Notre jalousie détruit le Temple

+ Notre jalousie détruit le Temple :

-> La guémara Yérouchalmi (Yoma 1,1) enseigne :
Rabbi Yo'hanan ben Torta affirme : "On constate que le 1er Temple a été détruit parce que les juifs commettaient l'idolâtrie, l'adultère et le meurtre [les 3 péchés cardinaux qu'on ne saurait transgresser, fût-ce au prix de la vie].
Quant à l'époque du 2e Temple, nous savons qu'ils étudiaient la Torah avec zèle, ils observaient méticuleusement les mitsvot et possédaient tous les bons traits de caractère.
[Néanmoins, ils furent exilés] parce qu'ils étaient cupides et se détestaient entre eux sans raison ; et la haine sans fondement est une faute aussi grave que ces 3 péchés cardinaux".

-> Le Rama de Pano (Assara Maamarot) explique que leur haine sans fondement provenait de leur cupidité. Chacun était jaloux de la richesse et de la puissance de l'autre.

-> Le rav Yissa'har Teichtal enseigne :
"La guémara Yérouchalmi (Yoma 1,1) précise également que le péché de jalousie qui a prévalu à l'époque du 2e Temple, causa plus de destruction que les péchés du 1er Temple.
L'ennemi ne détruisit que le toit du 1er Temple, tandis que les murs demeurèrent debout.
Le 2e Temple en revanche fut entièrement dévasté jusqu'à ses fondations ainsi qu'il est dit : "Rasez-le! Rasez-le! Jusqu'à ses fondations" (Téhilim 137,7).
[le 1er Temple a été "rapidement" reconstruit, tandis que nous attendons toujours la reconstruction du 2e, ce qui témoigne de la gravité des fautes qui ont causé sa destruction]

Cette guémara conclut : "Toute génération qui n'est pas témoin de la reconstruction du Temple est considérée comme ayant causé sa destruction".
Autrement dit, puisque Satan danse toujours au milieu de nous sous forme de haine et de jalousie dans fondement, nous faisons perdurer l'exil et le Temple demeure en ruines. C'est donc comme si le Temple avait été détruit à notre époque.

Il faut prendre conscience de ce que nos Sages affirment.
Bien que les juifs du 2e Temple aient étudié la Torah avec assiduité et aient observé les mitsvot de façon méticuleuse, leur jalousie a causé plus de destruction que lors du 1er Temple, au point que même les fondations ont été anéanties.
Il en découle que ceux qui se trouvent des excuses pour encourager la jalousie, la haine et la division détruisent l'édifice d'Israël tout entier, et ce même s'ils étudient la Torah et observent les mitsvot.
Ils sapent les fondements de l'existence d'Israël et font perdurer l'exil.
Le roi David affirme à leur sujet : "Quand les fondations sont détruites, que peut accomplir le juste?" (Téhilim 11,3) = autrement dit de quelle utilité sont sa rectitude et son service de D. si ses actes conduisent à détruire les fondements et l'existence du peuple juif?"

<------>

-> b'h, au sujet de la jalousie, voir par exemple : "La jalousie : c’est se détruire!" : http://todahm.com/2019/01/12/la-jalousie-cest-se-detruire

Du jour où le Temple fut détruit, il fut décrété que les érudits de la Torah étudieraient dans la souffrance, la pauvreté et le désarroi afin qu'ils prient pour la venue du machia'h.

[cf. Tana déBé Eliyahou 4,4 ; Yalkout Chimoni 1,1391.
Ce midrach est cité dans le Kol Yaakov, et rapporté par le rav Yissa'har Teichtal]

Rabbi Yo'hanan ben Zakaï dit : "Ne pleurez pas sur le Temple, j'ai une meilleure réparation (kappara) que les sacrifices, c'est de faire de la bonté (guémilout 'hassadim), comme il est écrit : "C'est que Je prends plaisir à la bonté et non au sacrifice" (ki 'hessed 'hafatsti - Ochéa 6,6).
[Avot déRabbi Nathan (chap.4)]

Le 10 tévét – un jour déterminant

+ Le 10 tévét - un jour déterminant :

-> Le 'Hatam Sofer (dans ses drachot sur la fin du livre de Dévarim) explique que le 10 tévét est un vrai jour de jugement (yom hadin).
De même qu'en bas les ennemis du peuple juif ont assiégé Jérusalem et ont initié les tristes événements qui ont duré 2 ans et demi avant la destruction du Temple (Hachem attendant la téchouva de son peuple), de même dans le Ciel il y a un jugement céleste (le 10 tévét).

