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Yitro se réjouit lorsqu'il entendit parler des miracles incroyables dont bénéficia le peuple juif. Comme l'indique le verset : "Yitro se réjouit de tout le bien qu'Hachem avait fait pour le peuple juif, qu'Il avait sauvé du pays d'Egypte" (Yitro 18,9).

-> Rachi explique que Yitro fut impressionné par l'abondance de bénédictions dont bénéficiait le peuple juif : la manne, le puits de Myriam et la Torah. Toutefois, ce qui l'étonna le plus fut la façon dont le peuple juif était parvenu à fuir la captivité. Aucun esclave n'avait jamais réussi à s'échapper d'Égypte, et voilà qu'une nation de six cent mille hommes s'en allait simplement, traversant la frontière vers la liberté sans aucune difficulté. C'était vraiment miraculeux.

-> Le 'Hida (Na'hal Kédoumim - Yitro) explique le pouvoir mystérieux que les égyptiens exerçaient sur leurs captifs, qui rendait pratiquement impossible à quiconque d'envisager de s'échapper : l'Égypte était connue sous le nom de "Bét HaAvadim" (la Maison des esclaves), car c'était l'habitation permanente de toute personne asservie. Une fois qu'un esclave y entrait, il n'y avait aucun espoir qu'il soit un jour libre avant la fin de son existence.
Les égyptiens accomplissaient cet exploit grâce à l'utilisation de la sorcellerie. Tout esclave qui avait le malheur de se trouver à l'intérieur des frontières de l'Egypte s'y trouvait piégé pour toujours par un sort magique jeté sur le pays.

-> Le Hida (Haggada Baté Néfech) pose la question suivante : contrairement au reste des Bné Israël, la tribu de Lévi ne fut pas soumise à l'esclavage en Égypte. Pour eux, quitter l'Égypte ne signifiait pas la délivrance de la servitude. Pour quelle raison, alors, célèbrent-ils le Zman 'Hérouténou (le temps de notre libération)?

Le 'Hida répond que même s'ils n'étaient pas esclaves, ils étaient quand même piégés en Egypte. La sorcellerie qui empêchait les esclaves de s'échapper des frontières de l'Égypte emprisonna également les Léviim.
Comme leurs frères juifs esclaves, ils étaient dans l'incapacité de quitter l'Egypte sans que la Main puissante d'Hachem ne les guide. Ainsi, eux aussi célèbrent leur libération du Beit HaAvadim, la Maison des esclaves.

-> Le séfer vaYossef David précise que le nom même de מצרים fait allusion à l'idée que le peuple juif était physiquement piégé là-bas.
Lorsque les Bné Israël descendirent en Égypte, la Torah rapporte : "aba'im mitsrayéma" (qui sont venus en Egypte - הַבָּאִים מִצְרָיְמָה - Chémot 1,1). Les 2 lettres מ qui sont présentes dans מצרים (mitsrayim - Egypte), dans ce cas, sont ouvertes, ce qui indique que le pays était ouvert à ce moment-là (il n'y a pas de mém final, fermé, dans מִצְרָיְמָה). Ses frontières étaient parfaitement et couramment franchissables. Au début de leur arrivée, les Bné Israël pouvaient donc aller et venir à leur guise.

Peu de temps après, toutefois, le nom devient מצרים, où le premier מ est ouvert, et le dernier ם est fermé.
Cela indique qu'à l'entrée, le pays était ouvert, mais une fois à l'intérieur, les frontières étaient fermées.
Par le biais de la sorcellerie, il était littéralement impossible à quiconque de quitter l'Égypte.

-> Le Vayossef David explique plus en détail en quoi consistait ce confinement magique. Il y avait dix entrées en Egypte, dix postes-frontières. Par voie de sorcellerie, les égyptiens érigèrent des effigies ayant la forme d'animaux. Il y avait un chien à une porte, un âne à une autre, un lion à une troisième, ...

