Questions/Réponses – paracha Yitro

+ 7 Questions/Réponses – paracha Yitro :

1°/ Rachi (18,6) : Yitro fit dire à Moché : cela signifie qu’il le lui a fait dire par un messager.

Comment Yitro (alors non-juif) a-t-il pu communiquer avec Moché, puisque les juifs étaient entourés de Nuées de Gloire, qui ne laissaient aucun non-juif entrer?

-> Le Tour écrit que lorsque Yitro a atteint le campement juif et qu’il s’est rendu compte qu’il ne pouvait pas y pénétrer à cause des Nuées, il a écrit une note indiquant qu’il était le beau-père de Moché, et qu’il était venu avec la femme et les 2 fils de Moché.
Yitro a attaché ce court message à une flèche et il l’a tiré dans le campement juif.

Bien que les Nuées de gloire l’auraient normalement intercepté, lui refusant d’entrer, comme cela a pu être le cas avec les nombreux projectiles tirés par les égyptiens, cette fois-ci elles ont fait une exception.
[cf. Rachi 19,4 : « Les égyptiens lançaient des flèches et des projectiles de pierre, et c’est la nuée qui les recevait »]

Le midrach affirme que la flèche est tombée à proximité de Moché, qui l’a lue, et il s’est empressé d’aller accueillir Yitro hors du camp.
[selon le midrach Tan’houma, c’est Ouziel, l’oncle de Moché et Aharon, qui a trouvé la flèche, avec de la donner à Moché]

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2°/ Le Arizal nous enseigne que Moché était la réincarnation (guilgoul) d’Hével, et Yitro la réincarnation de Kaïn.
Comment peut-on l’observer dans la Torah?

Le rav ‘Haïm Vital dit qu’une allusion à cela se trouve dans les 1ers mots de Yitro à Moché, qui sont : « Moi, Yitro ton beau-père » (ani ‘hotné’ha Yitro – אֲנִי חֹתֶנְךָ יִתְרוֹ – Yitro 18,6).
La 1ere lettre de ces 3 mots forment : « a’hi » (mon frère – אחי) : Yitro (Kaïn) rappelle en allusion à Moché (Hével) qu’ils étaient les 1ers frères de l’humanité.

Une partie de la mission de Yitro dans ce monde était d’expier la faute de Kaïn d’avoir tué Hével, et il a fait cela de plusieurs manières :
-> 1°/ il a donné sa fille en mariage à la réincarnation de Hével, c’est-à-dire Moché, lui permettant d’avoir les descendants qu’il lui avait empêché d’avoir en le tuant (cf.Béréchit 4,10 : où le sang de Hével fait référence à celui des descendants qu’il aurait pu avoir).

-> 2°/ L’offrande apportée par Kaïn ne trouva pas faveur aux yeux de D. (Béréchit 4,5), ainsi Yitro a corrigé cela en amenant des offrandes valables à Hachem (Yitro 18,12 : « Yitro prit une offrande d’élévation et des offrandes de festin pour D. « )

-> 3°/ Le ‘Hida écrit qu’alors que la Torah ne rapporte pas la dernière discussion entre Kaïn et Hével lorsqu’ils étaient dans le champ avant le meurte, le Targoum Yonathan ben Ouziel (Béréchit 4,8), nous rapporte que Kaïn a entre autre tenu des propos blasphématoire : il n’y a pas de jugement Divin concernant nos actions dans ce monde.

Yitro a corrigé cela en suggérant à Moché (Yitro 18,19-23) le concept d’établir un système de jugement pyramidal (et lorsque Moché n’en avait pas la réponse, il s’en remettait à Hachem!).

-> Le Arizal (Kavanot haArizal) ajoute également que lorsque Hével a été tué, Kaïn a pris possession de son troupeau. Pour réparer cela, dans le désert, Yitro a donné à Moché l’ensemble de son troupeau.

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-> b’h, Réincarnations & paracha Chémot : https://todahm.com/2019/01/12/reincarnations-paracha-chemot

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3°/ « Hachem appela [Moché] depuis la montagne, en disant : Ainsi tu diras à la maison de Yaakov et parleras aux enfants d’Israël » (Yitro 19,3)

Rachi écrit que Hachem a instruit Moché de parler d’abord aux femmes (« maison de Yaakov ») et « avec douceur », afin qu’elles puissent accepter d’abord la Torah, avant les hommes.
Pourquoi cela?

