« Le maître échanson ne se souvient pas de Yossef, et il l’oublia » (Vayéchev 40,23)

=> S’il ne s’en souvient pas, c’est qu’il l’oublia. Que vient nous apprendre cette apparente répétition?

-> Selon Rachi, il ne s’en souvient pas = le jour où il fut libéré ; et l’oublia = par la suite.

-> Le Maharam d’Amshinov explique que : dès le moment où Yossef a fait sa demande au maître échanson, il a réalisé qu’il avait fauté en mettant sa confiance dans un être humain et non en Hachem.
Il a alors prié à D. pour que le maître oublie totalement sa demande.

C’est ce qui arriva : « il ne se souvient pas … et il l’oublia » = à la fois le jour où il fut libéré, et à la fois après, suite à la prière de Yossef.

-> Selon le ‘Hidouché haRim, on peut expliquer que le sujet de l’expression : « il l’oublia », n’est pas le maître échanson, mais plutôt Yossef.
En effet, de son côté, « le maître échanson ne se rappela pas de Yossef », et donc ne parla pas de lui à Pharaon pour le libérer de la prison.
Mais, en parallèle, Yossef aussi « l’oublia » : il oublia le maître échanson et écarta complètement de son esprit le souvenir du maître échanson et l’espoir qu’il intervienne en sa faveur pour l’aider à sortir de prison. Il n’attendait pas après lui et ne se posa jamais la question de savoir avec impatience quand interviendra-t-il pour lui.
Il retira sa confiance du maître échanson et plaça son espoir uniquement sur Hachem, conscient que seul Lui pourra le sauver.

-> Le midrach Sechel Tov (Béréchit) enseigne à ce sujet :
« il l’oublia » = en réalité, le maître échanson avait fait des nœuds à son habit afin de se rappeler de mentionner Yossef à Pharaon, mais un ange est venu et a retiré ces signes en défaisant ses nœuds.
Il est écrit dans les Téhilim (105,20) : « chala’h mélé’h vayatiréou » (Le Roi l’envoya et il l’a délié) = le Roi des rois a envoyé un ange afin de délier ses nœuds.

Dès l’instant où est arrivé son moment de sortir de prison, Hachem a dit au maître échanson : Même si tu as oublié Yossef, Je ne l’ai pas. Maintenant, je te le rappelle.

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-> Hachem dit [comme s’il s’adressait à l’échanson] : « Je ne désire pas que tu assures la libération de Yossef. C’est un tsadik, et je veille sur lui moi-même »
[Yéfé Toar]

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-> Rachi explique que Yossef resta 2 années supplémentaires en prison du fait qu’il a placé sa confiance dans le maître échanson (en lui demandant à 2 reprises de se souvenir de lui : « Que tu te souviens de moi … parle de moi à Pharaon et fais moi sortir de cette demeure » (v.40,14)).

=> Mais en quoi était-il fautif? En effet, même si on a confiance en Hachem, il convient malgré tout d’entreprendre des démarches naturels pour obtenir ce que l’on souhaite?

En réalité, certes il faut user de voies naturelles, mais, on ne doit le faire qu’au moment où le besoin se présente. Le fait de préparer des circonstances naturelles avant que se présente le besoin exprime un manque de confiance en Hachem, qui entraîne une inquiétude qui le pousse à préparer à l’avance sa solution.
Dans son interprétation, Yossef annonça au maître échanson qu’il serait libéré dans 3 jours. Ainsi, Yossef avait encore du temps devant lui et il aurait dû attendre le 3e jour pour lui demander de l’aide.
=> Il s’y prit 2 jours trop tôt, et il en fut sanctionné et dût rester encore 2 ans supplémentaires en prison, un an pour chaque jour.
[Imré Shéfer]

<—>

-> 2 années de prison ont été ajoutées à Yossef, parce qu’il avait dit : si tu te rappelles de moi, parle de moi.
=> Rabbi ‘Haïm de Brisk a une fois demandé à rabbi Chimon Schkop : Qu’est-ce qui se serait passé, si Yossef avait utilisé uniquement un seul mot (ex: parle de moi)?

Rabbi Chimon Schkop répondit que si pour avoir utilisé 2 expressions, on lui avait ajouté 2 ans, il paraît logique de penser que pour une seule, on lui aurait ajouté un an …
Cependant, rabbi ‘Haïm de Brisk répliqua que cela ne marche pas comme ça. En effet, s’il avait utilisé une seulement expression, on n’aurait rien ajouté à Yossef, même pas un an, parce que l’homme a le devoir de faire des efforts.
Et dire un seul mot, il se peut que cela compte comme l’effort qu’on doit faire … c’est seulement quand il a rajouté un 2e mot que le 1er aussi a perdu son statut d’effort obligatoire, et qu’alors on lui a ajouté 2 années d’un seul coup, en incluant la 1ere expression.

<—>

-> b’h, cf. également « Yossef et la hichtaldout » : https://todahm.com/2018/12/25/7827

<————>

-> Yossef n’aspirait pas à obtenir un privilège personnel. En réalité, la femme de Potiphar venait encore le harceler chaque jour (même ne prison!), et il désirait « sortir de cette demeure » afin de lui échapper.
[Méam Loez 40,14-15]

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  1. Ping: Aux délices de la Torah

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