+ « Tou biChvat, le nouvel an des arbres, se déroule en plein milieu de l’hiver.
Même si le fruit n’est pas encore apparu, nous considérons comme si la nouvelle année avait déjà démarré, car la sève a commencé à monter, et dans la sève est stockée la force interne des arbres. (Rachi)

Nous devons apprendre de là comment se comporter avec autrui.
Combien de fois faisons-nous attention uniquement à l’extériorité d’une personne : ses habits et son apparence, et non pas à son intériorité : son âme?

Celui qui se tient face à nous peut apparaître vide, sans fruit ou fleur, mais au fond de lui, il existe une force intérieure qui peut produire des capacités extraordinaires : ses fruits.

Si l’on voit un arbre vide et qu’on néglige de prendre soin de lui, alors ses fruits ne vont pas sortir.
Il en est de même, si nous ne prenons pas soin de notre prochain, alors ses fruits et son potentiel vont également ne pas s’exprimer. »

[Rabbi Asher Balanson – Ohr Yérouchalaïm]

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[nos Sages nous disent que toute parole positive (ex: Torah, des encouragements, de valorisation), aura toujours un impact à terme.
A Tou bichvat, l’arbre est extérieurement nu, pourtant à l’intérieur c’est le moment où la sève va enclencher le processus de vie, menant à son rayonnement au printemps.
Il en est de même, avec les propos positifs (ex: avec les enfants) qui agissent comme la sève, alimentant l’épanouissement personnel.
Ainsi, même si extérieurement l’être semble toujours vide (sans effet), la réalité est que cela a permis d’alimenter sa vie interne, qui se traduira ultérieurement par de sublimes fruits, fleurs.]

Tou biChevat & le mot : arbre …

+ Tou biChevat & le mot : arbre …

En hébreu, l’arbre se traduit soit par le mot : « ilan » (אילן) ; soit par celui de : « éts » (עיץ).

-> Concernant le mot : אילן :
1°/ Se dressant verticalement, l’arbre s’élance vers le ciel, de la même manière que l’homme lève les yeux vers D. et lance son cœur en Sa direction.

D. est le fondement même de ce lien et de cette unité mystique qui existe ente l’humain et l’arbre.
On peut le trouver dans la valeur numérique du mot : אילן , qui est de : 91, la même que celle du nom de D. dans sa forme écrite (אדני) ajoutée à sa forme lue (יהוה).
[65+26=91]

Nous pouvons aussi remarquer que la fête tombe le 15 du mois de Chevat, qui correspond à : יה, soit les deux 1eres lettres du nom de D. (יהוה).
La renaissance de la vie des arbres, c’est-à-dire du bourgeonnement des fruits, permet aux 1eres lettres du nom de D. de « bourgeonner » à leur tour (si l’on peut s’exprimer ainsi).
[d’ailleurs, la 3e lettre du nom divin est le vav : ו ; et est de la même forme qu’un arbre … ]
A Tou biChevat peut commencer le renouvellement de la force de la vie!

2°/ Lorsque nous écrivons le mot : אילן de façon pleine ( = lorsque chacune de ses lettres est mise à part et écrite selon sa propre prononciation), nous obtenons la chose suivant : אלף יוד למד נון (aléph – youd – lamèd – noun).
L’ensemble de toutes ces lettres donne la valeur numérique : 311, qui est celle de Chevat : שבט

-> Concernant le mot : עיץ :
L’arbre est comparé à l’homme, comme il est écrit : « ki adam éts (עיץ) assadé » (l’homme est l’arbre des champs).

L’homme se traduit aussi par le mot : « ich » (איש), qui a également une valeur numérique de : 311

Ceci confirme parfaitement l’idée qu’il existe bien un lien entre l’homme et l’arbre.

Tou biChevat & la nature …

+ Tou biChevat & la nature … (en 3 points – b »h)

1°/ Prise de conscience de l’empreinte incontestable de D. :
Le Rabbi Avraham Pam a dit :
« Le réveil des arbres de leur « sommeil » de l’hiver nous donne un aperçu des mécanismes miraculeux que nous appelons « nature ».
Lorsque l’homme contemple les innombrables miracles qui se produisent lors du développement, ne serait-ce que de l’organisme le plus simple dans la nature, il ne peut renier l’existence évidente d’un Créateur qui dirige le monde.

