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La sainteté des actes préparatifs au Shabbath

+++ La sainteté des actes préparatifs au Shabbath :

+ "Souviens-toi du jour du Shabbat pour le sanctifier" (Yitro 20,7)

-> Le Ramban explique ce commandement ainsi :
"Après nous avoir ordonné de croire en le Nom unique de D. ... Il nous a ordonné de faire un signe et un souvenir permanent montrant qu'Il a tout créé. Ce [signe] est la mitsva de Shabbat.
A un niveau simple, il est dit que c'est une mitsva de nous souvenir du Shabbat chaque jour afin que nous ne l'oublions pas ou ne le confondions pas avec les autres jours, car, en nous souvenant de lui constamment, nous nous souviendrons sans cesse de la création du monde et reconnaitrons en permanence que le monde a un Créateur."

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-> "Souviens-toi du jour du Shabbat pour le sanctifier" (zakhor léyom haShabbath lékadécho)

-> Rachi commente : le mot zakhor signifie : Appliquez-vous à vous souvenir toujours du jour du Shabbath, de telle manière que s’il vous advient un bel objet, vous le mettrez de côté pour Shabbath.

-> Rabbi Dovid Hofstedter (Darach David - Moadim) explique :
Selon Rachi, il semble que le mot "lékadécho" (pour sanctifier le Shabbat) évoque le but de ce précepte. Nous devons "nous souvenir" de Shabbat pendant la semaine afin de le "sanctifier" et de l'honorer. En réservant des aliments de choix pour le Shabbat, nous montrons que le Shabbat est un jour saint au statut et au sens particuliers.
[l'univers physique tout entier devait être créé avant le Shabbath ; car sans l'existence d'un monde physique, Shabbath n'aurait rien eu à élever et à sanctifier. ]
[...]
Lorsqu'un homme fait de la préparation de tous ses besoins physiques un acte de préparation au Shabbat, il démontre qu'il accomplit ses activités physiques dans le but de créer de la sainteté.
Il élève ainsi ces activités et les imprègne de sainteté.
Lorsque les pensées d'un homme sont constamment dirigées vers la sainteté du Shabbat, il introduit la force spirituelle du Shabbat dans le reste des jours de la semaine. Il peut ainsi réaliser l'essence même du Shabbat, son statut en tant que but de toute la création, même pendant la semaine.

Le Maor vaChémèch (Vayélé'h 35,1) dit que la sainteté du Shabbat repose sur la personne pendant qu'elle prépare le Shabbat.
Superficiellement, cela semble difficile à comprendre, car ces préparations ne semblent être pas plus qu'un acte constituant une condition préalable à la mitsva sans signification intrinsèque (un hekhchèr mitsva). Pourquoi la sainteté de Shabbat serait-elle présente quand un acte profane est accompli?
D'après nos propos, la réponse est très claire. Le but de Shabbat est de sanctifier le monde physique. Telle est l'essence du Shabbat, et c'est ce qui fait du Shabbat "le but de la création du ciel et de la terre".
Les préparatifs matériels du Shabbat représentent la réalisation de ce but, car ils sont empreints de sainteté du fait de leur but. Il est tout à fait logique qu'eux aussi s'imprègnent de la sainteté du Shabbat.

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-> "Za'hor ét yom haShabbath lékadécho" (Pense au jour du Shabbath pour le sanctifier - Yitro 20,7).
Selon le Baal haTourim, les 5 mots de ce verset suggère que l'observation du Shabbath est équivalente aux 5 livres de la Torah.

-> "souvenez-vous du jour de chabbat pour le sanctifier" = cela peut être compris en conjonction avec les actions de Shamaï. Si Shamaï rencontrait un animal supérieur à tout moment de la semaine, il dirait que cela devrait être mis de côté pour Shabbat. S’il rencontrait plus tard un meilleur animal, il désignait alors celui-ci plutôt pour chabbat (guémara Bétsa 16a ; voir Michna Broura 250:2).
=> Ainsi, לקדשו (lékadécho - pour le sanctifier) est une contraction de לקדש ו (lékadéch vav) = pour sanctifier Shabbat avec les 6 jours de la semaine, car ו a une guématria de 6.