-> Le midrach (chémot rabba 28,2) donne 3 explications :
– car les femmes réalisent les mitsvot avec plus d’empressement ;
– afin qu’elles puissent envoyer leurs enfants étudier la Torah et les éduquer comme il faut ;
– et en raison des dégâts qu’a occasionné le fait que Hachem avait ordonné à Adam avant ‘Hava, de ne pas manger du fruit Interdit. Pour cela, cette fois-ci l’ordre a été inversé.

-> Le Beit haLévi répond en se basant sur la guémara (Guitin 55b), qui rapporte que si l’on souhaite acquérir un terrain appartenant à la femme, et qu’on demande d’abord l’autorisation à son mari, l’achat n’est pas valable car la femme a pu donner son accord uniquement pour faire plaisir à son mari (ou par volonté de ne pas se disputer), et non d’un véritable choix personnel.

Il en est de même si les hommes avaient accepté la Torah d’abord, on aurait pu penser que les femmes l’ont acceptée, non pas par choix sincère personnel, mais plutôt pour rendre heureux leur mari, pour ne pas se disputer.
[Leur acceptation n’étant alors pas valable].

-> Le rav Chmaryahou Ariéli suggère que Moché a parlé aux femmes en accord avec le midrach (Béréchit rabba 17,7), qui affirme que le niveau spirituel d’une maison est déterminé par la femme.

-> Les femmes jouent un rôle crucial dans la réussite de la transmission de la Torah à la génération suivante, puisqu’elles vont [par exemple] les encourager à se rendre à l’école juive d’une manière plaisante et attrayante.
Ces premières années sont la fondation sur laquelle va se baser toute l’implication en Torah de l’enfant durant sa vie entière.
[Rabbénou Bé’hayé]

D’une certaine façon, Rabbénou Bé’hayé rajoute ensuite l’idée que d’ici provient la coutume des femmes de prier pour la réussite spirituelle de leurs enfants après l’allumage des bougies de Shabbath.
A l’image de la lumière qui symbolise la Torah, les femmes illuminent par leurs prières, leur sourire, leurs paroles positives, … l’ensemble du foyer, lui permettant de rayonner spirituellement.

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-> Le Mayim Amoukim (rabbénou Yéhouda Birdugo) fait remarquer : « Israël campa là en face de la montagne » (Yitro 19,2), cela fait référence uniquement aux hommes.
En effet, les femmes observant alors scrupuleusement la tsniout, se tenaient un peu plus loin.

Quel message intemporel : le fait que les femmes se tiennent éloignées d’un événement religieux (ici les 10 Commandements), n’est pas un manque de respect à leur égard.
Au contraire leur fidélité dans l’accomplissement de la tsniout, leur fait bénéficier que Hachem souhaite d’abord s’adresser à elles.

[Imaginons la scène : les hommes au plus proche du mon Sinaï, et les femmes se tenant à distance, pouvant se croire les oubliées de l’événement.
Mais en réalité, c’est l’inverse : Hachem va d’abord demander leur avis.
D’une certaine façon, pour D. : lorsque vous respectez la difficile mitsva de tsniout, votre avis m’est encore plus précieux que celui des hommes! ]

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4°/ Quelle habitude ont de nombreuses personnes au moment d’étudier la Torah et qui prend racine au don de la Torah? Pourquoi?

-> « Tout le peuple vit le tonnerre, les flammes, le son du Shofar et la montagne fumante ; le peuple vit, ils tremblèrent et se tinrent à distance » (Yitro 20,15)

Le Baal haTourim commente que le tremblement au moment du don de la Torah est une source de la pratique répandue de s’agiter/balancer lorsque l’on étudie la Torah.

-> Selon le Tour (Chémot 20,15), c’est à cause des tremblements au mont Sinaï qu’on a coutume de se balancer en priant et en étudiant.

-> D’une façon similaire, le Rema (Ora’h ‘Haïm 48,1) écrit que ceux qui sont rigoureux dans la réalisation des mitsvot, sont habitués à s’agiter/balancer lorsque la Torah est lue, puisque la Torah a été donnée au Sinaï de cette manière.

