+ La prière :
-> La prière est plus importante que les bonnes actions, car personne n'a accompli plus de bonnes actions que Moché notre maître, et pourtant, il n'a été exaucé que grâce à sa prière.
La prière est même plus grande que les korbanot.
[guémara Béra'hot 32b]
-> Dans notre génération, où nous n'avons ni roi, ni prophète, ni Cohen, ni Ourim véToumim, tout ce que nous avons, c'est la prière.
[midrach Vayikra rabba 30,3 ]
-> Il faut être prudent avec la prière, car rien n'est aussi bon qu'elle.
Elle est plus grande que les korbanot, et même si quelqu'un n'est pas digne d'obtenir une réponse à ses prières [qui demandent à Hachem] de lui faire du bien, puisqu'elle prie et multiplie les supplications, Je (Hachem) lui ferai du bien.
[midrach Tan'houma Vayéra 1 ]
-> Hachem dit : "Quiconque se livre à l’étude de la Torah, aux actes de bonté, et prie avec la communauté (minyan), Je lui attribue le mérite comme s'il M’avait délivré, Moi et Mes enfants, de parmi les nations du monde.
[guémara Béra'hot 8a ]
-> Rabbi Yéhouda dit : Le cri est si puissant qu'il peut déchirer un décret maléfique qui a été prononcé contre quelqu'un pour toute sa vie. Comme il est écrit : "Et ils ont crié vers Hachem dans leur douleur, et de leur détresse, Il les a délivrés" (Téhilim 107,28).
[Zohar II,20a ]
-> Même si une épée tranchante est posé sur le cou d'une personne, il ne faut pas s'abstenir de prier pour obtenir miséricorde.
[guémara Béra'hot 10a ]
-> La guémara (Kidouchin 29b) rapporte le récit dans lequelle Rav Acha bar Yaakov devait arriver au beit midrach où Abayé était roch yéchiva. Il y avait un démon dans le beit midrach, et Abayé ordonna que personne n'offre de logement à Rav Acha bar Yaakov afin qu'il soit obligé de dormir dans le beit midrach, et peut-être que grâce à son mérite, le démon serait tué.
Le Maharcha était troublé par cela, car selon la guémara (Shabbat 32a), une personne ne doit jamais se mettre en danger et compter sur un miracle pour la sauver, et si un miracle se produit, cela diminue les mérites de la personne. Comment Abayé a-t-il pu mettre Rav Acha bar Yaakov en danger et compter sur un miracle pour repousser le démon?
Le Maharcha répond qu'il est interdit de se mettre en danger et de compter sur un miracle sans prier, mais que si l'on prie, le fait que ses prières soient exaucées ne relève pas de la catégorie des miracles.
Le Maharcha nous montre ainsi le pouvoir garanti de la prière, même face à un danger imminent.
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-> Hachem semble distant, mais personne n'est plus proche de Lui.
Une personne entre dans la synagogue et prie à voix basse, et Hachem écoute ses prières. Comme une personne qui chuchote à l'oreille de son ami, et son ami l'écoute.
[guémara Yérouchalmi - Béra'hot 9,1 ]
-> Rabbi Aivou (איבו ) dit : "Lorsque tu te lèves pour prier, ton cœur doit se réjouir, car tu sers le D. Suprême."
[midrach Shocher Tov 100 ]
-> Rabbi Youdan dit en son nom propre : L'homme a un protecteur. Si quelqu'un rencontre des difficultés, il ne s'adresse pas immédiatement à son protecteur. Il se présente plutôt à la porte du protecteur et appelle son serviteur ou un membre de sa famille. Cette personne dira : "Untel se tient à la porte de votre cour".
Peut-être que [le protecteur] vous laissera entrer, peut-être qu'il vous laissera là.
Cependant, Hachem n'est pas comme cela. Si quelqu'un rencontre des difficultés, il n'appelle pas [les anges] Michaël ou Gavriel, mais il M'appelle (à l'aide de tout son coeur), et Je lui réponds immédiatement.
[Yérouchalmi - Béra'hot 9,1 ]
-> "Et Hachem passa devant lui [Moché] et proclama" (Ki Tissa 34,6).
Rabbi Yo'hanan dit : Si cela n'était pas écrit explicitement, il serait impossible de le dire. Cela enseigne que Hachem s'est enveloppé dans un talith comme celui qui dirige la prière et a montré à Moché l'ordre de la prière.
