Aux délices de la Torah

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Kirouv – L’approche de Noa’h et d’Avraham

+ Kirouv - L'approche de Noa'h et d'Avraham :

-> Dans la paracha Noa'h, Noa'h a averti les gens de sa génération que s'ils ne changeaient pas leurs mauvaises habitudes, Hachem provoquerait un déluge catastrophique qui détruirait le monde entier.
La guémara (Sanhedrin 108b) indique que Noa'h a réprimandé le peuple pendant 120 ans, mais ses efforts se sont avérés vains. Ils refusèrent de se repentir. Au bout de 120 ans, Hachem tint sa promesse et provoqua le déluge.

=> Pourquoi la réprimande de Noa'h n'a-t-elle pas incité les masses à se repentir?
Noa'h était une personne puissante et très estimée. Il aurait certainement dû être capable d'influencer ceux qui l'entouraient. La Torah elle-même témoigne qu'il était un "homme parfaitement juste" qui "marchait avec Hachem". Si Noa'h était un tel tsadik, comment se fait-il qu'il n'ait pas inspiré une seule personne?

-> Le Sforno (Noa'h 6,9) répond qu'aussi grand qu'ait été Noa'h, son approche était défectueuse. Noa'h a exhorté les gens à faire face à la décadence de leurs habitudes, en espérant qu'ils verraient à quel point ils s'étaient éloignés des normes de la décence.

Ses paroles sont tombées dans l'oreille d'un sourd pour une raison simple : dire à quelqu'un que son comportement est inapproprié est une méthode vouée à l'échec. L'individu a tendance à rationaliser son propre comportement. De plus, lorsqu'il est attaqué, il se défend automatiquement, rejetant toute logique en disant que c'est "juste son opinion".

Cette forme de réprimande contraste fortement avec celle d'Avraham.
Lorsqu'Avraham voulait changer les gens, il commençait par leur parler d'Hachem. Lorsqu'une personne comprend qu'Hachem a créé le monde et qu'Il envisage que l'humanité se comporte d'une certaine manière, elle commence à se soumettre à cette vision et finit par obéir à la volonté de son Créateur.
Avraham, en aidant les égarés à croire en Hachem, les a incités à entreprendre une vie d'amélioration personnelle. C'est ainsi qu'ils devinrent ce qu'Hachem voulait qu'ils soient, par leurs propres moyens.
[rabbi Moché Krieger]

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[ainsi, l'approche consistant à mettre autrui face à ce qu'il a fait de mal afin de le réveiller spirituellement, n'est pas la plus adaptée.
Au contraire, nous devons faire ressortir toute la beauté enfouie en autrui (ex: l'idée à transmettre est que tu es quelqu'un de sublime, d'important, et en ce sens il faudrait améliorer une petite petite chose, dans laquelle nous nous trompons presque tous), on doit témoigner à autrui de l'appréciation (tu seras toujours aimé et important aux yeux d'Hachem, peu importe ce que tu as pu faire!), on doit l'encourage, le valoriser, ...
Plutôt que d'éteindre la lumière d'autrui afin qu'il se tourne vers D., nous devons plutôt lui donner beaucoup de chaleur spirituelle afin qu'il reprenne des forces et qu'il puisse davantage servir vers Hachem.

Avraham représente la bonté, la positivité, et en ce sens le rav Henoch Alexander dit qu'après la mort d'Avraham ceux qu'il avait converti ont quitté la religion juive, car ils ne pouvaient tolérer la midda d'Its'hak qui était la "pa'had" (crainte, [rigueur]).
Dans notre génération, nos Sages disent que la plus grande pauvreté est celle des sentiments, nous avons tous besoin de se sentir appréciés, valorisés, ... et il est donc vital de faire cette tsédaka par des mots, des sourires, de la présence, de l'écoute, ... (de plus quand autrui se rend compte : c'est ça un juif!, alors il aura encore plus envie d'agir pour leur boss, notre papa Hachem.)]