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-> "Elazar, fils de 'Hanania, fils de Hizkiya, fils de 'Hanania, fils de Garon, dit : 'Souviens-toi du jour du Shabbat pour le sanctifier' [signifie que] tu dois t'en souvenir depuis le premier jour de la semaine : si tu trouves un aliment de choix, tu dois le préparer pour Shabbat.
Rabbi Its'hak dit : il ne faut pas compter [les jours de la semaine] comme les autres comptent, mais compter d'après le Shabbat."
[Mékhilta - Yitro - Massèkhta déBa'hodèch ch.7].

-> Selon la guémara (Beitsa 16a) :
"On dit que Chamaï l'Ancien a mangé toute sa vie en l'honneur du Shabbat. S'il trouvait un animal de choix, il disait : 'C'est pour Shabbat'. S'il en trouvait ensuite un meilleur, il mettait le deuxième de côté et mangeait le premier [qui avait été réservé pour Shabbat]".
Rachi (Beitsa 16a) explique : "Ainsi, il mangeait [le premier] afin de pouvoir manger le meilleur le Shabbat, et de ce fait, la consommation du premier était [considérée] en l'honneur du Shabbat".

D'après ce qu'on a vu précédemment, une autre explication est possible de cette guémara : comme Chamaï l'Ancien réservait chaque mets de choix pour Shabbat, et allait jusqu'à mettre de côté toute chose qu'il considérait meilleure que celle qu'il avait déjà réservée, il sanctifiait chaque consommation d'aliments même pendant la semaine. Sa conduite montrait que toutes ses activités étaient guidées par des considérations spirituelles dans le but d'atteindre la sainteté.

Le Shabbath = un signe interne éternel avec Hachem

+++ Le Shabbath = un signe interne éternel avec Hachem :

+ "Les Bné Israël observeront le Shabbat pour faire du Shabbat une alliance éternelle à travers leurs générations. Entre Moi et les Bné Israël, ce sera un signe éternel" (Ki Tissa 31,16-17)

-> Il y a 2 autres mitsvot dans la Torah qui sont également appelées : "ot" (signe).
L'une est la mila (la circoncision) : "Vous circoncirez la chair de votre excroissance et ce sera un signe d'alliance entre Moi et vous" (Lé'h Lé'ha 17,11) et l'autre sont les téfilin : "Tu les attacheras en signe sur ton bras et ce seront des totafot ('un ornement) entre tes yeux" (Vaét'hanan 6,8).
[ b'h, sur ces 3 signes : https://todahm.com/2014/12/21/la-force-par-3-du-shabbath ]

-> Rabbi Dovid Hofstedter (Darach David - Moadim) enseigne :
[la différence entre ces 3 signes : téfilin, mila et Shabbath]
Les téfilin et la mila sont des "signes" extérieurs, touchant au corps.
Les tefilin, attachés au corps du juif, lui permettent de soumettre son âme, abritée dans le crâne, et son cœur, le siège du désir et de la pensée.
La mila est un signe qui doit faire partie du corps. Le Séfer ha'Hinoukh (mitsva 2) enseigne que le peuple juif a le commandement de circoncire les mâles "afin de les différencier des autres nations par la forme de leur corps". Le signe de la mila consacre le corps du juif et crée en son cœur une demeure pour la Présence Divine (Chékhina).
En effet, le rav Tsadok haCohen (Pri Tsaddik - Vayéra) écrit qu'après la circoncision d'Avraham : "Son corps devint sanctifié afin que son cœur soit toujours un lieu de résidence pour la Chékhina, comme il l'est pour les Bné Israël ... car D. est le cœur des Bné Israël".

Le Shabbat est différent des 2 autres "signes".
Une part du Shabbat est la sainteté du jour lui-même, mais le "signe" de Shabbat est gravé dans l'essence intérieure du juif.
La guémara (Beitsa 16a) révèle que, le Shabbat, le "signe" entre D. et les Bné Israël est la nechama yétéra (l'âme supplémentaire) donnée à chaque juif.
Le Zohar (Tikouné Zohar - tikoun 48,p.85a) montre également que l'essence du signe du Shabbat est à l'intérieur de l'âme. Sur le verset : "pour observer le Shabbat dans toutes leurs générations, une alliance éternelle", le Zohar commente : "Heureux l'homme qui, le Shabbat, Lui fait une résidence dans les 2 compartiments de son cœur et en retire le yétser hara".
Le Zohar déduit cette explication du mot "lédorotam" (dans toutes leurs générations), au mot : "dira" (lieu de résidence) ; il peut se lire "lédiratam" (comme leur lieu de résidence).
L'emploi de ce terme montre qu'une composante fondamentale du respect du Shabbat consiste à éliminer le mauvais penchant, ce qui crée dans le cœur un lieu de résidence pour la Présence Divine.

