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La récompense futur d’une mitsva est le plus petit des plaisirs qu’elle peut nous apporter

+ La récompense futur d'une mitsva est le plus petit des plaisirs qu'elle peut nous apporter :

-> En réalité, la récompense d'Hachem pour l'accomplissement d'une mitsva est le moindre de tous les plaisirs spirituels. Le principal plaisir et la principale récompense sont la mitsva elle-même : apporter de la satisfaction à son Créateur, réaliser Sa volonté et observer Ses commandements.
Comme le disent nos Sages (Avot 4,2) : "la récompense d'une mitsva est la mitsva" (ch'har mitsva : mitsva), ce qui signifie que la mitsva elle-même est le plaisir et la récompense de son observance ; la récompense que nous recevons d'Hachem dans le monde à Venir est le moindre des plaisirs.
Le plaisir principal vient de la mitsva elle-même, de la réalisation de la volonté de D. et de la joie qu'elle apporte, pour ainsi dire, à D. et à tous les mondes.
[rabbi Lévi Its'hak de Berditchev - Kédouchat Lévi - Ekev 7,12 ]

L’anticipation devient réalité

+ L'anticipation devient réalité :

-> Même si vous ne pouvez pas observer toutes les mitsvot, en particulier celles qui dépendent du fait de vivre en terre d'Israël, vous devriez être impatient de pouvoir les réaliser.
Par le mérite de votre anticipation, vous les accomplirez en fin de compte.
[rabbi Lévi Its'hak de Berditchev - Kédouchat Lévi - Ekev 8,1 ]

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=> "Même si quelqu'un a simplement pensé à faire une mitsva et que, en raison de circonstances indépendantes de sa volonté, il n'a pas pu l'accomplir, la Torah considère qu'il l'a accomplie"(guémara Kidouchin 40a).
En conséquence, l'avidité et l'anticipation de la réalisation d'une mitsva permettent à la personne de finir par l'accomplir.

"Chaque mitsva est une fenêtre dans le mur qui nous sépare d'Hachem.
Chaque mitsva permet à la lumière d'Hachem de se répandre dans le monde."
[rav Jonathan Sacks - Ten Days - Ten Ways p.20]

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-> "Chaque mitsva que nous faisons, chaque prière que nous prononçons, chaque acte d'étude que nous entreprenons, est une façon de faire de la place à Hachem."
[rav Jonathan Sacks - Ten Days - Ten Ways p.20]

-> "En observant les mitsvot, en suivant les commandements, ou plus précisément en faisant entrer Hachem, la voix du monde qui devrait être, dans le monde qui est, nous faisons descendre le Ciel sur la terre. "
[rav Jonathan Sacks - Radical Then, Radical Now p.163-164]

-> "Chaque mitsva est un acte de rédemption en miniature. Elle transforme quelque chose de séculier (laïque) en quelque chose de saint.
[...]
Les mitsvot font entrer Hachem dans nos vies à travers la chorégraphie complexe d'une vie vécue en accord avec la volonté d'Hachem. Elles sont la poésie du quotidien, transformant la vie en une œuvre d'art sacrée."
[rav Jonathan Sacks - Mitzvot: Responding to God - Introduction]

-> "Le rituel (des lois juives) est la poésie de l'action, la chorégraphie de la foi."
[rav Jonathan Sacks - The Power of Ideas p.21 ]

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-> "Le rituel (des lois juives) nous transforme d'individus solitaires en membres du peuple de l'Alliance."
[rav Jonathan Sacks - Covenant and Conversation: Leviticus p.31]

Un funambule doit faire preuve d'une concentration absolue sur le fil ; toute distraction le ferait tomber.
De même, plus une personne se concentre sur Hachem, moins elle risque de tomber dans la faute.
[ rav Bentsion Abba Shaül ]

Les mitsvot – source de vitalité dans ce monde

+ Les mitsvot - source de vitalité dans ce monde :

"Vous qui êtes attachés à Hachem votre D. êtes tous vivants aujourd'hui" (Vaét'hanan 4,4).

