La méguilat Eikha (écrite par le prophète Yirmiyahou - Baba Batra 15a) fut rédigé afin que tous sachent que, tout comme les malédictions prophétisées par les prophètes se sont réalisées, il en sera de même pour toutes les paroles d'espoir et de rédemption.
[rav A. Cohen Tsédek 1:24]
Catégorie : 12- Les jeûnes + Perte du Temple
Av = apprécier la vraie joie
+ Av = apprécier la vraie joie :
-> La guémara (Taanit 26b) affirme que lorsque l'on entre dans le mois d’Av, on diminue la joie (michéni'hnas Av mémaatim béSim'ha).
-> Il est très intéressant de noter que nos Sages nous recommandent de commencer à réduire notre joie (sim'ha) à partir de roch 'Hodech Av, le jour même où ils nous enjoignent de réciter le Hallel, où nous proclamons : "C’est aujourd’hui le jour qu'Hachem a fait, nous serons joyeux et nous nous réjouirons en ce jour", ainsi que de nombreux autres versets exprimant la joie.
Cependant, lorsque nous examinons de près la guémara (Taanit 26b) qui décrit cette diminution de notre joie, nous constatons que nos Sages font référence aux plaisirs issus du monde matériel : la viande, le vin, les douches chaudes, le fait de porter des vêtements propres, ...
En d’autres termes, nos Sages nous enseignent qu’à l’heure actuelle, en raison de la destruction du Temple, nous sommes incapables de trouver le bonheur à travers les biens matériels.
Notre tâche consiste plutôt à rechercher l’étincelle du vrai bonheur qui réside dans nos cœurs : la joie d’être juif et de posséder la Torah.
De même, nos Sages (Nédarim 81a) affirment que le Temple a été détruit parce que les juifs ne récitaient pas les Birkot HaTorah (bénédictions sur la Torah), en d’autres termes, ils n’étaient pas heureux d’étudier et d’accomplir la Torah, comme le dit le verset : "[Toutes les malédictions de l’exil] proviennent du fait que tu n’as pas servi Hachem avec joie" (ta'hat acher lo avadta ét Hachem bésim'ha).
=> En bref, le mois de Av est pour chaque juif l'occasion de nous détacher des faux plaisirs de ce monde et de renouer avec la véritable joie de la vie juive.
[on diminue notre joie venant de la matérialité, et cela nous permet de pouvoir mieux se focaliser et apprécier la qualité de la joie provenant de la spiritualité, de notre relation de proximité avec papa Hachem. ]
[rav Nissan David Kivak ]
Le 17 tamouz
+ Le 17 tamouz :
-> La cause de la faute du Veau d'or, survenu le 17 Tamouz, était que le peuple juif pensait que, puisque Moché n’était pas encore redescendu du mont Sinaï, il n’y avait plus aucun moyen pour lui de se rapprocher d'Hachem et de la Torah.
Cependant, en réalité, même si Moché était bel et bien décédé à cette époque, il n’aurait jamais laissé son troupeau sans un autre berger. Aharon HaKohen, Yéhochoua bin Noun et de nombreux autres grands tsadikim avaient reçu la sagesse de Moché Rabbénou au point de pouvoir guider le peuple juif.
En effet, selon le début des Pirké Avot : "Moché reçut la Torah du Sinaï et la transmit à Yéhochoua, et Yéhochoua [la transmit] aux Anciens, ..."
De même, de nos jours, nous devons croire que le tsadik de chaque génération ne quitte jamais ce monde avant d’avoir transmis sa sagesse à son successeur. Ainsi, nous ne devons jamais penser qu’il n’y a aucun espoir pour nous et céder au désespoir, qui est une manifestation de la faute du Veau d’or.
Au contraire, nous devons chercher de tout notre cœur à trouver l’étincelle du mont Sinaï qui est encore vivante chez les tsadikim d’aujourd’hui.
[rabbi Nathan de Breslev - Likouté Halakhot - Shelou'hin 5 ]
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-> Le 17 Tamouz, les juifs ont commis la faute du Veau d’or, et Moché Rabbénou a brisé les Tables des 10 Commandements (Lou'hot).
Rabbi Nathan de Breslev explique que la raison pour laquelle Moché a agi ainsi est qu’il existe différents niveaux de vérité. La vérité de la Torah est que lorsque nous fautons, nous devons être punis. La Torah nous dit clairement ce que nous devons faire ; ainsi, si nous n’écoutons pas ses avertissements, il y a des conséquences.
