Pâtisserie spirituelle depuis 5771 - b'h
 

" Le Shabbath est la paix pour les créatures des mondes supérieurs comme du monde inférieur, et tout celui qui est contre le Shabbath se coupe du monde."
[Zohar - Kora'h 176b]

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-> Toutes les bénédictions d'en haut et d'en bas dépendent du 7e jour [Shabbath].
[Zohar - Yitro 88a]

-> "[Shabbath] est la source de toutes les bénédictions" (ki y mékor abéra'ha - chant du Lé'ha Dodi)

-> Selon le midrach (Béréchit rabba 10,9), le monde était incomplet et instable durant toute la Création jusqu'à ce que le Shabbath arrive.
De même, l’enfant n’a pas les forces pour la brit mila jusqu’à ce qu’il vive un Shabbath complet, et les 8 jours permettent de garantir cela.
Le Ohr ha’Haïm haKadoch (Vayikra 12,3) dit à ce sujet : "Shabbath amène une âme de vie au monde, donnant à l’enfant la capacité de survivre".
[de même, le Shabbath est tellement la source des bénédictions, que selon le Ohr ha'Haïm haKadoch, c'est grâce à lui que le monde a les énergies et bénédictions nécessaires pour exister encore 6 jours jusqu'au Shabbath suivant. Et cela fonctionne ainsi depuis le 1er Shabbath de la Création! ]

-> "6 jours durant, le travail sera effectué" (Vayakél 35,2)
Le verset nous enseigne que le fait de traiter le Shabbath comme il le faut, aura pour conséquence de nous rendre les 6 autres jours de la semaine plus faciles.
[Rabbénou Bé'hayé]

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-> Le Shabbath est la source de toute la kédoucha (sainteté) et de toute la spiritualité.
Seul le Shabbath peut assurer le développement spirituel."
[Rabbi de Slonim - Nétivot Shalom]

Shabbath & Shofar = la puissance du Shabbath

+ Shabbath & Shofar = la puissance du Shabbath :

-> "Si Roch Hachana tombe un Shabbat, on ne dit pas 'jour du son du chofar' mais 'un souvenir du son du chofar' car [la mitsva de] sonner du chofar ne repousse pas le Shabbat ailleurs que dans le emple, en raison d'un décret" [Massékhèt Sofrim 19,6]

-> "On ne sonne pas [du chofar] le Shabbath puisque la sonnerie du chofar n'a pas priorité sur le Shabbath. Il n'y a donc qu'un souvenir du son du chofar". [Baal haTourim - Emor 23,24]

-> "Le Shabbat, nous ne sonnons pas [du chofar] ... car Shabbat est [appelé] un signe et il protège le peuple juif".
[le Rokéa'h - Hilkhot Roch Hachana - n°201]

-> Le rabbi Dovid Hofstedter (Darach David - Moadim) enseigne :
Quand Roch Hachana tombe un autre jour de la semaine, le peuple juif ne peut pas obtenir un jugement favorable par ses prières uniquement. Comme il lui manque les mérites spirituels nécessaires, il doit employer la tséaka, le cri puissant exprimé par la lamentation du chofar, pour susciter la miséricorde divine.
Le Shabbat sanctifie, purifie et élève le peuple juif. Ainsi, les mots qu'il prononce le Shabbat ont davantage de sainteté. Leurs prières deviennent plus pures et plus élevées, ce qui les rend plus dignes d'être entendues par D.

=> Le Shabbat, nos prières elles-mêmes prennent toutes les qualités du son du chofar. Grâce à la sainteté du Shabbat, les mots de nos prières sont empreints d'une plus grande sainteté. Ces prières appelées "un souvenir du son du chofar" remplacent le son du chofar.
Lorsque, de plus, Roch Hachana tombe un jour ordinaire de la semaine, le chofar devient le véhicule du "souvenir" et l'expression "zikhron téroua" (un souvenir du son du chofar) est omise du texte de la prière.
Le Shabbat, ce sont les prières qui créent le "souvenir" et c'est pourquoi cette expression est ajoutée.

