« Personne ne convoitera ta terre quand tu monteras pour paraître devant Hachem, ton D., 3 fois par an » (Ki Tissa 34,24)

Ceci est l’un des plus grands miracles cachés promis explicitement par la Torah.
b’h, regardons cela plus en détail.

-> La guémara (Pessa’him 8b) affirme que cela s’applique également aux animaux sauvages qui ne convoiteront pas nos possessions pendant notre absence au Temple : « Ta vache va brouter dans le pâturage et aucun animal sauvage ne l’attaquera. Tes poulets seront libres dans leur poulailler et aucune fouine/belette ne leur fera de mal. »

-> A ce sujet, le midrach rabba (Chir haChirim 7,1) rapporte les histoires suivantes :

1°/ Une fois un juif est parti à Jérusalem pour Yom Tov, et par inattention il avait oublié de fermer sa maison à clé.
A son retour, il a trouvé un serpent enroulé autour de la poignée de sa porte, décourageant toute personne à essayer d’y entrer.

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2°/ Une fois un juif est parti pour les Yom Tov, et il avait oublié par mégarde sa récolte de blé empilée dans le champ.
C’est ainsi que tout le fruit de son difficile travail, toute sa fortune à venir pouvait être prise par chacun des passants à proximité.
A son retour de Jérusalem, il a été accueilli par une patrouille de lions qui avaient surveillé sa récolte en son absence.

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3°/ Une fois, un juif qui était parti pour les Yom Tov, avait oublié de rassembler ses poulets dans le poulailler, les laissant libres et sans aucune protection.
A son retour de Jérusalem, il a retrouvé des carcasses de chats sauvages à proximité, sans aucune explication si ce n’est que Hachem surveille ceux que Le servent.

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4°/ Il y avait 2 frères juifs vivants à Ashkelon, qui avaient des voisins non-juifs qui attendaient l’occasion de se remplir les poches en prenant la richesse de leurs voisins juifs.
Ils ont ainsi comploté entre eux : « Lorsque les juifs iront à Jérusalem pour prier, nous viderons leurs maisons de tous les objets de valeur ».

A leur retour du pèlerinage pour la fête, les 2 frères ont rendu visite à leurs voisins non-juifs afin de leur donner des cadeaux qu’ils avaient ramener pour eux de Jérusalem.
Leurs voisins semblaient alors confus : « D’où viennent ces cadeaux? Vous êtes partis quelque part? »
Les juifs de répondre : « Bien sûr! Nous nous rendons toujours à Jérusalem pour la fête ».

Les non-juifs leur ont demandés : « A quelle date êtes-vous partis? Quand êtes-vous revenus?  »
Suite à leur réponse, ils étaient perplexes, et ils ont dit : « Mais alors pourquoi durant toute cette période nous vous avons vu entrer et sortir de chez vous comme à l’accoutumée? »

La vérité devient claire : Hachem avait envoyé des anges qui ressemblaient et qui agissaient comme ces 2 frères juifs, faisant paraître qu’ils étaient toujours présents chez eux, protégeant leurs biens de leurs voisins jaloux.

Les non-juifs se sont alors exclamés : « Béni est le D. des juifs. Vous ne L’abandonnez pas et Il ne vous abandonne pas. Vous avez mis votre confiance en Lui, et Il a envoyé Ses anges pour vous protéger. »

=> Avec la perte du Temple, nous avons perdu de tels miracles aussi évidents aux yeux de tous : juifs et non-juifs.

Le Temple

+ Le Temple d’En-Haut :

-> La guémara (‘Haguiga 12b) décrit qu’au Ciel, il a une ville céleste construite sur le modèle de la Jérusalem sur terre, et ainsi il y a un Temple, dans lequel les sacrifices sont apportés quotidiennement par l’ange Michaël.

-> Le Temple d’En-Haut n’a été créé que pour correspondre à celui d’en-bas.
En effet, Hachem aime tellement le Temple construit par les juifs, qu’Il a créé une copie En-Haut, dans le monde spirituel.

Les anges n’ayant pas de libre arbitre, le plaisir que ressent Hachem à voir les juifs peiner pour faire Sa volonté est incomparablement plus élevé.
Lorsque notre Temple a été détruit et que le service y a été interrompu, Hachem a juré de ne plus entrer dans le Temple d’En-Haut tant que celui d’en-bas ne sera pas restauré.
[midrach Tan’houma – Pékoudé 1]

-> La destruction du Temple sur terre, a entraîné une diminution du nombre de serviteurs Célestes d’Hachem, ce qui implique une réduction de l’honneur de D. également dans le Ciel.
[selon la guémara ‘Haguiga 13b]

Le Maharcha commente que depuis que les chants de Louange ont cessé dans le Temple sur terre, les anges ont arrêté de chanter leurs chants (qui sont secondaires par rapport à ceux des hommes).

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+ Le Temple : l’honneur d’Hachem

-> « Comme elle se dresse magnifique, joie de toute la terre, la montagne de Sion [Jérusalem], aux flancs dirigés vers le Nord, la cité d’un Roi puissant! [Hachem] » (Téhilim 48,3)

Rabbi Avraham, le fils du Gaon de Vilna, dans son Rav Péalim, rapporte les données suivantes pour illustrer la splendeur du Temple :

-> il y avait des rideaux recouvrant chacune des 7 Portes de la Court (azzara).
Ils étaient décorés d’or et de motifs.
12 000 kikars d’or ont été filés et tissés pour élaborer ces rideaux (soit environ 550 tonnes d’or!).

-> Les récipients utilisés pour contenir le sang étaient tous réalisés en métaux précieux. Il y en avait : 650 000 en or, et 1 200 000 en argent.

