"Moché rassembla toute la communauté des enfants d'Israël ... " (Vayakhél 35,1)

Alors que les enfants d'Israël étaient unis quand ils ont reçu la Torah au mont Sinaï "comme un seul homme, d'un seul cœur" (Rachi sur Chémot 19;2), fait remarquer le Rav Yaakov Kaminetsky, leur unité s'est disloquée quand ils ont péché avec le veau d'or.

Talmud Yérouchalmi (Sanhédrin 10,2) = chaque tribu a réalisé son propre veau d'or.
Talmud de Babylone (Sanhédrin 63b) = les bnei Israël ont adoré de nombreux dieux.

Nous ne trouvons pas un tel phénomène chez les autres nations!
En effet, chacune d'elles sert les divinités communes à son ethnie, comme "les dieux de Moav" et "les dieux d'Edom".
Si les Hébreux en ont adoré beaucoup, c'est assurément à cause des divisions profondes qui régnaient entre leurs tribus.

Quand Moché s'est apprêté à communiquer aux enfants d'Israël les instructions du Michkan, sa tâche la plus urgente a été d'apaiser leurs différends et de les réunir.
Voilà pourquoi, pour commencer, "il fit assembler toute la communauté des enfants d'Israël", afin qu'ils soient de nouveau "comme un seul homme, d'un seul cœur".

[le Michkan est venu en réparation de la faute du Veau d'or.
Tout le peuple s'est uni pour sa construction, qui a été faite par Bétsalel le petit-fils de 'Hour qui avait été tué car s'opposant au Veau d'or, et les juifs ont donné largement de l'or en parallèle à l'or donné largement pour faire le Veau d'or.]

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-> Lors du don de la Torah au Sinaï les Bné Israël étaient unis, comme il est dit "Israël campa là, face à la montagne" (19,2).
Nos Sages expliquent sur place : "comme un seul homme, avec un seul cœur".
Cependant après la faute du Veau d’or, cette unité s’est défaite et le Satan accusateur a provoqué des divisions et des querelles au sein des tribus d’Israël.

Le Malbim (Erets 'Hemda) explique : comme nous le savons, la construction du Michkan devait, entre autres, expier la faute du Veau d’or commise par Israël. Ainsi Moché s’est efforcé de rassembler "toute la communauté des enfants d’Israël" pour leur parler de l’œuvre du Michkan. Il voulait à travers cela restaurer l’ancienne splendeur et rétablir l’unité d’Israël telle qu’elle était au moment du don de la Torah.

-> Le Imré Shéfer écrit :
Moché rassembla toute la communauté pour que ce soit une réparation à la faute du Veau d'or. En effet, le peuple s'était réuni autour de Aharon pour lui demander de fabriquer le veau d'or. A présent, Moché réunit le peuple pour lui transmettre la mitsva du Shabbat.
Ce rassemblement se devait de réparer le mauvais rassemblement pour faire le Veau d'or.

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-> "6 jours le travail sera fait" (Vayakel 35,2)

Dans cette paracha de Vayakel, la mitsva du Shabbat précède l'injonction du Michkan, alors que dans les parachiot précédentes, le Michkan (dans Térouma) précède le Shabbat (dans Ki Tissa).
=> Pourquoi cette différence ?

En fait, les parachiot précédentes se trouvent avant la faute du Veau d'or. Les juifs étaient alors tellement élevés que même leurs actions profanes étaient empreintes de sainteté à l'image du michkan qui représente le fait que la Présence Divine repose dans les actions profanes.
Dans cette situation, le Michkan devait précéder le Shabbat car les actions profanes de la semaine étaient déjà si élevées qu'elles pouvaient préparer le Shabbat et lui accorder encore plus de sainteté.
Mais après la faute du Veau d'or, le peuple est tellement descendu qu'il leur est devenu impossible d'élever les actions profanes. Désormais, on a besoin du Shabbat pour élever les actions profanes et leur permettre de devenir un Michkan. Dès lors, le Chabbat doit précéder le Michkan.
['Hidouché haRim]

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"Moshé rassembla toute la communauté des enfants d'Israël et leur dit : "Voici les paroles que D. [vous] a commandé d'observer ..." (Vayakhél 35,1)

+ Le Rabbi de Tchortkov = s'il existe des différences entre les hommes quant à leur compréhension profonde et leur intention au moment où ils accomplissent une mitsva, l'acte de la mitsva reste toujours le même pour tous.
Quand il s'agit "d'observer" les commandements, il est possible de rassembler toute la communauté des enfants d'Israël sans distinction.

+ Rachi = "Moché rassembla : le lendemain de Yom Kippour."
Ce n'est pas seulement la veille de Yom Kippour que chacun doit faire la paix avec son prochain.
Le lendemain de ce saint jour aussi, il faut aussi se rassembler et vivre dans la paix et la fraternité.

Source (b"h) : dvar Torah du Rav Yissa’har Dov Rubin (dans son livre : "Talélei Orot") + Rav Alexander Zoucha Friedman (dans son "mayana chel Torah")

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+ "Moshé rassembla toute la communauté des enfants d'Israël et leur dit : "Voici les paroles que D. [vous] a commandé d'observer ..."

-> C'est l'unique endroit dans toute la Torah où une paracha commence par : "rassembla" (vayakél) = tous les juifs se sont rassemblés ensemble.
Hachem a demandé à Moché de réunir de grands groupes de juifs tous les Shabbath dans les lieux d'étude (beit midrach) pour leur enseigner les mots de la Torah, ce qui est permis et interdit de faire.
De cette façon, le nom de Hachem sera loué parmi Ses enfants.
[Yalkout Chimoni]

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-> Rabbi 'Haïm Kanievsky (Taama Dékra) écrit que : "Celui profane [volontairement] en public le Shabbath est considéré par la loi juive comme un non-juif, et c'est comme s'il proclamait publiquement que Hachem n'a pas créé le monde.
A l'inverse, lorsque nous nous rassemblons ensemble en communauté pour étudier les lois de Shabbath, c'est comme si l'on proclamait publiquement que Hachem a créé le monde."

