-> « Heureux es-tu Israël » : après avoir énuméré toutes les bénédictions, Moché leur dit : « Que puis-je encore ajouter? En conclusion, tout vous appartient »
[Rachi – Vézot haBéra’ha 33,29]

-> Qu’est-ce qu’est-ce qu’un « plaisir authentique »?
« Se délecter de Hachem et jouir de la splendeur de la Présence Divine »
(Ramh’al – Messailat Yécharim)

=> D’après rabbi Yéhouda Leib ‘Hasman (Ohr Yahel), il en résulte que toute jouissance peut s’évaluer selon une très longue échelle de délectation, dont le pied repose sur terre et dont la tête atteint les Cieux.

[A Shavouot, nous fêtons le fait de recevoir la Torah Divine, et à Sim’hat Torah nous célébrons tous les infinis, incomparables plaisirs qu’elle peut nous procurer!]

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-> « Un grand bonheur attend ceux qui chérissent Ta Torah »
[Téhilim 119,165 – shalom rav léoavé Toraté’ha]

« Après nos intenses prières des Yamim Noraïm (Roch Hachana, Kippour), et après que le décret ait été scellé, nous nous réjouissons pendant les Yom Tov de Souccot jusqu’à Sim’hat Torah.
En effet, même si le décret [Divin] ne nous est pas favorable, il est toujours possible de l’inverser et de le changer en de bonnes choses, en des bénédictions, et ce par le pouvoir de la joie. »

[le rabbi de Skulen – rabbi Eliézer Zouché Portugal]

La Présence Divine dans la Soucca

+ La Présence Divine dans la Soucca :

-> Il est écrit : « Son bras gauche soutient ma tête et sa droite me tient enlacée » (Chir haChirim 8,3).

Selon la michna Béroura (4,22), la droite représente la bonté/miséricorde, tandis que la gauche représente la rigueur/justice.

Ainsi selon le Zohar, les Yamim Noraïm (dont Kippour) sont symbolisés par la main gauche qui nous soutient la tête, tandis qu’à Souccot, Hachem nous enlace avec Sa main droite.

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-> La taille minimale d’une Soucca est de : « 2 cloisons entières et la 3e d’une mesure d’un téfa’h (8 cm) » (guémara Soucca 4b)

Le Arizal explique que les 2 cloisons entières représentent les 2 « bras » d’Hachem qui nous enlacent, et la 3e cloison (même d’une longueur de 1 téfa’h) représente la main sous notre tête, à la manière dont l’on berce un bébé.
[ainsi, dans la Soucca, on est d’une certaine façon bercé dans les bras de papa Hachem!

D’autres rapportent le Arizal différemment : les 2 cloisons représentent la partie supérieure et inférieure du bras (le bras et l’avant-bras), et la 3e cloison (même d’un téfa’h) représente la main.
Ainsi dans la Soucca, papa Hachem nous enlace d’une main entière.

-> On peut citer les paroles du Arizal (Chaar Hakavanot – Drouché ‘Hag HaSouccot, 4) :
« La forme de la Soucca fait allusion à une étreinte d’amour que D. nous fait …
Ainsi, en accomplissant la mitsva de la Soucca, chaque cœur juif pourra ressentir avec émerveillement cette proximité très particulière avec D.
Ensuite après cet enlacement entre Hachem et nous, viendra le baiser pour clôturer le tout ce qui se symbolisera par Sim’hat Torah. »

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-> « Lorsqu’une personne s’assoit à  » émouna (« tsila dimEménouta » = la Soucca), la Présence Divine déploie Ses ailes sur elle par le haut, et Avraham, 5 autres invités, ainsi que le roi David, viennent y établir leur résidence. »

[Zohar – Emor 103b]

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-> Le rav Karelenstein écrit que le fait que la Présence Divine soit présente dans la Soucca se retrouve dans la loi juive.

La guémara (Soucca 5a) rapporte que la Présence Divine ne vient pas en dessous de 10 téfa’him.
Le rav Karelenstein cite un A’haronim expliquant que c’est pour cette raison qu’une Soucca doit faire au moins 10 téfa’him de hauteur.

-> Le Eliyahou rabba (486,4) nous enseigne qu’il faut être très vigilant à ne pas se mettre en colère dans une Soucca, car il faut s’y comporter comme si l’on était dans le palais du Roi (la Présence Divine venant y résider pendant la fête!).

