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Les mots nous unissent à Hachem

-> Les lettres de l’étude de la Torah et de la prière sont les vecteurs de l'union (dvekout) avec Hachem. Il faut concentrer ses pensées et son être le plus profond sur la spiritualité la plus profonde qui réside dans les lettres.
Tel est le sens profond du verset : "Qu’Il m’embrasse des baisers de Sa bouche" (Chir haChirim 1,2), qui fait référence à l'union des âmes (Zohar II,124b), comme le laisse entendre le verset : "Si tu te couches entre les lèvres" (Téhilim 68,14).
[ce verset est interprété ainsi dans le Tikounei Zohar, cité par rabbi Moché Cordovéro - Pardes Rimonim 8,13 ]

Ainsi, lorsqu’on prolonge la prononciation d’un mot, c’est le signe qu’on ne fait plus qu’un avec lui, puisqu’on ne veut pas quitter ce mot.
[Baal Shem Tov - Kéter Shem Tov 44]

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-> Les lettres hébraïques sont en réalité des symboles des secrets spirituels les plus profonds de la Création, et servent de canaux pour transmettre ces énergies spirituelles au monde.
Toutes ces différentes énergies symbolisées par les différentes lettres proviennent en fin de compte toutes d'Hachem, et sont donc différentes expressions de l’Unique.
Si l’on est capable de pénétrer profondément dans un état méditatif où les lettres et les mots que l’on prononce sont vécus comme les différentes expressions de la sagesse et de l’amour divins qu’ils sont en réalité, on s' "unit" alors avec Hachem, comme par un baiser, puisque notre bouche humaine prononçant ces mots ne fait alors plus qu’un avec celle d'Hachem, pour ainsi dire.

-> Rabbi Na'hman de Breslev (Likouté Moharan I 65,2) dit que, bien qu’il faille passer d’un mot de prière au suivant, chaque mot invite celui qui l’exprime à rester avec lui en dvekout (union, attachement).
La solution, dit Rabbi Na'hman, consiste à faire de toute la prière un "tout", ce qui signifie que l’état de dvekout atteint avec chaque mot doit être maintenu tout au long de la prière, de sorte que même lorsqu’on a atteint le dernier mot, on est toujours avec le premier.

Cet état de conscience ne peut être atteint que lorsque l’on a effectivement atteint un certain niveau d’ "Unité", où l’esprit et l’être tout entier ne font qu’un avec Hachem, et où les lettres et les mots individuels sont vécus comme différentes manifestations de l’Unique.

Ouvrir son intériorité au divin

-> Avant de se mettre à l'étude, nos sages avaient coutume d'échanger quelques mots légers (de plaisanterie), afin de libérer leur esprit d'un état restreint de katnout (conscience immature) et de s'élever vers un état élargi de gadlout (conscience mature).
[la guémara Shabbath 30b, rapporte qu'avant de commencer à enseigner aux Sages, Rabba lançait une plaisanterie, et ils riaient. Finalement, avec crainte (בְּאֵימְתָא וּפָתַח), il s'asseyait et commençait son enseignement. ]

Car il existe des états restreints et élargis dans les dimensions du monde, du temps et de l’âme. Lorsque le monde est dans un état de conscience élargie, on peut se rapprocher d'Hachem très facilement, tandis que lorsque le monde est dans un état de conscience restreinte, il faut alors lutter énormément pour se rapprocher d'Hachem.
[Baal Shem Tov - Kéter Shem Tov 77]

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[on voit qu'il est nécessaire d'avoir des actions, des mots, qui vont contribuer à libérer notre monde spirituel interne.
A l'image de Rabba qui générait de la joie par de l'humour, puis s'asseyant dans la crainte d'Hachem mettait à profit son bon état d'ouverture à la spiritualité, lui permettant de davantage se rapprocher d'Hachem. ]

Notre force dans la prière nous unit avec Hachem

-> Lorsque tu pries, garde à l’esprit qu'Hachem réside dans ces lettres.
Cela signifie :
Nous ne savons pas ce qu’une personne pense tant qu’elle ne s’exprime pas. Il s’ensuit donc que la parole est un vêtement pour la pensée. Dis-toi donc : "Je prépare un vêtement pour un si grand Roi ; il est donc tout à fait normal que je le fasse avec joie."
Prononcez donc les mots de toutes vos forces, car cela créera l’unité avec [Hachem], béni soit-Il.
Comme votre force réside dans la lettre[s], et qu'Hachem, réside dans la lettre [s] [de nos prières], vous êtes donc unis à [Hachem], béni soit-Il.
[Baal Shem Tov - Tsava'at haRivach - 108]

Prononcer le nom divin avec crainte

"Vous ne profanerez pas Mon saint Nom" (Emor 22,32)

-> Rabbénou Yona (Shaaré Téchouva 3,61) écrit que si une personne prononce le Nom d'Hachem sans révérence (crainte, grand respect), elle enfreint l’interdiction de ce verset.
Il écrit :
"Sachez que la perte et la destruction que l’on trouve le plus souvent dans l’âme des masses sont dues à la parole, car ils prononcent le Nom du Ciel en vain, et ils le prononcent également sans la crainte qui lui est due."

