Aux délices de la Torah

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Prière ultime = Hachem je Te veux!

+ Être humain, c'est manquer, c'est goûter à la frustration de la limitation ... Nous prions donc, nous nous rendons humbles devant notre Source et nous demandons à Hachem d'améliorer notre situation.

Mais lorsque nous creusons jusqu'au cœur de cette expérience, nous réalisons qu'au-delà de toutes les choses que nous voulons, et que nous avons besoin, demeure le seul et simple désir du véritable "moi", la néchama : un désir de vivre en union consciente avec Hachem.

Le Rav de Berditchev enseigne que le fait de canaliser cette conscience dans notre expérience de la prière peut tout changer.
Nous pouvons nous adresser à Hachem et lui dire : "Maître du ciel et de la terre, j'ai besoin d'une bonne santé, d'une stabilité financière, d'une guérison émotionnelle, de mettre des enfants au monde, ... Mais ce que je dis en réalité, c'est que ... J'ai besoin de TOI. J'ai besoin de tranquillité d'esprit, de temps, de clarté, ... afin de pouvoir m'investir plus pleinement dans notre relation.
Si le fait de m'accorder mes besoins me permet de me connecter plus facilement à Toi, s'il te plaît, lève ces obstacles, pas pour moi, mais pour nous".
[d'après le rav Yaakov Klein]

Un moment de grâce pendant notre prière

+ Avez-vous déjà eu ce sentiment? Vous êtes en train de prier comme à l'accoutumée ... et puis, tout d'un coup, vous vivez une vague de passion, votre cœur est englouti de flammes d'amour et d'admiration devant Hashem, et vous commencez à dire les mots avec un niveau supplémentaire d'intention (kavana) et de connexion ...

Rabbi Na'hman de Breslev (Likouté Moharan 4) explique pourquoi cela se produit : à ce moment-là, une fenêtre s'ouvre dans l'espace cosmique entre votre âme et sa Source, et la lumière infinie d'Hachem brille à travers, enveloppant votre âme de rayons de clarté, de chaleur, de présence et de conscience.

Même si votre esprit n'est peut-être pas conscient d'un changement perçu, vous êtes toujours dans la même position face au même siddour ... , votre "mazal" peut sentir qu'une merveilleuse bénédiction a été offerte à votre âme (néchama), et qu'un rayon du Divin a éclaté pour éclairer l'horizon de votre conscience.

Lorsque nous comprenons ce qui se passe dans ce moment génial, nous avons la chance de pouvoir approfondir et élargir cette révélation, "en tenant ouvert les rideaux de l'âme" pour permettre la manifestation la plus profonde de cette sublime lumière spirituelle.
[rav Yaakov Klein]

"Un homme qui récite Hallel tous les jours blasphème" (guémara Shabbath 118b).

=> Voilà un enseignement très étonnant : qu'y a-t-il de mal à louer D. tous les jours pour Ses bontés?

-> Le Ktav Sofer (Vayétsé 29,35) explique que chaque personne doit effectivement remercier Hachem chaque jour pour Ses actes de bonté constants, mais c'est dans la nature humaine de ne pas exprimer de reconnaissance pour un miracle caché sous l'apparence de la nature.
Si un homme récite le Hallel quotidiennement (le Hallel abordant principalement les miracles et les prodiges que D. a accomplis pour nos ancêtres en Egypte), cela montre qu'il ne reconnait que ces miracles-la comme les œuvres de D., mais considère les bontés constantes que D. lui accorde comme faisant partie de "l'ordre naturel" du monde.
Cette attitude n'est rien d'autre qu'un blasphème.

-> Le peuple juif voit la providence divine dans les phénomènes naturels les plus simples, dans des événements qui pourraient sembler être le fruit du hasard.
Comme l'enseigne le Ramban (Bo 13,16) : "Les grands miracles manifestes font prendre conscience à l'homme des miracles cachés qui représentent le fondement de toute la Torah. En effet, un homme n'a pas de part dans la Torah de Moché sans la foi que tout ce que nous avons et tout ce qui nous arrive est totalement miraculeux; ils ne sont le fait ni de la 'nature' ni 'du cours naturel du monde ... Tout est décrété d'en Haut."

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+ L'exemple des Bikourim :

-> La mitsva des Bikourim (Ki Tavo 26,10), l'offrande des premiers produits de la récolte éveille chez l'homme la prise de conscience que les richesses qu'il possède ne sont pas le produit de ses efforts mais un cadeau d'Hachem. On les apportait au Temple pour montrer notre reconnaissance envers D. pour la croissance de la récolte.
Cette mitsva nous enseigne que même les phénomènes naturels, la récolte que la terre donne chaque année, sont en réalité des actes de D. qui montrent Sa grande bonté. La terre produit ses récoltes et les arbres portent des fruits pour la seule raison que D. les fait pousser.
Nous devons veiller à ne pas prendre ces phénomènes pour acquis, car en réalité ils devraient nous impressionner pas moins que des miracles manifestes.

Le Séfer ha'Hinoukh écrit à propos de cette mitsva :"Lorsque D. est bon envers [une personne] et la bénit, elle et sa terre, par la production de fruits et qu'elle a le privilège de les apporter à la Maison de notre D., elle doit utiliser les mots qu'elle prononce pour éveiller son cœur et reconnaitre que tout ce qu'elle reçoit vient du Maître du monde."

Un père est la racine de l'âme de son fils, et un Rav est la racine de l'âme de son disciple.
C'est là que réside leur force de les influencer implicitement.
[rav Tsadok haCohen]

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+ Exemple de la mort des fils d'Aharon :

-> La capacité du père d'avoir une influence positive sur son fils peut faire bien davantage que le guider sur le bon chemin ; elle peut sauver son fils égaré en lui épargnant la punition pour ses fautes.
D'où l'apprenons-nous? Des versets qui déterminent les causes de la mort des deux fils d'Aharon haCohen.
Un verset dit : "Nadav et Avihou moururent lorsqu'ils offrirent un feu non autorisé devant D." (Pin'has 26,61) et un autre verset dit : "[Moché dit au peuple qu'après la faute du Veau d'or,] D. fut assez irrité contre Aharon pour l'anéantir" (Ekev 9,20).
Rachi commente : "Pour l'anéantir' signifie : pour annihiler ses enfants". D'après cette explication, ils sont morts par la faute de leur père.
=> Les deux versets semblent se contredire : est-ce leur faute ou celle de leur père qui leur coûta la vie?

Le principe : "la capacité d'un père d'influencer son fils pour le bien ... peut même sauver son fils égaré de la punition pour ses fautes" nous permet de réconcilier ces deux versets.
En réalité, Nadav et Avihou sont morts parce qu'ils "offrirent un feu non autorisé devant D.", mais les mérites et l'influence d'Aharon sur les actes de ses fils auraient dû les élever, si bien qu'ils n'auraient pas commis l'erreur d'offrir un feu étranger.
Malheureusement, la part prise par Aharon dans l'incident du Veau d'or le fit tomber de son statut prestigieux qui les aurait empêchés de fauter.
Telle fut donc la punition d'Aharon : son influence sur la vie de Nadav et Avihou, ses fils et disciples, déclina au point que ses mérites ne suffirent pas à les empêcher d'offrir une offrande non autorisée.
Ainsi, ce sont leur propre faute et celle de leur père qui ont causé leur mort.

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-> Le rav David Hofstedter (Darach David - Shavouot) écrit :
L'influence tacite d'un père juste peut guider son fils sur les voies de la vertu de la même façon que l'influence tacite d'un père qui agit mal peut conduire son fils à suivre une mauvaise voie.
[...]
l'homme qui a persisté dans ses efforts spirituels, qui a atteint son but de devenir un juste et d'avoir la crainte de D., influence ses enfants à faire le bien et les protège de la faute. Plus grande est sa stature spirituelle et plus grande est son influence sur ses enfants.

