« Si tu prêtes de l’agent à un membre de Mon peuple, au pauvre qui est avec toi, ne te conduis pas envers lui comme un créancier » (Michpatim 22, 24)

-> « Si tu prêtes de l’agent à un membre de Mon peuple (ami – עַמִּי) : tu seras avec Moi (‘imi), tu mériteras de siéger proche de Moi. »
[midrach Tan’houma]

-> « Tout homme qui prête de l’argent à son prochain sans prélever d’intérêts, la Torah considère qu’il a accompli toutes les mitsvot. »
[midrach rabba – chap.31]

-> « Sache que la mitsva de prêter concerne non seulement le prêt d’argent, mais également le prêt d’objet ou de biens.
Hachem souhaite voir l’homme accomplir des gestes de bienveillance, qui inclut toutes les preuves de bonté que l’homme peut manifester à autrui.
[…]
Que personne ne laisse ces pensées lui traverser l’esprit : « Combien cet homme me pèse, lorsqu’il vient sans cesse m’emprunter de l’argent et me le rembourser ensuite! », car nul ne se plaint des clients qui viennent sans cesse frapper à la porte de son magasin pour lui permettre de réaliser des bénéfices.

Qu’on soit au contraire conscient qu’on accomplit par la une mitsva de la Torah, qui suscitera sur nous la bénédiction du Créateur.  »
[le ‘Hafets ‘Haïm – Ahavat ‘Hessed]

-> Le Kli Yakar dit en ce sens : « au pauvre qui est avec toi » : le pauvre que tu soutiens est « avec toi », car ainsi, vous devenez partenaires.
Tu lui viens en aide, et lui en te permettant de le faire, te vient en aide.  »

[lui te donne des mérites éternels, en échange d’un peu d’argent. Qui doit remercier qui?]

-> Le rabbi Shmelke de Nikolsbourg enseigne :
Parfois une personne se fixe un montant spécifique d’argent qu’elle donne à la tsédaka, mais alors que ses richesses augmentent, ce montant donné va rester le même.
La Torah dit : « ét aani ima’h » (« le pauvre qui est avec toi ») = de même que nous avons pu nous enrichir, de même nous devons également enrichir le pauvre qui est avec nous.

-> Le rabbi Ména’hem Mendel de Kotzk dit :
Selon nos Sages, lorsque nous quittons ce monde, nous ne sommes pas accompagnés par des personnes importantes ou bien par des richesses, mais par notre Torah et les bonnes actions que nous avons pu accumuler dans ce monde.
C’est ainsi que l’argent qui va nous accompagner est celui que l’on aura donné en tsédaka « au pauvre qui est avec toi ».

[les pauvres nous permettent d’échanger notre argent éphémère de ce monde, contre de l’argent valable éternellement dans le monde à venir!
Il faut se considérer comme pauvre en mérites (moi = « le pauvre qui est avec toi »), pour ressentir de la joie à donner son argent, car ainsi on s’enrichit pour l’éternité. Quelle affaire, il me permet de faire! ]

-> « Au pauvre qui est avec toi » :
Le Ktav Sofer enseigne que même si nous sommes riches et que nous avons beaucoup d’argent à donner aux autres, il ne faut pas en faire étalage.
Pour nous même, il faut agir comme un pauvre (« au pauvre qui est avec toi »), en sachant se satisfaire de peu, en ne laissant pas libre recours à la matérialité (le superflu). Il faut avoir conscience que si nous avons de l’argent en plus, c’est pour aider les pauvres, car au final ce que j’aurai et que l’on ne pourra jamais m’enlever, c’est ce que j’aurai pu donner.
Pour les autres, je dois avoir une vision riche, large, pour combler au mieux ses besoins.
[on a trop tendance à faire le contraire : voir nos besoins personnels avec des yeux de riches, et ceux d’autrui avec des yeux de pauvres!]

