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La souffrance

+ La souffrance :

-> Puisque la souffrance éveille une personne à faire téchouva, le mauvais penchant tente de la tromper en lui faisant croire que la souffrance n'est qu'un simple hasard et qu'elle n'a pas été décrétée par D.
Le Rambam (Hilkhot Taniot 1:3) affirme que si une personne pense que ses problèmes lui sont arrivés naturellement, refusant de considérer qu'ils lui sont arrivés en raison de ses lacunes spirituelles, elle risque d'être confrontée à d'autres problèmes.
En fait, nos Sages (Avoda Zara 55a) écrivent que la souffrance est l'exemple parfait de la providence divine : elle arrive un jour précis, à une heure précise, par l'intermédiaire d'une personne précise et d'une manière spécifique.

De même, rabbi Yaakov Its'hak de Balondov souligne qu'une personne est encline à penser que la souffrance subie par un groupe est un hasard pour chaque individu, mais cela aussi est une erreur, car rien n'est dû au hasard.
Et rabbi Its'hak de Vork de dire qu'une personne doit reconnaître que même les difficultés qui lui parviennent par l'intermédiaire d'une autre personne sont orchestrées [avec précision] par Hachem.

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-> Nos Sages (guémara Arakhin 16b) enseigne que même si une personne met la main dans sa poche pour en sortir 3 pièces et ne se retrouve qu'avec 2 pièces dans la main, ou si elle voulait une boisson chaude et qu'elle n'était que tiède, tout cela est envoyé par Hachem.
Ainsi, même le plus petit inconfort ou la plus petite difficulté sont le fruit d'un dessein.

C'est pourquoi les tsadikim ont demandé aux gens de dire : "Vois mes souffrances et mon labeur et pardonne toutes mes fautes" (Téhilim 25,18), même pour la plus petite contrariété.
Et rabbi Aharon Roth recommande que lorsqu'une personne est confrontée à des difficultés, elle dise : "Je crois que cette souffrance m'est arrivée à cause de mes péchés et je l'accepte avec amour".

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-> Nos Sages (Mékhilta, Chémot 19,9) écrivent qu'une personne qui accepte les difficultés avec joie en est récompensée.

-> Avant le décès du rabbi de Keresteer, le médecin savait qu'il souffrait beaucoup, même s'il ne donnait aucune indication. Le médecin lui demanda s'il souffrait et le Rebbe répondit : "Je ne souffre pas, mais j'ai très mal".
Lorsque rabbi Elimélé'h de Lizensk a été opéré de l'estomac, il a ri de la satisfaction d'avoir subi une telle douleur.
Une histoire similaire est racontée à propos de Its'hak de Kalov. Son médecin n'en croyait pas ses yeux et lui demanda comment il était possible qu'il soit dans un tel état de joie à un moment aussi difficile. Le rabbi de Kalov répondit qu'une personne ne doit pas remettre en question ou contester les actions d'Hachem et que la douleur qu'il avait subie était en fait un cadeau abondant qu'il méritait de recevoir.

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-> C'est une mitsva d'aimer Hachem quelle que soit la façon dont Il nous traite, même s'il nous prend notre âme. Et nos Sages expriment que nous devons nous réjouir davantage dans nos difficultés que dans nos bons moments (Sifri, Dévarim 32 ; Mékhilta, Chémot 20,20). C'est à ce niveau élevé que vivaient les 'hassidim et les tsadikim.

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-> Selon nos Sages, c'est en sachant que tout se passe selon la volonté d'Hachem que nous transformons l'amertume en douceur.
Ce qui empêche généralement les gens de vivre cette réalité, c'est un manque de croyance ou une affirmation subtile d'arrogance.
Rabbi Ména'hem Mendel de Kotzk explique qu'un 'hassid sait qu'il n'est rien et que c'est pour cette raison qu'il accepte tout avec joie. Il pense également qu'une personne qui n'accepte pas les défis avec amour est toujours ancrée dans la matérialité.

-> Hachem a créé le monde afin d'offrir Sa bonté. Sur cette base, un tsadik a déclaré que si une personne a l'impression qu'Hachem ne lui a pas donné de bonté, ce n'est pas un hasard et il y a une bonne raison à cela.
De même, le 'Hatam Sofer raconte qu'il a demandé à un vieil homme de sa communauté sur quelle base spirituelle il méritait de vivre une longue vie. L'homme répondit : "Les gens demandent à Hachem pourquoi les choses leur arrivent, et comme Hachem est miséricordieux, Il les ramène à Lui pour répondre à leurs questions (provoquant leur mort). Mais moi, je ne demande pas".

La joie nous préserve des difficultés

+ La joie nous préserve des difficultés :

-> Le "Saraf" de Magalintsa enseigne :
Le Créateur désire que les juifs soient dans la joie. Si l’homme manque de joie, que fait Hachem?
Il lui envoie des épreuves et des souffrances, et les lui enlève ensuite ; le mieux-être qui s’ensuit est alors une raison en soi de le réjouir.