-> Il est dit : "Aujourd'hui [c'est-à-dire dans ce monde], nous observons les commandements ; demain [c'est-à-dire dans le monde à Venir], nous recevrons la récompense pour cela" (guémara Erouvin 22a).
Ainsi, la récompense principale est reçue "demain".
Mais lorsqu'une personne observe un commandement (mitsva) et étudie la Torah, elle reçoit de la vitalité, et ce type de récompense, elle le reçoit même "aujourd'hui".
La vitalité qu'il reçoit provient de la crainte qu'une personne obtient en accomplissant les mitsvot et en observant la Torah. De cette crainte, elle mérite d'obtenir la sagesse, comme il est dit : "Voici, la crainte de D. est sagesse" (Iyov 28,28). En outre, il est dit : "La sagesse donne la vie à celui qui la possède" (Kohélet 7,12).

Telle est donc l'explication du verset : "Vous qui êtes attachés à Hachem votre D.", indiquant que lorsqu'une personne s'attache à D., sa principale récompense lui sera donnée "demain".
Cependant, l'observance des mitsvot lui insufflera de la vitalité "aujourd'hui".
C'est pourquoi il est dit : "Vous êtes tous vivants". L'énergie générée par l'observation des mitsvot et l'étude de la Torah est reçue "aujourd'hui".
[rabbi Lévi Its'hak de Berditchev - Kédouchat Lévi]

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=> "La récompense d'une mitsva est une mitsva" (Pirké Avot 4,2). Les mitsvot portent en elles leur plus grande récompense. La récompense de la vitalité déjà reçue dans ce monde par l'accomplissement de la mitsva nous permet d'être vitalement vivants "aujourd'hui".

Mérites & fautes = la double approche d’Hachem

+++ Mérites & fautes = la double approche d'Hachem :

"Il (Hachem) ne regarde pas le mal en Yaakov, et Il n'a pas vu de perversité en Israël ; Hachem, son D., est avec lui et l'amitié du Roi est en lui" (Balak 23,21)

-> "Il ne regarde pas le mal chez Yaakov, et Il n'a pas vu la perversité chez Israël" = cela signifie que lorsque les fautes du peuple juif s'élèvent, D. n'y prête pas attention ; Il ne souhaite pas que les transgressions du peuple juif se présentent devant Lui.
La deuxième partie de ce verset : "Hachem, son D., est avec lui", signifie que, d'autre part, lorsque leurs mérites apparaissent devant Lui en Haut, Il s'y attache (c'est-à-dire qu'Il se concentre sur eux).
C'est ce que signifie l'expression "Hachem, son D., est avec lui". Il s'attache immédiatement au peuple juif et à ses mérites.
La suite du verset explique cette dichotomie : "l'amitié du Roi est en lui" = cela signifie que cette approche d'Hachem à l'égard des fautes et des mérites du peuple juif est appelée "amitié" (téroua - תרועה) ...
[ ainsi, le mot תרועה implique à la fois que Dieu est l'ami de la nation juive, et qu'en raison de cette amitié, il applique un double standard à leur comportement : ignorant leurs démérites/fautes et se concentrant sur leurs mérites. ]
[...]

En gardant cela à l'esprit, je vais maintenant vous expliquer comment cette idée est en elle-même la signification profonde des coups de Shofar : tékia, téroua, tékia.
Le mot tékia implique "l'attachement", car les lettres du mot tékia (תקיעה) peuvent être décomposées en 2 mots : תקע י"ה (téka YA - D. s'attache), ce qui implique que D. lui-même, pour ainsi dire, s'attache au peuple juif. Cela était vrai à l'époque où le Temple s'élevait. Hachem était continuellement attaché aux juifs, car les offrandes quotidiennes (le matin et l'après midi) expiaient pours Israël. (midrach Bamidbar rabba 21,21 ; Zohar 1,259a)