Plus une personne étudie l’infinie complexité de la Création, plus il y voit l’empreinte incontestable de D., qui créa un monde afin d’accorder Sa bonté à Ses créatures.  »

2°/ Apprécions et remercions D. pour ses infinies bontés à notre égard :
Le Rabbi Yaakov Neiman (Darkei Moussar) nous enseigne :
« Lorsque le Créateur prépara toutes sortes d’aliments et de fruits pour l’homme et mit toutes sortes d’animaux dans le monde, ce qui semble superflu puisque l’homme peut s’en passer, ce n’était que dans le but de donner à l’homme d’autant plus d’occasions de reconnaître le Créateur en étudiant les créatures.

C’est la raison pour laquelle D. fit la Création tellement vaste, avec son large panel de couleurs et de nuances, afin de procurer à l’homme un plaisir constant.

Tou Bichvat, le nouvel an des arbres, où toutes sortes de fruits nous sont servis, doit être un jour où nous étudions et contemplons les merveilles de la Création de D. dans chaque fruit, afin de reconnaître, à travers cette compréhension, la sagesse suprême et extraordinaire de D. dans Ses créatures.
Chaque fois qu’un nouveau fruit ou un nouveau plaisir se présentera à nous, nous nous rapprocherons alors de D. de par notre obligation de le remercier pour ce plaisir.

Tou Bichvat est donc un jour où nous examinons et observons le monde et remercions D. pour toutes les bonnes choses qu’Il nous a prodiguées dans Son monde. Le but est de reconnaître Celui qui fit naître le monde par sa parole. »

3°/ Améliorons notre façon d’agir avec bonté envers les autres …
Le Rabbi Yaakov Neiman (Darkei Moussar) nous apprend également :
« D. créa tous les merveilleux arbres qui portent toutes les espèces de fruits différentes donnant de la force à l’homme.
Pourquoi D. créa-t-Il tout cela ?
Après tout, l’homme peut vivre sans eux, en se nourrissant uniquement de pain et d’eau. D., l’ultime Bienfaiteur, a voulu donner à l’homme jouissance et plaisir, et créa donc de nombreuses sortes de fruits afin que l’homme en profite et qu’il soit satisfait de toujours avoir quelque chose de nouveau pour se rassasier.

La Torah dit : « Tu marcheras dans Ses voies ».
=> Ainsi, une personne doit aussi agir ainsi : essayer de se soucier non seulement de la vie de son prochain, mais aussi de lui donner autant de plaisir et de jouissance qu’il le peut.

C’est quelque chose que l’homme peut faire à tout moment.
Lorsqu’il est dans la rue et rencontre des gens, il peut faire beaucoup de mitsvot en les saluant avec un visage joyeux. »

[donner un sourire/un salut, des paroles valorisantes, exprimer à autrui combien c’est une personne de valeur, qui compte à vos yeux, … c’est arroser un arbre, donner de la vie à autrui!
De la même façon que D. nous comble de ses bienfaits, couvrons nos prochains de bonnes choses pour eux …]

L’homme : arbre des champs & Tou Bichvat …

+ L’homme : arbre des champs & Tou Bichvat …

Nous allons voir (b »h) 2 idées à ce sujet :

1°/ Prenons conscience de notre potentiel !!

Le Rabbi Yéhochoua Freilich a dit :
« Un arbre est lié au sol et aux merveilleux fruits.
Il puise des matériaux bruts de la terre et crée le produit le plus remarquable.
De la même manière, les êtres humains prennent des objets matériels en ce monde et les transforment en objets spirituels, les mitsvot.

Cela prend un bon moment avant qu’un arbre arrive à maturité.
Un grand investissement de temps et d’efforts est nécessaire à la production de beaux fruits.
De même, il faut beaucoup de temps et d’efforts pour que l’homme se réalise.

A présent c’est l’hiver et les arbres semblent inanimés. Mais D. introduit l’azote et les autres éléments nécessaires à sa régénération.
Nous avons aussi nos périodes creuses dans la vie, où nous paraissons inertes ; mais nous avons également les ingrédients nécessaires, la Torah et les mitsvot, pour nous revitaliser et nous revigorer. »

2°/ Apprenons à gérer nos cycles de croissance spirituelle et de stagnation …

Le Rabbi Ephraïm Nissenbaum (dans son livre : Power Lines) d’écrire :

« Étudions la comparaison entre l’homme et l’arbre afin de comprendre le message de Tou Bichvat pour l’humanité.

L’arbre traverse des cycles dans sa vie.
L’arbre lourdement chargé de l’été se vide de ses fruits en automne, puis perd doucement ses feuilles, une par une.
En hiver, l’arbre est dépouillé de sa gloire. En pratique, il semble être mort.

