Notre tâche consiste à réaliser que l'amour d'Hachem pour chaque membre de Sa nation dépasse tout ce que nous sommes capables d'imaginer, et que le seul but de toute souffrance est de servir de réveil pour se repentir et se rapprocher de Lui, de la même manière qu'un père aimant afflige son fils uniquement pour le bénéfice de ce dernier.
[rav Moché Sternbuch]
Catégorie : 3- La souffrance
Même si, ici-bas, quelque chose semble être nuisible, d'en-Haut, c'est-à-dire du point de vue du Ciel, c'est une bonne chose ; son but (ultime) est bon.
Celui dont les yeux sont ouverts et qui se concentre toujours sur la perspective supérieure, Divine, se rend compte que ce qui semble mauvais est en fait bon.
[rabbi Lévi Its'hak de Berditchev - Kédouchat Lévi - 'Houkat 21,17-18 ]
+ "Hachem châtie celui qu'Il aime" (Michlé 3,12)
-> Les difficultés rencontrées dans ce monde peuvent être une bénédiction déguisée. En faisant l'expérience de souffrances, une personne est purifiée de ses fautes, ce qui lui permet de jouir d'un bonheur éternel.
Le rav 'Haïm de Volozhin (Roua'h 'Haïm - Pirké Avot 6,6) écrit que si une personne s'abstient de s'adonner aux plaisirs matériels et se consacre à l'étude de la Torah, c'est comme si elle avait fait l'expérience de souffrances.
Ainsi, en plus d'obtenir les récompenses accordées pour l'étude de la Torah, elle se purifie également de ses fautes.
-> Rabbénou Yona(Yessod haTéchouva) écrit que lorsqu'une personne se retient alors que son mauvais penchant l'incite à s'adonner à quelque chose d'interdit, cela compte également comme des souffrances et la purifie de ses fautes.
Les souffrances – Enseignements du Steïpler
+++ Les souffrances - Enseignements du Steïpler :
+ Extraits de lettres de son livre Kéréna déIgrata :
-> Nos Sages (Soucca 52a) disent que plus une personne est [spirituellement] grande, plus son mauvais penchant est grand.
De même, celui qui est plus apte à être extrêmement grand en Torah doit faire face à beaucoup plus d'obstacles, de toutes sortes de façons.
Mais lorsque l'on se renforce pour s'accrocher à "l'arbre de vie", les souffrances finissent par passer.
D'après les puissantes souffrances auxquelles vous avez affaire, il est clair que vous êtes faits pour être extrêmement grands dans la Torah et la crainte du Ciel.
[Kéréna déIgrata - vol.1 - 24]
-> En vérité, chaque personne a ses propres difficultés, même si cela ne se voit pas de l'extérieur ...
Vous pensez constamment à vous-même. Toute votre lettre est remplie de "je, je, je", et c'est pour cela que vous souffrez. Vous devez vivre votre vie comme un bœuf qui porte un joug, en réalisant que tout ne doit pas nécessairement aller dans votre sens.
[tout provient d'Hachem pour mon bien, même si je ne comprends pas actuellement. Le fait de ne pas acceptez de ne pas comprendre, nous fait souffrir à tord. ]
Faites toujours une prière pour tout ce qui est difficile pour vous, afin qu'Hachem ait pitié de vous et vous sauve des souffrances.
[Kéréna déIgrata - vol.1 - 26]
-> Il ne faut pas s'inquiéter, car ce monde est en perpétuel changement ; une situation que l'on croit désespérée aujourd'hui finira par se résoudre de la meilleure façon, par un moyen que l'on n'avait jamais envisagé. J'en ai été personnellement témoin à plusieurs reprises.
[Kéréna déIgrata - vol.1 - 53]
-> En vérité, il n'y a aucune raison de s'inquiéter, car le passé est révolu, et en ce qui concerne l'avenir, il est impossible de le connaître. Tout ce que l'on imagine à propos de l'avenir n'est que spéculation insensée, car il s'avère qu'il n'en est rien, et que l'inquiétude et la dépression d'une personne brisent son esprit, que D. nous en préserve.
Les choses mêmes pour lesquelles on s'inquiétait finissent par se résoudre de manière satisfaisante. Il faut garder l'espoir de toutes les bonnes choses, car le salut d'Hachem peut venir en un clin d'œil.
Kéréna déIgrata - vol.1 - 55]
-> Nos Sages (Béra'hot 5b) déclarent : "Les souffrances sont précieuses" ('havivim yissourim).
Si nos Sages disent qu'elles sont précieuses, c'est qu'elles le sont. Elles accordent à une personne le succès et une immense fortune dans le monde à Venir (éternel).
Par conséquent, on devrait être extrêmement heureux des souffrances que l'on a déjà endurées, car elles représentent un bénéfice incommensurable et proviennent de l'immense bonté d'Hachem.
En ce qui concerne l'avenir, cependant, nous devons prier pour être sauvés des souffrances, car nous voyons que même les plus grands de nos Sages (Béra'hot 5b) ont dit : " Nous ne voulons pas d'eux, ni de leur récompense" [ parce que les souffrances empêchent une personne d'étudier et d'accomplir les mitsvot. ]
[Kéréna déIgrata - vol.1 - 91]
-> Les souffrances sont une grande chose ; elles sont extrêmement élevées, et tout le monde à Venir d'une personne en dépend, à tel point que nos Sages (guémara Arakhin 16b) disent que si 40 jours s'écoulent sans souffrance, on a "mangé" son monde à Venir ...
Par-dessus tout, les souffrances sont considérées comme une possession formidable et extrêmement puissante, bien qu'elle soit très amère et très difficile à supporter. Cependant, cela n'est vrai que pour les souffrances que l'on possède dans le présent.
Mais les souffrances qui se sont déjà produits, que l'on a déjà vécus, ne sont que bonté et bénédiction, car ce qu'on a déjà souffert a maintenant disparu. Par sa souffrance, le malade s'est constitué un trésor de mérites extrêmement important.
[Kéréna déIgrata - vol.2 - 28]
-> Selon nos Sages (midrach Béréchit rabba 92,1) : "Rabbi Alexandri dit : Tout homme a des souffrances. Heureux est celui dont les souffrances proviennent de la Torah".
Cela signifie qu'étant donné qu'une personne aura une certaine quantité de souffrances dans tous les cas, heureuse est la personne qui suit la Torah, de sorte que les souffrances qu'elle reçoit viendront par son accomplissement des mitsvot de la Torah.
Ensuite, grâce à ces mêmes souffrances, elle recevra une récompense immense et éternelle dans le monde à Venir, où chaque douleur qu'elle a endurée pour garder la Torah sera pour lui une source de mérite incroyable.
[Kéréna déIgrata - vol.2 - 26]
-> Toute personne a besoin de souffrir d'une manière ou d'une autre, et il y a aussi une limite à sa souffrance.
[Kéréna déIgrata - vol.1 - 94]
-> La vérité, c'est que chaque personne souffre énormément, que ce soit de la part des membres de sa famille ou de ses voisins, de la pauvreté et des dettes, de l'humiliation, de la difficulté d'élever des enfants, ...
[Kéréna déIgrata - vol.3 - 138]
-> Toutes les choses de ce monde, qu'elles soient bonnes ou mauvaises, sont temporaires, et il faut se rappeler, à propos de chaque situation, que cela aussi passera.
[Kéréna déIgrata - vol.1 - 24]
[ notre passage dans ce monde est très temporaire, et le monde à Venir est éternel]
-> Lorsque l'on souffre, il faut constamment se rappeler que tous les souffrances finissent par disparaître. Il faut également savoir que tout ce que fait Hachem est pour le bien.
[Kéréna déIgrata - vol.1 - 92]
-> "Elokim parla à Moché et lui dit : Je suis Hachem" (Vaéra 6,2).
Le nom "Elokim" fait référence à l'Attribut de Jugement, tandis que le nom "Hachem" fait référence à l'Attribut de Miséricorde. Dans ce verset, Hachem dit à Moché : "Je suis Hachem", ce qui signifie que même les jugements et les souffrances proviennent d'une miséricorde absolue et sont pour le bien de la personne, même si elles sont cachées.
[Kéréna déIgrata - vol.1 - 330]
-> L'essentiel est de ne pas s'inquiéter, et en vérité il n'y a aucune raison de s'inquiéter, car tout ce que fait Hachem est pour le mieux.
[Kéréna déIgrata - vol.3 - 14]
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-> Une personne doit réaliser que les souffrances et la douleur qu'elle éprouve parce qu'elle n'a pas pu servir Hachem correctement, ou parce qu'elle a échoué, à D. ne plaise, dans une certaine faute, constituent en soi une expiation et sont aussi précieux pour Hachem que ceux qui ont accompli la mitsva. Car la principale chose dont Hachem se soucie est le cœur d'une personne.
[Kéréna déIgrata - vol.1 - 16]
-> Chaque personne, en particulier dans sa jeunesse, connaît des périodes de hauts et de bas [spirituels], et le principal travail de service à Hachem se fait dans les moments de chute [spirituelle].
Comme l'ont dit nos Sages (Avot déRabbi Nathan - chap.3) : "une fois avec de la douleur est plus grande que 100 fois sans douleur".
Lorsque quelqu'un se renforce pendant les périodes d'obscurité pour apprendre la Torah correctement, il méritera par la suite d'avoir une grande clarté.
[Kéréna déIgrata - vol.1 - 27]
[notre rôle sur terre est de faire la volonté d'Hachem, et parfois Il veut nous voir le servir dans la souffrance, fatigue, ... Notre yétser ara cherche alors à nous démoraliser (ex: que tu es mauvais!), et nous devons accepter la volonté de D. et faire de notre mieux (même si c'est moins qu'à la normale). ]
-> C'est le concept de "plus une chose est sainte, plus elle est en mauvais état".
C'est parce que la Chékhina est en exil que ceux qui sont les plus proches d'Hachem ne réussissent pas, que D. préserve ; car il est connu au Ciel que chaque parcelle de souffrance qui vient de la crainte du Ciel provoque un flux infini de sainteté dans le monde.
[Kéréna déIgrata - vol.2 - 74]
-> Selon nos Sages (midrach Béréchit rabba 92,1) : "Rabbi Alexandri dit : Tout homme a des souffrances. Heureux celui dont les souffrances proviennent de la Torah."
Cela signifie que la quantité de souffrances que l'on reçoit est décrétée au Ciel pour chaque individu, et qu'il est impossible d'y échapper.
Heureuse est la personne dont les souffrances lui parviennent grâce à sa Torah et à ses mitsvot, car toutes ces souffrances sont alors un puissant et immense mérite, puisqu'elle les a subis pour l'honneur d'Hachem et de Sa Torah.
Si quelqu'un abandonne son service d'Hachem, à D. ne plaise, il ne recevra pas moins de souffrances, et les souffrances qu'il recevra ne seront que de la souffrance, et rien de plus.
[Kéréna déIgrata - vol.2 - 26]
-> Lorsqu'une personne souffre d'embarras à cause de son étude [de Torah], son mérite est incroyablement grand, et elle finira par avoir beaucoup de succès. Il lui suffit de s'accrocher à "l'Arbre de Vie".
[Kéréna déIgrata - vol.1 - 38]
[aucune souffrance n'est vaine, ne nous vient pour rien, car dans les moindres détails rien ne peut se passer sans décret de papa Hachem, qui nous aime toujours infiniment. ]
-> J'ai appris que la semaine dernière, les Mizrachi vous ont soumis à toutes sortes d'insultes et d'humiliations. Je voudrais vous encourager à ne pas vous préoccuper de cela, et d'autres choses similaires, du tout. Le Rav Shmuel Greineman, ztz", m'a raconté que pendant un certain temps, il avait l'habitude d'aider le Chofetz Chaim, ztz "l, dans ses efforts communautaires. Une fois, Rav Shmuel a été envoyé à un certain endroit, ce qui lui a valu des ennuis avec la police pendant un certain temps, jusqu'à ce qu'Hachem le sauve. Lorsque Rav Shmuel raconta cela au Chofetz Chaim ztz "1, celui-ci lui
Le 'Hafets 'Haïm dit qu'il est expliqué (guémara 'Houlin 7b) que si l'on se cogne l'orteil en allant accomplir une mitsva, le sang (de dures souffrances, comme s'il se cogne 2 fois son orteil) expie comme un korban ola.
Puisque que les souffrances viennent du fait qu'on est allée faire une mitsva, le mérite est grand et extrêmement puissant, et on doit être heureux grâce à cela ...
Toutes les souffrances qui découlent de l'accomplissement d'une mitsva sont un bénéfice incroyable, qu'une personne ne devrait absolument pas vouloir vendre pour tout l'argent du monde.
En outre, il est généralement évident, même dans ce monde, qu'en conséquence, on ne fait que grandir et réussir, tant sur le plan physique que spirituel. Il ne faut pas que ces choses nous causent de la peine, et notre honneur n'en sera pas diminué, ce qu'à D. ne plaise.
[Kéréna déIgrata - vol.1 - 82]
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+ Extraits de son livre 'Hayé Olam :
-> Le Ramh'al (Messillat Yécharim - chap.1) écrit : "Quelle est la vie d'une personne dans ce monde? Qui est vraiment heureux et satisfait dans ce monde? ..."
Ne devriez-vous pas vous demander : pourquoi l'homme a-t-il été créé pour vivre une vie mêlée de tristesse et de bonheur, de douleur et de plaisir, de croissance et d'échec, et d'une multitude de hauts et de bas, dont la plupart sont remplis de douleur et de chagrin? Pourquoi en est-il ainsi?
La vraie réponse est : parce que toute la vie dans ce monde n'est qu'un passage, un couloir vers une vie éternelle qui est incomparablement merveilleuse.
Toute la vie terrestre est conçue en fonction de ce qu'Hachem sait être la meilleure préparation à cette vie éternelle. On sera alors également jugé sur ses mérites et ses actes. Une personne qui s'attache à Hachem et à Sa sainte Torah, acceptera tous les problèmes avec amour, quoi qu'il arrive, car elle sait qu'Hachem est avec elle, et que, comme le disent nos Sages (Béra'hot 60b) : "Tout ce que fait Hachem est pour le bien".
['Hayé Olam - vol.1,chap.6]
-> Il est décrété pour une personne à sa naissance [des choses en fonction de ses réincarnations pour lui permettre d'arriver à la perfection de son être global], c'est-à-dire qu'il s'agit du mazal qui lui convient en fonction de ses actions dans une vie antérieure.
['Hayé Olam - vol.1,chap.12]
-> "Avant qu'Hachem ne porte un coup au peuple juif, Il prépare toujours d'abord le remède. (guémara Méguila 13b).
Il est donc clair que pour chaque événement difficile, pour chaque douleur et chaque souffrance qu'une personne traverse, il y a déjà un remède qui a été préparé à l'avance, mais il faut des mérites pour s'en rendre compte.
Le fait d'être conscient de ce concept donnera à une personne force et soutien, l'empêchant de tomber dans le désespoir pendant les périodes difficiles, même lorsqu'il semble qu'il n'y a pas d'issue à sa situation difficile.