-> Le Temple avait des dizaines de milliers de ménorah en or, chacune incrustée de pierres précieuses qui valait chacune une fortune.
Il y avait des tables en or, des ustensiles en or, dont certains étaient incrustés de pierres précieuses.

-> les murs (et plafond) du Heikhal étaient recouverts d’épaisses plaques d’or, sur lesquelles étaient incrustées des milliers de pierres précieuses.
[le rav El’hanan Hoberman, dit qu’il y en avait pour plus de 450 tonnes d’or (en se basant sur les commentaires de Divré haYamim I – 29,4)]
[il est à noter que le 2e Temple n’avait pas d’or sur ses murs, mais du marbre sublime laissant apparaître des vagues de l’océan. Cette beauté était exceptionnelle/inégalée au point où nos Sages (Baba Batra 4a) disent : « Celui qui n’a pas vu le Temple d’Hérode (le 2e) n’a jamais vu un édifice véritablement magnifique ». ]

-> Une grande partie de ces pierres précieuses et de cet or, a été préparée par le roi David, dans l’attente de la construction du 1er Temple (survenue après sa mort).
Il y a consacré plus de 1,1 million de kikar d’or (environ 50 000 tonnes d’or!).

Par la suite, le roi Chlomo et le restant du peuple juif ont également apporté leur contribution.

=> Le Temple était un palais unique dans sa magnificence, éveillant les cœurs à la Suprême grandeur de Hachem.

La douleur de la présence divine

+ La douleur de la présence divine (Chékhina) :

-> « Dans toutes leurs souffrances, il [Hachem] a souffert avec eux (les juifs) … il les a portés et soutenus pendant toute la durée des siècles » (Yéchayahou 63,9)

-> « La présence divine, s’il est permis de s’exprimer ainsi, réside avec Israël dans les souffrances de l’exil, et elle a inscrite Sa propre délivrance pour le jour où ils seront délivrés (guémara Meguila 29a). Elle reviendra [alors] avec eux. »
[Rachi – Nitsvaim 30,3]

-> De même que les juifs souffrent de l’absence d’une relation de grande proximité avec Hachem, de même, Hachem souffre de cette relation difficile, et Il est tout seul en exil, puisqu’Il s’est éloigné d’eux.
[Tikouné Zohar – tikoun 6]

-> La guémara (‘Haguiga 5b) enseigne que pour Hachem, dont la compréhension dépasse la confusion de ce monde, même la chose qui nous semble la plus difficile, est un réalité un élément faisant partie de son plan, qui est pour la joie ultime.
Cependant, il y a une exception à cela : la destruction du Temple entraîne de la tristesse et des pleurs même au Ciel.

-> Hachem agit comme un endeuillé sur la douleur (de la perte) du Temple.
[midrach rabba Eikha 1,1]

-> Il n’y aura plus aucun bonheur à Hachem tant que le Temple ne sera pas reconstruit et que le juifs ne retourneront pas à leur place appropriée : la terre d’Israël.
[Yalkout Chimoni Eikha 1009]

-> Rabbi Yossi dit à Eliyahou haNavi qu’il a entendu dans les ruines de Jérusalem une voix : « divine gémissante et pleurant : « Honte aux enfants dont les fautes M’ont poussé à détruire Ma maison et à les exiler parmi les non-juifs »

Eliyahou haNavi lui a dit : « 3 fois chaque jour, Hachem pleure de cette façon sur la destruction du Temple »
[guémara Béra’hot 3a]

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-> Au moment de la destruction du Temple, Hachem dit aux anges :
« Laissez-moi verser des larmes amères. N’essayez même pas de me consoler de la rupture de mon peuple. Cette tragédie est trop grande pour être consolée.

Un jour de destruction a été appelé contre « la vallée de la Vision » (une référence à Jérusalem). Les murs de Jérusalem sont abattus, et des cris résonnent.
C’est un moment pour pleurer et se lamenter »

[Yéchayahou 22,4-5 et 12 – cf.Rachi]

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-> Le midrach (rabba Eikha Pesichta 24-25) décrit qu’au moment de la destruction du Temple, Hachem s’est apprêté à prendre congé du Temple.
Il a alors serré contre Lui et embrassé les saints murs et piliers, et a sangloté : « Au revoir Mon Temple; Au revoir Mon palais Royal. Au revoir, Ma maison bien-aimée. Au revoir pour le moment, au revoir! »

Une fois le Temple détruit, Hachem a continué à pleurer : « Mon lieu de résidence … Honte à Moi pour la perte de Ma maison.
Mes enfants, où êtes-vous? Mes Cohanim, où êtes-vous? … Que puis-je faire pour vous maintenant?

Je vous ai averti encore et encore, mais vous n’avez pas fait téchouva! »

Les anges ont voulu entonner leur chant, mais Hachem n’a pas voulu l’écouter.
« Je ne peux pas être réconforté par vos chants maintenant. Aujourd’hui, c’est un jour de chaos et de dévastation. C’est un moment de pleurs, et non de consolation. »

Hachem a alors appelé [le prophète] Yirmiyahou : « Yirmiyahou! Je suis comme un père qui a marié son seul fils, et il est mort au moment du mariage.
Comment le père peut-il prendre le deuil de cette tragédie?

Va appeler les Patriarches : Avraham, Yits’hak et Yaakov.
Va appeler : Moché.
Va les appeler depuis leur tombe. Ils sauront comment pleurer ensemble avec Moi »
[…]

Ils sont alors venus au Temple, et ils sont allés de Porte détruite en Porte détruite, se rendant compte de la destruction et ils ont pleuré : pleuré sur la punition reçue par le peuple juif, pleuré ensemble avec Hachem.