Pour éduquer ses enfants, il ne suffit donc pas de les envoyer dans des institutions juives qui leur apprendront la Torah et la bonne conduite. Un père doit continuellement chercher à s'élever parce que son progrès influe sur ses enfants. Lorsqu'un "juste marche dans sa perfection, dignes de louange sont ses enfants après lui" (expression emprunté à Michlé 20,7).

Le lachon ara

+ Le lachon ara

-> La Torah interdit de dire du lachon ara.
Le 'Hafets 'Haïm consacre plusieurs livres à la gravité et à l'énormité de cette faute, que nos Sages assimilent aux 3 péchés capitaux réunis que sont l'idolâtrie, le meurtre et les relations illicites.

Le rav Yérou'ham Lévovitz (Daat 'Hokhma ouMoussar - vol.2) en donne l'explication suivante :
"Le fait que les gens parlent de lachon ara et d'autres paroles blessantes similaires est uniquement dû à l'énorme fossé qui existe entre elles et l'autre personne (sur laquelle elle parle). Ce fossé est si grand qu'elles ne ressentent pas [leur prochain] et ne le connaissent même pas. [n'essayant nullement d'être à sa place pour comprendre/expliquer son comportement, ... ]
En vérité, comment est-il possible pour quelqu'un de dire quelque chose de mal à propos d'une autre personne s'il dépensait ne serait-ce qu'une petite quantité de pensée pour cette personne. S'il entendait son cri, lorsqu'il supplie : "Ayez pitié de moi et ne me mettez pas dans l'embarras" ... "

=> Parler du lachon ara doit être considéré comme l'un des actes les plus cruels, les plus barbares et les plus honteux que l'on puisse imaginer. En effet, la Torah pousse une personne à être un baal 'hessed, à se concentrer sur les besoins et les sentiments de son prochain juif, grimaçant à l'idée de la douleur et de la honte ressenties par l'autre personne.
Il est impossible de ressentir cela et de lui causer froidement une blessure aussi insupportable.
[le lachon ara est tellement contraire au but de la Torah ('hessed = se mettre à la place d'autrui), qu'il est aussi grave que le cumul des 3 fautes très graves, qu'il y a autant d'avertissements de nos Sages sur la gravité d'en dire. ]

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-> Nos Sages nous enseignent qu'il est préférable d'être jeté dans une fournaise ardente plutôt que d'embarrasser une autre personne en public. [guémara Baba Métsia 59a]

-> La gravité d'embarrasser quelqu'un est évidente dans la halakha du motsi chem ra.
La Torah (Dévarim 22) parle d'un homme qui a faussement accusé sa fiancée d'adultère. Il est puni en devant payer une lourde amende "car il a répandu une mauvaise réputation sur une jeune fille juive".
Cela laisse perplexe : s'il avait réussi à l'accuser, elle aurait été mise à mort. Ne devrait-il pas être puni pour le crime bien plus grave d'avoir tenté de faire tuer une femme innocente?

Rabbénou Yona (Shaaré Téchouva 3,111) répond que la Torah nous enseigne que c'est une plus grande faute d'embarrasser une personne que de la faire tuer, "car la douleur de l'humiliation est pire que la mort".

La michna (Pirké Avot 3,11) ajoute que celui qui embarrasse une personne en public "n'a pas de part dans le monde à Venir".
[le 'Hafets 'Haïm (Chmirat haLachon 2,17) se basant sur le Rambam (Hilkhot Téchouva 3,14), précise que cela n'est vrai uniquement pour celui qui agit ainsi de manière habituelle, et non si cela n'a lieu qu'une fois (très occasionnellement).]
Nos maîtres du moussar expliquent qu'il ne s'agit pas d'une punition, mais qu'une telle personne n'a aucun lien avec le monde à Venir (olam haba). Son essence est l'exact opposé des personnes qui méritent le monde à venir.
Quelqu'un qui se soucie si peu des sentiments d'une autre personne qu'il peut l'humilier publiquement est si éloigné de ce que désire Hachem qu'il n'aura rien avoir à faire avec Hachem dans le Monde à venir.

-> La guémara (Sotah 42a) nous dit que les personnes qui disent du lachon hara font partie de celles qui sont incapables de rencontrer la Ché'hina.

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-> issu du divré Torah : https://todahm.com/2023/08/22/une-torah-de-hessed

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-> Il existe une coutume répandue qui consiste à dire les 10 Rappels (zékhirot) que nous devons avoir quotidiennement, après la prière de cha'harit. Il s'agit de : le Shabbath, la sortie d'Egypte, le don de la Torah sur le mont Sinaï, la faute du Veau d'or, l'obligation d'exterminer notre ennemi juré Amalek, ...
Le 8e Rappel consiste à se souvenir comment Myriam a été punie pour avoir parlé du lachon ara à propos de son frère Moché.
Qu'y a-t-il de si fondamental avec toute parole de lachon ara pour qu'il soit compris avec les Rappels les plus importants du judaïsme et qu'il soit prononcé tous les jours?

Le rav Chatzkel Lévenstein en tire la leçon suivante :
"Le principe fondamental de toute chose est d'imiter Hachem, qui est la source de tout bien et de toute bonté. Mais le lachon ara est méchant, l'exact opposé du but recherché qui est de s'attacher à la bonté".
Ce principe est si important qu'il faut s'en souvenir tous les jours.

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+ L'exemple de Yossef :

-> Nos Sages nous disent que la femme de Potiphar a menacé Yossef de l'emprisonner, de le mutiler et même de le tuer s'il ne consentait pas à la regarder.
Le midrach (Tan'houma - Vayéchev 7) décrit comment elle lui parlait à plusieurs reprises tout au long de la journée pour essayer de le persuader et changeait même de vêtements 3 fois par jour "afin qu'il pose ses yeux sur elle".
Le midrach (Tan'houma Vayéchev 12) poursuit : "Lorsqu'elle lui parlait, il baissait le visage pour ne pas la regarder". En réponse, elle plaça sous son menton un rayon de fer qui le couperait s'il baissait la tête, mais il ne céda pas.

De plus, lorsque Yossef fut nommé commandant en second d'Egypte (après Pharaon), il fut exhibé dans tout le pays. Nos Sages (midrach Béréchit rabba 98,18) nous disent que toutes les femmes importantes d'Egypte se pressaient autour de lui pour le voir et le couvraient de vêtements et de bijoux coûteux "dans l'intention qu'il les regarde".
Yossef est resté fort et n'a pas levé les yeux, ne serait-ce qu'une seule fois, pour regarder.
Les commentaires soulignent l'extrême grandeur de sa résistance. Il était à des kilomètres de chez lui, dans un endroit où personne ne savait qui il était et où personne ne découvrirait jamais s'il avait péché. Il était jeune et extrêmement beau, au sommet de sa gloire. Après être devenu le commandant en second, il était puissant, riche et prospère, autant d'éléments qui conduisent souvent les gens à l'erreur.
Pourtant, Yossef était tellement imprégné de la sainteté héritée de ses ancêtres qu'il est resté ferme.
Grâce à son comportement, la sainteté a été insufflée au peuple juif en Egypte pour lui permettre de résister à toutes les tentations des yeux auxquelles ils seraient exposé par la suite (ce qui leur a été un mérite pour être délivrés d'Egypte).

=> Quelle a été l'erreur de Yossef? Pourquoi la sainteté de Yossef a-t-elle été soumise à des tests aussi extrêmes?

-> De manière fascinante, nos Sages (Tan'houma - Vayéchev 10) enseignent que c'est parce qu'il a parlé du lachon ara à propos de ses frères.
Il a dit à Yaakov qu'ils avaient jeté leur dévolu sur les filles non juives du pays. En retour, il fut mis à l'épreuve par des épreuves consistant à ne pas regarder des femmes interdites.

