+ Origine de la débauche de Zimri (paracha Balak) :

Comment comprendre que Zimri ben Salou, chef de la tribu de Chimon, un érudit éminent et très âgé, puisqu’il avait 250 ans au moment des faits, en soit arrivé à une telle débauche et à un tel niveau de provocation en s’unissant à la princesse étrangère Kozbi en présence de Moché, Aharon et de tout le peuple?

La guémara (Sanhédrin 82a) explique son attitude :
« Les membres de la tribu de Chimon se rendirent auprès de Zimri ben Salou et lui dirent : ‘Eux jugent des affaires criminelles et toi tu demeures assis, réduit au silence!’
Qu’à fait Zimri?
Il réunit 24 000 israëlites et alla auprès de Kozbi (la princesse midianite). »

Cela signifie que « Eux » : ces jeunes érudits, qui sont loin d’avoir ton niveau et ton expérience, sont préposés aux affaires de meurtre et la vie des hommes jugés est entre leurs mains ; tandis que toi, un homme âgé érudit et expérimenté, prince de la tribu de Chimon et petit-fils de Yaakov : tu es « réduit au silence »!!
Personne ne te questionne concernant quoi faire et comment agir!!

Ainsi le discours des membres de sa tribu vont l’exciter à propos du manque de considération et d’honneur que les dirigeants manifestaient à son égard, du fait qu’ils ne lui ont confié aucune responsabilité juridique.
La réaction de Zimri, qui a alors ressenti une grande frustration sur le plan de son honneur, a été d’aller se venger et de se révolter contre tout ce qui est sacré.

La guémara (Sanhédrin 82a) poursuit : Zimri prit Kozbi, fille du prince de Midian, et se présenta avec elle devant Moché et lui demanda : « M’est-elle interdite ou permise? Et si tu dis qu’elle m’est défendue, qui t’a permis d’épouser la fille de Yitro? »

En réalité, Moché avait épousé légalement Tsipora, fille de Yitro, avant le don de la Torah, tandis que Zimri n’a pas le droit de s’unir avec la princesse midianite Kozbi, après le don de la Torah où cette union devient interdite.

=> Une personne (même très élevée), lorsqu’elle est touchée dans son honneur, dans son amour-propre, peut descendre très bas, aller loin dans le chemin du mal.

Combien de personne vexée sont prête à tout détruire (même elle même), pour peu que la personne à l’origine de ce sentiment y perde.

On peut citer l’exemple de Bar Kamtsa (guémara Guittin 56a), qui a été chassée d’une grande réception, en public et en présence de grand rabbanim.
Dans sa frustration, sa réaction a été de dénoncer les juifs auprès des autorités romaines, ce qui mena à la destruction du 2e Temple.

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+ Le désir des honneurs :

-> « D. saisit Yéroboam par son vêtement et lui dit : ‘Repens-toi de tes fautes, et Moi-même, toi et (le roi David) le fils de Ychaï, nous nous promènerons ensemble dans le Gan Eden.’
Yéroboam demanda : ‘Qui sera en tête?’
D. répondit : ‘Le fils de Ychaï (David)’
Yéroboam répondit : ‘S’il doit en être ainsi, je ne veux pas!’  »
[guémara Sanhérin 102a]

-> Le Ram’hal d’enseigner :
« Il est possible que l’homme puisse refréner ses passions pour l’argent ou les autres profits (de ce monde). Cependant, l’homme est (toujours) poussé vers la recherche des honneurs, car il ne peut pas supporter de se voir inférieur à son prochain ; c’est en cela que de nombreuses personnes ont trébuché et sont allées à leur perte.
Ainsi, Yéroboam fils de Nébat n’a pas eu part au monde à venir pour avoir recherché les honneurs; »
[Messilat Yécharim – fin du chap.11]

-> Nous allons voir un développement à ce sujet du Rabbi ‘Haïm Chmoulevitch (Si’ha 59).
On voit que Yéroboam est prêt à renoncer à être en compagnie d’Hachem et du roi David au Gan Eden, si pour cela il doit être en 2e position.
Mais, plus que cela …

Il est écrit : « Moi, toi et le fils de Ychaï « , ce qui implique qu’il devait avoir la 1ere position devant le roi David.
Alors pourquoi pose-t-il juste ensuite la question : « Qui sera en tête? »
C’est qu’il veut entendre explicitement d’Hachem Lui-même, qu’il sera bien en 1ere place, bien qu’il le sache déjà, et tout cela pour augmenter son honneur.

