« Le puits était vide, il n’y avait pas d’eau dedans » (Vayéchev 37,24)

-> De façon assez surprenante, la guémara (Sabbath 22a) fait suivre les 2 sujets suivants :
« Rabbi Tan’houm enseigne que si les lumières de ‘Hanoucca sont au-dessus de 20 amot, cela n’est pas valable.
[Rachi explique : car un passant ne pourra pas la voir, et il n’y aura alors pas de publication du miracle]

Rabbi Tan’houm demande : Quelle est la signification du verset : « le puits était vide, il n’y avait pas d’eau dedans »?
Il n’y avait pas d’eau dans le puits, mais il y avait des serpents et des scorpions. »

=> Quel est le lien entre ces 2 affirmations?

Le Gaon de Vilna donne la réponse suivante.

Les lumières de ‘Hanoucca doivent être placées au maximum à 20 amot (environ 9,6 mètres) de hauteur afin que les passants puissent les observer.

« Ils le jetèrent (vayachli’hou) dans le puits » (37,24)
Le Tossafot Yom Tov (Tamid 1,4) dit que le mot « vayachli’hou » fait référence à une chose qui est jetée à au moins 20 amot de haut, ce qui permet d’affirmer que le puits avait une hauteur de plus de 9,60 mètres (20 amot).

Pour cette même raison, les frères de Yossef n’ont pas pu savoir qu’il y avait des serpents et des scorpions dans le puits, car ne pouvant pas regarder jusqu’au fond.

=> La juxtaposition des 2 sujets vient nous avertir qu’une compréhension du sujet des lumières invalides de ‘Hanoucca, est nécessaire pour comprendre le comportement des frères de Yossef.

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-> La guémara (Soucca 2a) enseigne :
Une Soucca qui fait plus de 20 amot de hauteur n’est pas valable.
Rava affirme qu’on apprend cela du verset : « afin que vos générations sachent que [c’est] dans des Souccot [que] J’ai fait résider les enfants d’Israël lorsque Je les ai fait sortir du pays d’Egypte. » (Emor 23,43).

Jusqu’à 20 amot, on a conscience d’être assis dans une Soucca [puisque sans effort nous voyons son toit qui nous rappelle la mitsva]
Au-dessus de 20 amot, on n’a plus conscience d’être assis dans une Soucca, car nos yeux ne peuvent plus voir involontairement le toit en raison de sa hauteur.

-> Le Maharam Schick dit qu’il existe une énorme différence entre savoir et regarder.
Dans ce monde matériel, on a beau « savoir » quelque chose, cela ne deviendra une certitude dans notre esprit qu’à partir du moment où on la voit.
C’est ainsi, que nous devons regarder le toit de la Soucca pour être certain de résider dans une Soucca

-> Il est écrit : « ils tirèrent Yossef et [le] remontèrent du puits, et ils vendirent Yossef » (37,28)

=> Comment les frères de Yossef ont-ils pu le vendre alors qu’il venait juste de survivre miraculeusement au puits?

La réponse est qu’ils n’étaient pas certain à 100% que Yossef ait été sauvé de serpents et de scorpions, puisque le puits faisait plus de 20 amot de hauteur, ils ne pouvaient pas les voir.
Ainsi, ils « savaient » qu’un puits dans le désert à de très fortes probabilités d’être rempli de bêtes vénéneuses, mais puisqu’ils ne les « voyaient » pas, ils n’ont pas pris pleinement conscience de ce fait.

Il en résulte que lorsque Yaakov est sorti vivant du puits, à leurs yeux ce n’était pas un si grand miracle que cela, et ils n’en ont pas déduit que c’était un tsadik.
Il n’y avait alors aucune raison solide s’opposant à le vendre.

Il en est de même à ‘Hanoucca, où il est nécessaire d’avoir les lumières situées à une hauteur de moins de 20 amot, pour que cette vision permette une prise de conscience ferme du grand miracle qui a eu lieu pour le peuple juif.

La vision est ce qui nous permet d’internaliser et de vraiment s’approprier une notion, pour peu que nous ayons la volonté personnel d’en absorber le message latent.
Le rav Moché Feinstein dit que l’on peut très bien regarder les bougies de ‘Hanoucca, sans se focaliser sur le message qu’elles nous transmettent (ex: l’idée que Hachem est derrière chaque chose de ce monde, pas uniquement les miracles grandioses, …).

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+ « Son maître vit que Hachem était avec lui et que tout ce qu’il faisait, Hachem le faisait réussir dans sa main » (Vayéchev 39,3)

-> Le Zohar explique : Même si Yossef avait une certaine chose dans sa main, et que son maître voulait une autre chose, Hachem faisait changer ce qui était dans la main de Yossef pour qu’il devienne exactement ce que son maître demandait.
C’est ce que son maître a vu : que Hachem était avec Yossef dans tout ce qu’il faisait.

=> Pourquoi est-ce que Hachem a -t-il réalisé des miracles aussi visibles?

