+ Faire rentrer Shabbath plus tôt :
-> Celui qui aime le Shabbath essaiera de l'accueillir plus tôt le vendredi après-midi (avec impatience), et de le faire sortir plus tard (avec regret de s'en séparer).
-> Le Sidouro Chel Shababth (1:4:11) écrit que quand les juifs ajoutent du temps au Shabbath (tosséfet Shabbath), alors : "ils devraient ajouter la pensée ... qu'ils sont en train de montrer à Hachem leur immense amour et appréciation du Shabbath, alors ils ajoutent du temps au Shababth ...
Parce que Hachem a un immense plaisir lorsque nous faisons le tosséfét Shabbath."
-> Nous disons dans le moussaf de Shabbath : "toaméa 'haïm za'hou".
Selon le rav Zalman Sorotzkin, cela signifie que ceux qui apprécient le goût du Shabbath (toaméa) feront sans aucun doute rentrer Shabbath plus tôt et le quitteront plus tard, parce qu'ils désirent avoir autant de Shabbath que possible.
Leur récompense est : 'haïm za'hou = ils vont mériter le monde à Venir, car le monde à Venir est appelé Shabbath (yom chékoulo Shabbath).
Cela est mesure pour mesure : puisque dans ce monde ils voulaient davantage de Shabbath, alors ils seront récompensés par le Shabbath du futur.
-> Au sujets des 12 pains de proposition qui étaient placés sur le Choul'han dans le Temple, il est écrit : "Shabbath après Shabbath, il l'arrangera devant Hachem continuellement" (béyom haShabbath, béyom haShabbath yaaré'hou lifné Hachem tamid - Emor 24,8).
Le Chem Eliézer (écrit par le rav de Biksad) explique que "béyom" (בְּיוֹם) fait allusion aux jours de la semaine, et "béyom haShabbath" (בְּיוֹם הַשַּׁבָּת) signifie que l'on transforme une partie de la semaine en Shabbath (le tosséfét Shabbath). Dans le verset, cela est écrit 2 fois (béyom haShabbath, béyom haShabbath) car nous le faisons au début et à la fin de Shabbath.
Le mot suivant est : "yaaré'hou" (יַעַרְכֶנּוּ) qui signifie "arranger", et il peut également être traduit par "valoriser, tenir en haute estime" (להעריך). Parce que lorsqu'on transforme la semaine en Shabbath, cela exprime notre amour et notre respect pour le Shabbath.
Et en retour "yaaré'hou" = le Shabbath nous tiendra alors en haute estime. Et comme le Shabbath est la source de toutes les bénédictions, le Shabbath nous accordera de très nombreuses bénédictions.
[plus nous donnons concrètement de la valeur au Shabbath, plus celui-ci en aura pour nous bénir! ]
Le Chem Eliézer compare cela à un haut fonctionnaire du roi. Puisque le roi le tient en haute estime, alors son salaire mensuel est bien supérieur à celui d'un simple soldat de l'armée du roi.
[d'une certaine façon c'est le sens du verse : "béyom haShabbath, béyom haShabbath" = par le fait d'ajouter du temps avant et après au Shabbath, alors "yaaré'hou lifné Hachem tamid" = on sera davantage porté constamment en haute estime auprès d'Hachem (et donc par cela on méritera un salaire, des bénédictions, plus importantes)]
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-> "Shabbaton Shabbath kodech" (Béchala'h 16,23)
-> "yiyé la'hem kodech Shabbath Shabbaton" (Vayakel 35,2)
Le Baal haTourim (Béchala'h 16,23) dit que par le fait que le mot "kodech" apparaît parfois avant et parfois après le mot terem : Shabbath, alors cela indique que nous pouvons ajouter du Shabbath à la fois avant et à la fois après (tosséfet Shabbath).
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-> Le Zohar (Tikouné Zohar 38a,85b) affirme que lorsque nous ajoutons de la semaine dans le Shabbath, alors nous recevons une part plus importante d'âme supplémentaire (la néchama yétéra).
-> "Il n'y a pas de récompense pour les mitsvot dans ce monde " (guémara Kidouchin 39b)
Le rav Elimélé'h Biderman dit qu'il y a des exceptions à cela, et un exemple est : le tosséfét Shabbath.
