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La sainteté du Shabbath

+ La sainteté du Shabbath :

1°/ Shabbath est la source de sainteté de toutes les fêtes juives :

-> Dans l'ordre de la michna appelé Moéd, nous avons le traité Shabbath.
=> Pourquoi parmi les 6 sections/ordres composant la michan, Moéd est le seul qui est au singulier (on a : Zéraïm, Nachim, Nézikim, Kodachim, Taharot)? Cela est d'autant plus étonnant que Moéd aborde les différentes fêtes juives, et il devrait plutôt s'appeler : Moadim.

Le rav Yéhochoua Alt répond : le Séder Moéd est au singulier car il ne fait référence qu'à une seule chose, à savoir Shabbath, et non les autres fêtes juives (Yamim Tovim) qui sont présents dans Moéd.
C'est parce que Shabbath est la source de la sainteté (kédoucha).
[un exemple rapporté par le Shu"t Torah Lichma 436 est : lorsque Roch Hachana et Souccot coïncide avec Shabbath, nous sommes incapables de sonner le Shofar ou de secouer le Loulav. La raison est que nous obtenons ce gain spirituel lui-même par la sainteté du Shabbath, et il n'est pas nécessaire d'accomplir ces mitsvot. ]

Par conséquent, dans la parcha Emor (22,2-3), lorsque la Torah énumère les Yamim Tovim, Shabbath est le premier à être mentionné car Shabbath est la racine de kédoucha pour toutes les fêtes juives (Moadim).
[(Hachem parle ainsi à Moché) ... Les voici, Mes solennités (moadaï) : pendant 6 jours on se livrera au travail ... ce sera le Shabbath d'Hachem" (Emor 231-3)]
Pour cette raison aussi, la première traité de la section Moéd est celui de Shabbath.

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2°/ Mieux que des UV pour notre visage = la sainteté du Shabbath :

-> Le midrach (Béréchit rabba 11,2) nous dit que la lumière du visage de l'homme tous les jours de la semaine n'est pas la même que pendant Shabbath.
[c'est parce que quand Adam a fauté, la lumière a été enlevée seulement après Shabbath.]
=> Pourquoi en est-il ainsi?

C'est en raison de la sainteté du Shabbath. Et même si nous n'avons pas le niveau pour en avoir conscience, la réalité est que plus quelqu'un a de sainteté, plus ce phénomène (lumière du visage) lui est reconnaissable.
Rabbi Tsadok haCohen (Pri Tsadik - Vayigach 13) explique : ceux qui s'élèvent spirituellement et sont du sanctuaire d'Hachem, et et ceux qui ont un grand désir de sainteté, ils peuvent voir l'éclat du visage des gens le Shabbath.
Rabbi Tsadok haCohen dit que cette idée s'applique particulièrement au 3e repas de Shabbath, parce que c'est après qu'on soit passé par presque tout le jour du Shabbath. Pusique les 3 repas de Shabbath correspondent aux 3 Patriarches, le 3e repas correspond à Yaakov, le 3e des Avot, dont la guémara (Baba Batra 58a) affirme qu'il avait un semblant de [l'incroyable] beauté d'Adam harichon.
[ainsi, en arrivant au 3e repas, non seulement nous avons été purifié par le Shabbath (on est alors plus saints), mais en plus un aspect de ce moment est l'éclat de beauté de Yaakov. C'est ainsi le moment où notre visage est le plus brillant! ]

-> Suivant cette idée, le Sfat Emet explique que c'est pourquoi à un Shabbath de Shéva Bra'hot, des "panim 'hadachot" (personnes assistant pour la première fois à des Shéva Bra'hot de ce couple) sont inutiles puisque nous avons un visage différent le Shabbath.
["panim 'hadachot" - litt. nouveaux visages. Or, la sainteté du Shabbath a tellement d'impact sur nous et notre visage (même si nous n'en avons pas conscience) que tout juif est considéré comme quelqu'un d'autre (ex: nous avons un 2e âme qui vient en nous pour pouvoir absorber toute l'incroyable sainteté qu'il y a en ce jour. Le fait d'avoir un doublement de nos récipient de la sainteté se manifeste par exemple par notre visage transformée, radiant! ). ]

-> Le rav Eliyahou Lopian a décrit son maître, rabbi Sim'ha Zissel (1824-1898) comme ayant un teint pâle pendant la semaine. Cependant, le Shabbath ses joues avaient un aspect rose et vif.
De même le rav Wolbe a dit sur son maître, rabbi Yérou'ham Lévovitz (1873-1936), le machguia'h de Mir, qu'il avait un changement drastique de son apparence le Shabbath.
En effet, un nouvel élève de la yéchiva qui voyait rabbi Lévovitz en semaine ne l'avait pas reconnu le vendredi soir. Il pensait que la yéchiva avait un autre machguia'h pour le Shabbath.
Au bout d'un moment, ce garçon s'est rendu compte qu'il s'agissait de la même personne, mais l'influence du Shabbath altérait son visage.
[Alé Chour 2,p.382]

-> De même, le propriétaire du rabbi 'Haïm Chernovitz (1760-1817), voyait un juif qu'il ne reconnaissait pas entrer et sortir de l'appartement le Shabbath. Il s'aperçut alors que c'était son locataire, rabbi Chernovitz, qui prenait une apparence différente le Shabbath.