[midrach rabba Eikha Pesichta 24-25]

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-> Chaque juif doit se sentir responsable de rejoindre la douleur d’Hachem, à l’image d’un enfant qui ressent la souffrance de son père comme la sienne.
[Yessod véChorech haAvoda 9,11]

-> Nous devons chercher à imiter la façon d’agir de Hachem, en agissant en fonction de ce qu’il fait.
Ainsi, si Hachem a de la tristesse, alors nous devons également avoir de la tristesse.
S’il pleure, alors nous devons faire de même.
Lorsqu’il se lamente, c’est également un moment pour nous de se lamenter.
[Réchit ‘Hokhma – Anava 6,60]

-> Le Alshich haKadoch a écrit une kina dans laquelle il dit :
« Rassemblez-vous, enfants d’Israël! Déchirez votre cœur, plutôt que vos vêtements et ressentez le tort causé par vos fautes …
Que dit la présence divine?
Je souffre et personne ne prête attention à M’aider.

Vos fautes ont poussé Ma main contre vous. Vous souffrez maintenant de l’exil afin de pouvoir corriger ce que vous avez fait … mais personne ne semble prendre cela à cœur … »

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-> Rabbi Chimin bar Yo’haï dit que Hachem est constamment en train d’attendre, et de vérifier si une personne fait téchouva afin de soulager Sa souffrance et amener le machia’h.
Mais Il est déçu, encore et encore, puisqu’Il voit tous les gens aller en fonction de leur vie, prenant soin de leurs propres besoins alors que Ses besoins sont négligés.

Ils sont trop occupés à tendre vers le monde matériel pour se rendre compte des demandes du Ciel …
C’est pourquoi, Hachem attend encore et encore, sans fin en vue …

[Hachem nous dit: ] Je vous aime et tout ce que Je veux c’est de pouvoir vous donner.
J’aimerai pouvoir vous couvrir de Miséricorde.
Retournez vers Moi et Je pourrais revenir vers vous.
Faites téchouva et Je réparerai notre relation et Je vous consolerai »

[Tikouné Zohar – tikoun 6]

[L’introduction du Séfer ‘Harédim nous rapporte que si des géants comme Rabbi Chimon bar Yo’haï ressentait la souffrance de Hachem alors qu’ils n’avaient évidemment pas de faute personnelle pouvant provoquer l’exil, combien à plus forte raison devons-nous le faire, nous qui prenons part à de telles fautes. ]

[A chaque génération où le Temple n’est pas reconstruit, c’est comme s’il avait été détruit.
S’il n’y a pas de Temple, ce n’est pas qu’à cause de nos ancêtres, c’est principalement de notre faute (sinon il aurait été reconstruit!).
Ainsi, chaque année, nous refaisons subir à Hachem les mêmes souffrances, déceptions!!!

=> Comment peut-on vivre sans se soucier de la peine que l’on fait à Hachem! ]

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-> Sur ce sujet, b’h, voir aussi : https://todahm.com/2016/08/22/quand-je-souffre-mon-papa-hachem-souffre-encore-plus-que-moi

Construction du Temple, venue du Machia’h :

++ Construction du Temple, venue du Machia’h :

+ Nécessité de le demander :

-> « En Ton secours j’espère Hachem » (Vayéhi 49,18)

Le midrach rabba (Béréchit 98,14) commente qu’afin de recevoir toute bonne chose, nous avons besoin de la désirer.
C’est que lorsque Yaakov a désiré la guéoula, il en a rapproché la réalisation de cette réalité.

-> « Lorsqu’il y aura une génération qui désirera Mon Royaume, alors elle sera immédiatement délivrée. »
[midrach Yalkout Chimoni Eikha 997]

-> Le Séfer ‘Harédim rapporte que puisque la destruction du Temple prend racine dans la faute des explorateurs qui ont manqué d’enthousiasme pour la terre d’Israël, afin de réparer cela nous devons témoigner un maximum d’enthousiasme pour la terre d’Israël et son Temple.

-> « Il n’y aura pas de Temple, du Royaume ultime de Hachem, et du machia’h, tant que les juifs ne le demanderont pas »
[Rachi – Ochaya 3,5]

Le Mahari (Yéchayahou 21,12) dit que nous avons déjà dépassé notre temps requis en exil, mais pour que la guéoula vienne nous devons le demander.

-> Le ‘Hafets ‘Haïm enseigne également que Hachem n’amènera pas la guéoula, même si nous en sommes méritants et que le temps est déjà arrivé, sauf si nous le demandons.

En ce sens, il conseille d’être sincère et de ressentir pleinement des émotions, lorsque dans nos 3 prières journalières nous demandons la reconstruction du Temple au plus vite.
[ce n’est que des paroles récitées avec précipitation, c’est un besoin vital : D. on ne veut pas vivre en étant loin de toi! Envoie-nous vite le machia’h!]

-> Le Ramban (Chémot 2,25) prend l’exemple des juifs esclaves en Egypte, qui ont prié et pleuré vers Hachem.
Bien qu’ils n’avaient pas les mérites pour sortir, grâce à leur prière de tout cœur, ils ont pu obtenir ce que Hachem leur avait préparé.

-> Le Sforno (Chir haChirim 2,9-15) dit que c’est la même méthode dans chaque exil.
Hachem se cache jusqu’à que nous Lui témoignons que nous ne pouvons pas exister sans Sa proximité et sa libération.

=> Hachem attend d’entendre nos voix, nos désirs d’être plus proches de Lui.

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-> La guémara (Yoma 21b) fait remarquer que le 2e Temple était nettement moins bien que le 1er, la présence divine y étant moins présente.
Pourquoi cela?