Nous avons cité plus haut le rav Yérou'ham Lévovitz, qui a déclaré qu'il ne serait jamais possible de parler de lachon ara à propos d'une autre personne s'il l'imaginait en train de lui crier d'avoir pitié d'elle et de ne pas l'avilir. Parler de lachon ara provient du trait de tsarout ayin, qui consiste à ne pas se concentrer pleinement sur l'autre personne et ses sensibilités.

De toute évidence, au niveau de Yossef, nous discutons d'un tsarout ayin et d'un lachon ara véritablement infime (les justes sont jugés sur l'épaisseur d'un cheveux).
Les commentaires décrivent les nombreuses justifications qu'il avait pour dire ce qu'il a fait, mais néanmoins, la perfection totale qu'Hachem exige d'aussi grands tsadikim que lui, était manquante.
Pour remédier à ce manque et le propulser vers la perfection totale, il a été soumis à d'énormes épreuves de garder ses yeux de mauvaises visions, en contrôlant ses yeux.
[de même qu'il a utilisé ses yeux pour voir du mal dans ses frères, au détriment de la sensibilité et d'être à leur place (ayin tov), alors en réparation il a dû utiliser yeux à ne pas voir de mauvaises choses (Potifar, les plus belles femmes d'Egypte courant après lui, ...)]
Son succès dans ces épreuves lui donna le ayin tova (bon œil) qu'Hachem recherchait pour l'implanter dans Son illustre peuple. [la descendance de Yossef n'est pas soumise au ayin ara! ]

Ce n’est pas un mensonge

+ Ce n'est pas un mensonge :

-> Si votre ami a acheté un nouveau vêtement et vous demande si vous le trouvez beau, la halakha dit que vous devez en faire l'éloge, même si vous ne l'aimez pas du tout.
Cela nécessite une explication, car cela semble contredire le commandement de la Torah "il faut rester loin du mensonge" (Michpatim 23,7).
La guémara (Kétoubot 17a) répond que nous apprenons ici que : "il faut toujours s'efforcer de s'entendre avec les gens".
=> Cependant c'est difficile à comprendre : le fait de vouloir être amical et de n'offenser personne nous autorise-t-il à mentir?

Nos Sages nous enseignent quelque chose de très profond sur la psychologie humaine.
Rachi explique que la guémara nous enseigne qu'il est permis de "faire pour chacun ce qu'il veut".

Le rav Kalonymus Kalman Shapira of Piaseczna ('Hovat haTalmidim - p.64) explique plus en détail :
Si une personne vous demande ce qu'elle pense de son nouveau costume, elle n'est pas intéressée par votre opinion sur le fait qu'il soit beau ou non. Une personne ne supporte pas de perdre son amour-propre en s'entendant dire qu'elle a acheté quelque chose de mauvaise qualité ou de mauvais goût.
S'il pensait que vous pourriez dire que ce n'est pas bon ou qu'il ne vaut pas ce qu'il a payé, il ne vous l'aurait jamais demandé!
En vous demandant votre avis, il vous dit en réalité : "S'il vous plaît, faites-moi un compliment!
Le fait que vous disiez à quel point vous l'aimez n'est rien d'autre que le fait d'accéder à sa demande.

C'est ce que Rachi entend par "tu peux faire pour lui ce qu'il veut".
Ce n'est pas un mensonge, puisqu'il ne vous a jamais demandé de donner votre véritable avis.
C'est ainsi que la Torah attend d'une personne qu'elle se comporte avec les autres. Elle exige de voir les autres à travers la lentille d'un baal 'hessed, de voir, de sentir et d'entendre ce qu'ils veulent vraiment et de faire ensuite tout ce qui est en votre pouvoir pour le leur fournir.

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=> Que se passerait-il si quelqu'un ignorait le conseil de nos Sages et exprimait sa véritable opinion sur le vêtement?

Le Roch (Or'hot 'Haïm lehaRoch 91), écrit que cela causera à la personne un 'halichat hadaat, littéralement une "faiblesse de l'esprit". Elle se sentira inadéquate et embarrassée par sa propre stupidité d'avoir acheté un tel objet.
Le Roch qualifie un tel commentaire [de notre part sous couvert de dire la vérité] d'"acte d'imbécile".
Aux yeux de la Torah, seul un imbécile peut faire sentir à quelqu'un d'autre qu'il ne vaut rien et qu'il n'a pas réussi. L'homme sage est celui qui aide les gens à se sentir bien dans leur peau, dans toutes les situations.

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-> issu du divré Torah : https://todahm.com/2023/08/22/une-torah-de-hessed

Shabbath ‘Hazon

+ Shabbath 'Hazon :

-> Apparemment, ce Shabbath [précédent le 9 Av] est appelé : Shabbath 'Hazon, en raison de la haftara qui y est lue et qui commence par : 'hazon Yéchayahou (חזון ישעיהו).

-> Le rabbi Lévi Its'hak de Berditchev (Kédouchat Lévi - Eikha) pose la question suivante : "Pourquoi ce Shabbath est-il appelé 'hazon (vison), car il n'évoque certainement pas l'éloge de Israël?"
En effet, on va lire la haftara qui annonce de mauvaises nouvelles : la future destruction du Temple?
[ainsi, est-ce que le nom de ce Shabbath renvoie à cette vision prophétique du prophète Yéchayahou, en raison du mauvais comportement des juifs? (selon nos Sages, chaque génération où le Temple n'est pas reconstruit, c'est comme s'il avait été détruit maintenant. Donc ce message d'avertissement s'applique aussi à nous! )]

-> Le Kédouchat Lévi répond que : 'hazon, qui signifie "vision", fait référence à la merveilleuse vision des récompenses futures qu'Hachem montre à chaque juif avant qu'il ne descende dans ce monde.
Il écrit :
"Lorsqu'une âme juive est envoyée dans ce monde, Hachem lui montre les récompenses : le grand bien caché qu'elle recevra après avoir gagné la grande guerre [dans ce monde, contre le yétser ara].
Ils [es juifs] méritent cette récompense parce qu'ils aiment Hachem, et que leur désir est uniquement pour Lui ..."

Et en réalité, Hachem ne nous montre pas cette vision qu'une seule avant que nous ne descendions dans le monde (avant notre naissance). Chaque année, lors du Shabbat 'hazon, Hachem montre à l'âme de chaque juif les récompenses de l'avenir.
Ainsi, en ce Shabbath, alors que nous nous souvenons de la destruction du Temple, nous nous rappelons de la grand récompense/mérite qui nous attend dans le futur.
Le machia'h nous délivrera de l'exil ; des temps meilleurs approchent, et les récompenses seront énormes.

-> Le Kédouchat Lévi (drouché Tsémé'h Tsaddik, Eikha) explique que ce Shabbath, Hachem montre à [l'âme de] chaque juif comment le monde sera lorsque le 3e Temple sera construit.
Shabbat 'hazon signifie le Shabbat de la visualisation, car nous pouvons voir le monde futur.

-> Le Kédouchat Lévi raconte également le machal suivant :
Un roi avait confectionné les plus beaux vêtements pour son fils. Mais le fils ne comprenait pas la valeur des vêtements, et à cause de sa négligence, il a déchiré et taché son costume coûteux.
Le père fit faire un autre costume pour son fils, mais celui-ci s'abîma également. Le roi lui fit faire un troisième costume, mais cette fois, il le suspendit dans un endroit sûr.
De temps en temps, il le sortait et disait à son fils : "Vois-tu ce costume majestueux? Il n'y a rien de comparable. Je l'ai fait spécialement pour toi. Lorsque tu t'amélioreras et que je verrai que tu sais en prendre soin, je te le donnerai."

