-> Nos Sages (Mékhilta) disent à propos du verset : "Et Amalek vint" (Béchala'h 17,8) = "Amalek, qui manque de gratitude, doit venir punir le peuple (juif) qui manque (actuellement) de gratitude [envers Hachem]."
Catégorie : Gratitude/Reconnaissance
+ Hachem est mon salut ; j'ai confiance et je n'ai pas peur ; car Hachem ma force et mon chant (ozi vézimrat YA), c'est lui qui m'a sauvé!" (Yéchayahou 12,2)
-> Le Noam Elimélé'h (parachat Béchala'h) enseigne que "ozi vézimrat YA" implique que celui qui chante pour Hachem avec confiance attire le salut (délivrance personnelle, collective) avant même qu'il ne se manifeste dans ce monde.
A chaque génération, le fait de se souvenir de la bonté d'Hachem réveille la compassion divine.
[Sfat Emet - Béchala'h 5641 ]
Remercier Hachem quand tout va bien bien, nous dispense de nombreuses souffrances
+ Remercier Hachem quand tout va bien bien, nous dispense de nombreuses souffrances :
-> Le Alchikh haKadoch (Tzav 7,11-13) explique que le but des souffrances et des difficultés est d'inciter une personne à remercier Hachem pour tout le bien qu'Il lui accorde constamment - "pour Tes miracles qui sont avec nous chaque jour ; et pour Tes merveilles et Tes faveurs à tout moment".
La guémara (Béra'hot 54b) stipule que 4 catégories de personnes sont tenues de rendre grâce [en raison de la situation de danger qu'elles ont eu à traverser] : celles qui voyagent en mer, celles qui traversent le désert, celles qui se remettent d'une maladie et celles qui ont été libérées de prison, toutes mentionnées au chapitre 107 des Téhilim.
Le Alchikh haKadeoch, comme à son habitude, pose de nombreuses questions sur cet enseignement et explique qu'en vérité, chaque personne est tenue de rendre grâce pour chaque type de bien dont elle est bénie, et que ceux qui ne se sont jamais trouvés dans une situation de danger ou de détresse ont en fait une obligation encore plus grande de rendre grâce, car Hachem leur a épargné ces épreuves.
Après tout, celui qui est arrivé à destination sans encombre, après avoir traversé la mer ou le désert sans incident, doit davantage de gratitude à Hachem que celui qui a affronté le danger et a été sauvé, car ce dernier n'a pas bénéficié d'un avantage aussi grand que le premier.
Celui qui n'a pas affronté la pluie, le vent ou la tempête, mais qui a été guidé par Hachem dans la tranquillité, doit une gratitude infiniment plus grande, car Hachem l'a non seulement sauvé, mais aussi protégé de toute détresse.
[ex: une personne qui va avoir du mal à avoir un enfant va remercier Hachem le jour où elle en aura, mais une personne qui a rapidement un enfant doit normalement davantage remercier Hachem, mais en réalité c'est l'inverse, prenant ça pour la naturalité, normalité. ]
Cependant, lorsqu'une personne mène une vie toujours tranquille, elle ne prête pas attention aux nombreuses bontés et miracles dont elle bénéficie à chaque instant, et ne réalise pas à quel point elle devrait être reconnaissante pour chaque souffle.
Hachem lui inflige donc des épreuves, puis, lorsque le danger est passé, il Le remercie et Le loue pour le grand salut dont il a fait l'expérience. À partir de ce moment, il comprendra toute la bonté dont Hashem fait preuve à son égard en le protégeant de tout mal et en lui épargnant les malheurs, et il exprimera sa gratitude pour tout, même pour les dons qui semblent naturels.
=> Ainsi, une personne sage sera donc reconnaissante pour chaque souffle qu'elle prend (ne prenant rien pour acquis), et elle n'aura alors pas besoin d'être assaillie par des épreuves, puisque le but de la souffrance est d'amener la personne à remercier Hachem, et elle le fait déjà.