Il lui suffit de prier Hachem et de Lui demander miséricorde, d'étudier la Torah et d'accomplir les mitsvot pour l'amour d'Hachem, et de toujours espérer Son salut, qui peut survenir en un clin d'œil. Mais on ne doit jamais tomber dans le désespoir, à D. ne plaise.
[...]
Il ne faut jamais perdre espoir, que D. nous en préserve, même si beaucoup de temps s'écoule et que l'on reste bloqué dans sa situation difficile, car en fin de compte, Hachem nous montrera le chemin, et la récompense sera à la hauteur de la douleur.
['Hayé Olam - vol.2,chap.6]
-> Comme chacun sait, nos jours sont comme une ombre qui passe.
Même pendant les décennies qu'il nous est donné de vivre dans ce monde, la majeure partie de notre vie est remplie de colère, de douleur amère et de nombreux événements horribles, et les moments où nous vivons dans la tranquillité et le calme sont rares.
Même pendant ces périodes, lorsqu'on vit tranquillement et qu'on se voit jouir d'un succès superficiel, on craint constamment de perdre ses richesses, en raison des changements qui se produisent constamment dans le monde. En effet, ce monde est un lieu de changement, une "roue tournante" ; certaines personnes deviennent prometteuses, tandis que d'autres se fanent.
La sérénité totale à laquelle on aspire n'est possible que dans l'autre monde, que nos Sages (guémara Kidouchin 39b) décrivent comme "le monde qui est entièrement bon".
['Hayé Olam - vol.2,chap.12]
-> Il faut savoir que les souffrances ne sont pas envoyés à une personne "plus ou moins" (approximativement), comme quelqu'un qui verse une grosse somme d'argent [qui ne fait pas attention à être précis], mais plutôt avec une extrême précision.
Ceci est clair d'après la guémara (Arakhin 16b), qui dit que même si quelqu'un met sa main dans sa poche pour sortir trois pièces et finit par n'en sortir que deux, ceci [c'est-à-dire le fait qu'il doive se donner la peine de remettre sa main dans sa poche pour sortir une autre pièce] est également considéré comme des souffrances.
Et dans la guémara (Avoda Zara 55a), nos Sages expliquent le verset "et les maladies douloureuses et loyales" (Ki Tavo 28,59) comme signifiant que ces maladies sont "envoyées pour être douloureuses et loyales à leur serment".
Cela signifie que les maladies doivent jurer qu'elles partiront à un moment précis, sans rester un seul instant de plus.
Et dans la guémara ('Houlin 7b), il est dit : "On ne se coupe pas le doigt à moins que cela n'ait été décrété d'en haut".
Nous voyons ici que chaque détail des souffrances provient d'un décret spécifique de la Cour céleste.
Il faut également comprendre que les souffrances sont envoyés avec miséricorde [c'est-à-dire qu'Hachem considère qu'une petite souffrance compte beaucoup].
En ce qui concerne le verset : "Louez Hachem, car Il est bon" (Téhilim 136,1), nos Sages (guémara Pessa'him 118a) expliquent que cela signifie que lorsqu'une personne a fauté, Hachem la punit en "collectant" du bien que Hachem a donné Lui-même à cette personne : une personne riche perd son bœuf, un pauvre perd sa brebis, un orphelin son œuf et une veuve perd son coq.
Nos Sages (Sifri - Vaét'hanan 6,5) ont également déclaré qu'Hachem dit : "Toi et ton cœur connaissez les fautes que tu as commises, et les souffrances que je t'ai donnés sont inférieurs à ce que tu mérites".
[ car même un être humain, avec sa compréhension limitée, peut comprendre que, selon la stricte lettre de la loi, il mérite une punition bien plus importante que celle qu'il a reçue].
Mais Hachem, dans Sa grande miséricorde, considère le peu comme beaucoup.
['Hayé Olam - vol.2,chap.13]
-> Parfois, un tsadik décède alors qu'il est encore jeune, lorsqu'on voit en-Haut que s'il vivait plus longtemps, il se détériorerait, à D. ne plaise, comme il est dit dans la guémara (Yérouchalmi Béra'hot 2:8) : "Le propriétaire d'un figuier sait quand cueillir les figues".
[c'est-à-dire au bon moment, car s'il les laissait plus longtemps sur l'arbre, elles se gâteraient. ]
['Hayé Olam - vol.2,chap.13]
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+ Une souffrance dans ce monde épargne énormément de souffrances dans le monde à Venir :
-> La guémara (Yébamot 105b) rapporte que Rabbi 'Hiya et Rabbi Chimon Bar Rabbi étaient un jour assis ensemble avec Rabbi Yichmael béRabbi Yossi, lorsque Rabbi arriva [et qu'ils durent prendre leurs places respectives].
En raison de son poids, Rabbi Yichmael béRabbi Yossi marchait lentement [c'est-à-dire qu'en raison de son embonpoint, il passait lentement devant les talmidim qui étaient assis par terre, et il semblait qu'il marchait sur leurs têtes].
Avdan lui dit : "Qui marche sur la tête de la nation sainte?"
Rabbi Yichmael béRabbi Yossi répondit : "C'est moi ...".
La guémara rapporte ce qui suit : "À ce moment-là, Avdan a eut des souffrances (tsaraat, ses deux fils se sont noyés et ses deux belles-filles ont fait mioun, mettant fin à leurs mariages.
Pourtant, Rav Na'hman bar Its'hak a dit : "Béni soit Hachem, qui a mis Avdan dans l'embarras dans ce monde, au lieu de le mettre dans l'embarras dans le monde à Venir".
L'explication est que dans le monde à Venir, une punition est beaucoup, beaucoup plus grave.
C'est donc à partir de là que nous voyons à quel point : "les souffrances sont précieuses" ('havivim yissourim - Béra'hot 5b).
Et selon le Sifri (Vaét'hanan 6,5) : "Rabbi Né'hémia dit : Les souffrances sont précieuses, car tout comme les korbanot expient, les souffrances expient également".
En effet, recevoir des souffrances donne à une personne un avantage infini, car les punitions que l'on mérite de recevoir dans le monde à Venir sont remplacées par les souffrances de ce monde, qui sont extrêmement allégées en comparaison.
La guémara (Taanit 21a) rapporte que Na'houm Ich Gam Zou ne s'est pas empressé de répondre aux besoins d'un pauvre.
Na'houm dit au pauvre d'attendre qu'il ait fini de décharger son âne, et à ce moment-là, l'homme mourut.
Lorsque cela s'est produit, Na'houm Ich Gam Zou a accepté d'horribles souffrances sur lui-même, que ses yeux deviennent aveugles, que ses mains et ses jambes soient amputées, et que son corps entier devienne plein de furoncles. Et c'est ce qui s'est produit.
En le voyant dans cet état, les talmidim (élèves) de Na'houm lui dirent : "Malheur à nous de t'avoir vu dans cet état!".
Mais Na'houm répondit : "Malheur à moi si vous ne m'aviez pas vu ainsi!".
[nous devons tenter de voir nos difficultés avec la vision de Vérité du monde à Venir. ]
La signification est que la faute de Na'houm, et sa punition dans le monde à Venir, sont tellement pires en comparaison des souffrances qu'il a acceptés sur lui-même dans ce monde.
La faute de Na'houm était tout à fait involontaire, car Na'houm ne s'était pas du tout rendu compte que la vie de cette personne était en danger ; en outre, sa faute était une faute d'inactivité, à savoir un manquement de faire la mitsva de la tsédaka avec assez de rapidité. [chacun est jugé selon son niveau/capacités, les tsadikim le sont ainsi sur l'épaisseur d'un cheveu ]
Malgré tout cela, tous les énormes souffrances que Na'houm a subis dans ce monde ont été une grande chance pour lui, car dans le monde à Venir, cela aurait été beaucoup, beaucoup, plus difficile et terriblement plus amer.
['Hayé Olam - vol.2,chap.14]
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-> Tout sujet de sainteté et de service d'Hachem n'est significative que lorsqu'elle est accomplie au prix de souffrances, de douleur et de beaucoup de lutte, comme le disent nos Sages : "la récompense est à la mesure de la douleur" (Pirké Avot 5,23).
['Hayé Olam - vol.2,chap.9]
=> évidemment que sur le moment c'est très dur, mais pourtant nous devons tendre à apprécier que nos moments plus difficiles augmentent de façon phénoménale chaque acte, chaque seconde, de notre avodat Hachem, et que chaque souffrance permet à Hachem de nous annuler énormément de souffrances dans le monde à Venir.
Notre monde actuel passe si vite, et en comparaison chaque souffrance vient avec une raison et précision totales, nous offrant des avantages éternels incroyables.
[en attendant : c'est dur, mais cela n'est pas pour rien, de la malchance. J'ai confiance que Hachem sait ce qu'Il fait pour mon mieux ultime! ]
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+ Extraits de son livre Birkat Péretz :
-> Après un certain temps, il devient généralement évident que toutes les difficultés initiales n'étaient en fait pas des problèmes du tout, car tout était pour le mieux.
Cela correspond à ce qui est écrit dans la Torah. Le verset dit : "Tu Me verras par derrière ; mais Ma face ne peut être vue" (Ki Tissa 33,23).
Les commentaires expliquent que pendant que quelque chose se passe, une personne est très affectée par cela et se pose beaucoup de questions sur le pourquoi des choses. Cependant, au bout d'un certain temps, lorsque la situation est terminée, elle est en mesure de voir les événements sous un angle différent.
Actuellement, il comprend un peu mieux ce qui s'est passé, et il reconnaît que ce qui s'est passé était juste.
[on peut par exemple se projeter dans un an, et se demander si cette difficulté/souffrance sera encore aussi importance à nos yeux. ]
[Birkat Péretz - Béréchit]
-> Dans le midrach (Béréchit rabba 92,1), Rabbi Alexandri enseigne : "Il n'y a pas de personne qui n'ait pas de souffrances. Heureux celui dont les yissurim proviennent de la Torah".
Cela signifie qu'une personne a besoin d'avoir des souffrances pour son bien-être spirituel, afin d'être purifiée de ses fautes, comme le dit la guémara (Shabbath 55a) : "Il n'y a pas de souffrances sans faute".
[À l'exception des grands tsadikim, qui peuvent recevoir des "souffrances d'amour" (yissourim chel ahava), et/ou qui acceptent délibérément des souffrances sur eux-mêmes (ex: Rabbi Elazar béRabbi Shimon et Rabbénou haKadoch - guémara Baba Métsia 83b-84b).
Il est dit dans le Sifri (Vaét'hanan 6,5), ainsi que dans la guémara (Béra'hot 5a), qu'Hachem a donné 3 cadeaux spéciaux au peuple juif, et qu'Il ne les a donnés que par l'intermédiaire des souffrances : Torah, terre d'Israel et le monde à Venir (Olam aba).
La règle est que les souffrances doivent venir sur une personne afin d'expier ses fautes, de l'aider à comprendre la Torah ou d'atteindre le monde à Venir.
[ex: lorsque l'on souffre on peut se dire que Hachem nous aime tellement qu'Il a envie qu'on soit plus proche de Lui dans l'éternité du monde à Venir, et cela passe par des souffrances dans notre monde. (nous ne pouvons avoir conscience de ce que chaque petite souffrance peut nous apporter pour notre olam aba! ) ]
[Birkat Péretz - Mikets ]
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+ Les souffrances qui viennent des mitsvot :
-> Puisque les souffrances sont envoyés à une personne avec une précision extrême, exactement ce qu'on a besoin de recevoir, et pas plus, il s'ensuit évidemment que toutes les souffrances que l'on endure pour étudier la Torah ou faire des mitsvot [cela inclut, les privations comme par exemple renoncer à un peu de son sommeil afin d'étudier avec diligence ; ou bien investir des efforts acharnés dans son étude de la Torah (en particulier lorsqu'on n'a aucun désir d'étudier)] sont pris en compte par la Cour céleste, et ils sont soustraits des souffrances qu'on était censé avoir.
Il en ressort qu'en subissant des souffrances pour observer la Torah, une personne n'est en aucun cas perdante.
Au contraire, alors que les souffrances normales servent simplement à expier et à purger les fautes d'une personne, ainsi qu'à permettre à son corps de recevoir de la sainteté, les souffrances qui proviennent de l'étude de la Torah et de l'accomplissement d'une mitsva, en plus d'être une expiation comme tous les autres souffrances, sont également un mérite énorme et merveilleux en soi ; c'est comme s'il s'offrait lui-même en sacrifice à Hachem.
Comme le disent nos Sages : "une fois avec douleur est plus grande que cent fois sans douleur" ()Avot déRabbi Natha - chap.3) et "la récompense est en fonction de l'effort" (Pirké Avot 5,23).
Il s'ensuit que non seulement les souffrances qui proviennent de la Torah et des mitsvot d'une personne n'ajoutent aucune souffrance à sa vie, car elles seront soustraits des souffrances qu'elle était censée recevoir, mais elles sont en fait un bénéfice immense, inimaginablement grand, comme nous l'avons expliqué. C'est le sens de l'enseignement du midrach : "Il n'y a personne qui n'ait pas de souffrances. Heureux celui dont les souffrances proviennent de la Torah."
[Birkat Peretz - Mikets]
-> Toute question de sainteté et de service d'Hachem n'est significative que lorsqu'elle est réalisée à travers des souffrances, de la douleur et beaucoup de lutte, comme le disent nos Sages : "La récompense est en fonction de l'effort" (Pirké Avot 5,23).
Nos Sages disent également : "Une fois avec la douleur est plus grande que cent fois sans douleur" ; voir ici.
[Birkat Peretz - Béchala'h]
-> Dans le Yalkout (Chimoni - Yéhochoua 37), commentant le verset : "il les brisa au pied de la montagne" (Ki Tissa 32,19), le midrach dit : " Moché regarda les luchos et vit que l'écriture s'était envolée, il les jeta donc par terre". A cette époque, il fut décrété qu'à partir de maintenant, le peuple juif devait étudier la Torah dans des conditions de souffrance, de servitude, de bouleversement, de confusion, de pression et de manque de nourriture. Et dans l'avenir, à l'époque du machia'h, Hachem récompensera leurs souffrances de nombreuses fois."
Le Rambam (Hilkhot Talmud Torah) écrit :
"Les paroles de la Torah ne restent pas en permanence chez celui qui se relâche pour les acquérir, ni chez celui qui les étudie dans un environnement luxueux, en mangeant et en buvant, mais plutôt chez celui qui sacrifie sa vie pour elles, qui laisse son corps souffrir et ne s'autorise pas à dormir.
Nos Sages ont dit symboliquement sur le verset : "C'est la Torah, lorsqu'un homme meurt dans une tente" ('Houkat 19,14), cette Torah ne demeure de façon permanente qu'avec celui qui se "tue" pour elle dans les tentes de la sagesse.
[La Lechem Michné explique que si une personne est faible dans son étude de la Torah et n'étudie pas lorsqu'elle a des distractions et des difficultés, la Torah ne restera certainement pas avec elle].