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-> La valeur numérique du mot Soucca (סוכה) est égale à 91, comme la somme du nom de D. tel qu’on l’écrit (יהוה) et tel qu’on le prononce (אדני).

Nos Sages font remarquer que cela va au-delà d’un simple total, puisque :
– le Nom Divin Adnout (אדני) a une valeur de 65, comme les 2 lettres de l’extérieur du mot : סה ;
– le Nom Divin Havaya (יהוה) a une valeur de 26, comme les 2 lettres de l’intérieur : וכ

=> Cela met en avant la présence totale de Hachem dans la Soucca.

-> En se basant sur cela, le Chem Michmouël (Souccot 5674) écrit :
« Il se trouve que la Souca nous entoure des Noms Saints (de D.), et c’est pour cela que les forces du mal n’ont pas la capacité de porter atteinte à l’homme. »

[la Soucca bénéficie d’une telle Présence Divine, qu’elle nous sert de protection contre toute mauvaise force spirituelle!]

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-> Pourquoi est-ce que les Ouchpizin viennent particulièrement à Souccot, et non pas à Pessa’h ou à Shavouot?

Le Nétsiv haShalom donne la réponse suivante :
Les âmes des Ouchpizin se trouvent dans les mondes supérieurs dans les plus hauts niveaux de kédoucha.
Ces âmes si élevées ne « veulent pas » descendre dans ce monde.
Cependant, l’air de la Soucca contient la Présence Divine. C’est la seule place dans le monde matériel où les Ouchpizin peuvent, dans un sens, se sentir chez eux.

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-> Selon l’avis de Rabbi El’azar (guémara Soucca 11b), les Souccot font références aux Nuées de Gloire (Anané haKavod) qui entouraient notre peuple dans le désert.

Le Maharal (Nétsa’h Israël 54) enseigne que les Nuées de Gloire sont synonymes de la Présence Divine, l’aspect de Hachem qui réside en nous.

Le Nétsiv haShalom enseigne que les Nuées représentent le plus haut niveau de la Présence Divine dans le monde matériel.
Dans le désert, les Bné Israël ressentait la Présence Divine, ils vivaient entourés par les Nuées de Gloire.
Or, chaque année à Souccot, nous avons la chance de revivre à nouveau cette expérience.
En effet, lorsque nous célébrons un Yom Tov, ce n’est pas simplement un souvenir du passé, mais il s’agit plutôt de revivre à l’identique avec la même intensité spirituelle ce qui s’est passé initialement.

Ainsi, à Souccot nous avons l’occasion de nous reconnecter avec cette réalité : la Présence Divine est avec nous dans ce monde.

-> « A chaque fois que nous célébrons un Yom Tov, la même influence propre à cette fête nous affecte d’une manière identique à celle présente à l’origine, où moment où le miracle s’est produit. »
[le Kédouchat Lévi – Kédouchat Pourim]

[b’h, voir également pourquoi l’on ne commémore pas le puits de Myriam ou la manne du désert : https://todahm.com/2018/10/10/souccot ]

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-> Le Nétsiv haShalom enseigne également :
Les Ouchpizin sont les premières personnes qui ont permis de lier la Présence Divine avec ce monde.
Avant elle, tout semblait vide, et ils sont venus enseigner au monde la émouna, ce qui permet de développer une connexion avec Hachem à chaque instant dans la matérialité de ce monde.

=> Ils correspondent à la précieuse cour toujours en contact avec le Roi des rois (ses plus proches serviteurs), et leur Présence dans la Soucca atteste donc que le Roi est également là (puisque ne se déplaçant pas sans Sa cour!).
De plus, les Ouchpizin viennent aider chaque juif à développer et renforcer sa relation d’émouna avec Hachem.
[le Zohar appelant la Soucca : « l’ombre de la émouna » (tsila dimEménouta) ]

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-> La Présence Divine se retrouve dans d’autres éléments clés de Souccot.

Tossefot (guémara Soucca 50b) écrit que la « sim’hat beit hachoéva », signifiant littéralement : « réjouissance du lieu du puisage [liée à la libation d’eau – nissoukh hamayim] », est appelée ainsi car on y « puisait » du roua’h hakodech (inspiration Divine).