Lorsque le Shabbat fut donné au peuple juif [dans le désert] à Mara, avant le Don de la Torah, il le reçut uniquement dans sa forme extérieure, en tant que jour d'un niveau spirituel supérieur aux autres jours de la semaine.
Le "signe" à l'intérieur d'eux-mêmes, la nechama yetéra qui se trouve en chaque juif le Shabbat, ne leur fut accordé qu'après le don de la Torah.
[...]

Le "signe" de Shabbat, à la différence des 2 autres signes, est une marque qu'il laisse sur l'âme.
Shabbat représente notre alliance avec Hachem parce que nous détournons notre attention du mauvais penchant et préparons une résidence pour la Présence Divine (Chékhina), en faisant de nous-mêmes des réceptacles appropriés pour accueillir l'âme supplémentaire (néchama yétéra).

Même après avoir reçu la néchama yétéra, nous pouvons nous élever davantage et la recevoir à des niveaux supérieurs. Rabbi Tsadok haCohen de Lublin (Pri Tsaddik - Choftim par.7) enseigne que la néchama yétéra est composée de nombreux niveaux ; chaque personne reçoit cette néchama à un certain niveau, selon le degré de spiritualité qu'elle est capable de recevoir.
Etant donné que l'essence même du signe de Shabbat est quelque chose de privé et d'intérieur, il convenait à ce signe d'être transmis en privé.

[en effet selon la guémara (Bétsa 16a) : "Rabbi Yo'hanan dit au nom de Rabbi Chimon ben Yo'haï : chaque mitsva que D. a donnée aux Bné Israël, Il l'a donnée en public, à l'exception du Shabbat qu'Il leur a donné en privé, comme il est écrit : 'Entre Moi et les Bné Israël, ce sera un signe éternel' (Ki Tissa 31,17)" ]

L’observation du Shabbath & venue du machia’h

+++ L'observation du Shabbath & venue du machia'h :

-> "Rabbi Yo'hanan dit au nom de Rabbi Chimon bar Yo'haï : si les Bné Israël respectaient convenablement 2 Shabbat, ils seraient immédiatement délivrés" [guémara Shabbat 118b]

-> "Rabbi Lévi dit : si les Bné Israël observaient un Shabbat convenablement, le fils de David (le machia'h) viendrait immédiatement." [ guémara Yérouchalmi Taanit 1,1]

=> Ces 2 passages semblent se contredire mais peut-être sont-ils conciliables ou même complémentaires?

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+ "Si les Bné Israël respectaient convenablement deux Shabbat, ils seraient immédiatement délivrés" :

=> Pourquoi Rabbi Chimon bar Yo'haï affirme-t-il que 2 Shabbat sont nécessaires et pourquoi le peuple juif ne serait-il pas délivré après avoir observé un seul Shabbat?

-> Le rav Tsadok haCohen de Lublin (Pri Tsaddik - Chémot) cite l'enseignement du Zohar (Kédochim 82a) sur le verset : "Vous observerez Mes Shabbat" (ét shabétotaï [שַׁבְּתֹתַי] tichmérou - Kédochim 19,3) = "Ceci [le mot Shabbat au pluriel] évoque le Shabbat 'd'en haut' et le Shabbat 'd'en bas'."
[Le Zohar emploie les mots araméens "ilaa" et "tataa", qui représentent un concept kabbalistique faisant référence au "monde supérieur" et au "monde inférieur"]
Le rav Tsadok de Lublin explique : Rabbi Chimon bar Yo'haï demande que le peuple juif observe 2 Shabbat afin que le premier Shabbat qu'ils observent, le "Shabbat d'en bas", perfectionne les 6 jours de la semaine qui le suivent, ce qui les rendra capables de ressentir la sainteté du "Shabbat d'en haut" au deuxième Shabbat qu'ils observeront et de connaitre la Rédemption (guéoula).