La guémara (Yoma 9b) rapporte que c’est parce que tous les juifs n’ont pas participé de tout cœur à sa reconstruction.
En effet, beaucoup ne sont pas retournés en Israël, préférant rester en exil à Bavèl.

Si tous les juifs s’étaient tous rejoints avec enthousiasme, la présence divine aurait été aussi présente que lors du 1er Temple.

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+ Que pouvons-nous faire au niveau individuel?

Le Ram’hal (Messilat Yécharim 19) répond :
« Chaque chose que fait une personne est important, et Hachem attend les prières de chacun.

Même si nos prières ne parviennent pas à reconstruire le Temple, Hachem prend beaucoup de plaisir de chacun de Ses enfants qui partage Ses désirs et prie pour la reconstruction de Sa maison.
Bien qu’il semble que nos efforts ne produisent aucun changement notable, nous ne devons pas laisser cette pensée nous en dissuader.

Chaque prière du fond du cœur est un accomplissement incomparable et nous rapproche (de D. et du Temple). »

-> De plus, chaque personne peut se construire en lui-même son propre « Temple ».
Sa relation unique avec Hachem, lui permet d’être plus proche de D., comme pouvait le faire le Temple.
Par nos prières sincères, on peut amener la guéoula sur soi-même, en même temps que d’accélérer la venue de la guéoula collective.

-> « Lorsque les juifs sont revenus pour le 2e Temple, leur guéoula a été proportionnelle à leur désir pour la guéoula. »
[Kouzari 2,24]

=> Plus on exprime un désir d’être proche d’Hachem, plus la reconstruction du Temple sera magnifique.

Notre Temple personnel aura une importance, une « efficacité » proportionnelle aux pleurs, à l’expression de notre désir sincère de vouloir être proche d’Hachem.

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+ Prendre le deuil, s’attrister :

-> « Tout celui qui pleure pour Jérusalem méritera de partager sa joie [quand le Temple sera reconstruit], tandis que celui qui ne s’en attriste pas, n’en profitera pas. »
[guémara Taanit 30b]

-> Le Ritva (Taanit 30b) dit que cela s’applique même aux personnes mortes, qui reviendront avant les autres spécialement pour se joindre à ce moment.

Il explique que la résurrection des morts se fera en 2 étapes :
– 1ere étape : au début de l’ère messianique, qui sera réservée à ceux qui auront attendu la venue du machia’h en exile.
Puisque de leur vivant, ils attendaient impatiemment la reconstruction du Temple, ils vont mériter de voir sa reconstruction, qui aura lieu avec l’arrivée du machia’h (guémara Taanit 30b).

– 2e étape : Ceux qui ne se seront pas attristés pour le Temple, ne se lèveront pas à ce moment, mais uniquement au « Grand jour du Jugement », qui se tiendra à la fin de la période messianique.

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-> Le Maharal explique que l’on s’attriste lorsque l’on ressent un manque.
Plus on ressent que la perte est importe, plus notre tristesse sera grande.
Celui qui ne se lamente pas clairement, ne ressent pas qu’il lui manque quelque chose.

Une personne qui ne ressent pas le vide de Jérusalem ne ressentira pas les réjouissances lorsqu’elle sera reconstruite.
Ce n’est pas une punition, c’est uniquement qu’une telle personne n’a pas de raison d’y être inclue.

-> Hachem dit aux juifs : « Vos fautes ont entraîné la destruction de Ma maison et le fait que Mes enfants aillent en exil. Si vous témoignez de l’intérêt pour leur retour paisible, Je vous pardonnerai et vous bénirai par la paix »
[Dérekh Erets Zouta – Pérek Shalom]

-> « Tout juif qui étudie la Torah convenablement et ressent de la tristesse pour le manque d’honneur de Hachem et du peuple d’Israël, et qui est attristé sur le manque de gloire de Jérusalem, le Temple et la guéoula finale, il recevra le roua’h haKodech »
[Tana déBé Eliyahou rabba – chap.4]

-> « Il a été passé au travers des générations et connu pour être véridique, que toute personne qui pense régulièrement à la douleur de la présence divine en raison du fait d’être en exil, méritera la couronne de la Torah. »
[Kav haYachar – chap.93]

-> Rabbi Eliyahou Lopian (Lev Eliyahou – Chémot) rapporte que lorsqu’il était jeune, il trouvait la synagogue pleine de personnes simples (de monsieur tout le monde) qui pleuraient en lisant le tikoun ‘hatsot (décrivant la présence divine en exil et priant pour la guéoula).

-> La guémara (Guittin 57a) rapporte qu’un nombre élevé de grands tsadkim vivant à Kfar Sachanyah, ont été tués.
De quelle faute ont été coupables ces tsadikim pour mériter une telle punition?

La guémara répond : c’est parce qu’ils ne s’attristaient pas sur la destruction de Jérusalem.

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-> Le Yaabets (Siddour beit Yaakov) enseigne :
« A mon avis, (le fait de ne pas s’attrister sur la destruction de Jérusalem) est la raison la plus évidente pour les persécutions constantes qui dévastent régulièrement les communautés juive au travers l’exil.
Nous devenons confortable et nous en oublions que notre véritable maison a été détruite et que c’est une raison pour nous lamenter.

Alors, Hachem nous envoie les non-juifs pour renouveler le goût amer de l’exil dans nos bouches. »

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-> A la suite du 2e Temple, un groupe de juifs s’est interdit de manger de la viande et de boire du vin pendant toute l’année.
Ils disaient : « Comment pouvons-nous manger de la viande maintenant que l’Auterl (mizbéa’h) n’a plus de viande à consommer? Comment pouvons-nous boire du vin alors que nous ne versons plus de vin dans le Temple? »

Les Sages n’ont pas approuvé leur comportement, les décourageant d’agir ainsi, car selon eux ces restrictions étaient trop difficiles à suivre par le peuple tout entier.
[guémara Baba Métsia 60b]

Les Sages ont donc limité cette pratique dans le temps.

