Aux délices de la Torah

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"Avec Moi, de Lévanon, ô épouse, avec Moi, de Lévanon, tu viens ; tu regarderas du haut du mont Amana" (iti miLévanon kala, iti miLévanon tavo'i, tachouri méroch amana - Chir haChirim 4,8)

-> Lors de la rédemption finale, les exilés rassemblés regarderont la Terre sainte du haut du mont Amana, comme quelqu'un qui regarde sa maison après l'avoir quittée pendant de nombreuses années ...
Il existe une montagne nommée Amana dont le sommet est la frontière nord de la Terre Sainte [d'Israël] (voir guémara Guitin 8a).
Lorsque les exilés rassemblés y parviendront, ils "regarderont le pays du haut de la Amana", se réjouiront et exprimeront leur gratitude.
[...]

Chaque nuit, pendant que nous dormons, nos âmes s'élèvent pour étudier la Torah dans les écoles célestes de Torah. Cette ascension se fait par le site du Temple, où se trouve la porte du ciel.
Lorsque les exilés rassemblés [au moment de la guéoula] arriveront à la frontière de la Terre d'Israël, leurs âmes reconnaîtront le lieu et réveilleront leurs corps pour se réjouir et chanter.
[en effet même chez les juifs dont le corps ne sera jamais venu en Israël, en réalité leur âme aura constamment contemplé la Terre d'Israël. ]

Hachem dit aux âmes : "C'est de Lévanon que tu viendras avec Moi, ô fiancée, c'est de Lévanon que tu viendras avec Moi".
Lévanon (de lavan, "blanc") fait référence au Temple, qui blanchit les fautes d'Israël grâce aux sacrifices expiatoires (guémara Yoma 39b).
Hachem dit : Ô épouse, chaque nuit tu viens pour être avec Moi, arrivant de Lévanon, le site du Temple. La preuve en est que "tu regarderas depuis le sommet de l'Amana", ce qui témoigne que vous reconnaissez la Terre.
[Ben Ich 'Haï - Even Chéléma]

"Dans une génération qui rejette Hachem, attendez les pas du machia'h".
[midrach Yalkout Chimoni - Amos 549 ]

La puissance de la Torah en Israël

 "Ce sont les paroles que Moché a prononcées à tout Israël, de l'autre côté du Jourdain" (Dévarim 1,1)

-> Le Sfat Emet (Devarim 5658) développe ce point, expliquant que lorsque les Bné Israël sont arrivés sur les rives du Jourdain et ont senti la lumière émanant de la terre d'Israël, les sources de la sagesse se sont ouvertes à eux.
Comme le disent nos Sages : "Il n'y a pas de Torah comme la Torah de la terre d'Israël", et tout comme le mont Sinaï était parfaitement adapté pour recevoir la Torah, la terre d'Israël est également parfaitement adapté pour que la Torah y soit clarifiée.

C'est pourquoi le verset dit : "De l'autre côté du Jourdain, dans le pays de Moav, Moché commença à expliquer la Torah en disant..." (Devarim 1,5).
Le verset souligne que Moché a seulement commencé à expliquer la Torah.
S'il était entré en terre d'Israël, il aurait développé la Torah bien davantage, et le monde aurait alors atteint sa réparation (tikoun) finale.
C'est pourquoi c'est à ce moment-là que Moché a demandé à Hachem d'entrer dans le pays. Puisqu'il avait déjà commencé à expliquer la Torah, il voulait la poursuivre et la compléter, et il savait que cela ne pouvait être réalisé qu'en terre d'Israël.

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+ Précision de la partie le long du Jourdain dite Transjordanie :

-> Le Ran (sur guémara Nédarim 22b) dit que la Transjordanie est considérée comme faisant partie de la Terre sainte, son niveau de sainteté est néanmoins inférieur à celui de la terre d'Israël proprement dit (de l'autre côté du Jourdain).
Le Ran poursuit en énumérant plusieurs ramifications de la différence de niveau de sainteté entre les deux endroits. Le korban omer, par exemple, ne peut être apporté à partir de grains récoltés en Transjordanie.

