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Les bénéfices de nos souffrances (1ere partie)

+++ Les bénéfices de nos souffrances (1ere partie) :

+ Introduction :

-> Le rav 'Haïm Friedlander (Sifté 'Haïm - Moadim vol.2) écrit :
"Dans la guémara (Méguila 15b), les Tanaïm et Amoraïm donnent 12 raisons pour lesquelles Esther a invité Haman à son banquet. Après ce passage, la guémara nous dit que Rabba bar Avouha rencontra Eliyahou haNavi et lui demanda ce qu'Esther voulait vraiment. Eliyahou répondit qu'Esther avait toutes ces intentions à l'esprit.

Nous pouvons maintenant faire un kal vachomer : Si un être humain peut accomplir une action avec de nombreuses intentions différentes, chacune d'entre elles étant suffisante à elle seule, il en est d'autant plus le cas pour Hachem : combien de dizaines de milliers de raisons Hachem a-t-il pour tout ce qu'Il fait!"

=> Il nous est difficile d'imaginer qu'Hachem a plus d'une raison de faire quelque chose, et cela peut être le cas parce que nous projetons à tort nos propres limites sur Lui.
La vérité est qu'Hachem a de nombreux plans différents (dont la majorité dépasse actuellement notre entendement), qui sont tous mis en œuvre simultanément. Au début, cela peut être difficile à comprendre. Cependant, en y réfléchissant, nous pouvons facilement nous rendre compte que les décisions d'Hachem sont bien plus complexes que les nôtres.
Après tout, même Esther avait une multitude de raisons à l'esprit lorsqu'elle a lancé une simple invitation.
Lorsque nous considérons la grandeur d'Hachem, il devrait être clair que Ses voies, et les événements de notre vie, dépassent vraiment notre compréhension.

b'h, nous allons voir quelques enseignements de nos Sages sur les avantages que peuvent nous générer nos souffrances.

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+ Les souffrances améliore le caractère d'une personne :

-> Selon le rav Grodzinski (Torat Avraham) :
"Les souffrances perfectionnent l'âme d'une personne ... Elles affaiblissent le corps et ses désirs ...
Ses désirs sont diminués, tout comme ses envies d'honneur ; ses ambitions financières ne sont pas aussi élevées qu'elles l'étaient ...

La matérialité est la source de tous les traits de caractère négatifs.
Tous ces traits : la paresse, le désir physique/matériel, la soif de richesse et d'autres plaisirs terrestres, sont intrinsèques à l'être humain ; c'est ainsi qu'il a été créé. La nature physique d'un homme est donc la cause de tous ses désirs et traits de caractère ... se libérer de cette physicalité/matérialité est presque impossible ...
Il existe cependant un moyen très efficace de minimiser la nature matérielle d'une personne : les souffrances.
Les souffrances, même seules, affaiblissent les désirs d'une personne, la séparant lentement de ses attaches physiques.
En prenant conscience qu'il peut vivre sans plaisir matériel, sans tranquillité, sans égoïsme et sans honneur, ce qui est essentiellement superficiel, le malade se libère progressivement de l'esclavage de ses désirs, et sa vision étroite du monde s'élargit. Ses yeux s'ouvrent pour voir sa véritable essence, son riche moi intérieur.

Et tout comme l'abondance matérielle exacerbe l'orgueil d'une personne et lui fait oublier son Créateur, la réduction de ces choses lui permet de développer son humilité, en lui rappelant Hachem, qui a créé le monde et continue à le contrôler."

=> Lorsqu'une personne se rend compte de la croissance qu'elle connaît grâce à sa souffrance, il lui est beaucoup plus facile d'accepter sa situation. Il est extrêmement difficile de changer ses traits de caractère, et de nombreuses personnes négligent complètement de le faire.
Parce qu'Hachem nous aime et désire notre bien ultime, Il nous envoie des souffrances, qui développent notre caractère indépendamment de toute contribution de notre part. Et ce changement positif se produit relativement rapidement, contrairement au long chemin de l'amélioration personnelle.
Soudain, une personne devient moins égoïste et plus sensible aux besoins de son prochain. En outre, elle devient une personne plus spirituelle, moins esclave de ses désirs physiques. Toute cette croissance est un cadeau d'Hachem!

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-> Le rav Eliyahou Dessler (Mikhtav méEliyahou - vol.4) enseigne :
"Les souffrances présentent de nombreux avantages, même si elles n'amènent pas une personne à se repentir. Les souffrances réduisent le plaisir qu'une personne éprouve à fauter ; elles diminuent également son orgueil.

Une personne doit remercier Hachem pour toutes les souffrances qu'Il lui envoie, car ces souffrances sont très utiles pour briser les traits de caractère négatifs d'une personne et pour surmonter son yétser ara.
Ce n'est que grâce aux souffrances qu'il est possible d'entrer dans la "porte d'Hachem", comme il est écrit : "Voici la porte d'Hachem... Je Te remercie, car Tu m'as exaucé (Téhilim 118,20-21)."
Il ne faut pas lire ce mot comme "anitani" (Tu m'as répondu), mais plutôt comme "initatni" (Tu m'as affligé). Comme le dit le passouk : "Je te remercie, Hachem, de t'être mis en colère contre moi" (Yéchayahou 12,5).
Nos Sages nous disent également que "le monde à Venir (olam aba) ne s'acquiert que par les souffrances.

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+ Renforcer notre lien avec Hachem :

-> Les souffrances sont précieuses pour celui qui les considère comme des messagers d'Hachem.
Elles renforcent le lien entre une personne et son Créateur, l'élevant vers un monde tout en lumière, au-delà des pulsions du corps. Et c'est là toute la raison d'être de l'homme! Heureux est son sort.
['Hazon Ich - Kovets Igrot 'Hazon Ich 201 ]

[nos souffrances sont des messages Divin, et peuvent nous élever au-dessus de nos limites, devenant ainsi infiniment plus proche d'Hachem.
Cela va à l'encontre de ce que nous souffle notre yétser ara : si tu souffres, c'est que Hachem t'a abandonné, qu'Il ne t'aime pas, que tu n'es pas important à Ses yeux, ... ]

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+ Développer notre émouna :

-> De façon incroyable, le rav Its'hak Sher montre comment les juifs en Egypte ont énormément grandi grâce à leurs souffrances (provenant de leur terrible esclavage), au point de surpasser même Moché Rabbénou, et ce par leur capacité à accepter leurs souffrances sans se plaindre.

Le rav Sher (Léket Si'hot Moussar - Chémot) écrit :
"[Nous constatons que l'expérience des souffrances permet à une personne d'atteindre de grands sommets de perfection et de conscience d'Hachem].
La guémara (Shabbath 97a) rapporte que lorsque Moché dit à Hachem : "Ils ne me croiront pas et n'écouteront pas ma voix" (Chémot 4,1), Hachem lui répond : ''Ce sont des croyants, des enfants de croyants! Des croyants comme il est dit : "Et la nation crut" (Chémot 4,32). Des enfants des croyants, comme il est dit (à propos d'Avraham) : "Et il crut en Hachem" (Lé'h Lé'ha 15,6).
Nous voyons qu'à travers les souffrances qu'ils ont endurés, le peuple juif d'Egypte a atteint le haut niveau d'émouna qu'Avraham a atteint en reconnaissant Hachem.

Voyons à quel point le peuple juif a atteint un niveau élevé de émouna en Egypte.
Lorsque Moché vint annoncer au peuple juif qu'Hachem s'était souvenu de sa nation, "le peuple crut".
Moché et Aharon se présentèrent devant Pharaon, tandis que la nation entière attendait, espérant que le salut d'Hachem se produise instantanément. Pourtant, non seulement cela ne s'est pas produit, mais leur servitude est devenue encore plus difficile.
Désormais, le peuple ne recevait même plus de paille. Il était contraint de parcourir le pays pour se procurer ses propres matériaux de construction et remplir le quota de construction, faute de quoi ses enfants seraient tués et insérés dans les murs!
Pouvait-il y avoir un test de croyance en D. plus important que celui-ci?
Même Moché Rabbénou, prophète d'Hachem et agent de la Rédemption, se plaignit amèrement de la situation en disant : "Pourquoi as-tu fait du mal à cette nation?" (Chémot 5,22).
Le midrach (Chémot rabba chap.6) raconte que Moché fut critiqué par Hachem pour avoir remis en question Ses voies de cette manière ; en effet, Moché aurait été puni par l'Attribut du Jugement si Hachem Lui-même n'était pas intervenu et ne l'avait pas défendu en raison du fait qu'il n'était qu'un être humain (midrach Kohélet rabba - chap.7).

Quiconque y réfléchit est étonné : Moché, le plus grand des prophètes, qui n'était pas lui-même un esclave, a été pardonné de se plaindre parce qu'il n'était qu'un être humain ; que dire alors du peuple juif lui-même, qui a fait l'expérience personnelle du travail éreintant et qui n'a pourtant pas remis en question les voies d'Hachem.
N'étaient-ils pas eux aussi "seulement humains"?
Et cette épreuve de l'esclavage encore plus dur (ajoutant au malheur terrible de l'esclavage, la difficulté de parcourir l'Egypte pour trouver la paille nécessaire aux briques) ne dura pas seulement un jour ou deux, ou même trois, comme celle de l'Akéda (ligature d'Its'hak) ; elle dura toute la moitié d'une année!
Et non seulement cela, mais Moché, le messager de la rédemption, disparut soudainement ; il quitta le pays et retourna à Midiyan, y restant pendant toute la période de 6 mois! (midrach Chémot rabba - chap.5)
Pouvons-nous avoir une idée de la difficulté de cette épreuve de la émouna pour les juifs? [ils pensaient que Moché allait les aider et les délivrer, mais au final leur situation devint pire et Moché disparut on ne sait où. Ils auraient pu facilement se plaindre, remettre en cause les voies d'Hachem, ... ]
Pourtant, ils l'ont réussie : ils n'ont pas remis Hachem en question et lui sont restés fidèles. Comment ont-ils pu le faire?

Uniquement grâce au mérite des souffrances qu'ils ont endurés et qui les ont purifiés.
C'est pourquoi la guémara (Guitin 36b) dit que "ceux qui sont insultés et ne répondent pas à l'insulte, qui s'entendent déshonorer et ne répondent pas (une autre forme de souffrances), qui agissent par amour et acceptent leurs souffrances avec joie, à leur sujet, le verset dit : "Et ceux qui L'aiment sont comme le soleil qui se lève dans sa force" (Shoftim 6,3).
Les souffrances confèrent à une personne la capacité de résister aux épreuves les plus difficiles."