Confiance & attachement à Hachem

"Tu t'attacheras à Lui" (Ekev 10,20)

-> Le Messé'h 'Hokhma commente que ce verset nous enseigne la mitsva d'avoir du bita'hon :
"Hachem est "notre Roi, notre Père, notre Sauveur" (Yéchayahou 33,22). Nous avons la émouna qu'Il est attaché à Ses créatures afin de subvenir à leur subsistance et à leurs besoins, et qu'il est à leurs côtés afin de les protéger de toute souffrance, de toute maladie et de tout manque vital, et qu'Il ressent plus que lui-même, ce qu'un homme ressent.
"Dans toutes leurs épreuves, Il est avec eux dans l'épreuve" (Yéchayahou 63,9), Il est Tout-Puissant, Unique, Hachem et connaît les agissements, les pensées profondes et les manigances de chacun ; Il agit donc pour son bien, mieux qu'il ne le ferait lui-même.
Dès lors, l’homme peut demeurer confiant, tranquille et serein et il ne lui incombe d'accomplir comme efforts pour obtenir sa subsistance que ce que le Créateur lui a imposé par décret Divin, comme l'a largement développé le célèbre 'Hassid (le 'Hovot Halévavot) dans son 'Chaar Ha Bita'hone'.

Et c'est tout le thème du verset : "Tu t'attacheras à Lui", car en se représentant mentalement qu'il est attaché à la Providence Divine et qu'Hachem ressent ses besoins mieux que lui-même, l'homme reste confiant et serein, et il ne s'inquiète jamais au sujet de ses affaires. Que valent, en effet, ses propres possibilités en regard de celles du Créateur auquel il est attaché, et qui ressent (si l'on peut dire) tout ce qui lui manque?
C'est ce qui s'appelle "attachement". Cette mitsva concerne tout le monde sans exception, comme nos Sages le commentent à propos du verset : "Nombreuses sont les souffrances du racha, et celui qui place sa confiance en Hachem, la bonté l'enveloppera" (Téhilim 32,10) = "même un racha, s'il place sa confiance en Hachem, la bonté l'enveloppera. Car puisqu'il place sa confiance en Lui, Hachem, par bonté, le sauvera"."

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-> "Il n'y a pas de désir au monde qui soit plus doux et plus chéri, plus aimé, plus désiré et plus espéré que l'attachement à Hachem"
[Ohr ha'Haïm haKadoch - Béréchit 2,1]

Avraham a créé une réalité d’union de tous les juifs

+ Avraham a créé une réalité d'union de tous les juifs :

"Et Hachem dit : "Vais-Je cacher à Avraham ce que Je fais, alors qu'Avraham deviendra une nation grande et puissante et que tous les peuples de la terre se béniront par lui?
Car je l'ai connu afin qu'il commande à ses enfants et à sa maison après lui de garder la voie d'Hachem, de faire la charité et la justice, afin qu'Hachem puisse amener sur Avraham ce dont Il a parlé à son sujet." (Vayéra 18,17-19)

=> Avec ces mots, la Torah énumère les qualités d'Avraham. Nous devons expliquer pourquoi la Torah ne mentionne que des qualités qui se réaliseront dans le futur, car Its'hak n'était pas encore né et il n'y avait certainement pas de nation à éduquer. Pourquoi la Torah ne mentionne-t-elle pas les attributs qu'Avraham possédait déjà à cette époque, tels que les nombreuses épreuves qu'il a surmontées?
De même, pourquoi dit-elle qu'il deviendra une nation grande et puissante? Ce n'est pas une qualité d'Avraham, mais un don de Hachem.

-> Le séfer Ohev Israël explique à propos de ce verset qu'Avraham, à ses propres yeux, se considérait comme sans valeur, comme le dit le verset : "Je ne suis que poussière et cendre" (Vayéra 18,27).
Malgré toutes ses réalisations et ses accomplissements au service d'Hachem, il estimait qu'ils n'avaient aucune valeur.
Il s'engagea donc dans une nouvelle voie, où tout son service divin serait accompli au nom de tout le peuple juif, de toutes les générations qui descendraient de lui.
Puisqu'Avraham était le père du peuple juif, chaque âme juive de toutes les générations était enracinée dans son esprit et dans ses pensées. Nos Sages (Yoma 28b) enseigne qu'Avraham observait toute la Torah, y compris les commandements rabbiniques ; tout cela était fait au nom de tout le peuple juif, au nom de toutes les âmes qui étaient contenues en lui.
Cela confère un avantage à chaque juif à travers les générations, car c'est comme si chaque juif avait déjà accompli tous les commandements, y compris les commandements rabbiniques.
De plus, comme Avraham a parfaitement accompli chaque commandement, il a ainsi ouvert la voie à chaque juif pour accomplir les commandements de manière idéale.
Cela peut nous aider à comprendre l'enseignement de nos Sages (Tana déBé Eliyahou rabba 25,2) selon lequel on est obligé de se demander : "Quand mes actions atteindront-elles celles de mes ancêtres Avraham, Its'hak et Yaakov?"
Comment une personne peut-elle dire que ses actes devraient être comme ceux du géant spirituel Avraham?
Cela signifie plutôt qu'une personne doit se demander quand ses actes atteindront le niveau de ceux qu'elle a elle-même accomplis lorsqu'elle faisait partie d'Avraham. Un juif peut y parvenir grâce au pouvoir spirituel qu'il reçoit d'Avraham, qui a accompli tous les commandements au nom de tout le peuple juif.