Si un esclave parvenait d'une manière ou d'une autre à une frontière, l'image de l'animal de cette porte criait. Si quelqu'un essayait de s'échapper par la porte avec le lion, par exemple, le lion rugissait, et des images de lions rugissaient également dans toute l'Egypte. Les gardes de Pharaon étaient ainsi immédiatement informés que quelqu'un tentait de sortir par la porte du lion. Des soldats étaient alors très vite envoyés à cette porte pour traquer et capturer le fuyard.

Lorsque le peuple juif quitta l'Egypte, il sortit par la porte de l'animal le plus important : le chien. Mais, comme le raconte le verset, les chiens restèrent miraculeusement silencieux.
"Mais contre tous les Bné Israël, aucun chien n'aiguisera sa langue" (Bo 11,7) ; malgré le fait que tout un peuple sortit, aucun chien n'aboya.

-> Le midrach rabba (Chémot rabba 20,19) rapporte une opinion selon laquelle les égyptiens eurent également recours à la sorcellerie pour dissimuler l'emplacement des restes de Yossef. Conformément à la coutume égyptienne, celui-ci, en tant que personne royale, fut enterré dans le palais.
Son lieu de sépulture était gardé par des chiens en or massif. Au moyen de la sorcellerie, ces chiens en or étaient programmés pour aboyer chaque fois que quelqu'un s'approchait. Le son de leurs aboiements pouvait être entendu dans tout le pays, jusqu'à une distance aussi grande que l'on peut couvrir en marchant 40 jours.

Lorsque Moché Rabbénou réussit à faire taire ces chiens, la Torah rapporte: "Mais contre tous les Bné Israël, aucun chien n'aiguisera sa langue" (Bo 11,7).
Moché cria alors : "Yossef, Yossef, le moment est venu pour nous de quitter l'Egypte, et nous pouvons maintenant accomplir le serment de "Hachem se souviendra assurément de vous, et vous ferez monter mes os d'ici avec vous" (Vayé'hi 50,25).

Ainsi, les égyptiens n'eurent pas seulement recours à la sorcellerie pour piéger le peuple juif à l'intérieur de leurs frontières, mais également pour s'assurer que les restes sacrés de Yossef ne soient pas emportés.
=> Comment, en fait, le peuple juif parvint-il à vaincre ces forces obscures? De quelle manière le peuple juif put-il surmonter la magie employée pour les enfermer à l'intérieur des frontières d'Égypte?

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-> Rabbi 'Hanina (guémara 'Houlin 7b) explique le verset : "én od milévado" (rien n'existe en dehors de Lui! - Vaét'hanan 4,35) comme faisant référence à la réalité qu'Hachem est omnipotent et que même la magie la plus puissante est inefficace contre Lui.
Il rapporte qu'une femme de son quartier tenta d'utiliser la sorcellerie contre lui. Elle s'efforça avec ardeur de ramasser la poussière sur laquelle il marchait, dans le but de tuer Rabbi 'Hanina par sorcellerie.

Celui-ci la mit en garde que ses efforts seraient vains, car aucune magie ne pourrait lui causer de mal.
La sorcellerie serait inefficace contre une personne juste (tsadik) ; comme le dit le verset : "én od milévado". Même la sorcellerie la plus puissante ne constitue pas une menace pour les tsadikim de Hachem.

La Guemara se demande si cette déclaration ne s'oppose pas à Rabbi Yo'hanan, qui enseigna que כפירה (la sorcellerie - kéchafim), est un acronyme de : "chémakh'hichin pamal'ya chél mal'a", indiquant qu'ils sont capables de contredire l'autorité céleste d'Hachem.
Cela semble impliquer que la sorcellerie est bien, en réalité, une force apte à agir malgré la présence de Hachem.

La guémara concède que, en effet, Rabbi Yo'hanan a raison dans son évaluation de la puissance de la sorcellerie, mais les mérites de Rabbi 'Hanina étaient si grands qu'ils le protégeaient de toute magie employée contre lui.
Ainsi, la guémara conclut que la magie ne peut être tenue à distance que par une personne parfaitement juste. Pour un tel individu, l'adage "én od milévado sert à l'isoler des forces maléfiques de la sorcellerie.

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