En réponse à cette démarche, D. l’amoindrit et répond : « Le fils d’Ychaï sera en tête », selon le principe : « Quiconque poursuit la gloire (ou les honneurs), la gloire le fuit » (guémara Erouvin 13b).

Suite à cela, il a préféré renoncer à son monde futur plutôt que de se sentir inférieur à son prochain (« S’il en est ainsi, je refuse!).

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-> « Celui qui dans sa jeunesse a poursuivi un peu les honneurs, il le poursuivra avec plus d’avidité dans sa vieillesse »
[Rabbi Yéhouda Leib ‘Hasman – le Hagril]

Au moment de la vieillesse d’un homme, où ses volontés et ses désirs de ce monde s’affaiblissent, en parallèle la recherche des honneurs s’amplifie et se renforce naturellement.

=> Il faut avoir cela à l’esprit et essayer de s’améliorer le plus tôt possible dans ce domaine, car sinon cela n’en sera que plus difficile par la suite.

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+ La sensibilité aux honneurs dans le monde à venir :

-> Il faut s’éloigner du plaisir attaché aux honneurs, et ce même dans le ciel, comme le rapporte l’histoire suivante :

« Lorsque Rabbi Yéochoua ben Lévi entra au Gan Eden, Rabbi Chimon bar Yo’haï lui demanda : ‘Un arc-en-ciel t’est-il apparu durant ta vie (sur terre)?’
Rabbi Yéochoua ben Lévi répondit : ‘Oui’.
Rabbi Chimon lui dit : ‘Alors tu n’es pas le fils de Lévi’

En fait aucun arc-en-ciel n’est apparu de son vivant, mais Rabbi Yéhochoua ben Lévi a pensé qu’il ne fallait pas s’en attribuer le mérite. »
[guémara Kétouvot 77b]

L’arc-en-ciel est un signe qui annonce que le monde ne sera pas détruit par un nouveau déluge, bien que la génération où il apparaît l’ait mérité.
Mais, s’il existe un véritable juste (tsadik) dans une génération, le monde sera pardonné de la destruction grâce à son mérite et l’apparition de l’arc-en-ciel deviendra alors inutile.
D’où la question de Rabbi Chimon à Rabbi Yéhochoua.

-> « Il existe des générations qui n’auront pas besoin du signe (de l’arc-en-ciel), car y vivait un juste parfait, telle la génération du roi ‘Hizkiyahou et celle de Rabbi Chimon bar Yo’haï. » (Rachi – Béréchit 9,12).

=> Lorsque Rabbi Chimon bar Yo’haï pose la question à Rabbi Yéhochou, ce dernier ne veut pas s’attribuer le mérite de l’absence de l’arc-en-ciel.
Cela prouve que même dans le monde à venir, la notion d’honneur existe et Rabbi Yéhochoua s’est efforcé de le fuir autant que dans ce monde-ci.

[Il lui était permis de ne pas dire la vérité, comme il est permis à un érudit de dire qu’il n’est pas compétent dans un traité de guémara ou dans un thème étudié, bien qu’il le soit, dans un soucis sincère de refuser les honneurs et de faire preuve d’humilité]

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-> L’honneur se dit en hébreu : kavod (כָּבוֹד), mot qui peut se lire aussi : kavéd (lourd).
A titre personnel, on doit s’éloigner des honneurs, mais on doit en témoigner à autrui, en faisant qu’il soit « lourd » (kavéd), qu’il est du poids à nos yeux et à ceux des autres.