[cela nous aide à donner de la valeur à notre Shabbath, dont sa fréquence hebdomadaire ne doit pas diminuer sa valeur à nos yeux. ]

A la sortie de Shabbath …

+ Le Zohar (Bérechit 14b) explique qu'à la sortie de Shabbath, toutes les forces du mal, qui avaient été chassées pendant Shabbath, reviennent dans le monde et essaient de s’attaquer au peuple d'Israël.

Il y a trois niveaux pour se protéger d’eux, d’abord la havdala de l’Amida, qui se fait à voix basse, puis le chant de "yochev besséter" qui se dit à voix haute, puis la havdala sur le verre de vin qui atteint le niveau du matériel.
Ces 3 actions portent atteinte à leur force intérieure, moyenne puis extérieure en parallèle aux 3 mitsvot de la sortie de Shabbath.
[Ben Ich 'Haï - Vayétsé (2e année)]

"Et toi, parle aux enfants d’Israël en ces termes : Toutefois, observez mes Shabbatot car c’est un symbole de moi à vous dans toutes vos générations, pour qu’on sache que c’est Moi, Hachem qui vous sanctifie" (Ki Tissa 31,13)

-> Le Ben Ich 'Haï explique :
Dans ce verset quand Hachem nous dit : "observez mes Shabbatot" (ét Shabbétotaï timorou - אֶת שַׁבְּתֹתַי תִּשְׁמֹרוּ), en hébreu il y a un mot qui n’était pas nécessaire. En effet, il aurait été suffisant d'écrire : "Shabbétotaï timorou", le mot אֶת (ét) étant superflu, il vient ajouter quelque chose, mais qui doit être du même niveau que le Shabbath.
=> Quel est cet autre Shabbat dont Hashem veut parler?

La réponse est dans la suite du verset : "car c’est un symbole de moi à vous", le verset parle ici d’une sorte de Shabbath qui est autant à Hachem qu’à nous. Or le Shabbat est inaccessible à l’homme, dans le sens que d’aucune manière l’homme ne peut avoir une influence sur l’essence même de ce jour, il ne peut que profiter de sa lumière s’il le respecte.
A l’opposé, le Yom Tov est lui dépendant de l’homme, c’est le Beth Din qui décide quant doit tomber la fête, en fixant le premier jour de chaque mois du calendrier.
En fait, il existe une facette du Shabbat où l’homme a effectivement une influence, c’est sur la Tosséfet (le rajout), le temps que l’on rajoute au Shabbat à son entrée ou à sa sortie, en le faisant rentrer plus tôt et sortir plus tard. Ces instant rajoutés, prennent toute la sainteté du Shabbat, on peut y faire kiddouch, continuer à manger séouda chlichi, comme si on était exactement dans le temps imposé.
=> Sauf que là, c’est l’homme qui a décrété que ce serait Shabbath et par là, il est devenu l’associé d’Hachem dans ce Shabbath Divin, où normalement l’homme n’aurait pas du avoir d’influence.

"Pendant 6 jours on travaillera, mais au 7e jour sera pour vous une solennité sainte" (Vayakel 35,2)

-> Le Ben Ich 'Haï commente :
Si le verset prend la peine de nous dire qu’on travaille les 6 jours de semaine c’est forcement pour nous ordonner de le faire, sinon, il n’était pas besoin de nous l’enseigner. Seulement en hébreu, ce "on travaillera" se dit té’assé méla'ha (תֵּעָשֶׂה מְלָאכָה), ce qui ne veut pas dire : "tu feras un travail" mais "le travail sera fait".
Et nous découvrons un secret de la kédoucha et de la bénédiction de Shabbath, c’est que grâce au respect du Shabbath, l’homme peut mériter de se reposer même pendant les 6 jours de semaine, et à l’instar des riches qui ne connaissent pas de dur labeur et qui voient leur travail effectué par leurs serviteurs.
Ainsi Hachem veut nous récompenser, mesure pour mesure, de la même manière que nous nous efforçons d’accomplir comme il se doit la mitsva de repos du Shabbath, nous méritons que notre labeur soit fait tout seul.
Mais la condition pour ceci, vient dans la suite du verset : "le 7e jour pour vous sera kodech" c’est-à-dire saint. Il ne faut pas que le Shabbat soit un moment de manger-boire-dormir, mais un moment consacré entièrement à Hachem. Et là on peut s’attendre à cette grande récompense.