Il [le roi Shlomo] a également dit : "Aussi (אף), ma sagesse m'a soutenu" (Kohélet 2,9), c'est-à-dire que la Torah que j'ai étudiée pendant les périodes de colère (אף) [car difficultés/souffrances] m'a soutenu. [guémara Shabbath 83a]
Nos Sages (Yérouchalmi Béra'hot 5:1) ont dit : "Il existe un accord établie selon laquelle toute personne qui s'applique à étudier la Torah dans un beit midrach ne l'oubliera pas facilement".
En fait, les enseignements de nos Sages sont explicites à de nombreux endroits : le facteur principal qui permet à une personne de se souvenir avec succès de son étude de la Torah est le dur labeur et la difficulté qu'elle a investis.
Il y a deux raisons à cela, l'une naturelle et l'autre spirituelle. La première est qu'il s'agit de la nature humaine ; quelque chose qui vient à une personne avec facilité, quelle qu'elle soit, n'est pas gravé fortement dans sa mémoire, et lorsque d'autres idées se présentent, elle oublie immédiatement les premières. En revanche, lorsqu'une personne travaille dur et endure des souffrances, les informations qu'elle apprend s'incrustent extrêmement bien dans son esprit, et elles y restent ; elle ne les oublie pas.
L'autre raison, spirituelle, est que chaque once de souffrance qu'une personne endure pour la Torah, chaque petite quantité d'effort qu'elle investit, aucune n'est perdue, à D. ne plaise ; pour chaque parcelle, elle mérite d'acquérir plus de Torah et de la comprendre, qu'il s'agisse de ce qu'elle est en train d'étudier ou de quelque chose d'autre.
Comme le disent nos Sages (Sanhédrin 99b) sur "L'âme de celui qui fait des efforts travaille pour lui" (Michlé 16,26) en expliquant : "Il lutte pour étudier dans ce lieu, et sa Torah 'lutte pour lui' dans un autre lieu". [ex: elle va intervenir au Ciel en notre faveur]
Il est certain que plus on souffre pour étudier la Torah, plus on mérite de l'aide Divine, comme l'enseigne la Michna (Pirké Avot 5,23) : " La récompense est à la mesure de l'effort". Par conséquent, en étudiant la Torah dans la douleur et les souffrances, ... on mérite de s'en souvenir.
En résumé, l'étude de la Torah dans la douleur, la difficulté (physique comme spirituelle), la pression, ... est très important car ce n'est que de cette manière qu'une personne peut s'assurer qu'elle n'oubliera pas ce qu'elle a étudié ...
"Si les lou'hot n'avaient jamais été brisés, la Torah n'aurait pas été oubliée par la nation juive" (guémara Erouvin 54a) = parce qu'avant que les premières lou'hot ne soient brisées, l'oubli de la Torah était tout simplement impossible. Il s'ensuit qu'à cette époque, il n'était pas nécessaire d'étudier la Torah avec difficulté pour qu'elle ne soit pas oubliée. Ce n'est que lorsque les lou'hot ont été brisées, et que l'oubli de la Torah est devenu une possibilité réelle, qu'il a été décrété que l'étude devait se faire dans la douleur, souffrance, ...
Cependant, le fait de devoir travailler dur toute sa vie et d'étudier dans la douleur n'est pas un inconvénient, car pour chaque once de douleur/souffrance, de nombreux mérites [éternels] nous sont accordés.
[Birkat Péretz - Ki Tissa ]
Chaque moment de la vie, même s'il est accompagné des pires souffrances, est le plus grand cadeau qu'une personne puisse avoir.
[rav 'Haïm Kanievsky]
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-> De même qu'une personne qui vient de recevoir ou de gagner une grande fortune ne ressent pas une petite perte/douleur, de même, une personne pleinement consciente de l'énorme cadeau qui est le sien, c'est-à-dire la vie, est inconsciente des difficultés relativement insignifiantes qu'elle doit subir.
[rabbi 'Haim Chmoulevitz]
-> La vie est un voyage, dont le monde à Venir est la destination ...
Si vous considérez votre vie comme un voyage vers une destination incroyable, la construction d'un résultat éternel, les difficultés de la vie prennent tout leur sens.
En fait, ce sont ces difficultés mêmes qui construisent le résultat de la manière la plus significative.
[Akiva Tatz]
La souffrance mentale
+ La souffrance mentale :
"[Qui tient Sa promesse à Israël], béni soit-il! Car Hachem, a calculé la fin [de l'esclavage], afin de faire ce qu'Il avait dit" (Haggadah de Pessa'h).
-> Le midrach (Yalkout Chimoni Béchala'h 241) rapporte que l'ange d'Egypte s'est plaint que les juifs n'avaient pas été exilés aussi longtemps que ce qui avait été décrété à l'origine. En effet, 190 ans avaient été déduits de l'exil décrété de 400 ans (Lé'h Lé'ha 15,13 - Rachi).
L'explication est que lorsque Hachem a informé les Patriarches (Avot) de l'imminence de l'exil égyptien, ils ont été affligés pour leur descendance. Bien que leur détresse ait été purement mentale et n'ait pas impliqué une souffrance physique réelle, D. a considéré la détresse même qu'ils ont ressentie à cause de l'exil futur du peuple juif comme une forme d'exil du peuple juif, et c'est donc comme si le peuple juif avait été exilé pendant ces 190 années également.
C'est ce que signifie le passage (de la Haggada) lorsqu'il dit que D. "a calculé la fin", car le mot hébreu pour calculer ('hichav), est également enraciné dans le terme "ma'hchava" (pensée), c'est-à-dire leurs pensées et leur souffrance/angoisse de l'exil à venir.
Et la gématria du mot pour " fin " (kéts - קץ) est de 190. Ainsi, D. a " calculé la fin" ('hichav ét akets), ce qui signifie que D. a considéré [la souffrance de] leurs pensées angoissantes sur l'exil à venir (de leur descendance) comme l'équivalent des 190 autres années d'exil.
Bien que les Avot eux-mêmes n'aient pas été physiquement exilés, puisqu'ils avaient été mentalement angoissés à cause de l'exil futur, Hachem a considéré que le peuple juif avait déjà été exilé.
C'est à cette idée que fait allusion l'expression "a calculé la fin", car le mot "calculé" ('hichav) signifie également "considéré" et "pensée", ce qui renvoie à l'idée de la fin de l'exil.
Il fait référence aux 190 années que D. a déduites de l'exil réel en raison des pensées et de la détresse mentale dont nos Patriarches ont souffert en apprenant l'existence de l'exil.
Ainsi, notre passage poursuit en disant "afin de faire" (laassot), ce qui implique que D. a considéré ces 190 années comme ayant déjà été accomplies, comme si le peuple juif avait réellement été en exil.
Ainsi, la lecture allégorique de l'ensemble de la phrase est la suivante : "Car Hachem a considéré [l'angoisse/souffrance mentale des Avot comme l'équivalent de] 190 [années d'exil] réellement [subies par leurs descendants]".
[rabbi Lévi Its'hak de Berditchev - Kédouchat Lévi - Pessa'h ]
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=> La détresse, la douleur et la souffrance ne doivent pas nécessairement être physiques.
La douleur émotionnelle et mentale peut être tout aussi réelle et invalidante que la douleur physique.
Ainsi, la détresse et la souffrance subies par nos Patriarches, sachant que leurs descendants seraient soumis au dur exil égyptien, étaient également considérées comme faisant partie de cet exil.
[il en découle qu'Hachem a conscience de chacune de nos souffrances, même mentale, et qu'aucune souffrance n'est vaine.
Certes nous devons se renforcer pour avoir un état d'esprit le plus positif/joyeux possible et avoir de la émouna, mais toute douleur émotionnelle (petite comme grande) est considérée par Hachem (qui souffre avec nous!), et va générer au final des choses positives pour nous. ]
Les bénéfices de nos souffrances (5e partie)
+++ Les bénéfices de nos souffrances (5e partie) :
+ Nos souffrances nous permettent d'obtenir une croissance et des gains spirituels éternels :
-> Un autre avantage des souffrances est qu'elles rendent beaucoup plus difficile le service d'Hachem, et l'avodat Hachem est incomparablement plus grande lorsqu'elle est accomplie en dépit des difficultés.
-> Le 'Hafets 'Haïm (al haTorah Ekev 8,16) enseigne :
"Le verset dit : "Afin de te faire souffrir et de te mettre à l'épreuve (nassoté'ha - נַסֹּתֶךָ)" (Ekev 8,16).
L'explication est la suivante : La douleur que la nation juive a subie avait pour but de la mettre à l'épreuve, de voir si elle avait une foi totale en Hachem.
Le mot "ness", qui signifie "une épreuve", signifie également "élever", comme dans le verset : "élever un 'ness' (bannière) au-dessus des nations" (Yéchayahou 62,10), comme il est dit dans le Zohar.
Ces significations fonctionnent en fait en tandem, car en passant avec succès une épreuve, la nation juive s'élève au-dessus de toutes les autres nations.
Ce concept s'applique à chaque génération et à chaque individu. Lorsque Hachem veut élever une personne, Il la met d'abord à l'épreuve, comme le disent nos Sages : "Hachem n'élève pas une personne avant de lui avoir fait passer une épreuve" (midrach Bamidbar rabba 15,12).
Après avoir passé l'épreuve, la personne est élevée.
Ce que la guémara (Baba Batra 10b) dit, à savoir qu'un Amora a entendu au Ciel que personne ne peut atteindre le niveau suprême de "ceux qui ont été tués à Lod", qui sont morts al Kiddouch Hachem (en sanctifiant le Nom d'Hachem) ; ne s'applique pas seulement au fait de donner/perdre sa vie.
Toute douleur que l'on subit pour l'amour d'Hachem élève notre niveau dans le monde à Venir (olam aba), comme l'affirme la guémara (Béra'hot 5a) : "Hachem a offert 3 cadeaux spéciaux au peuple juif, et tous ont été offerts par l'intermédiaire des souffrances : la Torah, la terre d'Israël et le monde à Venir.
Il est également dit : "Heureux celui qui réussit une épreuve! Car il n'y a pas d'homme qu'Hachem ne mette à l'épreuve" (midrach Chémot rabba 31,20).
Vous devez également savoir que les jours pendant lesquels une personne sert Hachem lorsque Hachem ne lui accorde pas autant de bontés, sont inscrits pour elle au-dessus comme un souvenir positif pour elle.
Une telle personne est considérée comme ayant fait preuve de bonté à l'égard d'Hachem.
C'est un verset explicite : "Ainsi parle Hachem : Je me suis souvenu pour toi de la bonté de ta jeunesse, de l'amour de tes jours de noces, lorsque tu Me suivais dans le désert, dans une terre qui n'était pas ensemencée" (Yirmiyahou 2,2)."
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-> Le rav 'Haïm Friedlander décrit comment une personne dont l'état de santé l'empêche d'étudier correctement ou de faire la prière comme elle le voudrait, a en fait reçu une opportunité en or, qui n'est pas disponible pour d'autres personnes qui sont capables de faire ces activités facilement. Dans de telles circonstances, même les petites mitsvot valent des millions de fois leur valeur habituelle.
Dans les mots du rav 'Haïm Friedlander (Sifté 'Haïm - Emouna véHachgakha p.432) :
"Chaque situation dans laquelle une personne se trouve lui a été donnée par Hachem afin qu'elle l'utilise pour Le servir. Même une situation de maladie, de difficultés, de souffrances et de faiblesse physique est donnée afin que la personne serve Hachem dans le cadre de ces contraintes.
Dans de telles circonstances, même un petit renforcement de la prière, de la émouna et du bita'hon est considéré au Ciel comme une grande et puissante action, car "un temps avec douleur est comme 100 fois sans douleur" (Avot déRabbi Nathan 3,6).
Mon maître et rabbi, le rav Eliyahou Dessler (voir Mikhtav méEliyahou vol.3) explique que cela a été dit même en ce qui concerne une quantité minuscule de douleur, car nos Sages (Arakhin 16a) disent : "Combien peu est encore considéré comme des souffrances? [...] Même si l'on met la main dans sa poche pour en sortir trois pièces, et que l'on n'en sort que deux."
Nous voyons que même la [simple] nécessité de mettre la main dans sa poche une seconde fois est considérée comme des souffrances.
Et si nous ajoutons un peu plus de douleur, alors la récompense est multipliée par cent, ce qui signifie qu'elle vaut dix mille fois le montant original!
Et si l'on ajoute encore un peu de douleur, la récompense est à nouveau multipliée par cent (c'est-à-dire par un million), et ainsi de suite.
Si c'est le cas, nous n'avons aucun moyen de décrire la grande récompense que représente le service d'Hachem lorsqu'il est accompli au prix d'un effort, avec des souffrances et une douleur intense.
Dans une telle situation, même une petite quantité de prière, un peu d'étude et un petit renforcement de émouna et de bita'hon ont une valeur énorme au Ciel.
Dans de telles circonstances, il est possible de réaliser en peu de temps ce qui nécessiterait normalement de nombreuses années!"
=> Lorsqu'une personne se trouve dans une situation difficile et qu'elle ne peut pas réaliser ce qu'elle aurait pu faire autrement, il est important qu'elle se rende compte qu'en s'efforçant juste un peu de servir Hachem face à la difficulté, elle peut accomplir beaucoup plus que ce qu'elle aurait fait dans des circonstances normales.
[on peut éventuellement comparer cela à notre travail où l'on gagnerait ponctuellement10 000, voir 1 000 000 de fois plus que notre salaire habituel, mais en échange le travail serait nettement plus difficile.
Notre vie dans ce monde est éphémère, ainsi nous pouvons accepter quelques douleurs passagères en échange d'avoir beaucoup beaucoup plus de biens dont nous profiterons éternellement dans le monde à Venir. ]
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+ Nos souffrances sont un tremplin annonciateur de croissance et la bonne fortune :
-> Selon le Ram'hal (Daat Tévounot 146) :
"Hachem ne rejette pas ses créations ... Il n'abandonne pas le monde.
Lorsque le monde semble avoir été abandonné par Hachem, la vérité est exactement le contraire.
Hachem accorde continuellement de la bonté à son monde ; toutes ses merveilles et tous ses plans sont constamment consacrés à l'amélioration du monde, et non à son détriment. Cependant, Hachem cache extrêmement bien ce plan, et c'est pourquoi le monde semble abandonné, alors que les gens souffrent car ils sont punis pour leurs fautes.
[...]
Il existe une règle générale : chaque fois qu'Hachem veut donner de la croissance, à une personne ou au monde, cela doit se concrétiser par un plan profond et caché, et c'est la raison pour laquelle cela sera précédé de douleur.
Ceci est similaire à la déclaration de nos Sages (Béra'hot 5a) : "Hachem a donné 3 bons cadeaux au peuple juif, et tous ont été donnés par l'intermédiaire de souffrances : Torah, la terre d'Israël et le monde à Venir"."