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3°/ Shabbath = un jour pas comme les autres :

-> Le Shabbath est une réalité totalement différente à l'image du Gan Eden ou du monde à venir. En effet, selon la guémara (Béra'hot 57b), le Shabbath contient 1/60e du monde futur.
Comme dans la cacherout, la quantité de 1/60e, est la mesure minimale permettant de ressentir quelque chose.
[le Shabbath est décrit comme : "mé'en olam aba" = un avant-goût du monde futur]

-> Le Moharikash (Eré'h Lé'hem) écrit : "Nos Sages ont interdit 39 travaux, en rapport avec les 39 malédictions proférées à l'encontre de Adam et 'Hava, ce qui signifie que celui qui évite de faire ces 39 travaux durant Shabbath est sauvé de ces 39 malédictions."
=> Ainsi, bien qu'en apparence le Shabbath soit un jour comme un autre, en réalité il ne fait pas vraiment partie de ce monde [c'est un semblant du monde à Venir! ].
En conséquence, il n'y a pas de mélakha qui y sont effectué, car elle est d'un autre monde, similaire à celui d'avant la faute d'Adam harichon. [avant la faute d'Adam, il n'y avait pas de mélakha, qui est synonyme de malédiction. Ainsi Shabbath est un moment où l'on peut retrouver cet état de perfection, de sainteté, de bénédictions, ... comme Hachem l'avait originellement créé.]

-> Plus le jour est saint, le moins il est permis d'effectuer de mélakha.
Shabbath est le jour le plus saint suivi de Yom Tov. Par conséquent, il y a plus de choses autorisées à Yom Tov, car comme l'affirme la guémara (Méguila 7b) à Yom Tov le travail nécessaire à la préparation de la nourriture est autorisé.
Ensuite, il y a 'hol haMoéd et Roch 'Hodech, et finalement le jour de la semaine où tout travail peut être fait.

-> "Si tu considères le sabbath comme un délice (vékarata laShabbath oneg), la sainte journée d'Hachem comme digne de respect... alors tu te délecteras dans Hachem et je te ferai dominer sur les hauteurs de la terre et jouir de l'héritage de ton aïeul Yaakov. C'est la bouche de Hachem qui l'a dit". (Yéchayahou 58,13-14)
=> Hachem nous promet qu'en sublimant notre Shabbath, alors en récompense on aura en ce jour une grande proximité avec Lui (tu te délecteras dans Hachem - az tit'anag al Hachem), et donc de sainteté, de joie, de bénédictions, ...
Or, il n'existe aucun plaisir plus grand que d'être proche de Sa source, de Son Créateur.

-> "vékarata laShabbath oneg"
Le rav Eliyahou Lopian fait remarquer que les mots : "néga" (une plaie - נגע) et "onég" (le plaisir - ענג) sont composés des mêmes lettres, et la seule différence se trouve dans le positionnement de la lettre : "ayin" (en hébreu "ayin" veut dire : les yeux).
[Shabbath est un aperçu du monde à Venir, nous avons un doublement de notre âme, ce qui fait que nos 'yeux' spirituels perçoivent mieux la Vérité.
En ce sens, plus ou moins consciemment, Shabbath est un jour de tranquillité, de sérénité, car nos doutes, nos plaies/dégâts spirituels (néga), n'existent plus, et sont surpassés par le plaisir (oneg) de la sainteté et de pouvoir apprécier ce jour de grande proximité avec papa Hachem.

Le Ohr ha'Haïm haKadoch (Vayé'hi 47,28) enseigne :
"Ai toujours en face de tes yeux le jour du Shabbat, le jour de repos que D. a ordonné aux enfants d'Israël, la Néchama supplémentaire que l'on reçoit ce jour-là du fait qu'elle vient d'un endroit spirituellement très élevé, D. nous a ordonné d'écarter de nous la tristesse, la colère et alors le Shabbat sera nommé "les délices du Shabbat".

Le Chla haKadoch commente "vékarata laShabbath oneg" = Shabbath doit être pour toi un 'oneg' (un plaisir/délice). Autrement dit, dans la façon dont nous prions, étudions, ... [cela doit l'être avec joie, plaisir]
[nous devons utiliser nos yeux (ayin) pour en venir à percevoir ce jour de telle façon qu'il soit un délice à nos yeux, et en venir à le vivre en tant que tel. ]

-> De la même manière, le 'Hatam Sofer commente les mots de la prière du Shabbath : "la'hazot bénoam Hachem" (voir la douceur d’Hachem), afin qu’Hachem tire du plaisir de la façon dont nous le servons.
Il y a un concept selon lequel les mitsvot crient à une personne de les accomplir, que ce soit la mitsva de tsitsit, de téfilin et autres. C’est le sens profond de "achré a'ich chéyichma lémitsvoteé'ha" (louable est la personne qui obéit à tes commandements) : louée est la personne qui écoute les mitsvot qui lui sont demandées pour les accomplir.
[ainsi, une journée par semaine le Shabbath nous crie de l'honorer, et nous devons le faire avec joie, ce qui cause du plaisir à Hachem. ]

-> Shabbat a la capacité de nous rapprocher d’Hachem comme il est dit : "Pour moi, la proximité d'Hachem fait mon bonheur" (vaani kirvat Elokim li tov - Téhilim 73,28). Le mot קרבת (la proximité - kirvat), partage la même guématria (soit 702) que שבת (Shabbath).
=> Comment ressent-on la lumière de chabbat? Le rabbi de Lévovitz (Torat Avot - Déra'him) sur : "lévou alaï ... va'ani poréa" (empruntez les fonds nécessaires pour Shabbat ... et moi, Hachem, je rembourserai vos emprunts - guémara Bétsa 15b), explique que לוו (lévou) peut signifier "se connecter" comme dans ילוה אישי (mon mari va s’attacher - yilavé ichi - Vayétsé 29,34).
Alors, Hachem nous dit : à Shabbath connectez-vous avec Moi et puis "va'ani poréa" (פורע ואני) = Je vous montrerai la lumière, car פורע peut signifier révéler comme dans כִּי פָרֻעַ (elle a été exposée - ki paroua - Ki Tissa 32,25).