Un jour de miséricorde

+ "Hachem est assis sur un Trône de Bonté (kissé ra'hamim)" à certains moments de la semaine.
Pourtant Hachem a créé le monde avec midat haDin (béréchit bara Elokim).
=> Quand a-t-Il rajouté la midat Rah'amim et s'est assis sur ce second Trône-là?

Le Arizal (chaar hakavanot) répond : pendant 31 heures dans la semaine ("kEI Mélekh yochev" -> "kel" (אל) + guematria 31) : il s'agit des 7 dernières heures de la journée de vendredi (une heure avant 'hatsote) et jusqu'à la fin du Shabbat (cela fait en tout 7+24= 31 heures).

=> Voici donc que le vendredi après-midi et le Shabbat sont des jours dont le potentiel est immense.
Le Zohar dit : chaque prière de Shabbat est reçue sans aucune accusation et fait les mêmes effets que la prières des Assérete yémé Techouva (les 10 jours entre Roch Hachana et Kippour où Hachem est très proche de nous).
Le Ben Ich H'ai dit : à Shabbath, chaque mitsva ou étude vaut 1 000 fois plus que celles réalisées pendant la semaine.
Pourquoi cela? D'après le ArizaI, c'est parce que Hachem les reçoit sur Son Trône de Ra'hamim (Miséricorde).

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-> Le rav Shimshon Pinkous enseigne :
Le Shabbat constitue une 3e sorte de sainteté (kédoucha). Elle ne fait pas descendre Hachem en bas, elle ne fait pas monter l'homme en haut ; elle laisse chacun à sa place mais elle fait le pont entre les deux.
Le Zohar dit que le Shabbat est le jour du Yih'oud (de l'union), le jour du lien total. Il se produit alors une unification parfaite entre les mondes d'en haut et les mondes d'en bas, entre Hachem [et entre le peuple juif]

-> Le Néfech Yéhoudi (Vayakel 5780) ajoute :
C'est là toute la difficulté du Shabbat, le corps est bien présent, les délices également, la matière est au rendez-vous mais tout est mitsva, tout est attaché à la sainteté (kédoucha), tout est imbibé du monde futur.
Il y a une grande union qui se fait entre le corps et l'âme, la matière et le spirituel, ce monde ci et tous les mondes d'en haut.

Le Pelé Yoets dit que de même qu'une mitsva vaut beaucoup plus le jour du Shabbat, de même une faute (avéra) a beaucoup plus d'effet. D'après lui, la avéra d'un juif qui n'a aucun lien avec la spiritualité, n'a pas d'effet dans les mondes d'en haut les jours de la semaine, mais le Shabbat elle a de l'effet car il n'y a plus de séparation, d'éloignement. C'est un jour d'union parfaite, un jour de Shalom où l'on dit d'ailleurs : Shabbat shalom!

=> C'est là toute la difficulté du Chabbat : savoir que la sainteté est présente, qu'Hachem est lié à nous profondément, sans que nous puissions le palper, sans que nous puissions nous séparer de la matière (à la différence de la Torah ou de la Téfila).

