Pâtisserie spirituelle depuis 5771 - b'h
 

Le Shalom Alé’hem le vendredi soir

+ Le Shalom Alé'hem le vendredi soir :

-> Le chant du Shalom Aleichem, qui est habituellement chantée après la synagogue avant de sanctifier le vin lors du repas du Shabbath, vendredi soir. Ce chant a été composée par les kabbalistes au 17e siècle, bien que son auteur exact soit inconnu, il a été acceptée par toutes les communautés.

La raison de son adoption repose sur une description talmudique (Shabbath 113b) de la veille du sabbat. Chaque vendredi soir, deux anges, l'un positif et l'autre négatif, accompagnent une personne qui rentre chez elle après la synagogue. Lorsqu'ils arrivent à la maison et trouvent les bougies allumées, la table dressée et les lits faits, l'ange positif dit : "Que cela soit ainsi la semaine prochaine", ce à quoi l'ange négatif doit concéder et répondre "Amen".
Cependant, l'inverse est également vrai. Si, à leur retour à la maison, ces éléments sont en désordre, l'ange négatif dit : "Puisse-t-il en être ainsi la semaine prochaine ", et l'ange positif est contraint d'admettre et de dire "Amen".
Le chant de Shalom Alé'hem est une salutation chantée pour accueillir ces anges ministériels.

-> En général, ce chant comporte quatre strophes. Les deux premières accueillent les anges, la troisième leur demande leur bénédiction et la quatrième les renvoie.
Le 'Hatam Sofer n'avait pas pour coutume de chanter cette chanson, car il disait qu'aujourd'hui, nous ne sommes plus à un niveau spirituel digne d'être accompagné par les anges.

Certains sages omettent cette 3e strophe, qui demande aux anges de nous bénir. [comme Rabbi Yaakov Emden (Sidour Beit Yaakov), le Gaon de Vilna, son élève rabbi 'Haïm de Volozhin, ainsi que rabbi Soloveitchik et le père de rabbi Moché Feinstein (Téchouvot Igrot Moché - OH vol.5) ]
Selon eux, il s'agit d'une demande inappropriée, car elle s'apparente à une prière adressée aux anges, ce que le judaïsme interdit.
Cependant, la plupart des autres sages juifs affirment qu'il ne s'agit pas d'une prière adressée aux anges.
[ en fait, notre Yaakov demande deux fois la bénédiction des anges. Lorsqu'il bénit ses petits-enfants, Ménaché et Efraïm, il demande que "que l'ange qui m'a délivré de tout mal, bénisse ces jeunes gens" (Vayé'hi 48,16). De plus, après avoir lutté avec l'ange, Yaakov déclare : "Je ne te laisserai pas partir avant que tu ne m'aies béni" (Vayichla'h 32,27), et la Torah rapporte que "[l'ange] bénit [Yaakov] là" (Vayichla'h 32,30).
Le sens simple de ces versets semble soutenir la récitation de la 3e strophe (baré'houni léshalom - que les 2 anges me bénissent pour la paix).
De plus, il existe une autre différence entre prier les anges et demander une bénédiction. En priant les anges, on sous-entend qu'Hachem n'est pas la seule entité à qui il convient de prier. Cependant, pour celui qui demande une bénédiction, une telle implication n'est pas présente. ]

-> Par ailleurs, certains sages omettent de dire la quatrième strophe (de shalom alé'hem - en demandant aux anges de nous laisser, de partir), car pourquoi voudrait-on renvoyer les anges? ['Hatam Sofer ; Divré 'Haïm ; rav de Satmar ... ]
D'autres sages suggèrent des raisons pour lesquelles cette strophe est appropriée :
- Le rabbi Yaakov Emden suggère que, puisque nous sommes sur le point de prendre un repas et que les gens ne se comportent pas toujours parfaitement pendant un repas, il est préférable que les anges partent en paix plutôt que de partir plus tard avec dégoût.
- Le précédent Rabbi de Loubavitch écrit que, puisque les anges ne mangent pas, il n'est tout simplement pas agréable de les laisser debout pendant que nous mangeons.
- Le Sfat Emes suggère qu'il existe en fait deux groupes d'anges, un pour les jours de semaine et un pour le Sabbath. Nous saluons d'abord les anges du Sabbath, puis nous faisons nos adieux aux anges des jours de semaine.
- Le rav Tsadok HaKohen de Lublin offre une autre perspective. Il répond qu'à Sabbath, nous sommes comme des mariés avec Hachem. Au début du Sabbath, les anges viennent se joindre aux festivités du mariage. Cependant, lorsque nous prenons notre repas, c'est un moment privé, notre yih'oud avec Hachem.
Lorsque nous, les mariés, nous rendons dans la chambre du yi'houd, en toute intimité avec notre bien-aimé, nous y allons seuls. Nous sommes tellement aimés d'Hachem qu'au moment où nous sommes sur le point d'atteindre une connexion aussi élevée avec Lui, les anges ne peuvent pas nous accompagner.

