Aux délices de la Torah

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Les paroles d’un tsadik illuminent et purifient ceux qui les entendent

+ Les paroles d'un tsadik illuminent et purifient ceux qui les entendent :

"Et voici que tes yeux voient... que c'est ma bouche qui te parle" (Vayigach 45,12)

-> Le rav Lévi Its'hak de Berditchev (Kédouchat Lévi) explique ce verset en citant son rabbi, le Maggid de Mézéritch, qui a dit que tout comme il y a de la lumière et de l'obscurité dans le monde, il y a aussi de la lumière et de l'obscurité à l'intérieur de chaque personne.

Le rav de Berditchev ajoute que lorsqu'une personne entend les paroles d'un tsadik, cela fait ressortir la lumière qui est en elle.
Ainsi, le verset dit que leurs yeux ont pu voir parce qu'ils ont été illuminés et purifiés lorsqu'ils ont vu que la bouche d'un tsadik leur parlait.

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-> La force de se lier à un tsadik : https://todahm.com/2024/11/12/la-force-de-se-lier-a-un-tsadik
-> La force du regard d'un tsadik : https://todahm.com/2025/02/23/la-force-du-regard-dun-tsadik

Agir avec bonté, faire la charité, protège de toutes mauvaises choses, dont le yétser ara

+ Agir avec bonté, faire la charité, protège de toutes mauvaises choses, dont le yétser ara :

"Gad recrutera un régiment et il retournera sur ses talons" (Gad guédoud yégoudénou, véhou yagoud akev - Vayé'hi 49,19)

-> Le rav Méir d’Apta (séfer Ohr LaChamayim) écrit que "Gad" (גָּד) peut être un acronyme pour "gomel dalim" (aider les pauvres). En conséquence, le verset dit que celui qui soutient les pauvres du peuple d’Israël mérite "guédoud yégoudénou", c’est-à-dire que des troupes d’anges célestes l’entourent et le protègent de toutes les mauvaises choses.

Le verset continue : "véhou yagoud akev". Cela peut être compris comme signifiant qu’il méritera en plus de pouvoir détruire son yétser ara, qui est connu sous le nom de "ekev", le talon (comme dans Béréchit 3,15).
[ le mot "vayaged" peut signifier détruire (comme dans Sanhédrin 110b). ]
Ainsi, celui qui aide les autres dans le besoin reçoit le pouvoir de détruire toutes les forces du mal.

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-> De même, le séfer Divre Shmouel souligne que le mot "Gad" (גָּד) peut être un acronyme de "Gomel Dalim", qui signifie soutenir les pauvres.
Cela indique que la tsédaka entoure une personne comme une troupe de soldats et la protège de toutes les difficultés.

Dans la même veine, le Divré Shmouel explique le verset : "Et la émouna l’entoure" (Téhilim 89,9) pour signifier que lorsque l’on a la émouna, elle nous entoure et nous protège de tous côtés.

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+ La bonté envers autrui crée une multitude d’anges Défenseurs :

-> Le rabbi de Lisk (séfer Akh Pri Tévoua) explique de même que le mot "Gad" (גָּד) renvoie à "guémilout 'hassadim (être bon envers autrui).
Le verset dit : "Tsion sera rachetée par le michpat, et ceux qui y retourneront par la tsédaka" (tsion bémichpat tifadé, véchavéa bitsédaka - Yéchayahou 1,27).
Le Arizal explique que les tsadikim qui n'ont pas fauté reviendront avec la justice "michpat", car ils méritent d’être rachetés, sauvés (par leurs mérites).
Mais "chavéa", ceux qui reviennent, c’est-à-dire ceux qui ont fauté et qui doivent faire téchouva, seront rachetés par la tsédaka. Ils seront sauvés en raison de la tsédaka et des actes de bonté qu’ils accomplissent, comme le dit le verset : "Et vos fautes seront effacés par la tsédaka" (Daniel 4,24).

Ainsi, lorsque le verset dit "Gad guédoud yégoudénou", cela signifie que de nombreuses troupes d’anges seront créées par le mérite de la guémilout 'hassadim.
"véhou yagoud akev" = cela signifie qu’à la fin des temps, avant l’arrivée du machia'h, lorsque notre nation sera dans un état faible à cause de nos nombreuses fautes et que la puissance de notre Torah ne sera pas suffisante pour nous sauver, nous devrons nous tourner vers le mérite de la tsédaka et du 'hessed (bonté).

