La gratitude envers D.

+ La gratitude envers D.

-> « Si tu pèches, quel tort causes-tu à D.?
Et si tes transgressions se multiplient, que Lui as-tu fait?
Si tu es vertueux, que Lui donnes-tu, ou que reçoit-Il de ta main?
Toi [seul], homme, ta méchanceté [peut être quelque chose], c’est à toi fils de l’homme [qu’importe] la piété. »

[Iyov 35,6-8]

D. n’est en rien « touché » ou « modifié » par nos attitudes et réactions.

D. donne à chaque instant. Sa bonté ne connaît pas de limites, et pourtant, Il n’a nul besoin de notre gratitude, car Il est, par Sa nature, « au-dessus » de tout besoin.

Quant à nous, nous ne pourrons jamais Le remercier suffisamment pour ce qu’Il a fait en notre faveur dans le passé et pour ce qu’Il continue de faire aujourd’hui.

-> Lors de la prière de Sabbath matin, nous disons un texte sublime : le Nichmat Kol ‘Haï :

« Si notre bouche était pleine de chants comme la mer, et notre langue emplie d’une joie intense comme ses innombrables vagues, et nos lèvres, pleines de louanges comme l’étendue du firmament … cela ne suffirait pas à Te remercier, Hachem, notre D., et D. de nos pères, et à bénir Ton Nom ne serait-ce que pour un seul des milliers et myriades de bienfaits dont Tu as comblé nos pères et nous-mêmes. »

-> Nos Sages (guémara Béra’hot 33b) rapportent qu’un homme s’attardait un jour, dans une longue liste de superlatifs, de louanges à l’adresse de D. :
« D. grand et puissant, redoutable et glorifié, héroïque et vigoureux, certain et honoré … »

Lorsqu’il eut terminé ses invocations, Rabbi ‘Hanina lui demanda : « En as-tu terminé avec toutes tes louanges à ton Créateur? Toute cette liste est absurde!
Nous ne prononçons pas plus de 3 louanges [dans la amida : « grand, puissant et redoutable »] à Son intention, et encore ne le faisons-nous que parce que Moché les a employées dans la Torah et que les Sages de la Grande Assemblée les ont inscrites dans le canon de nos prières.
Et toi, tu te permets cette prolixité! C’est comme si, à l’adresse d’un roi qui posséderait des milliers de pièces d’or, tu le complimentais pour ses pièces d’argent. Ce serait l’insulter! »

-> Le ‘Hafets ‘Haïm a écrit (Nid’hé Israël) :
– « Vivrions-nous 1000 ans que nous ne parviendrons pas à louer D. pour Ses bontés d’un jour.  »
– « Si un homme faute, il montre, d’une part son ingratitude envers D. pour tout ce qu’Il a fait pour lui depuis sa venue au monde, et d’autre part sa bêtise, car il laisse le mauvais penchant l’empêcher de reconnaître les bienfaits de D. »

-> Le roi David s’est exclamé : « Quand je regarde Tes Cieux, l’ouvrage de Tes doigts, la lune et les étoiles que Tu as disposées, [je me dis] : Qu’est-ce que l’homme, pour que Tu Te souviennes de lui. » (Téhilim 8,4-5)

-> Le rav Chaoul Rubin nous enseigne que la « reconnaissance » ne désigne pas seulement la « gratitude ».
Elle signifie aussi : « tenir pour vrai ».
On a l’obligation d’admettre la vérité et de lui rendre hommage.

=> Plus je témoigne de la gratitude envers D., plus je reconnais personnellement et clairement l’existence de D., à chaque moment de ma vie, derrière le voile du monde environnant.

Louer D., sans cesse, pour ces bontés à notre égard, c’est Lui dire :
« Bien qu’il te soit nécessaire de te masquer, afin de permettre l’existence du libre arbitre, je sais que derrière ce masque de la nature, Tu es à mes côtés à chacun de mes pas.
Je sais que Tu m’aimes, que je suis importante à Tes yeux et que Tu me combles du meilleur en permanence.
Je n’ai rien à craindre. Je suis la plus heureuse des personnes.
D., je suis dingue d’amour pour toi! »

-> Le ‘Hazon Ich (Emouna ouBitachon) nous enseigne :
« Quand un homme a le mérite d’être touché par une puissante reconnaissance de l’existence de D., il se sent aussitôt enveloppé d’un sentiment de joie sans limite.
Son âme ressent une délectation sublime.