-> Ainsi, selon le Ohev Israël, Avraham a innové une nouvelle voie de service divin en accomplissant tous les commandements au nom de toutes les générations futures de juifs qui étaient encapsulées dans son être.
Le rabbi Elimelé'h de Lizhensk (Noam Elimélé'h) enseigne :
Lorsqu'un juif veut accomplir un commandement avec l'un de ses membres et qu'il trouve cela très difficile à faire parce qu'il a utilisé ce même membre pour fauter contre la volonté d'Hachem, il doit avoir l'intention d'accomplir le commandement au nom de tout Israël, de tout le peuple juif.
Il existe un monde spirituel appelé : "Kol Israël" (Tout Israël, tous les juifs), qui est un monde sans faute, sans comportement rebelle, où rien de mauvais ne peut arriver, comme le dit le verset : "Ton peuple est [composé que] de tsadikim" (véamé'h koulam tsadikim - Yéchayahou 60,21).
Bien que les individus fautent parfois, cela se fait à un niveau personnel, mais au niveau collectif de l'ensemble du peuple juif, il n'y a pas de fautes.
Par conséquent, le conseil donné à un juif qui souhaite accomplir correctement un commandement (mitsva) est de le faire au nom de Tout Israël, s'attachant ainsi au monde de "Kol Israël" où il n'y a pas de faute.

D'après l'explication du Ohev Israël, nous pouvons dire que la source de ce monde de "Kol Israël" était l'accomplissement des commandements par Avraham Avinou au nom de tous les juifs, puisque toutes les âmes juives étaient encapsulées en lui.
Avraham a réussi à unir toutes les âmes juives dans un seul monde spirituel. Bien que le corps de chaque juif soit une entité distincte, toutes les âmes juives sont unies, et le monde de "Kol Israël" est le monde des âmes.
Il n'y a ni péché ni rébellion dans ce monde, car lorsqu'un juif pèche, seul son corps faute, mais pas son âme. Les Sages ont enseigné que lorsqu'une personne faute, son âme la quitte et ne participe pas à la transgression. Par conséquent, dans le monde des âmes, il n'y a pas de fautes, car seuls les corps fautent.

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-> Revenons à nos versets d'ouverture dans lesquels Hachem loue Avraham, dont la grandeur était d'avoir établi ce monde où toutes les âmes juives sont unies, un monde sans péché ni rébellion.
Le verset dit : "Avraham deviendra en effet une nation grande et puissante" ; la nation issue d'Avraham était qualifiée de grande et puissante parce qu'elle avait le grand mérite d'un monde d'âmes.
"Par lui seront bénies toutes les nations du monde" ; toutes les nations désireront cette bénédiction.
Cela faisait partie de la grandeur d'Avraham, d'avoir créé un monde sans faute, une nation qui a une place hors de portée de tout faute.
Le Ohev Israël cite le verset "Car je l'ai connu afin qu'il commande à ses enfants et à sa maison après lui" et explique que le mot "yédativ" (je l'ai connu), indique l'amour et l'affection. Le mot yétsavé, (commander, ordonner), a également le sens de connexion et d'amitié.
Hachem aimait Avraham parce qu'il unifiait toute la nation d'Israël qui était englobée en lui. Hachem loue Acraham pour cela plus que pour avoir passé les 10 épreuves, car c'était là son plus grand accomplissement, celui qui a permis à tous les juifs qui ont suivi de remplir plus facilement les commandements (mitsvot). Grâce à cela, il a établi une nation grande et puissante, une nation unie comme une seule âme.
Nous pouvons apprendre de ce passage à quel point ce monde de "Kol Israël" est aimé. C'est la source qui nous enseigne que chaque mitsva accompli par un juif doit être fait au nom de tout le peuple juif.