"Le secret du Shabbat c'est le Shabbat, il s'unifie dans le secret de l'unicité et en lui repose l'unicité profonde.
Lorsque le Shabbat rentre, il s'unifie et se séparent de lui toutes les forces du Mal, le côté obscur, et toutes les rigueurs le fuient.
Il reste seul dans la lumière de la sainteté".
[Zohar hakadoch - Terouma 135a]

=> Ainsi, le Shabbat nous pouvons approcher un monde où le Bien règne presqu'en totalité, comme avant la faute d'Adam.
Toute nos actions sont mitsvot : boire, manger, dormir, à l'image d'Adam à cette époque dont toutes les actions étaient kodech kodachim.
[selon le Ram'hal]

-> De son côté, le rav Friedlander met en avant le lien qui existe entre le Shabbat et le Michkan .
Le Michkan grâce à ses 39 Méla'hot (travaux interdits) permettait d'utiliser la matière de ce monde-ci seulement au service de la sainteté et pour le Bien, comme nous le permet le Shabbat (avec ses 39 Méla'hot) et comme le faisait Adam avant la faute.

-> Le Shabbath est une réalité totalement différente à l'image du Gan Eden ou du monde à venir. En effet, selon la guémara (Béra'hot 57b), le Shabbath contient 1/60e du monde futur.
De même nous chantons que c'est un goût du monde à Venir (méen olam aba).

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-> De son côté, le Néfech Yéhoudi (Vayakel 5779) nous enseigne :
Adam a été créé vendredi, le 6e jour de la Création, il n'a pas fait suffisamment attention et il s'est laissé salir par le serpent et par le Mal qui ont complètement ruiné sa situation au Gan Eden.
Hachem lui a dit : il y a un jour, le Shabbat, qui n'était pas encore arrivé, qui n'avait pas encore été créé et donc que tu n'as pas pu endommager. Fais-y bien attention afin de conserver sa splendeur d'origine".

En d'autres termes, le Shabbat c'est tout ce qu'il nous reste du Gan Eden et du monde futur avant la faute. C'est pourquoi c'est un jour de "oneg" et de repos, différent des autres jours de ce monde-ci, à l'image du monde futur et du Gan Eden.
C'est un jour où il n'y a pas les 39 travaux qui sont apparus en tant que malédiction après la faute d'Adam.
C'est un jour où nous revenons à l'image de la situation de Adam avant la faute dit le Arizal (Chaar haMitsvot).

L'absence des 39 travaux fait également allusion à l'absence des 39 malkouyote (coups) qui ne sont pas donnés par le Beth Din le jour du Shabbat et fait aussi allusion à l'absence des 39 malédictions qu'ont reçues Adam, H'ava, le serpent et la terre lors de la première faute (Tikouné hazohar 48a).

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-> Le Ramban (Yitro - sur les 10 commandements) écrit :
"Le terme Zakhor (le fait de se souvenir du jour du Shabbath) fait référence à l'amour pour le Shabbat (alors que Chamor [garder] fait référence à la crainte)...
Nous devons nous souvenir tous les jours du Shabbat afin que nous ne l'oubliions pas et que nous ne le remplacions pas par d'autres jours."

-> Le Néfech Yéhoudi (Vayakel 5779) commente :
cette fidélité que nous devons au Shabbat vient justement du fait qu'il est à l'image du monde futur, un échantillon de Bien parfait, alors que les 6 jours de la semaine sont empreints de ce monde-ci et possèdent le Bien et le Mal mélangés.
La vocation du peuple juif est de s'attacher au monde futur comme un marié ('hatan) est attaché à sa mariée (kala), d'y penser en permanence et de se préparer à lui en utilisant les 6 jours de ce monde-ci comme un simple moyen de s'y préparer et ne jamais y trouver une fin ou un but en eux.
Honorer le Chabbat et nous délecter de ce jour-là correspond donc à montrer la suprématie du monde futur par rapport à ce monde-ci, la supériorité du Bien par rapport au bien et au mal mélangés.