[ainsi Shabbath est un jour où l'on peut atteindre un grande proximité avec papa Hachem, et il y règne donc une atmosphère de grande sainteté. ]

Grâce à l'observance du Shabbath, l'individu attirera sur lui la lumière du machia'h.
[Cela est valable] également grâce au repentir (téchouva).
[rabbi Na'hman de Breslev - Séfer haMidot - machia'h]

Tout comme le Shabbat fournit un modèle à la sainteté éternelle du Temple, de même le Temple nous fournit un modèle du profond respect que l'on doit montrer en entrant dans le Shabbat.
Si la Torah est si soucieuse que nous n'entrions pas dans la zone du Temple dans un état d'impréparation ("comme dans un bar"), ou de peur que nous nous comportions de manière irrespectueuse au regard de la sainteté de l'endroit, cela nous apprend à quel point nous devons être prudents en ce qui concerne le caractère sacré du Shabbat.
[rav Eliyahou Lopian]

[de même que le Temple est la référence de la sainteté dans l'espace, le Shabbat l'est dans le temps.
Imaginons si le Temple était actuellement présent quelle serait notre attitude en y entrant.
Nous devons tendre à avoir le même sentiment à être dans le Temple, qu'à être dans le Shabbat, dans les 2 cas nous avons une énorme proximité avec papa Hachem (l'un dans l'espace, l'autre dans le temps).]

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-> "Hachem dit à Moché : "Je détiens un cadeau précieux dans Mes trésors cachés. Il s'appelle le Shabbat, et J'ai l'intention de l'offrir [aux enfants d'Israël]. Va leur faire savoir!" " (guémara Shabbat 10b)
-> Shabbat est comme un trésor précieux que l'on souhaite transmettre en héritage à son enfant préféré. (Pirké déRabbi Eliezer 19)

Le rav Heshy Kleinman dit que le Shabbat est un cadeau qui est tellement Divin qu'il ne peut pas être absorbé par la seule âme qui est donnée à l'homme.
Par conséquent à Shabbat, Hachem nous donne une âme supplémentaire pour éteindre nos capacités spirituelles et nous permettre d'absorber l'immensité de tout ce que le Shabbat a à nous offrir.

Il est impossible de parvenir à une téchouva complète sans le Shabbath ... car le Shabbath rapproche et ramène une personne au Créateur.
[Méor Enayim - Ki Tavo]

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[la racine du mot Shabbath (שבת) est chav (שב), qui a pour signification : "retour" (à sa vraie origine : Hachem). ]

Le Tossefet Shabbath

+++ Le Tossefet Shabbath :

"Et les Bné Israël veilleront au Shabbat pour faire le Shabbat" (véchamérou Bné Israël ét haShabbath, laassot ét haShabbath - Ki Tissa 31,16)

-> Le Ohr ha'Haïm haKadoch explique :
"Hachem Lui-même donne son assentiment au temps profane que l'homme ajoute au temps du Shabbat, et accepte de l'appeler Shabbat.
Il se trouve donc que cet homme a réellement fait le Shabbat (laassot ét haShabbath), car il transforme les heures du "yom chichi" et celles du "yom richon" qui sont profanes en heures de Shabbat".

-> Le Yétev Panim, s'inspirant de ces paroles, explique l’enseignement de nos Sages (guémara Shabbat 118b) : "Si seulement les Bné Israël observaient 2 Shabbatot, ils seraient immédiatement délivrés" : ces 2 Shabbatot, explique-t-il, sont :
1°/ le Shabbat qu'Hachem Lui-même fait ;
2°/ le Shabbat que les Bné Israël font, en ajoutant du temps profane au temps du Shabbat. Et s'ils observaient 2 deux Shabbatot (en accueillant le Shabbat plus tôt), ils seraient immédiatement délivrés, car ''mesure pour mesure'', de la même manière que nous faisons rentrer le Shabbat plus tôt, Hachem aussi se hâtera de nous délivrer avant le moment, en faisant Lui-aussi entrer le ''le temps qui est entièrement Shabbat'' (yom chékoulo Shabbath - שבת שכולו יום), avant l'heure.

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-> Ce "Tossefet Shabbat" (le fait de rajouter du temps profane à celui du Shabbat en l'accueillant plus tôt) possède une force considérable pour être délivré de tout malheur comme l’illustre le récit suivant :
Un homme alla épancher son cœur contrit devant le Pné Ména'hem, à propos de son fils qui s'était écarté du chemin de la Torah et de la tradition, en quittant la maison et son lieu natal.
"J'ai entendu de mon père, le Imré Emet, que la Tossefet Shabbat était connue pour délivrer de toutes sortes de malheurs. Je te conseille donc, toi et ton épouse, d'accueillir le Shabbat chaque semaine, plus tôt (en récitant alors des psaumes) et vous verrez ainsi des merveilles".
L'homme témoigna qu'en effet, son fils revint peu de temps après, dans le giron familial et retourna dès lors à la tradition juive.

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-> Le 'Hafets 'Haïm (sur la Torah - Béréchit 2,3) écrit:
"Combien sont dans l'erreur les gens de faible croyance, qui tardent à accueillir le Shabbat et se dépêchent d'en sortir. Pourtant, les 6 jours profanes se nourrissent de la malédiction de Adam Harichone : "C'est à la sueur de ton front que tu mangeras ton pain", et seul le Shabbat en a été préservé, et a été béni par Hachem Lui-même, comme il est dit : "Il le bénit et le sanctifia" .
Ils font exactement l'inverse des gens intelligents qui se hâtent d'accueillir le Shabbat afin de faire entrer le plus vite possible sa bénédiction, et qui tardent à en sortir afin de retarder autant que possible la malédiction des jours profanes.
Heureux ceux qui mériteront de le comprendre et se hâteront d’accueillir le Shabbat afin de recevoir la bénédiction promise d'office à ceux qui savent de comporter ainsi."