=> Le message du rav Sher est clair : lorsque nous traversons une épreuve difficile, il n'y a qu'un seul moyen infaillible de rester fort et de conserver une attitude positive. Nous devons nous concentrer sur le fait qu'Hachem nous donne ces souffrances par amour, et que ces souffrances nous nettoieront et nous raffineront, nous permettant de nous élever à des hauteurs formellement inaccessibles. C'est ainsi que le peuple juif en Égypte a pu résister au grand test de la émouna, continuant à croire en la rédemption d'Hachem en dépit, ou à cause, des années de servitude difficile qu'ils ont endurées.
Nous devrions prendre cela à cœur et réaliser que nous aussi, nous gagnons énormément en raffinement de caractère grâce à nos souffrances.

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+ Avoir une meilleure perception de la vie & réduire notre attachement à la matérialité :

-> Le rav Eliyahou Lopian développe que les souffrances ont le pouvoir de purifier une personne. Lorsque le corps d'une personne est affligé par la souffrance, son esprit devient moins attaché à la matérialité, ce qui permet à ses processus de pensée d'être de nature plus spirituelle. Il sera même capable de comprendre des choses qui lui échappaient auparavant.

Le rav Lopian (Lev Eliyahou - Mikets) écrit :
Prêtez attention au principe suivant, qui est une règle s'appliquant dans toutes les situations : De nombreux versets dans le Tana'h et des déclarations de nos Sages décrivent la grandeur des souffrances.
Nos Sages disent même que : "Celui qu'Hachem aime, Il le blesse avec des souffrances!" (guémara Béra'hot 5a).

La guémara (Béra'hot 5a) poursuit en relatant un autre enseignement :
"Reich Lakich dit : Le mot "brit" (alliance) est mentionné avec le sel (brit méla'h - Kora'h 18,9) ... et le mot brit est également mentionné avec les souffrances (Ki Tavo 28,69) ...Tout comme la brit mentionnée avec le sel implique que le sel purifie la viande, la brit mentionnée avec les souffrances indique que les souffrances purifient une personne de ses fautes."

L'idée que les souffrances "purgent les fautes" doit être comprise littéralement : la souffrance frotte la tâche de la faute et l'efface.
Lorsque le corps fait l'expérience de la souffrance, il se purifie jusqu'à ce qu'il soit pur et clair. Cela provoque l'éveil de l'esprit, qui se détourne des ténèbres auxquelles le corps et les pulsions naturelles sont soumis. En conséquence, la faute de la personne disparaît et elle est pardonnée.
De plus, maintenant que son esprit est libéré de l'obscurité de la matérialité, elle sera en mesure de comprendre des choses qui étaient auparavant au-delà de sa compréhension!

=> Une personne qui souffre doit réaliser que chaque seconde de souffrances en vaut la peine ; la douleur qu'elle éprouve efface littéralement ses fautes ! De plus, comme le lien de la personne souffrante avec son corps s'affaiblit, son esprit sera capable de saisir des idées qui étaient auparavant hors de sa portée.

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-> Selon le rav Eliyahou Dessler (Mikhtav méEliyahou - vol.1) :
"Quiconque a déjà fait l'expérience du goût des souffrances (à moins d'être extrêmement têtu et ancré dans son mauvais comportement), même s'il n'a pas fait de comptabilité spirituelle mais simplement une évaluation régulière de sa vie, de la même manière que quelqu'un ferait une évaluation de ses affaires, et est ainsi arrivé à la conclusion qu'il devait abandonner l'espoir de réaliser ses aspirations et ses rêves matériels, quiconque est arrivé à une telle position a senti comment ses fantasmes irréels de succès et de plaisir physiques, qu'il a retirés de son cœur, ont été remplacés par une conscience de la vraie réalité et de la spiritualité ...
Celui qui a vu ses fondations matérielles, qu'il croyait gravées dans la pierre pour des générations, s'effondrer complètement devant ses yeux [suite à des souffrances], qui a ainsi mérité de vivre simplement et de manière cohérente en abandonnant ce qui ne vaut rien et en ne trouvant sa force qu'auprès de son D., celui-là a déjà ressenti la puissance intérieure et le calme qui sont donnés à celui qui se fie à Hachem.

En effet, ce concept a été testé et éprouvé. Dans la mesure où une personne abandonne la poursuite des plaisirs du monde, elle est capable de percevoir la lumière de la vérité, la lumière du visage divin!
Des concepts qui lui étaient auparavant inimaginables, qui étaient au-delà de son niveau, lui sont maintenant révélés.
Même si la séparation d'avec les choses frivoles ne s'est pas faite de sa propre volonté, mais plutôt à travers les douleurs des souffrances, le départ de l'obscurité fait automatiquement apparaître la lumière. Car telle est la voie d'Hachem : "Je suis avec l'opprimé, et l'opprimé est avec Moi" (voir Sota 5a)."

=> Nous passons une grande partie de notre vie à courir après des choses qui nous sont extérieures. Pour certains, c'est l'argent qui les motive ; pour d'autres, c'est l'honneur. Souvent, les plans bien conçus d'une personne tombent à l'eau, ou bien elle perd des richesses et des biens qu'elle avait mis des années à accumuler. Dans ces moments-là, il convient de réfléchir à l'inutilité de la manière dont on dépense son énergie et sa vie.
Si [suite à des galères/souffrances], une personne est capable d'abandonner ses anciennes ambitions et de réévaluer ses priorités dans la vie, de nouveaux mondes spirituels s'ouvriront à elle, des mondes qui lui étaient auparavant inaccessibles.
Comme nous l'explique le rav Dessler, une grande partie de cette transformation se produit automatiquement ; la souffrance elle-même amène une personne à réévaluer ses priorités et ses désirs.

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+ Révéler les profondeurs du coeur :

->Alors que les pulsions physiques d'une personne sont diminuées par les souffrances, l'essence la plus profonde de son âme remonte lentement à la surface.
Il est désormais capable de crier à Hachem avec sincérité et dévouement comme jamais auparavant.

Le rav Eliyahou Lopian (Lev Eliyahou - Chevivé Lev) explique :
"J'ai entendu une explication de l'Alter de Kelm sur le verset : "Des profondeurs, je crie vers Toi, Hachem" (Téhilim 130,1).
Cela signifie que chaque individu a un endroit au fond de son cœur, à partir duquel il est constamment prêt et préparé à appeler au nom d'Hachem.
Cet endroit est cependant caché et recouvert par le matériel et l'attachement aux plaisirs du monde.
C'est pourquoi une personne doit creuser au plus profond d'elle-même et se débarrasser de cette matérialité ; alors, elle pourra atteindre "les profondeurs", et c'est de son âme même qu'elle criera vers Hachem.

Mais si une personne ne parvient pas à concentrer son esprit sur ce point et n'appelle pas Hachem du plus profond de son cœur, on lui envoie des "messagers", c'est-à-dire des souffrances, qui creusent profondément, entamant son intégrité physique ...
En fin de compte, d'une manière ou d'une autre, lorsque ce point au plus profond de son cœur est révélé, le résultat suivra : "Je t'appelle, Hachem!" "

[Hachem désire notre coeur. Ainsi, on peut s'épargner des souffrances, en faisant l'effort d'atteindre les profondeurs de notre coeur même lorsque tout va bien dans notre vie, faisant qu'Hachem n'aura pas besoin de nous envoyer des souffrances pour que venions à ouvert pleinement notre coeur. ]

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+ Les souffrances permettent d'atteindre la grandeur :

-> Le rav Shlomo Wolbe (Alé Chour - vol.2) enseigne :
"Essayons de comprendre la profondeur de la guémara (Shabbath 88b) suivante : "Les rabbins ont enseigné : Ceux qui sont insultés et n'insultent pas, qui écoutent les gens qui les déshonorent et ne répondent pas, qui agissent avec amour et sont heureux avec les souffrances, à propos de ces personnes, le verset déclare : "Et ceux qui L'aiment sont comme le soleil qui émerge dans sa force" (Shoftim 5,31).

Or, "le soleil émergeant dans sa force" est une description du soleil en pleine activité. Alors, si nous devions comparer une personne au soleil de cette manière, qui choisirions-nous?
Certainement quelqu'un qui accomplit des activités extraordinaires, qui réalise énormément de [belles] choses (une personne lumineuse, illuminant le monde)!
Pourtant, nos Sages nous révèlent une idée nouvelle : au contraire, celui qui est pleinement actif est précisément quelqu'un qui endure passivement les souffrances. Une personne qui supporte sa souffrance et qui s'en réjouit même, c'est en effet la personne la plus puissante!

[De même, nous trouvons dans la guémara ('Houlin 89a) : "Le monde existe par le mérite d'une personne qui garde sa bouche fermée pendant une dispute, comme il est dit : "Il suspend le monde à la blima" (Iyov 26,7). Le monde existe spécifiquement grâce à quelqu'un qui est silencieux (alors que naturellement il voudrait parler pour répondre à une offense). ]

Le monde regarde une personne qui souffre de souffrances simplement avec pitié ; personne ne la décrirait comme étant " puissante ". Pourtant, il se pourrait bien qu'une telle personne soit plus grande que l'homme qui accomplit de grandes choses!
Qu'Hachem nous protège des souffrances, mais nous devons savoir que quelqu'un qui a des souffrances, qui les supporte avec joie et qui n'est pas brisé par elles, est le plus grand des hommes.
Une personne allongée sur son lit de mort, sans aucune force, pourrait, à ce moment-là, être à un niveau spirituel plus élevé qu'elle ne l'a jamais été au cours de sa vie, alors qu'elle était occupée à faire de bonnes actions."

=> Le point de vue du rav Wolbe est très stimulant. Au lieu de succomber à des sentiments d'inutilité et de désespoir, une personne qui souffre doit savoir que dans sa situation actuelle, elle est capable de réaliser encore plus que lorsqu'elle s'engageait de manière productive dans la Torah et les mitsvot.

Le rav Wolbe donne l'exemple d'une personne mourant dans un lit d'hôpital. Mais son principe s'applique à toute personne qui subit des souffrances. Chaque individu a ses propres défis dans la vie, problèmes de santé, détresse émotionnelle ou autres obstacles qui l'empêchent d'atteindre ses objectifs.
Dans une telle situation, on peut choisir de réagir par une attitude de rejet, en devenant amer et en colère. Ou bien on peut choisir d'accepter ce qu'Hachem nous a donné, et atteindre des niveaux extraordinaires de pouvoir et de proximité avec Lui.

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+ Les souffrances permettent d'avoir une sensibilité accrue à l'égard des autres :

-> Le rav 'Haïm Chmoulévitz aborde un autre aspect : lorsqu'une personne fait l'expérience de la souffrance, elle est beaucoup plus à même d'être sensible à la douleur des autres.
C'est pourquoi la guémara considère qu'il est essentiel que le machia'h, le chef et le sauveur du peuple juif, soit un homme qui n'est pas étranger à la souffrance.