<--->

[ b'h, issu du dvar Torah sur les anges : https://todahm.com/2015/12/08/les-anges-partie-n2 ]

La prière non faite convenablement est expulsée, descend et plane dans le firmament le plus bas ... où elle reste jusqu'à ce que cette personne fasse téchouva ... si elle revient correctement vers son Maître et offre une autre prière comme il le faut, comme cette bonne prière qui s'élève, l'ange qui supervise fait monter la prière non fait convenablement pour qu'elle rejoigne la bonne prière : ainsi, elles se mélangent, s'élèvent ensemble et entrent devant Hachem.
En d'autres termes, ce qui était à l'origine déficient peut être rectifié et élevé par une intention correcte.
[d'après Zohar II:245b ]

Le Shofar comme rappel

+ Le Shofar comme rappel :

-> Hachem est allé de nation en nation pour demander si l'une d'entre elles accepterait la Torah. Aucune nation n'a accepté (Avoda Zara 2b).
Mais nous, le peuple juif, nous avons accepté la Torah avec joie et avec grand plaisir. Nous avons déclaré : "Nous ferons et nous écouterons" (Michpatim 24,7). Nous avons accepté le joug du Royaume céleste et nous avons couronné Hachem comme Roi sur nous, en acceptant ses commandements et sa sainte Torah.
Mais maintenant, nous avons pu fauter et nous nous sommes rebellés contre Lui.

C'est pourquoi, à Roch Hachana, nous redoutons le jour du jugement, car le jugement est rendu sur toutes nos actions, même celles dont nous ne sommes pas conscients.
Chacun d'entre nous est condamné en fonction de nos actes.
C'est pourquoi nous soufflons dans le Shofar, revêtant ainsi les mêmes "vêtements" que ceux que nous portions lors du don de la Torah, lorsque nous avons accepté la Torah et couronné Hachem en tant que roi en soufflant dans le Shofar. Comme il est dit : "Le son du shofar s'intensifiait progressivement" (Yitro 19,19).
[selon le Pirké déRabbi Eliézer (chap.31), la corne de gauche du bélier de la Akéda Its'hak a servi sur le mont Sinaï, et la corne de droite plus grande que celle de gauche sonne au moment de la guéoula et du retour des exilés. ]
Nous soufflons dans le shofar pour rappeler à Hachem ce mérite, afin qu'Il nous pardonne nos transgressions et nos fautes, que nous soyons exonérés lors du jugement et qu'Il nous inscrive immédiatement pour une longue et bonne vie. Amen. Qu'il en soit ainsi!
[rabbi Lévi Its'hak de Berditchev - Kédouchat Lévi - Roch Hachana]

<--->

=> En sonnant le shofar, nous rappelons à Hachem que nous seuls, le peuple juif, avons suivi Son chemin, alors qu'Il proposa Sa Torah à toutes les nations (seule la nation juive l'accepta). Cela nous rappelle de bons souvenirs, et Il nous inscrit pour toutes sortes de bienfaits.

"Celui qui s'imagine que le monde est durable et important en vient facilement au péché.

Par conséquent, pour se préserver de la faute, nous devons d'abord enraciner dans notre cœur l'idée que le monde est provisoire et éphémère.

Ainsi, pour nous éviter de retomber dans le péché après le jour du pardon, la Torah nous ordonne de nous convaincre de la précarité de ce monde en résidant dans la Soucca."