-> Le Zohar haKadoch (Pin’has 218a) note que le fait de balancer son corps est une pratique unique à la religion juive.
Il explique que cela provient de notre âme élevée qui s’agite en nous lorsque nous étudions la Torah, à l’image d’une bougie allumée, et c’est pourquoi, nous oscillons d’un côté à l’autre, comme une flamme dansante.

[étudier la Torah, c’est se connecter à sa source originelle (D.), c’est raviver notre feu d’amour pour Hachem]

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-> Le Kouzari (2:79-80) apporte une autre explication pour cette pratique, disant qu’elle prend racine dans la période où les livres juifs étaient rares, et que de nombreuses personnes devaient se partager un seul volume.
Ainsi, chacun devait se pencher à tour de rôle pour étudier quelques lignes, revenant ensuite en arrière pour permettre à la personne suivante d’avoir l’opportunité d’y étudier, et c’est cela qui a transmis cette habitude de se balancer durant l’étude de la Torah.

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-> « Tout le peuple vit … ils tremblèrent et se tinrent à distance » (Yitro 20,15)

-> Le rabbi Mendel de Kotsk (Emet véEmouna 901) commente : Il est possible de voir le don de la Thora (« le peuple vit »), de trembler (« et ils tremblèrent ») et de s’enthousiasmer. Et malgré tout, on peut encore rester loin de tout cela (« et se tinrent éloignés ») et ne pas se sentir complètement concernés.

Il enseigne également : le peuple ordinaire était impressionné seulement par l’extérieur, l’apparence superficielle de la majesté de D. : les sons, les flammes et ainsi de suite.
[Mais] ne faites pas attention à l’aspect extérieur. C’est le sens profond qui compte.

-> A ce sujet, le rabbi de Kotsk (Noam Sia’h) enseigne également : Si quelqu’un regarde comment les autres s’agitent pendant leur amida (« vit »), et qu’ensuite il va faire de même uniquement dans un but de leur ressembler, ou bien pour que l’on pense qu’il est un grand tsadik, alors sa amida est loin de ce qu’elle devrait être (« tinrent à distance »).

=> Nous pouvons assister à un magnifique cours de Torah, en vibrer de plaisir, mais cependant en rester loin, dans le sens où les paroles de Torah ne vont pas nous accompagner dans notre vie au quotidien. [ki èm ‘hayénou]

=> L’essentiel ne réside pas dans l’extériorisation de nos balancements, mais plutôt d’à quel point nous tremblons intérieurement de crainte/d’amour d’être face à Hachem, d’à quel point la Torah nous fait bouger/changer vers le meilleur.

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+ L’étude de la Torah & l’expérience du mont Sinaï …

-> « Celui qui s’immerge dans l’étude de la Torah est considéré comme se tenant sur le mont Sinaï chaque jour, recevant la Torah. »
[Zohar – ‘Houkat 159b]

-> « Rabbi Yéhochoua ben Lévi disait : « Celui qui enseigne la Torah à son fils est considéré comme ayant reçu la Torah au mont Sinaï ». »
[guémara Béra’hot 21b]

-> Rabbi ‘Haïm de Volozhin (Néfech ha’Haïm 4,14) de nous expliquer :
« Toute [la Torah] est [contenue dans les] paroles de D. à Moché au Mont Sinaï, [incluant] chaque question jamais posée par un jeune élève à son maître.
Lorsque quelqu’un s’adonne [à l’étude de la Torah], chaque mot [qu’il prononce] est comme si D. l’avait prononcé de Sa bouche, pour ainsi dire, et cela est considéré comme s’il venait de le recevoir maintenant de la bouche de D. au Mont Sinaï. »

=> Ainsi, l’événement grandiose survenu au mont Sinaï n’est pas un événement ancien, un lointain souvenir du passé, mais c’est un moment qui est vivant et qui se renouvelle à chaque fois que nous étudions la Torah.

De même que nous y avons tremblé, de même nous bougeons de crainte lorsque nous l’étudions de tout notre être, c’est-à-dire lorsque nous y sommes totalement, et pas avec notre tête ailleurs.