On doit s’efforcer à se focaliser, à zoomer sur les qualités appréciables et les bons comportements d’une personne, et à dézoomer sur le reste.
Honorer autrui, c’est profiter de chaque occasion pour qu’il soit plus lourd, appréciable à nos yeux, en mettant un avant quelque chose de positif de lui.

Bien qu’à titre personnel on doit les éviter, il est dans la nature de chaque personne d’avoir besoin d’honneurs (je suis quelqu’un de bien!).
Ainsi, il ne faut pas hésiter à arroser de mots et d’expressions de considération autrui, car à l’image d’un plante qui a besoin d’eau pour être au top de sa forme, il en est de même pour l’être humain.
Honorer autrui, c’est lui donner de la vie, de l’oxygène, qui va lui permettre à son tour d’illuminer son entourage.

-> Honorer son rav ou ses parents, au-delà de la mitsva, c’est permettre que les messages qu’ils vont nous transmettre vont avoir beaucoup plus d’importance à nos yeux, car c’est une personne importante qui nous les délivre.

-> Par moment, il faut savoir se témoigner de l’honneur, en se disant par exemple : « Comment moi, qui suis une personne importante, bien (fils de D., …), je peux me laisser aller à la faute, à perdre mon temps, à faire du lachon ara, … Cela n’est pas digne de mon rang!!  »

-> Il ne faut pas que notre honneur nous empêche de progresser dans la vie, comme par exemple : la peur de poser des questions lorsque l’on a mal compris un passage en Torah, en craignant de passer pour une personne de faible niveau, ou bien le fait d’éviter d’étudier avec une personne car elle ne correspond pas à son honneur, …

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-> Hachem est appelé : « Mélé’h haKavod » (Roi de gloire). Pourquoi?
Parce qu’il distribue de la gloire (kavod) à ceux qui Le craignent.

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+ Rav Kahana vendait des paniers (contenant des objets de couture) lorsqu’une courtisane lui fit des avances séductrices.
Rav Kahana lui dit : Je vais me préparer.
Il monta alors sur le toit et se jeta vers le sol.
Le prophète Eliyahou survint, saisit rav Kahana et lui dit : « Tu m’as dérangé en me faisant parcourir 400 parsa (environ 1 600km) pour te sauver! »
Rav Kahana répondit : « Qu’est-ce qui m’a valu cette épreuve? N’est-ce pas la pauvreté! »
Alors Eliyahou haNavi donna à rav Kahana une bourse remplie de dinars (d’or).
[guémara Kiddoucin 40a]

=> Pourquoi Eliyahou haNavi a-t-il transmis à rav Kahana cette grande somme d’argent? Rav Kahana était-il autorisé à utiliser cet argent?

-> Rav Kahana était la réincarnation de Pin’has et la courtisane était la réincarnation de la princesse étrangère Kozbi.
Cette dernière a désiré faire trébucher rav Kahana, pour venger son assassinat par Pin’has qui avait agi avec des intentions pures par Kiddouch Hachem.
C’est pourquoi, c’est Eliyahou haNavi, qui est la réincarnation de Pin’has, qui est venu sauver rav Kahana.
Comme un père, Eliyahou (1er guigoul), est venu s’occuper de la parnassa de son fils [rav Kahana] (2e guiguoul) en lui faisant bénéficier de cette grande somme d’argent.
[‘Hida – dans Péta’h Enaïm]

-> Si Eliyahou haNavi avait donné à rav Kahana ce coffret de pièces d’or obtenu par une action miraculeuse, rav Kahana n’aurait pas été autorisé à profiter de cet argent, d’après la guémara (Taanit 24b), selon laquelle on ne peut pas profiter d’un miracle.
Dans notre récit, Eliyahou haNavi a en fait indiqué à rav Kahana l’emplacement où un coffret de pièces d’or était enfoui sous terre.
Rav Kahana a récupéré lui-même ce coffret de grande valeur qui était sans propriétaire, et a pu ainsi s’enrichir et profiter de cet argent qui n’était pas le fruit d’un miracle.
[Ben Ich ‘Haï – guémara Kidouchin 40a]

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