La guémara (Yérouchalmi Yoma 5) affirme : "Toute génération qui n'a pas vu le Temple reconstruit c'est comme si elle -même l'avait détruit" = cela signifie que chaque année en ce jour du 10 tévét, Hachem juge à nouveau : est-ce que le Temple sera détruit cette année ou bien reconstruit? Est-ce que le machia'h pourra se révéler et sera annoncé par Eliyahou haNavi qui le devancera ou non?

[Selon nos Sages si le jeûne du 10 tévét tombait un samedi alors on devrait jeûner pendant Shabbath (à l'image de Yom Kippour), ce qui n'est pas le cas pour le 9 av, qui lui est décalé.
Cela souligne la particularité du 10 tévét : c'est un jour de jugement (alors que le 9 av est un jour désigné où l'on s'attriste sur la perte du Temple, et en ce sens il peut être décalé)]

=> Le 'Hatam Sofer conclut : Le jeûne du 10 tévét n'est pas seulement un deuil sur le passé, mais il concerne bel et bien l'avenir car c'est en ce jour que chaque année est décidé l'avenir de Jérusalem et du Temple, pour notre génération (d'où le : "c'est comme si elle -même l'avait détruit"!).
[le 9 av n'est que la constatation de la triste décision qu'il y a eu en ce jour, par notre faute!]

Le Temple a été détruit du fait que les juifs ne récitaient pas la bénédiction [consacrée] avant l'étude de la Torah.
[guémara Nédarim 81a]

-> Rabbénou Yona note : "autrement dit, la Torah n'était pas assez importante à leurs yeux pour qu'ils jugent qu'elle méritait une bénédiction".

-> Le rav Pinkous (Néfech Chimchon) commente :
Il leur paraissait logique de réciter la bénédiction sur de la nourriture, sur le pain, de réciter la bénédiction : "Qui étend la terre sur les eaux" (roka aarets al hamayim), de réciter une bénédiction sur chaque respiration.
Car ils étaient conscients que dès l'instant où ils sortiraient leur tête de l'eau après l'y avoir plongée un moment, ils apprécieraient d'autant plus une bouffée d'air frais.
Mais ils ne ressentaient pas que la Torah était au sens simple du terme, leur oxygène, leur pain, en plus de toutes les profondeurs qu'elle recèle.
Le reproche qui leur est fait se situe à ce niveau, et c'est pourquoi le Temple fut détruit.

<--------------->

+ Se rappeler de notre étude de la Torah :

-> C'est une erreur de dire que c'est grâce à sa brillante intelligence qu'untel est meilleur en Torah qu'un autre.
C'est un cadeau de Hachem qui peut revenir à tout un chacun, lui offrant la possibilité d'analyser et de comprendre dans leur profondeur des choses compliquées, s'il implore son Créateur avec des larmes.
[rav Yonathan Eibschutz (Yaarot Dvach - drouch 1)]

-> Dans la guémara (Nida 70a), il est aussi écrit que pour devenir un sage en Torah, il faut faire 2 choses : étudier beaucoup (yarbé béyéchiva), et supplier Hachem (yévakéch ra'hamim), Lui qui détient la 'hokhma, de nous donner le mérite de comprendre.

-> Réciter les bénédictions sur la Torah mot à mot avec ferveur et joie est une ségoula très propice pour se souvenir de ce qu'on étudie et ne pas l'oublier.
[Noda biYéhouda - Tsaal'h (guémara Béra'hot 64a)]

A l'inverse, celui qui néglige ces bénédictions, et étudie sans les dire ou les prononce sans la kavana appropriée, ne pourra pas mériter que ses enfants deviennent des Talmidé 'Hakhamim, car cela montrerait que la Torah n'est pas assez importante à ses yeux (Tour chap.47, Ran Nédarim 81a).