Le rav Chmoulévitz (Si'hot Moussar 18) écrit :
"En ce qui concerne les avantages et la valeur des souffrances, nous trouvons la déclaration suivante dans la guémara (Sanhédrin 98a) : "Où est assis le machia'h? À l'entrée de la ville. Quel est le signe que c'est lui? Il est assis parmi les pauvres qui souffrent de maladies. Tous les autres [les autres malades] ouvrent et remettent tous leurs bandages en même temps. [Chaque personne ouvre tous ses bandages en même temps, nettoie ses plaies, puis les referme]. Mais le machia'h, lui, n'ouvre et ne refait qu'un seul pansement à la fois".

Plus loin, la guémara (Sanhédrin 98b) dit : "Rav a dit : S'il est d'entre les vivants [si le machia'h est vivant], c'est quelqu'un comme Rabbeénou haKadoch ; s'il est d'entre les morts, c'est quelqu'un comme Daniel".
Rachi explique : "Si machia'h est quelqu'un de vivant, c'est certainement Rabbénou haKadoch, qui souffre de maladies et qui est très sévère. Si c'est quelqu'un qui est mort, alors c'est Daniel, qui a souffert d'être jeté dans la fosse aux lions et qui était parfaitement pieux".

Nous voyons ici que l'une des conditions requises pour être le machia'h est d'être un baal souffrances, qu'il s'agisse de souffrir parmi les indigents malades à l'entrée de Rome, ou des énormes souffrances de Rabbénou haKadoch ou de Daniel ...
Sa place n'est pas parmi les talmidé 'hakhamim engagés dans l'étude de la Torah dans le beit midrach, mais plutôt parmi les malades.

Il semblerait que la raison en soit que pour être le rédempteur du peuple juif, il doit ressentir sa douleur, et personne ne peut ressentir la douleur d'autrui comme un baal yissourrim (souffrances), car celui qui est rassasié ne peut ressentir la douleur de ceux qui ont faim ...

"Ressentir la douleur de quelqu'un d'autre" signifie partager sa douleur et ses problèmes. Une personne qui partage la douleur d'autrui mérite d'atteindre un niveau très élevé.
Le midrach (Kohélet rabba 7:2,4) raconte que les amis d'Iyov, qui sont venus le réconforter lorsqu'il souffrait, ont mérité de recevoir la prophétie et de voir leur nom mentionné dans la Torah. Il n'en va pas de même pour ceux qui ont participé au grand festin qu'Avraham a organisé lorsque Its'hak a été sevré ; leurs noms ne sont pas mentionnés et ils n'ont pas obtenu la prophétie.

=> La capacité de s'occuper pleinement de son prochain est très précieuse, mais très difficile à obtenir.
Tous les grands dirigeants du peuple juif ont été des modèles d'attention aux autres, depuis notre premier rédempteur, Moché Rabbénou, jusqu'au futur le machia'h.
En souffrant, cependant, même un simple juif peut accéder à cette précieuse midda. Il s'agit là d'un autre avantage incroyable des souffrances!

Les souffrances (3e partie)

+ Les souffrances (3e partie) :

4°/ Les punitions viennent sur nous avec une précision totale (100% mesurée et sous contrôle de D.) :

-> Le rav Yé'hezkel Levenstein souligne que même lorsque Hachem juge nécessaire de punir, Il n'envoie pas plus de souffrances que ce qui est absolument nécessaire. La personne reçoit exactement la quantité de souffrance nécessaire ; rien n'est aléatoire. En fait, au moment même où Hachem punit une personne dans un domaine, Il la couvre de bonté et prend soin de ses autres besoins.

Dans les mots du rav Levenstein (Ohr Yé'hezkel - Emouna) :
"L'essence de la émouna dans la sortie d'Egypte est la croyance en la "hachga'ha pratit" (la Providence Divine). Cela signifie qu'Hachem supervise et gère chaque détail de notre vie ...
Le verset dit : "Et comme [les égyptiens] ont affligé [les juifs], ils se sont développés et sont devenus forts" (Chémot 1,12).
La hachga'ha' pratit d'Hachem a toujours été présente, même pendant les périodes d'affliction et de douleur. En effet, tout est mesuré et pesé, même les souffrances, et personne ne reçoit plus de souffrance que ce qu'Hachem a décrété.
C'est pourquoi la volonté d'Hachem était que, pendant la période des souffrances, le peuple juif s'agrandisse et devienne fort.
Car Hachem ne cesse d'observer et de guider le monde, ne serait-ce qu'un instant!"

-> Le Steïpler ('Hayé Olam - vol.2,chap.13) écrit :
"Il faut savoir que les souffrances ne sont pas envoyés à une personne "plus ou moins" [de façon approximative], comme quelqu'un qui verse une grande quantité [qui ne prend pas soin d'être précis], mais plutôt avec une extrême précision.
Ceci est clair d'après la guémara (Arakhin 16b) qui dit que même si quelqu'un met sa main dans sa poche pour sortir 3 pièces et finit par n'en sortir que deux, ceci [c'est-à-dire le fait qu'il doive se donner la peine de remettre sa main dans sa poche pour sortir une autre pièce] est également considéré comme des souffrances.
Et dans la guémara (Avoda Zara 53a) : ... une maladie (souffrance) est établie avec un serment de l'heure précise où elle partira, ne restant pas un instant de plus.
Et dans la guémara ('Houlin 7b), il est dit : "On ne se cogne pas le doigt à moins que cela n'ait été décrété d'en haut".
Nous voyons ici que chaque détail des souffrances provient d'un décret spécifique de la Cour céleste.

Il faut également comprendre que les souffrances sont envoyées avec miséricorde [c'est-à-dire que dans ce monde Hachem considère une petite quantité de souffrance comme une grande quantité ].
Nos Sages (Sifri - Vét'hanan 6,5) ont également déclaré qu'Hachem dit : "Toi et ton cœur, vous savez que les fautes que vous avez commis et les souffrances que je vous ai donnés sont inférieurs à ce que vous méritez". [Car même un être humain, avec sa compréhension limitée, peut comprendre que, selon la stricte lettre de la loi, il mérite une punition bien plus importante que celle qu'il a reçue]. Mais Hachem, dans Sa grande miséricorde, considère le peu comme beaucoup."

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-> Le rav 'Haïm Chmoulévitz (Si'hout moussar 98) enseigne :
"Le Rocher! Son œuvre est parfaite, car toutes ses voies sont justes, un D. fiable, qui ne fait pas le mal" (Haazinou 32,5).
En décrivant les louanges d'Hachem, le verset dit qu'Hachem "ne fait pas de mal".
Le rav Its'hak Blazer demande : Quelle sorte de louange y a-t-il à dire que les jugements d'Hachem ne contiennent "aucune erreur" (qui ne fait pas le mal)? Les jugements des êtres humains ne doivent-ils pas eux aussi être exempts d'erreurs? Est-il permis aux gens de juger de manière incorrecte?

Le rav Blazer répond que, de par leur nature même, les jugements humains contiennent toujours une part d'erreur et de faute, même lorsqu'ils sont censés être exacts et justes. En effet, il n'est pas humainement possible de mesurer avec précision la gravité d'une faute. Il est également impossible de calculer exactement la peine que le fauteur mérite. Tout ce que le juge peut faire, c'est estimer, selon ses capacités [limitées humaine], la faute commise et la punition qu'elle mérite, et statuer en conséquence. [Les jugements d'Hachem, en revanche, sont calculés et administrés avec une perfection et précision totales].
C'est le sens de l'éloge selon lequel les jugements d'Hachem ne font "pas de mal", car les jugements d'Hachem sont tout à fait exacts, la punition étant absolument adaptée à la faute.

Nous pouvons ajouter à cela que l'exactitude des jugements d'Hachem ne se limite pas au fait que la punition corresponde exactement au crime (faute), mais qu'elle comporte également un aspect supplémentaire. En ce qui concerne les jugements d'Hachem, le verset déclare : "Les jugements d'Hachem sont vérité : ils sont parfaits tous ensemble" (Téhilim 19,10). Les commentateurs expliquent que le verset oppose les jugements d'Hachem à ceux d'un tribunal humain.
Dans un tribunal humain, le jugement ne prend en compte que le fauteur lui-même, bien que sa punition affecte indirectement d'autres personnes, telles que sa famille et ses amis. Parce que leur souffrance indirecte n'est pas prise en compte, ces personnes finissent par être punies elles aussi, sans qu'il y ait eu faute de leur part.
C'est parce qu'un juge humain n'est pas capable de prendre en compte toutes les personnes qui seraient affectées par la punition, mais seulement le criminel lui-même.
Les jugements d'Hachem, en revanche, qui sont "vrais et justes ensemble", prennent tout en compte. Ses punitions ne font souffrir personne qui ne mérite pas cette souffrance.
Il s'ensuit que si la femme et les enfants d'un individu ne méritent pas cette souffrance, Hachem ne le punira pas, malgré le fait qu'il la mérite.
[ainsi personne ne souffre directement ou indirectement, sans qu'Hachem ne le valide avec ]

Cette idée est également incluse dans l'affirmation du verset selon laquelle le jugement d'Hachem ne contient "aucune erreur", que même la souffrance de la famille et des amis d'une personne est mesurée avec précision.

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-> Nous devons cependant nous garder de considérer la récompense et le châtiment divins de la même manière lorsque nous analysons les événements de notre vie. Il est trop facile de tomber dans le piège inconscient de penser à Hachem en termes humains (l'homme est limité dans sa compréhension, dans ses pouvoirs, ...).
Si quelqu'un tombe malade, par exemple, nous pouvons conclure, d'une manière générale, qu'Hachem a voulu que cela se produise. Mais cela ne tient pas compte de l'ampleur et de la complexité de ce qui se passe. "Tomber malade" implique un grand nombre de détails. Quelles parties du corps seront touchées, à quel degré et pour combien de temps? Quel sera l'impact de la maladie sur le bien-être émotionnel du patient? Ses finances seront-elles affectées? Qu'en est-il de la famille du malade?
Il est clair qu'une maladie a une multitude de ramifications! Pourtant, tout cela, et bien plus encore, est pris en compte dans le jugement divin et exécuté avec une précision parfaite. La perfection d'Hachem n'exige rien de moins.

Lorsqu'Hachem prononce une sentence, le châtiment du fauteur est mesuré avec précision. Même lorsqu'il punit un individu, Hachem tient compte de tous ceux qui peuvent être affectés indirectement par cette punition. Personne n'est autorisé à souffrir injustement, même dans la moindre mesure.

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5°/ Hachem dépasse notre compréhension :

-> Lorsqu'une personne qui a de la émouna fait l'expérience de la souffrance, que ce soit chez elle ou chez les autres, elle essaie automatiquement de comprendre la raison d'Hachem derrière cette souffrance. Nous avons tous ce penchant ; il nous est très difficile d'accepter que certaines choses dépassent notre compréhension.

