« N’allumez pas de feu le Shabbath dans tous vos lieux de résidence. » (Vayakhél 35;3)

-> Explication du Chlah haKadoch :
Shabbath est un jour de repos où l’on peut avoir d’avantage de temps pour s’occuper d’affaires personnelles, communautaires, … (et donc davantage d’occasions de se « prendre la tête » avec autrui).
Le verset nous met donc en garde : « N’allumez pas de feu le Shabbath dans tous vos lieux de résidence » = n’allumez pas le feu de la querelle ce jour-là!!
Ce n’est pas dans ce but que le Shabbath a été donné!
Le Shabbath est certes « un jour de repos », mais aussi un jour « de sainteté ».

[On dit Shabbath Shalom et Shavoua tov, car Shabbath est un jour où la colère peut être facile, il est donc besoin de se souhaiter spécifiquement du shalom, contrairement aux autres jours de la semaine.]

-> Le Shémen Afarsimon commente également qu’à Shabbath nous avons plus de temps pour discuter et en venir à dire du lachon ara, qui tourne en disputes.
Les disputes sont du « feu » qui entraînent une séparation des cœurs et une distanciation entre des personnes.
C’est ce feu qui détruit l’harmonie parmi les gens.
Pour cette raison, avant de déclarer cette interdiction : « Moché rassembla toute l’assemblée des enfants d’Israël » (Vayakél Moché ét kol afat bné Israël) = cela nous enseigne que les juifs doivent être ensemble, unis, et éviter tout feu qui les séparerait.

-> En ce sens le ‘Hatam Sofer apporte l’explication suivante :
« Moché craignait que puisque la faute du Veau d’or était maintenant pardonnée, le peuple juif allait s’accuser l’un l’autre d’en être à l’origine.
C’est pourquoi Moché les a averti de ne pas allumer le « feu » de la colère et de la controverse le Shabbath.

Mais pourquoi tout particulièrement le Shabbath?
Toute la semaine, les juifs étaient occupés par la construction du Michkan, et ils n’avaient donc pas le temps de se quereller.
A Shabbath, [n’étant pas pris par ce travail], ils avaient du temps supplémentaires, et ils avaient donc beaucoup d’opportunités pour se disputer.
Moché les a donc avertis d’être conscients de cette réalité, et de faire le nécessaire pour que cela n’arrive pas. »

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-> Explication du Alchikh haKadoch :
Une faute commise le Shabbath est beaucoup plus grave qu’une faute commise les autres jours de la semaine.
Ainsi, la Torah nous met en garde : le Shabbath n’allumez pas, par vos fautes le feu du Guéhinom!
Soyez particulièrement vigilants à ne pas commettre de faute le jour du Shabbath.

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-> « J’affirme que tout foyer qui a une dispute le vendredi après-midi ou bien le vendredi soir, il est certain, de façon prouvée et véridique, que quelque chose de mauvais leur arrivera durant la semaine.
Vérifiez-le et vous verrez que c’est ainsi. »
[rabbi ‘Haïm Palaggi – Kaf ha’Haïm 27,35]

-> Le Ben Ich ‘Haï ajoute que si quelqu’un dans notre maison fait quelque chose de mal le vendredi au sujet des préparatifs du Shabbath ou autre chose semblable, il ne faut pas se même en colère car ce n’est pas de sa faute.
Le Satan les a amené à faire l’erreur, afin de provoquer une dispute le vendredi.

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Il y a 39 travaux créatifs (méla’hot) qu’une personne n’a pas le droit de faire pendant Shabbath.
Pourquoi la Torah cite particulièrement celle d’allumer un feu?

-> Rabbi Yonathan Eibschutz (Tiféret Yonathan) note que le midrach enseigne que le feu n’a pas existé pendant les 6 jours de la Création.

En effet, le midrach (Béréchit rabba 11,2) rapporte :
Lorsque Adam fut créé, il y avait la lumière du jour pendant 36 heures de suite : 12 heures le vendredi (depuis l’heure de sa création en ce jour), 12 heures pour la nuit du vendredi soir, et 12 heures pour le Shabbath.
Lorsque le soleil s’est couché à la sortie de Shabbath, Adam en a été terrifié.
Banni du Gan Eden, il pensait qu’il faisait face à des dangers mortels invisibles à ses yeux (puisqu’il faisait nuit noire!).
Mais Hachem a fourni à Adam un instinct de survie, et il a frotté des pierres ensembles qui ont alors créé un feu, lui apportant de la lumière et de la chaleur.
A ce moment, Adam a récité une bénédiction sur le feu : « Boré méoré a’éch » (Qui créé les lumières du feu).

Le concept du Shabbath est de suivre l’attitude de Hachem qui s’est reposé de ses travaux créatifs à la fin de la semaine.
=> Pour éviter qu’une personne n’en vienne à penser à tord qu’il est permis d’allumer le feu Shabbath, puisqu’étant une activité qui n’est apparue qu’à la sortie du 1er Shabbath, alors pour cette raison la Torah va particulièrement insister sur cette interdiction parmi les 39 méla’hot.

