Période du Omer : un mélange de joie et de deuil

+ Période du Omer : un mélange de joie et de deuil

On comprend que la période du Omer est une période de joie, tellement nous sommes impatients de recevoir la Torah à Shavouot.
Mais pourquoi cela est-il nécessaire que ce soit aussi un moment de deuil, pour la mort des 24 000 élèves de Rabbi Akiva?

1°/ Nos Sages disent :
– « Sans Torah, point de savoir-vivre ; sans savoir-vivre, point de Torah » (Pirké Avot 3,17 -> én déré’h érets, én Torah)
– « le savoir-vivre précède la Torah » (midrach Vayikra rabba 9,3 ; Tana déBé Eliyahou 1,1 -> déré’h érets kadma laTorah).

-> Le rav Wolbe commente :
« Lorsqu’une personne va faire des courses, elle a besoin d’un sac pour y mettre les pommes de terre, et d’un récipient pour y mettre les œufs, car elle ne peut pas ramener chez elle ses achats sans un récipient adéquat.

Ce concept est valable également pour la spiritualité.
La Torah doit être placée dans un récipient adéquat, et ce récipient, c’est le : déré’h érets (traduit ci-dessus par savoir-vivre).
Le déré’h érets peut être défini comme les actions et les comportements que toute personne doit reconnaître comme convenable, sans qu’on les lui ai enseigné [explicitement]. »

-> Le rav ‘Haïm Vital (Chaaré Kédoucha) écrit que les bonnes midot sont un prérequis pour acquérir la Torah.

[S’il n’y a pas un ordre spécifique pour la majorité des traits de caractère (midot), c’est parce qu’ils sont la base pour accepter et absorber la Torah]

-> Rabbénou Yona (Pirké Avot 3,17) commente que si quelqu’un a d’abord amélioré ses traits de caractères (midot), alors la Torah peut résider en lui.
La Torah ne peut pas reposer sur celui qui a de mauvaises midot.

=> Prendre le deuil des élèves de Rabbi Akiva doit nous rappeler à quelques jours/semaines du don de la Torah, de la nécessité absolue de travailler nos traits de caractère afin d’avoir le récipient pour contenir la Torah à Shavouot. [la Torah nous y sera donnée, mais est-ce que nous pourrons la récupérer au maximum?]

D’ailleurs, c’est pour cela que nous avons l’habitude durant cette période d’y lire les Pirké Avot.

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-> « Si quelqu’un est méritant, la Torah devient pour lui un élixir de vie (sam ‘haïm). [זכה נעשית לו סם חיים]
S’il ne le mérite pas, la Torah devient pour lui un élixir de mort (sam mita). »
[guémara Yoma 72b]

Selon l’Alter de Kelm, le mot : « méritant » (zokhé – זכה), est lié au mot : « purification » (zikoukh – זִכּוּך)
Lorsqu’on se purifie et que l’on devient une meilleure personne avec de bonnes midot, c’est alors que la Torah aura un impact total.

-> Rabbi El’azar ben Ara’h enseigne que : « le bon chemin auquel l’homme doit s’attacher » (le comportement, la mida que l’on doit chercher à posséder) est d’avoir : « un bon cœur » (Pirké Avot 2,9)

Les mots : « un bon cœur » (lév tov – לב טוב) ont une guématria de 49, en correspondance avec les 49 jours du Omer, où nous sommes supposés travailler sur nos midot et développer en nous un bon cœur.

-> Le Kaf ha’Haïm (493,5) écrit que l’objectif des coutumes de deuil pendant le Omer, est de nous aider à se distancer de nos mauvaises midot.
En effet, une personne endeuillée a tendance à avoir moins d’orgueil, et elle pense davantage à l’objectif de la vie.
[face à la prise de conscience du fait que je ne suis pas éternel, beaucoup de choses deviennent secondaires, voir futiles!]
On devient alors moins concerné par la jalousie et l’honneur, …

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-> Nos Sages enseignent que le Korban du Omer (offert à Pessa’h) provenait de l’orge, tandis que le Korban offert à Shavouot (le chté lé’hem) provenait du blé.
L’orge est une nourriture pour les animaux (cf. Sotah 14a), tandis que le blé est une nourriture humaine.

=> Pendant le Omer, un juif travaille sur lui-même pour changer son animalité au point de devenir un homme, un serviteur de Hachem.

-> Le Chla haKadoch (paracha Béréchit) fait remarquer que le 1er homme s’appelle : Adam (אדם).
Habituellement, on explique ce nom, comme lié à : « adama » (la terre – אדמה), puisqu’il a été créé à partir de la terre.
Cependant, ce mot est également lié au mot : « Je serai l’égal du Très-Haut » (adamé lééli’on – אֶדַּמֶּה, לְעֶלְיוֹן – Yéchayahou 14,14), qui décrit le désir de l’homme d’être similaire à Hachem.

Un être humain a le choix entre soit être similaire à la poussière de la terre, ou bien s’il se travaille il peut ressembler à D.
=> C’est cette transformation qui doit avoir lieu pendant la période du Omer = on doit faire en sorte de tendre à être davantage comme Hachem.

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2°/ Selon guémara (Yébamot 62b) : « ils ne se comportaient pas avec respect l’un envers l’autre. »

Il en découle que pendant cette période nous devons également améliorer nos liens avec autrui.

Le rav ‘Haïm Chmoulévitch (Si’hot Moussar) se basant sur le Or ha’Haïm commente : « Israël campa là face à la montagne [de Sinaï] » – Yitro 19,16) = « afin de montrer que la nation juive était alors unie comme un seul homme [avec un seul cœur] et qu’à ce titre elle méritait de recevoir la Torah. »

=> En prenant leur deuil, nous développons en nous la nécessité absolue de rechercher la proximité avec notre prochain, car c’est une condition préalable pour mériter la Torah à Shavouot.

[b’h, quelques réflexions à ce sujet : https://todahm.com/2016/04/25/4370 ]

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3°/ Le rav Aharon Kotler enseigne que notre deuil de la période du Omer, provient en réalité de notre douleur pour toute la perte d’étude de Torah (bitoul Torah), qu’a pu entraîner la mort des 24 000 élèves de Rabbi Akiva.
En effet, la disparition d’autant de personnes très élevées en Torah, a laissé un immense vide, a diminué grandement la Torah et l’illumination positive qu’elle entraîne.

La guémara (‘Haguiga 5b) enseigne : « Chaque jour, D. pleure sur ceux qui peuvent étudier la Torah, mais ne l’étudient pas ».

Rav Yaakov Galinsky commente : « Nous faisons pleurer D., et nous continuons notre chemin comme si de rien n’était! »

=> Pendant le Omer, en prenant le deuil, nous développons notre conscience qu’à chaque fois que nous pouvons étudier et que nous ne le faisons pas, nous faisons pleurer D., qui d’une certaine façon prend le deuil de ce moment de vie que nous avons tué.

La période du Omer doit nous servir à renforcer notre étude de la Torah, non seulement en lien avec la perte des élèves de Rabbi Akiva, mais également afin de développement notre attachement à la Torah et donc notre envie de la recevoir à Shavouot.

[selon le principe du rav Dessler : nous aimons une chose, proportionnellement aux efforts que nous aurons investi pour elle! Plus on se donne pour la Torah, plus on en vient à l’aimer!!]

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rak kol26. Tous unique, tous unis!

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