Mais c’est alors que vient Tou Bichvat !
Au cœur des journées froides d’hiver, lorsque la végétation paraît gelée et inanimée, la sève des arbres commence à couler sous la surface de l’écorce.
Montant doucement des racines enterrées dans la terre durcie, la sève se fraye un chemin vers le haut, injectant une nouvelle vie dans les branches tendues vers le ciel.

Dans la vie, nous traversons aussi des cycles de développement.
Des périodes de renouvellement et de croissance peuvent alterner avec des moments de stagnation et de latence.
Rav Chlomo Wolbe nous enseigne que ce cycle fait partie de la nature humaine.
Il ajoute qu’une personne ne doit pas être déçue lorsque l’avancée spirituelle semble interrompue ; la période « creuse » sera généralement suivie de la période « féconde » qui offrira de nouvelles opportunités de grandir (Alé Chour, Vol. I, p. 34).

C’est le message de Tou Bichvat : même lorsque nous nous sentons léthargiques, enlisés dans la routine et qu’il semble que nous ayons perdu toute ambition, nous ne devons pas désespérer.

De même que l’hiver est une coupure annuelle dans le cycle de vie des arbres, ainsi des périodes de léthargie et de passage à vide sont des phases nécessaires dans le cycle humain.

De même qu’avec l’arrivée du printemps, la sève vivifiante monte imperceptiblement dans les arbres jusqu’aux branches qui tendent vers le ciel, ainsi nous avons également de l’énergie nouvelle de la profondeur de nos réservoirs spirituels, pourvu que nous fixions nos objectifs vers le ciel. »

=> Les difficultés de la vie font que l’homme tombe souvent dans la dépression et se sent inutile.
Mais le message de Tou Bichvat est que même lorsque l’homme ne voit pas ses propres réussites ou sa propre valeur, et même lorsqu’il sent qu’il lui est impossible de s’exalter, le potentiel est toujours là, au plus profond de lui, attendant de se matérialiser.

[L’âme divine de l’homme, sommeille en son for intérieur et elle attend l’opportunité de pouvoir jaillir et s’épanouir dans la spiritualité, qui peut effacer des années et des décennies d’apathie.]

L’homme est un arbre des champs …

+ L’homme est un arbre des champs …

« L’homme est comparé à un arbre, comme le dit le verset : « Car l’homme est un arbre des champs. » (Dévarim 20,19 – ki adam ets assadé)
[Pirké dé Rabbi Eliézer – ‘Horev 21]

Le Rabbi Eliyahou Kitov (Séfer haToda’a – chap.13) de nous dire :
« La Torah dit que l’homme est comparé à l’arbre des champs. Par conséquent, ce jour [Tou Bichvat] est une sorte de jugement pour les êtres humains également. »

Essayons b »h de voir ce qu’il se cache derrière cette métaphore (homme = arbre) …

-> Le ‘Hidouché Maharcha sur la guémara Taanit (5b) écrit :
« De même qu’un arbre donne de bons fruits, ainsi les actions de l’homme sont ses « fruits ».

-> Nous pouvons trouver dans les Pirké Avot (3,17) :
« Celui dont la sagesse est supérieure aux actions, à quoi ressemble-t-il ?
A un arbre dont les branches sont nombreuses et les racines peu fournies ; vient la tempête, elle le déracine et le renverse sur sa face.
Mais celui dont les actions sont supérieures à sa sagesse, à quoi ressemble-t-il ?
A un arbre dont les branches sont peu fournies, et les racines nombreuses, dussent tous les vents du monde venir souffler contre lui, ils ne l’ébranlent pas de sa base. »

=> La sagesse est comparée aux branches, tandis que les bonnes actions sont comparées aux racines.

-> Le Maharal de Prague (Nétsa’h Yisraël – chap.7) nous éclaire de sa sagesse en nous enseignant :
« L’homme est appelé un « arbre des champs », comme le dit le verset : « Car l’homme est un arbre des champs. » (Dévarim 20,19).

Mais il est en réalité un arbre à l’envers, car les racines de l’arbre sont en bas dans la terre tandis que celles de l’homme sont au-dessus : son âme est l’essence de son être et elle existe dans le monde spirituel.