-> Au moment du birkat haMazone nous devons recouvrir les couteaux, car nos Sages ont peur que par le simple rappel de la destruction du Temple nous en venions à nous tuer de douleur.

-> « Si je t’oublie jamais, Jérusalem, que ma droite me refuse son service!
Que ma langue s’attache à mon palais, si je ne me souviens toujours de toi, si je ne place Jérusalem au sommet de toutes mes joies! » (Téhilim 137,5-6)

-> Nos Sages ont institué des rappels durant l’année : à son mariage un jeune marié va mettre des cendres sur son front en se dirigeant vers la ‘Houpa ; nous cassons un verre pour se souvenir de cette destruction, …

Au sommet d’une construction personnelle, d’une joie, nous n’oublions pas que Jérusalem doit être reconstruire.

-> Par ailleurs, sur le mur faisant face à l’entrée de notre habitation, nos Sages ont demandé de laisser un souvenir de la destruction du Temple, pour s’en rappeler à chaque fois que l’on rentre.

Cette mitsva consiste à laisser un carré sans peinture (ou papier peint) en gardant le plâtre apparent, sur une largeur de 48cm et une longueur de 48cm. (Choul’han Aroukh 560,1)

Le rav ‘Haïm Falaji écrit que ceux qui la respectent selon la loi juive, leur maison sera protégé ainsi que leurs habitants.

Si l’on achète une habitation ayant déjà les murs peints ou tapissés, on pourra les laisser sans devoir gratter la peinture ou enlever le papier peint, mais il sera bon de le faire pour respecter cette mitsva de souvenir du ‘horban.

-> A la vue des ruines du Temple, nous devons déchirer notre vêtement, à l’image de quelqu’un qui de perdre un proche parent.
[Choul’han Aroukh – Ora’h ‘Haïm 561,2]

-> Lors d’un banquet, nous devons laisser sur la table un coin vide sur lequel on ne disposera pas de mets, en souvenir du Temple (Choul’han Aroukh 560,2).
Le Shabbath cela n’est pas nécessaire.

-> Les femmes ne se pareront pas de tous leurs bijoux à la fois, et ce, afin que leur joie ne soit pas entière. (Choul’han Aroukh)

-> Normalement nous de devrions plus écouter de la musique avec instruments, sauf à l’occasion d’un mariage ou autre moment de joie, de mitsva.
A notre générations, les décisionnaires ont écrit que puisque l’on manque beaucoup de paix intérieure, et comme de nombreuses personnes souffrent de tristesse, de dépression ou de stress, la musique n’est plus tout à fait une source de joie, mais plutôt de calme et de guérison.
De plus, de nombreux chants permettent de renforcer l’homme dans le service de D., rendant permis le fait de les écouter.

L’impact du Temple sur les juifs

+ L’impact du Temple sur les juifs :

-> Au Temple, la sainteté et la présence divine étaient évidentes, comme palpables.
La crainte de D. y était inévitable.
[le Radak – Téhilim 68,36]

-> Le Temple injectait une conscience de Hachem dans leurs veines.
[Yaabetz – Pirké Avot 5,23]

-> Par le simple fait de marcher dans le Temple, on ressentait une montée de sainteté en nous.

La loi juive demande d’être pieds nus dans l’enceinte du Temple (azara), et le contact physique avec le sol sacré les remplissaient d’une compréhension spirituelle.
Cela les amenaient à un niveau de roua’h haKodech (inspiration divine).
[Rabbi Yonathan Eybeschütz – Yaarot Dévach – drouch 11]

-> Le midrach rabba (Béréchit 65,22) rapporte l’exemple de Yossef Méchita.
Lorsque le 2e Temple a été détruit, les non-juifs ont demandé à ce que le 1er qui entrerait dans le lieu saint pour piller le Temple soit un Juif [ce fut sûrement dans l’intention de rabaisser encore davantage le peuple juif].

Après avoir endossé cette responsabilité, un homme du nom de Yossef Méchita (qui était resté loin de ses racines et faisait partie des soldats non-juifs) pénétra ainsi dans le Temple et en ressortit en emportant avec lui la magnifique Ménora.

Les non-Juifs voulurent garder ce trésor, et lui demandèrent alors d’entrer à nouveau afin de dérober d’autres trésors qu’il pourrait garder pour lui. Mais cette fois-ci, l’homme refusa et déclara : « J’ai déjà mis une fois mon Créateur en colère, pourquoi recommencerais-je ? »

Les non-Juifs essayèrent de le soudoyer en lui proposant beaucoup d’argent, un poste important, … ; puis, ils le menacèrent de le torturer, et enfin de le faire mourir. Mais Yossef Méchita s’obstina.
Les non-Juifs l’exécutèrent après lui avoir fait subir de terribles souffrances en le découpant avec une scie à bois.

Tandis qu’il rendait l’âme, Yossef Méchita hurlait, mais ce n’était pas à cause de la douleur.
Voilà ce qu’il criait : « Malheur à moi qui ai mis en colère mon Créateur ! Malheur à moi qui ai mis en colère mon Créateur ! »

Comment expliquer une transformation si complète?

Selon le rav de Poniovitch, c’est parce qu’il a pu faire quelques pas dans le Temple, ce qui a suffit à changer tout son système de valeur, au point d’être prêt à mourir pour Hachem (kidouch Hachem).