L'explication (nimchal) est la suivante : Hachem nous a donné le premier et le deuxième Temple, mais nous n'avons pas été assez prudents avec eux, et ils nous ont été enlevés.
Hachem, dans Sa compassion, a préparé un troisième Temple pour nous, mais il ne nous l'a pas donné, pas encore.
Chaque année, lors du Shabbat 'hazon, Hachem nous montre à l'âme de chaque juif, le troisième Temple.
Hachem dit : "C'est à vous de décider. Si vous ne vous salissez pas par vos fautes, je le ferai descendre du ciel" .
[ Tséma'h Tsadik (drouché Eikha), qui l'a entendu de son père, qui l'a entendu directement du rav de Berditchev]

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+ Shabbath 'Hazon = le Shabbath de l'espoir :

-> Le Shabbat qui précède le 9 Av est appelé "Shabbat 'Hazon" d'après le premier mot de la Haftara lue ce Shabbat, qui relate les fautes du peuple juif, pour lesquels il devait subir la destruction du Temple et l'exil.
Comment comprendre que le nom de ce Shabbath semble à priori pas particulièrement flatteur pour le peuple juif?

La réponse est que : 'hazon signifie "une vision".
Tous les juifs, en ce Shabbat qui précède le 9 Av, ont une vision de l'abondance récompense et de la bonté qui les attendent après qu'ils auront gagné la grande guerre [finale], avec l'aide de D.
... cela prouve de manière irréfutable que tout n'est pas perdu, qu'il y a de l'espoir.
[rabbi Lévi Its'hak de Berditchev - Kédouchat Lévi - 3,18-22 ]

=> Le premier pas vers la défaite est la perte d'espoir. Les épreuves et les difficultés de notre exil apparemment sans fin peuvent sans surprise conduire à la perte de l'espoir d'un avenir meilleur.
C'est pourquoi, au moment le plus sombre de l'exil, (le Shabbath) juste avant le 9 Av, nous recevons tous une vision des temps à venir. Par conséquent, nous ne perdons jamais espoir!

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-> Le Ohev Israel écrit :
"Au Ciel, Shabbath 'hazon est le plus grand Shabbath de l'année" (שבת חזון הוא יותר גדול במעלה מכל
שבתות השנה).
Pour nous, il semble que le Shabbat 'hazon (dernier Shabbath avant le 9 av) soit le Shabbat le plus triste de l'année, car c'est le Shabbat qui précède la destruction du Temple.
Comment pouvons-nous dire qu'il s'agit d'un Chabbat exalté?
Le midrash dit : "Le peuple juif n'a jamais connu une fête comme celui de la destruction du Temple" (לא היה יום מעוד לישראל כיום שנחרב בית המקדש).

=> Nous avons donc deux questions à poser : Comment pouvons-nous dire que le Shabbat 'hazon, le Shabbat qui se trouve dans les 9 jours de Av, est le plus grand Shabbat de l'année? Et pourquoi la destruction est-elle considérée comme une fête très spéciale pour la nation juive?

-> La guémara (Yébamot 62) dit que lorsqu'un mari prévoit de voyager, il doit montrer son amour à sa femme avant de partir. En effet, avant le départ, l'amour augmente.
Sur la base de ce concept, le Ohev Yisrael explique que lorsque le Temple était sur le point d'être détruit, et qu'il allait y avoir une séparation entre Hachem et la nation juive, c'est à ce moment-là que leur amour était le plus fort.

Nous comprenons maintenant la qualité unique du Shabbath 'hazon, et pourquoi le jour de la destruction est appelé un jour férié (yom moéd).
Avant la destruction du Temple, l'amour entre Hachem et la nation juive était à son apogée.
La Guemara (Bava Basra 99a) nous parle d'un miracle qui s'est produit avec les kérouvim (les deux chérubins qui étaient perchées au-dessus de l'aron). Bien qu'ils aient été faits d'or, ils avaient de la vie et pouvaient bouger, dans une certaine mesure.
Parfois, les 2 kérouvim se faisaient face, et parfois, ils se détournaient l'un de l'autre.
La guémara explique : lorsque les juifs faisaient la volonté d'Hachem, ils se faisaient face. Lorsqu'ils ne faisaient pas la volonté d'Hachem, ils se détournaient l'un de l'autre.

Le premier Temple a été détruit à cause de l'idolâtrie, du meurtre et des relations interdites (arayot). C'était manifestement une époque où la nation juive ne faisait pas la volonté d'Hachem. Il est donc certain que les kérouvim se sont détournés les uns des autres.
Mais la guémara (Yoma 54b) déclare : "Lorsque les non-juifs sont entrés dans le Kodech Kadochim (saint des saints), ils ont trouvé les kérouvim en train de s'embrasser".
Les richonim demandent : comment est-ce possible? À ce moment-là, alors qu'ils étaient en train de fauter (provoquant la destruction du Tmple), les Kérouvim auraient dû se détourner les uns des autres!

Selon le Ohev Yisrael, l'explication peut être :
C'était le moment moment avant la séparation lorsque l'amour était puissant. Les kérouvim ont démontré cet immense amour en se regardant l'un l'autre.
[avant une séparation pour un voyage dans l'exil, alors Hachem a laissé éclater Son amour pour chaque juif! ]

-> Le moment où 2 êtres qui s'adorent vont être séparés pour longtemps, et symbolisé par le fait qu'ils se prendre avec émotions l'un dans les bras de l'autre.

Rabbi 'Haïm de Volozhin (Nefesh HaChaim 1,8) écrit :
"On sait qu'un chérubin (kérouv) représente Hachem et l'autre la nation juive.
Le degré de proximité et de connexion du peuple juif avec Hachem, ou D. préserve, le contraire, a été miraculeusement et merveilleusement observé par la position des kérouvim. Lorsque les yeux de la nation juive étaient tournés vers Hachem, les kérouvim se faisaient face.
Mais si la nation juive se détournait, ou si elle se tournait légèrement sur le côté, cela était immédiatement reflété par les kérouvim. Si, 'has véshalom, ils se retournaient complètement, les Kérouvim se détourneraient soudain complètement les uns des autres".

[ainsi, Shabbath 'hazon (vision) = chaque âme juif voit Hachem, les yeux dans les yeux, à l'image des kérouvim.
Et cela à l'image d'une femme qui voit partir son mari pendant longtemps, et qui lui vide son coeur d'amour, de même Hachem révèle à chaque âme tout l'amour infini et l'impatience de nous revoir qu'Il a (même envers le juif le plus fauteur).
Shabbath 'hazon = Hachem nous exprime que quoique nous ayons pu faire dans la vie, Il nous aime de façon identique, et Il est dans l'attente de notre téchouva (retour à D.), prière (pour avoir la guéoula, il faut forcément la demander!), pour pouvoir enfin se retrouver éternellement.]

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-> Rabbi Yonathan Eibshitz propose une autre explication (pourquoi les kérouvim se faisaient face avant la destruction du Temple).
La guémara (Yérouchalmi Taanis 4,5) dit que pour le premier Temple, les murs de Jésuralem ont été percés le 9 Tamouz, et que les Babyloniens sont entrés dans le Temple 21 jours plus tard, à Roch 'hodech Av.
C'est à ce moment-là qu'ils ont vu les kérouvim s'enlacer. Mais ils n'ont pas détruit le Temple immédiatement. La destruction ('hourban) a eu lieu neuf jours plus tard, le 9 Av.

Roch 'hodech Av (lorsque les Babyloniens sont entrés pour la première fois dans le Temple) était Shabbath. Nous le savons parce que la guémara (Taanis 29a) nous dit que la destruction du premier et du deuxième Temple a eu lieu un dimanche, le 9 avril. Cela signifie que Roch 'hodech Av était un Shabbath.

Rabbi Yonathan Eibshitz explique que les kérouvim se faisaient face, malgré les fautes des juifs, parce que c'était Shabbath, et que Shabbath est un jour de perfection. C'est comme s'il n'y avait pas de fautes. [pendant Shabbat, Hachem montre Son amour pour Israël même s’ils n’accomplissent pas la volonté Divine. ]
Par conséquent, les Kérouvim peuvent se faire face.