Le Ram'hal (Déré'h Hachem) précise :
"Il faut savoir que la véritable essence d'Hachem ne peut pas être saisie du tout. La seule chose que l'on puisse savoir, c'est que Son existence est parfaite et qu'il n'y manque rien. "

Ailleurs, le Ram'hal (Daat Tévounot 46 & 54 & 80) enseigne :
L'essence d'Hachem nous est totalement incompréhensible ... La règle est que tout ce qu'un homme peut imaginer dans ses pensées n'est certainement pas Son Essence, puisqu'Il est au-dessus de toute pensée ou idée, et n'a rien de comparable à celui d'une créature ...

Il faut savoir que chaque action d'Hachem est merveilleuse, infiniment large et profonde, comme il est dit : "Que Tes actions sont grandes, Hachem!" (Téhilim 92,6).
Même la plus petite des œuvres d'Hachem contient une sagesse si grande et si profonde qu'il est impossible d'en sonder complètement les profondeurs, comme il est dit : "Tes pensées sont très profondes" (Téhilim 92,6).
Il en ressort que nous ne pouvons pas du tout comprendre l'essence des actes d'Hachem ; seule leur apparence superficielle peut être vue, mais leur véritable nature intérieure est cachée.
En effet, la nature profonde de toutes les œuvres d'Hachem est une pure bonté, sans aucun mal, et à l'heure actuelle, cela ne peut certainement pas être vu ou compris ...

Hachem a de nombreux noms. Mais ces noms ne sont pas Son Essence, mais plutôt des descriptions de la façon dont Il se rapporte à nous ... car en raison de Sa perfection, il est impossible de se référer à Lui par un quelconque nom, puisque nous ne pouvons pas comprendre Sa perfection, et nous ne pouvons pas donner un nom à quelque chose que nous ne saisissons pas.
Tous les traits de caractère d'Hachem que nous mentionnons sont Ses actions ... Mais il ne faut pas croire que lorsque nous disons qu'Hachem est miséricordieux, c'est pour dire que Son Essence est miséricordieuse, de la même manière que nous dirions qu'un être humain est miséricordieux, c'est-à-dire qu'il est né avec une certaine nature ... il ne faut pas du tout penser ainsi, car il est totalement impossible de comprendre Hachem Lui-même.
Lorsque nous disons qu'Il est miséricordieux, nous voulons seulement dire qu'Il désire agir en utilisant un certain trait de caractère, c'est-à-dire le trait de la miséricorde, un trait qui ne Le décrit pas, mais plutôt la façon dont les êtres humains Le perçoivent ... Son Essence réelle, qui est entièrement parfaite, transcende certainement tous ces traits."

=> Hachem est au-delà de toute description, de tout ce que nous pouvons nous représenter dans notre esprit ou imaginer. Même nos descriptions de la perfection ne peuvent rendre compte de son essence, qui est fondamentalement inconnaissable.

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-> Puisque nous ne pouvons pas nommer ce que nous ne pouvons pas comprendre, il s'ensuit que les noms d'Hachem ne décrivent pas Son Essence, mais plutôt Ses actions. L'essence d'Hachem est inconnaissable ; nous ne pouvons comprendre que la façon dont Il se rapporte à notre monde.

Selon le rav 'Haïm de Volozhin (Néfech ha'Haïm 2,2) :
"Quelle que soit la petite compréhension que nous pouvons avoir d'Hachem, quels que soient les descriptions, les noms et les traits de caractère que nous utilisons pour L'appeler et Le décrire, comme nous le trouvons dans la Torah et dans nos prières, tous ne font que décrire la manière dont Hachem se connecte à l'univers et aux forces qui s'y trouvent depuis le moment de la Création : en les maintenant dans l'existence, en leur donnant la vie et en les contrôlant, selon Sa volonté, béni soit Son Nom."

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[souvent le plus dur dans une souffrance, c'est de ne pas comprendre la logique. Nous devons accepter que tous les aspects de la souffrance (durée, intensité, ...) sont décrétés par Hachem, qui est le seul à pouvoir la comprendre dans ce monde actuel limité, pour notre bien ultime. ]

Les souffrances (2e partie)

+ Les souffrances (2e partie) :

2°/ La bonté d'Hachem, toutes ses actions proviennent de Son amour pour chaque juif :

-> Hachem a créé le monde uniquement pour notre bénéfice, et non pour le sien. Hachem Lui-même n'a pas besoin de nous ni de nos actions ; que nous suivions la Torah ou non n'affecte que nous-mêmes.
Comme le dit le midrach (Béréchit rabba 44,1) : "les mitsvot ont été données dans le seul but de raffiner l'humanité".
Le Ramban (Ki Tétsé 22,6) explique : "La réalisation des mitsvot ne donne rien à Hachem, mais seulement à la personne qui les accomplit. Les mitsvot protègent une personne des dommages, des fausses croyances ou des mauvais traits de caractère, ou elles lui rappellent certains miracles accomplis par Hachem".
Puisque la seule motivation d'Hachem pour créer l'univers était la bonté, il s'ensuit que tout ce qui se passe dans le monde est bon. Même lorsque quelque chose semble mauvais, nous pouvons être sûrs qu'il s'agit en fait d'une bonté cachée qui provient de l'amour d'Hachem, même si le fait de savoir comment il en est ainsi peut, à l'heure actuelle, être au-delà de notre capacité à le comprendre (cela nous sera accessible qu'après notre mort, libre arbitre et limitations humaines obligent).

-> Le but de la création [de l'univers] était [le désir] pour Hachem de donner de sa bonté aux autres.
[Ram'hal - Déré'h Hachem - vol.1 , 2:1]

-> Nous savons qu'Hachem ne désire que faire le bien et qu'Il aime Ses créations comme un père aime son fils.
Cependant, cet amour même motive parfois le père à châtier son fils, afin qu'il en tire un bénéfice à long terme (pour son bien ultime). Comme le dit le verset : "car de même qu'une personne châtie son fils, de même Hachem, votre D., vous châtie" (Ekev 8,5).
Il apparaît que le jugement et la punition proviennent en fait d'une source d'amour.
La réprimande d'Hachem ne ressemble pas à l'attaque d'un ennemi en quête de vengeance, mais plutôt à celle d'un père qui désire ce qui est bon pour son fils.
[Ram'hal - Déré'h Hachem - vol.2 , 8:1]

=> Savoir que les souffrances proviennent de l'amour d'Hachem et qu'elles sont pour notre bien est très bénéfique.
Vivre avec des sentiments destructeurs de tristesse ou de colère contre Hachem est simplement une erreur. Dans la mesure où nous pouvons ressentir la vérité de ce concept, nous pouvons remplacer ces émotions négatives par une attitude optimiste et positive.

-> Ailleurs, le Ram'hal (Daat Tévounot) enseigne :
Le verset dit : "Comme une personne châtie son fils, Hachem, ton D., te châtie" (Ekev 8,5).
Cela signifie que la manière dont Hachem réprimande le peuple juif n'est pas une manière de se venger ou d'attaquer un ennemi, mais plutôt une manière d'aimer, car Hachem aime [chaque juif] comme un père aime son fils ...

Il en résulte deux avantages :
La réprimande [d'Hachem] elle-même, même lorsqu'elle est exécutée, n'est pas faite avec cruauté, mais avec une grande douceur ...
Puisque même lorsque Hachem punit Ses créations, Sa motivation sous-jacente est seulement d'être miséricordieux et de leur faire du bien, si parfois Il voit que celui qui est jugé ne peut pas supporter le jugement, Il le traitera avec miséricorde.

Comme nous l'avons dit, la réprimande d'Hachem vient de l'amour, comme le dit le verset : "Et le père qui aime son fils le châtie" (Michlé 13,24). Car un père qui aime son fils ne veut pas que son fils soit plein de mauvais traits de caractère. C'est pourquoi, parce qu'il l'aime, il développera une stratégie pour le traiter, avec une grande sagesse, jusqu'à ce qu'il prenne le bon chemin.
À partir de ce moment-là, "le père d'un juste est au comble de la joie" (Michlé 23,24) = le père se réjouit de son fils, qui chérit son père et accomplit sa volonté.

Nous voyons donc que l'amour du père le pousse à chérir son fils et à le récompenser largement lorsqu'il se comporte bien. Et c'est cet amour même, le désir de ce qui est bon pour le fils, et non de ce qui lui est nuisible, qui poussera le père à le punir s'il se comporte mal.
Cet amour incitera également le père à faire preuve d'équité dans la discipline de son fils : "La main gauche repousse, la main droite rapproche". (Voir Sotah 46a.).

=> La sensibilité avec laquelle Hachem nous inflige des souffrances reflète l'amour et la bonté qui Le motivent à le faire.
Contrairement à un monarque en colère qui s'acharne sur le serviteur qui lui a désobéi, les châtiments d'Hachem sont exécutés avec douceur et miséricorde.

Afin de considérer la souffrance sous le bon angle, le Ram'hal propose l'analogie suivante : il arrive qu'un médecin inflige une douleur à un patient afin de le guérir d'une maladie beaucoup plus grave. Il s'agit clairement d'un acte de compassion et non de cruauté. Si nous réalisions que les souffrances infligées par Hachem le sont pour la même raison, nous ne ferions que l'aimer davantage!

En ce sens le Ram'hal (Messilat Yécharim - chap.19) écrit :
"Nos Sages nous disent que "tout ce que fait Hachem est pour le bien" (Béra'hot 60b). Cela signifie que même la souffrance et les problèmes, qui semblent mauvais, sont en fait absolument bons.
On peut comparer cela à un médecin qui ampute le membre d'un patient afin de sauver le reste de son corps. L'acte du médecin semble cruel, mais il s'agit en fait d'un acte de miséricorde, réalisé dans le but d'améliorer la situation du patient à long terme. À l'égard d'un tel médecin, le patient ressent plus d'amour, et non moins!

Il en va de même pour Hachem. Lorsqu'une personne réalise que tout ce qu'Hachem lui fait, physiquement et financièrement, est pour son bien, même si elle ne peut pas voir ou comprendre en quoi cela est bon, alors aucune douleur ou difficulté ne diminuera son amour pour Hachem.
Au contraire, cet amour se renforcera et s'accroîtra constamment."

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-> Nous venons de voir que selon le Ram'hal lorsque Hachem punit un fils (un juif), ce n'est pas par désir de vengeance, mais plutôt comme une expression d'amour, pour aider cette personne à s'améliorer.
Ce principe est également énoncé par le rav 'Haïm de Volozhin (Roua'h 'Haïm 4,22) :
"La règle est qu'Hachem ne se venge pas comme les êtres humains, mais plutôt comme un père qui se soucie de son fils" (Michlé 3,12). Cela signifie que le désir d'Hachem de nous châtier est comme celui d'un père à l'égard de son fils.
De même qu'un père a pitié de son fils et ne veut pas le faire souffrir, mais qu'il le châtie néanmoins pour qu'il améliore son comportement, de même Hachem châtie ceux qu'Il aime."