=> Si une personne qui était très loin de D. (au point d’être prête à y entrer pour y voler des objets sacrés, ce que même les envahisseurs n’osaient alors pas faire), avait la possibilité d’être prête à tout pour faire la volonté de D., on peut se rendre compte du pouvoir incroyable du simple fait de marcher dans le Temple.

Lorsque les juifs venaient au Temps pour les fêtes, ils faisaient entrer en eux de la sainteté qui allait les accompagner pendant toute l’année, afin d’agir d’une manière très élevée et proche de Hachem.

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+ La prophétie :

-> Le Temple était un générateur de prophétie, qui est le niveau le plus élevé d’attachement à Hachem.

Les Portes du Ciel se trouvait (ouvertes) là-bas, et c’était ainsi l’endroit où il était le plus facile de devenir proche de D.
[Rabbénou Bé’hayé – Kad haKéma’h – Avèl 4]

-> Le Ran (drachot haRan 8) appelle le Temple : « la maison faite pour amener un déversement de prophétie et de sagesse ».

-> A Souccot, le « temps de notre joie », pendant ‘hol haMoéd, il y avait une fête incroyable autour de la libation de l’eau.

Le midrach rabba (Béréchit 70,8) dit que la grande joie n’était pas en lien avec l’eau, mais plutôt du fait de puiser du roua’h haKodech.
C’était un moment où tous les participants pouvaient énormément être élevés au point de recevoir le roua’h haKodech (qui correspond au plus grand niveau d’attachement avec Hachem).

Selon la guémara (Yérouchalmi Soucca 5,1), le prophète Yona a pu atteindre le roua’h haKodech, uniquement en rejoignant la fête de « Sim’ha Beit haChoéva ».

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+ La sagesse :

-> Les habitants de Jérusalem, de par leur proximité avec le Temple, avaient par exemple une sagesse légendaire.

Le midrach rabba (Eikha 1,4) rapporte que si un habitant de Jérusalem voyageait à l’étranger, il était accueilli avec beaucoup d’enthousiasme.
Les habitants de cette ville lui offrait un magnifique fauteuil et se réunissaient tous autour de lui, dans l’attente avide d’entendre de sa bouche des perles de sagesse.
Et ils n’en étaient jamais déçus.

-> Le midrach rabba (Eikha 1,4-13) rapporte des récits montrant que les habitants de Athènes étaient grandement impressionnés par l’intelligence et l’esprit aiguisé des habitants de Jérusalem.

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+ Les prophètes à l’époque du Temple :

-> La guémara (Méguila 14a) nous enseigne qu’au travers toute l’histoire du peuple juif, il y a eu 1 200 000 prophètes.

-> Selon la guémara (Sotah 48b), au début du 1er Temple, la prophétie était quelque chose de très répandue, mais avec le temps elle est devenue de plus en plus rare, jusqu’au point d’être entièrement perdue peu après la construction du 2e Temple.

-> Le Ramban (Vayikra 26,11) décrit que lorsqu’un tsadik était malade, il allait rendre visite à un prophète.

A cette époque, les médecins n’avaient la visite « que » par les personnes ordinaires du peuple.
L’élite avait la capacité de traiter leur maladie à la source.
En effet, le prophète leur disait qu’elle était la faute à l’origine de la maladie, et il suffisait alors de faire téchouva pour être guéri.

-> Un prophète avait la possibilité de tout savoir sur la vie d’une personne, y qui compris tous ses secrets.
[guémara Yoma 75a]

=> Un des impacts de l’existence du Temple est la présence de nombreux prophètes, qui vont donner des conseils de vie aux juifs, afin de pouvoir constamment être à un niveau de grande proximité avec Hachem.

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+ Le Cohen Gadol :

-> Le Cohen Gadol était considéré comme le responsable de la génération.

Selon nos Sages, il devait influencer les juifs à faire téchouva par le biais de ses prières.
D’ailleurs, si un juif était puni en raison de ses fautes, dans une certaine mesure, le Cohen Gadol en était également tenu pour responsable.
En effet, ses prières n’ont pas dû être assez fortes pour pouvoir l’amener à faire téchouva.
[guémara Makot 11a et Maharcha]

-> En tant que responsable de tous les juifs, c’est lui qui était en charge d’obtenir le pardon pour les fautes de tous les juifs, le jour de Kippour.
Afin de lui permettre de faire cela, Hachem lui révélait les fautes des personnes.
C’est ainsi qu’au moment de faire la confession des fautes (vidouï) de tous les juifs, il savait avec précision les fautes sur lesquelles demander pardon à D.

Grâce à cette connaissance de chacun, il donnait aussi des conseils (et encouragement) à chaque juif pour qu’il puisse améliorer son service divin.

[Gaon de Vilna – Michlé 27,9]

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+ Le pouvoir d’expiation :

-> La guémara (Yoma 39b) nous enseigne que le Temple était appelé : « Lévanon », mot ayant comme racine : « lavan » (blanc), une allusion au fait qu’il blanchissait et nettoyait les fautes des juifs.

-> Le Gaon de Vilna (Chir haChirim 1,17) explique que même si une personne fait téchouva, elle ne peut pas se débarrasser totalement de sa faute.
Par contre, après avoir apporté un sacrifice (korban), il ne reste absolument rien.

-> Les fautes pesaient lourdement dans le cœur des gens, et ils attendaient avec impatience leur voyage à Jérusalem, où ils auraient alors l’occasion de se débarrasser de ce fardeau spirituel.

