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Chaque jour, chacun doit personnellement "sortir d’Egypte", c’est-à-dire qu’il doit échapper aux limites, aux tentations et aux obstacles que son existence physique place sur le chemin de sa vie spirituelle. Le pendant de la libération d’Egypte est la libération de l’âme divine des contraintes de son environnement physique.
Et cela doit être vécu chaque jour si l’on veut atteindre la véritable liberté. Et lorsqu’elle est atteinte, comme elle doit l’être, avec l’aide de D.i qui a libéré notre peuple d’Égypte, et à travers une vie de Torah et de mitsvot, une grande angoisse spirituelle prend fin.
[rav Jonathan Sacks ]

Chochanat Yaakov

+ Chochanat Yaakov (selon le Sfat Emet) :

Dans ce chant, il est écrit :
- "téchou'atam ayita lanétsar" (Tu es leur salut éternel) ;
- "léodia shékol kové'ha lo yévochou" (pour faire savoir que tous ceux qui espèrent en Toi ne seront pas couverts de honte).

-> Cette strophe du chant "chochanat Yaakov" offre une note de réconfort à chaque juif, même à ceux qui sont éloignés des normes de la Torah.
"Ton aide" (téchou'atam) au moment du miracle de Pourim témoigne de la volonté d'Hachem est d'aider éternellement les huifs (lanétsar).
De même qu'à l'époque du miracle de Pourim, Hachem a sauvé (libéré) Israël en dépit de son absence totale de mérite, de même les générations futures de juifs seront libérées en dépit d'un état [spirituel] inférieur.

Nous poursuivons [ce chant] que : "tous ceux qui espèrent en Toi ne connaîtront pas la honte, ni l'humiliation, ceux qui se réfugient en Toi" (shékol kové'ha lo yévochou vélo yikalmou lanétsar kol a'hossim ba'h) = tous ceux qui cherchent Hachem ne connaîtront jamais la honte.
D'une façon similaire, le roi David dit : "Soyez forts, ayez le cœur ferme, vous tous qui espérez en Hachem!" (Tehillim 31,25) = renforcez votre cœur, tous ceux qui cherchent Hachem, et ce quelles que soient vos erreurs passées.
[Sfat Emet - Pourim 5660]

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-> "Tu as été leur salut éternel, et leur espoir à travers les générations" (téchou'atam ayita lanétsar vétikvatam bé'hol dor vador) :
Le miracle de Pourim est présenté ici comme le salut de toutes les générations futures de juifs, en raison de l'intention d'Haman d'éliminer jusqu'au dernier vestige de la vie juive, affectant non seulement cette génération, mais aussi d'innombrables générations futures de juifs.
De même que la sortie d'Egypte doit être perçu comme un événement annuel, et non comme un simple souvenir historique des événements passés, de même le miracle de Pourim doit être perçu comme se produisant chaque année.
Si Haman avait réussi, nous ne serions pas ici aujourd'hui. L'expression : "il (Haman) a cherché à me détruire" (acher bikech léabédi), transmet le message de salut personnel que nous célébrons chaque année à Pourim.

En revanche, Mordé'hai a été un tsadik pour toutes les générations. Comme le conclut la Méguila : "il a été un porte-parole de la paix pour toute sa postérité (zar'o - semence)" (védover shalom lé'hol zar'o).
[Sfat Emet - Pourim 5646]

Délivrance d’Egypte & Délivrance finale

+ Délivrance d'Egypte & Délivrance finale :

-> Rabbénou Bé'hayé (Kad haKéma'h - Soucca) enseigne que tous les Néviim (prophètes) prophétisent à l'unanimité que la Guéoula Cheléma s'inscrira en parallèle à la première guéoula, la délivrance d'Égypte.

Lorsque nous quittâmes l'Égypte, nous entrâmes dans un désert. De même, lorsque le machia'h viendra, le peuple juif devra également traverser un désert. Hachem guidera et soutiendra ces futurs voyageurs tout comme il le fit pour le peuple juif dans le désert.

Rabbénou Bé'hayé (Kad haKéma'h - 'Hanoucca) avance même qu'une autre ouverture de la mer Rouge se produira à la venue du machia'h, car tous les événements de la sortie d'Egypte se répéteront.
En outre, tout comme Moché Rabbénou fut élevé dans le palais de Pharaon et finit par conduire le peuple d'Israël hors d'Égypte, de même le machia'h viendra d'Édom, et il détruira ensuite celui-ci et conduira le peuple d'Israël vers la liberté.

Le Nétifé Maïm va encore plus loin dans cette idée. Non seulement la Délivrance Finale se déroulera en parallèle avec la sortie d'Égypte, mais la Délivrance d'Egypte constitue le paradigme et la préfiguration de la Guéoula Cheléma. Par conséquent, tous les événements de la sortie d'Egypte rapprochent en réalité les jours du machia'h, car "maassé avot siman labanim".

-> Ainsi, la mitsva de raconter la sortie d'Egypte ne consiste pas seulement à rapporter l'histoire ancienne, mais aussi à lire et à réciter la préfiguration des miracles du futur.
Cette idée est véhiculée par les mots d'ouverture et de clôture de la Haggada.
En effet, celle-ci commence par Ha La'hma Anya, qui renferme la prière : "cette année, nous sommes ici ; l'an prochain, puissions-nous être en terre d'Israël" (achata aba léchana béar'a déIsraël). La dernière phrase de la Haggada proprement dite est dans la même veine : "l'an prochain à Jérusalem" (léchana abaa birouchalayim).

Le Séder de Pessa'h, une célébration de notre départ d'Égypte et de notre transformation en nation de Hachem, se termine par une requête pour le machia'h. C'est curieux, car nous nous attendons à ce que les remarques d'ouverture et de clôture de la Haggada reflètent les événements que nous commémorons actuellement.
À la lumière de ce grand principe, nous pouvons comprendre pourquoi celles-ci sont parfaitement appropriées pour la Haggada.
Les événements de la sortie d'Égypte ne sont pas seulement des événements ponctuels, mais plutôt une préfiguration de notre Délivrance Future. Le but de la soirée est "léavi limot amachia'h", de rapprocher les jours du machia'h.