[tu veux obtenir de magnifiques choses pour ton monde à Venir, parfois cela nécessite quelques souffrances (en général, Hachem fait en sorte de les couper en plusieurs petits morceaux pour que cela passent plus facilement). ]
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+ Nos souffrances perfectionnent le monde :
-> Le Ram'hal (Daat Tévounot 54) explore ce concept en détail :
"Tout ce qu'Hachem fait pour nous comporte 2 aspects : l'un révélé, l'autre caché.
L'aspect dévoilé est le système de récompense et de punition ... Mais l'aspect dissimulé, qui sous-tend toutes les actions d'Hachem, est le projet profond d'amener le monde à sa perfection totale.
Il n'y a pas d'action, quelle que soit sa taille, qui n'ait pas cette intention en elle, comme le disent nos Sages (Béra'hot 60b) : "Tout ce que fait le Ciel est pour le bien".
C'est également ce que le prophète a voulu dire lorsqu'il a déclaré : "Il retirera sa colère et me réconfortera" (Yéchayahou 12,1). En effet, dans le futur, Hachem montrera aux juifs que même les punitions et les souffrances n'étaient qu'une condition préalable au bien, littéralement une préparation à la bénédiction.
En effet, Hachem ne désire que la perfection du monde. Il ne repousse pas les réchaïm des deux mains ; au contraire, Il les purifie dans une fournaise afin qu'ils en ressortent parfaits, exempts de toute tache.
Et c'est la motivation d'Hachem pour tout ce qu'Il nous fait, que ce soit agréable ou douloureux, comme nous l'avons expliqué.
Il faut savoir que chaque action d'Hachem est merveilleuse et infiniment large et profonde, comme il est dit : "Que Tes actions sont grandes, Hachem!" (Téhilim 92,6).
Même la plus petite des œuvres d'Hachem contient une sagesse si grande et si profonde qu'il est impossible d'en sonder complètement les profondeurs, comme il est dit : "Tes pensées sont très profondes" (Téhilim 92,6).
Il en ressort que nous ne pouvons pas du tout comprendre l'essence des actes d'Hachem ; seule leur apparence superficielle peut être vue, mais leur véritable nature intérieure est cachée.
En effet, la nature profonde de toutes les œuvres d'Hachem est une pure bonté, sans aucun mal.
A l'avenir, cependant, nous serons au moins en mesure de voir et de comprendre comment toutes les actions d'Hachem font partie de Son plan profond pour nous accorder du bien à long terme. Mais nous ne devons pas nous imaginer que cela signifie que nous saisirons toute l'immense sagesse contenue dans Ses actions, car un être humain ne pourra jamais comprendre ce que fait Hachem, même Ses actions, et à plus forte raison la sagesse qui les sous-tend, plus qu'une goutte d'eau dans l'océan.
Nous pouvons supposer que, puisque Hachem a voulu regarder Ses créations avec Sa bonté, comme nous l'avons mentionné, tout ce que nous vivons actuellement dans le cadre du système de récompense ou de punition contient un élément intérieur qui est totalement caché, un plan constant pour nous amener à la perfection (au bien ultime).
Dans l'avenir, une partie de ce plan sera révélée immédiatement, comme le dit le verset : "Alors les yeux des aveugles s'ouvriront" (Yéchayahou 35,5). Cela signifie que le plan qui sous-tend les actions d'Hachem sera discernable en observant l'acte lui-même ; dès que nos yeux seront illuminés par la lumière de la compréhension, nous pourrons atteindre cette connaissance simplement en voyant l'acte.
Cependant, ces actes contiennent une grande quantité de sagesse profonde qui ne sera certainement pas révélée ou comprise ...
La règle est la suivante : L'essence de la perfection d'Hachem est impossible à saisir. Mais comme Hachem souhaite nous accorder le maximum de bonté que nous sommes capables de recevoir, Il a mis en place un plan pour amener toutes les créatures à un état de perfection et de rectification.
C'est la motivation cachée commune qui sous-tend toutes les actions d'Hachem. Une infime partie de ce plan nous sera révélée à l'avenir, lorsque Hachem choisira d'ouvrir nos yeux.
Cependant, la plus grande partie de ce plan restera bien au-delà de notre compréhension, en raison de l'incroyable profondeur de Sa merveilleuse sagesse."
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-> Le rav 'Haïm Volozhin (Néfech ha'Haïm 2,7) dit :
"Les mondes [spirituels] endommagés par les fautes d'une personne ne retrouvent pas leur force originelle et leur véritable état de perfection tant que les pouvoirs de l'impureté n'en sont pas retirés, par le biais de la punition appropriée de l'auteur de l'infraction."
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+ Nos souffrances affaiblissent les fautes qu'on a pu faire :
-> Selon le rav Eliyahou Dessler (Mikhtav méEliyahou - vol.4) :
Une personne qui subit des souffrances souffre de "kotser roua'h" (essoufflement [de nos capacités à faire face au yétser ara]).
Cela réduit la force de ses fautes ; lorsqu'on subit des souffrances, même les fautes intentionnelles sont fondamentalement traités comme des fautes non intentionnels.
[nos souffrances nous affaiblissent tellement, que Hachem considère nos fautes avec davantage de légèreté (c'est pas pour autant qu'on doit en profiter pour fauter davantage).]
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+ Aborder nos souffrances avec la notion de réincarnation :
-> Selon la kabbala, une raison des souffrances est la notion de réincarnation des âmes (guilgoul néchamot). Cela signifie qu'une âme peut revenir dans ce monde dans un autre corps, lui offrant l'opportunité de rectifier les fautes qu'elle a pu faire dans une vie précédente.
-> Le Ram'hal (Déré'h Hachem vol.2, 3:10) explique :
"Il existe une autre cause à ce qui se passe dans ce monde :
Afin d'augmenter les chances de l'homme d'atteindre le salut, Hachem, dans Sa sagesse suprême, a fait en sorte qu'une âme puisse descendre dans le monde un certain nombre de fois différentes, dans des corps différents, et ainsi rectifier ce qu'elle a endommagé dans un temps précédent, ou achever une tâche qu'elle n'a pas réussi à faire auparavant ...
Le concept de la réincarnation des âmes comporte de nombreux détails, comment une personne est jugée pour ce qu'elle a fait dans cette vie et dans les vies précédentes, afin que tout soit conforme à un jugement vrai et honnête.
En ce qui concerne toutes ces choses, le verset dit : "Le Rocher! Ses actions sont parfaites, car toutes Ses voies sont justes" (Haazinou 32,4).
Les êtres humains, avec leur compréhension limitée, ne peuvent pas comprendre les pensées et les plans profonds d'Hachem. Mais la règle de base, comme les autres règles, nous est connue : l'une des raisons de ce qui arrive aux gens dans ce monde est la réincarnation des âmes (gilgoul néchamot), selon les règles et les jugements justes qu'Hachem a créés pour tout amener à la perfection."
-> Selon le 'Hafets 'Haïm (al haTorah - Haazinou 32,4) :
Comme on le sait, en ce qui concerne les fautes commis à l'encontre de son prochain, Yom Kippour n'expie pas tant que l'on n'a pas apaisé celui qu'on a lésé. Ainsi, si quelqu'un a blasphémé, maudit ou frappé quelqu'un et n'a pas demandé pardon avant de mourir, il ne peut pas réparer cette faute avant d'être ramené de force dans ce monde dans une réincarnation et d'apaiser la personne qu'il a blessée.
Lorsqu'une personne apprend dans le monde supérieur qu'il a été décidé qu'elle devait retourner dans ce monde inférieur, elle pleure et crie amèrement à propos de la grande faute qu'elle a commise ..
Dans ce monde, une personne se plaint parfois de son mauvais mazal, souvent pour des questions de pauvreté, de mauvaise santé ou de défaut corporel. Mais cette personne a complètement oublié que cette situation était le résultat de ses propres efforts dans le monde supérieur (demandant par exemple de ne pas avoi de richesse car c'est cela qui l'a amené à fauter dans la réincarnation d'avant) ...
Si quelqu'un savait ce qui lui est arrivé avant sa naissance, comment il a lui-même voulu être créé d'une certaine manière, alors il serait clair pour lui que les jugements d'Hachem sont vrais et justes, (par exemple) la pauvreté de la personne étant la meilleure chose pour elle (afin de se rectifier, de réussir son retour dans ce monde).
-> Le concept de réincarnation des âmes, écrit le 'Hafets 'Haïm, devrait nous indiquer que les détails de notre vie sont bien plus nombreux que ce que nous pouvons espérer comprendre. Après tout, il nous manque tellement d'informations essentielles. Nous ne pouvons savoir qu'une seule chose avec une confiance absolue : Hachem est au courant de tout, et Il agit dans notre meilleur intérêt.
Dans les mots du 'Hafets 'Haïm (Chem Olam - chap.3) :
"L'homme vient au monde pour quelques brefs instants. Pour combien d'années sommes-nous ici?
Et pourtant, nous voulons avoir une réponse à toutes nos questions : pourquoi telle personne est-elle pauvre et telle autre riche? Et toutes les questions de ce genre ...
Mais une personne ne vit que très peu de temps et n'a qu'une vision extrêmement fugace du monde, comme un voyageur qui se déplace d'un endroit à l'autre. Il ne comprend même pas sa propre âme qui réside dans son corps, qui il est, de quelle tribu il vient, ce qu'il est venu rectifier dans le monde, si c'est la première fois qu'il vient dans le monde, ou s'il est déjà venu plusieurs fois, mais qu'il n'a pas réussi à accomplir sa tâche?
[Il est écrit au nom du Arizal qu'aujourd'hui, pratiquement tous les âmes sont déjà venus ici].
Étant donné que les connaissances d'une personne sont si limitées, nous ne pouvons pas approfondir la gouvernance du monde par Hachem.
Il faut plutôt accepter ses limites et marcher avec Hachem en toute simplicité, en ayant confiance que tout ce qu'Il fait est pour le bien, car "le mal ne sort pas de la bouche d'Hachem" (Eikha 3,38)."
Les bénéfices de nos souffrances (4e partie)
+++ Les bénéfices de nos souffrances (4e partie) :
+ Les souffrances nous poussent à se tourner à D. en prières :
-> Le rav Yé'hezkel Levenstein (Ohr Yé'hezkel - Darké Avoda) enseigne :
"Le midrach (Yalkout Chimoni - Toldot 110) dit : "Pourquoi les Patriarches [et Matriarches] n'ont-ils pas pu avoir d'enfants? Parce qu'Hachem désire les prières des tsadikim".
En fait, les Richonim s'interrogent sur le concept même de la prière. La prière peut-elle réellement faire changer l'avis d'Hachem?
Et comment pouvons-nous faire la prière et essayer de changer la volonté d'Hachem, ne devons-nous pas accepter avec amour tout ce qu'Il nous impose, car "tout ce qu'Hachem fait est pour le bien" (guémara Béra'hot 60b) ?
[...]
Or, Hachem est bon et accorde la bonté à tous ; c'est pourquoi Il désire que l'homme grandisse, se renforce et atteigne la perfection. Lorsqu'une personne est dans la souffrance et l'inquiétude, sa prière et ses cris à Hachem sont plus puissants que lorsque sa vie est tranquille. Ainsi, Hachem donne à une personne l'opportunité de produire une prière authentique et qui vient du plus profond de son cœur, afin que la personne grandisse à travers sa prière.
C'est ce que veulent dire nos Sages lorsqu'ils affirment qu'Hachem a rendu les Patriarches [et Matriarches] stériles parce qu'Il désire les prières des tsadikim ...
Lorsqu'une personne se trouve dans une situation difficile et qu'elle prie, sa prière jaillit des profondeurs de son cœur, et elle grandit et devient plus forte.
Il s'agit en fait d'un verset explicite : Hachem châtie celui qu'Il aime" (Michlé 3,12). Lorsqu'Hachem aime quelqu'un et qu'Il désire sa perfection, Il lui apporte souffrance et réprimande. Cela lui permettra de crier à Hachem avec un cœur brisé, lui donnant une force et une croissance spirituelles, et cela lui permettra d'avancer vers de nouveaux niveaux de spiritualité fondamentalement plus élevés.
Car l'essence de la prière est de changer une personne et de l'amener sur un terrain nouveau et inexploré.
La prière n'est pas simplement la récitation de textes ; son but est de transformer une personne et de l'aider à s'élever d'un niveau à l'autre.
Bien qu'il ait été décrété à l'origine que la personne devait endurer une certaine épreuve, c'était à l'époque, avant la prière.
Aujourd'hui, après que sa condition spirituelle se soit améliorée, la personne se trouve dans une nouvelle situation, et elle peut espérer qu'Hachem l'aidera et la sauvera. Ce n'est pas que la volonté d'Hachem ait changé, mais plutôt que le décret initial ne concernait que la personne dans son état spirituel antérieur ...
Le but de la prière est donc clair. La prière ne permet absolument pas de "changer l'esprit d'Hachem", c'est la stature spirituelle de la personne qui fait la prière qui est modifiée.
Après la prière, ayant subi une transformation spirituelle, elle est une nouvelle personne, à laquelle le décret original ne s'applique pas ...
Toute prière est une reconnaissance de la grandeur d'Hachem ; plus la prière est puissante et authentique, plus la personne en sortira grandie.
Les souffrances doivent également être comprises dans cette optique. Leur but est de nous éveiller et de nous renforcer ... Le but de la souffrance que nous éprouvons est de nous inciter à nous engager dans une téchouva complète ...
Il convient d'ajouter que cela s'applique également au peuple juif dans son ensemble. Toutes les relations d'Hachem avec la nation juive suivent ce chemin ; Hachem désire élever le peuple juif au plus haut niveau, et le chemin de la croissance passe uniquement par ces voies [la prière et la téchouva]...
Lorsqu'Hachem aime une personne, Il lui donne des souffrances et des circonstances défavorables afin qu'elle fasse une prière [sincère] ..."
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-> Selon le rav 'Haïm Chmoulévitz (Si'hot Moussar - 101) :
"Lorsqu'un individu ou un groupe de personnes souffre, il a la mitsva de prier abondamment et d'implorer le Créateur, dans l'espoir qu'Hachem écoutera leurs cris et les sauvera de la calamité.
Dans de tels cas, la situation difficile est la raison de la prière ; en raison de leurs difficultés, les gens ont prié Hachem, qui les a écoutés et les a sauvés.
Parfois, cependant, c'est le contraire qui se produit : la prière est la cause de la souffrance, c'est-à-dire que si Hachem a envoyé la difficulté, c'est parce qu'Il voulait entendre la prière. Et cela devrait nous enseigner la valeur et la grandeur considérables de la prière, qu'Hachem la désire tellement qu'Il est prêt à placer quelqu'un dans une situation douloureuse simplement pour entendre ses cris de prière!
[...]
Nous voyons que la situation difficile dans laquelle se trouvait le peuple juif [en Egypte] lorsqu'il se trouvait au bord de la mer Rouge n'était due qu'à la douceur de ses cris vers Hachem...