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-> La façon de libérer son cœur de toute tristesse ou inquiétude concernant les choses du monde, même en ce qui concerne "les enfants, la vie et la subsistance", est de suivre l'enseignement de nos Sages selon lequel "tout comme une personne bénit Hachem pour sa bonne fortune, [elle doit aussi Le bénir pour son malheur]" (guémara Béra'hot 54a), ce que la guémara (Béra'hot 60b) explique comme signifiant que l'on doit accepter ses difficultés avec joie, tout comme on se réjouit d'une bonté qui est révélée et manifestement bonne. La raison en est que le malheur est également bon ; cependant, parce qu'il provient du "monde de la dissimulation", qui est au-dessus du "monde de la révélation", les êtres humains ne le reconnaissent pas comme tel.
[rabbi Shnéour Zalman de Liadi - Tanya - chap.26]

-> Dans le même ordre d'idées, le Tanya écrit ailleurs que tout ce qui arrive est bon ; parfois ce bien est révélé, d'autres fois il est caché. Comme nous l'avons vu précédemment, le bien "caché/dissimulé" est en fait beaucoup plus puissant et descend d'une source plus élevée.
[ce qui nous semble mal, souffrance, ... provient d'une source plus élevé : le "monde de la dissimulation", et ainsi d'une dose de "mal" apparent en réalité Hachem nous comble de bontés, beaucoup plus que de ce qui nous semble apparemment comme bien. ]

Le Tanya (Iguéret haKodech 11) enseigne :
"La vérité est que rien de mauvais ne vient d'en-Haut et que tout est bon, mais à cause de la grandeur et de l'énormité de ce bien, il n'est pas perçu comme tel.
Cette croyance est la principale émouna pour laquelle une personne a été créée."

-> Lorsqu'une personne subit une souffrance, elle ne doit pas la considérer comme mauvaise, car sa source est bonne, puisque seule la bonté parfaite vient d'Hachem, et rien de mauvais.
[rabbi Shnéour Zalman de Liadi - Likouté Torah - paracha 'Houkat 62a]

[ Hachem ne fait pas de mauvaises choses, lorsqu'un événement apparemment mauvais se produit, il doit, en réalité, être bon, même si nous ne pouvons pas voir pourquoi ou comment. C'est cela la vraie émouna, tout n'est que pour notre bien, même si sur le moment tout semble nous indiquer le contraire. ]

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-> L'Alter de Kelm note que même les punitions d'Hachem sont souvent données dans un "bel emballage", ce qu'une personne censée remarquera et appréciera.

Il écrit : Même lorsqu'un homme est jugé et puni avec douleur, il peut encore trouver le "beau papier d'emballage", les "épices odorantes" (comme avec Yossef dans la caravane pour aller en Egypte) qui accompagnent tout ce qu'il doit endurer. Même dans la punition elle-même, on peut trouver l'amour d'Hachem pour Son enfant unique, le peuple juif.

Dans l'extrait suivant, le Chofetz Chaim souligne à quel point l'amour d'Hachem est grand pour chaque juif - et que nous devrions particulièrement nous en souvenir dans les moments difficiles.
-> Il ne faut pas devenir amer face à une situation difficile. On doit plutôt puiser sa force auprès d'Hachem, car tout arrive d'Hachem, et l'amour d'Hachem pour une personne est plus grand que l'amour qu'elle pourrait se porter à elle-même.
['Hafets 'Haïm - Chem Olam - Epilogue]
[ Hachem peut tout, Hachem aime chaque juif plus que nous ne pourrions nous aimer, alors comment penser qu'il peut décréter une mauvaise chose sur nous. ]

-> "L'intensité de l'amour d'un père pour son enfant est bien connue ; elle dépasse même l'amour du père pour lui-même ... Nous pouvons donc déduire à quel point la miséricorde et la bonté d'Hachem sont grandes pour Son peuple, les juifs."
[rav Yé'hezkel Levenstein - Ohr Yé'hezkel - Emouna - p.224]

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+ En résumé :

-> Lorsque des difficultés surviennent, nous pouvons avoir l'impression qu'Hachem est en colère contre nous parce que nous avons fauté et que nous nous vengeons. Mais c'est une erreur : nos fautes n'affectent en rien Hachem.
La souffrance qu'Il nous envoie ne vient pas de la haine, mais plutôt de l'amour, d'un désir de nous aider, même après que nous ayons trébuché et que nous ayons besoin de Son aide.

En fait, une grande partie des difficultés rencontrées par les gens avec le concept de la punition d'Hachem provient du malentendu ci-dessus ; les gens pensent qu'Hachem réagit avec colère parce qu'ils Lui ont désobéi.
Comme nous l'avons expliqué, c'est précisément le contraire qui est vrai. Seul l'amour d'Hachem pour nous le pousse à nous infliger une punition, pour notre bien.
Connaître cette vérité change toute notre vision de la punition et de la souffrance, et en fin de compte, de nous-mêmes.

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3°/ La miséricorde d'Hachem s'applique même aux réchaïm :

-> Nous avons vu que la souffrance et la punition sont l'expression de l'amour d'Hachem pour chaque juif. Mais certaines personnes qui souffrent ont du mal à se sentir ainsi, elles sont convaincues d'être des "réchaim" (le yétser ara nous dévalorise pour nous faire désespérer).

-> Hachem avait de la bonté même envers les égyptiens :
Le rav Avraham Grodzinski explique comment les miracles qu'Hachem a accomplis en Égypte n'étaient pas seulement pour le bénéfice des juifs mais, chose choquante, également pour celui des égyptiens
En dépit de la méchanceté et de la cruauté avec lesquelles les égyptiens soumettaient le peuple juif, Hachem voulait qu'ils aient une chance de grandir et de faire téchouva. À cette fin, Hachem leur a envoyé des souffrances, qui ont le pouvoir de pénétrer au cœur de la personnalité d'une personne et de provoquer d'immenses changements positifs [sur notre attitude, personnalité].
Et c'est effectivement ce qui s'est passé. Le rav Grodzinski montre comment nous assistons à la croissance spirituelle continue de Pharaon et de sa nation.

Il enseigne ainsi (dans son Torat Avraham) :
"Tous les miracles de la sortie d'Egypte, qu'Hachem a accomplis pour enseigner au peuple juif la émouna et la hachga'ha (Providence Divine), ont également été accomplis pour enseigner ces idées à Pharaon et aux égyptiens, comme il est dit : "Et l'Égypte saura que Je suis Hachem" (Vaéra 7,5).
Au début, les "gyptiens n'avaient aucune connaissance d'Hachem. Pharaon demande : " Qui est Hachem, pour que j'écoute sa voix? Je ne sais pas qui est Hachem" (Chémot 5,2).
Mais peu de temps après, Pharaon dit : " Priez pour moi auprès d'Hachem" (Vaéra 8,4). Il connaissait donc Hachem, et il était également conscient du concept de la prière, et de la personne à qui il est le plus approprié de prier.
Peu après, Pharaon dit : " Hachem est le tsadik, et moi et ma nation sommes les réchaïm" (Vaéra 9,27). Pharaon comprend alors les concepts de tsadik et de racha, ainsi que le fait qu'Hachem est un tsadik et que lui, Pharaon, et sa nation, sont des réchaïm. Pharaon admettait ainsi sa faute et se repentait, ce qui lui valut une récompense.
Lorsque Pharaon a dit : "Allez sacrifier à votre Dieu dans le pays" (Vaéra 8,21), il s'agissait déjà d'une action partielle de repentir, et il reconnaissait également le concept des sacrifices.

Les égyptiens, eux aussi, ont connu une croissance spirituelle à la suite des plaies, niveau par niveau.
Certains d'entre eux devinrent "ceux qui craignent la parole d'Hachem" (Vaéra 9,20) ...
Comment ont-ils atteint ce type de croissance, un changement si radical de leur système de croyance, en si peu de temps?

La réponse est par les souffrances. Les miracles dont les égyptiens ont été témoins les ont fait souffrir, et c'est ce qui les a amenés à la perfection dans leurs croyances, quelque chose que les miracles seuls n'auraient pas pu accomplir ...

La perfection de la connaissance qui vient directement des souffrances n'exige pas la perfection du caractère. Au contraire, les souffrances elles-mêmes ont le pouvoir de percer la personnalité d'une personne et de parfaire ses connaissances. Il n'est pas nécessaire pour cela de briser les traits de caractère, même involontairement.
Au contraire, les traits de caractère d'une personne, et en particulier le plus puissant d'entre eux, l'amour de soi, rendront sa émouna forte et puissante, afin de revenir à un état de calme et d'éviter la souffrance qui entre en conflit avec cet amour [de soi].

Les 10 plaies n'étaient pas une vengeance pour le passé (pour ce qu'ils ont fait subir aux juifs), comme le sont les punitions humaines. L'intention d'Hachem était plutôt de rendre meilleurs les égyptiens grâce à ces plaies, qu'ils puissent reconnaitre qu'ils étaient réchaïm et faire téchouva, renvoyant les juifs de leur propre volonté.

D'ici nous pouvons voir la bonté infinie d'Hachem.
Hachem n'a pas seulement enseigné aux égyptiens le chemin de la émouna, avec tous ses détails, par le biais des plaies, malgré leur méchanceté (racha) totale, Il a même voulu leur donner la perfection d'un repentir complet et la clarté de Le connaître.

Même au moment où les égyptiens poursuivaient les juifs dans la mer, Hachem attendait qu'ils fassent téchouva ; peut-être, dans le feu de l'action, alors que la mer se déchaînait devant eux, auraient-ils une pensée de téchouva complète et seraient-ils sauvés."

=> Nous avons vu comment l'amour d'Hachem s'étend à chaque juif, et en fait à toute l'humanité. En ce sens même les cruels égyptiens, qui ont affligé le peuple juif d'un amer esclavage, ont eu l'occasion de faire téchouva, car Hachem se soucie de toutes Ses créations.
Ce concept est également souligné par le rav Yé'hezkel Levenstein, qui citant nos Sages, souligne que lorsque ces réchaïm d'égyptiens se noyaient dans la mer Rouge, Hachem souffrait, pour ainsi dire.
Même si Hachem a puni les égyptiens avec les 10 plaies, il l'a fait dans un esprit de miséricorde, en leur donnant la force de survivre miraculeusement à chaque plaie et l'occasion de faire téchouva.
Ainsi, nous voyons que la bonté infinie d'Hachem s'étend même aux non-juifs, aux réchaïm et aux moments de punition divine. C'est pourquoi elle s'applique d'autant plus à Ses enfants bien-aimés (chaque juif, même le plus fauteur)!