Il y a également des récompenses pour cette mitsvot dans ce monde.
Nos livres saints enseignent que lorsqu'on fait plus que ce que nos obligations le demandent, nous sommes également récompensés en ce monde.
Le Yétav Panim écrit que lorsque quelqu'un fait du tosséfét Shabbath, il ajoute du Shabbath, faisant davantage que la stricte description du Shabbath faite par la Torah.
Puisqu'il va au-delà des limites de ses obligations, alors une telle personne sera récompensée en ce monde.
-> "Quiconque fait du Shabbat un délice se voit attribuer un héritage sans frontières" (guémara Shabbath 118b).
Le Ben Ich 'Haï (Ben Yéhoyada - Shabbath 118b) explique : "Celui qui accueille le Shabbat à l’avance ouvre les frontières du jour saint qui, a priori, le limitent à une journée. En élargissant ces frontières [de temps], il mérite, en retour, que le Shabbat lui rende la pareille en ouvrant en sa faveur toutes les frontières, en agrandissant sa part dans tous les domaines."
[la récompense est mesure pour mesure : si à tes yeux tu "fais du Shabbat un délice" en allant au-delà des frontières strictes de la halakha (comme l'atteste le fait que tu cherches à l'accueillir plus tôt et à le faire sortir plus tard), alors la récompense va nous "attribuer un héritage sans frontières", on aura des bénédictions qui iront au-delà de toutes limitations.
Le Shabbath étant la "mékor abéra'ha" (la source des bénédictions), nous avons intérêt à ouvrir les vannes pour en recevoir le maximum par le biais du tosséfét Shabbath.]
-> Il y a une garantie du Arizal que le fait d'ajouter du temps avant et après Shabbath, et enseigner aux autres à le faire, est propice pour avoir des enfants. [Ségoulat Israël - banim]
Le rav Elimélé'h Biderman ajoute qu'il est inclus dans cette bénédiction d'avoir de la satisfaction de ses enfants et de pouvoir les élever dans les chemins de la Torah.
-> Le 'Hafets 'Haïm conseilla à un couple qui n'arrivait pas à avoir d'enfant : Faites rentrer Shabbath plus tôt, quand c'est encore bien avant Shabbath, et vous verrez des délivrances (yéchouot).
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-> Le Imré Emet disait que le tosséfet Shabbath est propice pour avoir toutes sortes de délivrances dans notre vie.
-> Le Pri Mégadim (fin 256) écrit : "Le tosséfét Shabbath a pour conséquence d'avoir une vie plus longue".
Cela s'explique ainsi :
Adam et 'Hava ont mangé de l'Arbre de la Connaissance le vendredi après-midi.
Le midrach déclare que si Adam et 'Hava avaient attendu que ce soit Shabbath, ils auraient été autorisés à manger de l'Arbre de la Connaissance. La faute était qu'ils avaient mangé de l'arbre trop tôt, alors qu'il était encore vendredi après-midi. Par cette faute, la mort a été introduite dans le monde.
Le Imré Emet dit que lorsque nous faisons le tosséfét Shabbath, nous rendons le vendredi après-midi du Shabbath. Cela a pour incidence que rétrospectivement lorsque Adam et 'Hava ont mangé de l'Arbre de la Connaissance, c'était en réalité déjà Shabbath.
Par conséquent, le tosséfét Shabbath vient expier leur faute.
Leur péché ayant apporté la mort au monde, en faisant le tosséfét Shabbath et rectifiant leur faute, cela permet aux gens de vivre plus longtemps.
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-> Le tosséfét Shabbath est également propice pour la parnassa (subsistance).
Rabbi Mordé'haï Lechovitch dit : "les maîtres de maison (baalebatim) se plaignent de leur parnassa. S'ils m'écoutaient, ils feraient le tosséfét Shabbath, et alors ils ne manqueraient de rien".
-> Rabbi Mendel de Riminov (en expliquant allusivement la guémara Shabbath 118a) dit : apportes ton Shabbath dans les jours de la semaine (assé Shabbath 'hol), et tu auras de la parnassa en abondance, et tu n'auras pas besoin de demander aux gens une aide financière (véal titstarékh labériot).
[La traduction simple de cette guémara est de traiter son Shabbat comme un jour de semaine plutôt que de dépendre des gens pour obtenir de l’aide.]
