Quelques pertes suite à la disparition du Temple

« Le Temple était la source de toutes les bénédictions dans le monde. »
[Zohar – Chela’h 161b]

+ Quelques pertes suite à la disparition du Temple :

1°/ Le Temple nous apportait le pardon de nos fautes, ce qui nous rapprochait énormément de Hachem.
Même une faute par inadvertance nécessitait d’offrir un sacrifice, on faisait ainsi plus attention à ne pas fauter, et le service divin était plus pur.

La téchouva y était plus concrète, on ressentait physiquement la présence divine, et les miracles du Temple étaient évidents aux yeux de tous.

-> Selon la guémara (Yoma 39b), le Temple s’appelait également : « Lévanon », dont la racine est : « lavan » (blanc), en allusion à sa capacité à blanchir et à nettoyer les fautes des juifs.

-> Le Gaon de Vilna (sur Chir haChirim 1,17) explique que même si une personne fait téchouva, elle ne peut pas se débarrasser totalement de sa faute.
En effet, ce n’est qu’après avoir apporté un sacrifice (korban) qu’il ne reste absolument rien.
[sans le Temple, nous n’avons plus la capacité d’être totalement blanc, pur, ce qui crée une distanciation avec Hachem, un moindre sensibilité à la sainteté]

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-> « Si les générations passées étaient comme des anges, alors nous sommes comme des hommes ; s’ils étaient comme des hommes, alors nous sommes comme des ânes »
[Rabbi Zeira au nom de Rabba bar Zimouna – guémara Shabbath 112b]

-> Comment comprendre la baisse significative de niveau spirituel après l’époque des Amoraïm? (ce sont les créateurs du Talmud Babli, qui pouvaient par exemple faire revivre les morts)

Le ‘Hida (Midbar Kédemot 1,26) explique que c’est parce que les Amoraïm pouvaient toujours se fournir en cendres de Para Adouma (vache rousse).
Les juifs avaient la capacité d’atteindre de telles hauteurs de sainteté, car ils avaient des moyens pour être totalement purs.
Au fur et à mesure que leur stock de cendres a diminué, l’impureté les a entraîné vers le bas.
Même quelqu’un qui consacre totalement sa vie à Hachem ne peut s’élever vers une véritable sainteté s’il manque les bases de la pureté.

Le ‘Hida ajoute : « Je crois que le grand Arizal a dû avoir accès à cette pureté. Eliyahou haNavi a dû le purifier avec les cendres de la vache rousse, afin qu’il puisse atteindre l’inspiration divine (roua’h hakodech).
Et bien que j’ai tiré cette conclusion moi-même, je suis confiant que cela soit vrai et que le Arizal, par humilité, a gardé cela secret ».

[Selon la tradition juive seulement 9 vaches rousses ont été sacrifiées, et ce sur une période allant de Moché rabbénou à la destruction du 2e Temple.
Une fois sacrifiée par les Cohanim, les cendres de la para adouma étaient utilisées pour élaborer une eau purificatrice, retirant l’impureté provenant du contact d’un cadavre d’une personne.
De nos jours, nous avons tous une impureté dont seule la 10e vache rousse, qui sera sacrifiée dans le 3e Temple, pourra nous en débarrasser]

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-> Le Gaon de Vilna (18e siècle) affirmait qu’il pouvait comprendre la sainteté des grands dans les générations avant lui. Par exemple, il arrivait à imaginer la grandeur des richonim tels que : le Rachba et Rachi. De même, il comprenait ce que cela signifiait d’être un Amora de la guémara, ou un Tana des michnayot.
Cependant, il ne pouvait pas remonter plus loin.

Le Gaon de Vilna déclarait : « Ce que je ne peux pas appréhender, c’est à quoi pouvait ressembler un juif simple à l’époque du 2e Temple! »

Rabbi Yo’hanan enseigne : « Le meilleur de la période du 2e Temple, ne pouvait pas être comparé au plus simple du 1er Temple » [guémara Yoma 9b ; Maharcha]
[entre les 2 Temples il y a eu une importante baisse, car il manquait beaucoup de choses importantes dans le 2e par rapport au 1er, comme par exemple (guémara Yoma 21b) : le Aron et les Lou’hot avaient disparu, la présence divine n’est pas revenue, la prophétie a été perdue ainsi que le Ourim véToumim, le chochen du Cohen Gadol ne répondait plus au question en s’éclairant, le feu des sacrifices ne se consumaient plus surnaturellement.
=> Une nette diminution du pouvoir du Temple entraîne une nette diminution spirituelle de toute la génération!]

=> Tout cela, nous permet de réaliser à quel point la perte du Temple a entraîné une chute brutale de notre niveau spirituel.
[le Gaon de Vilna pouvait remonter sur environ 1700 années, en comprenant le niveau de chacun des grands en Torah, cependant le simple fait de la présence du Temple, lui rendait alors impossible d’appréhender la spiritualité atteinte par même le plus simple des juifs!]