Cependant, Moché a reconnu que ce n’était pas le niveau le plus élevé de la vérité. Au contraire, la plus grande vérité est la compassion (miséricorde) d'Hachem, le fait qu’Il pardonne avec bienveillance même les transgressions les plus terribles lorsque nous revenons vers Lui par la téchouva.
Ainsi, Moché a dû briser les Lou'hot, qui représentent le niveau de la vérité de la Torah, afin de révéler que ce niveau n’est pas la vérité ultime. Puis, il est remonté sur le mont Sinaï, où il a reçu les 13 Midot de Ra'hamim (Attribut de miséricorde de D.) et la deuxième série de Lou'hot, qui ont été remises le jour de Yom Kippour, lorsqu'Hachem nous a complètement pardonnés notre faute.
[rabbi Nathan de Breslev - Likouté Halakhot - Ribbit 5 ]
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-> Ce qui nous empêche principalement de faire téchouva, c’est l’impatience.
Nous voulons des résultats immédiats, alors nous abandonnons lorsque nous ne voyons pas de progrès tout de suite.
C’est là l’erreur qui a conduit à la faute du Veau d’or. Même si les juifs étaient sur le point de recevoir les deux Lou'hot de la Torah que Moché allait faire descendre du mont Sinaï, ils n’ont pas pu attendre ne serait-ce qu’un jour de plus, et ils ont donc abandonné.
De même, nous devons croire que, peu importe depuis combien de temps nous aspirons à recevoir la Torah et les conseils des tsadikim, nous sommes en réalité très proches d’une nouvelle révélation. Il nous suffit de nous accrocher à notre volonté, d’être patients et de continuer à espérer le salut (délivrance personnelle, comme collective).
[rabbi Na'hman de Breslev - Likouté Mohoran II,48 ]
Un jeûne = un sacrifice de soi à Hachem
-> Lorsqu’une personne jeûne, cela tient lieu d'un sacrifice (un korban à Hachem).
Tout comme le sang et les graisses sont prélevés sur un animal offert en sacrifice, de même, lorsqu’une personne jeûne, elle donne une partie de ses propres graisses et de son propre sang.
Lors d’un jour de jeûne, une personne doit également faire un don à la tsédaka, à l’instar de la portion du sein de l’offrande qui est donnée au Cohen, afin que son offrande soit complète ...
En réalité, un jeûne doit s’apparenter à un sacrifice de deux manières.
Premièrement, tout comme la graisse et le sang d’une offrande sont donnés à Hachem, de même, lorsqu’une personne jeûne, elle renonce à sa graisse et à son sang.
Deuxièmement, tout comme la partie de la poitrine d’une offrande est donnée au Cohen, de même, lorsqu’une personne jeûne, elle doit donner la tsédaka, et la tsédaka lui apporte du mérite en Haut.
[...]
Il faut comprendre que c’est la tsédaka qui réveille les mérites de cette personne au Ciel.
[rabbi Yaakov Abou'hatséra - Pitou'hé 'Hotam - Tsav 7,29-30]
Ressentir la perte du Temple
+ Ressentir la perte du Temple :
-> Le rav Aharon Leib Steinman fait remarquer : de nos jours, les gens ont du mal à ressentir la perte du Temple. La différence entre notre génération et les précédentes est très marquée à cet égard. En Europe, même le juif le plus simple se levait à minuit pour réciter le tikoun 'hatsot en versant de nombreuses larmes (sur la destruction du Temple).
De même, la guémara (Kétoubot 62a) rapporte qu’un non-juif poursuivait un jour un juif, mais vit qu’il ne pouvait le rattraper. Il mentionna alors le fait que le Temple avait été détruit, ce qui affaiblit le juif et lui permit de le rattraper. Tel était l’effet que la destruction avait sur les juifs des générations précédentes.
Le rav Steinman explique qu’autrefois, l'exil était beaucoup plus manifeste. Les juifs souffraient énormément des persécutions des non-juifs et vivaient également dans une extrême pauvreté. Il leur était donc plus facile de ressentir une nostalgie du Temple.
En revanche, nous vivons dans un confort relatif et ne souffrons pas beaucoup de la part des non-juifs.
Nos Sages (Taanit 30b) nous disent qu’une personne doit s'attrister sur le Temple en le pleurant comme un avel (comme quelqu'un qui a perdu un être cher, et qui en prend le deuil).
Il faut visualiser ce que l’on ressent lorsqu’un être cher décède, et essayer de ressentir la même chose face à la perte du Temple.
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[ainsi, d'un côté Hachem fait en sorte que notre exil soit plus agréable, mais nous devons faire en sorte de prendre un moment pour malgré tout ressentir l'amertume de l'exil, et en venir à pleurer la perte du Temple.