Le rav Tsadok de Lublin (Israël Kédochim - par.7) explique ailleurs que, le Shabbat, Hachem met de la sainteté dans le cœur de chaque personne sans qu'elle-même ne fasse le moindre effort pour la recevoir.
Cet apport de sainteté prépare l'homme aux jours de la semaine suivants pendant lesquels il faut s'efforcer, grâce à la sainteté reçue le Shabbat précédent, d'absorber la sainteté du Shabbat suivant.

-> Le rav Eliyahou Dessler (Mikhtav méEliyahou - vol.4) explique de façon similaire les 2 niveaux mentionnés par le Zohar, le "Shabbat d'en haut" et le "Shabbat d'en bas".
Il explique que le "Shabbat d'en bas" est une forme "extérieure" de Shabbat. Bien que l'homme ne se soit pas encore été débarrassé de l'influence du physique, le Shabbat est donné en tant que cadeau divin.
Le "Shabbat d'en haut", par contre, est un "Shabbat intérieur", lorsqu'un homme a déjà absorbé la sainteté de Shabbat avant Shabbat, lui permettant d'utiliser sa propre sainteté intérieure pour en imprégner le jour saint.

De plus, le rav Eliyahou Dessler explique que de la même façon, la Rédemption (guéoula) sera composée d'une rédemption "d'en haut" et "d'en bas". Lorsque nos Sages enseignent que le peuple juif sera délivré s'il respecte 2 Shabbat, cela veut dire qu'il doit atteindre la forme la plus haute d'observance du Shabbat en mêlant les 2 aspects du Shabbat.
Le rav Dessler utilise ce principe pour expliquer les 2 termes métaphoriques qu'emploient nos Sages pour décrire le Shabbat (guémara Shabbat 119a) : "malka" (reine) et "kalla" (mariée). Au début, le Shabbat ressemble à une reine, qui offre d'en haut ses richesses à ses sujets, puis il devient semblable à une mariée, qui reçoit l'influence de son mari.
Ainsi, la déclaration (Shabbat 119a) : "Allons, sortons vers la reine Shabbat" nous enjoint à nous préparer à "sortir" de l'emprise du matérialisme pour recevoir l'influx de sainteté qu'apporte le Shabbat.

-> Le Maharal ('Hidouché Aggadot - guémara Shabbat 118b) adopte une approche différente.
Il explique que la différence entre Shabbat et les autres jours de la semaine correspond à la différence entre le peuple juif et les nations du monde (comme nous le disons dans la Havdala : "Qui distingue ... entre Israël et les nations, entre le 7e jour et les 6 jours de travail"). De même que Shabbat est différent et plus élevé que les autres jours de la semaine, la Rédemption du peuple juif les séparera radicalement des nations du monde qui les dominent aujourd'hui et élèvera Israël au-dessus d'elles.
Le peuple juif doit observer 2 Shabbat, le premier pour se séparer des nations et le deuxième pour s'élever au-dessus d'elles.

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-> Ainsi, selon le rav Tsadok haCohen de Lublin, il n'y a donc aucune contradiction entre le Talmud Bavli et le Yerouchalmi. Au contraire, l'enseignement de chacun complète et explique l'autre.
Lorsque les Bné Israël respecteront convenablement deux Shabbat, le 2e sera automatiquement observé dans sa forme la plus parfaite. Le peuple méritera donc la rédemption par l'arrivée du machia'h.

La formulation du Bavli et celle du Yérouchalmi prouvent d'ailleurs cette conclusion. Le Bavli décrit une situation dans laquelle les Bné Israël observent 2 Shabbat kéil'hatan ("selon leurs lois").
D'autre part, le Yérouchalmi dit que la guéoula viendra lorsque le peuple juif observera un Shabbat kétikouna ("dans sa forme appropriée").
[de même, le midrach (Chémot rabba 25,12) rapporte : "Si les Bné Israël observent un Shabbat karaouï (comme il le faut) ne serait-ce qu'une fois, le fils de David arrivera". ]
Cette différence subtile montre que, si les Bné Israël respectent un Shabbat "kéil'hatan", en respectant les lois du Shabbat dans leur intégralité et tous leurs détails, ils pourront respecter le Shabbat suivant "kétikouna", dans la perfection sous tous les aspects du "Shabbat d'en haut". Ils seront alors immédiatement délivrés de l'exil.