Ainsi, nous commençons et terminons la Haggada par cette même requête, en demandant à Hachem de répéter ces événements spécifiques et d'amener rapidement le machia'h de nos jours. Nous implorons Hachem de permettre aux événements de la guéoula dont nous discutons au Séder d'atteindre pleinement leur objectif et d'actualiser notre Délivrance Finale.

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-> L'instruction de croire en la délivrance d'Egypte implique de croire et d'aspirer à la Délivrance Finale (guéoula), avec la venue du machia'h.
[Smak - mitsva aléf]

-> Il n'y aura jamais de génération comme celle de la sortie d'Egypte jusqu'à la venue du machia'h"
[Zohar]

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+ Hachem reproduira les Plaies :

-> Rabbénou Bé'hayé (Kad haKéma'h - Pessa'h) explique comment chacune des Plaies avec lesquelles Hachem trappa leségyptiens sera infligée contre Edom dans les jours précédant la venue du machia'h.

Hachem fit en sorte que les eaux d'Égypte se transforment en sang, et cela se reproduira, car Il frappera également Edom avec la plaie de Dam (sang). Cette idée est évoquée dans le verset : "Je ferai des prodiges dans les cieux et sur la terre : du sang, du feu et des colonnes de fumée" (Yoël 3,3).

Les égyptiens souffrirent de la cacophonie de la Maka de Tsefardéa (grenouilles), et Aram devra également faire face à des sons horribles et effrayants. Le prophèteYéchayahou fait référence à cela : "Le bruit du tumulte vient de la ville, un son du Sanctuaire : le son de Hachem payant leur salaire à Ses ennemis" (Yéchayahou 66,6).

La palie des animaux sauvages, sera également reproduite, et elle est référencée dans le verset : "C'est le pélican et le hibou qui en prendront possession ; la chouette et le corbeau en feront leur demeure (Yéchayahou 34,11).
Rabbénou Bé'hayé passe en revue toutes les laies de la série, démontrant que chacune reviendra dans les Temps Futurs (lors de la guéoula finale).

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=> De quelle manière toutes les Plaies seront-elles répétées?

-> Le séfer Pardess Yossef pose une question difficile concernant l'affirmation de Rabbénou Bé'hayé. En décrivant la palie de Arbé (sauterelles), la Torah nous informe : "Et après cela, il n'y aura plus son égal" (véa'harav lo yiyé kén - Bo 10,14).
[voir Rachi (Bo 10,14), comparant les sauterelles du temps du prophète Yoel à celles d'Egypte. ]

De même, en ce qui concerne la plaie des premiers-nés, la Torah rapporte : "comme cela, il n'y en aura plus jamais" (vékamo'ou lo tossif - Bo 11,6) ; il n'y aura plus jamais de cri, de me, tel qu'il y en eut durant la Makat Békhorot.

La Torah déclare explicitement que ces phénomènes ne se répéteront pas. Hachem ne fera plus jamais réapparaître ces deux plaies.
Comment, demande le Pardess Yossef, Rabbénou Béhayé peut-il affirmer que toutes les plaies se reproduiront, alors que la Torah déclare clairement que ces deux plaies-là ne se répéteront jamais?

Le Pardess Yossef cite l'Admuor Mé'Homré Emounim, qui explique que même si Hachem reproduira en fait les plaies sur les nations du monde au moment de la Guéoula Cheléma, ces deux plaies spécifiques seront des exceptions. Elles ne se répéteront pas, car elles seront inutiles.

En Égypte, la plaie de Barad (grêle) cessa avant d'être achevée. Les grêlons de feu restèrent suspendus dans le ciel à la fin de la plaie.
Lorsque Moché demanda à Hachem de mettre fin à la plaie, ces projectiles cessèrent de tomber ; ainsi, toute la destruction prévue n'eut pas lieu. Certaines cultures censées être détruites par le Barad furent épargnées.
Pour achever la destruction des cultures, Hachem envoya alors la plaie des sauterelles. Ainsi, cette plaie avait un but précis: terminer ce que la grêle avait commencé. En fait, lorsque Moché avertit Pharaon de la plaie imminente des Sauterelles, Moché mentionna explicitement qu'elles consommeraient tout ce qui restait après le passage de la la plaie de la grêle (Bo 10,5).

Lorsque la grêle réapparaîtra dans le futur, elle continuera jusqu'à ce que sa mission de dévastation et de destruction soit achevée.
Comme elle aura entièrement accompli sa tâche, les Sauterelles deviendront inutiles, et donc cette plaie ne se reproduira pas.

La plaie des premiers-nés sera tout aussi inutile au temps de la Délivrance Finale. Le prophète Ovadia nous rapporte que toute la nation d'Edom périra : "Il n'y aura pas de survivant dans la maison d'Essav" (vélo yiyé charid lévét Essav - Ovadia 1,18).
Dans le bouleversement qui aura lieu à l'époque du Machia'h, il ne sera pas nécessaire de tuer les premiers-nés édomites, car il n'y aura pas de survivants.

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=> Que nous importe le nombre de plaies qu'il y eut?

-> La révélation de Rabbénou Bé'hayé selon laquelle les Plaies seront reproduites à la venue du machia'h nous livre également un aperçu sur une autre partie de la Haggada.
Dans Maguid, un débat sur le nombre de plaies qu'infligea Hachem sur les "gyptiens est mentionné.
Rabbi Yossé HaGlili est d'avis qu'il y eut 10 Plaies en Égypte et 50 à la Mer des Rouge.
Rabbi Eliézer et Rabbi Akiva ne sont pas d'accord, affirmant respectivement qu'il y eut quarante ou cinquante plaies en Égypte et cinq fois plus à la Mer Rouge.

Pour quelle raison ces Tannaim contestent-ils le nombre de plaies infligées aux Égyptiens? Quelle différence cela nous fait-il de connaître le nombre exact de plaies s'étant produites il y a si longtemps?