[le midrach (Chémot rabba 21,5), nous rapporte que le peuple juif est arrivé à la mer Rouge avec d'un côté une mer très agitée, et de l'autre des égyptiens surarmés, et tout cela pour qu'ils n'est plus qu'une option : crier à Hachem. Le midrach demande : Pourquoi Hachem a-t-il orchestré une telle situation? Car Il désire nos prières.
Le 'Hazon Ich répondait à ceux qui avec des difficultés : "Cela signifie que [papa] Hachem [qui t'aime] a très envie de t'écouter!" ]
Le peuple juif a été créé [au moment de la sortie d'Egypte] ; Hachem a organisé les événements de manière à ce qu'ils trouvent Sa faveur grâce à la prière.
Il en a été de même lorsqu'il s'est agi d'établir les fondations du peuple juif par nos Patriarches et Matriarches. Hachem s'est arrangé pour qu'ils aient besoin de trouver Sa faveur par le biais de la prière. Comme nous le dit la guémara (Yébamot 64a) : "Pourquoi nos Patriarches étaient-ils stériles? Parce qu'Hachem désire les prières des tsadikim".
Le midrach (Chir haChirim - chap.2 14,8) contient une déclaration similaire : "Pourquoi les Matriarches étaient-elles stériles? Parce qu'Hachem voulait les entendre Lui parler".
Le secret de la grandeur et de la préciosité de la prières réside dans le fait qu'à travers la prière, une personne reconnaît de plus en plus qu' "il n'y a rien d'autre que Lui", qu'aucune puissance au monde n'est capable d'apporter un soulagement autre qu'Hachem lui-même, à Qui la personne prie et fait ses demandes.
Et plus on acquiert cette reconnaissance, plus on peut être assuré que notre prière sera acceptée et que nos demandes seront exaucées."
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+ Les souffrances nous amène à la téchouva :
-> Selon le Ram'hal (Dére'h Hachem - vol.2 - 3,5) :
"Il est possible qu'une personne soit un tsadik ayant commis certaines fautes, ou un bénoni, dont les mérites et les fautes se valent, et qu'il soit décrété qu'elle soit inspirée pour faire téchouva.
Cette personne recevra des souffrances du Ciel pour l'inciter à prêter attention à ses actes et à les examiner. Mais il ne s'agit pas des "souffrances d'expiation", dont la fonction est de nettoyer une personne de ses fautes dans ce monde ; il s'agit plutôt de "souffrances d'inspiration", pour motiver une personne à faire téchouva.
En vérité, les punitions n'ont été créées qu'en dernier recours, lorsqu'une personne ne parvient pas à faire téchouva. Ce qu'Hachem désire vraiment, c'est que la personne ne commette pas de faute en premier lieu, et si elle le fait, qu'elle fasse téchouva.
Si, toutefois, elle ne parvient pas à faire téchouva, elle doit alors subir une punition pour éviter d'être complètement détruite.
Une personne reçoit donc d'abord des souffrances [ "d'inspiration"] qui l'incitent à faire téchouva ; si elle ne le fait pas, elle doit subir des souffrances d'expiation.
C'est ce que veut dire Eliyahou lorsqu'il dit : " Il leur ouvre les oreilles au châtiment et leur dit qu'ils doivent se repentir de leurs fautes" (Iyov 36,10)."
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-> Le rav Avraham Grodzinski (Torat Avraham) nous enseigne :
"L'idée que l'on doit se réjouir de ses souffrance ne s'applique pas seulement à des individus individuellement ; cela a été dit à tout le peuple juif.
La michna (Béra'hot 54a) dit explicitement : "Une personne doit rendre grâce pour les difficultés tout comme elle le fait pour la bonne fortune".
La guémara (Béra'hot 60b) explique cela comme signifiant qu'on doit "accepter les souffrances avec joie".
Lorsqu'une personne souffre, on attend d'elle qu'elle ressente le même bonheur/joie que celui qu'elle éprouverait en cas de bonne fortune. Les deux moyens d'atteindre ce bonheur sont de prendre conscience de 2 vérités, l'une physique/matérielle (limitée et temporaire) et l'autre spirituelle (éternelle et infinie) ...
La deuxième, la vérité spirituelle qu'une personne doit reconnaître pour atteindre la joie [dans la souffrance] est le fait qu'Hachem l'aime, comme le dit le verset : "car Hachem châtie celui qu'Il aime" (Michlé 3,12). Si Hachem ne continuait pas à aimer une personne même après qu'elle ait fauté, Il ne l'affligerait pas, mais la laisserait simplement périr dans son état de faute, à D. ne plaise.
Comme nous l'ont dit nos Sages (michna Sanhédrin 46a) : "lorsqu'un juif, même un juif racha, souffre, Hachem lui-même souffre (avec lui), s'exclamant pour ainsi dire : "J'ai mal à la tête! Mon bras me fait mal!". Pourtant, en raison de Son grand amour même pour le racha, Hachem est prêt à endurer cette douleur en lui envoyant des souffrances, afin de le sauver de ses fautes.
Peut-être que, par sa souffrance, le racha fera téchouva et méritera la vie éternelle ...
Ces punitions viennent de l'amour d'Hachem pour un fils, car les souffrances sont la dernière option pour inspirer une personne à faire téchouva. Si une personne était inspirée pour faire téchouva en étudiant la Torah ou en se faisant réprimander sans souffrir, Hachem ne lui enverrait pas ces messagers de souffrance, comme le dit Rabbénou Yona (Chaaré Téchouva 2,11)."
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-> Selon le rav Eliyahou Lopian (Lev Eliyahou - Nitsavim) :
"Toute personne réfléchie sait qu'Hachem ne punit pas une personne par désir de vengeance ...
Au contraire, toute souffrance est pour le bien de la personne. Le mot "yissourim" (souffrance) vient de la même racine que "moussar" (châtiment).
En effet, grâce aux yissourim, aux souffrances, son cœur est brisé et elle est prête à faire téchouva, comme le dit le verset : "Les sacrifices préférés d'Hachem sont un esprit brisé ; un cœur brisé et écrasé, Hachem, Tu ne le rejetteras pas" (Téhilim 51,19).
Le Gaon de Vilna a comparé cela à une personne qui souhaite semer un champ pour produire des récoltes. Il doit d'abord labourer le champ, briser la terre dure en mottes et les retourner. Sinon, il est impossible pour la graine de pénétrer dans le sol.
Il en va de même pour le cœur humain. Les souffrances sont ce qui "laboure" le cœur d'une personne, l'adoucissant et le rendant "brisé et écrasé". C'est alors que les graines de l'inspiration peuvent prendre racine et germer, produisant le fruit de la téchouva."
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+ Les souffrances permettent d'obtenir davantage de spiritualité :
-> "Rabbi Chimon bar Yo'haï dit : Hachem a donné 3 cadeaux spéciaux au peuple juif, et tous ont été donnés par l'intermédiaire des souffrances : la Torah, la terre d'Israël et le monde à Venir (olam aba)" (guémara Béra'hot 5a).
=> Pourquoi ces 3 choses en particulier ont été données par le biais de souffrances?
Le Maharal (Déré'h 'Haïm - Introduction) explique :
- la terre d'Israël = la terre Sainte ; son sol même est spirituellement déconnecté des autres terres, et il se situe sur un plan intellectuel supérieur. Sinon, son air ne rendrait pas plus sage que celui des autres pays (voir guémara Baba Batra 158b) ; il ne serait pas non plus particulièrement adapté à la prophétie.
- la Torah = qui est la sagesse d'Hachem, n'a pas de caractère physique (ce n'est que spiritualité, Divinité).
- cela est d'autant plus vrai dans le monde à Venir, où l'on ne mange pas et où l'on ne boit pas, où l'on est entièrement séparé de l'aspect physique/matériel.
C'est pourquoi ces 3 choses sont appelées "cadeaux", car les cadeaux sont des choses auxquelles le bénéficiaire ne peut prétendre, mais qui lui sont accordées par quelqu'un d'autre.
De même, parce que l'être humain a un corps physique, il n'a aucun droit à ces choses, qui sont de nature spirituelle et déconnectées de la matérialité.
C'est pourquoi ces trois choses n'ont été données que par l'intermédiaire des souffrances, qui diminuent la matérialité du corps d'une personne, la rendant ainsi capable de recevoir ces choses saintes et spéciales.
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-> Ailleurs, le Maharal (Déré'h 'Haïm 6,6) écrit :
Lorsqu'une personne se voit infliger des souffrances, elle devient apte à recevoir la Torah.
C'est ce que nos Sages (Béra'hot 5a) disent : "Hachem a donné 3 cadeaux spéciaux au peuple juif, et tous ont été donnés par des souffrances : la Torah, la terre d'Israël et le monde à Venir.
La Torah, comme il est dit : "Heureuse la personne qu'Hachem châtie, à qui tu enseignes Ta Torah" (Téhilim 94,12).
Cela est dû au fait que la Torah est sagesse et intelligence, ce qui n'est pas physique ; par conséquent, une personne ne peut atteindre ce niveau sans réduire son attache à la matérialité.
Cela est possible grâce aux souffrances, qui diminuent la matérialité d'une personne et lui permettent d'atteindre le niveau de spiritualité requis.
C'est pourquoi la Michna (Pirké Avot 6,6) affirme que "l'acceptation de la souffrance" est l'un des moyens d'acquérir la Torah, car celui qui accepte la souffrance est prêt à réduire l'aspect physique de son corps, qui est un défaut qui l'empêche de recevoir la Torah.
Les souffrances sont capables d'éliminer ce défaut, comme le dit la guémara (Béra'hot 5a) :
"Reich Lakich dit : Le mot 'brit' (alliance) est mentionné avec du sel (Kora'h 18,9) avec des souffrances ... et le mot brit est également mentionné les souffrances (Ki Tavo 28,69) ... De même que le mot 'brit' mentionné avec le sel implique que le sel purifie la viande, de même la brit mentionnée avec les souffrances indique que les souffrances purifient une personne de ses fautes."
Cela signifie que, tout comme le sel purifie la viande, la souffrance purifie le corps d'une personne, le perfectionne et lui permet de recevoir la Torah non physique.
[ainsi, la souffrance permet d'accueillir en nous davantage de spiritualité. ]
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-> Enfin, on peut rapporter l'enseignement du Maharal (Nétivot Olam - Nétiv haYissourim - chap.3) suivant :
Rabbi Akiva a dit : "Les souffrances sont précieuses" (guémara Béra'hot 5a).
Les souffrances sont si précieuses car ... elles nettoient et purifient l'âme d'une personne et la débarrassent de sa contamination/impureté (de ses fautes), ce qui permet à une personne de s'éloigner de la matérialité.
Ce niveau est plus élevé que tous les autres, car une telle personne ... devient un ben Olam Haba (monde à Venir).
Les bénéfices de nos souffrances (3e partie)
+++ Les bénéfices de nos souffrances (3e partie) :
+ Les souffrances nous apportent une élévation dans le monde à Venir :
-> L'importance et la qualité de l'existence éternelle d'une personne dans le monde à Venir (olam aba) augmentent infiniment au-delà de toute mesure en raison des difficultés et des luttes qu'elle a subies au cours de sa vie.
Il est important de comprendre ce que signifie la récompense dans l'autre monde, surtout pour mettre en perspective nos souffrances momentanées de ce monde dans un but d'embellier notre monde à Venir.
-> Le rav Eliyahou Dessler (Miktav méEliyahou - vol.1) explique :
"Nos Sages enseignent qu'"un moment de korar roua'h dans le monde à Venir vaut mieux que tout ce monde (mikol hayé aolam azé)" (Pirké Avot 4,17).
[korar roua'h est généralement traduit par "satisfaction", mais le rav Dessler va l'expliquer ci-après. ]
Cette affirmation exige compréhension et contemplation ; le grand tsadik rav Tsvi Hersh Broide (qui est l'oncle du rav Dessler) l'explique comme suit :
"Imaginons que nous prenions tous les moments de bonheur et de satisfaction d'une personne au cours de sa vie entière et que nous les condensions en un seul instant.
Ensuite, prenons tous les moments de bonheur des amis et des connaissances de cette personne et ajoutons tout leur bonheur à ce même moment. Maintenant, donnons ce moment à une seule personne ; pouvez-vous imaginer à quel point elle se sentirait heureuse?
Mais allons plus loin. Nous ajoutons maintenant tous les moments de bonheur de tous les habitants de la ville, du pays et même du monde entier de cette personne, c'est-à-dire le bonheur accumulé de toute une génération, et nous les présentons à une personne en un seul moment condensé.
Mais on est encore loin de "tout ce monde" (mikol hayé aolam azé). "Tout ce monde", c'est le bonheur de toute l'humanité, depuis la création du monde jusqu'à sa fin, dans son intégralité.
Un moment qui englobe un tel bonheur est littéralement le moment le plus heureux que l'on puisse imaginer, et pourtant, il n'est pas comparable à un seul moment de korat roua'h dans le monde à Venir."
Qu'est-ce que le korat roua'h?
Mon grand maître et beau-père (rav Na'houm Zev Ziv, le fils de l'Alter de Kelm) l'a expliqué en faisant une comparaison avec un grand festin qui a lieu dans un palais, et un pauvre qui passe par là se réjouit de l'arôme agréable de la nourriture. Ce plaisir infime est appelé "korat roua'h".
Il en va de même dans le monde à Venir (olam aba). Parfois, une personne ne mérite pas d'entrer dans le Olam Haba lui-même, qui n'est accessible qu'aux tsadikim. Elle sera cependant autorisée à "passer" et à profiter de "l'odeur" du Olam Haba depuis l'extérieur.
Ce plaisir est appelé le "korat roua'h" du Olam Haba, par opposition au plaisir du Olam Haba lui-même.
Ce korat roua'h représente le plus petit niveau de récompense, donné pour la plus petite mitsva imaginable (car chaque mitsva est récompensée dans le Olam Haba), et pourtant c'est le plaisir dont nos Sages disent que tout ce monde, avec tous ses plaisirs et son bonheur, depuis sa création jusqu'à sa fin, n'égale même pas un moment de korat roua'h dans le Olam Haba!
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-> Selon le 'Hafets 'Haïm (al haTorah - Haazinou 32,7) :
Le midrach (rabba & Yalkout Chimoni - Haazinou 32,7) déclare : "Lorsque Hachem vous inflige des souffrances dans ce monde, vous devez vous souvenir des merveilleux bienfaits qu'Il vous accordera dans le monde à Venir!"
[...]
Le Maguid de Vilna explique : lorsqu'une personne rencontre des difficultés et des souffrances, elle souhaite que la douleur disparaisse. Mais lorsqu'elle arrive dans l'autre monde et qu'elle apprécie l'immense récompense qui sera la sienne à jamais pour chaque instant de cette douleur, elle pensera alors : "Si seulement j'avais souffert davantage! Ma récompense éternelle serait alors encore plus grande!"
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-> Selon le rav Yérou'ham Lévovitz (Daat 'Hokhma ou'Moussar - vol.2) :
Les souffrances sont une chose merveilleuse!
Nous trouvons que nos Sages (guémara Béra'hot 5a) disent : "Même si les souffrances font que l'on ne peut pas étudier ou faire la prière, elles sont toujours des souffrances d'amour, comme le dit le verset : "Hachem réprimande celui qu'Il aime" (Michlé 3,12).