Nos Sages (midrach Béréchit rabbah 11) enseigne : "Shabbath a dit devant Hachem : "Tu as donné à chaque jour un compagnon, mais tu ne m'as pas donné de compagnon". Hachem a répondu : "La communauté d'Israël sera ton compagnon"."
La communauté d'Israël fait référence à leur aspect d'unité et de solidarité, ce qui est impossible sur le plan physique puisque leurs corps sont séparés les uns des autres ; seules les âmes juives peuvent être totalement unies. C'est le compagnon du Shabbath, comme l'affirme le Zohar : "Le Shabbath est le jour de l'âme et en aucun cas le jour du corps", ce qui signifie que le Shabbath appartient au monde des âmes, au monde de l'ensemble du peuple juif uni.
De même, le Maguid de Kozhnitz explique que la prière "Vayanou'hou bo kol Israël" (tout Israël se reposera le Shabbath" fait allusion au monde de "Kol Israël". Le compagnon du saint Shabbath est le monde de "Kol Israël", où toutes les âmes juives atteignent l'unité absolue.
[d'après le rabbi de Slonim - rabbi Berezovsky ]

Le miracle de ‘Hanoucca se renouvelle chaque année

+ Tous les miracles que D. a accomplis pour nous au cours de l'histoire émanent d'un niveau de divinité qui transcende le temps. Par exemple, le miracle de notre sortie d'Égypte, la division de la mer Rouge et du Jourdain, tous ces miracles ont transcendé la nature.
En revanche, les miracles de Hanouca et de Pourim sont investis dans la nature. Les 'hachmonaïm se sont engagés dans la guerre et la reine Esther a joué un rôle actif dans le miracle de Pourim.

Chaque année, à cette époque, le miracle se manifeste à nouveau, et Hachem accorde le salut et la délivrance à sa nation pendant ces jours.
C'est pourquoi nous disons dans l'ajout de Hanouca à la prière de la Amida : "Et tu as fait à Ta nation juive ... comme en ce jour". Nous disons spécifiquement "comme en ce jour", indiquant que même aujourd'hui, Hachem nous accorde le salut et la délivrance, tout comme Il l'a fait à cette époque.
[rabbi Lévi Its'hak de Berditchev - Kédouchat Lévi - 'Hanoucca]

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=> Le miracle de 'Hanoucca s'est déroulé de manière naturelle et il se répète chaque année.

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-> Selon la guémara (Shabbat 21b) : les Sages ont institué 'Hanoucca comme fête fixe "l’année suivante" (celle du miracle).
Pourquoi ont-ils attendu un an pour instituer 'Hanoucca? Ils auraient dû instituer Hanouka immédiatement après le miracle.

Le rabbi de Berditchev (Kédouchat Lévi - kédoucha richona, voir aussi Ben Ich 'Haï - Ben Yéhoyada) explique qu’au début, ils pensaient que les miracles de 'Hanoucca étaient un événement unique, un miracle destiné à sauver les juifs à cette époque précise.
L’année suivante, les Sages ont perçu que les miracles se reproduisaient (avec une influence spirituelle identique). Ils ont compris que les miracles de 'Hanoucca se reproduiraient chaque année, alors ils ont institué 'Hanoucca comme fête à célébrer chaque année.

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-> Le Bné Yissa'har (Kislev 4,9) enseigne que les miracles de 'Hanoucca se reproduisent chaque année. Nous ne commémorons pas seulement un miracle survenu dans les temps anciens, il y a des millénaires.
Ceci est suggéré par nos Sages (Massekhta Sofrim 2,1), qui dit : "Il est interdit d'allumer [les lumières de 'Hanoucca] dans une vieille lampe" (אסור להדליק בנר ישן).
Nous ne commémorons pas uniquement des miracles des temps anciens, mais plutôt des miracles qui se produisent aujourd'hui.

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-> "En raison de la droiture de Matisyahou ben Yo'hanan Cohen gadol et de ses enfants, les portes de la bonté ('hessed) et des miracles s'ouvrent [chaque année] pendant les 8 jours de 'Hanoucca.
Il est probable que les portes s'ouvrent lorsque nous allumons les bougies/lumières de 'Hanoucca et lorsque nous disons Hallel et Al HaNisim. Cela fait descendre la bonté et les miracles en bas."
[rabbi Lévi Its'hak de Berditchev]

Notre émouna donne de la puissance à Hachem

+ Hachem dit à Moché : "Pourquoi cries-tu vers moi? Parle aux Bné Israël et ils partiront" (Béchala'h 14,15)

-> Rachi commente : "Moché était debout et priait, et Hachem lui dit : "Ce n'est pas le moment de faire une longue prière, car le peuple juif est en détresse".