La réponse se trouve dans l'idée exposée par Rabbénou Bé'hayé. Nous ne commémorons pas seulement l'histoire ancienne, mais nous attendons aussi avec impatience les miracles futurs en faveur de notre peuple.
Étant donné que les Plaies ayant affligé les égyptiens se reproduiront à l'avenir lorsque le machia'h viendra, une connaissance précise du nombre exact de plaies auxquelles ils furent confrontés nous permettra d'anticiper ce qui se passera dans le futur.
Il nous incombe de déterminer ce nombre précis, car elles se reproduiront toutes.

"6 jours durant, le travail sera effectué, mais le 7e jour sera saint pour vous, jour de repos complet pour Hachem" (Vayakel 35,2)

=> Le verset ne dit pas que nous devons faire le travail pendant 6 jours, mais que le travail sera fait. Quel message la Torah nous transmet-elle en formulant le commandement de cette manière?

Le rav Shlomo Ganzfried (séfer Apiryon) explique :
Seule une personne qui croit honnêtement que sa parnassa vient totalement d'Hachem est en mesure d'éprouver un véritable sentiment de repos le jour de Shabbath.
Une personne qui reconnaît que la quantité de ses efforts ou la perspicacité de ses capacités n'est pas ce qui détermine son revenu est capable de prendre un jour de congé sans regret. Cette personne comprend que les 6 jours ne sont pas différents du 7e.
De même que tout profit tiré du travail pendant les 6 jours n'est dû qu'à la volonté d'Hachem, de même il n'y aura pas de perte de revenu si l'on ne travaille pas le 7e jour. Ses revenus sont dictés par Hachem, et non par ses efforts.

Selon le Kad HaKéma'h (Rosh Hashanah) : au début de l'année, une personne doit veiller à se repentir correctement et à prier avec les bonnes intentions ; ainsi, elle vaincra le yétser ara dès le début, et son Yotser (Créateur - Hachem) l'aidera.
Cela s'applique non seulement au début de l'année, mais à tout ce que nous entreprenons.
[rabbi Yaakov Abou'hatséra - Pitou'hé 'Hotam - Bo 12,2]

"De peur qu'ils ne se frayent un chemin jusqu'à D. pour voir" (Yitro 19,21)

-> Il s'agit de l'interdiction faite par D. au peuple juif, juste avant le don de la Torah, de s'approcher de la montagne.
[Rachi : "Avertis-les pour qu’ils ne montent pas sur la montagne [Sinaï]". (ils n'avaient pas le droit de dépasser une clôture)]

-> Ramban (haEmouna véhaBita'hon 19) explique à propos du verset : "Ne réveillez ni n'éveillez l'amour tant qu'il n'est pas désiré" (Chir haChirim 2,7) que lorsqu'une personne est inspirée par l'amour ou la crainte d'Hachem, elle doit immédiatement accomplir une mitsva, afin de "contracter", c'est-à-dire d'intérioriser, l'amour et la crainte d'Hachem.
Tant qu'on n'accomplit pas de mitsva, on peut être confronté à des batailles internes. Mais une fois qu'on réalise une mitsva motivée par cette crainte et cet amour, l'amour et la crainte sont intériorisés et toutes les luttes s'évaporent.
La mitsva qu'on accomplit sert alors de réceptacle dans lequel l'inspiration d'En-Haut peut se reposer. C'est ce que signifie l'expression : "jusqu'à ce qu'il soit désiré". Le mot pour "il est désireux" (té'hpats) peut également signifier "il devient un récipient".
[voir le commentaire de Ramban (citant Shevouot 38b) dans lequel il relie le mot hébreu 'héféts au mot araméen pour "objet" ['héftsa].

-> Lorsqu'il s'est tenu sur le mont Sinaï pour recevoir la Torah, le peuple juif a éprouvé une crainte et un amour intenses pour Hachem. Ils avaient cependant besoin d'un objet dans lequel ils pouvaient concentrer cette crainte et cet amour.
La guémara (Kidouchin 39b) explique : "Celui qui s'abstient de fauter est considéré comme s'il avait accompli un commandement positif".
En d'autres termes, lorsqu'une personne a l'occasion de fauter mais s'en abstient, c'est comme si elle avait accompli un commandement positif.
Par conséquent, à l'époque du don de la Torah, lorsque le peuple juif a observé la mitsva de ne pas empiéter sur les limites du mont Sinaï, sa crainte et son amour de D. ont été concentrés dans cette mitsva et donc intériorisés, car cela a été considéré comme s'ils avaient réalisé un commandement positif.

C'est pourquoi la fête de Shavouot, qui célèbre le don de la Torah, est également appelée Atséret (guémara Méguila 30b), ce qui signifie "clôture" et "arrêt".
Le peuple juif a ressenti cet amour et cette crainte de D. juste avant le don de la Torah, et nous revivons cette anticipation chaque année à la veille de la fête de Shavouot.
Comme le disent nos Sages à propos du verset : "Moché rapporta les paroles du peuple à D. ... et ils dirent : "Tout ce que D. a dit, nous le ferons et nous y obéirons"" (Yitro 19,8).
Au moment du don de la Torah, une fois qu'ils ont observé le commandement de ne pas s'approcher de la montagne, la crainte et l'amour qu'ils éprouvaient ont été intériorisés. C'est pour cette raison que cette fête est également appelée Atséret, ce qui signifie "clôture", afin de commémorer cette dévotion.

[rabbi Lévi Its'hak de Berditchev - Kédouchat Lévi - Yitro 19,21 ]

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-> Il est nécessaire de canaliser l'amour et la crainte de D. dans une expression pratique (mitsva positive ou négative) afin qu'ils ne se dissipent pas. À Shavouot, nous pouvons faire l'expérience de la gloire transcendante et cachée de D.

Absence du Nom d’Hachem

"Sont consignés dans le livre des chroniques des rois de Médie et de Perse" (Esther 10,2).

=> De nombreux commentateurs posent la question suivante : pourquoi le nom de Hashem n'apparaît-il pas dans la Megillah ?