-> Rachi (guémara Avoda Zara 8a) écrit : Celui qui oublie ce qu'il étudie devra, dans la 4e bénédiction de la Amida ('honen hadaat), prolonger sa prière et supplier Hachem de lui accorder de la mémoire.

[le fait de s'allonger sur la prononciation du mot "zikaron" du kidouch du vendredi soir, est une aussi ségoula pour la mémoire]

-> Celui qui demande une chose qui fait la Gloire de Hachem, par exemple de mériter de comprendre la Torah et supplie D., alors Hachem écoutera sa supplique même si cette personne n'a pas assez de bonnes actions.
[Séfer 'Hassidim - chap.131]

[Lors de la destruction du Temple,] Hachem était seulement "comme un ennemi" (Eikha 2,4).
Dans Sa colère se cachait un amour profond pour Israël.

[midrach Eikha 2,8]

<--->

-> D'une part, l'exil semble être un châtiment, une expression de la colère de Hachem à cause des méfaits d'Israël.
C'est une vérité ... car il existe une relation entre D. et Israël qui dépend de sa conduite : si Israël est méritant, il sera récompensé et s'il faute, il sera puni.

Mais au-delà de ce lien, il existe une relation plus profonde, un niveau auquel les juifs sont "les enfants de Hachem, votre D." (Dévarim 14,1).
Un père n'aime pas son fils parce qu'il est intelligent ou parce qu'il lui obéit, mais parce qu'il est son fils.
Cet amour est essentiel, fondamental et permanent. Même lorsqu'un fils n'a aucune qualité, son père l'aime de tout son cœur.
C'est de cette façon que Hachem aime Israël. Quelle que soit notre conduite, nous sommes Ses enfants.

Ainsi, les manifestations externes de la destruction du Temple reflètent la colère. Pourtant, lorsque les non-juifs sont entrés dans le Saint des saints du Temple, l'amour de D. envers les juifs y était flagrant par l'image des chérubins enlacés ...
D'une manière subtile, que seule Sa sagesse fondamentale envisage, Hachem guide le processus de développement de Son fils.
En effet, bien que la destruction du Temple et l'exil semblent être une descente pour le peuple juif, le but de D. était d'élever le peuple juif à un niveau encore supérieur.

Nos Sages (midrach Abba Gourion) déclarent que le jour où le Temple a été détruit, le machia'h est né ...
La destruction du Temple a entamé la préparation à la Délivrance.
Caché derrière la chute du peuple juif était le désir de Hachem de faire venir le machia'h et d'élever Israël, et l'humanité à un état de plénitude.

D'après la guémara (Pessa'him 87b), l'exil est la graine de laquelle poussera la Délivrance.
Une graine doit se décomposer totalement dans la terre avant de pouvoir germer et produire une plante.
De même, la destruction du Temple et notre exil ont pour but de débarrasser Israël de tous ses aspects superficiels, et de lui permettre de fleurir dans la Délivrance.

De plus, de même que lorsque l'on récolte des plantes, la quantité dépasse très largement celle des graines plantées. La plantation d'Israël à travers l'exil poursuit le même but. Notre peuple a erré d'un pays à l'autre pour accomplir une mission Divine unique.
[Méam Loez - Eikha (Appendice)]

<--->

-> Le poids des péchés d'Israël a été placé sur le Temple.
Au lieu d'exterminer le peuple juif, Hachem a déversé Sa colère sur le bois et les pierres.
Certes, le Temple a été détruit mais le Temple spirituel existant dans le cœur de chaque juif est resté intact.
[Méam Loez - Eikha 1,14]

<--->

-> Rabbi Yo'hanan a déclaré : "Cette nuit-là [de la destruction du Temple], aucun cantique n'a été récité dans les sphères célestes ni sur terre. La lumière n'a pas été révélée dans le monde".
[Méam Loez - Eikha 1,2]

<--->

-> Les nations attendaient avec impatience la chute de Jérusalem. Elles savaient que le 9 Av était un jour néfaste pour le peuple juif et avaient toujours espérées réaliser leur désir de détruire le Temple en ce jour.