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-> Lors du 2e Temple, la Présence Divine ne résidait pas parmi les juifs, mais était réfléchie du Temple d’En Haut vers le Temple d’en bas.
[Méam Loez – Vézot haBéra’ha 33,12]

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Cette capacité à purifier était vraie pour les juifs, mais également pour les autres nations, comme le rapporte nos Sages (guémara Soucca 55).
Rabbi Yo’hanan dit : « Malheur aux non-juifs qui n’ont même pas compris ce qu’ils ont perdu ».
En effet, le Temple expiait également les fautes des non-juifs.
A Souccot, on apportait 70 taureaux en tant que korban Moussaf, en correspondance avec les 70 nations non-juives du monde. Ces sacrifices avaient un grand impact chez eux, leur permettant par exemple d’avoir la pluie nécessaire.
Rachi ajoute que ces korbanot les protégeaient également d’autres souffrances.
[cf. également le point 6°/ ci-dessous : sur la puissance des prières des non-juifs au Temple]

=> Selon le midrach rabba (Bamidbar 1,3) si les nations du monde avaient pu apprécier combien de bénédictions elles recevaient du Temple, elles auraient envoyé des bataillons entiers pour veiller à ce que personne ne vienne perturber le Temple.

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2°/ Le Zohar (Vayakel 219) rapporte que grâce au parfum de la Kétorét, l’homme ressentait un profond désir de servir D., et les forces du mal, du fait de cette odeur sainte, s’enfuyaient.

3°/ Les 10 miracles quotidiens qui se produisaient dans le Temple renforçaient les juifs dans leur émouna, et cela était encore plus évident le jour de Kippour où l’on voyait le Cohen Gadol entrer dans le Saint des saints et en ressortir. On pouvait voir directement le tissu rouge devenir blanc, preuve que D. avait accepté leur téchouva.

Selon nos Sages : « Depuis que le Temple a été détruit, les Bné Israël qui ont une confiance (totale) en D., ont disparu ».
[guémara Sotah 48a]

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4°/ Selon la guémara (Sota 48a), la parnassa était très importante, et il y avait une abondance de fruits et de récoltes.

La guémara (Kétoubot 111b) rapporte que la bénédiction : « une terre ruisselante de lait et de miel » fut manifeste jusqu’à la destruction du Temple.

Rabbi Yaakov ben Dostaï rapporte qu’un matin sur la route allant de Lod à Ono, il marchait en ayant jusqu’aux chevilles du miel s’écoulant de figuiers à proximité, et s’étant rependu jusqu’à recouvrir la route (jusqu’aux chevilles!).

Rami bar Yé’hezkel rapporte avoir vu à Bné Brak des chèvres broutant sous des figuier. Il y avait du miel s’écoulant des figues et du lait dégoulinant des mamelles des chèvres, les 2 liquides se mélangeaient ensemble.
Il a dit : ceci est le sens du verset : « une terre ruisselante de lait et de miel » (Chémot 3,8).)

Nos Sages décrivent que les choux étaient tellement grands qu’on devait utiliser une échelle pour les récolter.
De chaque vigne on pouvait vendanger 300 grappes de raisin par jour.
On ne pouvait manger qu’un tiers d’une pêche.
Les fruits mûrissaient plus rapidement que dans les autres pays.

Avec la destruction du Temple, le goût des fruits a perdu de sa puissance, leur actuelle ne représente qu’un infime pourcentage de celle qu’il y avait à l’époque du Temple.

La guémara nous rapporte aussi que nous avons perdu le : Nofét Tsofim, qui est selon les avis :
– une sorte de farine particulièrement agréable, ayant un goût de vin et de miel ;
– ou bien, c’était une bénédiction spéciale dans la pâte ;
– ou bien, une sorte de miel exceptionnellement délicieux et délectable.

-> A l’époque du Temple, la terre d’Israël était si abondante qu’il n’était pas évident de stocker toute sa production dans ses frontières. [guémara Kétoubot 112a]

-> Lorsque les juifs étaient vigilants concernant les lois de pureté, cela adoucissait le goût et l’odeur de leurs fruits. [guémara Sotah 48a]

-> Les korbanot Tamid amenaient beaucoup de réussite dans leur subsistance, et les autres sacrifices apportaient des bénédictions sur leur bétail. [midrach Tan’houma Tétsavé 13]