[le Saba de Kelm]

À l'avenir, le corps se délectera du repas du Léviathan (Baba Batra 75a).
Le cœur (l'âme), quant à lui, n'apprécie que le plaisir spirituel, c'est-à-dire en étant informé que nos fautes sont pardonnées et en accomplissant de nombreuses mitsvot.
Selon nos Sages (Yoma 86b) : "Grand est le repentir (téchouva), car il transforme les fautes délibérées en mérites véritables".
[rabbi Lévi Its'hak de Berditchev - Kédouchat Lévi - Na'hamou]

=> A l'avenir, lorsque nos anciennes fautes auront été transformées en mérites par notre téchouva (de notre vivant), le corps et l'âme se délecteront, le corps se délectera du Léviathan, et l'âme de ses mérites nouvellement trouvés (qu'on a pas fait, mais provenant de notre téchouva).

Adam & Shabbath …

+ Adam & Shabbath ...

-> "L'expulsion d'Adam du Gan Eden aurait du avoir lieu le vendredi, le jour même où il a fauté.
Cependant, le Shabbath l'a protégé et il n'a été renvoyé qu'une fois le Shabath fini."

[Zohar II,138a]

On peut noter que les lettres du mot Shabbath (שבת) permettent de former :
-> "Tachouv" (Fais téchouva - תשב).
[Il est écrit : "Adam s'est repenti de sa faute et a amené un sacrifice à D. L'animal qu'il a sacrifié avait une corne." (guémara 'Houlin 60a) ]

-> "Bochét" (l'humilité - בשת)
[Shabbath est en souvenir de la Création du monde (zé'her lémaaché béréchit) et de la sortie d'Egypte (zéh'er litsi'at mitsra'im). Cela conduit à insuffler beaucoup d'humilité, de gratitude et d'espérances pour l'avenir.
Le propre de l'humilité, n'est pas de se considérer comme un moins que rien, c'est connaître ses forces/faiblesses, savoir qu'elles viennent de D., et agir en les utilisant au mieux.

=> Shabbath est ce moment hors du temps, qui nous permet un retour vers D., vers soi-même.
J'efface le passé, et je fonce vers un futur au top en connaissant ma place et ce que j'ai à faire.

Sur le même thème, retrouvez l'article : Shabbath & Téchouva, ci-après : https://todahm.com/2014/10/23/2110

<----------------->

-> "Après [le 1er] Shabbath, D. a donné à Adam la faculté de comprendre qu'il faille frapper 2 pierres ensembles afin de faire du feu"

[midrach Téhilim 92]

Rabbi Na'hman nous explique que : "D. a donné à Adam cette connaissance spécialement après Shabbath, afin de lui montrer comment amener la lumière de Sabbath dans les jours de la semaine" (Likouté Halakhot III,189a-378)

[Est-ce à comprendre que frotter la kédoucha, la spiritualité que l'on a atteinte à Shabbath avec le jour de la semaine que l'on est en train de vivre, dans sa matérialité, permet de faire des étincelles dans notre vie?
Notre Shabbath serait alors notre phare, nous éclairant à tout moment dans l'obscurité, le désordre de ce monde.]

Au commencement … le Shabbath …

+ Au commencement ... le Shabbath ...

-> "Les lettres du mot Béréchit (au commencement - בראשית) peuvent également former : yaré Shabbath (un observant du Sabbath - ירא שבת)."

[Tikouné Zohar 9,24b]

-> "Le Shabbath est venu, et avec lui le repos. Alors seulement l’œuvre de création a été terminée et menée à bonne fin."
(Rachi - Béréchit 2,2)

-> "Par le mérite d'observer le Shabbath, une personne mérite de craindre D." (Rabbi Na'hman de Breslev - Likouté Halakhot 3,1a)

-> Nos Sages ont dit : "Shabbath est équivalent à la Torah entière"
[guémara Yérouchalmi Shabbath 1,8]

-> Selon le midrach : "la Torah a précédé la création du monde de 2 000 ans" (Béréchit Rabba 8,2).