Shabbat = une délivrance du corps et de l’âme

+ Shabbat = une délivrance du corps et de l'âme :

-> "Les Bné Israël reçurent 10 mitsvot à Mara : les 7 qu'ont acceptées les descendants de Noa'h, plus les lois monétaires, le Shabbat et l'honneur dû aux parents" (Sanhédrin 56b)

Nos Sages nous apprennent que la mitsva de Shabbat fait partie des mitsvot données aux Bné Israël à Mara, avant le Don de la Torah.
=> Pourquoi Shabbat a-t-il été enseigné au peuple juif avant même qu'il ait reçu la Torah?
Pour quelle raison Mara a-t-il été choisi comme l'endroit où les Bné Israël recevraient la mitsva de Shabbat et quel est le lien entre le Shabbat et Mara?

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-> Le Shabbath est lié à la sortie d'Egypte, et le Kidouch appelle le Shabbat "le début des convocations saintes, souvenir de la sortie d'Egypte".
Le Chem miChmouel (Bechala'h 5674) écrit : "Le Shabbat est un rappel de la sortie d'Egypte et doit certainement contenir certains éléments spirituels relatifs à la sortie d'Egypte. De même que la libération d'Egypte était à 2 niveaux, dans l'âme et dans l'intellect, le Shabbat doit aussi amener un certain degré de rédemption à l'âme et à l'intellect. Telle est la signification de zakhor et chamor : l'un se rapporte à l'intellect et l'autre à l'âme."

-> Rabbi Dovid Hofstedter (Darach David - Moadim) enseigne :
De même que les juifs ont connu une libération physique de l'esclavage par la sortie d'Egypte, le Shabbat aussi apporte un élément de rédemption physique.
Le Shabbat, nous avons la capacité de nous libérer, même physiquement, des chaines qui nous attachent au matérialisme pendant la semaine shabbat; nous pouvons nous libérer de l'asservissement à nos désirs physiques et aux traits de caractère qui manquent de raffinement. Tout cela est inclus dans l'affirmation : Shabbat est "un rappel de la sortie d'Egypte".

De plus, il semble que les 2 aspects de l'observance de Shabbat, zakhor et chamor ; correspondent à chacun des 2 aspects de la rédemption qu'apporte le Shabbat.
- Dans le verset «"zakhor èt yom haShabbat lekadécho" (Souviens-toi du jour du Shabbat pour le sanctifier), la Torah nous enseigne le commandement positif de se souvenir du Shabbat et de le sanctifier. Ce précepte est lié à la rédemption de l'âme : en ressentant la sainteté de Shabbat, l'âme s'élève, "se libère" de son yétser ara et devient une nouvelle création.
- A l'inverse, "chamor èt yom haShabbat lékadécho" (Garde le jour du Shabbat pour le sanctifier) désigne la mitsva de s'abstenir de tout travail interdit le Shabbat, ce qui représente la rédemption du corps.

Lorsque les Bné Israël quittèrent l'Egypte, la rédemption toucha à la fois leur corps et leur âme. En Egypte, ils s'étaient enlisés dans l'impureté de l'idolâtrie, mais la sortie d'Egypte les éleva au statut de peuple élu et saint de D.
Observer les 2 aspects du Shabbat peut amener la même rédemption et transformer l'homme en un être nouveau, doté d'une âme infiniment plus sainte et plus élevée.

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-> Cette approche explique aussi pourquoi la mitsva de Shabbat dut donnée au peuple juif à Mara. A leur libération d'Egypte, les Bné Israël vécurent une guéoula complète : ils échappèrent à l'esclavage physique d'Egypte et à l'asservissement au yétser ara et aux mauvaises voies apprises en Egypte.
Cependant, arrivés à Mara, les Bné Israël se plaignirent à Moché (Béchala'h 15,24) et mirent D. à l'épreuve (guémara Arakhin 15a).
Leurs actes érodèrent la rédemption spirituelle qu'ils avaient connue et leur fit perdre le niveau qu'ils avaient atteint à leur sortie d'Egypte.

Comme nous l'avons vu, le Shabbat étant un "souvenir de la sortie d'Egypte", les Bné Israël reçurent à Mara l'ordre de respecter le Shabbat parce que la mitsva de Shabbat a la capacité de ramener la libération spirituelle qu'ils avaient connue en quittant l'Egypte. Cette mitsva leur fut donnée pour qu'ils puissent retrouver le niveau spirituel perdu quand ils fautèrent à Mara.

Selon le Maharal (Gour Ariyé), seuls les commandements positifs de Shabbat durent transmis au peuple juif à Mara, alors que les actes interdits le Shabbat ne leur furent enseignés que plus tard, au don de la Torah.
On peut le comprendre ainsi : à Mara, le peuple juif n'avait pas besoin de rédemption physique; la guéoula physique qu'ils avaient connue à leur sortie d'Egypte n'avait été gâchée d'aucune façon. Dans le désert, ils n'avaient pas à faire face au besoin de gagner leur. Libérés de la nécessité de travailler, Hachem leur procurait tout ce dont ils avaient besoin.
Il n'était donc pas nécessaire qu'ils reçoivent les commandements négatifs du Shabbat. C'est leur âme qui avait besoin d'un certain degré de "rédemption". Ils reçurent donc les commandements positifs de Shabbat, qui ont la capacité d'élever l'âme et de la libérer de l'asservissement au mauvais penchant.
[Bien que la mitsva de chamor soit énoncée de façon positive, elle est classifiée comme un commandement négatif, ainsi que l'explique Ramban (Yitro 20,8) : "Car zakhor est un commandement positif, dans lequel il nous est ordonné de nous souvenir du Shabbat pour le sanctifier et de ne pas l'oublier. Chamor est un commandement négatif, car partout où la Torah emploie les mots "hichamèr pèn", ou "hichamèr al", il s'agit toujours d'un commandement négatif (guémara Erouvin 96a). ]

=> Il en résulte qu'observer les lois de Shabbat élève l'homme, le libère du mauvais penchant, affranchit son corps, son esprit et son âme et le recrée en tant qu'homme nouveau.
La sortie d'Egypte n'est pas simplement un événement historique du passé, mais un phénomène qui se reproduit chaque Shabbat, rendant le juif capable de connaitre un nouveau niveau de la rédemption de l'âme.