-> Dans la paracha Pin'has, les sacrifices moussaf des fêtes sont énumérés, et chaque fête a un korban 'hatat, un sacrifice pour l'expiation [des fautes du peuple]. L'exception à cette règle est le Shabbath.
Pourquoi à Shabbath n'est-il pas nécessaire d'apporter un korban 'hatat?

Le Ramban (Pin'has 28,2) écrit : "Le [service au Temple du] moussaf de Shabbath n'a pas de korban 'hatat comme toutes les autres fêtes parce que l'assemblée juive (Knesset Israël) est comme l'épouse d'Hachem, et tout est paix".
L'écriture de ce Ramban est kabbalistique, mais il semble que son intention soit que le Shabbath il n'y a pas de péchés, et donc il n'y a pas besoin d'un korban 'hatat.
[n'oublions pas que pour un juif, le jour du Shabbath est une autre réalité que celle des autres jours de la semaine. ]

-> Le Tiféret Shlomo enseigne que le Shabbath, c'est comme si le Temple était encore debout.
Le Tiféret Shlomo écrit :
"Il est expliqué dans les écrits du Arizal qu'à notre époque, bien que le Temple ait été détruit et que nous n'ayons pas la avoda (service) et les korbanot, néanmoins, rien ne manque le jour du Shabbath.
Shabbath nous ramène à l'époque d'Adam gaRishon avant sa faute.
C'est la signification du verset : "Vous garderez Mon Shabbath et craindrez Mon Mikdash" (Béhar 26,2) = cela nous dit que lorsque vous faites Shabbath, c'est comme si vous étiez dans le Temple reconstruit.
Le Shabbath en exil est encore plus grand [que le Shabbath à l'époque du Temple] ... L'amour est plus parfait ...
Lorsque nous acceptons le Shabbath correctement et avec joie, cela sera considéré comme si nous avions assisté à la reconstruction de Jérusalem.

Dans l'exil, les Shabbath sont plus grands que lorsque le Temple était debout.
C'est l'intention du verset (Bé'houkotaï 26,34) :
"az" (אז) = dans l'exil ;
"tirtsé aarets ét shabétotéa" = les Shabbath seront désirés ;
"kol yémé hachana" = tous les jours où nous serons dans la désolation de l'exil".

[ nous le disons dans le birkat hamazon : "il n'y aura pas d'angoisse ni de soucis le jour de notre repos [à Shabbath]. Hachem nous montrera la construction de Jérusalem [le Temple]" (chélo téé tsara véyagon vaana'ha béyom ménou'haténou, our'énou Hachem Elokénou béné'hamat tsion).
Le Tiféret Shlomo explique que cela signifie que lorsque nous célébrons Shabbath avec joie, c'est comme si nous avions vu la reconstruction du Temple, en ce jour.]

-> Le rav Elimélé'h Biderman ajoute :
L'explication est que lorsque le Temple se dressait, et que tous les jours de la semaine étaient bons, nous n'appréciions pas Shabbath autant que lorsque nous sommes dans l'exil. [le Temple était dans l'espace ce que le Shabbath est dans le temps, et ainsi sans le Temple nous sommes dans l'obscurité et l'on apprécie davantage la lumière spirituelle du Shabbath. ]
De plus, aux yeux d'Hachem, la joie des Shabbath en exil est plus grande que celle des Shabbath lors qu'il y avait le Temple.

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-> Et cela s'applique tout particulièrement pendant les Shabbath des 3 semaines (du 17 tamouz au 9 av), qui sont des moments très élevés et joyeux.
Le Tiféret Shlomo (Dévarim - Shabbath 'Hazon) écrit qu'il y est fait allusion dans les mots du chant de Shabbath "lé'ha dodi" : "rav la'h chévét béémék aba'ha" (רב לך שבת בעמק הבכא - qui peut se traduire par : "Combien grand est le Shabbath dans la vallée des pleurs)

Le Tiféret Shlomo écrit :
"Les jours de la période de bein hamétsarim entre le 17 Tamouz et 9 Av, sont les 'émék aba'ha, (la Vallée des pleurs [moment où l'on se désole particulièrement sur la destruction du Temple]), et c'est alors que רב לך שבת, =que les shabbath (שבת) sont si élevés.

Les Shabbath de bein hamétsarim sont plus importants que les autres Shabbat de toute l'année.
C'est parce qu'il y a beaucoup de douleur/souffrance pendant les jours de ces semaines, de sorte que le Shabbath, il y a beaucoup plus de joie dans le ciel ...
Le souffrance des gens devrait être que la Ché'hina est en exil. Cependant, le Shabbat, la Ché'hina est heureuse, et nous devons donc l'être aussi. Et lorsque nous sommes heureux/joyeux le Shabbath, cela provoque une joie encore plus grande pour Hachem".
[d'une certaine façon, pendant ces semaines on rendre dans les détails d'à quel point c'est triste d'être en exil, de ne plus avoir le Temple, d'avoir Hachem qui souffre de nos souffrances d'être sans domicile fixe, ... et alors forcément vu que cela ne s'applique plus à Shabbath alors on est encore plus heureux que de normal, l'appréciant davantage la réalité de ce jour. Et de même que Hachem est avec nous dans la souffrance, Il est avec nous dans notre réjouissance à Son sujet. ]

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-> Le point culminant de Shabbath se situe dans l'après-midi, à l'heure de la 3e séouda.
En effet, l'après-midi est généralement un moment de din (jugement sévère), et le Shabbath transforme ce moment en ra'hamim (miséricorde).
Chaque fois que le din se transforme en ra'hamim, il s'agit d'un moment exceptionnel.
[rav Elimélé'h Biderman]

-> Rabbi Bounim de Pschisha enseigne que pendant les 3 semaines, les 24 heures de la journée sont un moment de din, et le Shabbath transforme le din en rachamim.
[en temp normal, c'est dans l'après-midi qu'il a beaucoup de din et de rigueur, et le Shabbath transforme le din en ra'hamim. ]
C'est pourquoi, pendant les 3 semaines, tout le Shabbath est un moment spécial et sacré, semblable au temps de la 3e séouda de Shabbath.
[en cette période il y a davantage de din sur le peuple juif, et donc à Shabbath cela se transforme en davantage de miséricorde d'Hachem, et c'est donc des Shabbath particulièrement élevés pour nous!
Dans la rigueur, papa Hachem cache de grandes miséricordes (les forces du mal ne s'y opposant pas car elles ont aussi reçu beaucoup de rigueur), alors tâchons d'en profiter (au point même qu'on peut provoquer plus facilement la venue du machia'h, avec la reconstruction du Temple!).]

==> Combien cela s'applique au Shabbath qui est dans la période des 9 jours avant le 9 Av, et qui est le dernier sprint des 3 semaines, dans la douleur et la tristesse qui a amené à la profanation et la destruction du Temple, et donc notre exil depuis lors avec tous les malheurs et les souffrances qu'on a pu connaître.
[ce Shabbath 'hazon nous voyons à quel point le jour du Shabbath est grand au point de mettre en parenthèse même les fautes menant à la destruction du Temple, et à quel point Hachem nous aime et a envoie de nous voir proches de Lui. ]

-> Le rabbi de Bobov conseillait d'accepter le Shabbath plus tôt à Shabbath 'Hazon, et ce afin de transformer le deuil/rigueur supplémentaire de cette période en un temps de joie plus fort que d'habitude.