Si l'on demande à un homme qui il est, comment il s'identifie et qu'en réponse il nous décrit ses activités de la semaine ou son métier pour se définir, c'est le signe qu'il est attaché essentiellement aux six jours de ce monde-ci puisqu'il s'identifie à eux.
Chacun doit aspirer à répondre un jour : je suis chomer Shabbat,
j'attends ce jour pendant toute la semaine.
C'est là ma vocation essentielle ; accessoirement, pendant les six jours, voilà ce que je fais pour gagner de quoi préparer mon Shabbat (et donc mon monde à Venir éternel) ...

Un homme qui sait qu'il doit arriver en Amérique doit s'identifier à sa destination et pas à son escale. Il en va de même dans ce monde-ci quand bien même nous utilisons la matière pour le Shabbat, mais puisqu'elle est réservée pour ce jour, c'est au Shabbat que nous nous attachons; nous pouvons ainsi devenir : ben olam abba déjà ici-bas, à la différence de ceux qui s'attachent aux 6 jours de la semaine qui ne sont qu'un moyen, qu'une escale.

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-> Le Zohar (259b) écrit :
"Pourquoi le Shabbat nous n'amenons pas de h'atat (sacrifice d'expiation)?
[Le Zohar répond : ] car le Shabbat est un jour où se révèle l'agrément suprême (ratson ha'Eliyone) que l'on appelle également Kéter. Ce sont des midot pleines de compassion et d'une bonté des plus infinies ; Hachem révèle Son grand désir pour Son peuple, pour son monde en ce jour.
Il n'y a que lumière et joie (ora vésim'ha) dans cet endroit, aucun jugement, aucune rigueur, le Serpent n'a pas sa place là-bas".

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-> Zohar haKadoch (Parachat Yitro 88a) demande :
"Rabbi Itsh'ak a dit voici qu'il est écrit qu'Hachem a béni le jour du Chabbat, "vayévaré'h Elokim ét yom hachevi'i" (chose qui n'est pas mentionnée pour les autres jours de la semaine) ; si c'est vraiment la source de la bénédiction, comment se fait-il qu'il n'y ait pas de manne qui tombe pendant le Shabbat?"
[cette question du Zohar est posée par beaucoup de juifs sans qu'ils le sachent : comment pourra-t-on avoir la bénédiction et la parnassa grâce au Shabbat, si nous ne travaillons pas?]

Le Zohar répond :
"Sache que toutes les bénédictions, en haut et en bas, dépendent du Shabbat.
Pourquoi n'y-at-il pas de manne qui tombe en ce jour? Justement, puisque c'est le jour qui amène la bénédiction aux 6 autres jours, alors chacun des 6 jours va donner un peu de sa part au Chabbat en reconnaissance de toute la bénédiction qu'ils ont reçu du 7e jour".

-> Rabbi Moché de Cordovero explique ce Zohar :
Il faut nous rappeler que tout ce qu'Hachem a crée et envoie dans ce monde-ci Il le fait : Yech méAyin, certains traduiraient par ex-nihilo.
Pour être plus précis, le terme "Yech" fait référence à la matière et le terme "Ayin" fait référence au monde infini de la spiritualité ou antimatière.
Hachem a créé la matière à partir de l'antimatière. Tout ce qui existe dans les mondes inférieurs provient intégralement des mondes supérieurs et de la Atsiloute (niveau spirituel le plus élevé et proche d'Hachem), mondes qui sont entièrement spirituels, lumineux, pleins de bonté et de miséricorde et dans lesquels les anges n'ont même pas accès.
C'est justement parce que le jour du Chabbat est source de bénédictions (mékor habérakha), qu'il ne reçoit pas de manne et qu'il ne contient pas de mélakha (travail) car comme toute source de bénédiction qui existe c'est un jour de "Ayin" de spiritualité (ou antimatière), de Atsiloute (Divinité), de lumière, à l'image des mondes supérieurs qui ne contiennent aucune matière, aucune écorce et d'où, pourtant, proviennent toutes les bénédictions qui existent.