Nous prononçons le Nom de Hachem des centaines de fois chaque jour, et si nous ne prenons pas soin de le prononcer avec révérence, nous risquons de transgresser une interdiction de la Torah et de profaner le Nom de Hachem à chaque fois que nous le prononçons.
[rav Moché Sternbuch]

Parfois, on peut réciter les prières avec amour et crainte, et une grande hit'lahavout (ferveur ; enthousiasme ardent), sans bouger du tout, de sorte qu’à un autre, on puisse sembler qu’on prononce les mots sans aucune dvékout (attachement à D.).
[Lorsqu’on est fortement attaché à Hachem], on peut Le servir avec l’âme [seule], avec un immense et grand amour [d'Hachem].
C’est là la meilleure forme d’adoration. Elle se déroule plus rapidement, avec un plus grand dvékout envers Hachem, que la prière qui est visible extérieurement dans les membres.
La klipa (force du mal) ne peut s’attacher à cette prière [idéale], car elle est entièrement intérieure.
[Baal Shem Tov - Tsava'at haRivach - 105]

Soyez toujours joyeux. Pensez et croyez avec une foi parfaite que la Chékhina est à vos côtés et veille sur vous.
Vous regardez le Créateur, et le Créateur vous regarde.
Le Créateur peut faire tout ce qu'Il désire. S'Il le veut, Il peut détruire tous les mondes en un seul instant et les créer en un seul instant. En Lui sont enracinées toutes les bonnes choses et tous les jugements du monde, car Son effusion et Sa vitalité sont en toutes choses.
Ainsi, "Je ne fais confiance qu'à Lui, et je ne crains que Lui".
[Baal Chem Tov - Tsavaat haRivach - n°137]

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-> "Gardez à l'esprit que le Créateur vous regarde aussi comme le fait une autre personne. Cela doit être constamment présent dans votre esprit, avec une pensée pure, claire et lucide."
[Likoutim Yékarim - sect.209 ; Kéter Shem Tov - sect.232]

-> [La capacité] de toujours voir le Créateur avec l'œil de l'esprit, même lorsque l'on regarde une autre personne, est un niveau élevé [de réalisation].
Gardez à l'esprit que lorsque vous êtes continuellement dans un état de pensée pure et claire, alors le Créateur vous regarde aussi comme le fait une autre personne.
[Baal Chem Tov - Tsavaat haRivach - n°134]

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[Un juif n'est jamais seul, abandonné à lui-même. Au contraire, tout juif est un enfant unique d'Hachem, qui Lui est extrêmement précieux, en témoigne le fait qu'Hachem regarde et porte attention constamment à chaque juif. ]

Amour et crainte d’Hachem

Ceux qui servent Hachem par crainte et par amour possèdent certainement toutes les bonnes qualités.
De telles personnes méritent que même les anges du char divin les protègent.
[Le nom de ces anges sont : ] Ouriel, Rafael, Gavriel, Michael et Nouriel.

Chacun de ces anges est appelé "charé" (responsables - שרי) car chacun a sous ses ordres un certain nombre [d'anges] chefs et d'officiers.
Ces anges protègent et gardent tous ceux qui craignent D. et servent Hachem avec amour.
[rabbi Yaakov Abou'hatséra - Pitou'hé 'Hotam - Yitro 18,21 ]

+ "Parce que Moi, Hachem, Je ne change pas, vous aussi, enfants de Yaakov, n'avez pas été anéantis" (Mala'hi 3,6)

-> Rachi explique que l'amour d'Hachem pour nous (chaque juif) n'a jamais cessé [et ne cessera jamais, de façon inconditionnelle].