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-> Hachem dit : « Mon feu (au Guéhinam) n’est pas allumé durant le Shabbath grâce à votre observance du Shabbath, et de même votre feu ne doit pas être allumé. »
[Baal haTourim]

[lorsque nous pratiquons le Shabbath, nous accomplissons un ‘hesséd énorme : tous nos frères juifs (et parmi eux sûrement des ancêtres directs à nous!) qui souffrent pour réparer leurs fautes au guéhinam, bénéficient d’une journée « agréable » sans feu le Shabbath!
Ainsi de même que nous n’allumons pas, Hachem n’allume pas!]

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-> Le Michkan était le témoignage que Hachem avait pardonné au peuple juif pour la faute terrible du Veau d’or (idolâtrie).
Grâce à quoi ont-ils pu recevoir une telle expiation?
C’est par le mérite du Shabbath, comme la guémara (Shabbath 118b) l’enseigne : « Celui qui observe le Shabbath correctement voit ses fautes pardonnées, même si l’idolâtrie figure au nombre de ses fautes. »
[Af Péri Tévoua]

[« N’allumez pas de feu le Shabbath » => de même que vous respectez comme il le faut le Shabbath, de même après votre mort vous n’aurez pas besoin de passer sur un feu allumé pour vous (au guéhinam) afin de réparer vos fautes. L’observance du Shabbath ayant permis de tout pardonner! ]

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-> A ce sujet, le Tiféret Yonathan ajoute une autre explication sur le fait que c’est particulièrement l’interdiction d’allumer le feu Shabbath qui est explicité dans ce verset, et pas un autre des 39 méla’hot.

La Torah évoque ici le respect du Shabbat, car ce passage vient juste après que le pardon pour la faute du Veau d’or ait été obtenu. Or, on vient de voir que le respect du Shabbat contribue à réparer la faute d’idolâtrie.
Dans ce sens, la Torah interdit d’allumer le feu le Shabbat, car pour la fabrication du Veau d’or, tous les bijoux furent jetés au feu, et alors apparut l’idole. Et selon la règle que « l’accusateur ne peut devenir défenseur », le feu qui a servi à la faute du Veau d’or, ne pourra être allumé le Shabbat, jour de réparation pour cette faute.
=> Le fait d’utiliser le feu qui a causé la faute, éveille celle-ci et empêche sa réparation.

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-> En évoquant l’interdiction de faire du feu plutôt que tout autre forme de travail interdit le travail, la Torah sous-entend que, contrairement aux fêtes où certains travaux nécessaires pour la préparation de nourriture sont autorisés (Bo 12,16), ce genre de travail est également interdit le Shabbath.
[cela pour éviter une mauvaise interprétation en pensant que cela nous est permis, en se basant à tord sur le Yom Tov].

Or, comme le feu est indispensable pour cuire, la Torah le cite comme prototype de travail nécessaire à la préparation d’aliments.
En précisant ici qu’on ne peut pas allumer de feu le Shabbath, la Torah souligne que s’il est interdit, le Shabbath, de faire ces travaux, a fortiori tout autre labeur sera-t-il interdit.
[Ibn Ezra ; Rachbam ; Ramban]

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« Vous n’allumerez de feu dans aucune de vos demeures le jour du Shabbath » (Vayakel 35,3)

En hébreu ce verset est : לֹא-תְבַעֲרוּ אֵשׁ, בְּכֹל מֹשְׁבֹתֵיכֶם, בְּיוֹם, הַשַּׁבָּת (lo tévaarou éch bé’hol mochvoté’hem béyom aShabbath).
Le rav David Hoffman fait remarquer que les dernières lettres des mots de ce verset peuvent se réarranger pour former : אמת שלום (la vérité ; la paix – émét shalom).
Le mot : un feu (אש – éch) est l’acronyme de ces 2 mots.

[Un feu peut être très positif, comme destructeur, tout dépend de l’utilisation que l’on en fait.
L’interdiction de l’allumer pendant Shabbath, nous sensibilise au fait de devoir maîtriser son utilisation (parfois c’est permis et parfois c’est interdit!).
On en vient ainsi à comprendre que nous devons dompter notre feu intérieur, et savoir l’utiliser sous contrôle de la vérité et de la paix (émet shalom) selon la Torah, et non pas pour allumer des feux de disputes et de mensonges autour de nous.]

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-> Le ‘Hatam Sofer commente le verset suivant : « vous n’allumerez de feu dans aucune de vos demeures le jour du Shabbath » (v.35,3), comme signifiant qu’il ne faut pas attendre le Shabbath, pour allumer de zéro un feu d’amour passionné pour ce jour.
Dès le dimanche, nous devons attendre impatiemment le prochain Shabbath, en alimentant toujours davantage notre feu intérieur pour ce jour : en s’y préparant matériellement et dans notre cœur.

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rak kol26. Tous unique, tous unis!

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