Selon certaines opinions (cf. guémara Shabbath 55a), les mérites des Patriarches ont été totalement épuisés. En revanche, ceux des Matriarches perdurent.
Ainsi, la nation juive sera finalement libérée grâce aux bonnes actions des héroïnes de l'histoire juive.
[Sfat Emet - Pessa'h 5642]

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Même si le mérite de nos Patriarches est épuisé, la guéoula finale se produira par le mérite de nos Matriarches.
[Sfat Emet - Pessa'h 5642]

Chaque Shabbat, jour imprégné d'une aura surnaturelle, la lumière spirituelle autrefois émise par les premières Tables de la Loi filtre vers la terre.
[Sfat Emet - Ki Tissa 5642]

Pourquoi le peuple d’Israël est-il comparé à un lion?

+ Pourquoi le peuple d'Israël est-il comparé à un lion?

"Voici un peuple qui se lève comme un lionceau" (Balak 23,24)

-> Dès le lever du soleil, il se lève fort comme un lion pour le service de son Maître (Hachem), en chantant Ses louanges. Il étudie la Tora jour et nuit.
"Il ne se couche pas sans avoir dévoré sa proie" (ibid.) = avant de s'endormir, il proclame que D. est roi ici-bas et dans le ciel en récitant le Shéma et implore la miséricorde du Roi par la lecture de différents versets en ce sens.
Rabbi Aba, lui, déduit du verset : "Voici un peuple qui se lève comme un lionceau" que, dans le futur, ce peuple se dressera contre toutes les nations païennes comme un lion puissant et fondra sur elles.

Autre explication : "Voici un peuple qui se lève comme un lionceau pour offrir des sacrifices sur l'autel devant le Roi. Nous avons appris par tradition que l'on pouvait voir la forme d'un lion dévorer le sacrifice pendant qu'il était en train de brûler sur l'autel. Et Rabbi Aba précise que ce lion dévorant était en fait l'ange Ouriel.
Lorsque les Hébreux avaient moins de mérite, ils voyaient sur le sacrifice la forme d'un chien impudent. Ils comprenaient alors qu'ils devaient se repentir et ils s'empressaient de le faire.
Suivant cette explication, la suite du verset : "Il ne se couche pas sans avoir dévoré sa proie" fait allusion aux sacrifices, comme les holocaustes, qui sont brûlés pendant la nuit.
La fin du verset : "Il boira le sang des victimes" signifie que Hachem fera la guerre pour eux contre leurs ennemis.

Pour sa part, Rabbi El'azar explique la formule "il ne se couche pas sans avoir dévoré sa proie" de la manière suivante : Quand un homme respecte les commandements de son Maître (Hachem), il ne se couche pas avant d'avoir tué 1125 êtres malfaisants qui se trouvaient à ses côtés.

Rabbi 'Hizkiya déclare : Les Bné Israël furent bénis par Bil'am à trois reprises, autant de fois qu'il avait frappé son ânesse. Rabbi 'Hiya ajoute : Ils reçurent le privilège de venir trois fois par an pour se présenter devant D. lors des fêtes de pèlerinage et de bénéficier ainsi de la bénédiction divine.
[Zohar - Balak 211a]

Selon une michna (Pèa 1,1), l'étude de la Torah équivaut à elle seule à toutes les autres bonnes actions dont l'homme tire profit dans ce monde tout en conservant le capital pour le monde futur ...

Le Tana débé Eliyahou enseigne : Heureux l'homme qui se rend comme un bœuf sous le joug et comme une bête de somme en étudiant la Tora toute la journée, car l'inspiration sacrée réside aussitôt sur lui.
[rav 'Haïm Vital - Chaaré Kédoucha 2,4]

"Choisissez parmi vous (Litt. : retirez d’entre vous - הֵחָלְצוּ) des hommes d’armée ; ils marcheront contre Midian pour exercer sur lui la vindicte d’Hachem" (Matot 31,3)

-> Le Noam Mégadim explique qu’Israël étant un peuple saint, il est soumis à une seule règle lorsqu’il part à la guerre : il doit placer sa confiance en Hachem, seulement en Lui, et non dans les armes, les chevaux ou tout autre élément matériel. Ses yeux doivent être dirigés uniquement vers Hachem.

C’est ce que le verset vient signifier par l’emploi de l’expression : "Choisissez parmi vous [Retirez d’entre vous] des hommes d’armée", voulant ainsi suggérer : "Retirez" [de vos cœurs cette pensée qu’il y a] "parmi vous des hommes d’armée", et "ils marcheront contre Midian" avec une confiance absolue et exclusive en Hachem ; et dès lors, vous serez, à coup sûr, en mesure d’"exercer sur lui la vindicte d’Hachem".