Pourquoi n'était-ce pas le moment de prier?
En vérité, tout moment est propice à la prière. Cependant, ce n'était pas le moment de faire une longue prière ... car la longue prière de Moché donnait au peuple juif le temps d'exprimer ses plaintes.
Ces plaintes sont autant de munitions pour la midat hadin (l'Attribut strict de la Justice), comme l'indique Rachi (Béchala'h 14,19) : " Israël était jugée à ce moment-là pour savoir si il serait sauvée ou non".

Leur manque de foi les met en danger, car Hachem déploie Sa puissance en proportion directe de la foi de Ses sujets. Lorsque ses sujets mettent leur foi en Lui, ils méritent de voir Sa main puissante.

Cependant, lorsqu'ils ne Lui font pas confiance, Sa puissance est diminuée, comme l'indique la Torah : "le Tsour (rocher, l'un des noms d'Hachem) qui t'a donné naissance est devenu "faible"" (Haazinou 32,18).
Il est évident qu'Hachem n'est pas faible. Cependant, notre manque de foi fait que Hachem apparaît faible.
[Maharal - Gour Aryé]

[il est écrit : "donner de la force à D." (ténou oz l'Elokim - Téhilim 68,35). Ainsi, plus nous témoignons de la émouna, plus nous donnons de la force à Hachem pour qu'Il puisse nous combler du meilleur. ]

Il le reconnut et dit : "C'est le manteau de mon fils ; une bête sauvage l'a dévoré, Yossef a été déchiqueté" (Vayéchev 37,33)

-> Rachi commente : "Les frères de Yossef ont lancé une interdiction, maudissant quiconque révélerait que Yossef était vivant, et ils ont même fait d'Hachem un associé de l'interdiction".

=> Comment les frères ont-ils pu interdire à Hachem de révéler leur vente de Yossef?
La réponse est que les frères n'ont pas réellement tenté d'imposer un interdit à Hachem. Ils ont plutôt inclus Hachem dans le quorum de 10 qui est nécessaire pour la mise en œuvre d'un interdit. [midrach Tan'houma - Vayéchev]
Réouven n'était pas présent à ce moment-là, et sans lui, les frères n'étaient que neuf. Hachem est omniprésent, et en tant que tel, Sa présence peut être prise en compte dans le quorum.
Le midrach (Pirké déRabbi Eliézer 38) l'explique clairement : "Les frères firent remarquer que Réouven n'était pas là et qu'une interdiction ne pouvait être mise en œuvre avec moins de 10 personnes. Que firent-ils? Ils ont inclus le Makom avec eux". Le midrach se réfère à Hachem en tant que
"Makom", le lieu, parce qu'Il est omniprésent.

Bien qu'Hachem ait été inclus dans le quorum, permettant aux frères de mettre en œuvre l'interdiction, cela ne garantissait pas qu'Hachem ne révélerait pas que Yossef était vivant. Après tout, leur interdiction n'était contraignante que pour la chair et le sang, et non pour Hachem.
Néanmoins, Hachem choisit de respecter l'interdiction, comme le relate le midrach (Tan'houma 2) : " Hachem s'est tu à cause de l'interdiction, et Il ne l'a pas révélé [le secret de la vie de Yossef] à Yaakov".
Bien qu'Hachem ait choisi de ne pas révéler la vente de Yossef à Yaakov, Il l'a révélée à Its'hak et à Binyamin. Après tout, l'interdiction ne portait que sur la vente de Yossef à Yaakov, mais pas à d'autres.
Its'hak et Binyamin n'ont pas révélé l'affaire à Yaakov, parce qu'ils ont compris intuitivement que la volonté d'Hachem était que Yaakov n'en soit pas informé.
[d'après le Maharal - Gour Aryé Vayéchev 37,35]

Notre émouna en une promesse d’Hachem permet de la rendre réelle

+++ Notre émouna en une promesse d'Hachem permet de la rendre réelle :

"D. s'est souvenu de Sarah comme Il l'avait dit, et D. a fait à Sarah ce qu'Il avait dit" (Vayéra 21,1)

-> Lorsque D. promet d'accorder une faveur particulière, il est clair que cette faveur est initialement liée à Lui et qu'elle est latente dans Son pouvoir, à un niveau où il n'y a pas de distinction entre le passé, le présent et l'avenir.
Les bénéficiaires, qui doivent recevoir cette faveur, doivent faire passer cette bonté du potentiel à la réalité, en veillant à ce qu'elle se révèle rapidement. En effet, tant qu'elle est cachée dans les pensées de D., elle reste dans le domaine du caché. On peut donc dire qu'elle existe dans le monde à Venir, c'est-à-dire dans le domaine qui sera révélé dans l'avenir mais qui est encore caché à l'heure actuelle.