(sinon, D. préserve, Hachem risque de nous envoyer des difficultés/malheurs pour qu'on en vienne à ce constat!) ]
Exiger le Temple
+ Exiger le Temple :
-> Trois fois par jour, nous récitons la Amida, nous demandons à Hachem de reconstruire Jérusalem : "vélirouchalayim ire''ha béra'hamim tachouv vétichkon béto'ha kaasser dibarta" (et à Jérusalem, Ta ville, puisses-Tu revenir dans Ta miséricorde, et puisses-Tu y reposer, comme Tu l'as dit).
Cela ne doit pas être considéré comme une simple demande, mais plutôt comme une exigence qu'Hachem tienne Sa promesse et reconstruise Jérusalem : "comme Tu l'as promis!" (kaacher dibarta). Nous disons à Hachem que nous voulons qu'Il tienne Sa promesse de reconstruire et de restaurer Tzion.
Rabbi 'Haïm Kanievsky cite un Yalkout Shimoni (Shmouël II remez 165) étonnant.
Ce midrach enseigne que la raison pour laquelle de nombreux soldats sont morts à l'époque du roi David est qu'ils n'ont pas exigé la construction du Temple.
Ces soldats, ajoute le midrach, n'avaient jamais vu le Temple (qui ne sera construit qu'après la mort du roi David), mais ils ont été blâmés pour ne pas avoir exigé sa construction, et ils l'ont payé de leur vie.
=> Nous devons tirer les leçons de ce récit et prendre la résolution d'exiger de tout cœur qu'Hachem reconstruise immédiatement le Temple.
Ecouter la vraie mélodie de la vie
+ Ecouter la vraie mélodie de la vie :
-> Pour beaucoup d’entre nous, il est difficile de ne pas pouvoir écouter de musique pendant les 3 semaines (du 17 tamouz jusqu'au 9 Av). Cependant, c’est en réalité une occasion incroyable pour nous de découvrir notre propre nigoun intérieur, celui de la Torah et des mitsvot.
En vérité, il existe un chant spectaculaire de nékoudot tovot qui résonne à chaque minute de notre vie, mais comme il y a tant d’autres bruits en arrière-plan, nous ne parvenons pas à l’entendre. C’est pourquoi nous faisons aujourd’hui une pause dans toute forme de musique afin de découvrir ce doux chant de nos bonnes actions.
En effet, rabbi Nathan ( Likouté Halakhot - Hachkamat HaBoker 1) dit que ce chant est le chant de la Rédemption (guéoula), la mélodie du machia’h, auquel nous aspirons si profondément.
[rav Nissan David Kivak]
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-> En réalité, il y a un nigoun (mélodie juive) spectaculaire qui résonne tout autour de nous (chaque juif).
Il y a un chant magnifique en toile de fond de nos vies, qui est un aspect du chant de l’avenir, lorsque la Providence d'Hachem se révélera de la manière la plus impressionnante qui soit.
Cette douce mélodie est composée de la lumière incroyable émanant de chacune de nos mitsvot et de nos bonnes actions.
Cependant, pour l’instant, ce chant est masqué par l'obscurité des lois de la nature, qui nous empêche de voir, d’entendre ou de ressentir quoi que ce soit de particulier dans notre avodat Hachem (libre arbitre oblige).
Néanmoins, lorsque nous renforçons notre émouna dans les enseignements des tsadikim qui mettent en lumière les "notes" spirituelles spectaculaires de nos mitsvot, nous pouvons commencer à entendre ce qui se passe réellement.
Et plus nous suivons cette voie, plus le nigoun devient clair, et plus nous commençons à vivre la bonne vie du monde à Venir.
[rabbi Na'hman de Breslev - Likouté Mohoran II,8 ]
Toute personne qui possède le savoir, c'est comme si le Temple avait été construit de nos jours.
[Rabbi Elazar - guémara Sanhédrin 92a]
[kol adam chéyech bo déa, kéilou nivna beit haMikdach béyamav]
Il convient à toute personne craignant Hachem d’éprouver de la douleur face à la destruction du Temple. [Ora'h 'Haïm 1]
Une personne qui ne ressent aucune douleur face à la perte du Temple et face à toutes les souffrances du peuple juif devrait s’inquiéter pour elle-même. C’est le signe qu’elle se trouve en dehors du camp d’Israël. Elle devrait prier pour que, par la miséricorde d'Hachem, elle y soit ramenée, ressentir de la douleur face à ce qui leur manque et, par la suite, se réjouir de la reconstruction du Temple. ['Hidouché Harim - séfer Hazé'hout - p.61]
Une personne qui n’a pas de crainte du Ciel (yirat shamayim) ne sait pas pourquoi elle doit se lamenter, car elle estime que le monde est bon et qu’il ne lui manque rien. Seul un yaré shamayim peut ressentir qu’un monde sans le Temple est un monde détruit. [rav Wolbe - Alé Shour II, p.408]
La faute de ne pas avoir pleuré comme il se doit la destruction de Jérusalem est une raison suffisante pour justifier la longue durée de l’exil.