-> Le Shabbath est la racine de toutes les bénédictions de la semaine.
Rabbi Noa'h Léchovitz (Divré Shmouël - likoutim 6) enseigne que par le fait d'observer le Shabbath, les bénédictions spirituelles nous viennent tout au long de la semaine, et par le fait d'ajouter du temps de la semaine à Shabbath (le tosséfét Shabbath) alors nous méritons des bénédictions matérielles.
-> Le Tola'at Yaakov (Sod haShabbath 6) explique que lorsque quelqu'un fait tosséfét Shabbath, il élargit les limites de la sainteté, car il transforme de la semaine en Shabbath.
Le Ciel le traitera alors de la même manière (mesure pour mesure), et le Ciel élargira alors sa parnassa.
-> L’un des avantages de l’observance du Tossefet chabbat est qu’il est porteur de parnassa. C’est mesure pour mesure car quand on étend la zone temporelle du Shabbat, on rétrécit la durée des jours profanes et Hachem étend de son côté les limites initialement fixées de la parnassa.
[ "Plus que nous ne gardons chabbat, chabbat nous garde" ]
Chaque moment de Tossefet chabbat est apprécié par Hachem. Pour accomplir la Tossefet chabbat, comme le dit la guémara (Yoma81b) : מוסיפין מחול על הקודש = il est recommandé de recevoir chabbat au moins 12 minutes à l’avance. Ainsi, nous pourrons mériter les nombreuses bénédictions.
[rav Yéhochoua Alt]
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-> "On doit ajouter de la semaine au Shabbath" (Choul'han Arou'h 261,2)
-> "Nous prions Arvit plus tard (à la sortie de Shabbath) pour prolonger le Shabbath dans la semaine" (Choul'han Aroukh 293,1)
-> "La coutume [à la sortie de Shabbath] est de dire : "véou ra'houm" et "baré'hou" avec une mélodie longue et douce, pour ajouter quelques moments au Shabbath".
[cela ne prend que quelques secondes de plus, mais cela permet d'exprimer notre attachement et importance au Shabbath (on est plus en mode "ce n'est qu'un au revoir", plutôt qu'en mode compte à rebours "youpi, Shabbath est enfin fini!"). ]
-> Le 'Hida (Birké Yosser) rapporte que celui qui allongera le "barou'h Hachem amévora'h" à la sortie du Shabbath (dans Arvit), il sera épargné des soucis tout au long de la semaine.
Il ajoute au nom du Arizal, que c'est une ségoula (d'allonger le barou'h Hachem amévora'h) qui a fait ses preuves pour avoir la réussite dans tout ce qu'on entreprendra.
[c'est investir 1-2 seconde de plus, pour mériter une protection de tout danger et avoir la réussite!]
-> La michna Broura (261,19) écrit : "Si une personne fait une méla'ha dans ce temps [de tosséfét Shabbath], elle ne transgresse pas une interdiction (lav) et elle n'est pas punie par la mort (karét).
Cependant, elle transgresse un commandement positif de la Torah (mitsva assé min aTorah) de transformer un peu de la semaine en Shabbath".
-> Il est codifié dans la halakha que le Baré'hou du Arvit à la sortie de Shabbat doit être allongé.
Le Shaaré Téchouva (Ora'h 'Haïm 293:2) écrit qu'il est prouvé qu'une personne qui allonge sa réponse "Barou'h Hachem ha'mévora'h" à la sortie de Shabbat est assurée de réussir.
Quant à la raison de cet allongement du Baré'hou, le Rama l'attribue au tossefet Shabbat, qui ajoute au Shabbat de la semaine. Nous voyons ainsi l'importance d'ajouter ne serait-ce qu'un instant au Shabbat.
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-> b'h, également : Le Tossefet Shabbath : https://todahm.com/2022/11/17/le-tossefet-shabbath
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-> "Vous ferez votre Shabbat" (Emor 23,32)
Nos Sages apprennent de ce verset qu'il y a une obligation à ajouter à la sainteté du Shabbat. L'accueillir plus tôt et le faire sortir plus tard. Néanmoins, le Rambam dit que ce n'est pas une obligation de la Torah, mais seulement d'ordre rabbinique. D'après le Rambam, la Torah n'impose un tel ajout que pour Kippour.