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5°/ Dans la Haggada de Pessa’h (dans le « dayénou »), nous affirmons que si Hachem nous avait amené au mont Sinaï sans nous y donner la Torah, cela nous aurait été suffisant. Quel profit d’y aller sans recevoir la Torah?

-> Le Rachbam et le Kol Bo expliquent que si Hachem ne nous avait pas donné directement les 10 Commandements, Il l’aurait fait plus tard mais uniquement par le biais de Moché.

-> Le Ktav Sofer suggère que la valeur de la formidable unité et de l’harmonie qu’a engendré le fait de camper face au mont Sinaï (« Comme un seul homme, d’un seul cœur » – Rachi 19,2), cela nous aurait suffi (dayénou).

-> Le ‘Hayé Adam répond que lorsque le Ciel s’est révélé, les juifs ont pu voir le chariot Divin, à partir duquel ils auraient pu en déduire les Commandements, même s’ils ne leur étaient pas donnés, comme Avraham avait pu le faire par le passé.

-> Le rav de Brisk, cite la guémara (Sanhédrin 59a) qui enseigne qu’il est interdit à un non-juif d’étudier la Torah, qui a été donnée exclusivement à nous (les juifs).
Il est d’avis que : si Hachem ne nous aurait pas donné la Torah qu’à nous (lanou), cela aurait été suffisant (dayénou).

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6°/ A quel moment de la journée, et pendant combien de temps ont été dits les 10 Commandements?

-> Le Pirké déRabbi Eliézer enseigne que les 10 Commandements ont été dits entre la 6e et la 9e heure de la journée, où les juifs sont alors retournés dans leur tente.

-> Selon le rav Aharon Leib Steinman, à partir de là, on peut en déduire que chacun des 10 Commandements aurait nécessité 18 minutes, ce qui peut sembler plutôt long.
Le rav Steinman ajoute que peut être c’est la durée de l’ensemble de l’événement, en comptant ses préparations et introductions, qui a duré 3 heures.

Dans les Hochanot (prières récitées à Souccot), nous disons : « Sauve nous par le mérite des 3 heures » (הושע נא שלש שעות).
De nombreux commentateurs expliquent qu’il s’agit d’une prière où nous demandons d’être sauvés de la guerre de Gog et Magog, qui durera 3 heures.
Cependant, selon le rav Steinman, il se peut que l’intention est que nous prions pour être sauvés par le mérite des 3 heures que nous avons passées au mont Sinaï (toutes les âmes juives y étant alors présentes) .

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7°/ Rachi (Yitro 20,7) : Hachem a prononcé simultanément : « Souviens-toi (za’hor) du jour du Shabath » et « Garde (chamor) le jour du Shabath ».

=> Qu’est-ce qui était inscrit sur les Tables de la Loi (lou’hot) : za’hor ou chamor?

-> Le Ramban (Yitro 20,8) est d’avis que sur les 2 Tables de la Loi (1er et 2e), il était inscrit : « za’hor » (souviens-toi), et Moché a expliqué oralement au peuple que la mitsva de « chamor » avait été dite en même temps.

-> Le Ibn Ezra (Yitro 20,1) rapporte un avis, affirmant que sur les 1eres Lou’hot il était écrit : « za’hor », et sur les 2e : « chamor ».

-> Rabbi Yaakov Kamenetsky (Emet léYaakov – Vaét’hanan 5,12) note que selon Rachi (Sanhédrin 56b), les 2 lou’hot étaient identiques.

Rabbi Kamenetsky enseigne que de la même façon qu’il existe de nombreux mots dans la Torah qui sont prononcés différemment de la manière dont ils sont écrits, et bien il en est de même ici.
Selon lui, à priori, il était écrit dans les Tables : « chamor », mais on prononçait : « za’hor ».

En effet, dans la prière de min’ha de Shabbath, nous disons : « Il [Moché] a apporté 2 tablettes (lou’hot) en pierre dans sa main, sur lesquelles il était écrit l’observance (chémirat => chamor) du Shabbath » (ouchné lou’hot avanim orid béyado vékatouv baém chémirat Shabbath), ce qui indique qu’il y était inscrit : « chamor ».

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