Rabbi Na'hman de Breslev de commenter :

"Puisque Shabbath est comparé à la Torah entière, nous pouvons dire qu'il a aussi précédé le monde de 2 000 années.

Ces 2 000 ans, sont représentés par la limitation de 2 000 amot en dehors des limites de la ville, jusqu'où une personne peut marcher pendant Shabbath.

Cette limite/barrière, correspond aussi à une délimitation de l'esprit, qui doit conduire à mettre une limite à ce que nous pouvons comprendre, à ce qui nous dépasse, et à partir d'où nous devons renforcer notre émouna (comme on dit : "la émouna commence là où la raison s'arrête").

Grâce à cette limite, nous pouvons amener l'intellect de la Torah et la sainteté du Shabbath, afin de reconnaître la Création comme venant totalement de D."

(Likouté Halakhot 3,102)

<-------------------------->

-> "Les 6 jours de la semaine sont divisés en 3 paires" (midrach Béréchit Raba 11,8).

Rabbi Na'hman de compléter : "De même pour le Shabbath, qui va de pair avec les juifs.
Une personne qui respecte le Shabbath, peut se réjouir avec son ami, pour ainsi dire." (Likouté Moharan I,277)

<--------------------------->

-> "Le commencement (רֵאשִׁית) de la sagesse, c’est la crainte de D." (Téhilim 111,10 -> réchit 'hokhma, yir'at Hachem)

[d'où le fait que la Torah commence par le récit de la Création, plutôt que par une série de commandements, car elle génère en nous de la crainte et de la l'amour (fruit de la gratitude) en D., qui vont nous permettre de fleurir, de nous épanouir dans notre pratique des mitsvot ... ]

-> "Rabbi Akiva a dit à ses étudiants : "De même qu'un bâtiment témoigne de l'existence de son constructeur, et qu'un habit témoigne de celui qui l'a tissé ... de même le monde témoigne/atteste de l'existence du Créateur (D.)" "

[Otsar Midrachim - Temoura 7]

Téchouva & Torah

+ Téchouva & Torah :

-> Il est écrit (Pirké déRabbi Eliézer - chap.3) :
"Avant que le monde ne fût créé, il n'existait que D. et Son Nom.
Il est monté dans Sa pensée de créer le monde, Il l'a façonné devant Lui mais [l'univers] ne tenait pas.
A quoi cela est-il comparable?

A un roi qui veut se construire un palais.
S'il ne creuse pas [la terre pour enfouir] ses fondations, sa construction ne tiendra pas.
Ainsi, D. a voulu créer le monde mais il ne tenait pas debout jusqu'à ce qu'Il ait créé la téchouva."

-> Il est également écrit (Zohar - Térouma 161a) :
"Lorsque D. créa le monde, Il consulta la Torah et créa [basé sur ce qui y est écrit].
C’est à travers la Torah que le monde a été créé."

==> Le monde a été créé par la force de la Torah, mais c'est la téchouva qui assure sa pérennité.

La Torah et la téchouva maintiennent le monde à elles deux car sans elles l'univers ne pourrait exister.

Selon le Zohar, il est encore possible d'annuler un mauvais décret de Hochana Raba (donc de Yom Kippour & Roch Hachana), en nous réjouissant à Sim'hat Torah.

[5 minutes éternelles n°60 - Spécial Souccot]

Quelques idées sur Chémini Atséret – Sim’hat Torah

+ Quelques idées sur Chémini Atséret - Sim'hat Torah :

-> Il est écrit à propos de Chémini Atséret : "Ce sera une clôture (Atséret) pour vous" (Bamidbar 29,35)

-> Souccot est suivie de Chémini Atséret ("fête de la clôture") : la Torah nous incite à faire "un clôture" pour "enclore" et conserver en nous le haut niveau de sainteté atteint pendant la fête.
[le haKtav véhaKabala]

=> Chémini Atséret appelle à "rassembler" et à retenir en nous ce que nous avons acquis, durant les jours redoutables, dans le service de D. et le repentir.

<----------------->

-> Onkelos traduit "atséret" par le terme araméen "kénichout" désignant une assemblée.
De même, le Zohar (Emor 104a) explique : "Le jour des réjouissances du Roi, tous se rassemblent autour de Lui".