Et le Noam Mégadim de conclure en disant : "Comprends-le bien, et que ces paroles pénètrent dans ton cœur, car ce doit être la même chose dans tous les domaines.
Dans chacune de ses voies, l’homme devra avoir l’intelligence de penser et de ressentir de cette manière, et grâce à cela, il bénéficiera d’une délivrance Divine complète."

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"(Moché envoya) Mille par tribu, mille pour chacune des tribus" (Matot 31,4)

-> Le midrach (Bamidbar rabba 22,3) explique en disant que, de chaque tribu, furent envoyés 2 000 hommes : 1000 pour combattre au front, et 1000 autres afin de prier pour eux.

-> Le rav Yé’hézkiel Lévinstein pose plusieurs questions sur ce midrach :
1°/ Pourquoi ceux qui priaient furent-ils également envoyés au front ; ne valait-il pas mieux les installer à la synagogue pour prier?
2°/ Pourquoi envoyer 1 000 hommes pour prier par tribu? Ne suffisait-il pas de réunir un minyan, d’autant plus que l’on pouvait compter sur la prière de tous les Bné Israël? Quelle était donc l’utilité d’assigner ce rôle particulièrement à ces 1 000 hommes?
Pourquoi était-il nécessaire que chaque soldat avait quelqu'un exclusivement une personne qui était là au front pour prier pour lui?
3°/ Par-dessus tout, il y a lieu de s’étonner : cette guerre était une guerre de mitsva que Hachem avait ordonnée à Moché en lui disant : "Exerce la vengeance des Bné Israël sur les Midianites". Dès lors, pourquoi fallait-il prier pour la victoire de cette guerre?

Le rav Yé’hézkiel Lévinstein y répond en expliquant que, certes c’était D. qui conduisait la bataille, mais néanmoins l’homme par nature a tendance à penser que c’est "à la force de son poignet" qu’il a pu réussir. Or, ce genre de pensée est "le début de la fin", et l’origine de la défaite.
Et puisque Hachem désirait les protéger de telles pensées, Moché dut envoyer 1 000 hommes, comme le nombre précis de combattants, afin qu’ils prient à proximité de ces derniers.
De cette manière, chacun savait qu’il y avait un homme en particulier qui priait pour lui, et il ne s’attribuait donc pas la victoire à lui-même? mais seulement au Maître du monde qui écoutait la prière de cette personne.
[l’homme est, en effet, influencé par ce que ses yeux voient. Donc, le fait de savoir que quelqu’un dans le camp prie pour lui n’est pas suffisant, et n’écarte pas le danger de penser que la réussite lui revient.]

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-> Le rav Elimélé'h Biderman ajoute :
Nous pouvons avancer une autre raison pour laquelle ceux désignés pour prier devaient se trouver sur le lieu de la guerre. C'était pour qu'ils puissent prier de tout leur cœur et de toute leur âme.
Il est vrai qu'ils pouvaient prier de loin, mais s'ils ne voyaient pas le danger devant leurs yeux, leurs prières n'auraient pas la même passion et la même ferveur.
[voyant sous ses yeux les soldats adverses beaucoup plus nombreux, plus armés, plus entraînés, ... face à ce risque de mort réelle, alors chaque personne attitrée pour prier devait le faire de toutes ses forces, pour s'assurer qu'il ne mourrait pas.
Mais s'ils étaient au loin dans la synagogue, alors ils n'auraient pas conscience de cela, et ils auraient certes bien prié, mais pas de toutes leurs forces, coeur, réduisant alors l'impact de leur prière.
On apprend de là que pour nous même, et pour autrui, il ne suffit pas de remuer nos lèvres, mais il faut s'éveiller pour en arriver à tout donner dans notre prière (que tout notre coeur vibre, parle à Hachem). ]

-> Quelqu'un qui a tué accidentellement devait fuir dans une ville refuge, et y rester jusqu'à ce que le Cohen gadol meurt, car alors il devenait libre.
La michna (Makot 11) nous explique que les mères des Cohen gadol fournissaient de la nourriture et des habits [aux meurtriers qui avaient fui dans les villes de refuge] afin qu'ils ne prient pas pour que leur fils meurt.
=> En quoi de simples habits et nourriture pouvaient les apaiser, car être dans une ville refuge était comme être dans une prison (s'il en sortait avant la mort du Cohen Gadol, il pouvait être tué par la famille de la victime). Ne continueraient-ils pas à prier pour la mort du Cohen Gadol, les laisser libres de mouvement?