C'est par la émouna que l'on obtient cette bonté du futur dans le présent.
En d'autres termes, le tsadik croit que D. tiendra certainement Sa promesse et attend à chaque instant avec impatience la réalisation de cette promesse. Ce désir ardent et cette anticipation du tsadik, générés par sa foi (émouna), s'attachent à la pensée Divine associée à la promesse, l'attirant dans l'état présent de sa émouna, actualisant ainsi la bonté.

Telle est donc la signification du verset "Pour toujours, D., ta parole demeure dans les cieux" (Téhilim 119,9). La parole de D., la promesse de bonté, est à l'état spirituel, cachée et fixée dans les cieux. Mais grâce à la émouna, mentionnée dans le verset suivant : "Ta foi est dans chaque génération" - "Tu affermis la terre et elle subsiste", ce qui signifie que "Tu as fourni un outil grâce auquel la bonté promise peut être révélée".

[ c'est pourquoi notre verset dit que "D. s'est souvenu de Sarah comme Il l'avait dit, et D. a fait à Sarah ce qu'Il avait dit", même s'il est évident que D. accomplit Ses promesses. Le verset nous dit que l'accomplissement de ce processus a consisté en 2 étapes : La grossesse de Sarah et son accouchement.
Sa grossesse résulte de la promesse, qui était à l'origine cachée dans le potentiel divin et qui s'est donc manifestée par l'état caché de la grossesse ; son accouchement résulte de la foi d'Avraham et de Sarah, qui a permis à la promesse de D. de se concrétiser. ]

[rabbi Lévi Its'hak de Berditchev - Kédouchat Lévi - Vayéra 21,1]

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=> Etre certain que D. tiendra Ses promesses d'être bon envers nous, va aider à ce que ces promesses s'accomplissent rapidement.

Pourquoi Avraham demandait-il une bénédiction après le repas?

+++ Pourquoi Avraham demandait-il une bénédiction après le repas?

"Avraham se rendit dans une "échel" à Beersheva et y proclama le nom d'Hachem, D. de l'univers" (Vayéra 21,33)

-> Rachi, citant le midrach, explique que ce verset implique qu'Avraham a utilisé son auberge ("échel") comme un moyen de diffuser le monothéisme parmi les voyageurs païens (non-juifs) qu'il accueillait.

-> Le rabbi Lévi Its'hak de Berditchev (Kédouchat Lévi) enseigne :
Expliquons la déclaration des Sages dans le midrach (Béréchit rabba 49,4) selon laquelle Avraham a dit à ses invités après qu'ils aient mangé la nourriture qu'il leur avait fournie gratuitement : "Bénissez le D. du monde pour ce que vous avez mangé!".
Pourquoi Avraham n'a-t-il pas demandé à ses invités de prononcer une bénédiction avant de manger?

La réponse ne peut être que la suivante.
Avant de manger, ces invités étaient des non-juifs, et on ne pouvait donc pas s'attendre à ce qu'ils acceptent "le joug du Royaume des Cieux", c'est-à-dire la souveraineté de D.
Cependant, une fois qu'ils ont mangé, ils ont accompli un commandement, dans la mesure où ils ont donné à Avraham le mérite d'accomplir la mitsva d'accueillir des invités, et donner à quelqu'un d'autre le mérite d'accomplir une mitsva est en soi une mitsva.
Ainsi, grâce à ce mérite, ils sont devenus capables d'accomplir et d'accepter le joug du Royaume des Cieux.

[si Avraham avait insisté pour que ses invités non-juifs (des païens) bénissent D. avant de manger, cela aurait été de la pure coercition, et comme ils n'avaient aucune conscience Divine, leur bénédiction n'aurait pas été sincère.
En revanche, l'accomplissement d'une mitsva les sensibilisait à la Divinité et les rendait capables d'apprécier la bonté de D. à leur égard. ]

C'est pourquoi le midrach rapporte qu'Avraham a dit à tout invité qui refusait de bénir D. après avoir mangé, de lui payer son repas. Le refus de l'invité de bénir D. indiquait qu'aucune sainteté n'avait pénétré en lui pendant le repas. Puisqu'aucun esprit de sainteté n'était entré en lui, cela prouvait que lorsqu'il mangeait, il n'avait pas l'intention de donner à Avraham le mérite d'accomplir la mitsva de l'hospitalité ; au contraire, il avait mangé entièrement pour ses propres motifs égoïstes. Dans ce cas, pourquoi ne devrait-il pas payer?