=> D'où le nom de Atséret se référant au rassemblant pour se réjouir tous ensemble avec le Roi. (cf. également ci-dessous la proclamation de la royauté de D. à Sim'hat Torah)

<----------------------------->

-> "Le 8e jour, vous aurez encore une convocation sainte …c'est Atséret" ( =c'est un moment de rassemblement - Vayikra 23,35-36).
Rachi écrit sur ce verset :
"Elle est appelée Atsérèt [retenir], D. nous disant : "Je vous ai empêchés [de partir après Souccot] afin que vous restiez avec Moi."

Cela ressemble à un roi qui invite ses enfants à un festin pendant un certain nombre de jours.
Lorsqu’il est temps pour les enfants de partir, le roi dit : "Mes enfants! Je vous en supplie, restez avec moi encore un jour, il m’est difficile de vous voir partir." "

-> La guémara (Soucca 55b) nous explique que tandis que les nations du monde contribuent à la fête de Souccot, le jour de Chémini Atsérèt n’est réservé qu’au peuple juif.
Il y est en effet écrit :
"Rabbi El'azar dit : "A quoi correspondent ces 70 taureaux [qui étaient offerts pendant les 7 jours de la fête] ?
Aux 70 Nations du monde.

A quoi correspond le taureau unique [du 8e jour de Chémini ‘Atsérèt] ?
A la Nation unique : le peuple juif.

"Cela peut être comparé à un roi qui dit à ses serviteurs, citoyens du pays : "Préparez pour moi un grand festin."
Le dernier jour de festin, il dit à son ami bien-aimé : "Prépare un petit repas plus intime pour nous deux que j’en profite pour passer un moment agréable avec toi." " "

-> Le Ohel Yaakov commente :
Les nations du monde ne réjouissent pas Hachem, c'est pourquoi elles doivent apporter beaucoup de sacrifices qui Lui soient en agréable odeur, et par là leur souvenir deviendra agréable.
Cependant, les bné Israël qui sont eux-mêmes agréables devant leur Père au Ciel, n'ont pas besoin d'apporter beaucoup de sacrifices.
=> C'est ce que Hachem nous dit : Fais-moi un repas pour que Je profite de ta présence = c'est-à-dire que tout Mon plaisir viendra uniquement de toi!

-> Le Sfat Emet (Souccot 5632) nous expliquer :
"Les 8 jours de la fête (de Souccot) constituent la force génératrice de vie pour toute l’année.

Le prolongement de vie depuis Roch Hachana a lieu à Souccot, caractérisé par la libation d’eau [symbole de vie].
Les 7 jours de Souccot représente la vie en ce monde et ont donc un lien avec les autres Nations du monde, raison pour laquelle 70 taureaux sont offerts en sacrifice.
Chémini ‘Atsérèt (Sim'hat Torah) représente cependant la vie dans le monde à Venir, une vie réservée aux juifs, car la Torah est notre vie.

La vie en ce monde n’est concentrée que sur l’apparence extérieure et nous avons donc besoin de protection et de la soucca, qui constitue le témoignage de D. à notre sujet, à savoir que la Torah et la vie dans le monde Futur sont le centre de nos vies …
Mais Chémini ‘Atsérèt, qui représente la vie dans le monde à Venir [comme expliqué précédemment], ne nécessite pas la protection et l’abri de la soucca. C’est la soucca même ! "

-> De son côté, le rav Yérou'ham de Mir nous dit que Chémini Atséret est une fête en soi.
Puisque la séparation est difficile, nous devons ajouter un jour de fête pour rester près du Roi aussi longtemps que possible, afin que la séparation ne soit pas "une rupture".
Ainsi, D. reprocha aux Hébreux d'avoir quitté le mont Sinaï : "comme un enfant qui s'enfuit de l'école", sans avoir profité de chaque instant de proximité avec la présence divine.

L'usage d'organiser "une fête d'adieux" avant de se quitter est fondée sur la même idée : sceller les liens d'amitié par "un jour de fête".

