allusion à l'humilité, car l'homme humble se considère être au talon et non à la tête.
La Torah vient ainsi enseigner que c'est par le mérite du "talon" symbole de l'humilité que "vous écouterez ces lois" et que vous les comprendrez (car dans la tradition, "écouter" c'est "comprendre"). Car les lois de la Torah ne peuvent réellement être comprises et intégrées que par une personne humble et modeste.
[Ohr ha'Haïm haKadoch]

-> Le mot : véaya (וְהָיָה - ce sera) contient les mêmes lettres que le Nom de D. (Tétragramme - יהוה), duquel nous pouvons apprendre l'humilité.
En effet, les 3 lettres composant ce Nom : le י, le ו et le ה, sont les lettres de l'alphabet qui s'écrivent (comme on les lit) avec un guématria la plus faible.
- Pour le ה, elle s'écrit pleinement : הא, ce qui fait : 6 ;
- Pour le ו, elle s'écrit : ואו, ce qui fait : 13 ;
- Pour le י, elle s'écrit : יוד, ce qui fait : 20.

=> Ainsi, le verset nous dit : Si nous voulons savoir comment nous pouvons être capables de réaliser ces mitsvot qui sont généralement méprisées, cela n'est possible que si nous sommes humbles.

[le 'Hida - נחל שורק]

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+ "Ce sera une récompense (וְהָיָה עֵקֶב תִּשְׁמְעוּן)" (Ekev 7,12)

La dernière lettre de Ekev (עֵקֶב) et les 2 premières du mot suivant : tichmé'oun (תִּשְׁמְעוּן) forment : שבת (Shabbath).

Les lettres restantes du mot "Ekev" (קב) ont la même valeur que : ימנע (yimana - il se retiendra, s'abstiendra).

Les lettres restantes du mot "tichmé'oun", forment le mot : מעון (mé'avon - de la faute).

=> Ainsi, garder Shabbath comme il le faut, nous protège de la faute.

[le 'Hida - חומת אנך]

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-> Le mot "Ekev" (parce que) se traduit également par : "talon".

Le 'Hatam Sofer fait remarque que selon la michna (Pirké Avot 1,4), la connaissance de la Torah s'acquiert "en s'asseyant à la poussière des pieds [des Sages] et en buvant avidement leurs paroles".

Ces 2 attitudes sont interdépendantes : en "s'asseyant à la poussière des pieds" des Sages, on parvient à saisir leurs propos et la sagesse qui s'en dégage, laquelle est aussi bénéfique que l'eau à un homme assoiffé.

<-----------------------------------------gt;

+ "Ce sera en récompense de ce que vous écouterez ces décrets, que vous les observerez (ouchmartem) et les accomplirez (vaassitem)"

- "que vous les observerez" (ouchmartem - וּשְׁמַרְתֶּם) = cela fait allusion aux "siyagim" (les barrières) qu'une personne doit ériger pour se protéger personnellement de la faute (ex: éviter une certaine chose permise, qui nous conduirait très certainement à fauter).
- "les accomplirez" (vaassitem - וַעֲשִׂיתֶם) = cela fait référence à la réalisation des véritables mitsvot.
Celui qui accomplit les mitsvot reçoit sa récompense dans le monde à venir.
Celui qui tient compte des barrières [protectrices à la faute] qu'il s'est créé pour lui-même, va recevoir une récompense dans ce monde et dans le monde à venir.
[מהריא]

-> Nos Sages (guémara Yébamot 20a) enseignent qu'une personne doit se sanctifier par ce qui lui est permis.
Nos Sages ont créé des barrières afin de nous aider à accomplir les mitsvot (par exemple le fait de ne pas bouger des objets mouksé pendant Shababth, afin d'éviter à en venir à les utiliser pour réaliser une activité interdite). Nous devons parfaitement adhérer à ces règles.
Nous avons également besoin de nous créer nos propres règles [chacun ayant ses propres faiblesses]. Nous devons rester à l'écart d'actions qui nous conduiraient finalement à transgresser les commandements de Hachem.

C'est ainsi que nous nous rendons saints en se tenant à l'écart de choses qui nous sont permises, dans un effort de rester purs et saints [évitant au maximum de tomber dans la faute]. En ayant ces barrières personnelles, nous nous facilitons l'accomplissement des mitsvot.
Le mot ékev (עקב) est l'acronyme de : "Sanctifies-toi dans ce qui est permis" (kadéch atsemé'ha bémoutar - קדש עצמך במותר).
[Sfat Emet]

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-> "Ce sera (véaya) en récompense"
Selon le midrach (Yalkout Chimoni Dévarim 877), le terme "véaya" (ce sera) implique un caractère immédiat (une immédiateté).
La Torah nous apprend que lorsqu'une personne est jeune, elle doit immédiatement penser à sa fin.
Elle doit avoir conscience d'où sera finalement sa fin (tout être humain n'étant que de bref passage ici bas!), et utiliser son temps dans ce monde de la meilleure des façons afin d'accomplir les mitsvot.
Cela va pousser une personne à suivre la volonté de Hachem et éviter la faute.
[Rabbi Yaakov Tenenbaum – שמן אפרסמון]

[à l'image d'un tuteur qui va permettre à une plante de s'épanouir d'une façon droite, nous devons avoir en tête notre finalité, afin d'éviter de s'éparpiller dans la perte de temps, d'opportunités spirituelles, dans les fautes, ...]