La sainteté des actes préparatifs au Shabbath

+++ La sainteté des actes préparatifs au Shabbath :

+ "Souviens-toi du jour du Shabbat pour le sanctifier" (Yitro 20,7)

-> Le Ramban explique ce commandement ainsi :
"Après nous avoir ordonné de croire en le Nom unique de D. ... Il nous a ordonné de faire un signe et un souvenir permanent montrant qu'Il a tout créé. Ce [signe] est la mitsva de Shabbat.
A un niveau simple, il est dit que c'est une mitsva de nous souvenir du Shabbat chaque jour afin que nous ne l'oublions pas ou ne le confondions pas avec les autres jours, car, en nous souvenant de lui constamment, nous nous souviendrons sans cesse de la création du monde et reconnaitrons en permanence que le monde a un Créateur."

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-> "Souviens-toi du jour du Shabbat pour le sanctifier" (zakhor léyom haShabbath lékadécho)

-> Rachi commente : le mot zakhor signifie : Appliquez-vous à vous souvenir toujours du jour du Shabbath, de telle manière que s’il vous advient un bel objet, vous le mettrez de côté pour Shabbath.

-> Rabbi Dovid Hofstedter (Darach David - Moadim) explique :
Selon Rachi, il semble que le mot "lékadécho" (pour sanctifier le Shabbat) évoque le but de ce précepte. Nous devons "nous souvenir" de Shabbat pendant la semaine afin de le "sanctifier" et de l'honorer. En réservant des aliments de choix pour le Shabbat, nous montrons que le Shabbat est un jour saint au statut et au sens particuliers.
[l'univers physique tout entier devait être créé avant le Shabbath ; car sans l'existence d'un monde physique, Shabbath n'aurait rien eu à élever et à sanctifier. ]
[...]
Lorsqu'un homme fait de la préparation de tous ses besoins physiques un acte de préparation au Shabbat, il démontre qu'il accomplit ses activités physiques dans le but de créer de la sainteté.
Il élève ainsi ces activités et les imprègne de sainteté.
Lorsque les pensées d'un homme sont constamment dirigées vers la sainteté du Shabbat, il introduit la force spirituelle du Shabbat dans le reste des jours de la semaine. Il peut ainsi réaliser l'essence même du Shabbat, son statut en tant que but de toute la création, même pendant la semaine.

Le Maor vaChémèch (Vayélé'h 35,1) dit que la sainteté du Shabbat repose sur la personne pendant qu'elle prépare le Shabbat.
Superficiellement, cela semble difficile à comprendre, car ces préparations ne semblent être pas plus qu'un acte constituant une condition préalable à la mitsva sans signification intrinsèque (un hekhchèr mitsva). Pourquoi la sainteté de Shabbat serait-elle présente quand un acte profane est accompli?
D'après nos propos, la réponse est très claire. Le but de Shabbat est de sanctifier le monde physique. Telle est l'essence du Shabbat, et c'est ce qui fait du Shabbat "le but de la création du ciel et de la terre".
Les préparatifs matériels du Shabbat représentent la réalisation de ce but, car ils sont empreints de sainteté du fait de leur but. Il est tout à fait logique qu'eux aussi s'imprègnent de la sainteté du Shabbat.

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-> "Za'hor ét yom haShabbath lékadécho" (Pense au jour du Shabbath pour le sanctifier - Yitro 20,7).
Selon le Baal haTourim, les 5 mots de ce verset suggère que l'observation du Shabbath est équivalente aux 5 livres de la Torah.

-> "souvenez-vous du jour de chabbat pour le sanctifier" = cela peut être compris en conjonction avec les actions de Shamaï. Si Shamaï rencontrait un animal supérieur à tout moment de la semaine, il dirait que cela devrait être mis de côté pour Shabbat. S’il rencontrait plus tard un meilleur animal, il désignait alors celui-ci plutôt pour chabbat (guémara Bétsa 16a ; voir Michna Broura 250:2).
=> Ainsi, לקדשו (lékadécho - pour le sanctifier) est une contraction de לקדש ו (lékadéch vav) = pour sanctifier Shabbat avec les 6 jours de la semaine, car ו a une guématria de 6.

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-> "Elazar, fils de 'Hanania, fils de Hizkiya, fils de 'Hanania, fils de Garon, dit : 'Souviens-toi du jour du Shabbat pour le sanctifier' [signifie que] tu dois t'en souvenir depuis le premier jour de la semaine : si tu trouves un aliment de choix, tu dois le préparer pour Shabbat.
Rabbi Its'hak dit : il ne faut pas compter [les jours de la semaine] comme les autres comptent, mais compter d'après le Shabbat."
[Mékhilta - Yitro - Massèkhta déBa'hodèch ch.7].