[Ces 2 aspects du Shabbat peuvent aussi être compris comme correspondant aux préceptes de zakbor et chamor :
- Chamor peut indiquer l'observance scrupuleuse des lois du premier Shabbat en prenant soin de ne pas le profaner en transgressant ses lois.
- Zakbor peut évoquer la sanctification du deuxième Shabbat par la sainteté absorbée pendant le premier Shabbat, avec laquelle les juifs se préparent pendant toute la semaine au deuxième Shabbat. ]

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+ Le Shabbath équivaut à toutes les mitsvot :

-> Nos Sages (midrach Chémot rabba 25,12) enseignent : la raison pour laquelle l'observance convenable du Shabbat peut conduire à la Rédemption (guéoula) est que le Shabbat égale toutes les autres mitsvot.

-> Le Ramban (Yitro 20,7) en explique la raison : "[par le respect du Shabbath] nous témoignons par cela de tous les principes de foi : le renouvellement [du monde par D.], la providence, et la prophétie".
[selon Ramban, l'inverse est vrai aussi : l'homme qui observe le Shadbat est considéré comme ayant observé toute la Torah, car il témoigne de son adhésion à tous les principes de la foi. ]
-> Rachi (guémara 'Houlin 5a) explique qu'un profanateur avoué du Shabbat (moumar) est considéré comme un profanateur avoué de toute la Torah, car "il nie les œuvres [de D.] et fait un faux témoignage déclarant que D. ne s'est pas reposé pendant la création du monde".

=> De ce fait, pourquoi nos Sages limitent-ils la promesse de rédemption au respect du Shabbat par le peuple juif ? Pourquoi ne disent-ils pas aussi que si les Bné Israël renoncent à l'avoda zara (idolâtrie), ne serait-ce qu'un jour, ils seront immédiatement délivrés?

Rabbi Dovid Hofstedter (Darach David - Moadim) enseigne :
la guéoula arrivera lorsque les Bné Israël observeront 2 Shabbat non seulement en respectant toutes les lois du Shabbat, mais aussi et surtout, en observant le Shabbat kétikouna : dans le respect parfait de chaque aspect de la sainteté de Shabbat.
La guéoula arrivera lorsque le peuple juif atteindra le niveau du "Shabbat d'en haut" en utilisant la sainteté qu'ils auront reçue le premier Shabbat pour se préparer toute la semaine suivante à absorber la sainteté du deuxième Shabbat.

Nos Sages nous enseignent donc que c'est justement l'observance du Shabbat, et non l'abandon de l'avoda zara (idolâtrie) ou l'évitement d'un 'hiloul Hachem, qui est la clé de la guéoula.
Les 2 mitsvot précédentes empêchent la chute spirituelle, mais ni elles ne sanctifient ni elles n'élèvent le peuple juif.
[ceci explique pourquoi nos Sages enseignent seulement qu'un homme qui transgresse l'une de ces mitsvot est considéré comme ayant profané toute la Torah, mais ne disent pas l'inverse, qu'un homme qui se garde de ces fautes est considéré comme s'étant gardé de toutes les fautes dans la Torah. ]
Le respect du Shabbat représente l'accomplissement positif d'un commandement de la Torah comparé à l'accomplissement de toutes les mitsvot, et c'est à ce titre qu'il peut amener la Rédemption.

Nous comprenons mieux à présent l'importance que nos Sages accordent à la mitsva de Shabbat dans leur enseignement (midrach Chémot rabba 25,12) : "Si les Bné Israël respectent le Shabbat convenablement, même une seule fois, le fils de David arrivera. Pourquoi? Parce que [le Shabbat] équivaut à toutes les mitsvot".

