+ La tsédaka :
-> Selon le Zohar (Vayéra 104a) :
"Rabbi Éléazar enseigne : viens et constate jusqu'où l'attribut de Bonté de Hachem s'étend sur Ses créatures, et à plus forte raison, sur ceux qui empruntent Ses voies. Car même lorsque le moment est venu pour Hachem de juger le monde (par la rigueur), Il accorde l'opportunité d'accomplir une mitsva l'épargnant de la stricte Justice ... Quelle est donc cette opportunité?
Lorsque le Maître de l'univers aime l'homme, Il lui envoie un pauvre qui pourra le rendre méritant car le pauvre dans ce monde terrestre est à la ressemblance du "pauvre" du monde d'en haut, c'est-à-dire la Présence divine, qui est appelée "pauvre".
Ainsi, si l'homme en a le mérite, par cet acte de charité, il attire sur lui un fil de bonté du côté droit, et lorsque l'ange de destruction qui vient appliquer la stricte rigueur se déplace, il ne peut accomplir sa mission car il voit le fil de bonté inscrit sur cet homme.
De la sorte, Hachem devance la stricte justice en accordant l'opportunité de donner un mérite à l'homme."
-> Ainsi, Rabbi Éléazar, le fils de Rabbi Chimon Bar Yo'haï, nous enseigne que la Miséricorde divine donne la possibilité à chacun d'éviter la stricte rigueur jusqu'au dernier instant. Ceci se matérialise par la possibilité d'accomplir un acte charitable amené à produire une lumière divine de bonté qui sera inscrite sur le front de la personne.
Et lorsque l'ange de la stricte rigueur doit exécuter la sentence décrétée et qu'il voit sur le front de cet homme l'inscription de l'acte de tsédaka qu'il a réalisé, il annule immédiatement son intervention et repart.
D'après les enseignements du Zohar, il se trouve par conséquent que le pauvre apporte beaucoup plus de bonté à son bienfaiteur que l'inverse car il lui donne quelque chose d'inestimable en retour.
Ceci est enseigné explicitement par les Sages du midrach (Vayikra raba 34,8) : "Le pauvre fait plus pour le maître de maison que le maître de maison ne fait pour le pauvre."
Nos Sages apprennent cet enseignement de Ruth qui bénéficia de la bienveillance de Boaz qui la laissa glaner les gerbes d'orge de ses terres agricoles afin qu'elle puisse subvenir à ses besoins ainsi qu'à la subsistance de sa belle-mère Naomi. Par le mérite de ce soutien fondamental, Boaz bénéficia de la longévité.
-> La Providence Divine envoie une personne dans le besoin, précisément chez toi, car a été décrété dans le Ciel un mauvais décret, D. nous en préserve. Ce pauvre se présente ainsi telle une bouée de sauvetage contre le mauvais décret à venir. De ce fait et malgré toi, ta vie dépend de lui.
Ne viens pas croire, ne serait-ce qu'un instant, que tu lui fais du bien car il t'apporte du bien bien plus que toi tu ne lui en apportes.
Ainsi, il est rapporté dans le midrach (Yalkout Chimoni Kohélet - remez תתקפט) qu'une fois, un homme qui avait l'habitude de donner beaucoup de tsédaka se retrouva un jour dans un bateau prisonnier d'une forte tempête. Le bateau sombra dans les profondeurs de la mer.
Rabbi Akiva, qui avait été témoin de toute la scène se présenta devant les Sages pour témoigner que cet homme était mort et, par conséquent, que sa femme devenait permise, habilitée à se marier avec un autre.
Cependant, avant même que Rabbi Akiva n'ait terminé son témoignage au tribunal rabbinique, cet homme se présenta devant lui. Rabbi Akiva lui demanda : "Mon fils, n'étais-tu pas celui qui a coulé avec le bateau dans la mer?"
Il répondit : "Oui, c'est moi qui étais dans ce bateau".
Rabbi Akiva demanda à nouveau : "Et qui t'a fait remonter des profondeurs des eaux?" Il répondit : "Rabbi, ce sont les actes de charité qui m'ont sauvé. Lorsque je suis descendu dans les profondeurs de la mer, j'ai entendu une voix et un grand bruit qui déclarait : "Courez et remontez cet homme qui pratique la charité".
À ce moment, Rabbi Akiva déclara : "Béni sois-tu d'avoir choisi les voies de la Torah et les paroles de nos Sages car il est écrit : "Répands ton pain sur la surface des eaux car après plusieurs jours, tu le retrouveras" (Kohélet 11,1)."
[Tsor ha'Haïm - paracha Béhar]
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-> Le Zohar (Vayéra 104a) donne l'exemple de la destruction de Sodome. Avant que celle-ci ne s'abatte, Hachem envoya trois invités à Avraham afin de lui donner du mérite pour pouvoir sauver Loth de la destruction, comme il est écrit : "D. se souvint d'Avraham" (Vayéra 19,29), alors qu'il n'est pas écrit : "D. se souvint de Loth" car ce n'était pas par son propre mérite mais seulement par celui d'Avraham.
Et de quoi s'est souvenu le Maître de l'univers?
Il se souvint du mérite d'Avraham d'avoir reçu les trois anges comme invités. Ainsi, lorsqu'est venu le moment de la stricte justice, si l'homme a le mérite de faire de la charité à l'égard d'un autre, ceci sera pris en considération car le Maître de l'univers se souviendra de cet acte de bonté qui interviendra pour le sauver de la mort.