En revanche, le son téroua caractérise l'état d'exil, dans lequel nous nous sommes mélangés aux nations non juives. Dans cette situation, la façon dont Hachem se rapporte à nous est symbolisée par la téroua, ce qui signifie que D. a une double approche : Il ne regarde pas nos fautes, mais regarde nos mérites.
La téroua est suivie de la tékia finale, qui correspond à l'époque de la future construction du Temple final, puisse-t-elle se faire rapidement de nos jours, amen!
Ce sera le moment où Hachem "purifiera l'esprit d'impureté du monde"(Zé'haria 13,2) ; Hachem n'aura plus à utiliser cette double approche, ignorant nos transgressions, car il n'y aura plus de transgressions du tout ; il n'y aura qu'une tékia, c'est-à-dire un attachement constant de D. au peuple juif.
[rabbi Lévi Its'hak de Berditchev - Kédouchat Lévi - Balak 23,21 ]

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=> Pendant notre exil, lorsque nos fautes ne sont pas "automatiquement" expiées par le service du Temple, Hachem utilise un double standard lorsqu'il s'agit du peuple juif, choisissant de se concentrer sur nos mérites et d'ignorer nos démérites.

[le yétser ara cherche à nous focaliser sur nos fautes, en dévalorisant nos ambitions spirituelles, et en nous faisant croire que nous sommes "moches" spirituellement parlant aux yeux d'Hachem.
Mais la réalité est tout autre : papa Hachem se focalise avec admiration sur tous ceux qu'on a pu faire, même les "petites/faciles" mitsvot (malgré sa nature, son yétser ara, il a fait Ma volonté! Waouh!), et à l'inverse Il fait abstraction de toutes nos fautes, de notre face sombre. Nous sommes donc sublimes et aimés par Hachem.
(cela ne nous dispense pas de faire une téchouva) ]

L’essentiel n’est pas de faire une mitsva, mais l’état d’esprit avec lequel nous réalisons la volonté d’Hachem

+ L'essentiel n'est pas de faire une mitsva, mais l'état d'esprit avec lequel nous réalisons la volonté d'Hachem :

-> Lorsque l'on offre un cadeau à un ministre relativement modeste, le cadeau lui-même est important pour le ministre. En revanche, si l'on offre un cadeau à un ministre important, à un grand noble, ce n'est pas le cadeau lui-même qui est important, car pour une personne d'une telle stature, qui est tellement plus noble que le cadeau qu'on lui offre, le cadeau est totalement insignifiant.
Ce qui est important, en revanche, c'est l'esprit généreux de celui qui a offert le cadeau. Ainsi, le ministre apprécie le désir de la personne qui lui a offert le cadeau, le fait que cette personne désire lui offrir un cadeau, et non le cadeau lui-même ...

La connotation du mot "mitsva" est qu'il s'agit d'un commandement de D., qui a ordonné à une personne de faire telle chose, et à son tour, la personne obéit. En réalité, lorsqu'une personne accomplit une mitsva, elle en bénéficie elle-même. Néanmoins, une personne donne satisfaction à D. en observant le commandement, car Il voit qu'une personne désire accomplir Sa volonté.

Ce qui découle de cette discussion, c'est que lorsque quelqu'un accomplit une mitsva, Hachem se réjouit principalement du fait qu'il réalise Sa volonté, ce qui démontre qu'il désire faire la volonté de D.
Par conséquent, il n'y a pas de différence entre une grande ou une petite mitsva, comme le montre l'analogie ci-dessus. Pour un ministre modeste, le cadeau lui-même fait une différence, car c'est ce qu'on lui donne. Dans ce cas, nous pouvons dire qu'il y a une distinction selon qu'il reçoit un grand ou un petit cadeau. Un cadeau plus coûteux sera plus apprécié par le ministre, car il veut le cadeau lui-même.
Un noble, en revanche, ne s'intéresse pas au cadeau en tant que tel. Il s'intéresse avant tout à la bonne volonté de la personne qui offre le cadeau, qui veut trouver grâce aux yeux du noble. Par conséquent, pour le noble, il n'y a pas de différence entre un cadeau coûteux et un cadeau bon marché. En effet, quelle que soit sa valeur, la personne qui l'offre le fait pour plaire au noble.