-> Le rav 'Haïm Kanievsky rapporte une réponse donnée par Ibn Ezra (introduction à la Méguila). Comme la Méguila faisait partie des chroniques de la Perse et de la Médie, comme l'indique le verset ici, Mordé'haï soupçonnait que la Méguila serait traduite dans les langues de ces pays. Si tel était le cas, les Perses idolâtres pourraient supprimer le nom d'Hachem et le remplacer par les noms de leurs divinités.
Plutôt que de laisser cela se produire, Mordé'haï a choisi d'omettre le nom de Hachem de toute la Méguila.

Pourim = remercier Hachem

"Et ces jours doivent être commémorés et célébrés" (Esther 9,28).

-> La Méguila ne dit pas simplement que les jours de Pourim doivent être observés.
La Méguila ajoute que ces jours doivent être commémorés. Cela signifie que nous ne devons pas simplement accomplir les mitsvot de Pourim ; mais plutôt, tout en observant ces mitsvot, nous devons nous souvenir de la raison de la célébration : nous devons nous souvenir du miracle de notre salut et en remercier Hachem.
[rav 'Haïm Kanievsky]

Pourim & convertis

+ Pourim & convertis :

"Les juifs confirmèrent et s'engagèrent, pour eux-mêmes, leur postérité et tous ceux qui pourraient se joindre à eux, à observer sans faute ces deux jours" (Ether 9,27).

-> Tous ceux qui pourraient se joindre à eux fait référence aux convertis qui rejoignent le peuple juif (Rachi).
Ce verset enseigne donc que tous les convertis sont tenus d'observer la fête de Pourim. Mais pourquoi le verset a-t-il besoin de le mentionner? Après tout, un converti est un juif à part entière et est tenu de respecter toutes les mitsvot.

La mitsva de Pourim n'est pas une mitsva ordinaire. C'est une fête destinée à remercier Hachem pour le salut dont ont bénéficié nos ancêtres. Le Choulhan Aroukh (Ora'h 'Haïm 218:4) stipule que lorsqu'une personne ou une communauté bénéficie d'un salut miraculeux, elle et tous ses descendants sont tenus de commémorer cet événement chaque année afin de remercier Hachem pour ce salut.
C'est là l'essence même de Pourim : commémorer l'occasion où nos ancêtres ont connu un salut personnel. Ainsi, un converti, qui n'est pas un descendant de ceux qui ont été sauvés à Pourim, n'a pas besoin d'observer cette fête.

Pourquoi alors les convertis observent-ils Pourim?
Les convertis bénéficient en effet du salut des juifs à Pourim, car si les juifs avaient été exterminés, les convertis n'auraient jamais eu l'occasion de rejoindre le peuple juif. Pour les convertis, la célébration du miracle de Pourim est comme un miracle qui serait arrivé à leur maître de Torah ; une personne doit célébrer le salut de son maître, car l'élève n'aurait pas pu étudier la Torah si son maître n'avait pas été sauvé (Ora'h 'Haïm 218:6). C'est pourquoi les convertis sont tenus de célébrer Pourim.
[rav 'Haïm Kanievsky]

L’exil en Egypte (5e partie)

+++ L'exil en Egypte (5e partie) :

-> En Egypte, miraculeusement, un juif qui s'approchait du Nil avec un bidon pouvait facilement attraper de petits poissons qui nageaient directement dans le récipient. [midrach Chémot rabba 1:12).

En ce sens, Lorsque les femmes se rendaient au Nil pour puiser de l'eau pour leurs maris, de petits poissons nageaient miraculeusement dans leurs jarres qu'elles emportaient ensuite pour nourrir leurs maris avec l'eau qu'elles avaient recueillie. Les femmes restaient ensuite avec leurs maris pour les encourager et les soutenir. Pour cet acte, la guémara (Sotah 11b) les qualifie de "justes" et écrit qu'à leur mérite, la nation entière a mérité la rédemption.
Il est intéressant de noter que le Maharcha ('Hidouché Halakhot) note que les poissons qui ont nagé dans les jarres ont fait allusion à la prolifération de la nation.

Cependant, Rabbénou Bé'hayé (Béaaloté'ha 11,5) écrit que les égyptiens n'autorisaient le peuple juif à manger que du poisson pourri âgé de 4 ou 5 jours.
Le Toldot Its'hak (Béaaloté'ha 11,5) explique que les égyptiens donnaient même le poisson gratuitement à leurs esclaves juifs afin qu'ils souffrent et meurent en mangeant le poisson putride.

Afin de les maintenir en vie avec le strict minimum, Pharaon alloua de la matsa à ses esclaves, car la matsa est un aliment lourd et très lent à digérer. Ainsi, on peut survivre avec de très petites quantités (Aboudraham - Pérouch haHaggada 4).
Pour nous en souvenir pendant la nuit du Séder, la Haggada nous demande de déclarer sur la matsa : "Ceci est le pain d'affliction que nos ancêtres ont mangé dans le pays d'Égypte".

-> Le Alchikh haKadoch (Torat Moché - Chémot 1,7) explique que la bénédiction accordée à la nation juive en esclavage était que les femmes donnent naissance immédiatement, 9 ou 10 mois après la naissance de leurs enfants précédents.

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-> Le midrach (Yalkout Réouvéni - Arachim Kelev 10) explique que les magiciens égyptiens utilisaient la sorcellerie pour garder les frontières de l'Égypte en formant des portes à partir d'images d'animaux tels qu'un cheval ou un chien, et si quelqu'un essayait de s'échapper, l'animal ensorcelé à la porte brairait ou aboierait (selon l'animal), déclenchant ainsi l'appel de tous les animaux de son espèce à travers tout le pays. De cette manière, les égyptiens savaient non seulement que quelqu'un s'était échappé, mais aussi par quelle porte. Il leur était donc facile de retrouver le fugitif.

Le midrach (Mékhilta - Yitro 1) raconte que jusqu'à ce que le peuple juif sorte au complet, aucun esclave n'avait réussi à s'échapper d'Égypte.