[Cela se voit également dans la Iguéret haKodech dans séfer haTanya qui dit : "L’étude de la Torah équivaut à tout cela" (vétalmud Torah ké'neged koulam.). Cela a été dit à propos du temps des Tanaïm et des Amoraïm lorsqu’ils étudiaient la Torah lichma. Mais pendant la période précédant la venue du machia'h, notre avoda principale est par la tsédaka et la guémilout 'hassadim ..." ]

Les égyptiens brisèrent leurs idoles

+ Les égyptiens brisèrent leurs idoles :

Yossef recueillit tout l'argent qui se trouvait dans le pays d'Egypte et dans le pays de Canaan en échange des provisions qu'ils achetaient et Yossef fit rentrer l'argent dans le palais de Pharaon" (Vayigach 47,14)

-> Le rav Tsvi Hirsch de Ziditchoiv (cité dans Divré Shaul) et le rav Meir de Prémichlan (cité dans Divré Meir), tous deux expliquent ce verset comme suit :
Nos Sages disent que Yossef a acquis tout l’argent en Egypte. Les pièces de monnaie en Egypte portaient des images d’idoles, alors comment Yossef a-t-il été autorisé à prendre leurs idoles alors que nous savons qu’il est interdit de tirer un quelconque profit de telles choses?

Le verset répond à cette question en disant qu’ils donnaient aux idoles "béchéver". Ce mot signifie "chevira" (briser). La halakha (Avoda Zara 42a) stipule qu’un non-juif peut briser sa propre idole et ainsi lui retirer son statut d’objet interdit.
Ainsi, Yossef ordonna aux non-juifs de briser les pièces avant de les donner à Yossef. Il lui fut donc permis de les prendre.

Seuls les juifs sont dotés du pouvoir de la parole

+ Seuls les juifs sont dotés du pouvoir de la parole :

-> Le Bat Ayin (paracha Bo) enseigne
Le but principal de la Création était pour peuple juif, qui est le seul à être appelé "adam" (guémara Yébamot 61a).
La raison en est qu'un juif peut utiliser sa parole pure et sainte pour apporter une abondance de bien, de vie et de bénédiction à ce monde.   [ex: en apparence un juif bouge simplement ses lèvres (rien de spécial, du vent), mais en réalité il impacte le Ciel et tous les mondes. ]
Seul le peuple juif a le pouvoir d'utiliser sa parole d'une manière aussi pure et de la protéger d'une utilisation inappropriée. Ils sont les seuls à pouvoir utiliser leur bouche pour servir Hachem et, par conséquent, à se différencier de tous les animaux.
En revanche, la parole de toutes les autres nations, n'a aucune sainteté réelle et ne présente aucun avantage. C'est pourquoi on ne les appelle pas "adam" (homme, humain), car ils ne se distinguent pas des autres créatures (animaux).

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-> Le Ohr laChamayim explique que la gloire et la royauté du peuple juif dépendent de leur paroles. Leur supériorité sur les autres est due au fait qu'ils utilisent leur parole à des fins sacrées.

En conséquence, il commente le verset : "lémoli'h amo bamidbar" (litt. à Celui qui dirigea son peuple dans le désert - Téhilim 136,16) ainsi : "lémoli'h amo" = la royauté (mélou'ha) de votre nation. "bamidbar" = est avec la parole (dibour).

=> La parole du peuple juif est ce qui lui confère toute sa royauté, sa gloire et sa grandeur dans ce monde.

"Si le serviteur dit : "J'aime mon maître, ma femme et mes enfants, je ne veux pas sortir libre, son maître l'emmènera vers Elokim (dans le contexte : au tribunal)" (Michpatim 21,5)

-> Le séfer Kitvé Rama cite le rabbi de Kobrin qui explique que ce verset fait référence à une personne juive qui désire être un serviteur d'Hachem. Il dit qu'il "aime son maître", c'est-à-dire qu'il aime Hachem.
Il dit également qu'il aime sa "femme", c'est-à-dire la Torah, qui est considérée comme l'épouse du peuple juif (voir Michlé 9,5).
Il dit encore qu'il aime ses "enfants", c'est-à-dire les mitsvot (comme le dit Rachi dans Noa'h 6,9 : les bonnes actions d'une personne sont appelées "ses enfants").
Il déclare ainsi qu'il désire Hachem, la Torah et les mitsvot.

