"Car ce jour fera expiation pour vous, pour vous purifier de tous vos fautes devant Hachem, vous serez purifiés" (A'haré Mot 16,30)
-> Tana Kama nous enseigne dans la guémara que les transgressions commises entre l'homme et Hachem sont expiées le jour de Yom Kippour tandis que les fautes commises entre les hommes ne sont pas expiées le jour de Yom Kippour, tant que l'on n'a pas reçu le pardon de son prochain.
Rabbi Éléazar Ben Azaria interpréta ce verset de la manière suivante : "De tous vos fautes devant Hachem, vous serez purifiés" (A'haré Mot 16,30).
Seules les transgressions commises "devant Hachem" (entre l'homme et Hachem) sont expiées le jour de Kippour tandis que les transgressions entre les hommes ne sont pas expiées ce jour-là, tant que l'on n'a pas reçu le pardon de son prochain.
Rabbi Akiva déclare : "Heureux soyez-vous Israël! Remarquez devant qui vous vous purifiez! Qui vous purifie? Votre Père qui est dans les cieux comme il est écrit : "J'ai aspergé sur vous de l'eau pure qui vous purifie." (Yé'hezkel 36,25) et il est également écrit : "Mikvé d'Israël, Hachem" -Yirmiyahou 17,13).
[guémara Yoma 85b]
=> Quelle est la différence entre l'opinion de Tana Kama et celle de Rabbi Éléazar Ben Azaria ; tous deux ont utilisé un langage totalement identique?
-> Le Rif, décisionnaire incontournable de la Loi, explique que Rabbi Éléazar Ben Azaria est venu ajouter un principe fondamental sur l'enseignement de Tana Kama. Selon lui, si l'individu ne s'est pas excusé envers son prochain du tort qu'il lui a causé, alors même les transgressions entre l'homme et D. ne seront pas expiées le jour de Yom Kippour.
Il déduit cette règle de notre verset : à partir de quand "ce jour sera une expiation pour vous de tous vos fautes devant Hachem?" En d'autres termes, quand seront expiées les fautes commises entre l'homme et partir du moment où vous commencerez à "vous purifier" entre vous sur les fautes commises entre les hommes.
Le Rif explique ensuite que Rabbi Akiva est en désaccord avec cette règle. Il pense que même si son prochain n'accepte pas son pardon, les transgressions entre l'homme et D. seront tout de même expiées car il n'y a pas de lien entre ces 2 catégories de fautes
Le décisionnaire de notre génération, le rav Ovadia Yossef écrit dans sa responsa que même d'après la lecture du Rif, la Loi suivra l'opinion de Rabbi Akiva. Il n'y a donc pas de lien entre les transgressions que l'homme commet vis-à-vis de son prochain et celles qu'il commet vis-à-vis d'Hachem.
Nous avons ainsi comme règle générale que la Loi (halakha) suive l'opinion de Rabbi Akiva lorsqu'il est en désaccord avec d'autres érudits. (Erouvin 46b ; Kétoubot 84b).