Il en va de même pour Hachem. La principale satisfaction que D. retire du fait que la personne accomplit sa volonté et qu'elle le fait parce qu'elle désire plaire à D. [l'importance est le cœur qu'on y met (la joie de le faire, le zèle, l'intention, ...)]
Par conséquent, aucune distinction n'est faite entre quelque chose de grand et quelque chose de petit, puisque le désir sous-jacent est le même dans les deux cas : réaliser la volonté de D.

[rabbi Lévi Its'hak de Berditchev - Kédouchat Lévi - Béhaaloté'ha 8,16 ]

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-> Un exemple de ce qu'on vient de voir :
"La joie est une mitsva de la Torah qu'une personne est obligée d'accomplir pleinement, car c'est une part essentielle dans le service divin, et en vérité, elle (la joie) est plus importante que la mitsva elle-même" [Rabbeinou Bachaye - Kad haKéma'h]

-> Selon le Or'hot Tsadikim (Chaar aSim'ha :
"Celui qui accomplit les mitsvot avec joie reçoit une récompense 1 000 fois supérieure à celui qui réalise les mitsvot avec le sentiment qu'elles sont un fardeau"

=> Ainsi, deux personnes peuvent réaliser une même mitsva et avoir un impact au Ciel totalement différent.
C'est pourquoi notre yétser ara nous endort dans un train-train quotidien, faisant les mitsvot machinalement (comme forcé, avec la tête ailleurs). Ainsi nous devons faire des efforts pour reprendre conscience de ce que nous faisons, pour y rajouter de la joie, de la fierté, de l'empressement, ... à faire la volonté du Maître du monde, de notre papa Hachem.
A la différence des autres nations, nous avons les mitsvot, et elles ne sont pas une punition, mais un cadeau sublime que D. nous fait, et que nous pouvons faire en retour à Hachem en les faisant avec un bel état d'esprit.

Faire les mitsvot nous perfectionne

+ Faire les mitsvot nous perfectionne :

-> Les 248 commandements positifs correspondent aux 248 membres de l'homme, tandis que les 365 interdictions correspondent aux 365 nerfs de l'homme. Le tikoun parfait de l'ensemble de notre corps et de notre âme dépend de l'accomplissement des 613 mitzvos. (voir Zohar I,170b)

Le roi Salomon conclut (avant dernier verset) son œuvre Kohélet par : "La conclusion de tout le discours, écoutons-la : "Crains D. et observe Ses mitsvot ; car c'est là tout l'homme"" (Kohélét 12,13).
Rabbi Yaakov Abou'hatséra (Alef Bina - Téhilim 112) commente :
"Crains D." = fait référence à la crainte du Ciel nécessaire pour éviter la faute, pour respect les commandements négatifs.
"Observe ses mitzvot" = se réfère aux commandements positifs.
"Car c'est là tout l'homme" = par la réalisation des mitsvot positives et négatives, une personne perfectionne la totalité de son être et mérite le nom de véritable "Adam" (homme - אדם).

L'expression "tout l'homme" (kol aAdam) peut également être comprise comme une référence à la "totalité" du mot hébreu אדם.
Lorsque ses lettres sont épelées pleinement on a : אלף דלת מם, leur guématria est égale à זה תרי"ג (c'est 613 ).
Cela nous apprend qu'une personne ne peut être qualifiée de véritable Adam (אדם) que lorsqu'elle accomplit les 613 mitsvot, qui perfectionnent les 613 parties de son corps.