[ => Etant tellement présent, on pouvait atteindre la Présence Divine à Sim’ha beit haChoéva!]

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-> Cela explique le lien entre Souccot (zman sim’haténou) et la joie (sim’ha).

La guémara (Shabbath 30a) affirme que la Présence Divine ne peut pas résider s’il n’y a pas de la joie.

Il en découle qu’à Souccot nous devons tout faire pour être constamment dans la joie, car cela entretient une sublime dynamique : puisque je suis dans la joie alors je mérite que Hachem réside avec moi, et puisque Hachem est avec moi alors naturellement cela me procure une joie énorme, …

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-> « Tu te réjouiras en présence de Hachem (לִפְנֵי יְהוָה), ton D. » (Réé 16,11)
-> « Tu le consommeras là, en présence de Hachem (לִפְנֵי יְהוָה), ton Dieu, et tu te réjouiras » (Réé 14,26)

Le rav Soloveitchik fait remarquer que dans le livre de Dévarim, pratiquement à chaque fois que le terme : « joie » (sim’ha) est mentionné, nous y trouvons : lifé Hachem (לִפְנֵי יְהוָה).

=> Puisqu’à Souccot nous bénéficions dans la Soucca d’une Présence Divine très forte (lifné Hachem), alors il en découle que c’est un moment propice à ressentir un niveau plus élevé de joie.
[nous devons être vigilant à alimenter ce sentiment de proximité avec Hachem]

-> Au sujet de Souccot, le rav Soloveitchik enseigne :
« Qu’est-ce qui motivé une telle célébration?
Il n’y avait pas de vin, ni de viande à la « sim’hat beit hachoéva », mais que de l’eau.

La joie était une expression de la joie d’être : « en présence de Hachem » (lifné Hachem).
Lorsqu’un juif est face à Hachem, il lui importe peu que l’année a été bonne ou mauvaise, qu’il soit riche ou pauvre, qu’il aille bien ou qu’il souffre.
Si quelqu’un est « en présence de Hachem », alors il y a la joie!

La joie est le fait de se réjouir à l’ombre de la Présence Divine, symbolisée par le sechakh (le toit) de la Soucca, et les circonstances individuelles n’affectent pas cette joie.

Il peut pleuvoir ou bien faire beau, on peut être en bonne santé ou bien souffrir physiquement, lorsque l’on se trouve face à Hachem (lifné Hachem), alors il n’y a que de la pure jubilation. »

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+ « Au jour de ses noces (yom ‘hatounato), au jour de la joie de son cœur (yom sim’hat libo) » (Chir haChirim 3,11)

La michna à la fin de Taanit explique que :
– « le jour de ses noces » = cela fait référence au don de la Torah ;
– et « le jour de la joie de son cœur » = cela fait allusion à la construction du Temple.

=> Il semble que la construction du Temple soit d’un niveau supérieur au don de la Torah.

-> Le Nétivot Shalom explique que la construction du Temple représente la joie ultime, car cela représente la proximité ultime de Hachem avec les juifs.
Hachem voulait un lieu dans ce monde matériel où l’on pourrait ressentir une proximité énorme avec Lui, et cette proximité amène forcément à de la grande joie!

Le Nétivot Shalom enseigne que Souccot est le moment de l’année où dans notre vie nous pouvons atteindre une proximité énorme avec Hachem (dans la Soucca), d’une façon similaire à celle du Temple, et cela nous amène une joie énorme!

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-> « Sa Soucca est à Shalem et Sa demeure dans Tsion » ( Téhilim 76,3 – וַיְהִי בְשָׁלֵם סוּכּוֹ וּמְעוֹנָתוֹ בְצִיּוֹן).

Le Gaon de Vilna tire du lien entre Soucca et Tsion, qu’il y a 2 mitsvot que l’on réalise de tout son corps : vivre en terre d’Israël (tsion) et résider dans la Soucca.

Le Targoum traduit ce verset en substituant : « Sa Soucca » (סוּכּוֹ) par : Son Temple (beit mikdachi), et « Shalem » par « Yérouchalayim ».

=> Il y a un lien très fort entre le Temple et la Soucca

[en effet, Hachem est si présent dans une Soucca, que cela est comparable à Sa présence dans le Temple.
Comment ne pas en être fou de joie!]

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[chaque fête à son élément qui le représente (Shofar, matsa, …), et à Souccot c’est la mitsva d’être constamment particulièrement joyeux.