<--------------------------------------->

-> Au sujet de la différence entre Souccot et Chémini Atséret, le Séfer ha'Hinoukh écrit :
"Souccot est une période de grande joie pour Israël, car c'est le temps de la récolte. C'est pourquoi, D. a ordonné à Son peuple de célébrer une fête à ce moment-là pour canaliser la joie vers Lui ...

Puisque la joie fait oublier la crainte du Ciel, Il nous a ordonné de prendre dans nos mains des choses rappelant que nous devons Lui dédier toute notre joie" : les 4 espèces sont les armes qui protègent notre joie naturelle des séductions du mauvais penchants.

-> Le rav 'Haïm Friedlander a dit :
"La fin de la lecture publique de la Torah n'est pas la cause de Sim'hat Torah : c'est Sim'hat Torah ("la joie de la Torah") qui nous conduit à finir la lecture de la Torah en nous sentant intimement proches de Lui.
Grâce à Sim'hat Torah, nous pouvons recommencer depuis le début (Béréchit) avec une nouvelle compréhension et avec de nouvelles forces acquises pendant le mois de Tichri."

-> Le rav Friedlander de s'exprimer également en disant (Sifté 'Haïm) :
"Il n’existe pas de plus grande expression de l’essence de Chémini Atsérèt, un jour complètement consacré à la proximité avec D., que de se réjouir avec la Torah que D. donna à Son peuple, par laquelle nous nous attachons à D."

=> Il n’existe pas de joie aussi unique pour le peuple juif que celle que nous éprouvons pour la Torah.

<-------------------------->

-> On peut également rapporter les paroles de Rabbi Chimchon Pinkous sur ce sujet :
"Le travail spirituel de Chémini Atsérèt consiste à se rapprocher de D. et à s’attacher à Lui sans accomplir de mitsvot spécifiques.

L’influence de la fête de Chémini Atsérèt imprègne chaque jour de l’année. C’est le lien étroit entre D. et le peuple juif …
A travers cela, une personne se construit tout au long de l’année afin d’arriver à la perfection de son être.

Cette joie est le désir de se connecter à D.
A ce sujet, le Zohar haKadoch écrit qu’étant un jour de joie, toutes les portes sont ouvertes à Chémini Atsérèt.
Le pouvoir de son influence de désir [de D.] et la joie sont plus grands que tous les autres jours."

=> Chémini Atsérèt est le point de bascule d’un monde empli de mitsvot particulières à un monde de mitsvot "habituelles" et nous propulse vers l’avant, fortifiés d’un judaïsme et d’une connexion à D. nouvellement renforcés.

<------------------------->

+ Danser à Sim'hat Torah

-> Le jour où la Torah a été donnée à Israël, comme la Michna (Taanit 4,6) l’enseigne, est considéré comme le : "Jour de Son (celui de D.) mariage (avec Israël)."
La Torah nous lie éternellement à D.
En nous réjouissant avec la Torah, nous fêtons la relation que nous entretenons avec Lui.

-> Il est écrit dans la michna Béroura (669,11) :
"Une personne doit se démener en dansant et chantant pour la gloire de la Torah, comme il est écrit à propos du Roi David qu’il sautait et dansait de toutes ses forces devant D. (Chmouel II 6,16).
C’est aussi rapporté au nom du Arizal.

De plus, il est dit au sujet du Arizal qu’il a atteint ses niveaux spirituels les plus élevés lorsqu’il était galvanisé pour la joie de la mitsva.
Il est aussi écrit que le Gaon de Vilna dansait de toutes ses forces devant les rouleaux de la Torah."

-> "Les danses à Sim'hat Torah sont si élevées et sublimes que même l'ange Michaël descend sur cette terre et il collecte tout ce qui est tombé à terre suite aux danses des juifs, comme les lacets déchirés.
Ensuite, il les utilise afin de créer une couronne pour exhiber la splendeur du peuple juif."
[le Baal Chem Tov]

-> Le rav Yits'hak Berkovits a dit :
" "Cette grande Nation [le peuple juif] est sage et intelligente (Dévarim 4,6)."
Nous aimons la sagesse de D. !
Nous en sommes fous : je ne connais pas d’autre Nation qui se lève, chante et danse avec leurs livres comme nous le faisons à Sim‘hat Torah.
Avez-vous déjà vu un professeur chanter et danser avec ses livres ?"