Avec cette perspective, elle remercie Hachem pour toute la bonté qu'Il lui témoigne à chaque instant de sa vie.
C'est pourquoi le chapitre 107 du Téhilim se termine par ces mots : "Quiconque est sage et gardera ces choses, contemplera les bontés de Hachem".
Après avoir détaillé (dans ce Téhilim) les expériences des quatre catégories de personnes qui sont tenues de rendre grâce, le roi David conclut en disant qu'une personne sage apprendra et se souviendra du message de ce chapitre et se prémunira contre ces problèmes en contemplant les bontés d'Hachem à tout moment.
En reconnaissant la bonté d'Hachem pendant les périodes de tranquillité, lorsqu'il n'est pas en proie à des difficultés, l'homme sage mérite toutes les formes de bonté.
Tout comme une personne qui se trouvait dans une situation désespérée ou gravement malade inviterait ses parents et amis à un repas d'action de grâce, afin de louer et de remercier pour les miracles qu'elle a vécus, une personne perspicace remerciera et louera Hachem pour la bonne vie qu'Il lui a accordée et pour l'avoir protégée/évité du danger en premier lieu. [chaque jour prenons au moins un petit moment où nous imaginons des galères qu'on pourrait avoir et qu'on n'a pas. Alors : Merci Hachem! ]
Grâce à cela, on sera alors épargné de toutes sortes d'adversités, car le but des souffrances, des sauvetages miraculeux qu'une personne vit n'est que de l'inciter à remercier Hachem pour toute la bonté dont Il fait preuve à son égard (comme un réveil, électrochoc dans le train-train quotidien).
Mais lorsqu'on s'en souvient par nous-même et qu'on contemple constamment les bontés d'Hachem, alors on n'a pas besoin de vivre des épreuves et des difficultés.
[rabbi David Abou'hatséra - maamaré Emouna ouBita'hon]
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+ Pourquoi Hillel l'Ancien était convaincu qu'aucun malheur ne frapperait sa famille :
-> Cela éclaire le récit suivant de la guémara (Béra'hot 60a) : "Hillel l'Ancien voyageait un jour lorsqu'il entendit des cris dans la ville. Il dit : "Je suis certain que cela ne vient pas de ma maison".
A son sujet, le verset dit : "Il ne craint pas les mauvaises nouvelles, son cœur est ferme, confiant en Hachem" (Téhilim 112,7).
Rabbi Moché Almochnino (Téfila léMoché - cité par le Chlah haKadoch - Assara Maamarot - maamar 5) dit que Hillel avait habitué les membres de sa famille à reconnaître que tout ce que Hashem fait pour eux est pour leur bien. Ainsi, il était certain que les cris ne provenaient pas de sa maison, car les membres de sa famille n'auraient pas crié même si quelque chose d'apparemment négatif leur était arrivé, car ils auraient su que c'était pour le mieux.
Sur la base de ce que nous avons expliqué ci-dessus, nous pouvons ajouter que, comme Hillel avait inculqué à sa famille que tout est pour le bien et les avait formés à remercier Hachem pour tout, petit ou grand, aucun malheur ne pouvait les frapper, car une personne qui remercie et loue Hachem constamment, même lorsqu'aucun malheur n'est à l'horizon, n'a pas besoin de subir réellement de souffrances.
[rabbi David Abou'hatséra - maamaré Emouna ouBita'hon]
Remercier Hachem pour le bien caché révèle l’Attribut de la miséricorde
Même lorsque le Face d'Hachem nous est cachée, lorsqu'il fait sombre, lorsque des choses qui semblent néfastes nous arrivent et que l'Attribut de Rigueur sévère prévaut, grâce à la émouna, nous pouvons mériter une délivrance et révéler l'attribut de la miséricorde.
Plus nous croyons que le but de la rigueur (jugement) sévère est en réalité de la miséricorde, plus nous méritons que cette bonté nous soit réellement manifestée.
