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Faire téchouva avant d’être âgé

-> Nos Sages (Béra'hot 34b) disent que là où se tiennent les pénitents (ceux qui ont fait téchouva), même les tsadikim parfaits ne peuvent se tenir.
Il faut savoir que cette affirmation ne s’applique pas à toutes les formes de repentance, car elles ne se valent pas toutes. Si une personne se repent alors qu’elle est encore dans la fleur de l’âge et capable de fauter, c’est très différent de lorsqu’elle se repent à la fin de sa vie, alors qu’elle est faible et fragile.
De même, si une personne se repent par amour (d'Hachem), c’est très différent de lorsqu’elle se repent par crainte.

Tant qu’une personne persiste dans ses mauvaises voies, elle est considérée comme éloignée d'Hachem, comme le dit le verset : "Hachem est loin des réchaïm" (Michlé 15,29).
Lorsqu’une personne se repent, elle est considérée comme proche d'Hachem, comme le dit le verset : "Paix, paix, pour ceux qui sont loin et pour ceux qui sont près" (Yéchayahou 57,19).
[...]

Les personnes qui font téchouva entre 30 et 50 ans, alors qu’elles sont encore dans la fleur de l’âge, sont considérées comme supérieures aux tsadikim parfaits.
[...]

"Quiconque accomplit ne serait-ce qu’une seule mitsva s’est acquis un défenseur [c’est-à-dire un ange protecteur]" (Pirké Avot 4,11).
Chaque mitsva qu’une personne accomplit crée un ange. Par conséquent, plus une personne accomplit de mitsvot, plus d’anges [elle a à ses côtés] pour la défendre.

Une personne qui se repent par amour ; même les fautes qu’elle a commises intentionnellement sont transformés en mérites (voir Yoma 86b). Une telle personne a deux armées à son service ; l’une provient des mitsvot qu’elle a accomplies, et l’autre de ses fautes qui ont été transformés en mérites.
[rabbi Yaakov Abou'hatséra - Pitou'hé 'Hotam - Nasso 4,22-24]

-> Le guémara (Shabbath 118b) déclare : "Si le peuple juif observait 2 Shabbath, il serait immédiatement racheté/délivré."
Lorsqu'une personne observe correctement le Shabbat, elle en retire une vitalité et une subsistance spirituelle pour toute la semaine qui suit, ce qui lui permet de servir Hachem cette semaine-là. [Zohar 1:75b]
Et lorsqu'une personne sert Hachem toute la semaine, il lui est plus facile d'observer correctement le Shabbat suivant. Et c'est ainsi que le cycle se poursuit.

Sur cette base, nous pouvons résoudre une contradiction apparente.
Dans la guémara (Yérouchalmi Taanit 1:1), il est dit : "Si le peuple juif observait un seul Shabbath, il serait immédiatement délivré."
Pourtant, dans la guémara (Bavli), il est question de 2 Shabbath, comme cité plus haut.

L'observation d'un seul Shabbat est d'une importance capitale. Lorsqu'une personne observe correctement ne serait-ce qu'un seul Shabbat, la semaine suivante, elle servira Hachem avec un cœur pur, et par conséquent, il lui sera facile d'observer correctement le 2e Shabbat.
Par conséquent, il est de la plus haute importance d'observer comme il faut un seul Shabbath. En observant correctement un seul Shabbat, l'observance du 2e Shabbat est facilitée, et de même pour le Shabbat suivant, et ainsi de suite.
[rabbi Lévi Its'hak de Berditchev - Kédouchat Lévi - Ki Tissa 31,16 ]

=> Chaque Shabbat que nous observons nous aide à mieux observer le Shabbat suivant.