Il a dit à Moché : "Chaque fois qu'Israël faute, accomplis devant Moi cet ordre, et Je leur pardonnerai".
[Roch Hachana 17b ]
[ la compréhension simple du mot "accomplir" consiste simplement à réciter la prière. Cependant, Rabbénou Bé'hayé précise qu'il faut comprendre le sens de ce que l'on récite et le faire avec intention (kavana) [en y mettant son cœur].
Le Réchit 'Hokhma prend "accomplir" au sens littéral : on ne peut pas se contenter de réciter la prière, mais on doit aussi suivre activement les voies de Hachem.]
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-> Ces moments [de prière] devraient constituer le cœur et le fruit de notre temps, et le reste de notre temps devrait être comme des chemins qui mènent à ce moment.
On devrait aspirer à ce que ce moment approche, car pendant celui-ci, on est comparable aux êtres spirituels et on s'éloigne des créatures animales.
Le fruit de nos jours et de nos nuits devrait être ces 3 moments de prière ; et le fruit de notre semaine devrait être le jour du Shabbat, car il est établi pour l'attachement à la divinité et devrait être accompli dans la joie et non dans la soumission. Cet ordre pour l'âme devrait être comme l'ordre de la subsistance pour le corps.
Une personne prie pour son âme et mange pour son corps. Les bénédictions d'une prière durent jusqu'à la prochaine prière, tout comme un repas nourrit le corps pendant la journée jusqu'à ce qu'une personne mange à nouveau le soir.
Dans la mesure où l'âme est éloignée du moment de la prière, elle s'assombrit en rencontrant les affaires de ce monde.
[Kouzari 3,5 ]
-> Il me semble que, même selon le Ramban, son intention n'est pas d'affirmer que la mitsva de la prière est une obligation rabbinique et qu'il n'existe aucune obligation de la Troah ; ce serait illogique. Elle n'est tout simplement pas comptabilisée parmi les 613 mitsvot.
Comment serait-il possible de suggérer que nous ne sommes pas obligés de prier notre Père qui est aux cieux? La Avoda (la prière) est l'un des trois piliers du monde!
De plus, il me semble que le Ramban ne compte pas la prière parmi les 613 mitsvot parce qu'elle est trop noble. La prière, c'est comme se tenir devant le Roi et lui parler face à face ...
En réalité, elle englobe toutes les mitsvot, comme une colonne vertébrale qui soutient tout le corps d'une personne. Elle n'est incluse ni dans les 248 organes ni dans les 365 tendons/nerfs, car elle n'est pas un membre spécifique, mais un membre qui englobe tout.
De même, la prière n'est pas comptée parmi les mitsvot spécifiques, car elle est une question qui englobe tout.
[Aroukh HaChoulchan - Orach Haim 89 ]
[ "Le monde repose sur trois choses : la Torah, le service (avoda) et les actes de bonté" (Pirké Avot 1,2).
Rabbénou Yona explique que avoda fait référence au service sacrificiel original dans le Temple, qui a maintenant été remplacé par la prière. ]
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-> Le principal plaisir d'Hachem est lorsque les juifs prient devant Lui.
[rabbi Lévi Its'hak de Berditchev - Kédouchat Lévi - Chémot ]
-> Depuis le jour où le Temple a été détruit, Hachem n'accorde du bien à Israël (aux juifs) que grâce au mérite de la prière.
[Rokéa'h - partie 22, p.387 ]
-> De nos jours, la force des gens est diminuée. Nous ne pouvons plus repousser ou apaiser le yétser ara et nous sanctifier pour éviter d'être attirés par les futilités du monde. Nous n'avons pas en nous la sagesse nécessaire pour pouvoir jeûner. Par conséquent, notre seul remède est la prière, avec toute notre force.
En faisant des efforts sur chaque lettre de la prière, nous repoussons le yétser ara et nous nous purifions.
Tout comme les rivières purifient une personne, il en va de même pour les synagogues (baté knésiyot) et les baté midrachot.
[Beit Aharon - Likoutim בזה ]
-> Il est dit au nom du rav 'Haïm Vital que dans les générations précédentes des érudits de la guémara, leur étude de la Torah était la principale forme de service Divin.