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-> « Si tu prêtes … Ne te conduis pas envers lui comme un créancier (noché – כְּנֹשֶׁה) »

Le Rav Yaakov Beifuss (Léka’h Tov) rapporte que le riche doit prendre conscience que :
– la forme conditionnelle (si tu) implique que si tu possèdes tant d’argent que tu peux le prêter, alors sache que celui-ci revient : « au pauvre qui est avec toi » ;

– il ne faut tirer aucun orgueil de ce fait, car sinon on devient créancier (même émotionnellement!).
Il faut être reconnaissant envers Hachem qui nous a permis d’être dans cette situation.

-> Rav Shimshon Raphaël Hirsch enseigne :
« En prêtant de l’argent à celui qui en a besoin, la Torah nous laisse entendre qu’on s’attache à lui et à son infortune.
Il n’est plus seul car on se trouve à ses côtés pour l’aider à affronter les obstacles et à acquérir son indépendance financière.  »

Lorsque papa Hachem voit l’entraide, qui règne entre ses enfants, Il les couvre de bisous (de bénédictions).

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« Si tu prêtes de l’agent à un membre de Mon peuple » (Michpatim 22, 24)

-> Le midrach Tan’houma (8) de commenter :
« Hachem éprouve tous les hommes : les riches, s’ils tendent la main aux pauvres, ils pourront jouir de leur richesse et la récompense de la charité accomplie leur sera conservée dans le monde futur.
[…]
Les pauvres [sont aussi éprouvés], car s’ils ne se révoltent pas dans ce monde-ci, ils recevront leur récompense dans le monde futur. »

=> Il faut accepter le rôle que Hachem nous a attribué et agir en conséquent.
Par exemple, si un riche ne reverse pas ce qui lui a été donné en dépôt, on peut le lui retirer, et en faire profiter une autre personne.

En effet, nos Sages disent que la tsédaka est ce qui permet de conserver sa richesse, voir d’en avoir davantage.
On peut citer à ce sujet :

-> Le verset suivant : « Or s’il se plaint à Moi, Je l’écouterai car Je suis compatissant » (Michpatim 22,26)
Le Sforno de commenter : « Car en toutes circonstances, lorsqu’il M’implorera concernant sa pauvreté … Je lui donnerai une part de cet argent superflu que Je t’accordais jusque-là pour subvenir aux besoins d’autrui. »

-> La guémara (Témoura 16a) :
« Au moment où le pauvre se rend chez l’homme aisé et lui dit : « Nourris-moi! », si ce dernier le nourrit, tant mieux.
Sinon, « le riche et le pauvre sont sur la même ligne » (Michlé 22,2) : Celui qui (Hachem) a enrichi le premier, le rendra pauvre, et celui qui (Hachem) qui a appauvri le second le rendra riche.  »

Rachi de commenter : A chaque instant, D. renouvelle leur situation.

Ainsi, l’état actuelle des choses n’apportent aucune certitude quant à l’instant suivant.
Seul le fait d’assumer notre rôle dans la redistribution des richesses peut nous aider à rester parmi les riches.

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-> Il est intéressant de noter que cela est également vrai pour les richesses spirituelles :

– la même guémara (Témoura 16a) dit : « Mais si le sage (par rapport à une autre personne) refuse de lui enseigner la Torah … celui qui (Hachem) a rendu le premier sage le rendra sot, et celui qui (Hachem) a fait le second sot le rendra sage ».

– Nos Sages disent (guémara Taanit 7a) : « La guerre est déclarée aux érudits qui étudient la Torah en solitaire … ils en deviennent eux-mêmes sots. »

=> Ainsi, aussi bien matériellement que spirituellement, celui qui refuse de partager ce qu’il possède verra ses biens attribués à autrui.

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« Plus le poids des richesses augmente, plus il devient difficile d’ouvrir sa main à la charité »

[le ‘Hafets ‘Haïm]

=> Il ne faut pas s’excuser en pensant : « J’attends d’être riche avant de donner un maximum à la tsédaka » ou « Si j’avais beaucoup d’argent, alors je donnerai beaucoup à la tsédaka », car en même temps qu’arrive la richesse, il se renforce en nous un yétser ara de ne pas la redistribuer.

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  1. Ping: Aux délices de la Torah

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