[Nous pouvons répondre à une autre question. Nos Sages (midrach Chémot rabba 1,28) enseignent que les Bné Israël n'accomplissaient aucun travail interdit le Shabbat en Egypte. Ainsi, pourquoi n'ont-ils pas été délivrés d'Egypte par le mérite du respect de ces Shabbat?
La réponse doit être qu'en Egypte, ils s'abstenaient de profaner le Shabbat, mais ne l'ont pas sanctifié activement ; ce n'était donc pas considéré comme équivalent à l'accomplissement de toutes les mitsvot.
Ceci est impliqué par le fait que nos Sages citent le verset : "Voyez que D. vous a donné le Shabbat". Jusqu'alors, le Shabbat était caractérisé uniquement comme un "Shabbath d'en bas", dont la sainteté était le seul produit de l'influence céleste, et les juifs le respectaient de façon passive, car il était limité à l'abstention de travaux interdits. ]

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-> b'h, également : Observer Shabbath, c'est amener la guéoula : https://todahm.com/2017/04/26/observer-shabbath-cest-amener-la-gueoula

Celui qui respecte et honore le Shabbath comme il convient, aura la crainte de D. durant les 6 jours de la semaine.
[Zohar - tikoun 9 daf 24b]

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-> Ainsi, le Shabbath est une ségoula pour la crainte du Ciel, comme nous l'enseignent nos Sages : "La crainte du Shabbath se troue même chez un ignorant" (guémara Yérouchalmi Dmaï פ"ד ה"א ח).

" Le Shabbath est la paix pour les créatures des mondes supérieurs comme du monde inférieur, et tout celui qui est contre le Shabbath se coupe du monde."
[Zohar - Kora'h 176b]

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-> Toutes les bénédictions d'en haut et d'en bas dépendent du 7e jour [Shabbath].
[Zohar - Yitro 88a]

-> "[Shabbath] est la source de toutes les bénédictions" (ki y mékor abéra'ha - chant du Lé'ha Dodi)

-> Selon le midrach (Béréchit rabba 10,9), le monde était incomplet et instable durant toute la Création jusqu'à ce que le Shabbath arrive.
De même, l’enfant n’a pas les forces pour la brit mila jusqu’à ce qu’il vive un Shabbath complet, et les 8 jours permettent de garantir cela.
Le Ohr ha’Haïm haKadoch (Vayikra 12,3) dit à ce sujet : "Shabbath amène une âme de vie au monde, donnant à l’enfant la capacité de survivre".
[de même, le Shabbath est tellement la source des bénédictions, que selon le Ohr ha'Haïm haKadoch, c'est grâce à lui que le monde a les énergies et bénédictions nécessaires pour exister encore 6 jours jusqu'au Shabbath suivant. Et cela fonctionne ainsi depuis le 1er Shabbath de la Création! ]

-> "6 jours durant, le travail sera effectué" (Vayakél 35,2)
Le verset nous enseigne que le fait de traiter le Shabbath comme il le faut, aura pour conséquence de nous rendre les 6 autres jours de la semaine plus faciles.
[Rabbénou Bé'hayé]

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-> Le Shabbath est la source de toute la kédoucha (sainteté) et de toute la spiritualité.
Seul le Shabbath peut assurer le développement spirituel."
[Rabbi de Slonim - Nétivot Shalom]

Shabbath & Shofar = la puissance du Shabbath

+ Shabbath & Shofar = la puissance du Shabbath :

-> "Si Roch Hachana tombe un Shabbat, on ne dit pas 'jour du son du chofar' mais 'un souvenir du son du chofar' car [la mitsva de] sonner du chofar ne repousse pas le Shabbat ailleurs que dans le emple, en raison d'un décret" [Massékhèt Sofrim 19,6]

-> "On ne sonne pas [du chofar] le Shabbath puisque la sonnerie du chofar n'a pas priorité sur le Shabbath. Il n'y a donc qu'un souvenir du son du chofar". [Baal haTourim - Emor 23,24]

-> "Le Shabbat, nous ne sonnons pas [du chofar] ... car Shabbat est [appelé] un signe et il protège le peuple juif".
[le Rokéa'h - Hilkhot Roch Hachana - n°201]

-> Le rabbi Dovid Hofstedter (Darach David - Moadim) enseigne :
Quand Roch Hachana tombe un autre jour de la semaine, le peuple juif ne peut pas obtenir un jugement favorable par ses prières uniquement. Comme il lui manque les mérites spirituels nécessaires, il doit employer la tséaka, le cri puissant exprimé par la lamentation du chofar, pour susciter la miséricorde divine.
Le Shabbat sanctifie, purifie et élève le peuple juif. Ainsi, les mots qu'il prononce le Shabbat ont davantage de sainteté. Leurs prières deviennent plus pures et plus élevées, ce qui les rend plus dignes d'être entendues par D.