-> Le rav Levenstein (Ohr Yé'hezkel) écrit :
L'Alter de Kelm s'inspirerait de la déclaration de nos Sages (Méguila 10b) selon laquelle, lors de l'ouverture de la mer Rouge, les anges voulaient chanter pour Hachem, mais Hachem leur a dit de ne pas le faire, en disant : "Mes créations se noient dans l'océan, et vous chantez?"
Les anges, ayant vu la bonté d'Hachem et l'ouverture miraculeuse de la mer Rouge, voulaient chanter et Le louer, mais Hachem les en empêcha, car lorsque Ses créations meurent dans l'océan, ce n'est pas le moment de chanter. Hachem souffrait (si l'on peut dire) pendant que les égyptiens étaient punis!

Nous voyons ici que même si l'ouverture de la mer Rouge a été un moment de punition pour les égyptiens, la miséricorde et la bonté d'Hachem n'ont pas cessé pour autant.
La bonté d'Hachem est si grande qu'à ce moment, Il était pour ainsi dire dans la douleur et le deuil, et qu'il était donc inapproprié de chanter.

En fait, cela va encore plus loin. Même lorsque Hachem punit, la punition elle-même, malgré sa sévérité, est donnée avec miséricorde.
Cela est évident dans les plaies de la sortie d'Egypte, où, bien qu'Hachem ait infligé des punitions sévères, Il a néanmoins limité la sévérité de la souffrance en raison de Sa miséricorde.
A titre d'exemple, prenons la plaie des grenouilles, où il est dit "et en toi et en ton peuple, les grenouilles entreront" (Vaéra 7,29), ce que Rachi explique comme signifiant que les grenouilles sont entrées dans leurs estomacs et ont coassé.
Cela devrait nous amener à nous demander : comment les égyptiens sont-ils restés en vie après une telle épreuve?

Mais la réponse est comme nous l'avons dit. Même les punitions d'Hachem proviennent d'un lieu de bonté illimitée.
C'est pourquoi la plaie a été pesée avec précision, pour punir les égyptiens et les faire souffrir, mais en même temps pour les maintenir en vie et ne pas les tuer.
Cela était vrai non seulement pour la plaie des grenouilles, mais aussi pour les autres plaies. Si l'on y réfléchit, on s'aperçoit que le fait que les égyptiens aient survécu à chaque plaie est en soi un véritable miracle, qui atteste qu'Hachem prenait soin d'eux, malgré le fait qu'ils continuaient à Lui désobéir, en ignorant les plaies et les avertissements.

Or, en avertissant les égyptiens avant chaque plaie, Hachem leur donnait de multiples occasions de faire téchouva. En réalité, parce qu'ils ont ignoré ces avertissements et ont continué à Lui désobéir, leur faute s'est aggravée et ils ont mérité une plus grande punition, ainsi dans un sens, les avertissements qu'ils ont reçus ont finalement aggravé leur situation.
Néanmoins, Hachem, dans Son infinie miséricorde, a choisi de leur donner ces avertissements, car ils auraient pu en tirer profit.

C'est ce que reflètent les paroles du prophète : "Rejetez toutes vos fautes ... de dessus vous, et faites-vous un cœur nouveau ... Car je ne veux pas que l'homme meure, mais qu'il se repente de sa méchanceté, qu'il se repente et qu'il vive!" (Yé'hezkel 18,31-32).
Hachem se lève et plaide, pour ainsi dire, avec les méchants : "Levez-vous et faites téchouva! Faites-vous un cœur nouveau ..."

En fait, il est explicite dans les versets que les plaies de la sortie d'Egypte étaient aussi pour le bénéfice des égyptiens. Lors de l'ouverture de la mer Rouge, le verset dit : "et les égyptiens sauront que Je suis Hachem" (Béchala'h 14,4).
Nous voyons clairement que le but de l'ouverture de la mer Rouge était que les égyptiens reconnaissent que "Je suis Hachem". En dépit du fait que les égyptiens étaient complètement méchants (réchaïm), Hachem a défié les lois de la nature et a ouvert la mer dans le seul but de leur donner cette connaissance.
Et bien qu'ils n'obtiennent cette reconnaissance qu'au dernier moment de leur vie, Hachem la considère si importante qu'Il accomplit un miracle pour la leur accorder.
Tout cela est dû au désir infini d'Hachem de faire du bien même aux pires réchaïm, tout en infligeant les punitions les plus sévères, car Ses miséricordes ne s'épuisent jamais et Il essaie d'améliorer la vie des gens sur le long terme.

Après avoir constaté à quel point la bonté d'Hachem s'étend à tous, nous pouvons maintenant faire un kal va'homer : Hachem est si bon même envers les réchaïm non-juifs qui sont punis, parce que chaque être humain a la stature d'avoir été créé à l'image de D., comme il est écrit : "bien-aimé est l'homme, car il a été créé à l'image de D." (Pirké Avot 3,14).
Cette seule raison est suffisante pour qu'Hachem traite chaque être humain avec une miséricorde et une bonté infinies.
A plus forte raison, cela s'applique au peuple juif, dont la stature est encore plus élevée que celle des nations, puisqu'il est dit que "le peuple juif est précieux, car il est appelé les enfants d'Hachem" (Pirké Avot 3,14).
L'intensité de l'amour d'un père pour son enfant est bien connue ; elle dépasse même l'amour du père pour lui-même. Nous pouvons donc déduire à quel point la compassion/miséricorde et la bonté d'Hachem sont grandes pour Son peuple, les juifs."
[rav Levenstein - Ohr Yé'hezkel]

Les souffrances (1ere partie)

+ Les souffrances (1ere partie) :

1°/ Réaliser qu'Hachem fait tout exister et gère chaque détail de notre vie. Rien n'arrive sans cause, et Hachem est la cause de tout :

-> "Le principe de tous les principes [de chaque juif] et le pilier de toute sagesse est de savoir qu'il existe un Être qui a précédé toute chose, et qu'Il est la cause de l'existence de tout ce qui existe".
[Rambam - Hilkhot Yessodé haTorah 1:1]

-> "Il est clair et bien connu que la croyance en la conscience d'Hachem de tout ce qui se passe dans ce monde, ainsi qu'en Sa gestion de toutes les choses, à la fois de manière générale et spécifique, est fondamentale dans la Torah de Moché Rabbénou. Car celui qui nie la connaissance qu'a Hachem de certains êtres, ou le contrôle qu'Il exerce sur eux, nie la Torah tout entière ...
Nous devons croire qu'Hachem est conscient, dans le détail, de chaque individu, qu'il soit haut ou bas [dans la société], de ses actions et de ses pensées, dans le passé, le présent et l'avenir, qu'Il est celui qui les crée, leur donnant leur existence à partir du néant le plus total.
[Ramban - Introduction à Iyov]

-> À partir des grands miracles dévoilés, une personne en vient à croire aux miracles cachés, qui sont à la base de toute la Torah. En effet, on ne peut avoir une part dans la Torah de Moché que si l'on croit que tout ce qui nous arrive est un miracle.
Ce qui nous arrive, tant au niveau collectif qu'individuel, n'est pas simplement la nature qui suit son cours. Au contraire, si quelqu'un réalise une mitsva, il reçoit une récompense, et s'il fait une faute (avéra, il sera puni. Tout est conforme au décret de l'Être suprême.
[Ramban - Bo 13,16 ]

=> le Ramban enseigne qu'Hachem guide le monde en fonction des actions des gens. Toutes nos actions nous affectent donc, que ce soit positivement ou négativement.
Notre monde ne fonctionne pas avec des miracles ouverts ; au contraire, les événements de notre vie semblent être très naturels. Cependant, derrière le voile de la nature, Hachem s'arrange pour que chaque individu fasse l'expérience de ce qu'il mérite, en fonction de ses actions.

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-> Lorsque nous disons qu'Hachem est Un, il ne suffit pas de comprendre qu'Il est Un dans Son existence ... Nous devons également comprendre qu'il n'y a pas d'autre pouvoir que Lui, qu'il n'y a pas d'autre chose qui contrôle Son monde, ou tout autre être dans Son monde, en dehors de Lui, et qu'il n'y a rien qui puisse L'empêcher de faire quoi que ce soit, ou empêcher Sa volonté, et que Son contrôle est unique et complet.
[Ram'hal - Daat Tévounot 36]

=> Il s'ensuit que tout malheur qu'une personne subit vient uniquement d'Hachem, et que Lui seul peut apporter le salut d'une personne, de la manière qu'Il souhaite. Seul Hachem a le pouvoir d'influencer notre vie. [Hachem est Un!]

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-> "De même qu'au moment de la Création de tous les mondes, Hachem, avec Sa puissance infinie, les a tous créés et les a fait naître du néant, de même, depuis lors, chaque jour et littéralement à chaque instant, leur existence, leur ordre et leur subsistance dépendent entièrement du fait qu'Hachem choisit, à chaque seconde, de leur insuffler une force et une vitalité nouvelles. Si Hachem devait s'en priver ne serait-ce qu'un instant, tout retournerait immédiatement au néant ...

C'est pourquoi Hachem porte le nom d' "Elokim", qui signifie "Celui qui contrôle tous les pouvoirs". Il leur donne constamment leur puissance et leur force, et ils dépendent continuellement de Lui pour les faire changer et arranger leur ordre, selon Sa volonté, béni soit-Il."
[rav 'Haïm de Volozhin - Néfech ha'Haïm 1:2]

=> Notre univers semble être un monde de constantes et de prévisibilité. Il est "naturel" que le soleil se lève et se couche, que les gens respirent, que les arbres poussent. Le temps s'écoule, chaque instant n'étant rien d'autre que la continuation de l'instant précédent.
Le rav 'Haïm Volozhin nous enseigne que le contraire est vrai, que rien n'est "naturel". Il n'y a pas d'évidence dans notre monde. À chaque instant, l'univers, avec tous ses détails complexes, est recréé. La Création du monde est un processus continu.
Le passé ne dicte pas l'avenir. Si le temps semble s'écouler naturellement, c'est parce qu'Hachem a conçu les choses de cette manière, dissimulant ainsi la recréation qui s'opère en permanence.
[Hachem est impliqué à chaque seconde derrière toute chose de ce monde. ]

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+ Rien n'existe si ce n'est Hachem :

-> Le rav Yé'hezkel Levenstein (Ohr Yé'hezkel - Emouna) enseigne :
Les yeux d'une personne l'incitent à voir la nature comme si elle fonctionnait toute seule, et on ne réfléchit pas à sa véritable essence et à sa signification ...