Cependant, lorsque le jour de la destruction arriva ... du ciel, Hachem a envoyé 4 anges, tenant une torche, venus incendier le Sanctuaire.
L'envahisseur a passivement assisté à la mise au feu sans intervenir.
[Méam Loez - Eikha 2,16]

-> Lorsque D. décréta la chute de Jérusalem, tous les moyens de protection humains s'avérèrent impuissants à l'empêcher ...
Comme la Torah interdit de compter les hommes un par un, le roi Agrippas à l'époque du 2e Temple, a demandé que les Cohanim mettent de côté un rein de chaque agneau pascal offert par chaque groupe cette année-là.
Le total de reins a été de : 1 200 000.

Etant donné que chaque agneau pascal était mangé par un minimum de 10 personnes, Agrippas a estimé la population juive à plus de 12 millions de personnes. [guémara Pessa'him 64b]
[...]

Le midrach (Eikha 1,4) rapporte [qu'avant la destruction du Temple,] chaque fois qu'un habitant de Jérusalem visitait une ville, on lui préparait un fauteuil pour qu'il puisse s'allonger [et les gens se rassemblaient autour de lui] pour écouter sa sagesse.
[Méam Loez - Eikha 1,1]

-> "Les portes [de Sion] se sont enfoncées dans le sol" (Eikha 2,9)
Nébuzaradan, le général envoyé par Nabuchodonosor pour conquérir Jérusalem, a assiégé la ville.
Pendant 3 ans et demi, il s'est évertué à pratiquer une brèche dans les murailles. Il était sur le point de donner ordre à ses troupes de faire demi-tour lorsque Hachem a fait germer une idée dans son esprit.
En mesurant les murailles de Jérusalem, il a remarqué qu'elles s'enfonçaient chaque jour de 2 palmes et demi dans le sol (plus de 20 cm par jour!).
Nébuzaradan et ses soldats ont attendu patiemment et bientôt, les murailles se sont complètement enfoncées dans la terre.

Comment les murailles sont-elles restées intactes?

La guémara (Sota 9a) explique que comme c'était le roi David qui les avait construites, elles avaient en elles une mesure d'éternité.
Le midrach (Bamidbar rabba 15,13) rapporte que lorsque Salomon a fait entrer l'Arche sainte au Temple, les murailles se sont soulevées pour laisser passer l'Arche.
Comme [les murailles] ont témoigné beaucoup de respect à la Présence Divine, Hachem leur a évité d'assister à l'humiliation du Temple [en ne les détruisant pas et en les faisant se rentrer dans le sol!]
[Méam Loez - Eikha 2,9]

Pour le peuple juif, Jérusalem n'est pas seulement une ville mais un "être vivant" : ses pierres ont un cœur et ses murailles versent des larmes.

Après la destruction de la ville, les routes de Sion ont pris le deuil.
De même qu'un endeuillé se laisse pousser les cheveux, les routes de Sion ont été envahies par des herbes folles, une manifestation physique de son chagrin.

[Méam Loez - Eikha 1,4 : "Les routes de Sion sont en deuil"]

<--->

+ "Jérusalem : Est-ce là la ville qu'on appelait le summum de la beauté, la joie de toute la terre" (Eikha 2,15)

-> "De Sion (Jérusalem), ce centre de beauté, Hachem rayonne" (Téhilim 50,2)

-> "Comme elle se dresse magnifique, joie de toute la terre, la montagne de Sion (Jérusalem)" (Téhilim 48,3)

-> "10 mesures de beauté sont descendues dans le monde. Jérusalem en a pris 9 et le reste du monde, une" (guémara Kidouchin 49b)

<--->

-> Jérusalem n'avait aucun besoin de se flatter, elle était "la joie de toute la terre", et toutes les nations reconnaissaient sa beauté, sans éprouver la moindre trace de jalousie.
D'ailleurs, les rois des pays lointains construisaient des palais en terre sainte pour jouir de sa beauté.

Les mots : kélilat yofi (le summum de la beauté - כלילת יפי) ont la même valeur numérique (596) que le nom : "Jérusalem" (ירושלים) ...