Aujourd'hui, dans la période précédant le machia'h (ikvéta déMéchi'ha), le service (avoda) principal est par la prière.
[rav Shimshon Pinkous - Shéarim B'Téfila - Pirké Pesicha ]
[le rav Pinkous souligne cela en comparant avec Roch Hachana. Bien que l'étude de la Torah est égale à toutes les mitsvot, la mitsva de ce jour est de sonner le shofar, et celui qui ne le fait pas n'a pas rempli son obligation. De même, de nos jours, bien que l'étude de la Torah est égale à toutes les mitsvot, notre forme principale d'avodat Hachem doit être par la prière. ]
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-> J'ai entendu, au nom de rav Sim'ha Bounim de Peshischa, un conseil destiné à tout juif afin qu'il soit constamment connecté au service d'Hachem et ne manque jamais de rien : habituez-vous à prier et à demander à Hachem tout ce dont vous avez besoin, petit ou grand.
Ne pensez pas que cela ne peut être accompli qu'à travers la méditation, en revêtant le talit et les téfilin.
Où que vous soyez, même au marché ...
Implorez Hachem et Il exaucera certainement votre demande.
[Beit Yaakov - parachat Vayétsé ]
-> Quiconque croit en la Providence divine du Créateur sait que la subsistance d'une personne pendant notre exil (galout) vient en récompense de la prière, qui remplace le Mizbéa'h (Autel) qui soutenait Israël, comme le disent nos Sages (Kétoubot 10b) : Mizbéa'h (מזבח) est une conjonction des mots "bouger" (mézia'h - מזיח) et "soutenir" (mézin - מזין).
[ Haflaah 67b - בגמרא ר' אבא ]
-> Il y a des gens qui ne méritent pas que leurs prières soient acceptées, sauf par de fortes supplications et des larmes régulières.
Même s'il n'a pas de mérites ni de bonnes actions, Hachem accepte ses prières et exauce ses désirs.
[séfer 'Hassidim 130 ]
-> Le Maor Vachémech (parachat Chémot) cite le Zohar qui dit que parfois les prières n'atteignent pas Hachem à cause des forces Accusatrices. Pour remédier à cette situation, il est recommandé de crier du plus profond de son cœur avec un son mais sans paroles.
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-> Lorsque l'homme a été créé, il est écrit : "Et l'homme devint une âme vivante (néfech 'haya)" (Bérechit 2,7). Le Targoum Onkelos interprète cela comme "une âme qui parle", et le Zohar (III,301a) développe cette idée pour signifier une âme qui parle avec les mots de la Torah et de la prière ...
Cela implique que l'existence d'une personne consiste à rechercher constamment son Créateur.
[rav Shimshon Pinkous - Shéarim B'Téfila - bitsour 2 ]
-> Dans les bénédictions d'Its'hak à Yaakov, il dit : "Je te donnerai la rosée du ciel et la graisse de la terre" (Toldot 27,28). Rashi cite le Midrach (Bérechit rabba 66,3) qui précise : "Qu'Il donne et donne encore et encore".
Tandis que la bénédiction d'Its'hak à Essav est : "Voici, la graisse de la terre sera ta demeure, et la rosée du ciel au-dessus" (Toldot 27,39).
Le Sfat Emet explique que Hachem s'abstient de nous donner tout d'un coup, car Il désire entendre nos prières, c'est pourquoi Il donne et donne encore et encore.
Cependant, Essav reçoit immédiatement tout ce dont il a besoin pour vivre, car Hachem ne se soucie pas de ses prières.
-> C'est pour la même raison que Hachem a empêché la pluie de tomber au début de la Création (voir Rachi - Bérechit 2,5), que nos Imahot (Matriarches) étaient toutes stériles (voir Yébamot 64a) et que le manne tombait quotidiennement plutôt qu'une fois par an (voir Yoma 76a).
Il est dit au nom de rav Sim'ha Bounim de Peshischa que c'est également la raison pour laquelle nous prions chaque jour pour notre subsistance dans la Amida, même si "toute la subsistance d'une personne est déterminée entre Roch Hachana et Yom Kippour" (Bétsa 16a).
Hachem pourrait s'abstenir de nous accorder cette abondance parce qu'Il souhaite entendre nos prières quotidiennement.