Nous devons plutôt savoir ce que le Ram'hal (Daat Tévounot) écrit :
"Celui qui croit en l'unicité d'Hachem, et qui comprend ce que cela signifie, doit croire qu'Hachem est Un et le seul ; que rien ne peut L'empêcher d'accomplir Sa volonté de quelque manière que ce soit. Au contraire, c'est Lui seul qui gouverne tout. Cela signifie que non seulement aucune force ne peut agir contre Lui, mais qu'Il est Lui-même Celui qui crée le bien et le mal, comme le dit le verset : " Celui qui façonne la lumière et crée les ténèbres, qui fait la paix et crée le mal, Je suis Hachem, qui fait tout cela" (Yéchayahou 45,7).

Il nous semble qu'il existe un ordre naturel, qu'il y a une cause et un effet, chaque cause ayant un effet spécifique. Cela nous fait penser qu'il existe des "lois de la nature" qui dictent la façon dont les choses doivent fonctionner. Cependant, nous devons réaliser que la réalité est que tout est de la main d'Hachem ; tout est spirituel, sans aucune place pour la matérialité.
Le fait qu'il semble y avoir de la matérialité dans le monde est l'une des merveilles d'Hachem. Mais la vérité absolue est qu' "il n'y a rien d'autre pour Lui", nulle part.
Dans l'univers entier, il n'existe rien d'autre que la spiritualité. C'est Sa seule volonté qui maintient le monde dans l'existence.
Ce n'est que pour les êtres humains, dont la perspective est limitée, que le monde semble contenir une réalité physique/matérielle et un ordre naturel.

Pour en revenir au verset de Yéchayahou, selon lequel Hachem "fait tout cela", le Ram'hal explique que cela signifie que "non seulement il n'y a pas d'ange ou de puissance secondaire aux commandes, mais Hachem supervise en réalité chaque partie de la création dans ses moindres détails. Rien n'est créé dans Son monde si ce n'est par Sa volonté et par Lui ...".

[Après avoir développé ce thème, le rav Levenstein conclut :]
La vérité est qu'il n'y a aucune réalité dans le monde en dehors de Sa volonté.
De même que nous comprenons que les miracles n'ont pas de cause naturelle, de même l'essence même de la nature est un miracle. La seule différence entre les deux est que les miracles sont manifestement surnaturels, alors que la nature semble être réelle, pour les êtres humains, avec leur compréhension limitée de la réalité.

L'émouna complète va bien au-delà de la croyance fondamentale en l'existence d'un Créateur qui a créé l'univers tout entier.
Même les nations païennes y croient généralement... À plus forte raison, la nation juive, à laquelle Hachem s'est adressé personnellement à Har Sinaï, n'est pas étonnée d'avoir un lien naturel avec la émouna ! En outre, il suffit d'un peu de contemplation pour voir clairement que le monde a un Créateur et un Guide.
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La émouna complète va bien au-delà de la croyance fondamentale en l'existence d'un Créateur qui a créé l'univers tout entier.
Même les nations non-juives y croient généralement ... À plus forte raison, la nation juive, à laquelle Hachem s'est adressé personnellement au mont Sinaï, n'est pas étonnée d'avoir un lien naturel avec la émouna. En outre, il suffit d'un peu de contemplation pour voir clairement que le monde a un Créateur et un Guide.

Mais plutôt, le principal défi pour parvenir à une emouna complète est de travailler à reconnaître la fausseté de la relation "de cause à effet" ; de réaliser qu'il n'y a aucune cause dans le monde en dehors de la volonté d'Hachem. Et non seulement il faut se rendre compte de manière générale que la relation de cause à effet est fausse, mais il faut aussi se détacher complètement de toutes les "causes" qui occupent les pensées des gens.
Une personne doit connaître ces principes et vivre selon eux, en acceptant que ces "causes" n'existent pas du tout et que l'idée que nous contrôlons notre propre vie est complètement absurde.
Ce principe est le principal domaine de la avoda. C'est aussi la raison pour laquelle nous avons reçu tous les prières et bénédictions (béra'hot), pour inculquer en nous le principe qu'il n'y a rien, même dans l'univers matériel, en dehors d'Hachem, c'est-à-dire qu'il n'y a pas d'existence ou de réalité pour les "causes", ... [à chaque seconde, derrière toute chose il y a un décret d'Hachem le permettant d'exister, d'agir, ... ]

Et c'est là notre principale réussite en matière d'avodat Hachem : savoir et comprendre qu'il n'y a aucune réalité dans le monde en dehors d'Hachem ...
Il est donc clair que la simple reconnaissance de l'existence d'un Créateur du monde ne constitue pas encore une emouna complète/totale.
Même si une personne croit en Hachem, si elle se permet également de croire en d'autres "causes", elle n'accepte pas pleinement l'unicité d'Hachem, qui exige que nous reconnaissions que même le mal n'a pas d'existence indépendante et que toutes les "causes" sont des illusions.

=> Le rav Levenstein nous enseigne que croire uniquement en Hachem en tant que Créateur du monde n'est pas une émouna totale que l'on exige de nous en tant que juifs. En effet, la plupart des gens dans le monde partagent cette croyance fondamentale.
Ce que nous devons avoir, c'est une émouna plus forte et plus complète. Nous devons reconnaître qu'Hachem est conscient d'absolument chaque détail, de chaque événement qui se produit dans l'univers.
Et non seulement Hachem est conscient de tout ce qui se passe, mais Il est aussi le Créateur et le Guide de tout ce qui se passe, dans les moindres détails. Rien d'autre n'a le moindre pouvoir, et cela inclut les êtres humains.
À moins qu'Hachem ne le veuille, personne ne peut nous donner quoi que ce soit ou nous priver de quoi que ce soit.

Le monde naturel semble fonctionner selon les lois de cause à effet. Mais lorsque nous comprenons que tout dans la vie est en réalité l'expression de la volonté d'Hachem, nous réalisons que ces "causes" ne sont pas la véritable cause de ce qui se passe. Avoir une émouna complète consiste à voir dans toute chose une seule cause première possible : Hachem.
[un juif n'a jamais le sentiment d'injustice, d'être laissé tout seul face aux difficultés de la vie. Hachem est constamment là, s'occupant au mieux du moindre détail de notre vie. ]

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+ En résumé :

-> Tout comme Hachem est l'unique Créateur du monde, Il est l'unique Cause et Guide de tout ce qui se passe dans le monde. Chaque moment de notre vie, chaque détail, est provoqué et guidé par Hachem. Il en va de même pour tout ce qui se trouve dans l'univers. Chacun des 86 milliards de neurones du cerveau, chaque brin d'herbe, chaque battement de cœur humain et animal, les billions d'étoiles de l'univers, tous sont constamment recréés et guidés par Lui.

Cela nous amène à une vérité surprenante : il n'existe pas de cause "naturelle" (c'est le hasard, la naturalité des choses!). En tant qu'êtres humains, nous sommes habitués à considérer le monde comme un lieu de causes et d'effets naturels. Cependant, nous devons nous rendre compte que ce n'est qu'une apparence. En réalité, il n'existe pas de cause naturelle.
Les "causes" que nous voyons masquent le fait que c'est Hachem qui fait tout (Il est derrière 100% des choses du monde).

Lorsqu'une personne apprécie cette vérité, elle s'aperçoit qu'une grande partie de ses soucis disparaît.
Pourquoi une personne devrait-elle se préoccuper de la multitude de facteurs qui pourraient l'affecter, alors qu'elle sait qu'en réalité, Hachem est le seul facteur, qui contrôle totalement chaque détail de sa vie?

Nos Sages nous disent que la Présence Divine (Chékhina) est descendue en Egypte pour partager la moindre douleur/souffrance des Bné Israël, comme il est écrit : "Dans toutes leurs souffrances, Il souffre aussi" (Yéchayahou 63,9).
Puisque la Chékhina a souffert avec eux, alors leurs 210 années d'exil ont été comptées 2 fois : une fois pour eux-mêmes et une fois pour la Chékhina, pour un total qui dépasse les 400 années d'exil qui leur avaient été imposées.
C'est pourquoi leur guéoula a eu lieu avant le temps fixé.
[...]

"Dans toutes leurs souffrances, Il souffre avec" = en partageant les souffrances des Bné Israël, Hachem a apporté leur rédemption avant le temps fixé.
[ rabbi Yaakov Abou'hatséra - Dorech Tov ]

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[l'idée que Hachem est constamment avec chaque juif, que la moindre douleur qu'on ressent Il l'a ressent également, nous montre à quel point nous sommes importants aux yeux d'Hachem, qu'Il se préoccupe de nous, à quel point Il a conscience des difficultés que nous traversons.
Certes on doit éviter de causer des souffrances inutiles car nous ferions souffrir Hachem, mais on doit avoir en tête que Hachem souffre avec nous, dont un des buts est de rapprocher la guéoula, ce moment de pleine retrouvaille. ]

Souffrances – non-juifs & juifs

+ Souffrances - non-juifs & juifs :

=> Pourquoi les nations vivent-elles dans la tranquillité alors qu'elles sont autorisées à persécuter une nation? Pourquoi le peuple juif est-il le seul à souffrir d'une douleur et d'une misère incessantes?

-> Le 'Hafets 'Haïm compare cela à 2 individus marchant ensemble la nuit dans l'obscurité, au milieu d'une tempête de neige, et ils se sont égarés. Ils errèrent jusqu'à ce que leur énergie soit épuisée et qu'ils s'effondrent. La neige continua à tomber et ils furent bientôt ensevelis sous une épaisse couche de neige.
Le lendemain matin, ils ont été retrouvés non loin de la ville. Les gens les ont immédiatement libérés de leurs tombes gelées et les ont transportés à l'hôpital. Le médecin les a examinés et a immédiatement commencé à réchauffer l'un des patients, à le gifler et à lui masser vigoureusement les membres.

Quelqu'un observa le traitement du médecin et dit : "Regardez, 2 corps ont été amenés ici, et cet homme blesse l'un d'eux et le maltraite avec une cruauté implacable. C'est de la discrimination pure et simple, ou peut-être un acte de vengeance bizarre!"
"Imbécile !", lui dira-t-on. "Le médecin a examiné les 2 patients et a déterminé que l'un d'eux était mort de froid et qu'il n'y avait aucune chance qu'il soit réanimé, donc il ne le traite pas du tout. L'autre a un faible pouls, ce qui signe qu'il est encore en vie, et le médecin fait tout ce qu'il peut pour rétablir la circulation du patient et augmenter sa température corporelle".

Telle est notre situation. Les nations sont "gelées" et rien ne peut être fait pour les ranimer. Pourquoi leur infliger des souffrances si elles ne leur apportent rien?
Mais le peuple juif est vivant. Nous avons juste besoin d'être réchauffés et ranimés par un vigoureux "massage" de souffrance pour faire circuler notre sang [spirituel] ...
[Si'hot hé'Hafets 'Haïm - vol.2, p.38 ]

Chacune de nos souffrances vient d’en-Haut

+ Chacune de nos souffrances vient d'en-Haut :

-> Selon le 'Hafets 'Haïm, lorsqu'une personne éprouve de la souffrance, elle doit savoir qu'elle vient d'en-Haut. La seule façon de s'en débarrasser est de se tourner vers Hachem par la prière, d'appeler à l'aide et d'intensifier l'étude de la Torah et les mitsvot.