-> Le Chem miChemouel (Massé 5670) rapporte égalemnt cette enseignement du rabbi de Pschisha que durant les Shabbath des "3 semaines" (en particulier Shabbat 'Hazon ; cf. Sifté Tsadik et autres), toute la journée est sous le signe de "רעוא דרעוין" ["agréé d’agréé", à savoir un temps très propice]. Car, à l’heure de Min’ha (l’après-midi), durant tous les jours de la semaine, la Midat Hadin (la mesure de rigueur) s’intensifie, alors que le Shabbat à la même heure, cette Midat Hadin, au contraire, s’adoucit.
Et lorsque le Din (rigueur) se transforme en ‘Hessed (bonté), cela constitue un moment de miséricorde extrêmement propice ; c’est pour cela que cette heure de Min’ha le Shabbat est qualifiée de "רעוא דרעוין".
D’après cela, il y a lieu de dire que, durant la période des 3 semaines, où les jours profanes sont des jours de Din et de malheurs (pas seulement à l’heure de Min’ha comme d’habitude, mais aussi toute la journée), dès lors, lorsqu’arrive le Shabbat et avec lui le repos de l’âme, et que Hachem étend sur le monde entier une voûte de miséricorde, la rigueur (qui règne toute la semaine) est adoucie et le Shabbat entier devient "רעוא דרעוין".

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-> Le ‘Hatam Sofer enseigne : "C’est pourquoi, si je ne craignais pas (de l’innover), je dirais que le jour du 9 Av en lui-même est un jour de joie et d’allégresse puisqu’il est dit à son sujet : "Ta faute est expiée, fille de Sion, Il ne continuera pas à t’exiler".
Mais le deuil et les pleurs de chaque année portent sur la nouvelle destruction, par nos grandes fautes. Car chaque jour, la malédiction est plus grande que la veille et c’est comme si chaque année, le Temple était à nouveau détruit.
Cela signifie qu’il conviendrait en réalité de se réjouir en ce jour sur la destruction passée, mais, comme nos fautes ont retardé le terme de notre délivrance et ajoutent de l’affliction à nos péchés, le deuil actuel repousse la joie passée".

[ ainsi, le message du Shabbath 'hazon, est que nous voyons ('hazon) que toute souffrance que nous pouvons avoir dans notre vie n'est en réalité qu'une petite portion de celle que nous mériterions véritablement d'avoir.
Dans le futur nous verrons à quel point ce qui a pu nous arriver était avec précision pour notre bien ultime, et Hachem a tout fait dans Sa compassion et énorme amour pour nous, pour nous réduire/éviter des difficultés, douleur. (comme en témoigne le fait qu'Il a préféré détruire Sa résidence, le Temple!) ]

L’orgueil de la sainteté (gaava diKédoucha)

+ L'orgueil de la sainteté (gaava diKédoucha) :

-> Tous les livres de moussar discutent longuement que l'orgueil est le pire trait de caractère.
Mais souvent nous avons une mauvaise compréhension de ce qu'est l'orgueil (gaava).
Le Ram'hal (Messilat Yesharim (ch. 11) explique : connaître ses points forts et sa valeur personnelle n'est pas de l'orgueil en soi.
Il définit l'orgueil comme le sentiment que l'on mérite d'être loué pour ce que l'on est ou ce que l'on a fait. La personne orgueilleuse estime qu'elle est responsable de son succès, de son apparence, de sa sécurité financière, et ainsi de suite, et pense qu'elle devrait être félicitée pour ces choses.
[on peut être orgueilleux de ne rien être, comme on peut l'être de qualités, de ressources, dont nous sommes dotées.]

Cependant, le juif de la Torah sait que tout ce qu'il possède lui a été donné par Hachem. Il sait qu'il est le messager d'Hachem et qu'il a donc reçu tout ce dont il a besoin pour remplir sa mission.
Son apparence, son intelligence, ses bonnes midot, sa femme, sa famille, ses finances et tout le reste lui ont été donnés afin de lui permettre de mener à bien sa tâche unique.

Si l'on prend conscience de cette vérité, il devrait être impossible de devenir orgueilleux.
On ne peut pas s'enorgueillir de quelque chose que l'on a emprunté temporairement (personne n'étant immortel à part D.!) et que l'on doit rendre à son véritable propriétaire (Hachem).
Si une personne pauvre s'est vu prêter un costume très cher pour le mariage de son fils, elle peut se sentir bien de porter un si beau costume, mais elle ne peut pas en être fière. Il serait stupide de le faire, car il ne lui appartient pas.

-> Cependant, le 'Hafet 'Haïm (Chem Olam - chap.7) écrit qu'il y a une chose dont nous pouvons et devons être fiers/orgueilleux.
Nos Sages (guémara Béra'hot 33b) enseignent que "tout provient à une personne depuis le Ciel, sauf la yirat Chamayim".
La seule chose qui reste à une personne est de choisir de faire la volonté d'Hachem (de parler à Hachem, de croire en Lui, d'accomplir Ses mitsvot et d'étudier Sa Torah).
Le choix de mener une vie dévouée à Hachem est le choix individuel de chaque personne.

C'est pourquoi le prophète Yirmiyahou (9,22-23) dit : "Un sage ne doit pas s'enorgueillir de sa sagesse, ni un guerrier fort de sa force, ni un homme riche de sa richesse. Mais de quoi doit-on s'enorgueillir? D'avoir appris et d'avoir pris conscience de Moi [Hachem]."

En effet, la yirat Chamayim d'une personne est la seule chose qu'elle a réalisée elle-même grâce à son travail acharné. Elle mérite donc d'être félicité pour cet accomplissement.

Comme l'écrit le 'Hafets 'Haim : "lorsqu'on atteint ce niveau, qu'on reconnaît et comprend qu'Hachem contrôle tout dans le monde, on peut être fier de nous-même et personne ne doit mépriser cette fierté, car ce n'est pas de l'orgueil, cela fait plutôt partie de la joie sur les mitsvot ... et c'est quelque chose pour lequel il est digne de féliciter une personne."

-> Le rav Yonathan Eibshitz (Yaarot Dvach 1,15) mentionne également cette idée :
"C'est l'orgueil désiré : se souvenir constamment de son honneur et de ses qualités et agir en conséquence, comme il convient de se sentir bien à propos de sa valeur élevée."

-> Le 'Hovot haLévavot (Chaar haAnava - chap.9) écrit qu'il existe une forme d'orgueil permis et même nécessaire : la joie et la fierté qu'une personne éprouve à l'égard de la Torah et des mitvot qu'elle a eu le mérite d'accomplir.
Loin de rendre quelqu'un vaniteux, un tel sentiment : "l'incitera à travailler encore plus dur dans sa avodat Hachem et à s'humilier devant son entourage. Il se sentira heureux à l'égard de ses amis et se souciera de leur honneur, cachera leurs erreurs, ne parlera qu'en leur faveur, les aimera tous, se portera garant d'eux et sera très attentif à leur honneur."

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-> également à ce sujet : Confiance en soi & l'orgueil de la sainteté : https://todahm.com/2021/12/12/confiance-en-soi-lorgueil-de-la-saintete

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-> Selon le Ben Ich 'Haï (Bénayahou - guémara Béra'hot 62b) :
Dans tous les traits de caractère, choisissez la voie du milieu ...
L'exception à la règle est l'orgueil ... il faut aller à l'extrême opposé.

[au préalable, il faut avoir une bonne définition de ce qu'est l'humilité (et donc l'orgueil).
Par exemple, on pense que c'est : "je ne suis rien, je ne vaux rien" (ce qui est faux!), et du coup on en vient à s'enorgueillir de n'être rien.
A l'inverse, par moment on doit s'enorgueillir d'être un serviteur, un enfant d'Hachem. (notre yétser ara nous pousse à nous dévaloriser sous couvert d'humilité pour réduire notre ambition spirituelle (pour qui tu te prends! tu n'es pas Baba Salé!), et donc nous faire moins exploiter notre potentiel.
Par moment, on doit être arrogant/orgueilleux face à notre yétser ara (le monde a été créé pour moi), en augmentant notre joie et fierté de vivre, en appréciant d'avoir une partie d'Hachem en nous! (donc je ne suis pas un rien que rien, et mes actions/mitsvot ont un impact éternel!)