"Maintenant, Israël, qu’est-ce qu'Hachem te demande si ce n'est que de Le craindre" (Ekev 10,12)

-> Le Rama, dans le 1er paragraphe du Choul'han Aroukh (Ora'h 'Haïm), rapporte à ce sujet les paroles du Rambam (Guide des égarés) :
" "Je fixe constamment mon regard sur Hachem" (Téhilim 16,8) : c'est là un grand principe de la Torah, une preuve de grandeur chez les tsadikim ... à plus forte raison lorsque l'homme ancrera dans son cœur l'idée que le grand Roi, Hachem qui remplit la terre de Sa gloire, Se tient devant lui et observe sa conduite ... aussitôt, l'homme sera saisi de crainte et de soumission, mû par la peur de D., et sa honte face à Lui sera permanente."

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-> Le rav Yé'hezkiel Levinstein (Kovets Si'hot 5719) rapporte que selon certains de nos Sages, le but essentiel de notre existence est en réalité de nous remplir de crainte du Ciel.

-> Il est écrit dans la guémara (Shabbath 31b) :
"Rav Yéhouda dit : Hachem n'a créé le monde que pour qu'on Le craigne, comme il est dit : "Hachem a créé les choses de telle sorte qu'on Le craigne" (Kohélet 3,14) ...
Rabbi Yo'hanan dit au nom de Rabbi El'azar : Hachem ne possède dans Son monde que la crainte du Ciel, comme il est écrit : "Ce que Hachem te demande, c'est de Le craindre", et il est dit par ailleurs : "Il dit à l'homme : Certes, la crainte de D., c'est là toute la sagesse" (Iyov 28,28)."

Rachi explique : "Certes la crainte du Ciel = la crainte du Ciel est l'unique valeur de ce monde."

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-> Cette même guémara (Shabbath 31b) enseigne également :
"Lorsque l'homme se présente pour le Jugement dernier, on lui demande : "As-tu commercé avec foi et loyauté? [...]"
Mais quelles que soient ses réponses, s'il a personnifié le verset : "La crainte de D., voilà sa richesse" (Yéchayahou 33,6), il sortira méritant, sinon il sera condamné."

Rachi explique : "Voilà sa richesse = c'est-à-dire qu'elle [la crainte de D.] doit être le principe le plus précieux aux yeux de l'homme".

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-> Rabbénou Yona (Chaaré Téchouva) ajoute : "Le Créateur insuffla dans l'homme une âme de vie, la sagesse du cœur et le discernement de l'esprit afin qu'il puisse Le connaître et Le craindre, et également dominer son corps et tous ses membres.
[...]
Sache que la crainte du Ciel constitue le fondement des mitsvot, comme il est écrit : "Israël, qu’est-ce qu'Hachem te demande si ce n'est que de Le craindre" (Ekev 10,12).

Et c'est par cette qualité que les hommes trouvent grâce devant D., comme il est dit : "Ce que Hachem aime, ce sont ceux qui Le craignent" Téhilim (147,11)."

-> Rav Levinstein concluait : Quel est donc le but de notre existence?
"Pour que nous puissions Le connaître et Le craindre" : tel est le but de notre vie, notre raison d'être ici-bas!

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-> Qu'appelle-t-on une téchouva véritable?

Selon Rabbénou Yona : "Le cœur de l'homme devra ressentir l’amertume et le mal qu'il y a à s'éloigner de D. ...
Il devra se dire dans son for intérieur : Qu'ai-je fait? Comment la crainte de Hachem ne s'est-elle pas dressée devant moi?"

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-> Quelque temps avant la bar mitsva de son fils, le rav Eliyahou Dessler lui adressa une lettre (rapportée dans le Mikhtav Eliyahou - tome IV):

"... Le principe fondamental que nous impose la Torah est la crainte du Ciel ... En effet, celui qui possède la crainte du Ciel est en mesure d'observer l'ensemble de la Torah, et celui à qui cette qualité fait défaut n'y est absolument pas prêt.
[...]
C'est seulement à l'aide de la crainte du Ciel, qui se tient devant nous comme un gardien et nous empêche de nous écarter du respect des mitsvot d'une façon ou d'une autre.

A-t-on déjà vu quelqu'un se faire construire une demeure splendide, y emménager et omettre d'y fixer une porte d'entrée?