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[ Qui est appelé "Adam"? Seul Israël (les juifs) est appelé Adam et non les nations du monde. (guémara Yébamot 61a) = éventuellement cela peut s'expliquer par le fait que seuls les juifs réalisent les mitsvot qui en apparence sont des actes parfois très simples, mais en réalité ont un pouvoir spirituel énorme de perfectionnement du corps (libre arbitre oblige nous n'en aurons conscience que dans le monde à Venir de Vérité). ]

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-> "Hachem a voulu accorder du mérite (לזכות) à Israël, c'est pourquoi Il leur a donné une abondance de Torah et de mitsvot". [guémara Makot 23b]

-> Le Maharal (Tiféret Israël - chap.5) ajoute que le mot לזכות (lézakot) peut également être compris comme signifiant : "purifier" (d'après la formulation זך - za'h).
Il explique ainsi :
"Les mitsvot ont été données pour purifier l'humanité. Une plus grande purification est obtenue par une abondance de mitsvot, puisque le but principal pour lequel la Torah et les mitsvot ont été données est d'accorder à l'homme des actes par lesquels son esprit physique pouvait être purifié et séparé (des désirs mondains grossiers) .....
Hachem a voulu nous accorder ce mérite, pour nous purifier, tout comme un père gronde son fils afin de le rendre plus méritant. Même si le fils dit qu'il n'est pas intéressé à s'améliorer, le père lui imposera cette amélioration, même contre sa volonté.
De la même manière, Hachem a accordé du mérite à Israël en nous imposant le joug des mitsvot."

-> Le midrach (Béréchit rabba Lé'h Lé'ha 44) commente le verset "la parole d'Hachem est pure" (Téhilim 18,31) en disant qu'Hachem nous a donné les mitsvot afin de nous purifier. Sinon, pourquoi se soucierait-il de savoir si nous abattons un animal par la gorge ou par la nuque. [Hachem est parfait, et n'a besoin/manque de rien]

-> Nous voyons ici que le but de la Kabbalas HaTorah était de nous purifier. Cela exige de nous un engagement correspondant à nous purifier par la teshuvah, afin que notre Torah et nos mitz-vos puissent nous faire avancer sur le chemin de la pureté.

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+ Mitsvot - Perfectionnement en nous permettant de mieux comprendre la Torah :

-> Les mitsvot amènent à un état d'attachement plus grand avec Hachem, nous rendant plus apte à comprendre les profondeurs de la sagesse de la Torah.

Rabbi Yaakov Abou'hatséra (Alef Bina - Téhilim 119,4) explique ainsi le verset : "Je courrai dans le sentier de Tes mitsvot, car Tu élargiras mon cœur" (mitsvoté'ha arouts ki tar'hiv libi - Téhilim 119,32).
Le roi David courait avec ardeur sur le chemin des mitsvot, consacrant toutes ses forces à leur accomplissement, car il savait qu'avec ce mérite, Hachem élargirait son cœur pour qu'il comprenne mieux les profondeurs de la Torah.

-> Les Bné Israël ont accepté la Torah par les mots : "Naassé véNichma" (nous faisons et [ensuite] nous comprendrons - Michpatim 24,7) = en accomplissant les mitsvot (naassé), ils mériteraient d'écouter vraiment et d'entendre la véritable signification de la Torah (nichma).

C'est également le sens du verset "les secrets d'Hachem sont (donnés) à ceux qui Le craignent" (Téhilim 25,14). Ceux qui craignent Hachem et accomplissent tous Ses commandements (mitsvot) sont récompensés par la révélation des secrets de Sa Torah.

-> Rabbi Yaakov Abou'hatséra (Alef Bina - Téhilim 119,4) note en outre que les 613 mitsvot de la Torah, ainsi que les 7 mitsvot d'origine rabbinique, sont au nombre de 620, ce qui correspond à la guématria de כתר (kéter - couronne). Cela nous apprend qu'une personne qui réalise les 620 mitsvot méritera la Couronne de la Torah, dont la perfection comprend les 4 dimensions de l'étude de la Torah : pchat, rémez, drach et sod.