Le lien d’amour entre Hachem et Son peuple

+ Le lien d'amour entre Hachem et Son peuple :

-> Le lien entre le peuple juif et Hachem est si fort que s'il se détournait d'Hachem, à D. ne plaise, sa trahison serait comparable à celle d'une femme infidèle à son mari. Tout comme un mari trompé se sent profondément blessé et très en colère, Hachem est lui aussi irrité lorsque nous abandonnons notre relation unique avec Lui.
Le Ramban explique cela dans son commentaire sur les versets des 10 Commandements : "Tu n'auras pas d'autres dieux devant Moi ... Car Je suis Hachem ton D., le Seigneur qui est jaloux, ..." (Yitro 20:3-5).
Il écrit : "La raison de cette jalousie est le fait qu'Israël est le trésor d'Hachem qu'Il a mis de côté pour Lui-même ... Or, si Son peuple de serviteurs se tourne vers un autre dieu, Hachem agira avec jalousie, comme un mari jaloux de sa femme qui va avec d'autres hommes, ou comme un maître jaloux de son serviteur qui sert un autre maître. La Torah ne décrit pas Hachem comme jaloux lorsqu'elle fait référence à d'autres nations qui servent les corps célestes."
[on ne peut pas appréhender le divin, néanmoins, cela témoigne en terme que nous comprenons de la réalité : tout juif est très important, aimé, par Hachem. ]

-> A l'inverse, Hachem désire énormément que nous soyons proches de Lui, comme l'a exprimé le Alchikh Hakadoch dans la kinah qu'il a composée pour tikoun 'hatsot : "Hachem dit : Je vous ai aimés, tout Mon salut et tout Mon désir est de vous aimer à nouveau. Revenez à moi et je reviendrai à vous. C'est Moi, c'est Moi qui vous consolerai."

-> L'intensité de l'amour d'Hachem pour Son peuple qui observe la Torah et les mitsvot et accomplit de bonnes actions est décrite dans Shir Hachirim (6,5). Hachem dit : "Détourne tes yeux de moi, car ils Me submergent."
Le Alchikh Hakadoch explique que c'est comme si quelqu'un disait à sa bien-aimée : "Détourne tes yeux de moi, car cela suscite en moi des émotions insupportablement intenses."
Telle est l'intensité de l'amour que Hachem nous porte, à nous (chaque juif), Son peuple qui suit Ses voies saintes.

-> C'est peut-être la raison pour laquelle les kérouvim, qui représentent le lien d'amour entre Hachem et Son peuple, ne se faisaient face que lorsque Hachem était satisfait de nous, mais lorsqu'Il était en colère contre nous, ils se détournaient l'un de l'autre (guémara Baba Batra 99a).
S'ils avaient continué à se faire face même lorsque Hachem était en colère, l'amour intense que cela aurait suscité aurait, pour ainsi dire, interféré avec la punition que la colère de Hachem exigeait. Ce n'est qu'en se détournant de nous que Hachem a pu infliger une punition à la nation juive.

La guémara (Yoma 54b) semble contredire cette idée, car elle raconte que lorsque nos ennemis sont entrés dans le Saint des Saints du Temple, ils ont trouvé les kérouvim entrelacés.
Cependant, les Richonim, citent le Ri Migach qui dit que c'était un miracle spécial qu'Hachem a accompli à ce moment-là, car Il voulait que les ennemis trouvent les kérouvim précisément dans cet état.
De même, nous constatons que tout au long des années d'exil, Hachem nous cache Sa face (astèr astir panav - Vayélé'h 31,18), car sinon, toutes les souffrances du long exil ne seraient pas possibles.
Si Hachem nous regardait directement, l'amour écrasant que cela susciterait ne Lui permettrait pas d'infliger les souffrances nécessaires pour expier nos fautes et nous élever aux sommets que nous atteindrons à la fin des temps.

-> Le Ohr Ha'haïm hakadoch (Vayélé'h 31,17) explique le verset "Et Je leur cacherai Ma face ... et ils diront en ce jour-là : "C'est parce que la présence d'Hachem n'est pas parmi moi que ces mauvaises choses m'arrivent"" : ils reconnaîtront que toutes leurs souffrances ne sont possibles que parce que la face d'Hachem leur est caché, mais si Sa présence était parmi eux, cela susciterait une pitié si intense que toutes leurs souffrances prendraient fin brusquement.

-> Le Daat Zékénim (sur וְהִסְתַּרְתִּי פָנַי מֵהֶם) ajoute :
Le fait qu'Hachem nous cache Sa face est un signe d'amour. C'est comme un fils qui s'est mal comporté et dont le père demande à son mentor de le fouetter pour lui donner une leçon. Le père quitte cependant la pièce, car il ne supporte pas de voir son fils bien-aimé souffrir.

