« Yossef ne put se contenir » (Vayigach 45,1)

-> Yossef était à un si haut niveau qu’il fut en mesure d’évaluer lui-même combien il lui était permis de se comporter avec vengeance envers ses frères.
Malgré les grandes difficultés que représentait pour lui cette conduite hostile sous les apparences d’un étranger, il le fit estimant qu’il se devait de se conduire ainsi.

Il était si honnête vis-à-vis de lui-même qu’il savait qu’il agissait de manière désintéressée, jusqu’à ce qu’il ressentît d’avoir atteint la limite lui indiquant qu’il lui était désormais interdit de poursuivre dans cette vie, et dès lors, il ne put se contenir.

=> D’après cela, l’expression « ne put se contenir » ne s’explique pas comme le veut sa 1ere lecture, dans le sens sentimental, mais plutôt dans le sens d’un interdit, comme dans d’autres versets où la non-possibilité se réfère en fait à un interdit de la Torah.

[rav Asher Kalmon Brown – Alé Vradim]

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+ « Et maintenant, ne vous affligez point, ne soyez pas irrités contre vous-mêmes de m’avoir vendu » (Vayigach 45,5)

-> Rav Abba a vu une personne échapper à 2 morts successives. En effet :
1°/ un morceau de bois est tombé sur un serpent venimeux qui s’approchait de lui, alors qu’il dormait ;
2°/ et il a survécu à l’effondrement d’une partie d’une avancée de la montagne.

Rav Abba a demandé à cette personne de lui révéler ses bonnes actions.
L’autre de lui répondre :
« Toute ma vie, il n’est jamais arrivé que je ne pardonne pas à celui qui m’a fait du mal, ni que je lui garde rancune.
A partir d’aujourd’hui, je m’efforcerai même de me montrer bienfaisant envers ceux qui me causeraient du tort. »

Lorsqu’il entendit ces paroles, rav Abba pleura et dit :
« Les actes de ce juif sont encore plus grands que ceux de Yossef.
Car, ceux qui opprimèrent Yossef étaient ses frères, aussi était-il plus naturel qu’il ait pitié d’eux. Mais cet homme se comportait également de la sorte envers tout un chacun, et il méritait donc bien que le Créateur accomplisse en sa faveur un miracle après l’autre. »

[le Zohar]

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+ « Et maintenant, ce n’est pas vous qui m’avez envoyé » (Vayigach 45,8)

-> Le rav Moché Sternbuch (Taam véDaat) enseigne :
Nous apprenons de ces paroles de consolation de Yossef à ses frères un grand principe de conduite. Il ne suffit pas de pardonner à celui qui nous a offensés, mais il faut lui donner une bonne impression, comme s’il n’avait jamais commis la moindre faute contre nous.
C’est ainsi que Yossef a expliqué à ses frères que D. l’avait envoyé en Egypte (et non eux seuls!), et qu’ils n’avaient pas à s’attrister ni à sentir aucune gêne.

-> Rabbi Yérou’ham Lévovitz dit à ce sujet :
Si celui qui nous a fait du mal veut s’expliquer, et qu’on lui répond qu’il n’a aucun besoin de se justifier, de cette façon on l’empêche d’avoir le sentiment agréable d’avoir demandé pardon, on est donc obligé de l’écouter pour lui rendre ce sentiment agréable.

[on doit être prêt à sacrifier ce si agréable sentiment de supériorité en permettant à autrui de redevenir à nos yeux notre égal.
(Quelqu’un a fauté envers moi, et je lui permets de s’excuser (en le laissant parler, en lui faisant comprendre que cela n’est vraiment rien, …).
Aux yeux de l’autre : puisque c’est humain de fauter, et puisque j’ai demandé pardon, alors c’est derrière moi, c’est de l’histoire ancienne, et alors tout le monde a de nouveau un rapport de force identique.
=> Je perds ma supériorité afin de revenir au même niveau qu’autrui, pour ne pas qu’il en souffre!
Nous devons suivre l’exemple de Yossef, qui a fait le maximum pour éviter toute souffrance de honte d’infériorité à ses frères!)

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-> Quand Yossef a vu que ses frères étaient pleins de honte, il leur a dit : « Approchez-vous de moi, s’il vous plaît. Et ils se sont approchés ».
II a embrassé chacun d’eux et pleuré, ainsi qu’il est dit : « Il embrassa tous ses frères et les baigna de ses larmes » (Vayigach 45,15).

De la même manière que Yossef a apaisé ses frères au moyen de pleurs, Hachem sauvera Israël à travers les larmes, comme il est dit : « Avec des larmes ils reviendront et par des supplications Je les dirigerai » (Yirmiyahou 31,8).
[midrach Tan’houma]

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-> « Je suis Yossef votre frère que vous avez vendu en Egypte » (v.45,4)

Selon le Ohr ha’Haïm haKadoch :
Les frères ressentaient de la crainte à l’image d’un voleur pris sur le fait, et il fit donc en sorte que : ne redoutez rien, car « je suis Yossef votre frère » = ce qui signifie qu’il se conduisait avec eux comme un frère, comme si rien ne s’était jamais passé.
Il a ajouté : « votre frère que vous avez vendu » pour dire que même au moment de la vente, la fraternité ne l’a pas quitté.

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-> Le midrach souligne, au nom de rav Chmouël bar Na’hman : « Yossef s’est exposé à un grand danger, car si ses frères l’avaient tué, personne n’aurait jamais su son identité.
Ainsi, pourquoi dit-il : « Faites sortir tout le monde d’ici? »
Car il s’est dit : « il faut mieux que je meurs et que je ne cause pas de honte à mes frères devant les égyptiens ».

[ -> b’h, Par exemple, à ce sujet : https://todahm.com/2018/12/09/7722 ]

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