=> Le Shabbat, nos prières elles-mêmes prennent toutes les qualités du son du chofar. Grâce à la sainteté du Shabbat, les mots de nos prières sont empreints d'une plus grande sainteté. Ces prières appelées "un souvenir du son du chofar" remplacent le son du chofar.
Lorsque, de plus, Roch Hachana tombe un jour ordinaire de la semaine, le chofar devient le véhicule du "souvenir" et l'expression "zikhron téroua" (un souvenir du son du chofar) est omise du texte de la prière.
Le Shabbat, ce sont les prières qui créent le "souvenir" et c'est pourquoi cette expression est ajoutée.

[cela nous aide à donner de la valeur à notre Shabbath, dont sa fréquence hebdomadaire ne doit pas diminuer sa valeur à nos yeux. ]

A la sortie de Shabbath …

+ Le Zohar (Bérechit 14b) explique qu'à la sortie de Shabbath, toutes les forces du mal, qui avaient été chassées pendant Shabbath, reviennent dans le monde et essaient de s’attaquer au peuple d'Israël.

Il y a trois niveaux pour se protéger d’eux, d’abord la havdala de l’Amida, qui se fait à voix basse, puis le chant de "yochev besséter" qui se dit à voix haute, puis la havdala sur le verre de vin qui atteint le niveau du matériel.
Ces 3 actions portent atteinte à leur force intérieure, moyenne puis extérieure en parallèle aux 3 mitsvot de la sortie de Shabbath.
[Ben Ich 'Haï - Vayétsé (2e année)]

"Et toi, parle aux enfants d’Israël en ces termes : Toutefois, observez mes Shabbatot car c’est un symbole de moi à vous dans toutes vos générations, pour qu’on sache que c’est Moi, Hachem qui vous sanctifie" (Ki Tissa 31,13)

-> Le Ben Ich 'Haï explique :
Dans ce verset quand Hachem nous dit : "observez mes Shabbatot" (ét Shabbétotaï timorou - אֶת שַׁבְּתֹתַי תִּשְׁמֹרוּ), en hébreu il y a un mot qui n’était pas nécessaire. En effet, il aurait été suffisant d'écrire : "Shabbétotaï timorou", le mot אֶת (ét) étant superflu, il vient ajouter quelque chose, mais qui doit être du même niveau que le Shabbath.
=> Quel est cet autre Shabbat dont Hashem veut parler?

La réponse est dans la suite du verset : "car c’est un symbole de moi à vous", le verset parle ici d’une sorte de Shabbath qui est autant à Hachem qu’à nous. Or le Shabbat est inaccessible à l’homme, dans le sens que d’aucune manière l’homme ne peut avoir une influence sur l’essence même de ce jour, il ne peut que profiter de sa lumière s’il le respecte.
A l’opposé, le Yom Tov est lui dépendant de l’homme, c’est le Beth Din qui décide quant doit tomber la fête, en fixant le premier jour de chaque mois du calendrier.
En fait, il existe une facette du Shabbat où l’homme a effectivement une influence, c’est sur la Tosséfet (le rajout), le temps que l’on rajoute au Shabbat à son entrée ou à sa sortie, en le faisant rentrer plus tôt et sortir plus tard. Ces instant rajoutés, prennent toute la sainteté du Shabbat, on peut y faire kiddouch, continuer à manger séouda chlichi, comme si on était exactement dans le temps imposé.
=> Sauf que là, c’est l’homme qui a décrété que ce serait Shabbath et par là, il est devenu l’associé d’Hachem dans ce Shabbath Divin, où normalement l’homme n’aurait pas du avoir d’influence.