Lorsqu’ils avaient la possibilité de rendre visite au Temple, ils y offraient les sacrifices nécessaires, et ils marchaient ensuite en étant plein de joie et de paix, libre comme un oiseau.
[midrach Yalkout Chimoni Téhilim 755 – pérek 48]

-> Le Ari zal (Likouté Torah Vayakel 38,8) rapporte un fait intéressant.
La puissance du pardon par le biais d’un sacrifie pouvait être plus forte si l’on avait un Cohen méritant.

Le Cohen regardait le visage du juif (ou son reflet dans le kior si c’était une femme), afin de voir la nature de la faute faite.
Le Cohen avait la faculté de voir les intentions et les motivations, et ce qui a pu être abîmé par la faute.
Suite à cela, il pouvait apporter le sacrifice avec les pensées appropriées afin de restaurer la personne dans son état d’avant la faute.

-> « Aucune personne n’est jamais restée à Jérusalem et n’a gardé une faute sur elle.
Le korban Tamid du matin pardonnait pour tout ce qui avait pu se produire pendant la nuit précédente, et le Tamid de l’après-midi, sur ce qui a pu se passer pendant la journée »
[midrach rabba Bamidbar 21,21]

-> La guémara (Yoma 67a) rapporte que le jour de Kippour, il était possible de voir le moment où le pardon demandé par le Cohen Gadol, était accepté par Hachem.
En effet, un morceau de laine rouge accroché dans le Temple, passait alors au blanc neige.

[Les âmes de tous les juifs redevenaient alors blanches comme neige].

=> Le fait d’être toujours « blanc », permettait de bénéficier d’une proximité incroyable avec Hachem.

Cette possibilité de pouvoir facilement se laver de nos fautes, nous permettait d’éviter de devoir beaucoup souffrir comme moyen de réparer nos fautes.

=> En plus d’un éloignement avec Hachem, la destruction du Temple a causé qu’au lieu d’apporter un simple sacrifice, nous devons apporter des souffrances (tous nos malheurs proviennent de cela!).

« La destruction du Temple a été comme la mort pour les juifs.
L’âme du peuple d’Israël leur a été arrachée, les laissant comme un corps sans vie. « 

[le Gaon de Vilna – Sifra déTsniouta – Lilout 9]

En effet, à la différence des autres êtres vivants (où seul le cœur doit battre), pour un juif le fait d’être vivant se retrouve principalement dans sa capacité à se connecter avec Hachem.
Or, le Temple représente la forme la plus élevée et la plus pure de connexion avec Hachem, la source de toute vie.

Au cœur de la vie juive, nous trouvons le pouvoir de la prière et la force de l’étude de la Torah.
Nous allons voir b’h, ce que nous y avons perdu avec la destruction du Temple.

+ La prière :

-> « [Hachem dit : ] Ma maison sera dénommée : Maison des prières » (Yéchayahou 56,7)

-> Yaakov a déclaré : « Que ce lieu est redoutable! Ce n’est autre que la demeure de D. et ceci est la porte des cieux » (Vayétsé 28,17)

Le Targoum Yonathan commente : « ce n’est pas un lieu ordinaire, c’est un lieu convenable pour la prière ».

Rachi explique : « c’est la porte des cieux, c’est-à-dire le point d’où les prières s’élèvent vers D. »

-> « [Le Temple est ] le lien entre la terre et le Ciel, une route directe, entièrement dégagée pour que les prières s’élèvent »
[Ets Yossef – Béréchit rabba 69,7]

-> Lorsque le roi Chlomo a terminé la construction du Temple, il a prié Hachem : « Que Tes yeux soient ouverts nuit et jour sur cette maison, sur ce lieu dont tu as dit: « Mon nom y régnera », et que tu entendes les prières, … les supplications de ton serviteur et de ton peuple Israël, proférées en ce lieu ; du haut du ciel où tu résides, tu les écouteras et tu pardonneras. » (Méla’him I 8,29-30)

-> Le Maharcha (guémara Baba Métsia 59a) rapporte que si un juif n’avait pas la possibilité d’aller au Temple, il était quand même leur solution à leurs problèmes puisqu’il permettait à toutes les prières de passer.
Ce qui explique pourquoi nous nous tournons (encore aujourd’hui) vers le Temple lorsque nous prions (guémara Béra’hot 30a).

-> « Quelle est la grande nation qui a un D. proche d’elle comme Hachem, notre D., à chaque fois que nous L’appelons? » (Vaét’hanan 4,7)

Ainsi, la prière est la plus grande preuve de notre proximité avec D.

-> « Je cacherai assurément Ma face en ce jour » (Vayélé’h 31,18)

Le Ibn Ezra explique : lorsque Hachem cache Sa face c’est une allusion au fait qu’Il ne répond plus à nos prières
Nous avons détruit tout le pouvoir de la prière avec la destruction du Temple.

-> Selon la guémara (Béra’hot 32b), le prophète Yé’hezkiel a reçu une prophétie spécifique afin d’avertir les juifs que lorsque le Temple sera perdu, le canal direct pour les prières sera également détruit.

Comme il est écrit dans Eikha : « En vain je crie et appelle au secours, il ferme tout accès à ma prière » (v.3,8) ou bien encore : « Tu t’es entouré de nuages, pour empêcher les prières de passer »(v.3,44).

La guémara (Béra’hot 32b) enseigne que les Portes du Ciel ont été fermées à ce moment là, comme si un mur a été érigé pour nous séparer de Hachem, qui nous refuse alors toute proximité avec Lui.

-> « Ce qui pouvait être réalisé par 1 seule prière à l’époque du Temple, ne peut s’accomplir de nos jours qu’avec de nombreuses prières et avec beaucoup de miséricorde divine »
[Maharcha – guémara Baba Métsia 59a]

La prière est évidement toujours indispensable et vitale (si on ne demande pas à D., on ne peut pas avoir), mais sans le Temple nous devons fournir des efforts beaucoup plus nombreux pour espérer qu’elles soient acceptées.