Son imagination, associée à son intelligence, l’aide à contempler la splendeur de Hachem.
Les plaisirs physiques n’ont pour lui plus aucun intérêt, car son âme est enveloppée de sainteté.
C’est presque comme si elle abandonnait son corps pour s’envoler vers le ciel, laissant, derrière elle les futilités de la vie.
[…]
Cette aptitude à reconnaître l’existence de D. et à s’en délecter est implanté en chacun de nous.
C’est là un des pouvoirs cachés qu’Il a implantés en notre âme.

Cette possibilité atteste du lien étroit entre l’être humain et l’Auteur de toutes choses.
Nous tous avons été crées, en effet, pour servir Celui qui nous a créés et pour nous attacher à Lui. »

<—————>

-> Rabbi Its’hak Hutner enseigne que la racine du mot : « toda » est « odaa », qui signifie à la fois : « remercier », et « admettre » (modé).
En effet, pour remerciement pleinement une personne, il faut d’abord admettre que nous avions besoin de son aide.
Cela va à l’encontre de la nature humaine, car nous préférons penser que nous pouvons tout faire par soi-même (j’ai besoin de personne! je contrôle tout!), et que nous n’aimons pas être en situation de dettes de gratitude envers autrui.

-> Rabbi ‘Haïm Yossef Kofman fait remarquer que dans la prière nous disons d’abord : « modim ana’hnou la’h » (par cela nous admettons qu’il est D., et donc nous avons besoin de Lui pour tout), et ensuite : « nodé lé’ha ounéssaper téhilaté’ha » (on le remercie alors pour toutes Ses bontés permanentes).

Cela explique aussi pourquoi dans la répétition de la Amida, chacun doit réciter lui-même ce passage du modim, sans compter sur la lecture de l’officiant comme pour le restant de la Amida.
En effet : le fait d’admettre en nous-même notre totale dépendance à Hachem, est un processus que personne ne peut faire à notre place!

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-> Il est écrit : « Hachem forma l’homme […] et souffla dans ses narines une âme vivante » (Béréchit 2,7)

-> Le Ramban commente : « [L’âme vivante] est le souffle de D., de la bouche duquel viennent la connaissance et l’intelligence. Car si l’on souffle dans les narines d’un autre, on lui donne une partie de son propre souffle. »

-> Le ‘Hazon Ich écrit que c’est parce que D. insuffle dans nos narines le miracle de la vie, et parce que l’âme s’introduit en nous directement de Sa part, que nous disposons de la faculté inestimable de nous raccorder à Lui dans la béatitude.

Et de nous indiquer : « C’est là, l’un des pouvoirs cachés que D. a placé dans nos âmes, et qui atteste du lien étroit entre l’être humain et l’Auteur de toutes choses.
Nous avons été créés pour Le servir, et pour nous attacher à Lui ».

=> On peut terminer notre étude par les paroles du rav Chaoul Rubin à ce sujet :

« Le Téhilim (92,2) nous dit : « Il est bon de remercier D. » (tov léodot l’Hachem).

Le moment où quelqu’un reconnaît la sublime vérité de l’existence de D. est merveilleux.

Quand on est pénétré de la conviction selon laquelle un pouvoir suprême a tout produit, dont la sagesse et la bonté sont sans limites, que le Créateur a généré l’univers et tout ce qu’il renferme avec une affection et un amour infinis, comme un père envers son fils, cela suscite une joie sans limites.

« Il est bon de remercier D. », parce que l’âme devient réunie à Celui qu’elle aime et qu’elle se sent comblée.
La créature s’attache à son Auteur, ce qui est la raison même de sa venue au monde.

En un moment aussi sublime, lorsque les 2 « se retrouvent », tous les autres plaisirs ne sont qu’insignifiance et néant. »

À propos kol26
rak kol26. Tous unique, tous unis!

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