-> Rabbi Moché Cordovéro (Séfer Ohr Yakar) écrit :
Ce qu'Hachem accepte de faire résider de Lui parmi nous, n'est complet ici-bas que le jour du Shabbat ...
chaque bénédiction que l'on reçoit la semaine provient forcément de ce que la Présence Divine (Chékhina) a apporté à ce monde le Shabbat précédent.

-> Le Malbim (Berechit) donne une parabole pour expliquer ce phénomène :
"C'est l'histoire d'un roi qui avait plusieurs ministres et princes qui distribuaient dans toutes les villes et à tous les habitants ce dont ils avaient besoin pour le bon fonctionnement du pays.
Le roi devait approvisionner ses ministres et ses princes mandataires une fois par semaine. Il avait fixé le 7e jour.
Grâce à ce jour où se rencontraient dans la joie et l'allégresse le roi et ses ministres, le pays était nourri pendant toute la semaine à suivre.
Il en résulte que, le 7e jour, il n'y avait pas de distribution dans chaque ville, car c'est le jour où les princes étaient chargés de recueillir tous les vivres pour chacune des villes ; mais cela ne représentait pas une perte aux yeux du peuple, au contraire, car c'était le jour le plus important à leurs yeux et de lui tout dépendait pour la semaine suivante.
La rencontre entre le Roi et les princes s'appelle dans le Zohar : la descente de la Chékhina bienfaitrice qui s'appelle elle-même Malkhout (la Royauté). C'est Elle qui approvisionne tout le monde le jour du Shabbat lorsqu'elle descend dans les mondes inférieurs".

[ainsi combien nous devons chérir ce jour, plutôt que de le voir comme une contrainte (où l'on tue le temps jusqu'à sa sortie)]

[le Shabbat ressemble ainsi au Michkan qui a également pour but de faire descendre à l'intérieur de lui la Chékhina. C'est pour cette raison qu'ils sont juxtaposés (paracha Vayékel) et qu'en aucun cas la construction du Michkan ne repousserait le respect du Shabbat puisque les effets de l'un ne sont pas plus grands ou différents que les effets de l'autre.
(d'une certaine façon de même qu'on entre dans l'espace dans le michkan, de même nous entrons dans le temps dans le Shabbath, avec une sainteté et une proximité énorme avec Hachem
Comparer Shabbath et un jour de la semaine, c'est comme comparer le bar du coin avec le Temple/Michkan! ).]

Alors que normalement on ne reçoit pas de récompense pour les mitsvot dans ce monde (olam azé), en vivant sur la terre d'Israël, qui est un microcosme du monde à venir, on peut déjà être récompensé.
[...]
De la même façon, le Shabbath qui est un semblant du monde à Venir (méen olam aba), l'observation des mitsvot peut être récompensée [également déjà en ce monde].
[Sfat Emet - Ekev 5648]

La terre d'Israël et le Temple sont les sources de toutes les beautés, comme il est dit : "miTsion mik'lal yofi" (depuis Tsion (Jérusalem), ce centre de beauté - Téhilim 50,2)
De la même façon, le Shabbath est la source de toutes les beautés de la semaine.
[Sfat Emet - Kora'h 5647]

L'essentiel de la mitsva de l'honneur à accorder au saint Shabbath, sans montrer à D. ne plaise, nulle tristesse ou tracas durant ce jour, et en accroissant les délices du Shabbath par toutes sortes d'agréments, qu'il s'agisse de nourriture, de boisson ou de vêtements selon ses possibilités.
Car la consommation d'aliments à Shabbath est tout sainteté, tout entière spiritualité, tout entière "Divinité", et ascensionne vers un lieu qui diffère complètement de la nourriture prise durant la semaine.
Heureux celui qui s'efforce de se réjouir le Shabbath, car l'essentiel de l'honneur que l'on témoigne envers le Shabbath, c'est la joie!
[rabbi Na'hman de Breslev - Likouté Moharan - 2e tome - Torah 17]