Les souffrances sont donc encore plus grandes que la prière et l'étude [de la Torah] ...
C'est le grand mérite qui découle du fait d'avoir des souffrances.
C'est le grand secret qui explique pourquoi les grands rabbins des générations précédentes chérissaient tant les souffrances. Nous trouvons dans la guémara (Baba Métsia 84b) que Rabbi Elazar et Rabbi Chimon parlent des souffrances comme de "mes frères et amis".
Cela doit être compris comme une bonne affaire ; nos Sages étaient de grands hommes d'affaires, et ils voulaient faire les meilleures affaires, avec les plus grands profits possibles. [le temps de notre bref passage sur cette terre. ]
Puisque ces Sages avaient compris le secret des souffrances, qu'elles sont le seul moyen d'acquérir le Olam Haba, ils ne pouvaient pas trouver une meilleure affaire que d'endurer des souffrances!
Ils ont choisi d'avoir des souffrances simplement parce que c'est ce qui rapporte le plus.
Mon maître et professeur disait toujours : "Un marchant prospère, qui gagne des millions de dinars sur le marché de Nizchna, ne peut pas s'occuper toute la journée d'acheter et de vendre des oeufs!"
De la même manière, nos Sages ont réalisé le secret selon lequel "la satisfaction d'un instant dans le monde à Venir est plus grande que tout ce monde" (Pirké Avot 4,17), ce qui inclut toute l'histoire du monde, depuis l'époque d'Adam HaRichon jusqu'à aujourd'hui ; tout le plaisir et la jouissance éprouvés, depuis cette époque jusqu'à aujourd'hui, n'égalent même pas un instant de satisfaction dans le monde à venir, qui n'est disponible que par le biais des souffrances.
Nos Sages se sont donc attachés à acquérir le Olam Haba de cette manière ...
La guémara précitée (Béra'hot 5a), commentant le verset : "Heureux celui qu'Hachem châtie, et Tu lui enseigneras de Ta Torah" (Téhilim 94,12), explique que les derniers mots du verset, "et tu lui enseigneras de Ta Torah", signifient ce qui suit : "Tu nous enseigneras ce concept [les souffrances purifient une personne de ses fautes] à partir de Ta Torah, avec un argument kal va'homer tiré de la règle de 'une dent ou un œil', comme suit : Si un esclave gagne sa liberté lorsqu'il perd sa dent ou son œil, qui ne sont chacun qu'un membre, alors lorsqu'une personne subit des souffrances, qui affectent tout son corps, elle est d'autant plus 'libérée' [d'être punie pour ses fautes]!"
Pouvez-vous imaginer une meilleure affaire que celle-ci? Quel serviteur n'attendrait pas avec impatience que son maître lui arrache une dent? Si cela se produit, il sera libre et échappera à l'esclavage perpétuel!
Il s'agit d'un avantage considérable pour une douleur aussi minime que la chute d'une dent.
Il en va de même pour les souffrances. Pouvons-nous même imaginer les énormes avantages qui découlent de la souffrance? C'est comme une affaire qui rapporte un million de fois ce qui a été investi. Cela nous donne un aperçu des "profits" réalisés par nos Sages ...
Nos Sages décrivent le Olam Haba en des termes incroyables.
La guémara (Sanhédrin 100b) rapporte : Rabbi Meir dit : "Toute mesure qu'un homme utilise lui est donnée [comme récompense dans l'autre monde]...".
Rabbi Yéhochoua dit : "Est-il possible de dire cela? Si quelqu'un donne une poignée [de nourriture, en guise de tsédaka] à un pauvre dans ce monde, Hachem lui donnera-t-il Sa poignée dans le Olam Haba?"
Rachi explique que Rabbi Yéhochoua demande qu'une personne ne soit pas en mesure de recevoir une si grande récompense pour un si petit acte ...
C'est étonnant! Rabbi Yéhochoua, avec toute sa compréhension du monde à Venir (Olam Haba), de l'éternité, ne pouvait pas comprendre l'énormité d'une telle récompense, ce qui l'a poussé à demander : "Est-il possible de dire une telle chose? Et cela est mérité simplement en donnant "une poignée à un pauvre"!
Il n'est donc pas étonnant que nos Sages ait tant désiré les souffrances, les appelant même "amis".
Existe-t-il une meilleure "affaire" que celle-là? En ce qui concerne la richesse matérielle, nous voyons à quel point les gens sont prêts à renoncer [au plaisir et à la commodité] à chaque étape du chemin, à se mettre en danger, à voyager à travers les déserts et les océans, et pour quoi? Pour gagner de l'argent!
Les gens partent en guerre, se plaçant dans les situations les plus dangereuses. Et qu'obtiennent-ils après tout cela? Rien de plus qu'une médaille de cuivre.
Comment s'étonner alors que nos Sages aient été constamment prêts à renoncer à tant de choses, puisqu'ils étaient conscients du profit secret qu' "aucun œil n'a jamais vu" (Yéchayahou 64,3 - nul être humain ne peut appréhender la grandeur de ce qui peut nous attendre dans le monde à Venir)?
Il est évident qu'une personne devrait être prête à faire des sacrifices pour un bénéfice aussi énorme.
On devrait même courir joyeusement pour endurer 70 ans de souffrances et de tortures!
L'un des élèves de Rabbi a dit : "Maintenant que je vois Rabbi souffrir, comment ne pas me réjouir?" (voir Sanhédrin 101a).
Il voulait dire : "Lorsque je vois Rabbi profiter des "millions de dinars d'or" que lui rapportent ses souffrances, je suis immensément heureux!".
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-> Selon le rav Eliyahou Dessler (Mikhtav méEliyahou - vol.1) :
Nos Sages disent : "Ce monde est comme un couloir, et l'autre monde est comme une salle de fête" (Pirké Avot 4,16).
Chaque action qu'une personne entreprend a pour but d'atteindre un certain résultat. Lorsqu'on considère ce résultat comme important, on est prêt à s'engager dans un travail difficile pour l'atteindre, comme le dit le verset à propos du travail de Yaakov pour Ra'hel : "Yaakov a travaillé 7 ans pour Ra'hel, il considérait que ce n'était que quelques jours, mais c'était à cause de son amour pour elle" (Vayétsé 29,20).
Or, le but de toute la Création, y compris l'ensemble de ce monde, est le monde à Venir. Par conséquent, même si le chemin à travers ce couloir est très difficile, parsemé d'obstacles et de pierres d'achoppement, une personne doit le parcourir avec joie, puisqu'il n'y a pas d'autre chemin pour atteindre son Roi (Hachem) ...
Cependant, lorsque l'homme est retourné auprès de ses amis - qui appréciaient la valeur de l'or - et leur a raconté ce qui s'était passé, il a immédiatement compris à quel point il avait été stupide. Il s'est alors rendu compte qu'il aurait dû utiliser ce jour précieux au maximum, en travaillant joyeusement pour amasser de grandes richesses !
Lorsque nous arriverons dans le monde à Venir, le monde de la vérité, qui est libéré du yétser ara et de ses tromperies, on se rendra compte qu'on aurait dû utiliser nos jours dans ce monde au maximum, en faisant joyeusement des efforts pour amasser de grandes richesses.
[à l'inverse, la vraie souffrance éternelle dans le monde à Venir, consiste à réaliser à quel point nous avons pu être stupide, combien de regrets nous aurons de pas avoir davantage acquis de vraies richesses éternelles, même si cela était au prix de souffrances passagères. Car après notre mort, il n'y a plus vraiment de libre arbitre, et donc de récompenses à obtenir, il est trop tard! ]
Pour l'instant, dans ce monde, le monde du mensonge, gouverné par le yétser ara, nos valeurs sont faussées. Heureux celui qui sait attacher la juste valeur aux choses alors qu'il est encore dans le couloir/corridor. Un tel homme trouvera son bonheur dans la salle de fête (olam aba), et parce qu'il sait que son travail en vaut la peine, il appréciera aussi beaucoup le dur labeur dans le couloir (olam azé).
Approfondissons un peu cette idée. Tout le concept de ce monde est qu'il n'est qu'un couloir vers le monde à Venir ; ce n'est pas un monde en soi. Celui qui construit un couloir ne menant nulle part n'a rien construit du tout.
Il en va de même pour ce monde et tout ce que nous y vivons : tout cela n'a pour but que d'entrer dans le monde à Venir.
Chaque stimulus qui fait impression sur nous, chaque sentiment que nous éprouvons, chaque détail est mesuré avec précision, dans le but de nous permettre de mériter le monde à Venir.
Si Hachem manifeste de la colère envers une personne et la punit sévèrement, ce n'est pas à cause d'une colère personnelle de la part d'Hachem, car nous ne profitons pas à Hachem avec nos mitsvot et nous ne Lui nuisons pas avec nos fautes (avérot), comme le dit le verset : "Si vous fautez, que Lui faites-vous? ... Lorsque vous êtes justes, que Lui donnez-vous?" (Iyov 35,6-7).
Au contraire, lorsqu'une personne accomplit une mitsva, elle en profite, et lorsqu'elle faute, elle ne fait que se nuire à elle-même.
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-> Selon le Steïpler (Keréna dé'Igrata - vol.1,91) :
Nos Sages (voir Béra'hot 5b) déclarent : "Les souffrances sont précieuses".
Si nos Sages ont dit qu'elles sont précieuses, c'est qu'elles le sont. Les souffrances accordent à une personne le succès et une immense fortune dans le monde à Venir (olam aba).
Par conséquent, pour les souffrances que l'on a déjà endurés, nous devons être extrêmement heureux, car elles représentent un gain incommensurable et proviennent de l'immense bonté d'Hachem.
-> Ailleurs, le Steïpler (Keréna dé'Igrata - vol.2,28) écrit :
Les souffrances sont une grandes choses ; elles sont extrêmement élevées, et tout le monde à Venir d'une personne en dépend, à tel point que nos Sages (Arakhin 16b) ont dit que si 40 jours s'écoulent sans souffrances, on a "mangé" son monde à Venir.
Par-dessus tout, les souffrances sont considérées comme une possession formidable et extrêmement puissante, bien qu'elles soit très amères, et très difficiles à supporter. Cependant, cette difficulté n'est vraie que pour les souffrances que l'on a dans le présent. Mais les souffrances qui se sont déjà produites, que l'on a déjà vécus, ne sont que bonté et bénédictions, car ce qu'une personne a déjà souffert a maintenant disparu. Par sa souffrance, une personne a acquis un trésor extrêmement important de mérites pour elle-même.
-> On peut rapporter un autre enseignement du Steïpler ('Hayé Olam - vol.1,chap.6) :
Le Ramh'al (Messillat Yécharim - chap.1) écrit : "Quelle est la vie d'une personne dans ce monde? Qui est vraiment heureux et satisfait dans ce monde? ..."
Ne devriez-vous pas vous demander : pourquoi l'homme a-t-il été créé pour vivre une vie mêlée de tristesse et de bonheur, de douleur et de plaisir, de croissance et d'échec, et d'une multitude de hauts et de bas, dont la plupart sont remplis de douleur et de chagrin? Pourquoi en est-il ainsi?
La vraie réponse est : parce que toute la vie dans ce monde n'est qu'un passage, un couloir vers une vie éternelle qui est incomparablement merveilleuse.
Toute la vie terrestre est conçue en fonction de ce qu'Hachem sait être la meilleure préparation à cette vie éternelle. On sera alors également jugé sur ses mérites et ses actes. Une personne qui s'attache à Hachem et à Sa sainte Torah, acceptera tous les problèmes avec amour, quoi qu'il arrive, car elle sait qu'Hachem est avec elle, et que, comme le disent nos Sages (Béra'hot 60b) : "Tout ce que fait Hachem est pour le bien".
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-> Selon le rav 'Haïm Friedlander (Sifté 'Haïm - Emouna vé'Hachga'ha) :
Ce monde est un "monde de travail". Par notre travail, nous nous préparons pour le vrai monde, notre but spirituel, qui est le monde à Venir. Comme le disent nos Sages : "ce monde est un couloir vers le monde à Venir" (Pirké Avot 4,16).
Ainsi, toutes les choses de ce monde doivent être évaluées à l'aune de leur utilité en tant qu'outil et moyen de servir Hachem.
Comme le dit le Ram'hal (Messilat Yécharim - chap.1) : "une personne est d'abord placée dans ce monde afin que, par les moyens qui lui sont donnés ici, elle puisse entrer dans le lieu qui a été préparé pour elle, qui est dans le monde à Venir".
Ce n'est qu'avec cette perspective que nous serons en mesure de comprendre les voies d'Hachem dans notre monde ...
Ce monde est notre "lieu de travail", et toutes les douleurs et difficultés qu'il contient sont nos "vêtements de travail", qui servent à nous aider à atteindre le vrai monde, le monde éternel.
Les bénéfices de nos souffrances (2e partie)
+++ Les bénéfices de nos souffrances (2e partie) :
+ Les souffrances nous nettoient et nous purifient :
-> Nous allons voir que les souffrances apportent un grand bénéfice à notre âme. Lorsque nous éprouvons de la douleur, même la plus infime, dans ce monde, notre âme est purifiée des effets ruineux de la faute, ce qui nous évite des souffrances bien plus grandes dans le Guéhinam.
-> Selon le Ramban (introduction à Iyov) :
"Si Hachem devait retirer à une personne tout plaisir dans ce monde, et que cette personne devait souffrir de toutes les tribulations de Iyov pendant toute sa vie, ce serait toujours mieux pour elle que son âme soit punie dans l'autre monde avec la souffrance du Guéhinam, ou que ses fautes fassent perdre à son âme une partie de sa qualité dans le monde des âmes, son attachement à la radiance d'Hachem dans le monde à Venir (olam aba).
Car en comparaison, tout ce que le corps terrestre peut vivre est insignifiant, et tout ce qui se passe dans ce monde, qu'il soit bon ou mauvais, est pauvre et ne dure pas."
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-> Selon le Ram'hal (Déré'h Hachem - vol.2,3:5)
"Lorsqu'une personne utilise son corps pour fauter, cela provoque une obscurité spirituelle qui obstrue sa connexion avec Hachem.
Comme l'explique le Ram'hal, la souffrance peut être imposée à une personne afin d'éliminer ce blocage.
Un tsadik a atteint un degré élevé de lumière et de grandeur. Cependant, en raison du petit nombre de mauvaises actions qu'il a commises, il a également une part d'obscurité et d'impureté en lui. Tant que ce mélange est en lui, il n'est pas prêt et apte à se connecter/lier à Hachem.
C'est pourquoi l'attribut de bonté d'Hachem a décrété qu'il devait être en mesure d'être raffiné. C'est le concept des souffrances, qu'Hachem a investis de la capacité d'éliminer l'impureté d'une personne, la laissant pure et propre, prête à recevoir le bien au bon moment.
La quantité de saleté que la personne a absorbée par ses actes déterminera la quantité de souffrances nécessaires pour la purifier.