-> "La mitsva est une bougie et la Torah est la lumière" (Michlé 6,23).
La mitsva est comparée ici à une bougie qui illumine les recoins les plus profonds de notre néfech, roua'h et néchama d'une personne (les composants de notre âme).
La gematria de אור (ohr - lumière) est égale à רז (raz - secret), ce qui fait référence à la lumière des secrets cachés de la Torah. Ces secrets sont illuminés et révélés à une personne qui accomplit les mitsvot, à condition qu'elle les accomplisse avec joie. [voir Tikouné Zohar 21,53b : Ohr ha'Haïm Béréchit 1,1]

La joie des mitsvot, ainsi que les secrets de la Torah qui sont ainsi révélés, amènent une personne à une plus grande reconnaissance d'Hachem.
Le verset nous dit à ce sujet : "Servez Hachem avec joie. Venez devant Lui en chantant. Sachez qu'Hachem est Elokim" (Téhilim 100,2-3). Au fur et à mesure qu'on grandit dans notre joie des mitsvot, on finira par comprendre le fonctionnement du Chariot divin, qui est le plus caché de tous les secrets de la Torah.
[rabbi Yaakov Abou'hatséra - Maaglé Tsédek - dalet]

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-> Nos Sages ont écrit dans le Zohar que le mot mitsva (מצוה) se compose des lettres du nom de D. (יהוה), en appliquant le système At-Bach.
[ le système de guématria At-Bach (א"ת ב"ש) permet d'échanger les lettres d'un mot : la 1ere lettre de l'alphabet (alef) est échangée avec la dernière (tav), la 2e lettre (bét) avec l’avant dernière (shin), … ]
Ainsi en l'appliquant au 2 premières lettres de mitsva (מצוה) : le mém se transforme en youd (י), et le tsadik en hé (ה). En l'ajoutant à l'autre moitié des lettres (וה), on obtient : יהוה.
Car lorsque nous réalisons une mitsva ... alors nous prenons sur nous quelque chose de très grand et de très puissant : Hachem notre D., notre Roi.
[à chaque mitsva nous nous attachons, nous recevons davantage de liens avec Hachem. ]
[Ohr ha'Haïm haKadoch]

-> Le Zohar (III, 71a) enseigne que Hachem, la Torah et Israël (les juifs) ne sont qu'un.

=> Les mitsvot nous permettent de se purifier et de se lier toujours plus avec Hachem, que se soit directement avec Hachem, ou indirectement en nous permettant de davantage comprendre la Torah, qui est un avec Hachem.

Réaliser les mitsvot entièrement et avec pureté

+ Réaliser les mitsvot entièrement et avec pureté :

-> Ceux qui marchent fidèlement [à nos halakhot et traditions] et de tout cœur sur le vrai chemin de la Torah se voient accorder une aide Divine spéciale pour continuer sur ce chemin [des bonnes actions].
[...]
Pour chaque mitsva qu'une personne accomplit, elle acquiert pour elle-même un Défenseur (Pirké Avot 4,11). Cet Avocat [au Ciel] n'est autre que l'ange qui a été créé par notre mitsva et qui continue à nous aider dans le service d'Hachem. (Zohar III,307b ; Zohar I,77a) ...

Nos mitsvot créent des anges puissants qui nous accompagneront et nous assistent dans notre avodat Hachem. Une partie de leur tâche consiste à nous aider à poursuivre les bonnes pratiques qu'on a commencées.
[rabbi Yaakov Abou'hatséra - Pitou'hé 'Hotam - Béréchit]

-> Nos Sages (Pirké Avot 4,11) nous disent que pour chaque mitsva qu'une personne accomplit, elle gagne un Défenseur. Ce défenseur est l'ange qui est créé par sa mitsva.
Cet ange continue ensuite à l'accompagner, à l'aider dans son avodat Hachem et à le guider sur le bon chemin. Lorsqu'une mitsva est accomplie à la perfection, un ange parfait est créé. Cependant, si la mitsva est déficiente d'une manière ou d'une autre, l'ange est également défectueux.
[Arizal - Chaar Roua'h haKodech - drouch 1]

-> Le 'Hida (Roché Avot 4,11) écrit que c'est pour cette raison que les nos Sages (midrach Béréchit rabba 85,3) nous avertissent de ne pas laisser une mitsva inachevée.
En effet, l'ange inachevé créé par la mitsva reconnaît sa honte et son imperfection. Dans sa douleur, l'ange réclame justice, et la personne qui l'a créé par sa mitsva inachevée pourrait alors être punie pour cela.