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+ "Moshé rassembla (vayakél Moché) toute la communauté des enfants d'Israël"

-> Le rav David Pinto (la voie à suivre n°665) enseigne :
Le mot "Vayak'el" (ויקהל) se divise en deux :
- les lettres "vav youd" (וי) ont la valeur numérique du mot "tov" (en comptant le mot lui-même), ainsi qu’il est écrit (Michlé 4,2) : "Car je vous ai donné un bon (tov) cadeau, n’abandonnez pas Ma Torah."
- Alors que les lettres "kouf lamed" (קל) correspondent à ce qui est dit : "La voix (kol - קל) est la voix de Yaakov" (Béréchit 27,22).
On peut donc dire que la voix de Yaakov, qui est la voix de la Torah (appelée "leka’h tov", un bon cadeau) doit résonner et se faire entendre le Shabbat avec encore plus de puissance.
Le fait que la mitsva de Shabbat soit citée dans la parachat Vayakél fait allusion à ce sujet très élevé.

Jérusalem a été détruite parce qu’on n’y observait pas le Shabbat (guémara Chabbat 119b).
Or a priori, il semblerait que cette génération ait observé le Shabbat, mais le reproche qu’on lui fait est de n’avoir pas veillé à étudier la Torah le jour du Shabbat, ce qui est l’étude la plus élevée et la plus purifiée.
De plus, si un malheur arrive à quelqu’un, qu’il examine sa conduite et vérifie pourquoi cela lui est arrivé. S’il a cherché et n’a rien trouvé, qu’il le fasse dépendre de la faute de la négligence dans l’étude de la Torah (guémara Béra'hot 5a).
La négligence la plus grave en la matière est celle qui a lieu le Shabbat, car alors on a le temps, c’est pourquoi on doit consacrer ses moments libres à l’étude de la Torah le Shabbat.
[ex: en étudiant à Shabbath alors que nous avons du temps de libre, nous témoignons rétroactivement que nous aurions bien voulu étudier en semaine mais nous étions occupés (pour la parnassa, le train-train quotidien, ...)]

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-> "Pendant 6 jours tu feras ton travail et le 7e jour sera pour vous saint" (Vayakel 35,2)

Le Séfer Chaaré haKodech écrit au nom de nos Sages :
Quand quelqu’un consacre le jour du Shabbat à l’étude de la Torah, et que tous les jours de la semaine son cœur se soucie de ne pas avoir le temps d’étudier la Torah, et il attend et espère le jour du Shabbat, un tel homme, non seulement sanctifie de cette façon le jour du Shabbat et sa récompense est grande, mais il élève également en sainteté tous les jours de la semaine et reçoit une récompense comme s’il avait étudié pendant toute la semaine.

C’est la signification directe du midrach: "Si quelqu’un voulait faire une mitsva et il n’a pas pu la faire, la Torah le lui compte comme s’il l’avait faite".
C’est également la même chose dans le sens inverse. Si au moment où il a le temps d’étudier, par exemple le jour du Shabbat, il ne profite pas de ce temps pour étudier la Torah, alors non seulement on le punit pour ce moment-là, mais également pour les moments où il n’a pas le temps d’étudier, puisque même quand il a le temps, il ne le fait pas.

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-> b'h, à ce sujet de l'importance d'étudier pendant Shabbath : http://todahm.com/2018/03/05/shabbath-un-jour-special-pour-letude-de-la-torah

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-> Le Rama de Pano enseigne : quelqu’un qui délaisse l’étude de la Torah finit par se réincarner en poisson ; en effet, il est écrit : "Il expira et fut rassemblé à son peuple" (Béréchit 49,33), et à propos des poissons nous trouvons : "Faut-il leur rassembler tous les poissons de la mer?" (Bamidbar 11,22).
Et le Shabbat, toutes ces réincarnations trouvent leur réparation.
Donc quelqu’un qui mange un poisson, ce qui est une chose matérielle faisant partie du repas de Shabbat en l’honneur du saint Shabbat, fait un tikoun (réparation) à ce poisson, qui est dans sa racine une réincarnation spirituelle."
[rapporté par le rav David Pinto (la voie à suivre n°616)]

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-> "Pendant 6 jours tu feras ton travail, et le 7e jour est un Shabbat pour Hachem ton D." (v.35,2)

Le Maguid de Doubno enseigne :
Hachem a donné à l’homme une âme élevée, et pendant tous les jours de la semaine elle s’écarte de sa source en s’occupant des affaires profanes.
Mais le 6e jour, Hachem a donné une double part, pour que le jour du Shabbat nous puissions jouir des paroles du D. vivant, par l’étude de la Torah, afin de nourrir notre âme élevée.

C’est cela :
- "Pendant 6 jours tu feras ton travail" = cela signifie vaquer aux besoins du corps ;
- "Et le 7e jour est un Shabbat pour Hachem ton D." = le Shabbat est consacré à Hachem, c’est pourquoi Il t’a donné tout ce dont tu as besoin pour le jour du repos, afin que tu étudies la Torah : il faut aller au beit haMidrach, aller à des cours de Torah, et ne pas dormir le jour du saint Shabbat. Le Chabat est pour Hachem ton D.!

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