"Pendant 6 jours on travaillera, mais au 7e jour sera pour vous une solennité sainte" (Vayakel 35,2)

-> Le Ben Ich 'Haï commente :
Si le verset prend la peine de nous dire qu’on travaille les 6 jours de semaine c’est forcement pour nous ordonner de le faire, sinon, il n’était pas besoin de nous l’enseigner. Seulement en hébreu, ce "on travaillera" se dit té’assé méla'ha (תֵּעָשֶׂה מְלָאכָה), ce qui ne veut pas dire : "tu feras un travail" mais "le travail sera fait".
Et nous découvrons un secret de la kédoucha et de la bénédiction de Shabbath, c’est que grâce au respect du Shabbath, l’homme peut mériter de se reposer même pendant les 6 jours de semaine, et à l’instar des riches qui ne connaissent pas de dur labeur et qui voient leur travail effectué par leurs serviteurs.
Ainsi Hachem veut nous récompenser, mesure pour mesure, de la même manière que nous nous efforçons d’accomplir comme il se doit la mitsva de repos du Shabbath, nous méritons que notre labeur soit fait tout seul.
Mais la condition pour ceci, vient dans la suite du verset : "le 7e jour pour vous sera kodech" c’est-à-dire saint. Il ne faut pas que le Shabbat soit un moment de manger-boire-dormir, mais un moment consacré entièrement à Hachem. Et là on peut s’attendre à cette grande récompense.

Un jour de miséricorde

+ "Hachem est assis sur un Trône de Bonté (kissé ra'hamim)" à certains moments de la semaine.
Pourtant Hachem a créé le monde avec midat haDin (béréchit bara Elokim).
=> Quand a-t-Il rajouté la midat Rah'amim et s'est assis sur ce second Trône-là?

Le Arizal (chaar hakavanot) répond : pendant 31 heures dans la semaine ("kEI Mélekh yochev" -> "kel" (אל) + guematria 31) : il s'agit des 7 dernières heures de la journée de vendredi (une heure avant 'hatsote) et jusqu'à la fin du Shabbat (cela fait en tout 7+24= 31 heures).

=> Voici donc que le vendredi après-midi et le Shabbat sont des jours dont le potentiel est immense.
Le Zohar dit : chaque prière de Shabbat est reçue sans aucune accusation et fait les mêmes effets que la prières des Assérete yémé Techouva (les 10 jours entre Roch Hachana et Kippour où Hachem est très proche de nous).
Le Ben Ich H'ai dit : à Shabbath, chaque mitsva ou étude vaut 1 000 fois plus que celles réalisées pendant la semaine.
Pourquoi cela? D'après le ArizaI, c'est parce que Hachem les reçoit sur Son Trône de Ra'hamim (Miséricorde).

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-> Le rav Shimshon Pinkous enseigne :
Le Shabbat constitue une 3e sorte de sainteté (kédoucha). Elle ne fait pas descendre Hachem en bas, elle ne fait pas monter l'homme en haut ; elle laisse chacun à sa place mais elle fait le pont entre les deux.
Le Zohar dit que le Shabbat est le jour du Yih'oud (de l'union), le jour du lien total. Il se produit alors une unification parfaite entre les mondes d'en haut et les mondes d'en bas, entre Hachem [et entre le peuple juif]

-> Le Néfech Yéhoudi (Vayakel 5780) ajoute :
C'est là toute la difficulté du Shabbat, le corps est bien présent, les délices également, la matière est au rendez-vous mais tout est mitsva, tout est attaché à la sainteté (kédoucha), tout est imbibé du monde futur.
Il y a une grande union qui se fait entre le corps et l'âme, la matière et le spirituel, ce monde ci et tous les mondes d'en haut.

Le Pelé Yoets dit que de même qu'une mitsva vaut beaucoup plus le jour du Shabbat, de même une faute (avéra) a beaucoup plus d'effet. D'après lui, la avéra d'un juif qui n'a aucun lien avec la spiritualité, n'a pas d'effet dans les mondes d'en haut les jours de la semaine, mais le Shabbat elle a de l'effet car il n'y a plus de séparation, d'éloignement. C'est un jour d'union parfaite, un jour de Shalom où l'on dit d'ailleurs : Shabbat shalom!

=> C'est là toute la difficulté du Chabbat : savoir que la sainteté est présente, qu'Hachem est lié à nous profondément, sans que nous puissions le palper, sans que nous puissions nous séparer de la matière (à la différence de la Torah ou de la Téfila).