Torah & plaintes du Satan

+ Torah & plaintes du Satan :

-> Hachem a donné la Torah au peuple juif dans une manifestation publique de puissance qui a retenti à travers le monde entier. Même les animaux écoutaient dans un silence parfait la voix impressionnante de Hashem alors qu’Il nous donnait la Torah.
Le midrach (Chémot raba 29,9) déclare ainsi :
"Lorsque Hachem a donné la Torah, aucun oiseau ne gazouillait, aucune vache ne meuglait, aucun ange ne volait, et aucun ange de feu ne disait : "Saint, saint, saint". L’océan ne bougeait pas et les créatures ne parlaient pas. Le monde entier était silencieux lorsque la voix s’éleva pour dire : "Je suis Hachem, ton D." ... afin que toute la création sache qu’il n’y a rien d’autre que Lui."

-> Malgré cette grande manifestation publique, la guémara (Shabbath 89a) nous rapporte néanmoins qu’après le don de la Torah, le Satan demanda où se trouvait la Torah et partit la chercher sur Terre :
Après que Moché eut redescendu de la présence d'Hachem, le Satan vint vers Hachem et dit : "Maître de l’Univers! Où est la Torah?"
"Je l’ai donnée à la Terre", répondit Hachem.
Satan se rendit alors sur Terre et lui demanda : "Où est la Torah?"
La Terre répondit en citant le verset : "D. comprend ses voies, Il connaît sa place (Iyov 28,20).
Le Satan se rendit ensuite vers la mer et les profondeurs, et demanda où était la Torah, mais celles-ci répondirent : "Les profondeurs dirent qu’elle n’était pas en elles, et la mer dit qu’elle n’était pas avec elle".
La destruction et la mort dirent : "Nous en avons entendu parler (de la grandeur de la Torah, mais cela dépasse l’entendement) (Iyov 14,22)".
Finalement, Satan retourna vers Hachem et dit : "Maître de l’Univers, j’ai fouillé le monde entier, mais je ne l’ai pas trouvée".
"Va vers (Moché), le fils d’Amram", lui dit Hachem.

Il se rendit alors auprès de Moché et lui demanda : "Où est la Torah que Hachem t’a donnée?"
"Qui suis-je pour que Hachem me donne la Torah?" répondit Moché.
"Moché, es-tu malhonnête?" lui demanda Hachem.
"Maître de l’Univers, la Torah est le trésor caché dont Tu te réjouis chaque jour. Comment pourrais-je prétendre qu’elle m’appartient?" dit Moché.
"Puisque tu t’es humilié, la Torah portera ton nom, comme il est écrit : "Souviens-toi de la Torah de Mon serviteur Moché" (Mala'hi 3,22), dit Hachem.

-> Tossafot demande : si le monde entier a entendu Hachem donner la Torah aux Bné Israël, comment se fait-il que le Satan soit le seul à ne pas en avoir entendu parler?
Tossafot répond en se basant sur le midrach (voir Bamidbar raba 12,3), qui affirme qu'Hachem a détourné l’attention de l’Ange de la Mort (le Satan et l'Ange de la Mort sont les mêmes - Baba Batra 16a), pendant le don de la Torah, afin qu’il n’intervienne pas.

-> Le Maharal de Prague (Tiféret Israël - chap.23) explique que tant que Moché était au Ciel, Satan avait connaissance de le don de la Torah et ne s’y opposait pas.
Ce n’est que lorsque la Torah fut descendue sur Terre qu’il y eut une occasion pour Satan d’intervenir avec ses objections. En effet, l’homme est composé d’une âme sainte et céleste, unie à un corps physique grossier. L’âme est digne de la Torah.
Par conséquent, tant que Moïse était au Ciel, attaché à Hachem, il était clairement apte à recevoir la Torah. Cependant, lorsqu’il s’est détaché du Ciel pour descendre sur Terre, les objections ont commencé, car ce monde physique inférieur n’est pas digne de la Torah.

C’est pourquoi la guémara nous dit que ce n’est qu’après la descente de Moché que Satan est venu vers Hachem et lui a demandé où se trouvait la Torah.
Cela ne doit pas être compris comme une question innocente concernant l’emplacement de la Torah, mais comme une plainte contre le don de la Torah.
Comment la sagesse transcendante de la Torah pouvait-elle trouver sa place dans ce monde physique etsi bas? Hachem envoya alors le Satan fouiller le monde jusqu’à ce qu’Il lui dise finalement d’aller trouver Moché. En raison de sa grande humilité, Moché était un réceptacle apte à recevoir la Torah.