Il dit donc qu'il ne veut pas se libérer, ce qui signifie qu'il ne veut pas chercher d'excuses pour éviter d'observer la Torah et les mitsvot.
Le verset continue en disant que s'il fait cela : "Son maître le rapprochera d'Hachem (Elokim)". Hachem l'aidera à être capable de Le servir pour toujours.

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+ Hachem est obligé de soutenir ses serviteurs :

-> Le 'Hidouché haRim demande pourquoi l'esclave juif est puni si sévèrement. Il ne s'est vendu que parce qu'il était extrêmement pauvre et ne pouvait pas subvenir à ses besoins. Pourquoi est-il traité si durement et réduit à l'état d'esclave?

Il répond que l'individu mérite d'être puni parce que s'il avait accepté de servir Hachem dès le début, il ne se serait jamais retrouvé dans cette situation désespérée. En effet, Hachem prend soin de ceux qui observent la Torah.
Un maître a l'obligation de subvenir aux besoins de ses esclaves. Si une personne accepte d'être le serviteur d'Hachem, Hachem a l'obligation de la soutenir et de répondre à tous ses besoins.
Cela signifie que le fait que cette personne était si pauvre qu'elle n'avait rien est une preuve qu'elle n'avait pas accepté d'être l'esclave d'Hachem, et que par conséquent, Hachem ne la soutenait pas.

Adam et ‘Hava

+ Adam et 'Hava :

-> Quand l'âme a-t-elle été créée ?
Alors que la Torah indique clairement qu'Adam et 'Hava ont été créés le 6e jour de la Création, les âmes saintes de l'humanité ont été créées le premier jour de la Création.
Le 6e jour, elles ont été insérées dans les corps inanimés d'Adam et de 'Hava et, par conséquent, sont devenues vivantes.
[ rav Yonathan Eibshitz - Ahavat Yéhonatan - Shoftim ]

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-> L'âme entre dans le corps 40 jours après la conception. Le Talmud décrit le fœtus pendant les quarante premiers jours comme "une simple eau". Au bout de quarante jours, le fœtus commence à se former.
[ rav Yonathan Eibshitz - Ahavat Yéhonatan - Shoftim ]

Chaque mitsva = un acte d’amour d’Hachem

+ Chaque mitsva = un acte d'amour d'Hachem :

"La récompense d'une mitsva est une mitsva" (Pirké Avot 4,2).
Cela signifie que chaque mitsva comporte une mitsva supplémentaire, car elle permet de recevoir une récompense, et le fait de recevoir une récompense est en soi la réalisation de la volonté d'Hachem, car le but ultime de Hachem en créant le monde était de faire du bien à Ses créatures.
[Haflaah - Karnei Re'em - parachat Vaét'hanan ]

[on a facilement tendance à penser que les commandements sont comme une forme de "punition" car nous limitant dans nos désirs, nous obligeant à agir d'une certaine façon ..., mais en réalité chacun est une preuve d'amour d'Hachem. ]

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-> "Ne soyez pas comme des serviteurs qui servent leur maître afin de recevoir une récompense ; soyez plutôt comme des serviteurs qui servent leur maître sans attendre de récompense" (Pirké Avot 1,3).
Cependant, la avoda qui est accomplie pour apporter de la joie à Hachem afin qu'Il puisse offrir une récompense, c'est là la avoda suprême."
[rav 'Haïm de Volozhin - Roua'h 'Haïm ]

[lorsqu'on fait une mitsva on permet à Hachem de nous déverser son amour pour nous, et nous en faisant une mitsva notre motivation doit être de permettre à Hachem d'exprimer cet amour, léchem chamayim, car c'est Sa joie : nous combler de bonnes choses (mais nous devons prier, agir pour lui donner la possibilité de le faire [ténou oz l'Elokim]). ]

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+ La notion d'agir lichma :

-> Le Abarbanel (Na'halat Avot) explique la ce Pirké Avot d'une manière différente : on ne doit pas servir Hashem pour recevoir une récompense dans ce monde-ci, mais on peut certainement servir Hachem pour recevoir une récompense dans le monde à Venir.
En effet, le problème lorsqu'on sert Hachem dans le but d'obtenir une récompense, c'est que si l'on rencontre des épreuves et des difficultés, on cessera de servir Hachem. Ceci n'est un problème que si l'on sert Hachem dans le but d'obtenir une récompense dans ce monde-ci, mais celui qui sert Hachem dans le but d'obtenir une récompense dans le monde à Venir ne sera pas découragé par les difficultés de ce monde.