La réponse est qu'ils continuaient à prier pour la fin du Cohen Gadol, mais en raison des cadeaux qu'ils avaient reçu, ils ne priaient plus de tout leur coeur et de toute leur âme, et de telles prières sont moins efficaces.

-> Suite à la faute des explorateurs dans le désert, chaque année 15 000 personnes mouraient.
15 000 x 40 ans dans le désert égalent 600 000.
Il était prévu que 600 000 personnes meurent. C'était leur punition pour la faute des explorateurs.
Cependant, la dernière année, le pardon leur a été accordé. Personne ne mourut cette année-là.

Nous pouvons expliquer que lorsque les hommes sont descendus dans leurs tombes chaque année, ils n'ont pas prié de toutes leurs forces pour être sauvés.
Ils savaient que 15 000 personnes allaient mourir cette nuit-là, mais ils pensaient que d'autres mourraient peut-être et pas eux, et ils n'ont donc pas prié de tout leur cœur et de toute leur âme.
Mais en cette dernière année, les 15 000 dernières personnes de la génération précédente (qui ont péché avec les explorateurs [méraglim]) sont entrées dans leurs tombes, sachant qu'elles étaient toutes destinées à mourir.
Nous pouvons être certains que cette nuit-là, ils ont prié pour le salut de tout leur cœur.
Et lorsqu'une personne prie de tout son cœur, ses prières sont exaucés. C'est peut-être la raison pour laquelle, cette fois-ci, ils ont tous survécu.

"Qui, seul, opère de grandes merveilles" (Téhilim 137,4) = tout ce que D. fait est des "grandes merveilles".
Les plus grandes de toutes, sont les merveilles dont Lui seul est conscient.
[Baal Chem Tov]

[ainsi lorsque nous remercions Hachem, cela reste très limité : en fonction de ce que nous comprenons, en fonction de ce que nous avons connaissance, ...]

Obtenir une délivrance & émouna

-> La émouna dans les promesses d'Hachem, même lorsqu'elles semblent ne pas correspondre à la réalité que nous percevons, génère un mérite extrêmement puissant pour nous.
En fait, le midrach (Yalkout Chimoni - Hochéa 2) affirme que la émouna que les juifs en Égypte avaient concernant leur libération éventuelle était en fait ce qui a permis à leur délivrance de se produire.
C'est la raison pour laquelle Moché a d'abord partagé la nouvelle de la délivrance avec les juifs lorsqu'il est retourné en Égypte. Ce n'est qu'ensuite qu'il alla parler à Pharaon (Chémot 4,31 ; 5,1). Il avait besoin d'allumer la flamme de la émouna des juifs avant que la délivrance ne se produise.
De même, le Sforno (Bo 12,11) écrit que lorsque le peuple juif a mangé le Korban Pessa'h la nuit précédant la sortie d'Égypte, il lui a été ordonné de le faire "(avec) vos reins ceints, vos chaussures aux pieds et votre bâton à la main" (Bo 12,11). Les juifs devaient agir comme s'ils étaient déjà en train de partir. Ils démontraient ainsi leur foi en la réalisation de la sortie d'Egypte, ce qui leur permettait de partir (voir Sforno - Vaéra 6,9).

-> Il nous est enseigné que c'est également de cette manière que la délivrance future doit se produire.
Ce même midrach (Yalkut Chimoni - Hochéa 2) poursuit : "Par le mérite de la émouna, nous mériterons la délivrance future et le rassemblement des exilés .... [tout comme] ils ont quitté l'Égypte grâce à [leur] émouna".

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-> Ce concept est également crucial pour notre vie quotidienne.
Le moyen de nous racheter de nos difficultés personnelles est également la émouna.
Le midrach (Béréchit rabba 98,14) affirme que l'on se libère de la souffrance grâce à "l'espoir".
Le rav Yérou'ham Lévovitz explique cette affirmation ainsi :
Supposons qu'un juif souffre et qu'il renforce sa émouna en pensant que toute sa douleur vient d'Hachem. Il affirme qu'Hachem peut mettre fin à sa douleur à tout moment, et cette connaissance l'imprègne du grand espoir que les choses changeront.
C'est précisément cette émouna et cet espoir qui fournissent le mérite par lequel la délivrance [personnelle] d'une personne peut survenir.

Pourquoi en est-il ainsi?
La réponse est simple : Hachem veut nous racheter de nos problèmes. Cependant, Il attend que nous renforcions notre émouna.
En effet, le but même de la souffrance est souvent de renforcer notre émouna et de nous rapprocher de Lui.