Quand le Avné Nezer était jeune, son groupe d'étude avait terminé l'étude du traité Shabbat.
Ainsi, ils lui demandèrent de dire un mot pour conclure l'étude de ce traité. Il expliqua que le traité de Shabbat est composé de 24 chapitres, correspondant aux 24 heures du jour du Shabbat. Néanmoins, puisqu'il y a un devoir d'ajouter à la sainteté de Shabbat, à son entrée comme à sa sortie, idéalement, on devrait accueillir Shabbat une heure plus tôt et le faire sortir une heure plus tard. Le Shabbat devrait donc durer 26 heures et le traité de Shabbat aurait donc dû être composé de 26 chapitres!
Mais d'après l'opinion du Rambam, pour bien signifier que l'obligation d'ajouter au Shabbat est d'ordre rabbinique, et non de la Torah, il n'y a que 24 chapitres au traité.
Pour faire allusion à cela, le dernier chapitre de ce traité de la guémara Shabbath, le 24e chapitre, commence par énoncer la Michna suivante : "Un homme qui se retrouve en route et qui voit le soir (l'entrée de Shabbat) s'approcher et qu'il porte sa bourse sur lui, il la donnera à un non juif (pour la transporter à sa destination) ..."
Or, on peut s'interroger. Comment cette Michna peut-elle permettre de donner son portefeuille à un non-juif alors que le soir est en train de tomber? N'y a-t-il pas une obligation d'ajouter à la sainteté du Shabbat, avant le soir ! Aussi, il aurait dû être interdit de remettre sa bourse au non-juif du fait de l'interdit de faire faire un travail par un non Juif pendant Shabbat!
Seulement, puisque l'obligation d'ajouter au Shabbat est d'ordre rabbinique, dans ce cas précis où l'homme ne veut pas perdre son argent, les Sages ont suspendu leur interdit et lui ont autorisé à remettre sa bourse à un non juif, pour lui éviter ce grand désagrément.
Ainsi, cette Michna a été choisie pour introduire le 24e chapitre du traité, car laissant ainsi suggérer que l'ajout supplémentaire au Shabbat est d'ordre rabbinique, le traité Shabbat peut donc se terminer au 24e chapitre. Et il n'est pas nécessaire d'y ajouter 2 autres chapitres.
Ainsi, dès le début du 24e chapitre, la Michna rapporte en allusion la raison pour laquelle le traité s'achèvera après ce chapitre.
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-> Dans ses dernières années, le rav Aharon Leib Steinman parlait souvent de l'importance du Shabbat et de l'importance de l'accueillir tôt. Il citait les paroles des Sages, selon lesquelles celui qui observe le Shabbat comme il le faut : "si le peuple juif n'observait que deux Shabbat conformément à sa loi, il serait immédiatement délivré" (Shabbath 118b).
L’inverse est également vrai : si le respect du Shabbat mérite une si grande récompense, alors le profaner entraînera de sévères punitions pour la personne. Entrer dans le Shabbat à la dernière minute peut amener une personne à faire de une méla'ha pendant le Shabbat, et c’est pourquoi il faut accueillir le Shabbat tôt, une demi-heure avant le coucher du soleil.
Celui qui agit ainsi méritera de nombreuses bénédictions dans sa vie, car le Shabbat est la mékor habéra'ha, la source de la bénédiction.
De plus, il est connu que les réchaïm au Guéhinam peuvent en sortir le jour du Shabbat et bénéficient d’un soulagement temporaire de leurs souffrances. Quand le Shabbat commence-t-il? Au moment où cette personne a accueilli le Shabbat de son vivant!
Le rav Steinman suggère que cela ne nécessite peut-être pas d’accepter le Chabbat de manière effective ; au contraire, dès que l’on commence à se préparer pour le Shabbat, cela est considéré comme le "début » du Chabbat", et le châtiment du Guéhinam est suspendu à partir de ce moment-là.
Par exemple, si l’on dresse la table le vendredi matin ou même si l’on s’assoit pour étudier les lois du Shabbat à ce moment-là, cela est considéré comme le début du Shabbat pour cette personne, et son âme est libérée de la Guéhinam à ce moment-là.
[issu de la Haggada chel Pessa'h du rav Steinman]