La [forte] présence de la Présence Divine (chékhina) elle-même [à Jérusalem] ajoutait à la joie et la beauté de la ville sainte.
[Méam Loez - Eikha 1,15]

Sale juif!

+ Sale juif! :

-> A l'époque de la destruction du Temple, le terme "juif" était devenu un qualificatif injurieux, au point que lorsque 2 prostituées se sont lancées des insultes et des railleries dans les rues d'Achkelon, l'une s'est moquée de l'autre en lui disant : "Ton visage ressemble à celui d'un juif!"

Lorsque par la suite, elles se sont réconciliées et se sont demandé pardon, l'une a dit à l'autre : "Je peux tout te pardonner sauf d'avoir dit que je ressemblais à un juif!"

[midrach Eikha 1,39]

La Torah est la révélation de la volonté Divine et le moyen de nous attacher à D.
Hachem l'a prise de sa source spirituelle et l'a mise sous une forme que l'homme peut comprendre.
Du fait qu'elle a été mise à la portée de l'être humain, il est tout à fait possible de l'étudier sans prendre conscience de sa dimension Divine.
C'est cette étude qui peut être décrite comme un "abandon de la Torah".

[Méam Loez - Eikha 2,9]

<--->

[A une époque où l'étude de la Torah était largement répandue, Hachem a détruit le royaume de Yéhouda pour cette raison : "ils ont abandonné ma Torah" (Yirmiyahou 9,12)]

=> Il ne faut pas étudier la Torah comme une simple discipline intellectuel, mais il faut être conscient que chaque mot/lettre est une expression de la volonté Divine, et qu'il nous permet de se lier davantage avec D.
[une des raisons de notre exil, et de la destruction du Temple, est notre manque de conscience de cette réalité!]

"[Le 2e Temple a été détruit] parce qu’il y avait une haine gratuite entre les juifs (sinat ‘hinam).
Ceci nous montre que la haine gratuite équivaut aux 3 transgressions majeures [qui causèrent la destruction du 1er Temple] : l’idolâtrie, l’immoralité et le meurtre."
[guémara Yoma 9b]

-> Sous la haine gratuite, se loge un manque de foi en Hachem. En effet, si celle-ci était plus ferme en nous, nous n’en arriverions pas à haïr, éprouver de la jalousie, médire et nous quereller.

Le Gaon de Vilna s’interroge sur le sens de l’expression "haine gratuite" (sim'at 'hinam).
A priori, lorsqu'on hait son prochain, ce n’est pas pour rien (gratuitement), mais pour une raison bien précise, à cause d’un certain tort qu’il nous a causé.
Pourtant, Hachem qualifie cette attitude de "haine gratuite". Pourquoi cela : s'il y a une raison à la haine, c'est qu'elle n'est pas pour rien (gratuite)?

C'est parce qu'en réalité, cet individu n’est pas responsable de ce tort, mais D. Lui-même, qui l’a chargé de nous le causer. Il n’est qu’un envoyé d'Hachem, exécutant fidèlement Ses ordres. S’il ne l’avait pas fait, D. aurait confié à quelqu’un d’autre cette mission.
Ainsi, haïr son prochain en raison de sa mauvaise conduite à notre égard traduit un manque de foi en D.

Si l’on demande à n’importe qui s’il croit en D., il répondra, sans hésiter : "Bien-sûr, quelle question!"
Si on l’interroge ainsi : "Crois-tu que tout vient du Ciel?", il nous l’assurera avec la même certitude.

Voilà de belles paroles. Mais, si tout vient du Ciel comme nous l’affirmons si bien, alors pourquoi nous mettons-nous en colère contre notre prochain?
Si cette croyance était fermement implantée en nous, nous querellerions-nous avec notre ami?
Pourquoi nous plaignons-nous, tout au long de la journée, de ce que nous ont fait ou pris des gens?

[il est assez facile d'avoir théoriquement confiance que rien ne peut se passer dans le monde sans que Hachem ne le décide, que tout est pour notre bien, ... mais dans la pratique pensons-nous toujours la même chose? ]