C’est la raison de toutes les destructions qui nous ont été infligées au cours de cet exil. [Yaavetz - Sidour Beit Yaakov - Ticha béAv]
9 Av & le lachon ara a coupé le flux de bénédiction du Temple
"Toute l’assemblée éleva la voix et pleura cette nuit-là" (Chéla'h Lé'ha 14,1)
-> Le peuple juif pleura en recevant le rapport négatif des explorateurs (méraglim) concernant la terre d'Israël.
Le Yalkout (Shimoni 744) dit que la date à laquelle le peuple juif pleura était le 9 Av. En réponse à leurs pleurs, Hachem dit : "Vous avez pleuré pour rien. En échange, je réserverai cette nuit comme une nuit de pleurs pour les générations futures."
Comme nous le savons, c’est à cette date que le premier et le deuxième Temple ont été détruits.
Le Zéra Shimshon pose la question suivante : quel est le lien entre la faute des explorateurs et la destruction du Temple?
Le Zéra Shimshon explique cela en clarifiant d’abord le verset suivant, qui fait référence à la destruction de Jérusalem et du Temple. Le verset dit : "La mort est montée par nos fenêtres, elle est entrée dans nos palais" (Yirmiyahou 9,20).
Le Zera Shimshon pose la question suivante : que signifie "la mort est montée par nos fenêtres" (ki ala mavét bé'haloténou)?
Pour comprendre cela, il cite le Touv Ha'aretz, qui explique en détail le processus ayant conduit à la destruction du Temple. Il écrit qu’au Ciel, directement au-dessus du Temple, se trouve une fenêtre, une ouverture. C’est par cette ouverture que tout le bien destiné à venir dans ce monde parvient au Temple, et de là, la bénédiction se répand à travers toute la terre d'Israël (puis dans le monde entier).
À l’époque du premier Temple, à mesure que les fauteurs se multipliaient, cette ouverture se refermait lentement ; plus précisément à cause de l’effet du souffle qui transportait les paroles de lachon ara.
Ce phénomène s’est poursuivi jusqu’au 9 Av, date à laquelle l’ouverture fut entièrement obstruée et où il n’y eut plus aucun flux de bénédiction, ce qui entraîna la destruction du Temple.
Sur cette base, le Zéra Shimshon explique que la signification de l’expression "la mort est montée par nos fenêtres" est très claire.
La mort et la destruction sont venues par "la fenêtre", car c’est avec sa fermeture que toute la destruction s’est produite.
Selon cette interprétation, lorsque la guémara (Yérouchalmi Péa 1,1) enseigne que le lachon ara prononcé en terre d'Israël tue quelqu’un à Rome, il ne s’agit plus d’une métaphore. Le lachon ara qui a bloqué le flux céleste de bénédictions a causé la mort partout, avec la destruction du Temple.
Pour en revenir au Yalkout, le Zéra Shimshon explique que, puisque la faute particulière qui a entraîné la destruction du Temple était le lachon ara, comme le montre le Touv Ha'aretz, et que c’était également la faute des explorateurs et du peuple juif qui a accepté leur lachon ara, Hachem a fait coïncider la destruction du Temple avec la même nuit où l’ensemble de la population juive s’était rendue coupable, des générations plus tôt, de lachon ara.
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-> "On peut dire qu’à chaque génération, l’homme doit se considérer comme s’il sortait lui-même de Jérusalem [suite à la destruction du Temple]"
[‘Hatam Sofer - drouch du 7 Av 5789]
-> "Toute génération qui n'est pas témoin de la reconstruction du Temple est considérée comme ayant causée sa destruction" (guémara Yérouchalmi Yoma 1,1).
=> On doit vivre le fait que ne pas assister à sa reconstruction, c'est comme vivre sa destruction, et la raison principale en est le souffle de notre lachon ara (chacun à son niveau), qui a tellement réduit le flux de bénédiction du Ciel, que le Temple ne peut pas être là.
Qu'Hachem nous aide à utiliser notre bouche pour le meilleur, pour de bonnes nouvelles, amen!