=> On comprend mieux cette nécessité à Souccot, du fait même que la Présence Divine est très présente parmi nous!

Comme le dit le rav Soloveitchik : « Si quelqu’un est « en présence de Hachem » (lifné Hachem), alors il y a de la joie! »

(et selon le Nétivot Shalom, notre proximité avec Hachem dans la Soucca est similaire à celle dans le Temple, lieu de résidence accrue de la Présence Divine dans ce monde!)]

Celui qui voit un étrog en rêve est honoré devant son Créateur.
Celui qui voit un loulav en rêve n’a qu’un seul cœur pour notre Père au Ciel.
Celui qui voit une branche de myrte en rêve, ses affaires prospéreront.
Celui qui voit une branche de saule (arava) en rêve, sa prière sera agréable (arev) pour Hachem.

[Arizal – Séfer haLikoutim – se basant sur la guémara Béra’hot 57a]

La mitsva de la Soucca est un grand mérite pour sauver tous ceux qui s’abritent à son ombre de tout malheur et de toute maladie.
Le Zohar s’étend longuement là-dessus.

On trouve une allusion à cette idée dans la guémara (Soucca 25a) : « Celui qui souffre est dispensé de la Soucca (min aSoucca). »
Cela signifie que celui qui souffre est dispensé de son malheur « par la Soucca » (min aSoucca) = par la puissance de la mitsva de la Soucca, il est dispensé de son malheur.

Cette allusion figure également dans les paroles de la michna : « les malades et ceux qui s’occupent d’eux sont dispensés de la Soucca » = c’est-à-dire que par le mérite de la mitsva de la Soucca, on est dispensé de toute maladie, et de tout ce qui « s’occupe de la maladie » pendant tous les jours de l’année.

[le Tiféret Chlomo]

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-> b’h, quelques vertus de la Soucca : https://todahm.com/2015/10/25/quelques-vertus-de-la-soucca

« Je ne sais pas ce qui est le plus cher au Créateur : notre Yom Kippour ou notre Sim’hat Torah (où nous exprimons à quel point la Torah nous est chère, et quel bonheur nous donne son étude)« 

[rabbi Yérou’ham Lévovitz de Mir]

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+ La Torah = notre héritage!

-> Rabbi Moché Feinstein a demandé : il est écrit dans le verset : « Moché nous a ordonné la Torah, héritage de l’assemblée de Yaakov ».

=> Quelle est la signification de la Torah en tant qu’héritage pour nous?

Il a répondu : Imaginez une fiancée qui achète 2 chandeliers neufs avant de se marier, naturellement elle est heureuse.
Mais combien plus grand est le bonheur d’une fiancée qui reçoit en héritage les chandeliers de sa grand-mère bien aimée!
Ils lui sont infiniment chers, et elle ne les échangerait pour aucuns autres aux monde.

=> De même la Torah que nous étudions, c’est la même Torah que Moché a donnée aux bnei Israël au mont Sinaï.
C’est notre héritage [reçu de papa Hachem]!

La Soucca enseigne à se détacher de l’esclavage de la matière, car les biens matériels nous asservissent, et elle nous dit : Sors de ta maison habituelle! ( c’est-à-dire de ta routine négative, de ta maison confortable faite de certitudes égocentriques dans laquelle tu t’es enfermée pendant toute l’année écoulée!)

Et les 4 espèces enseignent le contraire : utiliser de nouveau ses possessions. En effet, en prenant en main les 4 espèces, nous apprenons à respecter les biens et leur valeur, en tant que moyen pour que notre vie se déroule en présence de D. (dans le respect de tout juif et de nous-même).