Parfois, la souffrance corporelle n'est pas suffisante pour enlever cette saleté, et la souffrance spirituelle est nécessaire."
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-> Le Baal HaTanya (Tanya - Iguéret haTéchouva - chap.12) enseigne :
"La raison pour laquelle il faut se réjouir de la souffrance corporelle est qu'elle est extrêmement bénéfique pour celui qui a fauté.
Elle le purifie dans ce monde et lui évite ainsi d'avoir à se purifier dans le Guéhinam.
De petites souffrances en ce monde permettent d'éviter des jugements beaucoup plus sévères dans l'autre monde."
-> Selon l'Alter de Kelm ('Hokhma ou'Moussar - vol.1) :
Tout ce que l'on souffre dans le monde, même les douleurs de Iyov, à D. ne plaise, et bien d'autres encore, est utile pour ne pas subir le jugement sévère du monde à Venir.
-> Selon le 'Hafets 'Haïm (Chem Olam - épilogue) :
En vérité, toutes les souffrances, qu'il s'agisse du corps ou de l'argent, sont une expiation pour les fautes, afin que la personne n'ait pas à souffrir dans l'autre monde, où les punitions sont bien plus sévères.
Comme l'indique le midrach : "Its'hak a demandé des souffrances ... Hachem lui dit : "Tu demandes une bonne chose et je commencerai par toi, comme il est dit : 'Itzs'hak devint vieux, et sa vue s'affaiblit' (Toldot 27,1).
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-> Le 'Hafets 'Haïm (Chem Olam - 1:3) enseigne :
J'ai appris d'une personne âgée et digne de confiance, qu'elle avait personnellement entendu le Rav, le Gaon, Rav Yaakov Moché [qui est le fils de Rav Avraham, le fils du Gaon de Vilna], dire au nom de son grand-père, le Gaon de Vilna que sans souffrances, nous n'aurions aucun espoir dans le monde à Venir.
La raison en est que lorsqu'une personne décède et que son âme monte au ciel, elle voit une balance indiquant si ses bonnes actions l'emportent sur ses fautes ou non, à D. ne plaise.
La personne entend alors une voix céleste annoncer que toutes les bonnes actions qu'elle a accomplies tout au long de sa vie doivent être rassemblées ; cette voix est entendue dans tous les mondes dans lesquels son âme était enracinée.
Immédiatement, tous les anges défenseurs créés à partir des mitsvot de cette personne se rassemblent et se placent du bon côté de la balance. Ensuite, on annonce que toutes les fautes (avérot) que cet homme a faits tout au long de sa vie doivent être rassemblés. Un grand nombre d'anges, vêtus de noir, commencent à apparaître. Ils sont extrêmement nombreux et de plus en plus nombreux.
L'autre côté de la balance est sur le point de basculer, non seulement à cause du nombre considérable de fautes que la personne a commises au cours de sa vie, mais aussi parce que les anges liés à nos mérites ne sont pas très forts, puisque les mitsvot que la personne a accomplies n'ont pas été faites avec l'intention et le désir appropriés, contrairement à ses fautes, qui ont été commis avec enthousiasme.
En voyant cela, la personne est extrêmement contrariée. Que va-t-il m'arriver? pense-t-elle. La balance va se retourner contre moi, elle va certainement me déclarer comme étant un racha!
C'est alors qu'une 3e voix céleste se fait entendre, annonçant : "Où est la souffrance que cette personne a endurée au cours de sa vie?"
Immédiatement, tous les souffrances de cette personne, de toute sa vie, se rassembleront et se dirigeront vers le côté droit de la balance, et le côté du mérite l'emportera massivement sur l'autre côté, car sa souffrance a expié un grand nombre de ses fautes, faisant de lui un tsadik! Il se réjouira alors et remerciera Hachem pour tout ce qu'il a enduré.
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-> Selon le 'Hafets 'Haïm (Chem Olam - épilogue) :
Toutes les souffrances et toutes les douleurs d'une personne sont pour son bien, pour rendre son âme pure et libre de la maladie de ses fautes.
En effet, les souffrances purifient une personne de ses fautes, comme l'affirment nos Sages (Béra'hot 5a), et grâce à cela, elle sera sauvée du châtiment dans le Guéhinam, qui est pire que toutes les souffrances d'Iyov.
En effet, le midrach dans Massékhet Guéhinam, après avoir décrit la sévérité de Guéhinam, conclut que personne n'est sauvé à moins d'avoir la Torah, de bonnes actions et beaucoup de souffrances, comme il le dit : "Ton bâton et Ta canne me réconfortent" (chivté'ha oumich'antékha - Téhilim 23,4).
"Ton bâton" fait référence aux souffrances, tandis que "Ta canne" fait référence à la Torah.
De même, le midrach (Béréchit rabba 65,9) raconte [...] que lorsque Its'hak a vu et apprécié à quel point la sévérité du jugement est sur une personne, il a supplié Hachem de lui donner des souffrances.
Hachem lui répondit : "Par ta vie, tu demandes une bonne chose! Je commencerai par toi ", comme il est dit : " Et Its'hak devint vieux, et ses yeux s'obscurcirent" (Toldot 27,1).
La même idée se retrouve dans un autre midrach (Chémot rabba - chap.30) sur le verset : "Fais-moi connaître le chemin de la vie, plein de bonheur" (Téhilim 16,11). David dit à Hachem : " Dis-moi, où se trouve un tunnel creux vers le Monde à venir?"
Hachem répondit : "Si tu as besoin de vie, tu as besoin de souffrances" ...
Nous constatons donc que de nombreux Tanaïm et Amoraïm ont accepté les souffrances sur eux-mêmes, tels que Rabbi et Rabbi Elazar ben Shimon ... (guémara Baba Métsia 84b)
Bien que nous ne soyons pas en mesure de demander des souffrances, néanmoins, puisque nous pouvons voir à quel point elles sont bénéfiques, nous devrions au moins ne pas être en colère lorsqu'Hachem envoie des souffrances, car tout cela est pour le bien.
Et sur le verset : "J'ai décidé de donner de la souffrance ; J'ai renforcé leurs bras, mais ils ont mal pensé à Moi!" (Hochéa 7,15), nos Sages commentent : Hachem a dit : " J'ai dit que Je leur donnerai la douleur des souffrances dans ce monde afin de renforcer leurs bras dans l'autre monde, mais ils ont mal pensé à Moi!"
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-> Selon le rav Yérou'ham Lévovitz (Daat 'Hokhma ou'Moussar - vol.1) :
Nous nous sommes tellement trompés sur le concept du jugement d'Hachem que nous considérons la punition comme une vengeance et les souffrances comme une punition.
Lorsque nous voyons qu'il est écrit : "Je suis Hachem, qui aime le jugement" (Yéchayahou 61,8), nous haussons les épaules en signe d'étonnement : "Comment Hachem peut-il aimer le châtiment et les souffrances?"
Mais une personne compréhensive se rendra compte à quel point la souffrance doit être chère à une personne ... elle l'affine, la nettoie, la purifie de toute trace de mal ...
Il n'y a rien d'autre au monde qui puisse raffiner, nettoyer et purifier une personne de tout, en effaçant complètement tout vestige de mal, comme le fait le jugement.
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-> Selon le rav Aharon Kotler (Michnat Rav Aharon - vol.2) :
"Et tu sauras dans ton coeur que, tel un père qui châtie son fils, Hachem ton D. te châtie" (Ekev 8,5)
Cela nous enseigne que toute souffrance n'est que pour notre bien, tout comme un père châtie son fils par amour pour lui, afin de l'aider à long terme.
Et nos Sages (Sifri - Vaét'hanan 6,5) disent que lorsqu'une personne est dans une tranquillité totale, ses fautes ne sont pas expiés.
Et Rabbi Akiva (guémara Sanhédrin 101b) dit : "La souffrance est précieuse" ('havivim yissourim), ce qu'il apprend de Ménaché. Toute la Torah que Ménaché a apprise de son père ne l'a pas aidé, jusqu'à ce qu'il fasse l'expérience de la souffrance.
Nos Sages disent également : "La souffrance efface les fautes d'une personne" (guémara Béra'hot 5a) et "le sang d'une blessure expie comme celui d'un korban ola" ('Houlin 7b).
Lorsqu'une personne souffre, la Chékhina dit : "J'ai mal à la tête, J'ai mal à la main!" (Sanhédrin 46a).
Il est également écrit : "Dans toute leur douleur (de chaque juif), Il (Hachem) souffre" (Yéchayahou 63,9) et "Je suis avec lui (chaque juif) dans la souffrance" (Téhilim 91,15).
Selon Rabbénou Yona (Chaaré Téchouva 2:4), les souffrances sont nécessaires pour notre bien ; elles sont littéralement un médicament. Une personne qui ne réalise pas cela se plaint d'Hachem.
Le rav 'Haïm de Volozhin (Néfech ha'Haïm 2:12) compare la douleur de la Chékhina face à la souffrance humaine à celle d'un père dont le fils est tombé d'un toit et s'est cassé les os. Lorsque son père lui met un bandage et que son fils en souffre, le père souffre de la douleur de son fils. Mais cette douleur est incomparable à celle que le père a ressentie au moment de l'accident.
En effet, la douleur que son fils ressent à cause des pansements provient de ce qui va le guérir, et elle est donc extrêmement faible par rapport au grand bénéfice de la guérison.
Il en va de même pour la souffrance dans le Guéhinam. Il s'agit là aussi d'un processus de guérison, qui rectifie et purifie l'âme. Aussi grande que soit la souffrance, elle est minuscule comparée aux effets curatifs qu'elle produit.
Et c'est encore plus vrai en ce qui concerne la punition dans ce monde, où même la souffrance la plus sévère n'est rien comparée aux punitions du Guéhinam. Comme l'écrit le Ramban (Introduction à Iyov), un seul instant de souffrance dans le Guéhinam est pire que 70 ans de souffrance d'Iyov dans ce monde.
En outre, dans ce monde, même une douleur légère expie, comme nous l'avons vu précédemment, le fait de se frapper le doigt expie comme un korban ola.
Cependant, parce que nous ne réalisons pas le pouvoir impressionnant d'une faute et la perte énorme qu'elle cause, nous ne parvenons pas à apprécier le bénéfice des souffrances, qui sont un petit prix à payer pour échapper à la souffrance de Guéhinam, qui est elle-même, un petit prix à payer comparé à la gravité de la maladie spirituelle causée par la faute.
C'est pourquoi nos Sages, qui comprenaient la gravité d'une faute et les terribles dommages qu'elle cause, se réjouissaient des souffrances. Lorsque Rabbi Akiva a vu Rabbi Eliezar souffrir, il s'est réjoui pour lui (Sanhédrin 101a), et c'est ce que nous trouvons également dans de nombreux autres endroits.
Rabbi Elazar bar Shimon invitait les souffrances sur lui, en leur disant : "Venez, mes frères et amis!" (Baba Métsia 84b).
Et dans la guémara (Yébamot 106a), il y a une histoire d'Avdan et de Rabbi Yichmael ben Rabbi Yossi, dans laquelle Avdan a été puni très sévèrement (pour avoir dénigré Rabbi Yichmael). Ses 2 fils se sont noyés et ses 2 belles-filles ont fait du mioun. Pourtant, Rav Na'hman bar Its'hak a dit à ce sujet : "Béni soit Hachem, qui a mis Avdan dans l'embarras dans ce monde, plutôt que dans l'autre monde!".
Incroyablement, ils ont en fait remercié Hachem pour ces terribles punitions. Mais la raison en est que ces souffrances étaient très faibles en comparaison avec les punitions de l'autre monde.
Un autre exemple est l'histoire de Na'houm Ich Gam Zou, qui s'est soumis à d'énormes souffrances (Taanit 21a). Et toutes ces souffrances étaient pour quelque chose que les Tanaïm ont fait par erreur, et après qu'ils se soient complètement repentis.
Pourtant, ils n'ont pas compté sur cela, mais ils ont accepté une souffrance incroyable sur eux-mêmes.
Ces personnes ont reconnu avec une clarté absolue les grands dégâts de la faute : ils ont senti que la souffrance guérit, et ils l'ont donc acceptée volontiers, avec joie.
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-> Selon le Steïpler ('Hayé Olam - vol.2, chap.14) :
Les souffrances sont précieuses, comme il est dit (guémara Béra'hot 5).
Et dans le Sifri (Vaét'hanan 6,5), il est dit : "Rabbi Né'hemia dit : Les souffrances sont précieuses, car de même que les korbanot expient, les souffrances expient aussi".
En effet, recevoir des souffrances donne à une personne un avantage infini, car les punitions qu'elle mérite de recevoir dans le monde à Venir (olam aba) sont remplacées par les souffrances de ce monde, qui sont extrêmement légères en comparaison.
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-> Selon le rav Avraham Grodzinski (Torat Avraham) :
Jusqu'à présent, nous avons parlé de l'importance d'utiliser ses pensées et ses émotions pour atteindre le grand objectif pour lequel les souffrances sont donnés à une personne. Cependant, tout le monde n'est pas en mesure de le faire. La plupart des gens n'ont pas la capacité de penser ; ils n'en ont pas le temps.
Pourtant, ces personnes souffrent également des souffrances. Devons-nous dire que les souffrances de ces personnes ne sont pas inclus dans "car Hachem châtie celui qu'Il aime" (Michlé 3,12)?
D'autre part, quel amour peut-il y avoir dans le phénomène de recevoir des souffrances sans y penser?
La réponse est que les souffrances contiennent en fait 2 avantages.
Le premier est qu'elles amènent une personne à contempler ses actions et à faire téchouva.
Le second est que les souffrances expient les fautes d'une personne, comme l'explique Rabbénou Yona (Chaaré Téchouva 2:3) : "Et en provoquant une maladie sur le corps d'une personne, Hachem guérit la maladie de son âme".
Nous pouvons apporter une preuve à cela à partir de la guémara (Yoma 86a) qui dit : "Si quelqu'un fait une faute (avéra) qui est punie de karét, et se repent, sa punition est retenue grâce à sa téchouva, en même temps que Yom Kippour. Mais elle n'est effacée que par les souffrances".
Or, le but de ces souffrances n'est évidemment pas d'obliger le fauteur à faire téchouva, puisqu'il l'a déjà fait. Leur but est plutôt de purifier complètement son âme.
Puisqu'il a commis une faute pour lequel il a encouru le karét (peine de mort), la faute est tellement attachée à son âme qu'elle est devenue une partie de lui, à tel point qu'elle ne peut être enlevé sans que l'âme elle-même ne soit déconnectée de la vie éternelle. C'est pourquoi, même après avoir fait téchouva, il a besoin de quelque chose qui puisse détacher complètement la faute de lui.
Les souffrances sont cette chose, car les souffrances affaiblissent le pouvoir et les désirs du corps, laissant l'âme propre et pure de sa faute.
De même que les souffrances ont la capacité d'achever la purification de l'âme d'une personne après qu'elle a fait téchouva, elles sont également utiles avant qu'elle ne fasse téchouva. Même si, à ce stade, l'objectif principal des souffrances n'est pas atteint, la souffrance elle-même améliore l'âme.