-> Selon la guémara (Beitsa 16a) :
"On dit que Chamaï l'Ancien a mangé toute sa vie en l'honneur du Shabbat. S'il trouvait un animal de choix, il disait : 'C'est pour Shabbat'. S'il en trouvait ensuite un meilleur, il mettait le deuxième de côté et mangeait le premier [qui avait été réservé pour Shabbat]".
Rachi (Beitsa 16a) explique : "Ainsi, il mangeait [le premier] afin de pouvoir manger le meilleur le Shabbat, et de ce fait, la consommation du premier était [considérée] en l'honneur du Shabbat".

D'après ce qu'on a vu précédemment, une autre explication est possible de cette guémara : comme Chamaï l'Ancien réservait chaque mets de choix pour Shabbat, et allait jusqu'à mettre de côté toute chose qu'il considérait meilleure que celle qu'il avait déjà réservée, il sanctifiait chaque consommation d'aliments même pendant la semaine. Sa conduite montrait que toutes ses activités étaient guidées par des considérations spirituelles dans le but d'atteindre la sainteté.

Le Shabbath = un signe interne éternel avec Hachem

+++ Le Shabbath = un signe interne éternel avec Hachem :

+ "Les Bné Israël observeront le Shabbat pour faire du Shabbat une alliance éternelle à travers leurs générations. Entre Moi et les Bné Israël, ce sera un signe éternel" (Ki Tissa 31,16-17)

-> Il y a 2 autres mitsvot dans la Torah qui sont également appelées : "ot" (signe).
L'une est la mila (la circoncision) : "Vous circoncirez la chair de votre excroissance et ce sera un signe d'alliance entre Moi et vous" (Lé'h Lé'ha 17,11) et l'autre sont les téfilin : "Tu les attacheras en signe sur ton bras et ce seront des totafot ('un ornement) entre tes yeux" (Vaét'hanan 6,8).
[ b'h, sur ces 3 signes : https://todahm.com/2014/12/21/la-force-par-3-du-shabbath ]

-> Rabbi Dovid Hofstedter (Darach David - Moadim) enseigne :
[la différence entre ces 3 signes : téfilin, mila et Shabbath]
Les téfilin et la mila sont des "signes" extérieurs, touchant au corps.
Les tefilin, attachés au corps du juif, lui permettent de soumettre son âme, abritée dans le crâne, et son cœur, le siège du désir et de la pensée.
La mila est un signe qui doit faire partie du corps. Le Séfer ha'Hinoukh (mitsva 2) enseigne que le peuple juif a le commandement de circoncire les mâles "afin de les différencier des autres nations par la forme de leur corps". Le signe de la mila consacre le corps du juif et crée en son cœur une demeure pour la Présence Divine (Chékhina).
En effet, le rav Tsadok haCohen (Pri Tsaddik - Vayéra) écrit qu'après la circoncision d'Avraham : "Son corps devint sanctifié afin que son cœur soit toujours un lieu de résidence pour la Chékhina, comme il l'est pour les Bné Israël ... car D. est le cœur des Bné Israël".

Le Shabbat est différent des 2 autres "signes".
Une part du Shabbat est la sainteté du jour lui-même, mais le "signe" de Shabbat est gravé dans l'essence intérieure du juif.
La guémara (Beitsa 16a) révèle que, le Shabbat, le "signe" entre D. et les Bné Israël est la nechama yétéra (l'âme supplémentaire) donnée à chaque juif.
Le Zohar (Tikouné Zohar - tikoun 48,p.85a) montre également que l'essence du signe du Shabbat est à l'intérieur de l'âme. Sur le verset : "pour observer le Shabbat dans toutes leurs générations, une alliance éternelle", le Zohar commente : "Heureux l'homme qui, le Shabbat, Lui fait une résidence dans les 2 compartiments de son cœur et en retire le yétser hara".
Le Zohar déduit cette explication du mot "lédorotam" (dans toutes leurs générations), au mot : "dira" (lieu de résidence) ; il peut se lire "lédiratam" (comme leur lieu de résidence).
L'emploi de ce terme montre qu'une composante fondamentale du respect du Shabbat consiste à éliminer le mauvais penchant, ce qui crée dans le cœur un lieu de résidence pour la Présence Divine.

Lorsque le Shabbat fut donné au peuple juif [dans le désert] à Mara, avant le Don de la Torah, il le reçut uniquement dans sa forme extérieure, en tant que jour d'un niveau spirituel supérieur aux autres jours de la semaine.
Le "signe" à l'intérieur d'eux-mêmes, la nechama yetéra qui se trouve en chaque juif le Shabbat, ne leur fut accordé qu'après le don de la Torah.
[...]

Le "signe" de Shabbat, à la différence des 2 autres signes, est une marque qu'il laisse sur l'âme.
Shabbat représente notre alliance avec Hachem parce que nous détournons notre attention du mauvais penchant et préparons une résidence pour la Présence Divine (Chékhina), en faisant de nous-mêmes des réceptacles appropriés pour accueillir l'âme supplémentaire (néchama yétéra).

Même après avoir reçu la néchama yétéra, nous pouvons nous élever davantage et la recevoir à des niveaux supérieurs. Rabbi Tsadok haCohen de Lublin (Pri Tsaddik - Choftim par.7) enseigne que la néchama yétéra est composée de nombreux niveaux ; chaque personne reçoit cette néchama à un certain niveau, selon le degré de spiritualité qu'elle est capable de recevoir.
Etant donné que l'essence même du signe de Shabbat est quelque chose de privé et d'intérieur, il convenait à ce signe d'être transmis en privé.