[le Rachach]

Souccot & Tsédaka

+ L’importance de la tsédaka à Souccot :

-> « En entrant dans la Soucca, on appellera explicitement ces tsadikim (Ouchpizin) à venir, car leur présence spirituelle, qui nous entoure de toute part, est une gloire pour nous.
[…]
On devra inviter les tsadikim évoqués ce jour-là, puis attribuer leur part aux pauvres assis autour de la table.
Si nous n’avons pas de pauvres à notre table, on leur verra de quoi manger chez eux, car c’est ce qui leur revient »
[Chla haKadoch]

-> « Si une personne invite les invités d’En-Haut (Ouchpizin) dans sa Soucca, mais ne donne pas aux pauvres leur part, alors ces invités importants restent à l’écart d’une telle personne.
A l’inverse, les Ouchpizin se réjouissent avec celui qui partage son pain avec les pauvres, les nécessiteux. »
[Yessod véChorech haAvoda]

-> « Il faudra s’efforcer de partager son repas avec les nécessiteux. En effet, au devoir de nourrir les pauvres à chaque fête s’ajoute celui de le faire en l’honneur des Ouchpizin.
Quiconque ne le fait pas, commet une grande faute. »
[‘Hida – Avodat haKodéch]

-> « Merveilleux est le sort de celui qui nourrit les pauvres et les hôtes à sa table en cette sainte fête!
[…]
Grande est la faute de celui qui n’a pas de pauvres ou d’invités à sa table : les 7 Ouchpizin le maudissent!

Quiconque n’a pas la possibilité de inviter des nécessiteux devra au moins leur envoyer un plat en déclarant : « Que cette part de notre repas soit celle des Ouchpizin qui prendront place dans notre Soucca ».
Dans notre ville d’Izmir, 2 chefs de famille et leur père ont pris l’habitude de dresser des tables pour les nécessiteux et les invités lors des 2 premiers soirs de Souccot. Que leur sort est bon! »
[rabbi ‘Haïm Palagi]

-> Vous avez invité les Ouchpizin dans votre Soucca …
Est-ce que vous les invitez car vous savez qu’ils ne réduiront rien de votre table? …
Puisqu’ils ne mangeant pas eux-mêmes, ils vous demandent : Quoique vous ayez préparé pour nous, donnez-le à vos biens-aimés : les pauvres, et cela sera considéré comme si vous nous l’aviez donné. »
[Séfer haTodaa]

D’ailleurs, le Séfer haTodaa rapporte qu’il existe une coutume Séfarade, qu’au moment de donner de la tsédaka à Souccot, nous disons : « C’est la part de nos invités distingués! »

[Certes, il est important de s’occuper des pauvres à toute fête juive : https://todahm.com/2017/09/27/5667
Cependant, à Souccot en plus de réaliser la mitsva de la charité, nous donnons à manger à nos illustres invités!
De plus, à Souccot il y a une mitsva d’être joyeux, or comment nos frères nécessiteux peuvent-ils l’être pleinement sans notre tsédaka?]

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-> Le Rambam (Hilkhot Yom Tov 6) écrit :
« Celui qui ferme à clé les portes de sa cœur, mange et boit en compagnie de ses enfants et de sa femme, mais ne donne pas à manger et à boire aux pauvres et aux malheureux, cette joie n’est pas une joie née de l’accomplissement d’une mitsva mais une joie pour l’estomac.
[…]
Une joie pareille est une honte pour eux. »

-> Souccot est le moment où les récoltes des champs ont pu être mis en réserve, et l’on peut facilement en venir à oublier Hachem (ne Te dérange pas D., j’ai tout ce qu’il faut en stock!).
Ainsi, Souccot nous permet de se focaliser sur un bon emploi de notre matérialité, qui n’est là que pour être au service de notre spiritualité.
En donnant à nos frères dans le besoin, nous exprimons que nous appartenons à une même famille, et que l’essentiel est d’être riche spirituellement parlant.

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+ Les Ouchpizin :

-> « Si l’on n’invite pas explicitement les Ouchpizin, ils ne viendront pas même dans la Soucca d’un grand tsadik!
Il faut les convier et les appeler chacun, par leur nom »
[Zohar]

-> « La portion de nourriture qu’on aurait servi aux Ouchpizin célestes, doit être servie dans la Soucca à des pauvres ici sur cette terre »
[Zohar – Emor 104a]

-> « Chacun doit montrer un visage radieux aux Ouchpizin qui résident avec lui »
[Zohar]

[ainsi, il faut éviter d’y être triste, en colère, …]

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-> b’h, Voir également : https://todahm.com/2017/10/17/5747

A Souccot, nous nous rappelons que notre maison dans ce monde et nos possessions (dirot kéva) sont en réalité temporaires (toute personne meurt, et doit laisser ses biens ici!), et que notre Soucca (dirat araï), qui représente la spiritualité et le monde à venir, doit être le quartier général [de notre vie], (puisque seul ce que nous y investissons nous accompagnera éternellement après notre mort!).