C’est ce que le roi David exprime dans le Téhilim (32,7) :
- "ata sétèr li" (אַתָּה סֵתֶר לִי) = "Maître du monde, sois mon abri et protège-moi" ;
- de tout "mitsar" (מצר) = de toute adversité : "Tu n’as pas besoin de m’infliger des épreuves et des souffrances et de me les enlever ensuite pour que je sois dans la joie"
- car "roné falét téssovévéni" (תסובבני פלט רני) = car "je réside constamment dans la joie".

Iyov a connu d'atroces souffrances.
Selon le midrach (Yalkout Chimoni – rémez 908), si Iyov ne s’était pas plaint des malheurs qui lui sont arrivés, et s’il avait à la place pris conscience qu’ils lui étaient nécessaires et pour son bien, alors nous aurions ajoutés son nom au début de la amida : "D. d’Avraham, D. de Yits’hak, D. de Yaakov et D. de Iyov".

=> De là, on peut se rendre compte de la grandeur d’accepter tout ce qui nous arrive (volonté de D.) avec amour.

Bien qu’il existe de nombreux voiles différents derrière lesquels Hachem Se cache, lorsqu’une personne réalise que Hachem Se cache là, Il n’est plus caché, car tout le mal disparaît alors.
[Baal Shem Tov - Kéter Shem Tov 85]

Personne ne veut souffrir, mais si quelqu'un a été affligé par la souffrance, il doit se réjouir de cette aubaine inattendue!
[rav Yaakov Israël Kanievsky - le Steïpler]

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-> Nous constatons souvent qu'une chose qui semble horrible au départ finit par être géniale, et vice versa. "Par conséquent, une personne sage ne devrait pas être contrariée lorsque quelque chose de terriblement mauvais lui arrive, parce qu'elle n'en saisit pas l'issue.
De plus, une personne ne devrait pas se réjouir lorsque quelque chose de bien lui arrive, parce qu'elle ne sait pas non plus combien de temps cela va durer."
[Rambam - pérouch haMichnayot]

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-> Selon le rav Moché de Kobrin (Ohr Yécharim) : "Lorsqu'une personne souffre, elle ne doit pas dire : "C'est mal, c'est mal!". Rien de ce qu'Hachem impose à l'homme n'est mauvais.
Il devrait plutôt dire : "C'est amer, à l'image des médicaments dont certains sont amers".

La douleur est amère, mais parfois, quelque chose d'amer peut être bon pour nous et quelque chose de doux peut être nuisible.
Si nous croyons sincèrement à la hachga'ha pratit d'Hachem et à tout ce qui est rapporté par Ses prophètes et Ses sages, nous ne serons jamais à la dérive. Nous resterons sereins, forts de notre bita'hon qu'Hachem ne nous abandonnera jamais. C'est la sérénité profonde de savoir que nous ne sommes pas seuls dans nos luttes. Même si nous souffrons, nous savons que nos fautes sont purifiées et que notre récompense est mise de côté pour l'éternité. [Nétsiv Harchev Davar - Dévarim 4]

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-> Un baal bita'hon comprend que l'issue de toutes les situations n'est que celle qui a été déterminée par le Créateur comme étant la plus appropriée pour son bien ultime, à la fois dans ce monde et dans le monde à Venir.

-> Lorsque le roi David dit : "La bonté entoure celui qui a confiance en Hachem" (Téhilim 32,10) , il fait référence à notre confiance en Hachem.
Notez qu'il n'est pas dit que nous ne ressentirons pas aucune douleur. Le 'Hafets 'Haïm explique que la meilleure façon de permettre à quelqu'un d'avaler un médicament amer est de l'envelopper dans quelque chose avec une goût agréable. De nos jours, une capsule remplit cette fonction.
Lorsque nous réalisons qu'Hachem est derrière tout ce qui nous arrive et que toutes nos souffrances sont empreintes de compassion pour notre bien, la douleur est minimisée. Nous sommes soutenus par cette connaissance, de sorte qu'il n'y a pas d'amertume.

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-> Une personne qui souffre doit s'efforcer d'accepter les circonstances sombres dans lesquelles elle se trouve tout en continuant à croire, à espérer et à prier.
"Lorsqu'une personne s'attache à Hachem en continuant à suivre une voie droite même lorsqu'elle est confrontée à des circonstances négatives, elle procure à Hachem un plaisir inégalé. Elle réalise les tikounim (réparations) pour lesquels elle a été introduit dans ce monde-ci et que personne d'autre ne peut faire.

[rav 'Haïm Vittal]

Rien n'arrive à la cheville de la puissance des tikounim réalisés par une personne qui a continué à servir Hachem au milieu de la souffrance.