[en effet selon la guémara (Bétsa 16a) : "Rabbi Yo'hanan dit au nom de Rabbi Chimon ben Yo'haï : chaque mitsva que D. a donnée aux Bné Israël, Il l'a donnée en public, à l'exception du Shabbat qu'Il leur a donné en privé, comme il est écrit : 'Entre Moi et les Bné Israël, ce sera un signe éternel' (Ki Tissa 31,17)" ]

L’observation du Shabbath & venue du machia’h

+++ L'observation du Shabbath & venue du machia'h :

-> "Rabbi Yo'hanan dit au nom de Rabbi Chimon bar Yo'haï : si les Bné Israël respectaient convenablement 2 Shabbat, ils seraient immédiatement délivrés" [guémara Shabbat 118b]

-> "Rabbi Lévi dit : si les Bné Israël observaient un Shabbat convenablement, le fils de David (le machia'h) viendrait immédiatement." [ guémara Yérouchalmi Taanit 1,1]

=> Ces 2 passages semblent se contredire mais peut-être sont-ils conciliables ou même complémentaires?

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+ "Si les Bné Israël respectaient convenablement deux Shabbat, ils seraient immédiatement délivrés" :

=> Pourquoi Rabbi Chimon bar Yo'haï affirme-t-il que 2 Shabbat sont nécessaires et pourquoi le peuple juif ne serait-il pas délivré après avoir observé un seul Shabbat?

-> Le rav Tsadok haCohen de Lublin (Pri Tsaddik - Chémot) cite l'enseignement du Zohar (Kédochim 82a) sur le verset : "Vous observerez Mes Shabbat" (ét shabétotaï [שַׁבְּתֹתַי] tichmérou - Kédochim 19,3) = "Ceci [le mot Shabbat au pluriel] évoque le Shabbat 'd'en haut' et le Shabbat 'd'en bas'."
[Le Zohar emploie les mots araméens "ilaa" et "tataa", qui représentent un concept kabbalistique faisant référence au "monde supérieur" et au "monde inférieur"]
Le rav Tsadok de Lublin explique : Rabbi Chimon bar Yo'haï demande que le peuple juif observe 2 Shabbat afin que le premier Shabbat qu'ils observent, le "Shabbat d'en bas", perfectionne les 6 jours de la semaine qui le suivent, ce qui les rendra capables de ressentir la sainteté du "Shabbat d'en haut" au deuxième Shabbat qu'ils observeront et de connaitre la Rédemption (guéoula).

Le rav Tsadok de Lublin (Israël Kédochim - par.7) explique ailleurs que, le Shabbat, Hachem met de la sainteté dans le cœur de chaque personne sans qu'elle-même ne fasse le moindre effort pour la recevoir.
Cet apport de sainteté prépare l'homme aux jours de la semaine suivants pendant lesquels il faut s'efforcer, grâce à la sainteté reçue le Shabbat précédent, d'absorber la sainteté du Shabbat suivant.

-> Le rav Eliyahou Dessler (Mikhtav méEliyahou - vol.4) explique de façon similaire les 2 niveaux mentionnés par le Zohar, le "Shabbat d'en haut" et le "Shabbat d'en bas".
Il explique que le "Shabbat d'en bas" est une forme "extérieure" de Shabbat. Bien que l'homme ne se soit pas encore été débarrassé de l'influence du physique, le Shabbat est donné en tant que cadeau divin.
Le "Shabbat d'en haut", par contre, est un "Shabbat intérieur", lorsqu'un homme a déjà absorbé la sainteté de Shabbat avant Shabbat, lui permettant d'utiliser sa propre sainteté intérieure pour en imprégner le jour saint.

De plus, le rav Eliyahou Dessler explique que de la même façon, la Rédemption (guéoula) sera composée d'une rédemption "d'en haut" et "d'en bas". Lorsque nos Sages enseignent que le peuple juif sera délivré s'il respecte 2 Shabbat, cela veut dire qu'il doit atteindre la forme la plus haute d'observance du Shabbat en mêlant les 2 aspects du Shabbat.
Le rav Dessler utilise ce principe pour expliquer les 2 termes métaphoriques qu'emploient nos Sages pour décrire le Shabbat (guémara Shabbat 119a) : "malka" (reine) et "kalla" (mariée). Au début, le Shabbat ressemble à une reine, qui offre d'en haut ses richesses à ses sujets, puis il devient semblable à une mariée, qui reçoit l'influence de son mari.
Ainsi, la déclaration (Shabbat 119a) : "Allons, sortons vers la reine Shabbat" nous enjoint à nous préparer à "sortir" de l'emprise du matérialisme pour recevoir l'influx de sainteté qu'apporte le Shabbat.

-> Le Maharal ('Hidouché Aggadot - guémara Shabbat 118b) adopte une approche différente.
Il explique que la différence entre Shabbat et les autres jours de la semaine correspond à la différence entre le peuple juif et les nations du monde (comme nous le disons dans la Havdala : "Qui distingue ... entre Israël et les nations, entre le 7e jour et les 6 jours de travail"). De même que Shabbat est différent et plus élevé que les autres jours de la semaine, la Rédemption du peuple juif les séparera radicalement des nations du monde qui les dominent aujourd'hui et élèvera Israël au-dessus d'elles.
Le peuple juif doit observer 2 Shabbat, le premier pour se séparer des nations et le deuxième pour s'élever au-dessus d'elles.

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-> Ainsi, selon le rav Tsadok haCohen de Lublin, il n'y a donc aucune contradiction entre le Talmud Bavli et le Yerouchalmi. Au contraire, l'enseignement de chacun complète et explique l'autre.
Lorsque les Bné Israël respecteront convenablement deux Shabbat, le 2e sera automatiquement observé dans sa forme la plus parfaite. Le peuple méritera donc la rédemption par l'arrivée du machia'h.