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-> Selon le Zohar (Raaya Méhemna Vayikra 101a), nous trouvons ce qui suit au sujet du grand amour de Hachem pour le peuple juif : "Le jour de Roch Hachana est le jour du jugement (de la rigueur) ... Or, Hachem aime la justice, comme le dit le verset : "Car Je suis Hachem qui aime la justice" (Yéchayahou 61,8).
Néanmoins, l'amour d'Hachem pour Ses enfants (les juifs) l'emporte sur Son amour pour la justice".
C'est pourquoi Hachem a de la compassion (miséricorde) pour nous et nous traite avec charité, même si cela contredit quelque peu la justice.

-> Parce qu'Hachem aime tant le peuple juif, Il réorganise l'ordre de la Création rien que pour eux, comme l'explique le midrach Tan'houma (Béchala'h 20) :
"Rabban Shimon ben Gamliel dit : Voyez combien Israël est aimé par Hachem, qui a réorganisé la Création pour eux. Il a inversé le royaume supérieur et le royaume inférieur rien que pour eux. Dans le passé, le pain sortait de la terre et la rosée descendait du ciel, mais maintenant [dans le désert], leur pain descendait du ciel et la rosée montait de la terre.
"Je ferai pleuvoir du pain pour vous [du ciel]" (Béchala'h 16,4). "La couche de rosée s'éleva" (Béchala'h 16,14)."

De même, le Tan'houma (Toldot 8) dit : "David s'écria : "Tu as fait beaucoup, Tu es Hachem mon D. ; Tes merveilles et Tes pensées sont pour nous (les juifs), et nul n'est comparable à Toi" (Téhilim 40,6) = Toutes Tes merveilles et Tes pensées sont pour nous, pour notre bien."

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-> En raison de l'amour immense d'Hachem pour le peuple juif, comme Il l'a proclamé "Je vous ai aimés, dit Hachem" (ahavti ét'hem, amar Hachem - Mala'hi 1,2), Il prononce leur nom cinq fois dans un seul verset.
"J'ai donné les Lévi'im à Aharon et à ses fils, parmi les Bné Israël, pour accomplir le service des enfants d'Israël dans le Michkan, et pour faire l'expiation pour les Bné Israël. Afin qu'il n'y ait pas de blessure pour les Bné Israël lorsque les Bné Israël s'approchent du lieu saint" (Béaaloté'ha 8,19).
Rachi commente : "Pour montrer à quel point ils sont aimés, le nombre de fois où leur nom est répété dans un seul verset est le même que le nombre des cinq livres de la Torah".

-> Sur le verset "Et tu aimeras Hachem ton D." (Vaét'hanan 6,5), Rabénou Bé'hayé demande pourquoi n'est-il pas dit "vé'hachakta" (et tu désireras Hachem ton D. - וחשקת), au lieu de "vé'ahavta" (et tu aimeras - וְאָהַבְתָּ), puisque "désirer" fait référence à un niveau d'amour plus élevé, un amour obsessionnel?
Il répond que si nous étions ordonnés de "désirer" Hachem d'un amour obsessionnel, il n'y aurait plus de place dans nos cœurs pour d'autres amours, y compris pour nos besoins physiques (matériels), ce qui serait préjudiciable, car les gens négligeraient leurs besoins corporels.
Mais maintenant que nous ne sommes commandés qu'à aimer Hachem à un niveau inférieur, il y a de la place dans nos cœurs pour d'autres amours, mais nous devons nous assurer que notre amour pour Hahem est plus fort que tous les autres amours.
Tout cela concerne notre amour pour Hachem. Mais en ce qui concerne l'amour d'Hachem pour nous, le verset (Vaét'hanan 7,7) utilise le terme 'hachak" (désir - חָשַׁק) ['hachak Hachem ba'hèm], ce qui signifie que l'amour d'Hachem pour nous se situe au niveau supérieur de l'amour obsessionnel, Hachem pense à nous constamment.
Bien sûr, Hachem n'est limité en aucune façon et est capable de s'occuper de tout tout en ayant un amour obsessionnel pour Son peuple bien-aimé (et pour chaque juif).

"Lorsque le yétser ara est actif, personne ne se souvient du yétser tov" (guémara Nédarim 32b).

-> Le Steipler (dans son Birkat Péretz - Massé) écrit :
"Nous devons inculquer la crainte du châtiment, car lorsque le yétser ara se renforce, la passion bloque le cœur d'une personne jusqu'à ce qu'elle soit presque inconsciente des questions spirituelles ...
Seule une faible impression [de spiritualité] subsiste au fond de son cœur et il devient comme une personne grossière qui n'a rien d'autre que des désirs terrestres (matériels).
Mais la crainte d'un châtiment sévère peut secouer et effrayer même une personne grossière et vile, ..."