-> Outre le danger de mort auquel le peuple juif était constamment exposé sur les chantiers de construction (midrach Chémot rabba 1,10), les égyptiens n'avaient aucun scrupule à mutiler les juifs sans raison.
Les égyptiens forçaient le peuple juif à chasser des ours sauvages, sachant qu'ils seraient gravement blessés ou tués (midrach Yalkout Chimoni - Chémot 7:182).
En fait, le midrach (Bamidbar rabba 7,1) nous apprend que la majorité des juifs ont été mutilés pendant leur servitude. Beaucoup sont devenus aveugles ou ont perdu des membres à cause des dangers auxquels ils étaient constamment confrontés, et ceux qui ont fini par quitter l'Égypte étaient meurtris et brisés.
Cependant, alors que le peuple se tenait sur le mont Sinaï et se préparait à recevoir la Torah, Hachem décida qu'il n'était pas convenable de donner la Torah à une nation infirme. Il envoya donc des anges pour guérir tous leurs maux.

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-> Bien qu'il ait grandi dans le palais en tant que prince égyptien, Moché était peiné jusqu'aux larmes lorsqu'il voyait ses frères en servitude. Il allait vers eux, les aidait à porter leurs charges et usait de son autorité pour leur faciliter les choses, les traitant ostensiblement avec dureté, mais en réalité les aidant et les réconfortant chaque fois qu'il le pouvait (midrach Chémot rabba 1,27).

-> Le midrach (Yalkout Chimoni - Chémot 2:167) rapporte que, bien que Pharaon ait reçu de nombreux rapports concernant la compassion de Moché envers le peuple juif, il est resté silencieux. Mais une fois que Moché fut accusé d'avoir tué un égyptien, ce fut trop pour Pharaon, et il condamna Moché à la mort par décapitation.

-> Le midrach (Yalkout Chimoni - Chémot 2:167) ajoute que lorsque Moché fut sur le point d'être exécuté, son cou se transforma en marbre et la lame du bourreau ricocha, le tuant avec sa propre épée, après quoi Hachem fit un autre miracle et provoqua l'incapacité des gardes, permettant à Moché de s'échapper sans être vu. Certains gardes devinrent aveugles, d'autres muets ou sourds.
Ainsi, lorsque Pharaon demanda à ses gardes de lui dire où Moché s'était enfui, ils ne virent rien, ne purent pas répondre ou n'entendirent même pas sa question.
Finalement, Moché s'enfuit d'Égypte et se dirigea vers Midiyan (Chémot 2,15).

-> En prévision de la délivrance, Hachem dit à Moché de retourner en Egypte (Ibn Ezra - Chémot 2:23). Selon le Ramban, 6 ans se sont écoulés, et comme le dit le verset, Moché est alors âgé de 80 ans.

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+ Moché fut puni pour ne pas avoir réprimandé Adam Harichone :

-> Moché vit un Égyptien frapper un Hébreu, prononça le Nom explicite de Dieu et tua l'Égyptien. Après cet incident, Datan et Aviram dénoncèrent Moché à Pharaon, qui décida de tuer Moché, sans pour autant y parvenir. Moché fuit vers Midyan.
Comment Pharaon tenta-t-il de mettre fin aux jours de Moché ?

Rachi commente (Chémot 2,15) que Pharaon livra Moché au bourreau pour le mettre à mort, mais l'épée n'eut pas de prise sur lui. L'exécuteur est un homme préposé à découper les membres du condamné. Nos Sages (midrach Chémot rabba 1,31) nous révèlent que Pharaon munit ce bourreau d'une épée incroyable.
Celui-ci la passa dix fois sur le cou de Moché, mais le cou de Moché fut comme du marbre et l'épée ne lui occasionna aucun dommage. C'est ce qui est écrit : "Ton cou est comme une tour d'ivoire".

Le Rama de Pano pose une question de taille : l'épée n'a pas pour fonction de couper les têtes, mais plutôt de percer ou de poignarder.
Il est possible de le faire, mais c'est comme un homme qui prendrait un marteau pour casser des noix, alors qu'il est en général utilisé pour
planter des clous. Pourquoi Moché fut-il puni dans ce sens qu'ils tentèrent de lui trancher la gorge et qu'ils n'essayèrent pas de le poignarder?

De plus, nos Sages nous enseignent que Moché prit la fuite vers Midyan et fut en exil durant soixante ans. C'est fort étonnant.
Pourquoi Moché Rabbénou fut-il puni aussi sévèrement? Il fut le père de tous les prophètes et le fleuron de l'Humanité, pourquoi dut-il vivre en exil la moitié de sa vie?
De plus, il vécut vingt ans à Midyan, durant lesquels il fut emprisonné dix ans. Sans la nourriture que Tsipora lui procura, il serait mort. Pourquoi tant de souffrances ?

Le Rama de Pano nous explique ce qui est rapporté dans le midrach (Chémot rabba 40,3) que toutes les âmes des justes sont liées aux membres d'Adam Harichone. Chaque être humain a une trachée et un œsophage.
La trachée conduit les aliments solides et les liquides. L'œsophage n'est pas du tout concerné par cette fonction. Lorsqu'Adam Harichone mangea de l'arbre de la connaissance, la trachée fut endommagée et laissa l'œsophage intact.

Puisque les âmes des justes sont liées aux membres d'Adam
Harichone, elles participèrent elles aussi à sa faute. L'âme de Moché avait un lien avec l'œsophage d'Adam Harichone, étant donné que celui-ci ne profita pas de la nourriture, puisque la nourriture ne passa pas par lui, il n'est donc pas associé à la faute de l'arbre de la connaissance.

Mais Hachem reprocha tout de même à Moché de ne pas avoir empêché la faute. Celui qui ne réprimande pas les pécheurs devient leur associé ! Moché devint donc aussi partenaire de la faute d'Adam Harichone et fut puni pour cela.
Comment le fut-il?