Une telle omission reviendrait à renoncer à toutes ses richesses et toutes les choses qui lui sont précieuses comme s'il les avait abandonnées dans la rue ... Il en va de même pour celui qui ne craint pas le Ciel : il est exposé à tous les dangers, et tout ce qui lui passera par la tête sera pour lui réalisable.
Aucune disposition ne le retiendra d'agir : la porte de son cœur sera comme grande ouverte face au mauvais penchant, qui pourra y pénétrer à tout moment et y faire ce que bon lui semble. Il s'agit là d'un authentique renoncement, d'une véritable démission face au mauvais penchant;

=> Il en résulte que c'est la crainte du Ciel est seule capable de protéger la Torah et les mitsvot que nous accomplissons ...

Personne ne peut nous vendre cette vertu, et même Hachem ne nous la donnera pas, c'est nous-même qui devons l'édifier, poser ses fondations, et l'ancrer dans notre cœur ....
Sache que ce grand trésor ne s'acquiert que par l'étude du moussar. Quiconque se montrera attentif et réceptif à ses enseignements s'habituera peu à peu à faire pénétrer la crainte du Ciel dans son cœur.
Sans quoi jamais il n'y arrivera."

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-> b'h, également concernant la crainte du Ciel : https://todahm.com/2019/07/08/la-crainte-du-ciel

"Maintenant, Israël, qu’est-ce qu'Hachem te demande si ce n'est que de Le craindre" (Ekev 10,12)

-> "La crainte de D., voilà Sa richesse!"
[guémara Béra'hot 33b]

-> Celui qui fait des efforts et réalise les mitsvot mais n'a pas la crainte du Ciel a peiné pour rien, car il n'a pas de lieu où entreposer, conserver tout cela.
[b'h, à ce sujet : https://todahm.com/2019/07/08/la-crainte-du-ciel ]

Notre verset (v.10,12) commence par la lettre : vav (וְעַתָּה) et se termine par un kaf final (נַפְשֶׁךָ), ce qui fait une guématria de 26.
Or, on constate qu'il y a 26 mots dans ce verset.

26 + 26= 52, comme le mot : בן (ben - un enfant), pour nous rappeler que nous sommes les enfants de Hachem.

[le Sifté Cohen]

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-> "Et que Hachem te donne (וְיִתֶּן) ... et ceux qui te bénissent seront bénis (בָּרוּךְ)" (Toldot 27,28-29)

Le Rokéa'h fait remarquer que Its'hak a béni son fils Yaakov par cette bénédiction qui comment par un "vav" et se termine par un "kaf final", lettres ayant une valeur totale de 26.

Le nombre 26 renvoie au nom de D. (Tétragramme), dans Son Attribut de Miséricorde.
=> Ainsi, celui qui réalise la mitsva de la crainte du Ciel sera béni par la bénédiction de Its'hak.

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-> "Hachem ne possède dans Sa salle aux trésors que la crainte du Ciel." (guémara Béra'hot 33b).

Il y a 2 niveau de crainte de Hachem : par la crainte de la punition (yirat ha'onéch) et par la crainte face à la conscience de Son infinie grandeur (yirat haromémout).
Seul le niveau le plus élevé, la crainte de Sa grandeur est caché dans "Sa salle aux trésors".

Uniquement Hachem peut savoir quel type de crainte chaque personne a, et Il aime la crainte par la conscience de Sa grandeur.

[Ben Ish 'Haï - Ben Yéhoyada - Béra'hot 33b]

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-> Que signifie la crainte du Ciel (yirat chamayim)?

C'est une personne qui réalise : "Éloigne-toi du mal et recherche le bien" dans chaque situation.

Le mot "chamayim (שמים - Ciel) est composé de : "ésh" (אש - le feu) et "mayim" (מים - l'eau).
Par nature, c'est 2 composants sont diamétralement opposés et ne peuvent pas exister ensemble, et ce n'est qu'en raison de la crainte du Ciel qu'ils peuvent rester l'un avec l'autre.

Il en est de même pour celui qui a atteint le plus au niveau de crainte du Ciel : il va à l'encontre de la naturalité des choses.
Il mérite bien le titre de : yaré chamayim (craignant le Ciel [Hachem]).

['Hida - חסדי אבת]

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-> "La crainte de D., voilà Sa richesse" (Yéchayahou 33,6)

C'est la pratique des rois de mettre ce qui est unique et rare dans un lieu de stockage.
Il en est de même avec Hachem, dont absolument tout ce qu'il y a dans ce monde Lui appartient, à l'exception de la crainte du Ciel.

La seule chose que toute personne peut offrir à D. est la crainte du Ciel, puisque c'est l'unique chose que nous pouvons acquérir par notre libre arbitre.
Ce bien unique et rare, c'est le trésor de Hachem.

[le Gaon de Vilna]

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-> Le rav Chanoch Henoch d'Alexander disait :
"Les gens sont étranges :
Ils implorent Hachem pour qu'Il leur donne de la crainte du Ciel (yirat Chamayim), alors que c'est quelque chose qui est entièrement sous le contrôle individuel.
Cependant, lorsqu'il s'agit de leur gagne pain, de leurs affaires et de leur argent, ils s'imaginent qu'ils en sont les seuls en charge."