Cela s'apparente aux souffrances de Guéhinam dont une personne est punie après sa mort ; ces souffrances purifient l'âme et la débarrassent de ses fautes.
Comme le disent nos Sages (Baba Métsia 58b) : "tous ceux qui entrent dans le Guéhinam finissent par en sortir". En effet, le Guéhinam purifie l'âme d'une personne de son état endommagé, après quoi elle peut entrer dans le Gan Eden.
Or, après la mort, la téchouva ne sert plus à rien, comme le dit le verset : "Car dans la tombe, il n'y a plus d'activité, de contemplation, de connaissance ou de sagesse" (Kohélet 9,10).
Nous voyons ici que même lorsque la personne qui souffre ne fait pas téchouva, les souffrances ont le pouvoir de guérir les maux de l'âme.
Dans ce monde aussi, Hachem a donné à l'humanité ce remède, en donnant aux souffrances la capacité d'effacer les fautes d'une personne.
Il est évident que si une personne comprend le but des souffrances, fait le bilan de ses actions et fait téchouva, son pardon sera incommensurable ; avec la moindre souffrance, elle peut être guérie des plus grandes fautes!
Cependant, même pour une personne qui manque de compréhension, qui vit sa vie comme un cheval qui fonce sur un champ de bataille, sans réflexion ni introspection, sans tenir compte de ses actions ni faire téchouva, même une telle personne bénéficiera des souffrances, car elle en tire profit de son vivant tout comme après la mort ....
En fait, les souffrances de son vivant sont encore plus bénéfiques, car les petites souffrances dans ce monde sont comme les grands souffrances dans le monde à Venir (olam aba), comme on le sait. En effet, de par leur nature même, les souffrances perfectionnent l'âme d'une personne...
Et ce n'est pas tout. Les souffrances sont bénéfiques même pour une personne qui n'en veut pas, quelqu'un qui ne s'habitue pas à sa souffrance, dont la souffrance ne lui apporte pas le bonheur mais plutôt une grande douleur ; qui se sent lésé et a le cœur brisé, comme il est écrit : "Quand il aura faim, il se mettra en colère et maudira" (Yéchayahou 8,21).
Une telle personne, semble-t-il, ne bénéficie pas du tout des souffrances ; elles ne l'amènent pas à rendre compte de ses actions, et la souffrance fait d'elle une personne en colère et plus mauvaise, le contraire d'une amélioration!
Cependant, même une telle personne grandit grâce à ses souffrances. Même au milieu de la colère et d'une grande amertume (du fait de souffrir), les souffrances sont capables d'avoir un effet, fournissant un certain degré de perfection. Cela aussi est un bénéfice, et est inclus dans "car Hachem châtie celui qu'Il aime".
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-> Dans un autre passage, le rav Grodzinski démontre les énormes bienfaits de l'exil en Égypte, des souffrances très intenses qui, à l'époque, ne semblaient pas conduire à une quelconque amélioration du comportement des juifs, dont la qualité spirituelle s'était même dégradée (atteignant le 49e niveau d'impureté sur 50).
Pourtant, l'effet de cette souffrance sur l'âme juive a été d'une ampleur inimaginable et l'a transformée à jamais.
Dans les mots du rav Grodzinski (Torat Avraham) :
Le principe qu'il peut y avoir perfection même sans faire téchouva, peut être prouvé à partir de l'exil égyptien. Le but de l'exil était de garantir que le peuple juif hériterait de la terre d'Israel, même sans le mérite de ses actions.
Avraham demande : "Avec quoi saurai-je que j'en hériterai [de la terre d'Israel]?" (Lé'h Lé'ha 15,18). Le Ramban explique que la émouna d'Avraham ne manquait de rien ; Avraham ne demandait pas une preuve que ses descendants recevraient la terre, mais plutôt un conseil : comment pouvait-il s'assurer que les juifs recevraient définitivement le don de la terre d'Israel, même si les générations futures fautaient, ou si les nations réchaïm qui se trouvaient déjà sur la terre faisaient la téchouva?
En réponse à cette question, Hachem dit : "Parce que vos enfants habiteront une terre qui n'est pas la leur. Ils les feront travailler et les affligeront pendant 400 ans". C'est-à-dire que les douleurs de l'exil rendraient le peuple juif apte à recevoir cet héritage, même sans aucune condition ...
Toute la Torah dépend de l'héritage de la terre d'Israel. Cela vaut non seulement pour les mitsvot qui ne peuvent être accomplies que sur la terre, mais aussi pour toutes les autres mitsvot, car, comme l'écrit le Ramban, le principal lieu d'accomplissement de toutes les mitsvot se trouve en terre d'Israel ...
Comment avons-nous mérité ce cadeau extraordinaire, auquel rien d'autre n'est comparable?
Par l'exil en Égypte. En fait, seule une petite partie de cet "exil" a réellement eu lieu ; pendant 190 ans, nous n'étions même pas du tout en Égypte. Sur les 210 années restantes, le peuple juif a passé plus de 70 ans sous le règne de Yossef, jouissant d'un honneur et d'une gloire exceptionnels. Leur situation spirituelle était également inégalée, Yaakov ayant préalablement envoyé Yéhouda pour y établir une yéchiva pour Yaakov et les tribus.
Même après la mort de Yossef, l'esclavage ne commença que lorsque toute cette génération mourut, et la difficulté de la servitude ne dura que 80 ans (Chir haChirim rabba 2,24). Même à cette époque, la nourriture des juifs était fournie par Pharaon, comme il est dit : "Le poisson que nous mangions gratuitement en Égypte" (Bamidbar 11,5).
Tel fut l'exil en Égypte, mais cet exil a préparé la nation juive à hériter de la Terre sainte pour l'éternité, sans aucune condition.
C'est étonnant! L'exil égyptien a-t-il permis à la nation juive d'améliorer son comportement? Au contraire, ils se sont mélangés aux égyptiens et ont copié leur comportement, s'enfonçant dans le 49e niveau d'impureté ...
Si les juifs sont devenus pires à cause de l'exil ... comment ce même exil leur a-t-il permis de recevoir la terre d'Israel de manière si absolue que cela ne dépend plus de leur libre arbitre, quelque chose qui va à l'encontre de l'ordre naturel, qui est contraire à l'intention et à l'objectif du monde tout entier?
La réponse est qu'il existe 2 façons distinctes pour le cœur humain d'acquérir la perfection, 2 chemins complètement différents l'un de l'autre. Ces deux voies sont les suivantes : 1°/ le libre choix (libre arbitre), et 2°/ la hachga'ha (Providence Divine).
La voie du libre choix exige d'une personne qu'elle étudie la Torah avec intensité jusqu'à ce qu'elle la connaisse entièrement, qu'elle la comprenne au mieux de ses capacités et qu'elle l'accomplisse à la perfection, avec des traits de caractère parfaits et un cœur pur, atteignant ainsi les niveaux du roua'h hakodech et de la névoua (prophétie).
La hachga'ha, quant à elle, est une voie différente pour atteindre la perfection - une voie plus profonde et plus complète. Cette voie, elle aussi, se trouve dans le cœur d'une personne ...
La voie de la hachga'ha transcende le libre arbitre d'une personne, mais elle aussi amène le cœur d'une personne à la perfection, lui permettant de mériter la vie éternelle ...
Ce chemin de la hachga'ha vient à une personne par la souffrance. Même pour une personne, ou une génération, au cœur de pierre, qui manque de sensibilité et de compréhension, il y a encore de l'espoir.
Même si la première voie du libre arbitre a été perdue, la seconde voie, celle de la hachga'ha, est toujours là...
C'est cette voie de la perfection, la hachga'ha, qui était à la disposition de la nation juive, même en Égypte. Les 86 années de servitude et d'exil ont amené le peuple juif à un état de grande préparation spirituelle. Malgré l'effondrement massif de la perfection de son libre arbitre au cours de ces années (les juifs avaient presque atteint le niveau d'impureté des égyptiens), il a progressé de plus en plus dans sa perfection de hachga'ha (grâce à leur souffrance du terrible esclavage).
Ce type de perfection, bien que méconnaissable à l'époque en raison de leurs actes, restait caché dans leur cœur, les préparant de manière à ce qu'ils soient prêts à se manifester et à s'actualiser à la première occasion qui leur serait donnée. Et en raison de la perfection innée que ces personnes avaient atteinte, il suffisait de quelques démonstrations de la vérité pour qu'elles rejettent le grand mode de vie erroné dans lequel elles étaient plongées.
Cela explique aussi une chose étonnante : les miracles qui ont eu lieu en Égypte et à la mer Rouge ont été vus par tout le monde, juifs et égyptiens. Pourtant, le peuple juif s'éleva du 49e niveaux d'impureté et chanta la chira (chant), expérimentant le plus haut niveau de prophétie ... continuant à grandir, niveau après niveau, jusqu'à ce qu'ils méritent de recevoir la Torah d'Hachem, lorsque Hachem leur parla, face à face, à un niveau similaire à celui de Moché Rabbénou.
Les égyptiens, en revanche, sont restés les mêmes. Même les meilleurs d'entre eux, ceux qui craignaient Hachem, méritaient de mourir (Mékhilta Béchala'h - chap.1) ; ils ont finalement poursuivi le peuple d'Israël pour le tuer.
Pourquoi en est-il ainsi? Pourquoi les juifs et les égyptiens ont-ils réagi aux miracles de la sortie d'Egypte de manière si diamétralement opposée?
La réponse est qu'une grande préparation est nécessaire pour pouvoir utiliser correctement un miracle.
Un miracle est une révélation, et pour l'accepter correctement, il faut un récipient adéquat.
La servitude (et ses souffrances atroces) en Égypte a préparé le peuple juif, en donnant à son cœur la capacité d'accepter ce que les miracles allaient révéler plus tard.
Tout était prêt, et lorsque Moché et Aharon vinrent révéler la parole d'Hachem au peuple, celui-ci crut immédiatement... Et après avoir vu les miracles, le changement des règles de la nature, ils ont grandi énormément, jusqu'à se débarrasser, en peu de temps, de tout ce qu'ils avaient absorbé en Égypte.
Et ce n'est pas tout : lorsqu'ils se sont retrouvés au mont Sinaï, ils avaient réussi à détruire tout le mal et toute l'impureté qui se trouvaient dans leur cœur, y compris même la "contamination/impureté de 'Hava", comme nous le disent les Sages (Avoda Zara 22b).
Le Ramban affirme que la sortie d'Egypte est la base à partir de laquelle nous pouvons apprendre la émouna, dans tous ses détails. La suspension des lois de la nature, qui était évidente pour tous dans les miracles de la sortie d'Egypte, a clairement prouvé qu'Hachem veille sur toutes les activités humaines, récompensant ceux qui respectent Ses mitsvot et punissant ceux qui ne les respectent pas. Il en va de même pour les autres principes de la foi.
Cependant, comme Hachem ne fait pas de miracles pour chaque individu et chaque génération, Il a choisi de montrer à une génération tous les principes de la émouna (celle d'Egypte).
Les paroles du Ramban sont étonnantes. Si Hachem devait choisir une génération dans l'histoire, Il aurait dû choisir la génération des Tanaïm et des Amoraïm, ou mieux encore, la génération des Néviim, à l'époque du Temple. Pourquoi Hachem a-t-il choisi une génération qui était plongée dans le 49e niveau d'impureté?
La réponse est oui, c'est précisément ce peuple qui a été choisi. Ces personnes, qui avaient fait l'expérience des souffrances et souffert de la grande dureté de l'esclavage, étaient celles qui étaient aimées d'Hachem.
Car rien ne purifie l'âme comme les souffrances. Il n'y a pas de préparation aussi parfaite que l'esclavage et l'exil. La génération qui fut en exil fut la génération choisie pour voir des miracles et les comprendre, grandissant énormément jusqu'à ce qu'elle atteigne la prophétie et accepte la Torah.
[ainsi, nous rappelons si souvent la sortie d'Egypte, pour nous rappeler que même si nous sommes en exil, que notre situation personnelle peut être compliquée, et bien toutes nos douleurs/souffrances, vont construire nous impacter positivement. A l'image des juifs en Egypte qui ont mérité d'être élevés au 49e niveau de pureté, de recevoir la Torah, la terre d'Israël, ... nos souffrances nous sont également positives et nous permettront d'atteindre une super éternité dans le monde à Venir, avec beaucoup de proximité avec papa Hachem.]
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-> Selon le rav Eliyahou Dessler (Mikhtav méEliyahou - vol.4) :
"Il y a de nombreux avantages qui découlent des souffrances, même lorsque la souffrance n'amène pas la personne à se repentir.
C'est comme le Guéhinam, qui purifie l'âme d'une personne, malgré le fait qu'après la mort, lorsqu'il n'y a plus de libre arbitre, il n'est plus possible de faire téchouva. Néanmoins, le feu du regret brûle la contamination/impureté de ses fautes.
Une autre façon dont les souffrances involontaires profitent à une personne est que le fauteur, ainsi que sa faute et sa punition, deviennent des réceptacles pour révéler le jugement d'Hachem dans le monde, car les gens le voient souffrir. Bien que le fauteur n'ait pas choisi cela, sa situation même provoque automatiquement cette révélation."
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-> Le rav Its'hak Sher souligne qu'au milieu de la souffrance, une personne n'est pas toujours capable de puiser force et réconfort dans des vérités intellectuelles qu'elle ne ressent pas dans son cœur. Dans ces moments-là, une seule pensée peut aider une personne à surmonter son épreuve : la prise de conscience qu'Hachem, son Père aimant dans les cieux, est l'auteur de sa souffrance, et qu'Il le fait pour le bien de cette personne et pour la purifier de ses fautes.
-> Dans les mots du rav Sher (Léket Si'hot Moussar - Chémot) :
En période de malheur, les pensées, aussi positives et nobles soient-elles, sont insuffisantes pour donner à une personne la force et le courage de supporter une situation difficile. Comment cela se fait-il?
Parce que le corps est plus fort que l'intelligence.
Lorsque le corps est écrasé par les souffrances, on n'a pas la présence d'esprit nécessaire pour écouter la voix de l'intellect.
Si une personne souhaite survivre indemne aux temps difficiles de l'exil et de la dissimulation Divine, il n'y a qu'une seule option : "Heureux l'homme que Tu châties, Hachem!" (Téhilim 94,11).
Une personne doit développer la croyance, une émouna que ses souffrances lui viennent de son Père céleste [et que leur but est de le purifier de ses fautes].
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+ En résumé :
-> Lorsqu'une personne fait une faute (avéra), elle crée une tâche spirituelle sur elle-même.
Cette tache doit être nettoyée : soit dans le Guéhinam, à travers d'immenses souffrances, soit à travers la douleur infiniment plus douce des souffrances dans ce monde.
C'est donc une grande bonté lorsqu'Hachem choisit de punir une personne alors qu'elle est encore dans ce monde.
[les souffrances sont à notre avantage et découlent de l'amour d'Hachem pour nous. ]