Selon le Adéret Eliyahou, c’est parce qu’il n’y a pas de comparaison entre « savoir » qu’une chose se passe et la « regarder ».
C’est pourquoi Hachem faisait changer les objets dans sa main à chaque instant en fonction de la demande de son maître. Cela avait pour objectif de faire bénéficier Yossef d’un bisous divin du plus haut niveau : c’est-à-dire « voir » les miracles/bontés que D. lui faisait, plutôt que d’uniquement le savoir (en théorie).

[le fameux : je ne crois que je que je vois, témoigne de la force de la vision!]

-> Le Pné Yéhochoua dit qu’il en est de même à ‘Hanoucca, où Hachem a fait un miracle clairement VISIBLE afin de nous faire prendre conscience au plus haut niveau possible de l’énorme amour qu’Il a pour nous.

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+ « Et voici qu’une caravane d’Ichmaélites arrivait de Guilad, et leurs chameaux transportaient des aromates, du baume et du lotus, qu’ils allaient faire descendre en Egypte. » (Vayéchev 37,25)

-> Rachi commente : Les arabes ne transportent, d’habitude, que du naphte et du pétrole, dont les relents sont nauséabonds. Mais il s’est agi ici de parfums, afin que Yossef ne soit pas incommodé par de mauvaises odeurs.
[il a pu voir que ses habits sont restés propres, qu’il sentait bon, … comme une bulle agréable dans un univers de marchands de pétrole : d’ordinaires sûrement grossiers, sales et sentant mauvais!]

=> Hachem a fait en sorte que Yossef puisse voir, sentir, … des choses agréables.
Cela a permis d’accroître le pouvoir de sa consolation, de sa prise de conscience que Hachem était avec lui, à un niveau beaucoup plus élevé que d’intellectualiser sa émouna

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-> Ces signes, nous pouvons peut-être les considérer comme petits si nous les comparons à la gravité de sa situation, mais malgré tout cela a suffi à Yossef pour ressentir l’affection de Hachem envers lui, et par conséquent, il n’y a pas de plus grande joie que cela.
Regarder un point de lumière au milieu de l’obscurité, c’est cela le secret.

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+ Autre explication de ce lien entre les 2 idées de la guémara (‘Hanoukia et le puits) :

-> « Yossef rapportait des paroles médisantes sur eux, à leur père » (Vayéchev 37,2)

Le rav Nevenzahl explique que c’est pour cette raison qu’il y avait spécifiquement des serpents dans le puits, puisque c’est le serpent qui a parlé du lachon ara à propos de Hachem à ‘Hava.
Ainsi, à un certain niveau Yossef aurait dû être puni par le biais des serpents pour avoir été impliqué dans la même faute que lui.
Pourquoi alors a-t-il été sauvé?

Rav Nevenzahl explique que Yossef avait un mérite particulier : chaque fois qu’il en avait l’occasion, il parlait de l’implication de Hachem dans le monde, d’à quel point Il gouverne la naturalité du monde et tous les événements.
Nous retrouvons cette attitude à plusieurs reprises dans la Torah, comme par exemple :
– « son maître (Potiphar) vit que Hachem était avec lui » (Vayéchev 39,3) ;
Rachi explique : « Le nom de Hachem sortait fréquemment de sa bouche ».
– Yossef leur dit [à l’échanson et au panetier] : Les interprétations ne sont-elles pas à D.? » (Vayéchev 40,8) ;
Le Radak de commenter : « Racontez-moi votre rêve, peut-être que D. me donnera-t-Il la sagesse nécessaire pour le comprendre ».
– « Yossef dit à Pharaon : C’est au-dessus de moi ; c’est D. Qui répondra du bien-être de Pharaon » (Vayéchev 41,16).
Rachi de dire : « La sagesse n’est pas de moi, mais « c’est D. (Elokim) qui donnera une réponse ». Il mettra dans ma bouche la réponse qui « donnera la paix à Pharaon ». »

=>Yossef ne révélait pas les miracles évidents, mais plutôt ceux qui sont dissimulés, et dont l’homme peut facilement voler la vedette à Hachem.
Yossef non seulement était certain que c’est D. qui contrôle toute la nature, mais il enseignait cette idée à d’autres.

Le rav Nevenzahl dit que cela peut expliquer le lien entres les 2 notions abordées dans la guémara ci-dessus.
Une bougie de la ‘hanoukia allumée à une hauteur supérieure de 20 amot n’est pas valable, car elle est trop haute pour rendre convenablement public du miracle.
Juste ensuite, la guémara parle du puits dans lequel Yossef a été jeté, et dont il a pu être sauvé des serpents par son attitude de toujours publier autour de lui les miracles cachés de la nature, la totale implication de Hachem dans le monde.
=> Ainsi, de même qu’on ne pouvait pas voir Yossef a une profondeur de plus de 20 amot, de même on ne peut pas partager le miracle au-dessus d’une telle hauteur.

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