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-> Le rabbi Yaakov Abou'hatséra (dans Dorech Tov) enseigne :
La plainte du Satan, et sa recherche de la Torah, ne se sont pas produites immédiatement après le don de la Torah. Le Satan n’est intervenu qu’après le péché du Veau d’or. Il a alors trouvé un moment opportun pour renforcer les affirmations que les anges avaient faites depuis le début.

"Pourquoi n’as-Tu pas écouté nos plaintes, lorsque nous avons dit que la Torah devait rester au Ciel? Maintenant, il est clair pour tous que les Bné Israël sont incapables d’observer la Torah!", a-t-il dit.

Tel était le sens profond de la question du Satan : "Où est la Torah?"
Il savait que la Torah avait été donnée aux Bné Israël, mais il voulait poser cette question de manière rhétorique, comme pour dire : "Pourquoi as-Tu donné la Torah aux Bné Israël? Pourquoi ne l’as-Tu pas gardée au Ciel? Regarde à qui Tu as donné la Torah, et regarde ce qu’elle est devenue."

Le jour de Roch Hachana, le livre des vivants ainsi que le livre des morts sont ouverts.
[guémara Roch Hachana 16b]

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=> Ainsi, ce ne sont pas seulement les vivants qui sont jugés mais également les morts.
[on met à jour toutes les conséquences directes et indirectes (ex: actions des descendants, mais aussi par exemple une bonne parole qu'on aura dit à une personne et qui aura changé positivement sa journée, vie/descendance, ...) ]

Shabbath & Chemita

+ Shabbath & Chemita :

-> Dans l'avenir, lorsque la faute de l'Arbre de la Connaissance du bien du mal sera réparée, il n'existera plus la moindre nécessité de peiner physiquement pour obtenir sa subsistance, comme il est rapporté dans la guémara (Shabbath 30b) : "Rabban Gamliel a enseigné que lorsque le Machia'h viendra, le sol de la terre d'Israël est appelé à donner des miches de pain déjà faites et des vêtements de laine fine, comme il est écrit: «Il y aura une abondance de blé sur la terre" (Téhilim 72,16)."
Ainsi, il n'y aura nul besoin de moudre les grains de blé pour en faire de la farine et réaliser les miches de pain car c'est la terre elle-même qui fera sortir directement des miches de pain prêtes à la consommation, sans aucun effort à fournir pour l'homme. C'est en ce sens que durant le chabbat, qui constitue 1/60ème du monde futur, il sera interdit de faire un travail.

Le Méor Enayim dit : "Ainsi, nous avons reçu l'ordre d'observer durant Shabbat les 39 travaux interdits car la création a été conçue à la condition que l'homme ne fournisse aucun travail, si ce n'est le service divin, tout comme le monde se conduira dans l'avenir. Cependant, à cause de la faute d'Adam Harichon, la terre a été maudite de 39 malédictions et est à l'origine des 39 travaux interdits, tels que semer ou labourer ...
Le Shabbat étant 1/60ème du monde futur, il est donc nécessaire d'imposer un repos des 39 travaux afin que tout soit prêt comme ce sera le cas dans l'avenir". (tikouné Zohar 48,85a)

-> Le Agra déKala (Béhar - dibour 2) explique que l'interdit de travailler la terre durant la 7e année est une allusion au 7e millénaire de la création du monde qui sera entièrement chabbat, en ces termes : "Dans la mesure où les travaux de la terre, des champs et des vignobles sont la conséquence de la faute d'Adam Harichon, en ce sens, le commandement positif de la Chémita est une allusion à la Délivrance future (guéoula), lorsque la terre fournira son fruit sans écorce et sans ronces, c'est-à-dire sans aucun mélange de bien et de mal, ceci en allusion à la disparition de la souillure du serpent dans le monde."