De même, le rav Tsadok HaCohen (Divré Sofrim 4) dit que servir Hachem pour bénéficier de la lumière de la Chékhina est considéré comme servir Hachem complètement lichma.
Cependant, le Ram'hal (Messilat Yécharim - chap.19) affirme que même s'il est permis de servir Hachem dans le but d'obtenir une récompense dans le monde à Venir, ce n'est pas idéal. Idéalement, on devrait servir Hachem pour son honneur et rien d'autre. [éventuellement, on peut se focaliser sur le fait de faire plaisir à D. de pouvoir nous combler de bénédictions grâce à nos actions. ]
[chacun doit connaître et accepter son niveau du moment, en utilisant un lichma certes pas 100% parfait, mais qui nous permettra d'avoir davantage de motivation pour agir selon la volonté d'Hachem. ]

Faire téchouva annule les décrets difficiles

+ Faire téchouva annule les décrets difficiles :

"Et notre père a dit : "Retournez, achetez-nous un peu de nourriture" (chouvou chivrou lanou méat o'hél)" (Vayigach 44,25)

-> Le 'Hida (séfer 'Hadré Beten) écrit que "shouvou" (retournez), est un terme qui fait référence à la téchouva (comme dans Yirmiyahou 3,23).
Le verset dit que par la téchouva, "shivrou lanou" (achetez-nous). Le mot "lanou" (nous), a la même guématria que "Elokim", qui fait référence à la midda du jugement strict d'Hachem.
En d’autres termes, le verset dit que la téchouva peut annuler les décrets sévères et les jugements stricts, qui sont sur nous.

Quel type de téchouva permet d’annuler les décrets sévères?
"méat o'hel" (un peu de nourriture). Si l’on minimise la quantité de nourriture que l'on souhaite manger.
Le Magid Mécharim (Paracha Tétsavé) dit que si l’on minimise la quantité de nourriture que l’on voudrait manger et que l’on ne termine pas toute son assiette, on considère qu’on a apporté un korban.
Le séfer Tsiparon Shamir (ot 65) dit que c’est comme un jeûne.
Les Séfarim appellent cela "le jeûne du Raavad". Ce type d’affliction est une téchouva qui peut avoir le grand effet de supprimer les jugements stricts.
[on parle ici du fait que retenir ses envies dans ce monde (ex: en ne prenant pas la totalité d'un aliment qu'on désire manger) a beaucoup plus d’impact que tous les jeûnes et flagellations que l’on pourrait accomplir.
Ainsi, faire une téchouva sincère, complétée par un jeûne du Raavad, a la capacité d'annuler de mauvais décrets. ]

"Yéhouda s'approcha de lui et lui dit : "S'il te plaît, mon maître, que ton serviteur dise quelque chose à l'oreille de mon maître" (Vayigach 44,18)

-> Selon le midrach (Béréchit rabba 49,8), ce verset fait allusion à la prière.

-> Le séfer Tiféret Shmouel explique qu'il nous enseigne que lorsqu'une personne humble vient prier Hachem, elle peut se sentir trop honteuse pour s'adresser à Lui. Elle peut se dire : "Comment oserais-je ouvrir la bouche et demander quelque chose à Hachem, compte tenu de la distance qui me sépare du bon chemin?"

Le Tiféret Shmouel nous dit qu'il faut bannir ces pensées et se fortifier pour s'approcher d'Hachem et lui dire : "S'il te plaît, mon maître ..."
[ "... que ton serviteur (moi-même) dise quelque chose à l'oreille de mon maître" = on doit s'imaginer qu'Hachem est toujours proche de nous, qu'Il désire et attend qu'on s'adresse à Lui ("à l'oreille de mon maître"). ]

Il faut savoir qu'il y a en nous un "morceau d'Hachem" (Eikha 3), et que par conséquent, même si l'on est indigne (par notre comportement, les fautes qu'on a pu faire), on possèdera toujours en nous une sainteté innée qui nous permet de parler à Hachem.

Tout le processus de téchouva peut être envisagé comme un rapprochement, à travers lequel nous démantelons toutes les barrières qui entravent notre amour inné pour Hachem.
En retour, Hachem élimine tous les facteurs qui empêchent Son amour pour Israël de s'épanouir.
C'est ce que le Téhilim (121,4) veut dire en appelant Hachem : "chomèr Israël" (le Gardien d'Israël) = Hachem garde et protège éternellement Son amour intérieur pour Israël, attendant toujours le moment où nous reviendrons vers Lui.
[Sfat Emet - Likoutim parchat Vayélé'h ]