A ce sujet, on peut citer :
-> Selon le rav Ben Tsion Abba Chaoul :
- concernant le futur = nous devons être plein d'orgueil, du fait de pouvoir réaliser la volonté de Hachem.
[Ce sentiment de fierté est sain, productif, et il témoigne de notre amour pour D., de notre joie de nous consacrer à son service. Par exemple, nous devons répondre avec plein d'orgueil à notre yétser ara qui nous pousse à la faute : "Tu sais qui je suis : un prince, un fils du Roi des rois! Alors comment oses-tu me déranger pour une chose si minable, honteuse pour quelqu'un de mon rang!"]
- concernant le passé = nous devons rester humble, car "Tout cœur hautain est en horreur à Hachem" (Michlé 16,5).
[ainsi, nous devons s'enorgueillir d'avoir la chance de pouvoir servir Hachem pour dynamiser nos actions futures, mais pas d'en venir à se reposer sur nos lauriers et se vanter à outrance de notre passé.
(à petite dose cela peut servir à se valoriser pour mieux aller de l'avant, mais pas pour se vanter pour se vanter).
De même dans le domaine de la prière (il y a nécessité d'avoir de la fierté [d'être juif] qui nous pousse à nous surpasser, à donner le meilleur de nous même, et il y a orgueil [d'être juif] qui ne pousse qu'à développer notre "moi je, moi je" [or, la prière c'est laisser de la place pour Hachem dans notre vie!].)]

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[pour réussir sa vie dans ce monde, tout juif a besoin de moments où il va développer un orgueil sur la grandeur d'être juif.
Dans le Alénou léChabéa'h (et les bénédictions avant/après l'étude de la Torah), nous affirmons notre chance et fierté d'être dans les chemins d'Hachem (le Vrai) tandis que les non-juifs vont dans des chemins totalement vides et inutiles (servant des idoles mortes!). [ché'en mista'havim laévél varik, oumitmaléllim lélo yochia ...]
Le Tiféret Israël demande : on comprend la nécessité de louer nos actions, mais pourquoi déprécier ouvertement celles des non-juifs? C'est pas respectueux pour eux!
Il répond car nous avons besoin au quotidien de les dévaloriser pour mieux être orgueilleux en prenant pleinement conscience de notre chance d'être juif, de pouvoir servir Hachem.
=> La Torah étant d'ordinaire si respectueuse de l'honneur d'autrui, on en déduit que le caractère vital de constamment renforcer notre grandeur à nos yeux, pour pouvoir vivre avec un très haut niveau de responsabilité et de spiritualité. ]

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-> issu du divré Torah : https://todahm.com/2023/08/22/connaitre-notre-grandeur-2e-partie

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-> Le Lichma pendant l'étude :

-> Une fois qu'une personne commence à étudier, elle peut être influencée par d'autres intérêts secondaires, tels que le désir d'être honorée pour ses connaissances ou de gagner une position prestigieuse ou lucrative.
Il s'agit là d'une forme d'étude chélo lichma, dont l'intention n'est pas purement d'étudier la Torah dans le seul but de la connaître.
À cet égard, le rav 'Haïm de Volozhin (Néfech ha'Haïm (4,3) définit l'étude lichma comme suit : "Tout ce que vous dites et discutez en Torah doit être pour le bien de la Torah, afin de la connaître et de la comprendre, et d'approfondir sa connaissance et sa compréhension, mais pas pour rabaisser les autres ou pour se mettre en valeur".

Ainsi, étudier lichma signifie étudier uniquement dans le but de connaître plus de Torah, avec plus de clarté, de profondeur et de détails.
À cet égard, nos Sages nous enseignent qu'il faut d'abord commencer à étudier chélo lichma, et que l'on finit par atteindre lichma. On ne peut pas s'attendre à ce qu'une personne commence à étudier avec une pureté d'esprit telle qu'elle n'a pas d'autres intérêts ou bénéfices à tirer de son étude.
Et la vérité est que la seule façon de réussir à étudier est de commencer par étudier chélo lichma.

Le rav Israël Salanter écrit : "La base de l'étude de la Torah lichma est de commencer à étudier chélo lichma, ce qui signifie que l'on doit étudier avec l'intention de devenir éminent parmi parmi les grandes personnes".
Il s'agit là d'une déclaration surprenante qui choque de nombreuses personnes lorsqu'elles l'entendent pour la première fois. Il est certain que cet idéal respire l'orgueil et la fierté, ce qui, nous dit-on, est la pire des midot (trait de caractère) et semble être l'antithèse de ce que l'on attend d'un homme qui apprend.
Le rav Shlomo Wolbe (Alé Shour) explique qu'il est impératif qu'une personne développe ses capacités d'étude et ne laisse pas d'autres considérations entraver sa croissance. Le rêve de devenir "éminent parmi les grands" est ce qui donnera à un jeune apprenant la volonté de maximiser ses capacités d'apprentissage.
Néanmoins, le risque qu'il devienne orgueilleux est extrêmement dangereux
, et nous devons donc nous engager dans 3 remèdes : premièrement, travaillez très dur sur la prière, dont toute l'essence est de s'humilier devant Hachem ; deuxièmement, développez l'humilité en étudiant avec une 'havrouta, car cela nous oblige à écouter patiemment son opinion, à admettre parfois qu'il a raison et que nous avions tort, ou à reconnaître les qualités supérieures qu'il possède ; enfin, plaçons nous en compagnie d'un véritable géant de la Torah, pour écouter ce qu'il dit et observer la façon dont il agit.
Le fait d'être constamment en contact avec une grande personnalité de la Torah permet à une personne de se rendre compte du chemin qu'il lui reste à parcourir et limite ainsi les risques qu'elle se laisse emporter par ses succès actuels.

=> En résumé, le lichma comporte 2 volets.
1°/ Le premier est l'état d'esprit : la raison pour laquelle nous étudions, à savoir apprendre à connaître Hachem par le biais de Sa Torah et, par conséquent, à devenir une personne sur laquelle il convient qu'Hachem fasse reposer Sa Chékhina.
Si nous ne développons pas consciemment cette attitude de lichma, elle ne se produira pas d'elle-même.

2°/ Le deuxième point concerne la manière dont nous étudions. Nous devons nous efforcer d'étudier uniquement dans l'intention de comprendre et de connaître davantage la Torah.
A cet égard, même si nous commençons à étudier avec d'autres intérêts secondaires, cela finira par être la seule motivation de notre esprit pendant que vous étudions.
[rav Avraham Tabor]

La téchouva

+ La téchouva :

-> Le 'Hafets 'Haïm a dit à rav Barou'h Leibovitz : "Si [vous avez fait téchouva alors] vous n'avez pas besoin d'être brisé. La faute est effacée, et c'est comme si vous ne l'aviez jamais commise!"

=> Nous devons toujours nous rappeler que, quels que soient l'endroit où nous nous trouvons et ce que nous avons fait, un juif n'est jamais perdu. Nous pouvons toujours retourner auprès de notre Père céleste aimant et recommencer à le servir loyalement.
L'âme reste aussi pure et sainte qu'elle l'a toujours été et Hachem est heureux de nous accepter comme si rien ne s'était passé.

-> Rabbénou Yona (Yesod haTéchouva) écrit :
"Le jour où l'on décide de faire téchouva et de revenir à Hachem, on doit se défaire de toutes les fautes qu'on a commises et faire comme si on venait de naître, sans mérites ni fautes. C'est aujourd'hui que commence notre action. Aujourd'hui, on doit veiller à ne pas s'écarter du droit chemin.
C'est ainsi qu'on pourra se repentir pleinement en se débarrassant du lourd fardeau de ses fautes.
[le yétser ara désire davantage l'état de culpabilité, de désespoir qui résulte d'une faute, que la faute en elle-même! ]
On ne doit pas être découragé par des pensées qui nous hantent et nous empêchent de faire téchouva parce qu'on se sent gêné par nos fautes, et qu'on se dit : "Comment puis-je avoir l'audace de me repentir? J'ai commis toutes sortes de fautes, même délibérées, et je les ai répétées encore et encore, un nombre incalculable de fois. Je suis gêné de me tenir devant Hachem comme un voleur pris en flagrant délit. Comment puis-je entrer dans le Heichal d'Hachem? Comment puis-je garder Ses mitsvot?"