Le bourreau de Pharaon tenta de le tuer en sectionnant la trachée, mesure pour mesure, car il ne réprimanda pas Adam Harichone, son âme étant liée à sa trachée.
Mais puisqu'après tout, Moché ne tira pas profit de la faute de l'arbre de la connaissance, son cou devint comme une tour d'ivoire et il fut intouchable. Sa punition fut d'éprouver de la peur et de l'incertitude, mais il ne mérita pas la mort.

Il subit l'exil durant la moitié de sa vie, comme celui qui commet un crime involontairement et qui part en exil.

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-> Pharaon était atteint de tzaraat (une sorte de lèpre), et son traitement consistait à se baigner dans le sang d'enfants juifs. Pharaon fit donc tuer 300 bébés juifs par jour : 150 le jour et 150 la nuit (midrach Chémot rabba 1,34).

Selon le Taz (Chémot 2,23), tous les parents qui ont pleuré lorsque leurs bébés leur ont été arrachés et envoyés pour fournir un "remède" à Pharaon sous la forme de son bain de sang biquotidien ont été considérés comme des traîtres pour avoir refusé de fournir les moyens de soulager la douleur de Pharaon.

-> Le midrach rapporte que des enfants juifs étaient enlevés par les égyptiens et brûlés vifs dans des creusets ardents en guise de sacrifice aux dieux égyptiens. [Yalkut Shimoni, Devarim, 4:826, et Rashi, Devarim 4:20]

-> Le Tour ha'Aroukh (Chémot 5,4) écrit que des enfants âgés d'à peine 9 ans étaient forcés de travailler dur.

-> Le midrach (Chémot rabba 1,28) explique que la journée de travail de nombreux esclaves commençait à l'aube.

-> Les égyptiens n'hésitaient pas à utiliser le peuple juif pour tous les travaux qu'ils désiraient, même les plus difficiles. En fait, ils se souciaient davantage de leurs animaux que du bien-être de leurs esclaves juifs, remplaçant souvent leurs bœufs par des esclaves afin de ne pas surcharger leurs animaux (Méam Loez - Chémot 9,6).

-> Pitom et Ramsès :
Ramsès se trouvait à côté de Gochen (Radak - Vayigach 47,11).
Bien que le verset (Chémot 1,11) implique qu'il y avait 2 villes distinctes : Pitom et Ramsès, la guémara (Sotah 11a) explique qu'il s'agissait en fait d'une seule ville, appelée soit Pitom, soit Ramsès.
La guémara note également à quel point l'endroit était dangereux, révélant que les bâtiments s'effondraient constamment.
Fournissant des informations supplémentaires, Tossefot (Pérouch Baalé haTossefot - Chémot 1,11) écrit que les chantiers de construction s'effondraient sans avertissement, et parce qu'ils s'effondraient si régulièrement, créant une charge de travail sans fin pour les esclaves juifs, c'est le seul endroit où le peuple juif a travaillé pendant toute la durée de son esclavage.

Sur les chantiers de Pitom et Ramsès, le midrach ( HaGadol - Chémot 1,11) explique que le danger pour la vie était si grand qu'il était fréquent que des esclaves juifs tombent morts en travaillant sur le bâtiment, et qu'il était tout aussi courant que le bâtiment s'effondre et tue les esclaves qui se trouvaient en dessous.
Même ceux qui s'en sortaient vivants restaient souvent blessés, mutilés ou aveugles à cause des dangers qu'ils avaient rencontrés sur le chantier (midrach Bamidbar rabba 7,1).

-> Le midrach (Chémot rabba 1,28) nous dit que pour chaque maître égyptien, il y avait 10 policiers juifs, chacun d'entre eux étant responsable de 10 esclaves juifs.

-> Le Ramban (Chémot 1,11) explique que les maîtres d'œuvre égyptiens tyrannisaient les esclaves, battant et maudissant quiconque osait s'arrêter de travailler pour un moment de repos.
Même s'ils tentaient de se gratter, ils étaient battus (midrach Aggadda - Chémot 9,10).

-> Le midrach (Chémot rabba 5,18) raconte que le quota quotidien de briques de chaque personne a été fixé dès le premier jour de travail, lorsque Pharaon, dans son plan pour piéger le peuple juif et le réduire en esclavage, leur a parlé de la richesse qu'ils recevraient pour chaque brique. Une fois que les maîtres d'œuvre égyptiens avaient noté le nombre de briques que chaque personne était capable de fabriquer, c'est ce nombre qu'elle était obligée de produire chaque jour.
Selon le Séfer haYachar (Chémot 25), si le quota quotidien de briques n'était pas atteint, ne serait-ce que d'une brique, le plus jeune enfant était placé dans le mur à sa place.

Avec ce décret, le midrach (Séfer haYachar - Chémot 39) décrit ensuite la scène horrifiante des égyptiens arrachant des bébés juifs à leurs mères afin de remplir un quota de briques insuffisant et les enfonçant à la place des briques alors que les bébés étaient encore vivants. Cette expérience effroyable était d'autant plus traumatisante que les cris des bébés pouvaient encore être entendus de l'intérieur du mur.

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-> La mort de Pharaon :
La Torah décrit la mort physique du roi tyrannique d'Égypte (Chémot 2,23).
Cependant, le Zohar (2:19a) explique que sa mort a également signifié un changement dans les Cieux. Il s'agit de la chute de l'Ange Tutélaire de l'Égypte, qui occupait une position importante dans le monde spirituel et qu'Hachem avait autorisé à supprimer le peuple juif et à empêcher ses prières de parvenir jusqu'à Lui.
Avec la chute de cet ange, explique le Zohar, les cris du peuple juif n'étaient plus empêchés d'atteindre Hachem.
[Il convient de noter que ces concepts sont bien plus profonds que ce que l'intellect humain peut comprendre, mais une chose est sûre, les divers Anges gardiens et le fonctionnement du système céleste ne sont que des manifestations de la volonté d'Hachem]

-> Le midrach Séfer HaYachar (Chémot 38) explique que pendant 3 ans, le corps de Pharaon s'est décomposé alors qu'il était encore en vie. Il mourut dans l'agonie et la terreur, et à la fin de sa vie, son corps était trop pourri et malodorant pour être approché, et sa chair empestait comme celle d'une carcasse laissée en putréfaction sous le soleil brûlant.
C'est pourquoi son enterrement à Tzoan se fit en toute hâte, sans l'embaumement traditionnel.