Les mains de l’homme sont ses branches, ses jambes sont les branches de ces branches, alors que son corps est le tronc ; car l’arbre puise sa vitalité du sol tandis que l’homme la puise dans les Cieux. »

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+ Supplément :

Il est écrit dans la guémara Taanit (7a) :

« Qu’est-ce que le verset : « Car l’homme est un arbre des champs » signifie ? L’homme est-il réellement un arbre ?
Il est aussi écrit [dans le même verset – Dévarim 20,19] : « Ce sont eux qui te nourrissent, tu ne dois pas les abattre [les arbres] » et il est écrit par la suite [verset suivant] : « Seulement, l’arbre que tu sauras n’être pas un arbre fruitier, celui-là tu peux le sacrifier et l’abattre ».
Comment résoudre la contradiction apparente ?

Si c’est un érudit en Torah vertueux alors tu peux t’en nourrir ( =apprendre de lui, selon Rachi) et tu ne dois pas l’abattre ; mais si ce n’est pas le cas ( = si l’érudit n’a pas de valeurs morales), alors tu dois le sacrifier et l’abattre ( = le fuir, selon Rachi). »

=> Selon la guémara, la métaphore de l’arbre nous enseigne la façon dont nous devons nous comporter avec notre prochain ; parfois nous devons profiter de sa présence et apprendre de lui, et d’autres fois nous devons le fuir.

[=> Si c’est une personne aux bonnes vertus, on peut consommer librement ses fruits = ses enseignements, sinon à éviter!]

Louons les fruits d’Israël!

+ Louons les fruits d’Israël!

-> « Qu’y a-t-il de spécial à propos de ce nouvel an pour qu’il soit célébré?

Il s’intéresse à la louange de la Terre d’Israël, car c’est ce jour-là qu’elle retrouve sa vigueur pour produire la récolte, donner des fruits et montrer qu’elle est digne d’éloges.

Le jour où la Terre d’Israël retrouve sa vigueur pour produire sa richesse et sa douceur est un jour de joie pour le peuple juif pour lequel elle constitue l’héritage, l’amour et un grand désir. »

[le Rabbi Eliyahou Kitov – Séfer haToda‘a]

-> La Torah loue en effet la terre d’Israël pour 7 variétés de fruits qui s’y trouvent : « C’est un pays qui produit le froment et l’orge, le raisin, la figue et la grenade, l’olive huileuse et le miel [dattes]. » [Dévarim 8,8]

D’ailleurs, il est intéressant de noter que de part leur lien avec la Terre d’Israël, ces fruits ont un statut spécial dans la loi juive, quelque soit l’endroit où ils ont poussé, et c’est ainsi qu’on récite une bénédiction particulière instituée pour eux (birkat mé’èn chaloch) dans laquelle il est écrit : « Que nous mangions de ses fruits et que nous soyons rassasiés de ses bienfaits » (lé’é’hol mipirya, vélichboa mitouva).

=> Pourquoi demandons-nous de profiter des fruits d’Israël?

Rabbi Yehouda Prero (se basant sur le Bakh – Ora’h ‘Haïm 208) de nous dire :
« Il existe une sainteté intrinsèque à la terre d’Israël.
Cette sainteté n’est pas limitée à la sphère spirituelle.

Elle se manifeste également sous forme matérielle.
Les fruits qui se nourrissent de la terre d’Israël n’en extraient pas seulement l’eau et les substances nutritives ; ils puisent aussi la sainteté de la terre.

Lorsque nous consommons ces fruits, nous absorbons les aliments ainsi que la nourriture spirituelle. »

Tou biChevat – Introduction …

++ Tou biChevat – Introduction ….

-> La guémara Roch Hachana (14a) nous enseigne :
« Le nouvel an des arbres » : Pourquoi à ce moment-là ?
Rabbi El’azar disait au nom de Rabbi Ochi’a : « Car la plupart des pluies de l’année sont déjà tombées et la saison [d’hiver] est quasiment terminée. »

Rachi commente ce passage :
« Car la saison pluvieuse, qui est le moment de l’imprégnation, est quasiment terminée et que la sève est déjà montée dans les arbres.
A partir de ce moment-là, les fruits vont commencer à pousser. »

-> Un excès de fruit … qui donne envie de prier [Rabbi Yehouda Prero – citant le Ben Ich ‘Haï] :

« Le nouvel an des arbres (Tou Bichvat), est un jour où l’on prie de continuer à recevoir la bénédiction de D. sous forme d’une abondance de fruits.

C’est aussi un jour où nous devrions réaliser qui est Celui qui nous a donné ces fruits, et la subsistance en général.
C’est un jour où nous devrions montrer que nous utilisons la nourriture qui nous a été accordée dans un but sacré.
Il n’y a pas de meilleur moyen d’accomplir cela qu’en prenant un fruit et en faisant une bénédiction avant de le consommer. »