[basé sur des paroles de rabbi Zev Leff]

[on en tire l’idée que les biens de ce monde semblent naturellement attrayants, modernes, durables, … tandis que ce qui est lié au spirituel apparaît comme dépassé, digne de peu d’intérêt (une fois par semaine, voir une fois par an, on va à la synagogue pour se donner bonne conscience! ; quand est-ce que ça finit Shabbath? ; On ne peut pas faire plus rapidement la prière? ; qu’est-ce que cela peut-il bien faire à D. si je ne fais pas ça? ; …).

Mais tout cela n’est qu’une illusion du yétser ara, qui inverse les réalités : ce qui aux yeux de l’humanité semble n’être qu’une Soucca (sans valeur, une simple tente!), est en réalité ce qui est éternel, durable!
(chaque mitsva dans ce monde éphémère contribue à sublimer notre maison éternelle dans le monde à Venir!)

=> Combien nous devons prendre conscience de cela pour investir notre vie dans les bonnes valeurs, afin d’être riche pour l’éternité!!]

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-> « Le bonheur ne réside pas dans les choses qui sont à l’extérieur de l’âme, dans les trésors qui passent et disparaissent …
Tout ce que la foule considère comme plaisir et bonheur n’est qu’une ombre fugitive.
La santé de l’âme de l’homme dépend de cette connaissance, et avec elle la santé du corps. »
[le Rambam – dans ses écrits médicaux]

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-> « En réfléchissant nous voyons qu’on ne peut atteindre la véritable joie que lorsqu’on arrive a une conscience concrète que ce monde-ci est temporaire, et celui qui croit que le but de l’home est dans ce monde, il lui est impossible d’arriver à la joie intérieure, car en général, celui qui est enfoncé dans les vanités de ce monde n’a pas de joie, la joie étant une chose spirituelle, et seuls arrivent à la joie ceux qui se rapprochent de Hachem.

De plus, celui qui est enfoncé dans les vanités de ce monde, la joie ne reposera pas sur lui, parce que la jalousie, (l’amour des honneurs) et le désir l’empêchent d’être joyeux, car il a toujours l’impression qu’il lui manque quelque chose.

Si l’homme comprend que ce monde-ci n’est qu’une résidence temporaire, il n’est jaloux de personne, et donc il est heureux de ce qu’il a. »
[rabbi Yaakov Neuman – Darké Moussar]

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+ Il y a dans la taille de la Soucca une allusion à la Torah.

La hauteur maximum est de 20 amot, soit 120 téfa’him.
Cela correspond au nombre de jours que Moché a passé sur le mont Sinaï pour recevoir la Torah (3 séries de 40 jours).

La taille minimale d’une Soucca est de 7*7 téfa’him, ce qui est une allusion aux 7 livres de la Torah.
En effet, selon la guémara (Shabbath 115b-116a), les 2 versets (Béahaloté’ha 10,35-36) sont un livre (Séfer) à part entière.
Ainsi, la Torah est composée de 7 livres : Béréchit, Chémot, Vayikra, Bamidbar jusqu’à ces versets, ces 2 versets, le restant de Bamidbar, et Dévarim.

[rav ‘Haïm Falagi – Beit Moéd léKol ‘Haï]

+ La guémara (Soucca 26a) dit qu’une personne doit résider dans une Soucca pendant les 7 jours de Souccot, et ce de la même manière qu’elle réside dans sa maison le restant de l’année (béSouccot téchévou shiv’at yamim).

Le rav Yoël Teitelbaum (le rabbi de Satmar) affirme que cela va dans les 2 sens : nous devons toujours nous rappeler de résider dans notre maison avec la même sainteté et la même attitude respectueuse que nous avions dans notre Soucca.

De même que nous y avons vécu à l’abri de la émouna (entouré de la Présence Divine), de même nous devons incorporer de la émouna dans notre maison pendant le restant de l’année.
[De même que D. nous enlace de Sa Présence à Souccot, de même il en est le restant de l’année dans nos maisons, puisque : « Lorsqu’un homme et une femme vivent en harmonie, ils méritent que la Présence Divine réside parmi eux » (guémara Sota 17a).

=> Il en découle que nous devons toujours se comporter avec conscience et respect de cette éminente présence!]