... Nous devons garder la foi que tout est pour le bien et que la miséricorde d'Hachem est simplement dissimulée dans la rigueur (apparente).
En louant Hachem même dans ces moments difficiles, nous méritons [de bénéficier de] la révélation de Sa miséricorde (en pouvant bénéficier de toutes Ses bontés, bénédictions).
[rabbi David Abou'hatséra - maamaré Emouna ouBita'hon]
"Chaque fois que les juifs louent Hachem, Il vient s'asseoir parmi eux, comme il est écrit : "Tu es le Saint, trônant sur les louanges d'Israël" (véata kadoch yochev téhilot Israël - Téhilim 22,4), ce qui signifie que chaque fois que les juifs prononcent des louanges, la présence Divine (la Chékhina) repose sur eux."
[Rabbi Shmouel - au nom de Rabbi 'Hanina - midrach Shir HaShirim rabba 2,2 ]
Gratitude et non se plaindre à Hachem
+ Gratitude et non se plaindre à Hachem :
-> Il ne faut jamais se plaindre de sa situation, car elle pourrait toujours être pire.
En effet, rabbi Na'hman de Breslev (Sia'h Sarfé Kodech II) dit que si quelqu'un se plaint, Hachem lui montrera ce qu'est vraiment une mauvaise chose. D'un autre côté, si on loue Hachem pour notre situation, quelle qu'elle soit, alors Hachem dit qu'Il nous montrera ce qu'est vraiment une bonne chose.
[l'idée est que plus on remercie Hachem pour ce que l'on a, plus Il nous donne d'autres occasion de le faire! ]
Quiconque ne montre pas de reconnaissance envers son ami (son prochain) finira par nier également les faveurs qu'il reçoit d'Hachem.
[midrach Tan'houma - Chémot 5]
Remercier Hachem dans ce monde, permet de continuer à Le remercier dans le monde à Venir
+ Remercier Hachem dans ce monde, permet de continuer à Le remercier dans le monde à Venir :
"Pratiquez la louange du Créateur dans ce monde, afin de continuer à Le louer éternellement dans l'autre monde!"
[Tossefta Béra'hot 6:27, tel que compris par Rachi dans Béra'hot 63a ]
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-> La guémara affirme que si les justes (tsadikim) sont vivants même après la mort, les réchaïm sont considérés comme morts même s'ils sont physiquement vivants.
-> Le midrach (Tan'houma - fin de Vézot haBéra'ha) développe cette idée :
Le racha est considéré comme mort parce qu'il voit le soleil se lever et ne récite pas la bénédiction de Yotser Ohr ; il voit le soleil se coucher et ne récite pas la bénédiction de Maariv Aravim ; il mange et boit mais ne bénit pas Hachem.
Les justes (tsadikim), en revanche, sont considérés comme vivants parce qu'ils bénissent le Créateur pour tout ce qu'ils mangent et boivent, et pour tout ce qu'ils entendent. Et pas seulement pendant leur vie ; même après leur mort, ils continuent à bénir et à remercier Hachem.
L'absence de problème est aussi considérée comme un miracle. Dès lors, il nous incombe également de remercier Hachem lorsque le cours de l’existence s’écoule sereinement sans entrave ni dérangement, car cela ne constitue pas un moins grand miracle que ceux qui sont dévoilés au grand jour.
C’est ce qu’exprime le verset : "Hodou l'Hachem ki tov, ki léolam 'hasdo" (Remerciez Hachem car Il est bon parce que Sa Bonté est éternelle - Téhilim 107,1).
Il incombe de rendre grâce à Hachem pas seulement lorsque nous avons été délivré d’une épreuve, mais également lorsque "ki tov", que tout va bien en toute circonstance, car cela aussi traduit que "Sa bonté est éternelle" (ki léolam 'hasdo).
[rav Yé'hezkiel Abramski ]