-> Le peuple juif pensait que le fils de Pharaon, le successeur au trône, ne pouvait pas être aussi racha (méchant) que son père, et c'est pourquoi il attendait avec impatience la mort de Pharaon qui, pensait-il, mettrait fin à ses souffrances (Daat Zékénim - Chémot 2,23).
Malheureusement, ils se trompaient lourdement, et le nouveau roi était bien pire que son prédécesseur (Tour ha'Aroukh - Chémot 2,23).
Le Panim Yafot (Chémot 2,23) explique pourquoi : bien que le premier Pharaon ait agi comme s'il ne connaissait pas Yossef, il le connaissait néanmoins et l'influence positive que Yossef avait sur Pharaon et sur l'Égypte dans son ensemble, signifiait que Pharaon ne pouvait pas se résoudre à agir avec une tyrannie extrême.
Cependant, le nouveau Pharaon ne connaissait vraiment pas Yossef et n'avait donc aucune bataille interne pour le retenir d'agir sans aucune mesure de miséricorde envers le peuple juif.
Le Gaon de Vilna (Kol Eliyahou - Chémot 2,23) écrit que tant que le premier pharaon était en vie, le peuple égyptien adhérait à un certain degré de légitimité. La cruauté qu'ils infligeaient nécessitait au moins un semblant de justification. Cependant, après la mort de Pharaon, chaque égyptien était libre de persécuter le peuple juif de la manière qu'il voulait, sans aucune justification.

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-> Le midrach (Chémot rabba 5,18) explique que la nation juive avait en sa possession des parchemins qu'elle parcourait chaque Shabbath afin d'instiller et d'encourager la certitude qu'elle mériterait effectivement d'être délivrée d'Egypte.

-> En représailles à la demande de Moché et d'Aharon de libérer le peuple juif de son travail, et dans une tentative d'anéantir les espoirs qui avaient été allumés au sein de la nation, le jour même, Pharaon a émis un décret sévère selon lequel les esclaves juifs devaient trouver leur propre paille pour fabriquer des briques (Chémot 5,4-5, avec Rachi) tout en maintenant leur quota quotidien (Chémot 5,8).

Le peuple juif devait maintenant travailler le Shabbath pour ramasser de la paille afin de s'assurer que son quota de briques serait atteint. En réalité, la seule intention de Pharaon était de les maintenir si occupés qu'ils n'auraient même pas le temps de penser à la rédemption (Méam Lỏez - Chémot 5,18).
Le Eitz Yosef écrit que Moché allait voir chacun des sages avec le Séfer Iyov pour leur enseigner et les rassurer sur le fait que tous ceux qui ont confiance en Hachem verront la fin de leurs souffrances et feront l'expérience de la bonté et de la gentillesse d'Hachem.
Réalisant que la source de leur encouragement et de leur espoir de rédemption provenait du Shabbath, Pharaon leur refusa le temps de réfléchir à ces questions en insistant pour qu'ils travaillent ce jour-là.

-> Bien que Pharaon ait décrété que le peuple juif devait trouver sa propre paille pour fabriquer des briques, il a également interdit à tous les égyptiens de leur fournir de la paille. Le peuple juif devait donc risquer sa vie pour ramasser de la paille, car s'il était pris dans le champ d'un égyptien, il était sauvagement battu. C'est pourquoi ils étaient obligés de se disperser dans toute l'Égypte pour trouver des bouts de paille éparpillés.
Une fois qu'ils avaient trouvé de la paille, explique le midrach (Yalkout Chimoni - Chémot 4:176), ils devaient la piétiner pour en extraire l'ivraie, en dépit de l'immense douleur et des blessures hémorragiques qui en résultaient.
Le Méam Loez (Chémot 1,14) écrit que lorsqu'ils parvenaient enfin à se rassembler pour former une brique, celle-ci s'effondrait souvent en morceaux, ce qui les obligeait à recommencer le processus depuis le début.

Le 'Hizkouni (Chémot 5,12) note qu'Hachem a spécifiquement orchestré la collecte de la paille dans tous les coins de l'Égypte afin que chaque égyptien rencontre des membres de la nation juive. Le résultat fut que tous les égyptiens prirent part à la poursuite et au passage à tabac des esclaves juifs, même les esclaves égyptiens et les filles esclaves jouèrent un rôle.
Ainsi, aucun égyptien ne pouvait prétendre qu'Hachem avait agi de manière injuste ou sans discernement lorsqu'Il leur a infligé les fléaux.

-> Toute la famille était impliquée dans ce processus : les conjoints, les enfants et même les petits-enfants étaient tous recrutés afin de maintenir le quota de briques. [Pirké déRabbi Eliezer - Chémot 48]

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-> Emprunter leurs trésors :
Moché demanda au peuple juif de demander aux égyptiens de leur "emprunter" leurs objets de valeur (Bo 11,2).
Le Ran (drachot haRan 11) note que, bien que le peuple ait trouvé cette demande étrange, il a néanmoins acquiescé.
À l'insu du peuple juif de l'époque, et peut-être même, dit le Ran, de Moché lui-même, tout cela faisait partie du plan d'Hachem visant à encourager les égyptiens à poursuivre la nation juive et à les suivre dans la mer où ils seraient noyés en représailles de la noyade des garçons juifs.
Le Ran conclut en disant que, de même que le peuple juif n'a réalisé le plan d'Hachem qu'au moment de sa rédemption sur la mer, de même, nous devons faire confiance à Hachem et savoir qu'au moment de notre rédemption finale (guéoula), nous comprendrons nous aussi comment même les périodes les plus sombres de notre histoire ont conduit directement à la rédemption ultime.