Comment se fait-il que tant de personnes extrêmement saintes souffrent de nombreuses tribulations? Pourquoi n'utilisent-ils pas la émouna pour se sauver?
Certains d'entre eux acceptent leur souffrance avec amour. Une autre raison cachée est que lorsqu'Hachem veut mettre en place un décret maléfique, il rend une personne si craintive qu'il lui devient impossible de renforcer sa émouna. [voir Lechem Chemo véAchlama]

-> "az yimalé che'hok pinou" (alors nous rirons de joie - Téhilim 126,2).
Cela se produira lorsque Hachem révélera la récompense de toutes nos souffrances. À ce moment-là, nous ne comprendrons pas pourquoi nous avons été si affligés par notre souffrance, étant donné qu'elle nous a rapprochés d'Hachem.

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Lorsque Rav Shlomo Zalman Auerbach fut informé de la souffrance du bachour, il demanda à quelqu'un d'amener le bachour pour qu'il vienne parler avec lui. Lorsque le bachour arriva, Rav Shlomo Zalman le fit asseoir à ses côtés. Caressant la main du bachour, le rav Zalman répondit :
"Il est vrai que lorsque nous sommes soumis au jugement d'Hachem, que nous ne pouvons pas comprendre, nous disons la bénédiction : "Barou'h Dayan ha'émet" (Béni sois le juge de Vérité).
En même temps, nous ne pouvons pas oublier que notre existence est entourée de compassion. C'est pourquoi la prière du Yizkor fait référence à Hachem en tant que Kel Malé Ra'hamim (D. plein de miséricorde).
"Hachem est un Père miséricordieux, la source de la compassion dans ce monde-ci. Parfois, il nous faut un certain temps pour comprendre qu'il n'y a rien de mauvais dans le monde. Tout ce que fait Hachem est pour notre bien. Chaque défi découle d'une vaste compassion. Il n'y a pas lieu de s'inquiéter pour votre mère. Sa situation est bien meilleure que la vôtre ou la mienne. Son âme s'est reliée à l'immortalité. Elle est maintenant proche de la source de toute compassion (Hachem)."

Le rav Auerbach continua la conversation en décrivant l'amour d'Hachem pour Ses enfants (les juifs), dans ce monde et celui à Venir.

Lorsqu'une personne souffre, il ne faut pas qu'elle soit affligée par sa propre souffrance. Au contraire, sa détresse doit être principalement due au fait qu'à cause de cette souffrance (que D. nous en préserve), elle est incapable de servir Hachem comme il se doit.
Il donne ainsi à D. orgueil et plaisir, car sa détresse est uniquement due au fait qu'il est empêché de servir D. pour cette raison.
[...]

Le peuple juif souffre d'angoisse et son cœur brûle à cause de la destruction du Temple, car lorsque le Temple était debout, D. tirait un immense plaisir de notre service, du service du Cohen Gadol à Yom Kippour, et de même de tous les autres services avec les offrandes, comme il est dit : "les offrandes produisent un feu d'une odeur agréable à D." (Vayikra 1,13).
Nous ne souffrons pas du fait que, lorsque le Temple s'élevait, tout était calme et sûr pour le peuple juif.
Nous souffrons plutôt du fait qu'il est désormais impossible d'accomplir la volonté de D. et de Lui donner le même plaisir qu'à l'époque où le Temple s'élevait.
[rabbi Lévi Its'hak de Berditchev - Kédouchat Lévi - Lé'h Lé'ha 12,7]

Lorsque nous nous engageons à travailler sur notre spiritualité et à ignorer les distractions inutiles, Hachem nous enverra des défis/épreuves pour vérifier si notre engagement est réel, mais une fois que nous aurons établi notre détermination inébranlable, nous réussirons.
['Hazon Ich]

[ l'adversité est le tremplin vers tout ce qui en vaut la peine. Rien n'est accompli sans lutte. Si nous voulons que quelque chose dure, nous devons faire les efforts nécessaires pour l'obtenir. (rabbanit Feldbrand)]

"Lorsqu'une personne comprend que tout ce qu'Hachem fait est pour son bien, qu'il s'agisse de quelque chose qui affecte sa santé physique ou son bien-être financier, et que, malgré son incapacité à voir comment c'est pour son bien, et qu'elle sait que c'est très certainement pour son bien, alors son amour pour Hachem ne s'affaiblira pas à cause des épreuves ou des difficultés.
Au contraire, ses expériences ne feront que la renforcer et la faire grandir (spirituellement, et plus proche d'Hachem)".
[Ram'hal - Messilat Yécharim - chap.19]

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-> "Tout ce qui est donné à une personne par Hachem lui amènera de la joie et de l'allégresse".
[ rabbénou Bé'hayé - 'Hovot haLévavot - chaar haBita'hon ]

Si je n'étais pas tombé, je ne me serais pas relevé, si je n'avais pas été assis dans l'obscurité, Hachem n'aurait pas été une lumière pour moi.
[midrach Shocher Tov - Téhilim 5 ]

[nos souffrances, nos moments obscurs de la vie peuvent être ce qui va générer finalement beaucoup de belles choses, de lumière, dans notre vie. ]

Celui qui se focalise principalement sur l'amélioration de soi se réjouira les jours où les challenges sont les plus difficiles.
[rabbi Yossef Yozel Hourvits - le Alter de Novardok ]