-> Le Shvilé Pin'has ajoute que le 7e jour, nous observons le Shabbat, qui est un 7e de la globalité de la semaine. En cela, tous les sept ans, la terre se repose et observe son chabbat durant la totalité de la septième année.
Ainsi, nous pouvons unir le 7e jour de la semaine avec la septième année car de la même façon que durant le jour de Shabbat, il est interdit de réaliser un travail quelconque parce qu'il représente 1/60ème du monde futur et que l'homme n'aura pas besoin de travailler matériellement la terre, il en est de même pour l'année de Chemita qui présente les mêmes caractéristiques : il s'agit donc d'un chabbat de la terre où il est interdit de travailler les champs.

Elle fait également allusion aux temps à venir lorsque nous aurons obtenu le mérite de compléter la réparation.

L’erreur des élèves de rabbi Akiva

+ L'erreur des élèves de rabbi Akiva :

-> Rabbi Akiva enseigne : "Tu aimeras ton prochain comme toi-même" (Kédochim 19,18), qui est le principe fondamental de la Torah.

-> Rabbi Akiva exprima ce principe fondamental de la Torah après la tragédie qui frappa ses 24 000 élèves. Ceux-ci se rendirent coupables de mort car ils ne se respectaient pas les uns les autres. (Yébamot 62b)
Dans quelle mesure ne se respectèrent-ils pas les uns les autres?

Ils ne se respectaient pas dans le domaine spirituel. En effet, une des explications de ce manque de respect est que les élèves ne partageaient pas la Torah de leur Maître les uns avec les autres, voyant d'un mauvais œil le fait de partager la totalité de leur savoir avec d'autres.
Cet égoïsme qui entraina une rétention intentionnelle de diffusion de la Torah, qui est aussi vitale pour l'homme qui aime D. que l'air qu'il respire, entraina mesure pour mesure le décret de mort.

Cependant, dans le domaine matériel, un homme devra se protéger avant celle d'autrui. Ainsi l'adage "Tu aimeras ton prochain comme toi-même" (Kédochim 19,18) est applicable en toute circonstance, toutefois s'il s'agit d'un cas de vie ou de mort, notre propre survie passe avant celle d'autrui.
[Tsor ha'Haïm - A'haré Mot]

10 jours téchouva

+ 10 jours téchouva :

-> Rabbi Tsadok Hacohen de Lublin (Pri Tsadik - Toldot - ot.6) : "A chaque fois qu'est mentionné le nombre dix, ceci est une allusion aux dix Paroles de la création du monde, aux dix Attributs qui émanent de D. dans la creation du monde."

-> C'est en ce sens que le Ben Ich 'Haï (dans son Ben Yéhoyada) commente la guémara (Kidouchin 49b) : "Dix mesures de Sagesse sont descendues dans le monde". Il n'y a pas de question à se poser à propos du nombre dix car il n'existe aucune abondance dans le monde qui ne provienne de la source directe des dix Paroles créatrices, correspondant aux dix Attributs. C'est la raison pour laquelle le monde fut créé par dix Paroles.

-> Le Sfat Emet (Roch Hachana 5662) ajoute sur ce point :
"C'est la raison pour laquelle Hachem nous a donné les dix jours de repentir, entre Roch Hachana et Yom Kippour, afin de pouvoir réparer durant cette période le dommage que nous avons créé aux lettres des dix Paroles créatrices.
Les bonnes actions et le repentir nous permettront d'être inscrits parmi les tsadikim qui contribuent au maintien du monde par les dix Paroles créatrices. C'est donc par le mérite de cette réparation que le Maître de l'univers renouvelle sa création afin que l'on puisse recevoir une grande abondance issue des Paroles créatrices."

Partager les peines et les joies du peuple, de la Terre sainte et de Jérusalem

+ Partager les peines et les joies du peuple, de la Terre sainte et de Jérusalem :

-> Lors de la destruction du Temple, quand le peuple d'Israël fut exilé de son pays à cause de ses fautes, Hachem se retira dans les hauteurs, pour ne pas voir le Temple détruit et Son peuple en exil.
A ce moment-là, la Chékhina partit en exil avec les Bné Israël.
Lorsque Hachem redescendit, Il vit le Temple brûlé et le peuple en exil. Il demanda des nouvelles de la "reine", la Chékhina (présence de D. dans ce monde), et voilà qu'elle était partie en exil.
Alors, "Hachem, le D. des armées, invita en ce jour à pleurer, à se lamenter, à se raser la tête et à ceindre un cilice" (Yécha'ya 22,12).