La formulation du Bavli et celle du Yérouchalmi prouvent d'ailleurs cette conclusion. Le Bavli décrit une situation dans laquelle les Bné Israël observent 2 Shabbat kéil'hatan ("selon leurs lois").
D'autre part, le Yérouchalmi dit que la guéoula viendra lorsque le peuple juif observera un Shabbat kétikouna ("dans sa forme appropriée").
[de même, le midrach (Chémot rabba 25,12) rapporte : "Si les Bné Israël observent un Shabbat karaouï (comme il le faut) ne serait-ce qu'une fois, le fils de David arrivera". ]
Cette différence subtile montre que, si les Bné Israël respectent un Shabbat "kéil'hatan", en respectant les lois du Shabbat dans leur intégralité et tous leurs détails, ils pourront respecter le Shabbat suivant "kétikouna", dans la perfection sous tous les aspects du "Shabbat d'en haut". Ils seront alors immédiatement délivrés de l'exil.

[Ces 2 aspects du Shabbat peuvent aussi être compris comme correspondant aux préceptes de zakbor et chamor :
- Chamor peut indiquer l'observance scrupuleuse des lois du premier Shabbat en prenant soin de ne pas le profaner en transgressant ses lois.
- Zakbor peut évoquer la sanctification du deuxième Shabbat par la sainteté absorbée pendant le premier Shabbat, avec laquelle les juifs se préparent pendant toute la semaine au deuxième Shabbat. ]

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+ Le Shabbath équivaut à toutes les mitsvot :

-> Nos Sages (midrach Chémot rabba 25,12) enseignent : la raison pour laquelle l'observance convenable du Shabbat peut conduire à la Rédemption (guéoula) est que le Shabbat égale toutes les autres mitsvot.

-> Le Ramban (Yitro 20,7) en explique la raison : "[par le respect du Shabbath] nous témoignons par cela de tous les principes de foi : le renouvellement [du monde par D.], la providence, et la prophétie".
[selon Ramban, l'inverse est vrai aussi : l'homme qui observe le Shadbat est considéré comme ayant observé toute la Torah, car il témoigne de son adhésion à tous les principes de la foi. ]
-> Rachi (guémara 'Houlin 5a) explique qu'un profanateur avoué du Shabbat (moumar) est considéré comme un profanateur avoué de toute la Torah, car "il nie les œuvres [de D.] et fait un faux témoignage déclarant que D. ne s'est pas reposé pendant la création du monde".

=> De ce fait, pourquoi nos Sages limitent-ils la promesse de rédemption au respect du Shabbat par le peuple juif ? Pourquoi ne disent-ils pas aussi que si les Bné Israël renoncent à l'avoda zara (idolâtrie), ne serait-ce qu'un jour, ils seront immédiatement délivrés?

Rabbi Dovid Hofstedter (Darach David - Moadim) enseigne :
la guéoula arrivera lorsque les Bné Israël observeront 2 Shabbat non seulement en respectant toutes les lois du Shabbat, mais aussi et surtout, en observant le Shabbat kétikouna : dans le respect parfait de chaque aspect de la sainteté de Shabbat.
La guéoula arrivera lorsque le peuple juif atteindra le niveau du "Shabbat d'en haut" en utilisant la sainteté qu'ils auront reçue le premier Shabbat pour se préparer toute la semaine suivante à absorber la sainteté du deuxième Shabbat.

Nos Sages nous enseignent donc que c'est justement l'observance du Shabbat, et non l'abandon de l'avoda zara (idolâtrie) ou l'évitement d'un 'hiloul Hachem, qui est la clé de la guéoula.
Les 2 mitsvot précédentes empêchent la chute spirituelle, mais ni elles ne sanctifient ni elles n'élèvent le peuple juif.
[ceci explique pourquoi nos Sages enseignent seulement qu'un homme qui transgresse l'une de ces mitsvot est considéré comme ayant profané toute la Torah, mais ne disent pas l'inverse, qu'un homme qui se garde de ces fautes est considéré comme s'étant gardé de toutes les fautes dans la Torah. ]
Le respect du Shabbat représente l'accomplissement positif d'un commandement de la Torah comparé à l'accomplissement de toutes les mitsvot, et c'est à ce titre qu'il peut amener la Rédemption.

Nous comprenons mieux à présent l'importance que nos Sages accordent à la mitsva de Shabbat dans leur enseignement (midrach Chémot rabba 25,12) : "Si les Bné Israël respectent le Shabbat convenablement, même une seule fois, le fils de David arrivera. Pourquoi? Parce que [le Shabbat] équivaut à toutes les mitsvot".

[Nous pouvons répondre à une autre question. Nos Sages (midrach Chémot rabba 1,28) enseignent que les Bné Israël n'accomplissaient aucun travail interdit le Shabbat en Egypte. Ainsi, pourquoi n'ont-ils pas été délivrés d'Egypte par le mérite du respect de ces Shabbat?
La réponse doit être qu'en Egypte, ils s'abstenaient de profaner le Shabbat, mais ne l'ont pas sanctifié activement ; ce n'était donc pas considéré comme équivalent à l'accomplissement de toutes les mitsvot.
Ceci est impliqué par le fait que nos Sages citent le verset : "Voyez que D. vous a donné le Shabbat". Jusqu'alors, le Shabbat était caractérisé uniquement comme un "Shabbath d'en bas", dont la sainteté était le seul produit de l'influence céleste, et les juifs le respectaient de façon passive, car il était limité à l'abstention de travaux interdits. ]

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-> b'h, également : Observer Shabbath, c'est amener la guéoula : https://todahm.com/2017/04/26/observer-shabbath-cest-amener-la-gueoula

Celui qui respecte et honore le Shabbath comme il convient, aura la crainte de D. durant les 6 jours de la semaine.
[Zohar - tikoun 9 daf 24b]

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-> Ainsi, le Shabbath est une ségoula pour la crainte du Ciel, comme nous l'enseignent nos Sages : "La crainte du Shabbath se troue même chez un ignorant" (guémara Yérouchalmi Dmaï פ"ד ה"א ח).