[ il en découle que pour que leur repas les ait préparés à réciter une bénédiction, les invités devaient au moins avoir l'intention de reconnaître leur dette à l'égard d'Avraham en mangeant sa nourriture.
Ceux qui ont mangé la nourriture d'Abraham sans cette intention, c'est-à-dire simplement parce qu'ils se sentaient en quelque sorte autorisés à la manger, se sont rendus imperméables à l'effet édifiant que la consommation de sa nourriture aurait pu avoir sur eux. ]

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"Avraham courut alors vers le bétail, prit un veau tendre et de choix, le donna au jeune et se dépêcha de le préparer" (Vayéra 18,7)

=> Pourquoi, en ce qui concerne la façon dont Avraham a accueilli les anges, la Torah ne dit pas "il leur a fait un festin", alors que dans le cas de Lot, elle dit bien "il leur a fait un festin" (Vayéra 19,3).
De même, en ce qui concerne le repas préparé par Esther, le verset dit "au festin du vin" (Esther 7,8).

-> Le rabbi Lévi Its'hak de Berditchev (Kédouchat Lévi) enseigne :
Le principe sous-jacent est le suivant. Lorsqu'un juste (tsadik) mange avec un racha, le juste élève le racha. La joie principale d'un tel repas réside dans le fait que le juste élève les étincelles de sainteté qui se trouvent dans le racha.

Dans le cas présent, lorsque les anges ont mangé avec Lot, qui n'était pas un tsadik, ils ont élevé l'étincelle de sainteté contenue en lui, car après avoir mangé avec lui, ils ont extrait de lui l'âme du machia'h, qui descendra de Ruth, une descendante de Lot.

[ après que les anges eurent rendu visite à Lot et l'eurent sauvé, lui et sa famille, de la destruction de Sodome et des villes de la plaine, Lot et ses filles se réfugièrent dans une grotte. Pensant être les seules survivantes d'une apocalypse semblable à celle du déluge, les filles eurent des relations incestueuses avec leur père (leur mère était morte entre-temps). L'aînée nomma son fils issu de cette relation "Moav" ; il fut le fondateur de la nation de Moav. Ruth, femme moavite convertie au judaïsme, est l'ancêtre du roi David, géniteur du machia'h.
C'est l'influence des anges qui ont mangé avec Lot qui a permis à cette étincelle de sainteté de jaillir de l'intérieur de Lot et d'être transmise à sa fille aînée.]

Ainsi, des étincelles de sainteté se sont élevées lors du repas que Lot a partagé avec les anges. Il s'agissait d'un motif de joie, c'est pourquoi la Torah parle d'un "festin" (michté), ce qui implique la joie.
De même, puisque c'est grâce au repas préparé par Esther pour A'hachvéroch et Haman que le peuple juif a été sauvé, le verset parle également de "festin".

Mais lorsque les anges mangèrent avec Avraham, cela n'entraîna aucune élévation d'étincelles sacrées, car Avraham était juste (tsadik) et n'avait donc pas besoin que les anges élèvent des étincelles en son nom. C'est pourquoi la Torah ne qualifie pas ce repas de "festin", qui évoque la joie.

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=> En partageant un repas avec d'autres, nous pouvons parfois les aider à réaliser leur potentiel spirituel caché, même s'ils ne semblent pas intéressés à le faire.

Générer une odeur agréable à Hachem

+ Générer une odeur agréable à Hachem :

"Hachem a senti l'odeur agréable" (Noa'h 8,21)

=> Qu'est-ce qui rendait ce parfum agréable?
Le fait que l'homme possède une mauvaise impulsion (yétser ara), mais qu'il la surmonte et sert D., comme l'indique l'offrande d'animaux de Noa'h, qui exprime l'élévation du côté animal de l'homme au service d'Hachem. C'est pourquoi "D. dit : Je ne maudirai plus jamais la terre à cause de l'homme, car le penchant de l'homme est mauvais dès sa jeunesse".
En effet, D. se réjouit de notre maîtrise du mauvais penchant (yétser ara).