Et à propos de la Chékhina aussi, il est dit : "Pleure, comme une vierge ceinte d'un cilice pleure l'époux de sa jeunesse" (Yoel 1,8) qui n'est plus là, car il s'est éloigné et séparé d'elle.
Même le ciel et la terre se sont affligés, puisqu'il est écrit : "Je revêts les cieux d'un crêpe et Je les drape d'un sombre cilice" (Yéchayahou 50,3).
Les anges en firent autant, car il est dit : "Voilà les braves guerriers qui se lamentent dans les rues, les anges de paix qui pleurent amèrement" (Yéchayahou 33,7).

De même, pour le soleil et la lune, dont la lumière fut assombrie, comme il est dit : "Le soleil sera obscurci dès son lever, la lune ne jettera plus de clarté" (Yéchayahou 13,10).
Tous les êtres Supérieurs et inférieurs pleurèrent. Pourquoi?
Parce que les forces du mal régnaient sur les Bné Israël et sur la Terre sainte. Puisque la royauté céleste a été rabaissée tandis que la royauté scélérate s'est renforcée, chacun doit prendre le deuil et se sentir rabaissé avec elle.
Celui qui le fait se réjouira avec elle lorsque la royauté céleste se relèvera et que le monde entier sera en liesse, comme il est dit : "Réjouissez-vous avec Jérusalem et soyez dans l'allégresse à cause d'elle, vous qui l'aimez! Prenez part à sa joie, vous tous qui étiez en deuil à son sujet! (Yéchayahou 66,10).
[Zohar - Vayigach 210a ]

Dans la guémara (Yoma 86b), Rabbi Yossé bar Yéhouda déclare : Quand un homme commet une faute une, deux ou trois fois, on lui pardonne ; mais pas la quatrième fois.
En effet, il y a trois séparations devant la Chékhina. Des anges se trouvant dans chacune d'elle "bloquent" la faute et obtiennent son absolution avant qu'elle ne parvienne à Hachem.
Mais la quatrième fois, la faute arrive jusqu'à Lui et il est impardonnable, comme il ressort du verset dénonçant "le peuple qui M'irrite toujours (à plusieurs reprises, jusqu'à ce que la faute parvienne), devant Ma face" (Yéchayahou 65,3).
[Daat Zékénim Baalé haTossafot - Nitsavim 30,2 ]

Le regret

+ L'une des principales étapes de la téchouva : le regret

-> L'essentiel du repentir, c'est le regret d'avoir commis des méfaits.
Le repenti se demande comment il a pu souiller son âme en idolâtrant son mauvais penchant, en échangeant le monde éternel contre un monde éphémère et en se conduisant comme un animal, comme un insensé. Il sent avoir perdu tout droit à l'existence, après avoir utilisé à mauvais escient la sagesse que le Créateur lui avait accordée pour Le connaître, Le craindre et dominer ses instincts.
Puisqu'il a agi sans réfléchir et en faisant totalement abstraction du Maître de l'univers, il se considère encore moins qu'un animal, car "un bœuf connaît son possesseur, un âne la crèche de son maître" (Yéchayahou 1,4).
[...]

L'une des principales composantes du repentir, c'est la profonde affliction d'avoir désobéi au Créateur et au Bienfaiteur, et non un simple sentiment de tristesse, comme celui que l'on éprouve lors de la perte d'une petite somme d'argent.
Un tel repentir atteint un très haut niveau.
[...]

Provenant de la pureté de l'âme, qui émane des mondes supérieurs, la tristesse d'avoir commis une faute est agréée autant que de lourdes souffrances physiques, car un roi accorde plus facilement la grâce à ses gens, proches de lui, qu'à ceux qui sont vils et éloignés.
[Rabbénou Yona - Chaaré Téchouva 2,4]