-> Les miracles étaient encore plus présents à Jérusalem même, où la vie y était super-naturelle.
Par exemple, le Avot déRabbi Nathan (35,1) rapporte :
– personne n’a jamais ressenti la moindre difficulté à subvenir aux besoins de sa famille, et personne n’a dû quitter Jérusalem pour rechercher sa subsistance.
– personne n’a jamais été piqué par un serpent ou un scorpion ;
– personne ne s’est jamais cogné ou bien a trébuché ;
– il n’y a jamais eu de feu destructeur ;
– jamais un mur ne s’y est effondré ;
– personne n’a manqué d’un four pour faire rôtir son korban Pessa’h ;
[la guémara (Pessa’him 64b) compte qu’à une occasion il y avait : 1 200 000 korbanot apportés, chacun devant être cuit.
Ce compte a été fait à l’époque du 2e Temple où seule une partie du peuple juif habitait suffisamment proche pour venir. Ainsi, pendant le 1er Temple, période où tous les juifs habitaient en Israël, le nombre devait être beaucoup plus élevé. Malgré cela, il y avait toujours assez de fours disponibles!]
– il ne manquait jamais de place pour dormir à Jérusalem (selon nos Sages, il y avait à minima 12 millions de juifs qui venaient, et devaient être logés dans les murs de la ville : y dormir et y manger le korban).

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5°/ Tant que le Temple existait, les habitants de Jérusalem étaient d’une beauté extraordinaire et spécifique, au point que l’or pur était était moins esthétique et lumineux que les enfants de Tsion.

Rabbi Shimon Schwab dit qu’il y a un lien entre la pureté intérieure et une beauté extérieure gracieuse.
Ainsi, le pouvoir purificateur du Temple se faisait ressentir par une plus grande beauté.

Au moment où Rabbi Yo’hanan allait mourir, Rabbi El’azar lui dit : « Je pleure car ta beauté va finir décomposée dans la terre ».
Rabbi Yo’hanan lui a répond : « Sur cela, il est approprié de pleurer ». [guémara Béra’hot 5b]

Comment comprendre que des Sages aussi importants s’attristent sur le physique?

Le Maharcha commente : c’était le dernier survivant de la beauté des habitants de Jérusalem [de l’époque du Temple].

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6°/ A l’époque du Temple, toutes les prières (tant matérielles que spirituelles) étaient exaucées.

-> Selon la guémara (Béra’hot 32b) : « Après la destruction du Temple, les portes de la prière se sont fermées ; tandis que les portes des pleurs n’ont jamais été closes ».

Rabbi Nathan Wachtfogel (Léket Réchimot) rapporte les propos de nos Sages : « Après la destruction du Temple, le mur de fer qui séparait Israël de leur Père dans le ciel s’est ouvert ».

-> Le midrach Tan’houma (Térouma 9) écrit que si les non-juifs avaient compris combien le Temple leur était profitable, ils l’auraient fait garder par des soldats afin qu’il ne soit pas détruit.
[la présence du Temple entraînait un déversement de bénédictions, dont les nations en profitaient également]

Lors de son inauguration, le roi Chlomo pria Hachem afin que chaque juif qui se rendrait au Temple ne soit exaucé que si sa demande était bonne.
Par contre, chaque non-juif qui viendrait prier au Temple pour n’importe quelle requête serait exaucé immédiatement, afin que toutes les nations voient la grandeur de D.

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7°/ Nos Sages enseignent (guémara Sotah 49a) : « Depuis la destruction du Temple, les malédictions sont pires de jour en jour »

=> Tous nos malheurs : les progroms, la Shoa, nos angoisses, nos peurs, le manque de joie, … depuis près de 2000 ans sont les conséquences directes de la destruction du Temple, parce que la présence divine s’est éloignée.

[ « Le Temple était la source de toutes les bénédictions dans le monde. » (Zohar – Chela’h 161b)]

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8°/ Suite à la destruction du Temple, il nous est impossible d’accomplir un nombre important de mitsvot.

Le ‘Hafets ‘Haïm a répertorié les mitsvot que nous pouvons encore accomplir :
-> Sur 365 mitsvot négatives (lo taassé), il n’en reste que 194.
-> Sur 248 mitsvot positives (assé), il n’en reste que 77.

=> Ainsi de nos jours, à cause de l’exil actuel, plus de la moitié des mitsvot ne sont plus réalisables.

Cet état de fait a pour conséquences un déficit énorme de mérites pour les juifs, et un manque dans la purification de nos âmes (les mitsvot nous sanctifient et nous purifient).

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+ « Bénissez D. [vous] tous, serviteurs de D. qui vous tenez dans le Temple de D. la nuit » (Téhilim 134,1)

De quoi s’agit-il, sachant que la nuit, il n’y avait pas de Service Divin dans le Temple?

-> Le rav Shimon Schwab répond que les gens étaient tellement enthousiasmes, impatients, d’entrer dans le Temple dès son ouverture le matin, qu’ils se mettaient en file dans l’attente de pouvoir bénéficier au plus vite des opportunités d’inspiration et d’élévation du Temple.
Dans cette file d’attente, ils patientaient en discutant de Torah et en chantant des louanges à Hachem.

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