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-> De plus, avant de réaliser une mitsva, une personne doit faire une téchouva pour ses fautes. Sinon, au lieu d'ajouter à son mérite, ses mitsvot alimentent en fait les forces du mal auxquelles elle est encore attachée.
Le Arizal (Séfer haLikoutim) met ainsi en garde :
"Vous devez savoir que toutes les bonnes actions que quelqu'un accomplit alors qu'il est encore un racha, et toute la Torah qu'il étudie, non seulement ne renforcent pas le côté de la sainteté, mais au contraire, elles renforcent la klipa (les forces d'impuretés).
Il est écrit à ce sujet : "D. dit aux réchaïm : "Qu'avez-vous à parler de mes lois?" (Téhilim 50,16). Il s'agit d'une plainte contre la personne qui abaisse les paroles de sainteté dans la klipa, et qui s'ajoute ainsi à une culpabilité insupportable."

-> De même, le 'Hessed léAvraham (Maayan 4, Nahar 35) écrit :
"Lorsque les bonnes actions d'une personne apportent un flux de bénédictions dans ce monde, elle est récompensée par la lumière spirituelle ainsi produite, qui devient alors comme un vêtement immaculé pour son âme.
Cependant, le contraire est également vrai. Lorsqu'un fauteur détourne le flux vers les klipot, il produit ainsi un vêtement sale et impur dont son âme sera vêtue lorsqu'elle quittera le monde.

C'est le sens du verset : "D. dit aux réchaïm : 'Qu'as-tu à parler de mes lois?'" (Téhilim 50,16). Puisque le racha est immergé dans les klipot, son étude de la Torah apportera nécessairement un flux de bontés aux klipot.
Les klipot ont alors un droit sur lui, en disant : "Les prières de cette personne nous appartiennent."
Elles (forces du mal) s'approprieront le bien qu'il a produit, comme l'indique le verset : "La jeune fille usurpera la place de sa maîtresse" (Michlé 30,23)."

[faire des mitsvot, étudier la Torah, c'est s'attirer des flux de bonnes choses, mais si nous sommes racha, alors on donne la possibilité aux forces du mal de venir se nourrir du flux, les renforçant et nous en privant. ]

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-> Le Réchit 'Hokhma (chaar haTéchouva chap.2) cite le Zohar (III,123a) qui dit qu'avant d'étudier la Torah, il faut faire une pause pour regretter ses fautes et revenir à la téchouva. Sinon, notre étude de la Torah ne sera pas acceptée avec faveur, comme il est écrit : "D. dit aux réchaïm : 'Qu'avez-vous à parler de mes lois?'" (Téhilim 50,16).
Une personne portant des vêtements sales et nauséabonds ne doit pas s'approcher du roi, et si elle osait essayer, elle serait repoussée.
Il en va de même pour nos efforts visant à nous rapprocher d'Hachem par la Torah et les mitsvot. Nous devons nous purifier de nos fautes en nous apprêtant à faire cela. Ainsi, la Torah nous permettra de nous améliorer davantage et nous aidera à mériter la vie éternelle du monde à Venir.
[rabbi David Abou'hatséra]

-> Le 'Hessed léAvraham (maayan 5, nahar 13) ajoute que même les réchaïm sont récompensés pour leurs bonnes actions, mais il s'agit d'un type de récompense entièrement différent.
"Son esprit est brûlé et devient comme de la cendre sous les pieds des tsadikim (justes). Cela signifie qu'il n'atteindra pas les sommets spirituels que les justes atteignent grâce à leurs mitsvot. Au contraire, il deviendra comme de la cendre, à partir de laquelle rien ne peut pousser ".