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-> Du ventre de l'Égypte :
Décrivant le grand miracle de la sortie d'Égypte et la capacité unique d'Hachem à accomplir un tel exploit, Moché dit au peuple juif : "Il n'y a Et quelle divinité entreprit jamais d'aller se chercher un peuple au milieu d'un autre peuple" (Vaét'hanan 4,34)
Le midrach (Mékhilta - Béchala'h 6) dit que "une nation du milieu d'une autre nation" est comparable à quelqu'un qui sort un veau du ventre de sa mère.

Le Maharal (Guévourot Hachem - 3) explique en outre que le peuple juif était tellement ancré dans la mentalité égyptienne qu'il ne possédait pas d'identité propre et indépendante. Ils étaient peut-être un segment différent de l'Égypte, mais ils faisaient toujours partie de l'Égypte à tous égards. Et bien qu'ils aient été libérés de l'asservissement physique, ils ont continué à être asservis mentalement.
Ainsi, ils n'auraient jamais pu servir Hachem dans ces circonstances, même si rien ne les empêchait physiquement de le faire.
Le Maharal explique qu'il s'agit là de la comparaison entre le peuple juif et un veau que l'on sort du ventre de sa mère. En effet, de même qu'un veau n'a pas d'indépendance et n'est qu'un membre de sa mère tant qu'il n'est pas séparé, de même, le peuple juif avait un lien intrinsèque et inséparable avec l'Égypte.

Miraculeusement, donc, le "bras tendu" d'Hachem" (Vaéra 6,6) est venu au milieu de l'Égypte et a rompu ce lien. L'Esprit Saint et la Lumière coupèrent ce lien, amenant le peuple juif à devenir une entité indépendante, qui n'était plus liée à la mentalité égyptienne qu'ils avaient développée pendant leur séjour en Égypte. Désormais, ils étaient libres de servir Hachem.

[de même on demande à Hachem de nous sortir de l'exil (physiquement), mais également de sortir l'exil de notre cœur. ]

-> Du sang sur les montants des portes :
La Torah nous dit que le sang que le peuple juif a étalé sur ses portes a servi de signe pour qu'Hachem passe au-dessus de leur maison et ne lui inflige pas de fléau ou de punition lors de son passage en Égypte (Bo 12,13). Il ne s'agissait pas simplement d'un signe pour "dire" à Hachem que des juifs vivaient dans cette maison et qu'Il ne devait pas leur faire de mal, car, bien sûr, Hachem est Omniscient et n'a besoin d'aucun indice pour lui dire quoi que ce soit, mais il s'agissait plutôt d'un signe pour le peuple juif lui-même, et c'est pour cette raison que le sang a été placé à l'intérieur (Rachi, ibid.).
Mais que représentait ce signe?

Rabbénou Bé'hayé (Bo 12,13) répond que quiconque était prêt à faire confiance à Hachem, malgré l'énorme danger qu'il courait en abattant publiquement le dieu égyptien, était considéré comme juste et méritait la protection d'Hachem.
Cet acte courageux n'était donc pas un signe pour Hachem, mais plutôt un signe pour le peuple juif qui s'était enfin débarrassé des derniers vestiges de sa mentalité égyptienne et s'était désormais engagé envers Hachem.
Pour démontrer une fois de plus la grande confiance que la nation avait dans la protection d'Hachem, et comme une dernière démonstration courageuse de dérision envers la divinité de l'Égypte, le peuple juif mangea l'agneau entier et jeta le squelette entier dans la rue où les chiens déchiquetèrent les os et coururent avec eux dans tout le pays, exaspérant les Égyptiens (Zohar 2:41b).

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-> Vider l'Égypte :
Lorsque la nation juive a quitté l'Égypte, le verset dit que le pays était "vidé" (Bo 12,36 avec Rachi).
À première vue, il s'agit de la richesse que la nation a emportée avec elle.
Le Tsla'h, cependant, donne une interprétation plus profonde de ces mots, basée sur une compréhension kabbalistique de l'objectif des différents exils auxquels la nation juive a dû faire face tout au long de l'histoire.
Expliquant la guémara (Pessa'him 87b) qui dit qu'Hachem n'a exilé Israël que pour augmenter le nombre de convertis qui rejoindraient le peuple juif, le Tsla'h écrit que les conséquences spirituelles de la faute originelle d'Adam ont été que des étincelles de sainteté ont été dispersées à travers le monde.
La mission du peuple juif est de retrouver ces étincelles de sainteté et de les reconnecter à leur source (voir aussi Ohr ha'Haïm - Ki Tétsé 21,11).
Ainsi, lorsque la Torah nous dit que l'Égypte a été "vidée", elle fait référence aux étincelles de sainteté qui sont parties avec le peuple juif, les nombreux convertis qui ont été "vidés" de l'Égypte et rattachés à la nation juive (voir Bo 12,38 avec Rashi).
En conséquence, écrit le Tsla'h, au moment de quitter l'Égypte, le but du peuple juif y était complet, et par conséquent, puisqu'il n'a pas laissé derrière lui une seule étincelle, il n'y avait aucune raison pour un juif d'y retourner (Béra'hot 9b).

Il est intéressant de noter que le Ben Ich 'Haï (Ben Yéhoyada - Béra'hot 9b) explique que le différend entre les décisionnaires (poskim) sur la question de savoir si cette interdiction s'applique encore aujourd'hui est basé sur le fait que les étincelles sont retournées en Égypte après que les juifs ont transgressé cette interdiction et y sont retournés.

Enfin, le 'Hida (Maarit haAyin - Pessa'him 87b) écrit que lorsqu'un juif étudie la Torah, accomplit les mitsvot, ou fait face à un certain degré de souffrance dans un endroit où se cachent les étincelles de sainteté éparses, les étincelles saintes peuvent être spirituellement éveillées par sa présence en ce lieu.
Dans cette veine, conclut le Chida, une personne peut se rendre dans un endroit lointain en pensant que c'est pour son propre bénéfice ou ses besoins personnels, mais en réalité, Hachem l'a orchestré parce que son âme a la capacité unique d'extraire les étincelles cachées dans cet endroit, et c'est la véritable raison pour laquelle il a été guidé là-bas.