Ne pensez pas ainsi ! C'est un stratagème du yétser ara, qui est assis comme une mouche dans les chambres du cœur, se renouvelant chaque jour.
Le yétser ara guette et attend de faire trébucher. Il faut plutôt penser : "C'est la mida d'Hachem, Sa main est [toujours] tendue pour accepter ceux qui se repentent."

La meilleure chose que l'on puisse faire est de se débarrasser de toutes ses fautes et de se faire un nouveau cœur."

-> Le Rambam (Hilkhot Téchouva 7,6-7) enseigne :
"La téchouva est si grande qu'elle rapproche une personne d'Hachem ... Hier, il était détesté, dégoûtant et éloigné d'Hachem, mais aujourd'hui, il est aimé, chéri, proche et meilleur ami ...
Hier, il était séparé d'Hachem ... il faisait la prière mais n'était pas exaucé ... aujourd'hui [suite à sa téchouva], il est attaché à Hachem, il fait la prière et est exaucé immédiatement ... Hachem accepte ses mitsvot avec joie et désire qu'il les accomplisse".

=> Quel que soit l'endroit où elle se trouvait, un juif peut revenir pour devenir proche d'Hachem, aimée et chérie à Ses yeux. Quelle chance!!

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Le sujet de la téchouva est très vaste, mais on peut rapporter en guise de réflexion :

-> Le rav Tsadok haCohen (Pri Tsadik - Kédochim 12) enseigne :
"Les âmes les plus précieuses se trouvent particulièrement dans les endroits les plus sales, comme le Zohar (vol.II,184a) nous l'apprend : "la lumière la plus lumineuse est celle qui brille dans l'obscurité ... Au final, il sera révélé que toutes les âmes d'Israël, Ta nation, sont des tsadikim [cf. "Ton peuple : tous sont tsadikim" (Yéchayahou 60,21)] ... même quelqu'un qui a fauté dans ce sujet [de la sainteté].

C'est parce qu'en réalité notre désir est de faire Ta volonté, mais "la levure dans la pâte" (le yétser ara) nous en empêche ...
Grâce à la téchouva tout peut être réparé ... et davantage de lumière peut briller du milieu des ténèbres."

=> Lorsque nous tombons dans la faute, au lieu de désespérer (je ne vaux rien! je suis nul), il faut avoir conscience que : "Les âmes les plus précieuses se trouvent particulièrement dans les endroits les plus sales".
[ce n'est pas parce qu'actuellement je suis sale (sans l'avoir fait exprès!) que je ne vaux rien, au contraire!]
De plus, en faisant téchouva, nous avons la possibilité d'allumer dans l'obscurité de ce monde/notre vie, une lumière d'une intensité très élevée.

-> "Même une personne qui faute durant toute sa vie, elle peut quand même être considérée comme un tsadik, tant qu'elle n'abandonne jamais et qu'elle continue à se battre [pour vaincre son yétser ara]."
[Séfer Ménou'ha véKédoucha - écrit par un élève du rav 'Haïm de Volozhin]

-> "Rien ne peut s'opposer à la téchouva.
Même si quelqu'un a pu commettre toutes les fautes du monde, il pourra faire téchouva sur chacune d'elles"
[Chla haKadoch - Roch Hachana - Dérékh 'Haïm To'ha'hat Moussar 114]

[Précision: une personne qui faute volontairement, pensant qu'elle pourra ensuite faire téchouva, il lui sera alors extrêmement difficile de le faire car ce qui l'a poussé à fauter est cette capacité à se faire pardonner]

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-> issu du divré Torah : https://todahm.com/2023/08/22/connaitre-notre-grandeur-2e-partie

La prière

+ La prière :

-> Le juif dispose également d'une arme pouvant changer le monde : la prière.
Lorsque nous nous levons pour prier, nous nous tenons plus près d'Hachem que tous les âme au Ciel et que les anges les plus saints.

Nous décrivons Hachem comme le "Shoméa téfila" (Celui qui répond aux prières).
Un juif se tient debout dans la prière, confiant dans le fait qu'Hachem attend de répondre à nos demandes et de recréer le monde en fonction de ce que nous Lui demandons.
Nos Sages enseignent qu'il n'y a pas de miracle si Hachem répond à notre prière et accomplit des miracles pour nous aider. En effet, Hachem a créé le monde de manière à ce que nous priions et qu'Il nous réponde. C'est la manière "naturelle" du monde.
À tel point que le midrach écrit que si une personne réalise qui elle prie (le Roi des rois) et ce qu'elle est capable d'accomplir avec sa prière, alors elle serait remplie d'une joie intense à l'idée de faire la prière.

-> La prière est une source de frustration et de déception pour beaucoup.
Nous avons beaucoup de mal à nous concentrer et encore plus à ressentir une véritable émotion. Même dans un moment de réelle tristesse, lorsque nous savons à quel point il est crucial de bien prier, et que nous commençons avec la détermination ardente que cette fois-ci sera différente, notre prière finit généralement comme toutes les autres, nous laissant découragés et souvent gênés de prier à nouveau.
[notre yétser ara nous pousse à penser : je prie mal => ma prière a peu d'impact, d'importance auprès d'Hachem, alors pourquoi continuer ... ]

Pourtant, le Baal HaTanya (chap.28) nous explique ce qui se passe pendant notre prière :
"Même si l'on commence à avoir des pensées de convoitise ou d'autres pensées sans rapport avec le sujet pendant qu'on étudie [la Torah] ou qu'on fait la prière, on ne doit pas du tout y prêter attention.
On ne doit pas se sentir déprimé ou humilié pendant la prière, car il faut être rempli de joie.
Au contraire, on doit se renforcer et travailler encore plus dur pour se concentrer sur les mots avec une grande joie, parce qu'on doit réaliser que ces pensées nous viennent du yétser ara, qui fait la guerre à notre âme.
Lorsque 2 combattants s'affrontent et que l'un d'eux commence à prendre le dessus, l'autre utilise toutes ses forces pour riposter.
Ainsi, si l'âme s'efforce de bien prier, le yétser ara se renforce lui aussi et fait tout ce qu'il peut pour la distraire et lui faire penser à autre chose...

On pourrait conclure du fait qu'on a pensé à d'autres choses pendant qu'on priait, alors notre prière est sans valeur, tandis que si on avait prié correctement, on n'aurait jamais eu de telles pensées.
Cela serait vrai si on n'avait prié qu'avec sa bonne âme et que notre esprit avait dérivé vers d'autres pensées.
Mais la vérité est qu'il y a 2 âmes qui se font la guerre dans sa tête pendant qu'on prie. Chacune d'entre elles veut prendre le dessus et être la seule à contrôler la situation.
Lorsqu'une personne commence à prier, c'est comme si un racha adorateur d'idoles se tenait devant elle et commençait à lui parler pour la distraire. La seule chose qu'on puisse faire est de ne pas répondre et de faire comme si on était sourd ... et de se forcer à détourner son esprit de ces pensées et à se concentrer sur les mots de la prière.
Et si on n'y parvient pas, on doit supplier et implorer Hachem d'avoir pitié de nous, comme un père de son fils ..."

[ ne cédons jamais à notre yétser ara! Chaque échec prouve que nous sommes des ambassadeurs loyaux d'Hachem qui n'abandonneront pas le combat! Notre neshamah est toujours prête à faire la volonté d'Hachem, que nous le sentions ou non.
Nous devons prier Hachem de nous aider à nous connecter à Lui et à ne pas être désillusionnés par l'écran de fumée que le yéter ara place devant nos yeux. (qui nous pousse principalement à dévaloriser l'impact de nos prières, de nos actions, et la valeur de tout juif! )]

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-> issu du divré Torah : https://todahm.com/2023/08/22/connaitre-notre-grandeur-2e-partie