[cela illustre le fait que ce n'est pas tout de réaliser une mitsva, il faut que notre être (qui va recevoir la pureté de la mitsva) soit un réceptacle pur, en prenant quelques instants pour revenir de notre mieux à Hachem en téchouva. ]

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-> Dans toutes nos guerres contre nos ennemis, qu'il s'agisse de nos ennemis physiques parmi les nations ou de notre grand ennemi spirituel, le yétser ara, notre victoire dépend de la qualité et de la quantité de nos bonnes actions. Ces mérites sont plus puissants que n'importe quelle arme ...

A ce propos, le roi David dit : "Si une armée campe contre moi, mon cœur ne craint rien, si une guerre s'élève contre moi, c'est en cela (זאת - zot) que j'ai confiance" (Téhilim 27,3).
Le mot זאת se réfère à la Torah, comme nous le trouvons dans le verset : "Ceci (זאת) est la Torah que Moché a placée devant Bné Israël" (Vaét'hanan 4,44).
Grâce à l'étude de la Torah et à l'accomplissement de ses mitsvot, nous pouvons vaincre tous nos ennemis spirituels et physiques et dominer les forces du mal.

Tel est le pouvoir de la Torah et des mitsvot, mais à condition qu'une personne soit généralement juste et cherche à suivre les voies du Créateur. Cependant, si une personne suit aveuglément les désirs de son cœur et n'essaie pas de lutter contre le yétser ara, même ses mitsvot occasionnelles ne sont pas à son honneur. Le yétser ara s'empare du pouvoir de ces mitsvot et le détourne à des fins malveillantes. (Arizal - Séfer haLikoutim)

Néanmoins, s'il fait téchouva pour ses fautes, il peut récupérer toutes les mitsvot et tous les mérites qui ont été capturés par le yétser ara.

C'est ainsi que nous pouvons comprendre le verset "Lorsque vous partez en guerre contre votre ennemi" (ki tétsé lamil'hama al oïvé'ha - Ki Tétsé 21,10) comme une référence à notre pire ennemi, le yétser ara.
Le mot תצא (tétsé - partir/sortir) est utilisé comme acronyme pour les armes utilisées dans cette guerre : téfilin, tsitsit, et le signe du bris mila (ot - אות). Ce mot désigne également : la téfila (prière), la tsédaka (charité) et la lumière de l'étude de la Torah (or - אור - comme dans "Torah ohr" - Michlé 6,23).

Lorsque nous partons en guerre contre le yétser ara en brandissant ces armes puissantes, nous méritons certainement l'accomplissement de la suite du verset : "Hachem, ton D., le livrera entre tes mains".
Non seulement cela, mais nous mériterons de "capturer ses captifs" (fin de ce même verset) = il s'agit des mitsvot que le yétser ara avait capturées alors que nous étions encore captivés par son service.
Une fois que nous serons revenus à la téchouva et que nous aurons fait la guerre au yétser ara, nous mériterons de délivrer ces captifs et de les ramener du côté de la sainteté.
[rabbi Yaakov Abou'hatséra - Pitou'hé 'Hotam - Ki Tétsé]

+ "N'éveillez pas, ne provoquez pas l'amour, avant qu'il le veuille" (Chir haChirim 2,7)

-> Le Ramban (haEmouna véhaBita'hon - chap.19) explique que lorsque l'amour ou le repect/vénération d'une personne pour Hachem est éveillé, elle doit immédiatement essayer de s'en emparer en accomplissant une mitsva (ex: donner à la tsédaka, s'asseoir pour étudier la Torah, ...).
Car toute inspiration soudaine qui vient d'en-Haut à une personne est une spiritualité abstraite, qu'une personne doit revêtir d'un corps. La réalisation d'une mitsva soutient l'inspiration et garantit qu'elle ne sera pas détournée.

... Nous devons fabriquer immédiatement un récipient (une mitsva) pour contenir l'inspiration [provenant d'Hachem].

[rapporté par le rabbi de Berditchev - Kédouchat Lévi - Shavouot]