Ceux qui pensent que la souffrance est due à quelque chose qu'ils ont eux-mêmes fait et qui essaient par tous les moyens autres que de se tourner vers Hachem pour y mettre fin, sont stupides. Ils sont comme un prisonnier portant des menottes en fer, et au lieu de supplier le juge d'alléger sa peine, ils se tortillent et se débattent, bougeant dans tous les sens, agitant les bras dans tous les sens pour essayer d'enlever les menottes. Rien de ce qu'il fait ne l'aidera.
Tout ce qu'il réussit à faire, c'est de se tordre le dos, tandis que les menottes lui entaillent la peau, laissant des cicatrices sur ses poignets.

La raison pour laquelle une personne éprouve de la souffrance/douleur, par exemple, si quelqu'un l'insulte et la maudit, c'est parce qu'elle a la possibilité d'expier ses fautes, comme le disent nos Sages à propos du verset : "Considère cela dans ton cœur" (Vaét'hanan 4,39) = que ce sont tes fautes qui te maudissent (midrach Dévarim rabba 2:27).
Même si quelqu'un vous frappe volontairement, cela aussi devait arriver et vient [forcément avec l'accord] du Ciel. [cette personne devra évidemment rendre des comptes à Hachem]

En provoquant ces événements, Hachem nous fait une faveur, car c'est ainsi que nos fautes peuvent être expiées.
Si une personne accepte pleinement cela, elle ne verra pas la nécessité de répondre à quelqu'un qui l'insulte. Au contraire, elle remerciera Hachem de lui avoir donné l'occasion d'expier ses fautes.
Comme le disent nos Sages (guémara Shabbath 88b) : "Ceux qui sont insultés mais ne répondent pas, qui s'entendent injurier mais ne répondent pas, qui agissent par amour et se réjouissent de la souffrance, c'est d'eux qu'il est écrit : "Que ceux qui l'aiment soient comme le soleil lorsqu'il est dans sa plus grande force" (Shofim 5,31)."
['Hafets 'Haïm - Dougma miSi'hot Avi 22 ; Chem Olam chap.3]

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-> " Je te rends grâce car Tu m'as répondu, Tu as été mon sauveur" (Téhilim 118,21)

Le Beit haLévi interprète les mots : "Je Te remercie car Tu m'as répondu" (odé'ha ki anitani - עֲנִיתָנִי), selon la connotation de "inouï" (עינוי), de souffrance : "Je Te remercie de m'avoir infligé des souffrances.
Il deviendra clair rétroactivement que la souffrance que nous avons vécue était en elle-même notre salut (vatéhi li lichouva - Tu as été mon sauveur).

-> Le rav Aharon Leib Steinman enseigne :
En ce qui concerne les souffrances que nous avons déjà endurées, nous devons les considérer comme une bonne chose, car la douleur est déjà passée, et il ne vous reste plus que ses mérites. [on prie pour ne plus en avoir dans le futur. ]
[...]
Il est écrit : "Je Te remercie pour ce que Tu m'as fait souffrir" (Odé'ha, ki anitani - Téhilim 118,21).
La première phrase se situe au passé (anitani). La phrase suivante se lit : "vatéhi li lichoua", ce qui signifie littéralement : "Tu deviendras pour moi un salut" = nous remercions Hachem pour les souffrances qu'Il nous a infligées dans le passé, car elles nous apporteront le salut dans l'avenir.

-> b'h, voir également : https://todahm.com/2017/12/11/notre-relation-avec-les-souffrances

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-> Cinquante années d'étude de la Torah et de service d'Hachem ne peuvent pas lier une personne à Hachem aussi bien que le fait d'accepter la souffrance avec amour.
[rav Shnéour Zalman de Liadi - le Baal haTanya]

-> Le Steïpler a reconnu que le fait de souffrir est difficile à supporter, mais il a souligné que les souffrances passées ont une grande valeur et deviennent une source de bénédiction.
Après la guérison, la douleur ressentie précédemment par un malade équivaut à une fortune en mérites. [Kréna déIgarta]
[en ce sens, il est écrit : "les souffrances sont précieuses" ('havivim yissourim - guémara Sanhédrin 101a)]

Les souffrances

+ Les souffrances :

-> Le 'Hafets 'Haïm comparait la souffrance à une personne souffrant d'une brûlure. Le médecin lui dit de mettre son doigt sous l'eau froide.
L'eau lui fait encore plus mal, mais elle guérit la brûlure.
C'est ainsi que la souffrance guérit les tâches de l'âme.

Le 'Hafets 'Haïm raconte qu'une fois, le Gaon de Vilna parlait à ses talmidim des rigueurs de Guéhinam.
Il leur a dit que nous ne pouvons pas imaginer ne serait-ce qu'un iota la gravité des châtiments du Guéhinam, et ce pour la plus petite des fautes.
Quiconque en parle, comme l'auteur de Réchit 'Hokhma et les livres de moussar, n'a pas décrit ne serait-ce qu'une goutte de l'océan de la vérité.

Lorsque son talmid entendit cela, il trembla et eut très peur jusqu'à ce qu'il s'effondre et soit alité.
On vint dire au Gaon de Vilna que son talmid était malade. Il lui rendit visite et lui demanda ce qui n'allait pas. Il expliqua que sa peur des châtiments du Guéhinam l'avait rendu malade.
"Tout ce que j'ai dit, lui dit le Gaon de Vilna, est tout à fait correct. Mais en plus des fautes d'une personne, ils prennent également en compte toutes les souffrances auxquelles elle a été confrontée dans ce monde, et une grande partie des fautes sera déduite de la souffrance et de la douleur.
Sans cela, nous ne serions même pas capables de retrouver nos bras et nos jambes dans le monde d'en-Haut!"
['Hafets 'Haïm - Si'hot hé'Hafets 'Haïm 27 ]

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-> Une personne souffre terriblement dans ce monde de maux physiques et de maladies spirituelles, et elle se plaint amèrement de son sort.
Mais lorsqu'elle monte au Ciel et recevra la grande récompense pour tous les problèmes qu'elle a subi, elle réalise leur valeur, et se lamente de ne pas avoir souffert davantage!
Comme le commente le midrach (Dévarim rabba) à propos du verset : "Souvenez-vous des jours d'autrefois" (Haazinou 32,7) : "Hachem dit : Tant que je vous apporterai de la souffrance dans ce monde, souvenez-vous de tout le bien et de toute la consolation que je vous apporterai à l'avenir".
['Hafets 'Haïm - Ma'hané Israel - chap.13 ]

Seul Hachem connaît la mission de chaque individu dans le monde entier. Il connaît le but et les défis de chacun et sait comment chaque personne pourra gagner la vie éternelle.
"Il n'y a pas d'individu que Hachem ne mette à l'épreuve" (midrach Iyov 28).
Certains sont mis à l'épreuve par la pauvreté, d'autres par la richesse, d'autres encore par des souffrances indicibles, et d'autres enfin sont testés pour voir s'ils se rebelleront dans une vie calme et sans histoire.

Chaque personne reçoit ses épreuves en fonction de la nature de son âme et des domaines dans lesquels elle a besoin d'une réparation (tikoun).
[même si l'herbe peut sembler plus verte ailleurs, nous avons avec précision ce qu'il nous faut pour notre mission sur terre. ]
['Hafets 'Haïm - Ma'hané Israïl - chap.13]

Les mitsvot & souffrance = extraire les étincelles de sainteté

+ Les mitsvot & souffrance = extraire les étincelles de sainteté :

-> Le Tsla'h écrit que les conséquences spirituelles de la faute originelle d'Adam ont été que des étincelles de sainteté ont été dispersées à travers le monde.
La mission du peuple juif est de retrouver ces étincelles de sainteté et de les reconnecter à leur source (voir aussi Ohr ha'Haïm - Ki Tétsé 21,11).

Le 'Hida (Maarit haAyin - Pessa'him 87b) écrit que lorsqu'un juif étudie la Torah, accomplit les mitsvot, ou fait face à un certain degré de souffrance dans un endroit où se cachent les étincelles de sainteté éparses, les étincelles saintes peuvent être spirituellement éveillées par sa présence en ce lieu.

Dans cette veine, conclut le 'Hida, une personne peut se rendre dans un endroit lointain en pensant que c'est pour son propre bénéfice ou ses besoins personnels, mais en réalité, Hachem l'a orchestré parce que son âme a la capacité unique d'extraire les étincelles cachées dans cet endroit, et c'est la véritable raison pour laquelle il a été guidé là-bas.

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-> Nos Sages de la Kabbale (ex: Kav haYachar chap.7) écrivent que : "le but de l'étude de la Torah est de faire le tri des étincelles Divines, les saintes étincelles qui ont été capturées par des forces impures et se sont égarées ainsi du chemin de la Sainteté. Il faut les ramener, les réunir, et leur redonner leur sainteté originelle."

Grâce à la Torah et aux mitsvot, de génération en génération, nous pouvons libérer toutes ces particules de sainteté jusqu'au dévoilement total du Royaume Divin sur terre.
[...]

Grâce à l'étude de la Torah, la Chékhina, l'assemblée d'Israël s'élève ...
L'étude de la Torah a ce pouvoir de les tirer des endroits obscurs où les particules de sainteté originelles sont descendues.
[...]

Grâce à notre victoire sur son mauvais penchant (yétser ara), on libère le bien et ses dérivés qui étaient prisonniers de l'ange du mal depuis la faute de Adam.
[...]

Dans les temps futurs, Hachem enlèvera au mauvais penchant son pouvoir, c'est pour ainsi dire "l'égorger" (guémara Soucca 52), c'est-à-dire qu'Il retirera de lui cette nuance de vitalité qui est une étincelle Divine qui lui donnait la vie l'existence. Et ainsi toute la création sera parfaite ...

Notre tâche dans ce monde est de réunir toutes les étincelles saintes qui sont descendues, de les parfaire et de les ramener à leur endroit initial, d'égorger (de vaincre) son mauvais penchant à tout jamais afin de pouvoir se tenir "vivant" devant D. et ainsi vaincre tout ceux qui nous veulent du mal.
"Ce jour-là Hachem règnera sur le monde entier, tout le monde reconnaîtra qu'il est le Maître suprême et Son Nom sera Un".
Hachem et Son Nom ne sont qu'Un et aucune autre force que Lui règne dans ce monde (Zé'haria 14,9).
Ce jour-là toutes les nuances de la Sainteté seront réunies et parfaites.

[ Ohr ha'Haïm haKadoch - Tsav 37-38]