-> Quelle est la cause de cette grande joie à Sim'hat Torah ?
C’est notre sainte Torah !
Les autres nations se réjouissent-elles lorsqu’elles tiennent leurs livres saints ?

-> On peut égaler rapporter les propos du Rabbi Eliyahou Kitov (Séfer haTodaa) :
"Comme les Sages l’ont dit : "Depuis le jour où le Temple a été détruit, D. n’a plus de Présence en Son monde si ce n’est les 4 coudées de la halakha" (guémara Béra'hot 8a).
Comment est-ce possible, qui a pu confisquer Son monde à D. ?

L’explication en est que la Présence divine ne repose que dans un endroit où règne la joie, et non la tristesse.
Après la Destruction, le monde entier était plongé dans la désolation et l’affliction. Tout en était affecté, même les mitsvot [cf.Michna - Sotah 9,12-13].

La Torah et les " 4 coudées de la halakha", cependant, ne furent pas altérées, et la joie de la Torah est toute aussi parfaite qu’elle ne l’était avant la Destruction.
Par conséquent, la Présence divine continue à y résider et se réjouit avec Israël le jour de Sim‘hat Torah."

<--------------------------->

+ Sim'hat Torah : Proclamer la royauté de D.

-> Avant les hakafot de Sim'hat Torah, on chante les versets : "On te l'a montré afin que tu saches que seul Hachem est D., qu'il n'en est pas d'autre que Lui" (Dévarim 4,25) et : "On dira en ce jour : Voici notre D. en qui nous avons placé notre confiance pour être secourus, voici Hachem en qui nous espérions, exultons, réjouissons-nous de Sa délivrance" (Yéchayahou 25,9).

Nos Sages ont demandé de lire ces versets qui se rapportent aux temps messianiques ; à cette époque, il sera clair pour tous que le monde entier est régi par Sa seule volonté.
Ainsi, Rabbi El'azar déclara : "D. organisera une danse pour les justes ; Il s'assiéra avec eux dans le jardin d'Eden et chacun le désignera avec le doigt." (guémara Taanit 31a sur le verset ci-dessus Yéchayahou 25,9).

[nous dansons en cercle à l'image des tsadikim qui danserons en cercle autour de Hachem.
A ce sujet, le Gaon de Vilna était très strict concernant ceux qui se posent près de la bimah. En effet, comment peuvent-ils prendre la place de Hachem qui sera dans le futur au centre du cercle! ]

=> A la fin des jours de repentir qui ont commencé à Roch Hachana, on peut reconnaître clairement, à Chemini Atséret et à Sim'hat Torah, qu' "il n'en est pas d'autre que Lui".

Il est écrit : "Lorsque Chemouel aperçut Chaoul, D. lui déclara : "Voici l'homme dont Je t'ai parlé ; c'est lui qui régnera (ya'atsor) sur Mon peuple".
A partir de ce verset, le Zohar établit que le nom de la fête, Atséret, fait référence à la royauté.

=> Chémini Atséret est le jour de la révélation parfaite de la royauté divine .

[n'oublions pas de la faire régner sur nous-même avant de la faire régner plus largement.]

<---------->

-> Le rav Avraham Shalom de Stropkov disait :
"Hachem nous ordonne de chanter et de danser en ce jour saint [de Sim'ha Torah], mais comment un juif peut-il être véritablement heureux alors que nous sommes empêtrés dans un difficile exil?
La réponse est qu'en réalité Hachem nous teste afin de voir comment nous allons réagir : Serons-nous tristes et amers, prouvant par là que n'avons aucune foi dans la guéoula prochaine? ou bien réaliserons-nous joyeusement son commandement, car nous croyons que notre Père, notre Roi, va nous sauver très bientôt?"

=> Pendant les hakafot, en imitant dans la joie ce qui sera le sort des tsadikim au temps du machia'h, nous démontrons que nous sommes confiants dans son arrivée très prochaine, en plus d'une expression de notre ardente aspiration à vouloir par notre comportement faire partie des tsadikim (être au top de ce que l'on peut faire selon les valeurs juives!).