De plus, parce que le peuple juif réprime son mauvais penchant, D. "revêt" Lui-même d'eux, comme il est dit : "Israël en qui Je me glorifierai" (Yéchayahou 49,3) et le Maggid de Mézéritch, a interprété le verbe "je me glorifierai" (étpaar) comme signifiant "Je m'habillerai moi-même", selon les versets suivants "et ils se revêtirent (vayitpérou) des feuilles de figuier pour s'en faire des pagnes" (Béréchit 3,7).
[cette interprétation est possible parce que la lettre muette alef est parfois omise.
L'expression "D. se revêt" du peuple juif signifie qu'Il en est fier, tout comme un roi mortel exhibe ses vêtements royaux exquis en les portant en public. Hachem considère que le peuple juif est beau parce qu'il a vaincu son mauvais penchant. ]

Ainsi, D. se revêt du peuple juif, plutôt que des anges célestes, en raison de l'immense plaisir que lui procure le peuple juif, un plaisir qu'il ne reçoit de personne d'autre, précisément parce qu'il possède un mauvais penchant et qu'il le conquiert malgré tout.
[comme les anges n'ont pas de mauvais penchant, leur service de D. n'est pas aussi louable que celui du peuple juif.]

C'est la signification de l'expression "Hachem a senti le parfum agréable" (Noa'h 8,21) = Il a senti, c'est-à-dire anticipé, le plaisir qu'Il tirerait du service de l'homme.

C'est également le sens profond du verset "Il sentit le parfum de ses vêtements" (Toldot 27,27), qui implique que D. sentit, c'est-à-dire anticipa, que l'humanité agirait comme Ses vêtements dans lesquels Il se vêtit Lui-même. Et parce qu'Il anticipait le plaisir qu'Il tirerait de leur service, Il eut pitié d'eux et jura de ne plus jamais les exterminer.

[ainsi, l'offrande de Noa'h (après être sortie de l'Arche du Déluge), exprimant la volonté et la capacité de l'humanité à soumettre sa nature animale, a incité D. (pour ainsi dire) à avoir pitié de l'humanité, promettant de ne plus jamais l'exterminer en dépit de sa propension à se rebeller contre Lui.

[rabbi Lévi Its'hak de Berditchev - Kédouchat Lévi - Béréchit 8,21]

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=> Notre capacité et notre volonté de maîtriser notre nature animale font tellement plaisir à D. qu'en raison de ce mérite, il a pitié de nous et pardonne nos méfaits.

La Torah nous protège

Je ne mangerai pas avant d'avoir prononcé mes paroles" ('Hayé Sarah 24,33)

-> Le rabbi Lévi Its'hak de Berditchev (Kédouchat Lévi) explique :
Il semble tout simplement que la raison pour laquelle Eliézer ne voulait pas manger avant de parler est qu'Eliézer comprenait certainement que ces gens étaient des réchaïm. Il soupçonnait sans doute qu'ils tenteraient de le tuer en empoisonnant sa nourriture, ce qui fut effectivement le cas.
[selon le midrach (Léka'h Tov 24:3), Bétouel s'opposa au mariage et complota pour tuer Eliézer en empoisonnant sa nourriture. ]

C'est pourquoi Eliézer dit : "Je ne mangerai pas tant que je n'aurai pas dit ce que j'ai à dire".
Son intention était que le repas ne soit servi qu'après qu'il ait conclu ses paroles, qui étaient des paroles de Torah. Comme le disent nos Sages (midrach Béréchit rabba 60,8) : "la conversation des serviteurs des Patriarches est plus appréciée par D. que les paroles de Torah prononcées par les descendants des Patriarches."
[Rachi (v24,42) explique : "car le récit d'Eliézer est répété dans la Torah [d'abord tel qu'il s'est produit, puis tel qu'Eliézer l'a raconté à la famille de Rivka], alors que de nombreux éléments [juridiques essentiels] de la Torah n'ont été donnés [par D. par l'intermédiaire de Moshé] que sous forme d'allusions." Ainsi, les paroles d'Eliézer possédaient tous les mérites de véritables paroles de Torah (ou même plus). ]

De cette façon, il serait protégé du danger par le mérite des paroles de Torah qu'il a prononcées avant le repas.
Et c'est effectivement ce qui s'est passé. Un ange vint échanger l'assiette empoisonnée d'Eliézer avec celle de Bétouel, et Bétouel "tomba dans la fosse qu'il avait creusée" (Téhilim 7,16) pour Eliézer, c'est-à-dire qu'il mourut du poison.

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=> L'épisode d'Eliézer à 'Haran est un exemple d'à quel point l'étude de la Torah nous protège de tout danger.