Avec le Temple, on ouvrait la bouche et l’on recevait une pluie de bénédictions.

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+ L’étude de la Torah :

-> Le midrach rabba (Kohélet 11,12) décrit la Torah que nous avons aujourd’hui comme « vide » (néant) en comparaison avec la Torah qu’il y aura au temps du machia’h.

-> Après la destruction du Temple, les secrets de la Torah ont été perdus du public, et jusqu’à l’arrivée du machia’h, ils ne peuvent être enseignés qu’en privé.
La Torah a été perdue à tous les niveaux.
[Gaon de Vilna – Chir haChirim 8,1]

-> La guémara (‘Haguiga 5b), se basant sur les paroles de Yirmiyahou (v.13,17), rapportent les 3 larmes qu’a pu avoir Hachem suite à la destruction du Temple.

La 1ere larme portait sur la perte du 1er Temple ; la 2e larme sur la perte du 2e Temple, et la 3e larme était sur l’exil qui a causé une perturbation dans l’étude de la Torah.

-> Chaque nuit, un cri de douleur éclate au Ciel pour chacune de ces pertes.
[guémara Béra’hot 3a]

=> De même que la perte du Temple est toujours palpable, de même l’affaiblissement dans l’étude de la Torah est constamment perçue comme une tragédie.
C’est un désastre dont il est approprié de prendre le deuil chaque jour.

[moins de Torah, c’est moins de bénédictions, c’est moins de connaissance, de lien avec Hachem (puisqu’en nous donnant la Torah, D. nous a donné une partie de Lui-même), ]

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-> La michna Broura (fin du siman 580) rapporte que suite à la destruction du Temple, le contrôle de la Torah a été pris par les forces du mal (klipot), et d’écrire : « Pour chaque juif, cela est une raison appropriée pour pleurer. Toute personne qui a un lien avec la Torah doit en être émue aux larmes. »

-> Le Gaon de Vilna enseigne que depuis la destruction du Temple, la capacité de faire des ‘hidouchim, de trouver de nouvelles approches dans la Torah a été perdue.

Il explique que nous pouvons au mieux espérer obtenir d’autres idées concernant ce qui a pu déjà être dit, mais nous ne pouvons plus rien apporter de nouveau.
A l’époque du Temple, cependant, la Torah était florissante et chaque personne ajoutait sa part de nouveautés à la Torah.

-> La michna (Sotah 49a) affirme que peu de temps avant la destruction du 2e Temple, l’honneur de la Torah a cessé d’être.
Jusqu’alors tout le monde restait debout pendant tout le temps où il étudiait la Torah afin de l’honorer.

[cela s’est terminé en même temps que la mort de Rabban Gamliel, 20 ans avant la perte du Temple]

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-> La destruction du Temple a entraîné la fin du Sanhédrin qui avait la capacité de statuer sur l’unique version correcte de la Torah. (Tossefta Sanhedrin 7,1)

La guémara (Sanhedrin 86b) enseigne la loi de : « zakèn mamré », faisant que toute personne s’opposant à la décision du Sanhédrin méritait la peine de mort.

=> Il y avait ainsi une unité totale dans la loi juive.

-> La guémara (Sanhedrin 88b), ainsi que Rachi (Baba Métsia 33b) rapportent l’idée que la destruction du Temple a apporté une obscurité dans la Torah, puisque c’est à partir de ce moment que sont apparus les désaccords dans la loi juive (makhlokét).

=> Avant la perte du Temple, la Torah était magnifique, brillante de clarté par un feu uni de la Torah.

-> Il est écrit : « Il m’a relégué dans des régions ténébreuses comme les morts » (Eikha 3,6)

La guémara (Sanhedrin 24a – Rachi) commente que ce verset fait référence à l’étude de la Torah à Bavél (et ensuite), où ils argumentaient constamment sans arriver à une clarification finale.

C’est l’obscurité de la mort puisqu’il manque une clarification totale : la clarté de la Torah.

=> Hachem pleure le fait que la clarté de la Torah soit aux mains d’une élite, et que la quasi-totalité du peuple juif est comme une bougie sur le point de s’éteindre.

[le midrach Tan’houma rapporte qu’à la génération du roi David, il y avait une capacité à voir l’ensemble des arguments pour chaque point de loi juive.

En perdant le Temple, on a perdu un énorme proximité avec Hachem et Sa Torah, et la baisse de niveau dans l’étude de la Torah a été terrible (au point que D. pleure cela tous les jours!).

De plus, sans la Torah pour nous protéger et purifier, nous sommes aux mains de notre yétser ara et autres ennemis de ce monde, ce qui est la source de nos tragédies.]

« Consolez, consolez mon peuple, dit votre D. » (נַחֲמוּ נַחֲמוּ עַמִּי – Yéchayahou 40,1 – Haftara suivant le 9 Av)

Si l’objectif de ce verset était de consoler le peuple juif, il aurait dû être écrit : נַחֲמוּ נַחֲמוּ לעַמִּי.
Le Kéhilat Yaakov enseigne qu’en réalité, c’est à nous de consoler Hachem.

En effet, si le peuple juif a fait téchouva suite à la destruction du Temple (période du 9 Av), alors Hachem est consolé.
Cela n’aura pas été inutile!

[1er « Consolez » : pour de pas avoir détruit le Temple et exiler les juifs pour « rien » ;
2e « Consolez » : pour pouvoir enfin arrêter d’amener des souffrances sur Son peuple afin qu’ils se réveillent et reviennent vers Lui.]